Scandale du périscolaire : Pourquoi Anne Hidalgo est-elle visée par des plaintes de parents ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus. Et je parle de Paris. »
- 2:04InvitéChiffre
« 52 pour suspicion de violences sexuelles ou sexistes. »
- 4:20InvitéFait
« Beaucoup de communes n'ont absolument rien mis en place. »
- 5:00InvitéPromesse
« Il y a une commission d'enquête au Sénat. »
- 5:24InvitéPromesse
« Il est temps que l'équipe municipale précédente rende des comptes. »
- 5:42InvitéPromesse
« La commission d'enquête sénatoriale, c'est très bien. »
- 6:03InvitéFait
« Il y a le périscolaire, on voit un nombre de défaillances qui le rendent systémique. »
- 6:22InvitéFait
« On pourrait citer l'insécurité galopante dans nos rues. »
- 6:28InvitéFait
« On pourrait parler des incendies où on découvre que malgré là encore des prélèvements énormes, on n'a pas les moyens visiblement de lutter contre les incendies. »
Temps de parole
- Présentateur35 %
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- Invité 39 %
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13h, 14h, Europe 1 Info.
Avec Clélie Mathias sur Europe 1, il est 13h21, l'heure d'accueillir vos deux chroniqueurs du jour. Clélie avec vous, le journaliste Yvan Riouffol et les journalistes politiques à CNews, Thomas Bonnet. Bonjour à tous les deux. Bonjour Clélie, on est ravis de vous retrouver. Mais également, soyez les bienvenus en cette rentrée Europe 1. Bonjour à Gérardine. Bonjour Gérardine, bonjour Clélie. On commence par un sujet inquiétant pour le moins, c'est d'ailleurs la question Europe 1 du jour. Allez-vous inscrire votre enfant au périscolaire ? Vous pouvez voter, donner votre avis sur le site et l'appli Europe 1. Pour l'instant, c'est le nom qui est majoritaire.
Et oui, après le scandale des violences dans le périscolaire, certains parents, et on peut les comprendre, sont totalement angoissés. Ils s'arrangent comme ils peuvent pour éviter parfois la cantine, parfois les activités extrascolaires. Et en plus, il y a aujourd'hui, on est la veille de la rentrée, un nouveau procès concernant un animateur pour des faits qui se sont déroulés dans une école du 15e arrondissement de Paris. Alors, je voulais commencer cette émission et ce débat avec ce sujet-là, avec ces faits de société-là. Je le disais, c'est angoissant, on peut le comprendre. Comment on rassure ? Vaste question.
En fait, il faudrait d'abord s'assurer que tout le nécessaire a été fait pour écarter ce qui était mis en cause. Or, je n'en suis pas certain. On a énormément d'exemples. On découvre dans d'autres villes que Paris, d'ailleurs, des cas. Donc, je ne sais pas comment les parents peuvent aujourd'hui tenir un discours rassurant, même à l'égard de leurs enfants. Il y a aussi un sujet qui est politique. On en parlera sans doute. Il y a un sujet judiciaire. On voit que les condamnations sont malheureusement très faibles.
Donc, je pense qu'il faut d'abord prendre la mesure de ce qui s'est passé, tirer au clair les responsabilités des uns et des autres, condamner ceux qui doivent l'être, et ensuite essayer de revenir à un parcours plus apaisé pour ces enfants. Mais ça va prendre du temps, tout cela. Je pense que la confiance est rompue. La confiance est rompue dans de nombreux établissements. Alors, il ne faut pas jeter le propre sur tous les établissements. Mais forcément, il y a de l'inquiétude. C'est légitime. Je rappelle les chiffres. Depuis début 2026, 132 animateurs ont été suspendus. Et je parle de Paris. 52 pour suspicion de violences sexuelles ou sexistes. C'est énorme.
Et c'est rien qu'à Paris, encore une fois.
C'est énorme. Et ça rentre plus généralement dans la faillite d'un système, voire même le déclin d'une civilisation. Quand une civilisation n'arrive plus à protéger les plus vulnérables, les improductifs. Je parle des vieux, je parle des enfants, etc. Et la faillite d'un système, dans la mesure où l'on voit que ce système n'arrive plus à protéger. Il y avait un sondage samedi dans le Figaro qui expliquait la grande colère française. 85% je crois des Français, aujourd'hui, pensent que le pays est en déclin et que les hommes politiques sont devenus incompétents.
Et c'est ceci qui apparaît notamment à travers la faillite du service public de l'enfance, enfin de la petite enfance, avec un manque de vigilance flagrant de la part de ceux qui s'en réclamaient, des élus qui s'en réclamaient. Et puis une omerta qui a déjà été décrite ici quand on a abordé ce sujet. Une omerta d'abord de l'administration parisienne, des élus parisiens, des médias eux-mêmes qui se précipitaient pour dénoncer les crimes pédophiles quand il s'agissait de l'éducation catholique ou de l'enseignement privé. Ou quand il s'agissait d'ailleurs de dire que ces crimes sexuels s'exerçaient d'abord et prioritairement dans les familles, ce qui est vrai aussi d'ailleurs.
Mais enfin, on insistait beaucoup sur la responsabilité de l'enseignement privé ou des familles. Et on se rend compte aujourd'hui qu'au cœur même du progressisme, puisque là ça se passe à Paris, dans une municipalité notamment qui se réclame du socialisme en l'occurrence, on se rend compte qu'il y a eu un abandon de poste.
Et donc quand je comprends parfaitement que les familles aujourd'hui, et c'est encore révélateur d'un autre phénomène qui apparaît, que j'ai déjà décrit ici depuis longtemps, c'est que c'est la société civile elle-même, les familles des victimes, des victimes de violences ou les victimes d'incestes, etc., qui prennent le relais et qui essaient de secouer l'apathie générale d'un monde politique et médiatique qui ne veut rien voir de ce qui se passe sous ses yeux et qui dénonce en revanche tout ce qui se passe ailleurs.
Alors, on va y venir sur ces questions de responsabilité et de suite judiciaire, mais pour aller dans la lignée de ce que vous dites, c'est Yvan Riouffol, écoutez Elisabeth Gutmann et les cofondatrices du collectif SOS Périscolaire sur cette inquiétude des parents lors de cette rentrée pour demain. Elle était sur Europe 1 ce matin. On sent que cette année, vraiment, c'est une année très différente des autres et que les parents ont peur, sont dans une grande crainte, se demandent si vraiment ce qui a été mis en place à Paris est efficace, mais surtout se demandent pourquoi, en dehors de Paris, beaucoup de communes n'ont absolument rien mis en place.
Et même au niveau de l'éducation nationale, il y a cette grande peur des familles de l'accueil de leurs enfants mardi, de comment ils vont être accueillés, est-ce que les équipes, même éducatives, est-ce que les directeurs et les directrices d'école, est-ce que les enseignants ont été préparés à l'accueil de ces enfants qui portent des séquelles très lourdes ? Voilà, c'est une vraie question pour les familles, une grande inquiétude. Bien sûr que c'est une vraie question pour les familles, il y a cette angoisse. Alors, il y a aussi la question des responsabilités, vous l'avez tous deux évoquée, Yvan Riaufol et Thomas Bonnet, sachant qu'il y a plusieurs choses au niveau des...
pour essayer de déterminer les responsabilités, il y a une commission d'enquête au Sénat, et puis il y a eu, là, on l'a appris en fin de semaine dernière, des plaintes, cette fois-ci, directes contre l'ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo, son ancien premier adjoint, Patrick Bloch, aussi, qui sont mis en cause par des familles d'enfants victimes d'agressions sexuelles sur le temps périscolaire, c'était à l'école Saint-Dominique. Là, ils sont directement visés par trois plaintes pour non-assistance à personne en danger.
Il est temps que l'équipe municipale précédente rende des comptes, c'est évident, c'est-à-dire que des alertes ont été lancées dès 2013-2015, et surtout 2015 au Conseil de Paris et ça n'a jamais conduit à des remises en question profondes de la façon avec laquelle c'était organisé à Paris. Donc, effectivement, il y a des comptes à rendre. La commission d'enquête sénatoriale, c'est très bien. Agnès Évrenne, je pense, fera un excellent travail. Mais la justice, c'est encore autre chose parce que là, on parle vraiment de poursuite pour ces individus-là.
Mais, en fait, plus généralement, et je rejoins totalement ce que disait Yvan, c'est la faillite de l'État à protéger, à assurer la sécurité de l'ensemble des citoyens, des enfants, là, en l'occurrence, donc c'est encore pire. Mais on pourrait citer beaucoup d'exemples. C'est-à-dire qu'on est le pays au monde quasiment avec le taux de prélèvement obligatoire le plus important, mais derrière, ça ne suit pas. Il y a le périscolaire, on voit un nombre de défaillances qui le rendent systémique. Vous avez cité les chiffres. 52 animateurs, rien qu'à Paris, inquiétés pour agression sexuelle. C'est un système qu'on n'a pas voulu voir. Il n'y a aucune autre explication.
Ça se produit également dans d'autres villes. On pourrait citer l'insécurité galopante dans nos rues où on n'est plus en mesure d'assurer la sécurité des concitoyens. On pourrait parler des incendies où on découvre que malgré là encore des prélèvements énormes, on n'a pas les moyens visiblement de lutter contre les incendies. Je pourrais énumérer les piratages, les failles de sécurité pour le système des impôts. Bref, partout où l'État doit assurer la sécurité quelle qu'elle soit, malheureusement, l'État n'est pas au rendez-vous. Évan Réoffol ?
Oui, on assiste là encore à un phénomène un peu plus général qui est celui de la révolte de tous ces Français qui ont été trahis dans la confiance, en tout cas, qu'ils accordaient à un pouvoir censé les protéger. Il y a eu un abus de confiance. Il y a eu des procédures qui ont été lancées pour une action sécuritaire et une action écologique de la part des écologistes ou de la part de parents de victimes face vis-à-vis de l'État.
Aujourd'hui, il est normal, me semble-t-il, en effet, que la société civile, cette société trahie, demande des comptes également aux édiles, aux élus qui avaient prétention effectivement à donner à garantir un service public de qualité et je trouve normal que l'on intende des actions en justice pour non-assistance à personne en danger. Je crois que c'est le qualificatif qui a été retenu concernant Mme Hidalgo.
Les juges verront, bien sûr, ce qu'il faudra en tirer mais je pense que c'est très symbolique de la sourde révolte, de la révolte qui est de moins en moins sourde d'ailleurs, de toute une partie de cette population française que j'ai appelée la population des oubliés qui aujourd'hui tape sur la table et qui va ébranler ce système qui ne fonctionne plus.
Et bon, Henri Ophol, Thomas Bonnet dans Europe 1 Info, le Rassemblement National met la question du port du voile dans la campagne en voulant le sanctionner, ça fait débat. On en parle juste après le journal permanent d'une heure et demie sur Europe 1. 13h, 14h, vous écoutez Kelly Mathias sur Europe 1. 13h, 14h, Europe 1 Info.