Macron à Damas : le pari syrien / Le Pen : le procès qui décide de 2027 | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Bonsoir [musique] à toutes et tous. Bonsoir à vous chers amis autour de la belle table de 28 minutes. Bonsoir tout va bien très bien.
Et ben c'est formidable. Je suis ravi de vous retrouver pour cette nouvelle soirée d'été et l'actualité du jour c'est Marine Le Pen condamné pour détournement de fonds publics mais éligible à la présidentielle. La cour d'appel l'a confirmé cet après-midi.
On écoute les réactions des avocats de Marine Le Pen et du Parlement européen à la sortie du tribunal. Nous notons une inflection considérable sur les peines et notamment sur la peine d'éigibilité qui pour nous est un point extrêmement important qu'on dit depuis des années, ils ont détourné et volé l'argent public, l'argent du contribuable européen d'ailleurs l'argent également du du citoyen français. Une affaire une affaire qui a secoué le monde judiciaire comme le monde politique.
Alors qui en sort gagnant la justice ou le rassemblement national ? Nous en débattrons. En fin d'émission, nous retrouverons ceux qui ont planté leur temps dans le carré VIP du camping 28 minutes à savoir Marjorie Adelson et Théophile Cossa.
Bonsoir à vous. Bonsoir. Alors au programme ce soir Marjorie, bien on va parler d'un business juteux, celui de l'angoisse.
L'été certains ont peur de laisser leur maison inoccupée et ça et bien ça fait le bonheur des sociétés de télésurveillance. On imagine et vous Théophine ? Scandale en plein mondial de foot.
Donald Trump a confirmé avoir téléphoné au président de la FIFA, Jenny Infantino pour faire annuler un carton rouge reçu par un joueur américain, se fait ruer dans les brancass. L'occasion de se demander la relation entre Donald Trump et Jenny Fentino, comment ça marche ? Fa il y a de quoi dire.
Et ben on vous retrouve en fin d'émission. Mais avant ça, partons pour la Syrie où Emmanuel Macron vient de passer de jours, une première pour un chef d'état occidental depuis la chute de Bachar Elassad. Un pays toujours en proie à l'insécurité comme l'a montré ce matin.
Cette explosion survenue à quelques mètres de l'hôtel où résidait le chef de l'État. Une visite hein pour retisser des liens diplomatiques et économiques dans une région où la France cherche à retrouver du poids. On en discute avec Arian Ganem, docteur en relation internationale à Sciencep.
C'est le programme de 28 minutes et ça commence tout de suite. [musique] Bonsoir Arian Ganem. Bonsoir.
Vous êtes directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Sciencep. Je vous présente l'équipe de 28000. Bonsoir Valérie Brochard.
Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir Fannyveille.
Bonsoir. Alors Ariad Ganem, on va parler bien sûr d'Emmanuel Macron. sa visite en Syrie.
Il est arrivé hier soir le président de la République et c'est vrai qu'il a un peu enchaîné des images, on va dire un peu cliché, on va dire, de la Syrie, dîner dans la vieille ville, mosquée des hommeades et en même temps, ce matin, un attentat qui a frappé vraiment le cœur de Damas à quelques mètres de l'hôtel du président de la République, blessant, faisant 16 blessés, quatre policiers. On a l'impression qu'il y a un vrai contraste en fait en Syrie. Est-ce qu'il existe véritablement ce contraste ?
Bien sûr, il est il existe et c'est le quotidien des des Syriennes et des Syriens, hein. On on n'apprend pas aujourd'hui ce matin que la menace terroriste existe toujours en Syrie. Il y avait eu un attentat la semaine passée qui avait déjà fait une dizaine de morts dans Damas. l'été 2025, il y avait eu un attentat contre une église.
Il y a eu différentes manifestations de cette menace qui demeure et en même temps, c'est vrai que la vie reprend pour la majorité des syriennes, des Syriens la vie économique, la vie sociale notamment au cœur de Damas qui est une ville tout à fait dynamique aujourd'hui qu'Emmanuel Macron effectivement a pu a pu visiter. Alors, on va parler de tout ça dans un instant, Ariad Ganem, mais on va voir pourquoi vous avez le profil idéal pour nous parler justement de ce sujet. Et bien, c'est Math Billot qui nous l'explique.
Arya Dranem, vous êtes docteur en relation internationales, spécialiste des recompositions politiques et régionales d au conflit syrien. Pour nous permettre de comprendre les enjeux de cette visite présidentielle en Syrie, vous avez le profil idéal. Cela faisait 17 ans qu'un président français n'avait pas mis les pieds en Syrie.
Nicolas Sarkozi y était en 2008 et 2009 avec l'ambition de réinstaller la Syrie de Bachar Al-Assad dans le jeu de la communauté internationale. Mais les relations sont rompues avec la répression de la révolution syrienne en 2011 et le début de la guerre civile. Aujourd'hui, les motivations de la France restent les mêmes.
Conforter le nouveau régime syrien et retrouver un allié dans la région. En mai 2025, la France était déjà le premier pays occidental à recevoir le président syrien intérimaire Ahmè Alara. Une visite qui avait fait débat alors que c'est un ancien combattant d'Al-Qaïda devenu leader du groupe djihadist qui a fait tomber le régime de Bachar Al-Assad en décembre 2024.
Les craintes étaient fortes sur sa capacité à protéger tous les Syriens alors que les massacres contre des alaites avaient eu lieu quelques mois plus tôt. Vous étiez vous-même assez critique. Il y a des zones en Syrial aujourd'hui, des villages notamment où les enlèvements, les exécutions arbitraires se poursuivent.
Mais Emmanuel Macron assume la nécessité de discuter avec ce nouveau chef d'État. Le rôle de la France, c'est de défendre ses intérêts. Nous avons en Syrie des intérêts.
Notre sécurité, des combattants étrangers. notre sécurité, lutter contre Daesh, la sécurité et la stabilité de votre pays, de la région et notamment aussi des intérêts économiques. Emmanuel Macron est en Syrie avec plusieurs chefs [musique] d'entreprise du CAC 40, des domaines de la défense, de l'énergie et de l'hôtellerie.
La Banque [musique] mondiale estime à 216 milliards de dollars le budget nécessaire pour reconstruire le pays, ravagé par 15 ans de guerre et 50 ans de dictature. En se posant comme le premier chef d'état occidental à aller en Syrie, Emmanuel Macron confirme sa volonté de repositionner la France au Moyen-Orient. [musique] Mais le Paris de la Syrie reste risqué alors que le travail de réconciliation nationale est toujours à faire et que les menaces sécuritaires restent élevées.
Jeudi dernier, un attentat a fait 10 morts dans le centre de Damas et ce matin, deux explosions ont encore eu lieu dans la capitale. Alors Ariad Yanem, quand on voit ce président syrien donc Ahmad Al Sha et cette personnalité très ambigue aujourd'hui la visite d'Emmanuel Macron, est-ce que c'est on peut dire que c'est un pas de plus vers la normalisation ? Tout à fait, c'est un pas de plus.
Euh vous le vous le dites et ça a été rappelé dans le reportage. Euh c'est pas le premier, il y avait eu la visite d'Ahmad Shaara à Paris le 7 mai 2025 qui avait déjà fait beaucoup parler en Syrie euh comme en France. Il y avait eu la rencontre, les rencontres entre Ahmed Sha et Donald Trump et cette amitié qu'on a vu exactement à la Maison Blanche.
On a vu naître cette amitié entre les deux hommes. Trump remobilisait Ahmad Sher il y a quelques semaines sur le sujet du Esbola à propos duquel il disait bah si Benjamin Netaniaou n'est pas capable de le traiter, je confie le dossier à Ahmed Shar. Donc il est aujourd'hui considéré comme fiable. il a réussi à faire asseoir cette stature, lui qui a effectivement passé trouble puisqu'il avait été le leader de Jabhat Nusra, le front Nusra qui était affilié à Al-Qaïda dans la guerre civile syrienne, mais il aurait montré quand même des gages de fiabilité et en vue d'être un partenaire pour les occidentaux en vue d'une d'une transition démocratique en tout cas que lui appelle de ses vœux.
Pourtant, hier la première séance du nouveau parlement poste Bachar Alassad a été reporté sinédié. On ne sait pas quand est-ce que cette première ce parlement pourra se rassembler. On eston concrètement dans cette transition démocratique ou est-ce qu'on peut parler plutôt d'une forme autocratique ?
Alors vous employez le mot de transition démocratique. Personnellement, je l'ai pas trop entendu de la bouche d'Ahmad Sha c'est une impasse de cette transition. D'ailleurs, il y a une transition, c'est sûr.
Un régime autoritaire particulièrement barbare est tombé le 8 décembre 2024 avec la fuite de Bachar Alassad. Mais qu'est-ce qui vient en lieu et place de ce régime ? On a encore beaucoup de doutes.
La déclaration constitutionnelle de mars 2025 qui a redessiné un peu les institutions syriennes. Elle donne à Ahmed Share la possibilité de nommer un/ers de ce parlement le Conseil du peuple que vous citez et les deux autres tiers sont nommés par un comité électoral qui lui répond, qu'il nomme aussi. Ah oui, d'accord.
La vérité c'est qu'on a du mal à voir encore une fois quelle forme institutionnelle peut en en découdre. Alors l'un des buts de ce voyage était donc de retisser ses liens. Alors bien sûr il y avait des liens diplomatiques mais économiques.
D'ailleurs, Alara a dit qu'il voulait faire de la France son premier partenaire. Emmanuel Macron est venu, on l'a vu tout à l'heure dans le reportage avec une délégation aussi de chef d'entreprise. La Banque mondiale chiffre la reconstruction de la Syrie à 216 milliards.
Pourquoi cet argent finalement il est si important ? Est-ce que c'est seulement pour reconstruire ou pour que cette transition dont on parle depuis tout à l'heure, bah pour qu'elle tienne aussi ? Bien sûr, c'est c'est l'un des très gros dossiers de la de la transition, c'est cette reconstruction. vous disiez plus de 200 milliards chiffrés par la Banque Mondiale, plus de la moitié juste pour reconstruire en fait ce qui a été détruit et ensuite pour essayer de remettre les infrastructure euh euh voilà dans en service exactement dans dans cette situation que ce soit les routes, les infrastructures électriques qui ont été sévèrement touchées.
Donc voilà, aujourd'hui il y a un vrai sujet à ce propos et ça va influencer Emmanuel Macron était accompagné d'une délégation économique. Aujourd'hui, il y a d'énormes risques à investir en Syrie et c'est des investissements colossaux qu'il faudrait effectivement pour pour reconstruire. Alors, on va voir pourquoi justement il y a des risques justement d'investir, on va voir ça avec vous Fanny.
On a compris que le business était au cœur de cette visite mais derrière cela, il y a il reste en série des sujets sensibles à traiter hein. Oui, effectivement en particulier celui de la sécurité. Des cellules de l'Organisation État Islamique persistent en Syrie.
L'ONU parle de 3000 combattants, sans compter les femmes et les enfants radicalisés qui sont en ce moment dans les prisons syriennes, dont quelques dizaines de Français. Ahmed Alara dit d'ailleurs he faire de la lutte contre Daesh sa priorité sans réussir néanmoins à empêcher toutes les attaques. À cela s'ajoute des affrontements avec les minorités kurdes au nord-est au sud qui souhaitent conserver leur autonomie qui se méfient du pouvoir central syrien et les communautés dont issues la famille de Bachar Al-Assad.
Enfin, attention aussi à la frontière avec la frontière libano-syrienne. Israël a installé des troupes, je cite, pour une durée indéterminée et frappe le esbola. Donald Trump, vous le mentionnez tout vous mentionniez tout à l'heure, appelle le premier ministre pardon israélien Benjamin Netaniau a laissé la Syrie, je le cite, s'en occuper.
Quant à Emmanuel Macron, il exhorta Alchara à tenir sa frontière avec le Liban. Euh Ariad Ganem, est-ce qu'Emmanuel Macron peut faire de la Syrie un vrai partenaire en faisant entre guillemets fi de tout ce contexte sécuritaire ? C'est en tout cas l'objectif dans un contexte euh de tension, de relation assez froide entre la France et et Israël dans un contexte où la France essaie de peser dans les gros dossiers du Moyen-Orient, notamment la guerre en Iran.
Donc il y a la volonté, c'est clair, c'est affiché de renouer avec la Syrie qui qui a déjà joué son rôle dans le passé dans la les années 90. La relation entre Hafaz Assad, le père de Bachar Alassad et Jacques Shirac, c'était déjà cette forme de Manon Nourtanous, ma collègue parle d'un levier. La Syrie était un levier pour la France.
Donc on sent qu'aujourd'hui Emmanuel Macron veut redonner ce rôle là à la Syrie qui est une porte vers le Liban. Et donc il y a ce sujet de soutenir la souveraineté libanaise, ça a été la position partagée entre les deux présidents pendant leur conférence de presse. Il y a le sujet euh Israël Palestine bien sûr.
Et voilà, moi je je vois vraiment poindre cette volonté de renouer et de pouvoir miser sur ce partenaire. Voilà une volonté. Mais est-ce que ça peut marcher ?
Parce que vous avez qu'on a vu la France qui était qui n'existait pas dans le la guerre entre les États-Unis et l'Iran, écarté aussi du Liban, Israël qui veut plus entendre parler de la France. Est-ce que ça peut marcher véritablement de aujourd'hui ben jouer cette carte syrienne ? Bah c'est c'est une vraie question.
En tout cas, on voit s'exprimer en Syrie une position de la France que je trouve intéressante parce que je je vois une volonté de faire un partenariat. Emmanuel Macron emploie le mot d'intérêt. On a des intérêts en Syrie, donc il faut faire des choses.
Donc ça peut se distancier un peu avec les positions un peu plus fondé sur des valeurs qu' avait pu avoir sous la France de François Hollande par exemple où on rompait avec Bachar Alassad parce que il y avait des exactions et des abus contre des civils. Loin de moi la l'intention de comparer bien sûr Bachar Alassad et le nouveau président syrien. Mais c'est intéressant d'entendre un président français dire on est là en sachant très bien à qui on a affire mais on a des intérêts ici.
Donc il y a cette position de pragmatisme qui essaie d'être tenue. Il y a des victoires qui ont pu être obtenues dans les mois précédents. Je pense notamment au dossier des Kurdes où la France avait fait l'entremise entre les forces démocratiques syriennes kurdes et le pouvoir de Damas. et ils avaient ensuite la diplomatie française a été un peu pris de cours par le lâchage des curdes par les Américains qui a donné lieu à ce qu'on a vu en janvier-février.
Mais la France a quand même réussi à revenir dans le jeu pour obtenir cet accord fin janvier qui garantit un certain nombre de droits au Kurde. Voilà. Emmanuel Macron qui partira en tout cas ce soir au sommet de l'OTAN donc étant au Turquie où le président syrien devrait rencontrer Donald Trump he qui devrait également s'y rendre.
Merci beaucoup à Ganem d'être passé ce soir par le plateau de 28 minutes. Allez passons à notre débat. La date était entourée en rouge dans l'agenda de la justice française.
Le procès en appel de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires FN a rendu son verdict. L'ex-présidente du Rassemblement national écope d'une peine de 3 ans de prison dont deux avec surcis. un enferme sous surveillance électronique.
Elle peut donc être candidate à la présidentielle mais avec un bracelet électronique la fin d'une longue séquence dans les prêtoirs qui aura mis la justice à rue d'épreuve hein puisque certains évoquent son instrumentalisation afin d'empêcher la favorite dans les sondages de participer à la course à l'Élysée. Alors cet épisode sera-t-il ou non profitable au bon fonctionnement judiciaire de notre pays ? Nous en débattons juste après la mise au point d'Amira Swedem. [musique] La cour d'appel a tranché.
Marine Le Pen est bien condamnée pour détournement de fonds public, mais elle pourra théoriquement concourir à l'élection présidentielle de l'an prochain si elle le souhaite. À l'annonce du verdict et c'est la surprise du jour, avocat de Marine Le Pen comme du Parlement européen semble assez satisfait. Ils ont détourné et volé l'argent public, l'argent du contribuable européen d'ailleurs l'argent également du citoyen français.
Nous le disons depuis des années et ça a été confirmé pour la deuxième fois d'abord par le tribunal et aujourd'hui par la cour d'Af. Nous notons une inflection considérable sur les peines et notamment sur la peine d'inibilité qui pour nous est un point extrêmement important. La justice condamne Marine Le Pen pour avoir déguisé des salariés du RN en assistant parlementaires européens. 2 millions d'euros en tout détourné à défunt de politique intérieure.
Une affaire qui a plongé le mouvement politique dans une de ses plus grandes crises interne. Etbranlé, le parti d'extrême droite a pourtant tenté de retourner cette affaire à son avantage, de déplacer le débat sur un autre terrain. J'appelle mes concitoyens, je les appelle à s'indigner.
Il y a euh une volonté de la part du pouvoir, de la part de certains juges à ce qu'une candidate qui est donnée vainqueur de l'élection présidentielle ne puisse pas concourir à cette même élection présidentielle. Une défense mise à mal par des affaires qui s'accumulent. Le Parlement européen soupçonne aussi le groupe auquel appartenait le RN d'avoir privilégié deux agences de communication dirigées par des proches de Marine Le Pen entre 2019 et 2024.
L'association de lutte contre la corruption anticorps soupçonne également le président du RN Jordan Bardella d'avoir lui aussi occupé un emploi fictif au Parlement européen en 2015. Alors à moins d'un an de la présidentielle, ces affaires sont-elles un frein ou un moteur pour le RN ? Placé en tête des sondages, le parti d'extrême droite a-t-il su les retourner à son avantage en s'en prenant à la justice ?
Et pour en débat de ce soir, nous recevons Hervé Lément. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes avocat au barreau de Paris et ancien juge d'instruction. Vous avez publié le procès du pont Moréti. Cétait aux éditions du C, c'est en 2025.
Et selon vous, ceux qui cherchaient à faire tomber Marine Le Pen obtiennent le résultat inverse. Le RN sort renforcé, dites-vous. Les électeurs ont le sentiment d'un acharnement judiciaire.
À vos côtés, Patrick Spinozi. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation. Votre dernier livre, c'est Menace sur l'état de droit. C'est aux éditions àar.
Et selon vous, si la justice est fortement critiquée, elle n'en sort pas diminuée pour autant. L'opinion publique cherche un bouqu émissaire, dites-vous, au dysfonctionnement du politique et les juges sont une cible. Et puis Marine Turquie, bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes journaliste au service enquête de Méia Part. Vous avez révélé avec Ludovic Lamant l'affaire des assistants parlementaires du FN en 2013-2014.
Votre livre Marine est au courant de tout et publié aux éditions Flamarion, c'était en 2017. Et selon vous, le débat ne devrait pas se porter sur l'inigibilité de Marine Le Pen, mais sur la gravité des faits qui lui sont reprochés. Le RN en 2027 pourra compter sur sa base électorale mais aura du mal à convaincre au-delà de ses rangs.
Et pour entamer ce débat, c'est avec vous Valérie et la condamnation du jour. Oui, la cour d'appel confirme que Marine Le Pen est coupable dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Elle est condamnée à 3 ans de prison dont 2 ans avec surcis.
Il lui reste donc un enferme qui doit être effectué sous bracelet électronique et puis la cour réduit l'inéligibilité qui passe donc de 5 ans en première instance à 45 mois dont 30 mois avec sur 6 qui nous fait donc 15 mois effectifs en cours depuis le 31 mars 2025 il y a tout juste 15 mois. Hervé l'ément est-ce que juridiquement elle peut donc se présenter à l'élection présidentielle de 2027 ? Oui, tout à fait.
Puisque la Cour d'appel a a décidé euh de réduire l'éligibilité euh à ce qui a déjà été fait, si je puis dire, c'est-à-dire que elle peut se présenter à à l'élection euh présidentielle. Je je crois que c'est euh un arrêt qui est finement ciselé. Les juges ont, j'allais dire, tourné euh cette fois la langue dans leur bouche, mais c'est leurs plume qu'ils ont qu'ils ont tourné avant d'arriver à cette solution.
Et je crois qu'ils ont voulu très clairement dire premièrement que Marine Le Pen est coupable. Deuxièmement, que ce qu'elle a fait mérite une sanction euh réelle et sérieuse. Et troisièmement que ce n'est pas leur rôle, et je pense que c'est ça le fond la question, que ce n'est pas leur rôle à eux jugent de dire qui peut se présenter à l'élection présidentielle et qui ne peut pas se présenter à l'élection présidentielle.
H alors Patrice Pinzi, justement ce fameux bracelet électronique rappelons-le donc un enferme avec bracelet électronique. Qu'est-ce que ça veut dire exactement ? Parce que quand on est candidat à la présidentielle, est-ce que c'est une entrave insurmontable ou ça peut être une contrainte finalement qu'un candidat éventuellement pourrait contourner ?
Alors, il faut savoir deux choses. D'abord, effectivement aujourd'hui la condamnation est de 1 an de bracelet électronique. Il existe la possibilité de demander le relèvement au bout de 6 mois.
Donc il est assez probable que cette condamnation de 1 an de bracelet se transforme en réalité à une condamnation de 6 mois de bracelet. 6 mois de bracelet euh ça nous amène à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine. Et donc l'entrave, elle est en réalité limitée sur la fin de la campagne.
C'est une première chose. Après le bracelet, une fois qu'il est posé, il y a des conditions euh pour celui qui le porte qui sont à négocier avec le jus d'application des peines. Donc on peut se souvenir par exemple de Nicolas Sarkozy qui lorsqu'il avait un bracelet avait la possibilité une liberté de déplacement entre telle heure et telle heure.
Donc évidemment il peut y avoir une entrave mais tout cela est à négocier selon ce qui a été décidé avec le application des peines et il n'y a pas une impossibilité de sortir de de chez soi. Avoir un bracelet avoir un bracelet électronique permet de travailler et d'avoir une activité. Vous n'êtes pas bloqué chez vous toute la journée.
C'est ça. Alors Marine Turquie, on a bien compris donc la condamnation tombée aujourd'hui. Mais qu'on reprenne pourquoi Marine Le Pen est aujourd'hui condamné, de quoi est-elle coupable ?
Ouais, c'est une bonne question parce que j'ai l'impression que très vite on va sur l'application de la peine sans même passer sur les faits. Le cœur de du dossier, c'est quoi ? C'est des millions d'euros d'argent public.
L'argent européen, c'est de l'argent public. C'est notre argent, le vôtre, le mien. C'est ce qui permet de financer des hôpitaux, des écoles et cetera.
Donc là, on a un préjudice qui est qui est qui est euh descendu à 2,8 millions d'euros parce qu'ils ont pris en compte uniquement les contrats euh des personnes qui étaient renvoyé dans dans ce dans ce procès-là, pas les contrats potentiellement litigieux dans leur ensemble. Donc ça veut dire des millions d'euros d'argent public détournés par un parti et au total, il y avait 27 prévenus en première instance et puis certains ont fait appel, on est on est descendu à 11. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que Marine Le Pen a été considérée comme l'instigatrice d'un système de détournement de fonds public et que cette personne souhaite se présenter à l'élection présidentielle. Mais ça pose quand même question est-ce qu'aujourd'hui quand on est candidat ou candidate à élection présidentielle, on peut le faire quand on est condamné pour des faits si graves ? La cour dans sa décision reconnaît la gravité des faits.
Donc ça ça raconte quand même quelque chose si aujourd'hui ce n'est même plus questionné. Et je rappelle quand même que le bracelet c'est de la prison. C'est la prison à domicile mais c'est de la prison et c'est important de le dire pour celles et ceux qui nous écoutent parce que c'est pas rien le bracelet électronique c'est pas une promenade on peut pas et que donc on soit à discuter si elle peut aller en meeting avec un bracelet électronique à la cheville ça paraît lunaire au regard des millions d'argents publics détournés. ce même parti qui nous explique que la justice est trop laxiste avec les délinquents.
Aujourd'hui, euh on a euh un parti qui a pu finalement aller dans les médias euh et euh c'est tout le propre de la délinquence en col blanc, c'est d'avoir accès aux médias et de se plaindre quand même de la décision judiciaire qui avait été rendue euh en première instance et de pendant 1 an faire pression quelque part sur les magistrats et les magistrates et pouvoir dire c'est pas normal et avec l'appui de certains dans la classe politique he Jean-Luc Mélenchon, François Baou, Gérald Dramanin, c'est ça qui que raconte cette affaire je trouve. Hm. Bien sûr.
Et et à Lièvin, le weekend dernier, Marine Le Pen se montrait tout sourire au banquets du rassemblement national serein et et combative convaincue de la supériorité de son parti sur la justice. Écoutez, voilà un petit message à destination de ceux qui pensent qu'il suffit de nous mettre des obstacles devant nous pour nous décourager. Nous ne nous découragerons jamais.
Nous lutterons toujours. Nous irons jusqu'au bout et nous irons, mes amis jusqu'à la victoire avec vous. Alors, lors de cet événement, Jordan Bardella était présent à ses côtés affichant la continuité du parti.
Hervé Léman. Est-ce que le message que le Rassemblement national veut faire passer, c'est qu'il est plus solide que la justice ? Alors moi, je ne sais pas quel est le message du Rassemblement national puisque je je ne je n'en suis pas ni de près ni de loin.
Euh je je crois que euh les Français ne sont pas forcément convaincus que l'affaire est aussi grave que ce qu'on a dit tout à l'heure. C'est une vision de l'affaire qui est de dire c'est des millions de détournements dans l'impression qu'on a tapé dans la caisse. La situation la situation non pas tapé dans la caisse.
La situation est un la situation est un petit peu différente. Il s'agit Non non c'est pas factuel. La situation est un petit peu différente jugement c'est tout même aujourd'hui.
L'exemplarité même ne dit pas que madame que Marine Le Pen a tapé dans la caisse. Ah non, il y a eu un système a eu un dispositif de détournement de fond public et qu'elle en est l'instigatrice le mot exact son impulsion déterminant. Soz gentil soyez gentil de ne pas m'interrompreis pas d'accord avec vous. le ce n'est pas ce que cette affaire n'est pas une affaire de détournement de fond qu'on aurait pris pour aller se se balader ou faire des dépenses personnelles.
C'est une affaire qui concerne le fait que des assistants parlementaires ont été utilisés non pas pour le travail d'assistant parlementaire mais le travail pour le parti. Je ne dis pas que c'est bien, je ne dis pas que c'est légal, mais venir dire c'est des détournements de fonds publics, on a détourné des millions, ça ne correspond pas forcément à la réalité du dossier. Et on verra ce que les Français pensent, ce que dit ce qu'a dit la Cour d'appel.
Et moi, je trouve que c'est une décision qui est très importante par rapport à cela euh parce que la Cour d'appel en fait, elle a elle a elle a remis l'église au milieu du village. Elle a dit "Moi, mon rôle c'est de dire euh il y a une infraction ou pas ?" et elle dit "Oui, il y a une infraction.
Euh, je prononce une sanction, c'est son rôle, mais par contre mon rôle c'est pas l'élection présidentielle." Et la question de savoir si ce que Marine Le Pen euh a fait et dont elle a été reconnue coupable euh la disqualifi pour être président de la République, ce sont les électeurs qui vont le dire. C'est ça la démocratie.
Et ce qui était ce qui aurait été choquant, ce qui était gênant avec le jugement de première instance, c'est que c'est les juges qui disaient "Moi, juge, j'estime que tu ne dois pas te présenter à". Est-ce que c'est pas ça le problème ? Parce qu'à la base, on parle d'une affaire judiciaire qui a ensuite dérivé sur un problème politique, mais à la base, il y a une affaire judiciaire.
Moi, je j'ai une vision juridique de cette question. Il y a une différence d'appréciation entre des juges de première instance et des juges d'appel sur la nature de la sanction. Voilà, ça arrive tous les jours.
Voilà. Donc euh pour vivre dans la justice euh il faut arrêter de croire que la justice, elle est univoque. Euh la justice selon les magistrats, il y a des appréhensions qui sont différentes des mêmes faits et il y a des sanctions qui sont différentes des mêmes faits.
C'est pour ça qu'il y a la possibilité de faire un appel. Bon, donc les juges de première instance ont considéré que Marine Le Pen était coupable. Ils l'ont sanctionné et ils ont pensé qu'une peine d'inéibilité de 5 ans était la bonne peine.
Elle a fait appel, elle en a le droit. Les jug d'appel ont considéré qu'elle était coupable. Ils ont considéré que une sanction d'inligéibilité de 15 mois était la bonne peine.
C'est leur choix. C'estàd que si on défend à un moment, c'estd que les tout le monde cherche à essayer de politiser la justice, la justice, elle rend ses décision en fonction de sa propre boussole et elle n'a pas un agenda politique, contrairement d'ailleurs à ce que prétend madame Le Pen dans ces déclarations. Et voilà.
Donc il faut et le problème c'est que c'est fascinant parce que alors même que cette décision de la cour d'appel rend une décision qui permet à madame Le Pen de se présenter, on est en train d'instrumentaliser la justice en expliant "Ah, en fait, c'est parce que les juges ont voulu qu'elle se présente qu'ils ont décidé d'eux." Les juges, ils ont rendu une décision et ils l'ont condamné. Plus sévèrement en première instance, moins sévèrement en appel.
Les juges, ils font leur chemin et ils n'ont pas d'agenda politique. Alors, justement, on va voir que c'est quand même resté une affaire politique parce qu'elle a secoué le monde politique cette affaire. On connaissait he le terme gouvernement des juges.
On a découvert et bien les juges tirant et oui, comme l'a expliqué Jean-Philippe Tanguy, député Ren à l'Assemblée nationale, c'était le 1er avril 2025. Voilà qu'un carton de procureur et de juges prétend sortir du droit pour exercer la vent d'état du système contre son seul opposant, le Rassemblement national et contre sa principale incarnation Marine Le Pen. Il y a des tyranis qui enferment leurs opposants.
Il y a désormais des justes tyran qui exécutent l'état de droit en place publique. des magistrats qui dans ce jugement avoue que la candidature, l'élection de Marine Le Pen serait un trouble à l'ordre public. Voilà finalement des magistrats qui appliquent la promesse du syndicat de la magistrature, celle de faire barrage par tous les moyens, les pires moyens à Marine Le Pen.
Aucun député du Rassemblement national ne laissera diffamer celle qui incarne l'espérance du peuple de France. Marine Le Pen. Alors aujourd'hui Marine Turquie, le ton est nettement plus calme.
Le le récit finalement d'un procès politique des juges rouge aux ordres, la manifestation qui avait été convoquée aux invalides à Paris, on s'en rappelle, tout ça n'a pas fonctionné. Comment vous l'expliquez ? Je pense que ce qu'on vient de voir et qui a duré quand même un an he ça fait un an que les responsables politiques du RN vont sur les plateaux pour dire combien ce serait une atteinte à la démocratie laissant penser presque que leur parti ne pourrait pas être candidat finalement. c'est leur candidate quand même.
Je pense que ce lobbying, ces menaces, ces attaques, elles ont fonctionné. Je pense qu'elles ont fonctionné puisqueaujourd'hui dans la décision, on a quand même une ligne qui est importante, une ligne du communiqué notamment de la cour d'appel de Paris aujourd'hui qui dit qu'on doit laisser la liberté à lecteur de choisir. Mais l'électeur, il avait son parti. que ce soit Jordan Bardella ou Marine Le Pen, il pouvait voter donc c'est très étrange cette phrase qui à mon avis va faire couler beaucoup d'ancre dans les jours à venir de laisser s'imisser euh cette liberté de choix parce qu'en fait bah le juge, il doit faire quoi ?
Les juges doivent appliquer la loi qui a d'ailleurs été votée, rappelons-le, par les parlementaires. Donc c'est l'application quand même de de lois qui sont issues de la souveraineté populaire. Donc est-ce que cette phrase elle est la bienvenue dans une décision ?
Moi je pense que ce ce lobbying, ces attaques, elles ont finalement fonctionné et encore une fois ce que demandait le RN, c'est une exception. Ils ne veulent pas être traité comme le citoyen ou la citoyenne landa. Je précise que tous les jours les Français et les françaises sont frappé d'interdiction de d'exercer.
C'est l'équivalent de de l'interdiction de l'innégibilité avec exécution provisoire. Donc tous les jours, vous êtes un comptable qui a piqué dans la caisse, vous êtes un patron voyou, vous êtes que sais-je ? Donc on a l'impression que le RN demandait une exception et donc aujourd'hui cette phrase, moi elle m'interpelle beaucoup.
Est-ce qu'il y a pas une démission là-dessus de la justice sur cet élément là précis ? Et puis un petit fossé entre la gravité des accusations que soulligne la cour d'appel dans cette décision et puis les peines qui sont nettement en dea de celle en première instance. C'est une différence d'appréciation effectivement mais pour quelqu'un comme Louis Alliot maire de Perpignan qui est condamné c'est un dolore uniquement du surcis sur la peine et sur l'inibilité.
Patrice Spinosi, le le RN parlait de gouvernement des juges, on a entendu Marine Le Pen parler de dénis, de démocratie, dire que la justice pouvait décider à la place des citoyens français. Euh qu'est-ce qu'il faut comprendre de ces de ces mots, de ce positionnement ? On vient de l'entendre.
Vous avez vu le discours qui a été tenu, c'est un discours d'instrumentalisation politique de l'autorité judiciaire très clairement et c'est un discours très classique dans la mécanique populiste. Vous le trouvez aujourd'hui en France dans le cadre du Rassemblement national. Vous en trouvez euh des expressions aussi d'ailleurs euh dans le cadre euh de la pensée de Jean-Luc Mélenchon lorsqu'il euh subit une perquisition et explique que la République c'est lui.
D'ailleurs, il considère que c'est anormal qu'un juge puisse entraver euh un politique. Donc euh il y a une même logique. Et c'est évidemment ce que vous retrouvez de l'autre côté euh de l'Atlantique euh chez Donald Trump ou par exemple qu'on a vu aussi même chose.
C'estàd que la logique du populiste, c'est quoi ? La logique du populiste, c'est quelqu'un qui parce qu'il est élu considère que il est l'incarnation de la souveraineté populaire et qu'à partir de ce moment-là, aucun obstacle ne peut aller à l'encontre de son action. Donc le populiste, un juge qui va lui rappeler le droit, il considère qu'il n'est pas légitime.
Bien sûr. Alors Marine qui vous disiez que ça a peut-être infusé éventuellement sur les juges, mais on va le voir que ça a pas forcément infusé sur les Français. On va regarder tout de suite un baromètre au doxa.
Regardez finalement ce que c'est indiqué. C'était près de 6 franc sur 10 juge Marine Le Pen traité comme n'importe quel justiciable. Est-ce que ça voudrait dire que cette stratégie de la victime ben elle a atteint ses limites ?
Écoutez, je je ne sais pas. Ce qui est amusant, c'est que ceux qui critiquaient le jugement de premier instance étaient accusé de populisme et ceux qui critiquent maintenant l'arrêt de de la cour d'appel, ils sont sont, semble-t-il, des grands des grands démocrates. C'est c'est assez amusant que selon que on conson est d'accord avec la décision de justice, on a le droit de la critiquer ou pas ?
La vérité c'est que dans une société démocratique, on a le droit de critiquer les décisions de justice. Donc on avait le droit de pas être d'accord avec le jugement du tribunal qui avait prononcé une une éligibilité exécution provisoire. De même que vous avez le droit de pas être d'accord avec l'arrêt de de la cour d'appel qui a décidé de ne pas interférer dans le jugement de l'élection présidentielle.
Pour moi, la question fondamentale, c'est c'est bien celle-là, hein. On est sur un question une question d'équilibre des pouvoirs. Euh, quel est le On parle de gouvernement des juges, mais là, on n'est pas sur une question de gouvernement des juges, mais on est sur une question de pouvoir des juges par rapport au pouvoir politique.
Ça revient souvent sur le gouvernement des juges, on le connaît dans l'histoire politique française, c'est revenu très très régulièrement. Oui. Oui.
Le gouvernement des juges, c'est plus la question de la question des juges qui interviennent pour modifier les lois, pour annuler les lois, conseil constitutionnel qu' euré l'homme et celle différence. là-dessus entre critiquer une décision ou l'analyser, la décrypter et ce qu'on vient d'entendre là de Jean-Philippe Tangi avec des mots très véhéments avec l'idée d'une justice qui serait politique et je précise que au sein de l'extrême droite et plus largement beaucoup s'en sont emparés, il y a eu des menaces à l'encontre des magistrats et magistrates de gens qui potentiellement sous des soutiens du RN, il y a eu un homme qui a été condamné pour avoir menacé de mort quand même la présidente du tribunal, c'est pas sans conséquence. Et je pense qu'aujourd'hui c'est compliqué quand on est magistrat et magistrate de juger ce type d'affaires avec la peur des menaces de l'air de sous-entendre que que la cour d'appel aurait rendu une décision plus moins sévère voilà plus clémente parce que elle aura eu peur.
Moi, j'ai une plus haute estime des magistrats que ça. Je je ne pense pas une seule seconde que les magistrats de la cour d'appel ont modifié la décision parce qu'ils parce qu'ils avaient peur. On va parler de ça justement dans un instant la parole.
On va voir ça avec vous Fanny ces dernières semaines justement la la justice qui a été clairement sous le feu des critiques. Oui. Dernières attaques en date après l'affaire du meurtre de Liana lors par exemple de manifestation en soutien à la jeune fille on voyait ce genre de pancarte justice complice justice je t'accuse justice réveille-toi. des critiques venues aussi du gouvernement lui-même, y compris le garde des saut Géraldin qui avait dénoncé, je le cite, un des dysfonctionnements accablants et des défaillances graves.
Il avait pris des sanctions. Le premier magistratophe Soulard, président de la Cour de cassation, avait mis en garde contre une mécanique. Ce sont ces mots du bouc émissaire. ces derniers jours sur évidemment un tout autre sujet, ce sont donc les cadres du Rassemblement national qui aussi ont visé la justice.
Ils accuse les juges, je les cite, de décider qui va être le candidat du premier parti de France, du premier groupe à l'Assemblée nationale. Il dénonce un acharnement, un calendrier judiciaire, d'autant que le parti est également inquiété dans une autre affaire, un soupçon de détournement de fond par l'ancien groupe parlementaire auquel appartenait le Rassemblement national, ancien groupe parlementaire européen, identité et démocratie. Dans ce contexte, la justice est donc restée très discrète sur l'identité des juges avant la décision d'aujourd'hui pour éviter pression ou menace.
Rappelons, vous l'avez fait à l'instant, qu'après la condamnation de Marine Le Pen en première instance, la présidente du tribunal Bénédict de Pertui avait été menacée de mort. Elle avait été placée sous protection avec deux de ses ascesseurs. Patrice Spinosi, quand on fait face à autant de critiques avec autant de qu'on doit rendre une décision en tant que juge, quel poids finalement on peut avoir quel poids peut avoir notre décision ?
La décision, elle continue à avoir un poids considérable. C'est c'est ça éprouve en fait et le courage et l'impartialité des magistrats. C'est moi je suis pas là pour défendre les juges hein mais mais il faut bien se rendre compte que la logique de Bouém émissaire elle est très claire.
C'est-à-dire que et comme par hasard elle vient des hommes politiques. C'est-à-dire que les hommes politiques qui constatent que il y a une défaillance de leur capacité d'action au lieu d'en tirer les conséquences propres expliquent qu'en fait ça n'est pas leur faute et que ils n'ont pas pu faire ce qu'ils souhaitaent faire parce que les ju les ont empêché. Donc et les juges comme ils sont tenus de toute façon à l'ation de réserve, ils peuvent pas se défendre.
Donc on tombe sur les juges aujourd'hui qui sont pointés du doigt comme étant les responsables d'une forme d'inertie du politique, ce qui est totalement erroné. Ce qu'il faut voir, c'est que demain en tout cas si euh des partis populistes arrivent au pouvoir ou s'il y a une systématisation de la pensée populiste en France, on va avancer vers un mode de rapport entre le politique et la justice qui existe encore une fois qui qui est vraiment enfin c'est pas la peine d'aller le chercher bien loin. Aux États-Unis, on le vit au quotidien et c'est une tension extrême à l'égard de la justice.
Rendre une décision de justice va être de plus en plus difficile. Quand vous êtes juge aujourd'hui, objectivement votre travail n'est pas facile. Vous êtes extrêmement mal payé.
Mais je peux juste dire un mot ? Non, non, mais une réalité. Vous êtes extrêmement mal payé.
De vous n'avez aucun moyen. On a moitié moins de juges en France qu'en Allemagne. Et 3, auparavant vous aviez un peu de considération sociale.
Aujourd'hui, si c'est plus du tout le cas. On vous accuse au contraire d'être le point mort de la démocratie. Un dernier mot peut-être Marine Turquie qui sort fragilisé de cette de cette affaire plutôt l'ERN ou plutôt la justice ?
Ce qui est sûr, c'est que le RN, il y aura des conséquences quand même financières et au-delà de ces conséquences financières, il y aura peut-être un accès plus difficile à des prêts bancaires dans le cadre des campagnes. Le RN répète depuis des années, vous le savez, que il a du mal à obtenir des prêts bancaires et que selon lui, c'est pour des raisons politiques. Nous, on a révélé deux rapports d'inspection ministérielle qui montrent que non, c'est pas pour des raisons politiques, c'est pour des raisons Oui, sur Médiia part pour des raisons tout simplement en raison de leur passif notamment judiciaire et cette affaire ne va pas aider, je pense.
Ça fera partie peut-être des conséquences. Et puis l'autre, c'est évidemment un enjeu quand même d'image. Un élu, un candidat se doit quand même d'afficher une certaine exemplarité en matière notamment de probité.
Est-ce qu'aujourd'hui une personne qui est condamnée, qui portera sans doute visiblement un bracelet électronique et on verra ce que décidera le jeu d'application des PNES sur son aménagement, est-ce que cette personne peut être candidate à l'élection présidentielle et donc la fonction suprême ? Ça ça sera le 17 juillet en tout cas ça sera fixé. En tout cas, merci à vous trois d'être venu ce soir débattre sur le plateau de 28 minutes.
Allez, dans un instant avec Marjon et Théophile Cossa, nous verrons comment pour certains les terrime avec sécurité et comment le business de la télésurveillance prospère en France mais loin, très loin de nos voisins. Faut peut-être mettre une alarme pour y penser d'ailleurs avant de partir aux États-Unis pour comprendre comment marche la bromance entre Donald Trump et le président de la FIFA. Mais avant ça, allons-nous régaler de culture Gâ Victor Dequiver ou comment ne pas rater sa soirée dinatoire grâce à un beau sujet de conversation.
Ce soir, vous dînerez moins bête. Le lac du Bourget a-t-il inventé le romantisme ? Le lac du Bourger a-t-il inventé le romantisme ? [musique] La question vous paraît étrange et pourtant 10 octobre 1816, une violente tempête éclate sur le lac du Bourger.
Un jeune homme de 26 ans sauve une inconnue de la noyade. Il s'appelle Alphonse de la Martine. Elle s'appelle Julie Charles.
Le poète soigne sa dépression dans une pension au bord du lac. Julie, y soigne sa tuberculose. Lui est mélancolique, elle est condamnée.
Mais quand il la sauve des flots, c'est le coup de foudre. Il écrit [musique] "J'ai sauvé avant-hier une jeune femme qui se noyait. Elle remplit aujourd'hui mes jours." Leur amour se déploie le long du lac, surtout à la grotte de Bourdeaux, au pied du Mont du chat.
Le jeune couple y passe les premières heures de son idi en toute discrétion, car Julie a 6 ans de plus et elle est mariée à Jacques Charles, un physicien célèbre de 38 ans son aîné. Un mois plus tard, les deux amants doivent repartir. La Martine a sa vie, Julie à son mariage.
L'été suivant, la Martine revient pour la revoir. Mais Julie est trop malade. Alors, il a seul.
Il reprend leur sentier, il retourn à leur grotte. Le 29 [musique] août 1817, il commence à écrire un poème. Il s'adresse au lac.
Laissez-nous savourer les rapides délices des plus beaux de nos jours. Le 18 décembre 1817, Julie meurt à Paris à 33 ans. La tuberculose l'emporte.
La Martine magnifie ce drame dans Méditation poétique publiée en 1820. Le succès est immense et son poème le lac devient l'un des plus célèbres de la langue française. Ce recueil marque la naissance du romantisme en France et comme le dira un critique, la Martine n'est devenue la Martine qu'après sa rencontre avec Julie.
Dans ses écrits, il ne l'appelle jamais Julie. Il lui donne un nom, Elvir. Aujourd'hui, la grotte de Bourdeaux est un lieu de pèlerinage [musique] pour les amoureux, car c'est ça aussi le romantisme se fondre dans la grandeur de la nature.
Moralité, le lac du Bourger n'a pas inventé le romantisme, mais il lui a donné son [musique] premier chef-dœuvre français. Voilà, vous dînerez moins bête. Et voilà, on dinera vraiment moins bête.
Merci beaucoup en tout cas Victor de Kivivera. Allez, il est temps de retrouver un peu les derniers romantiques, on va dire ça comme ça. Joré Adelson.
Théophile Cossa, on va commencer avec vous Margerie. On va parler business euh ce soir notamment d'un business qui a le vent en poupe, celui des caméras de sécurité, des alarmes. Oui, surtout avec l'été et les départs en vacances.
Près d'un français sur deux ne part pas complètement serein à l'idée de laisser sa maison inoccupée durant l'été. Une crainte qui fait le bonheur des sociétés de télésurveillance. Comme le soulligne dans une enquête le journal Le Monde.
En France, 8 % des ménages sont équipés de vidéos surveillance. C'est rien par rapport aux États-Unis ou aux pays nordiques qui sont deux à fo à trois fois plus équipés que nous. Hors l'été et bien c'est une période stratégique pour ces entreprises.
Euh certaines elles font même jusqu'à 30 % de leur chiffre d'affaires annuel. Pourtant et c'est là tout le paradoxe ces dernières années le nombre de cambriolage est resté stable. Alors pourquoi cet engouement ?
À cause d'un une sorte de sentiment global d'insécurité sur lequel les sociétés de télésurveillance surfent joyeusement. Le tout couplé à des techniques de vente assez offensives. Exemple, lorsqu'une maison a été cambriolée, il est très fréquent que dès le lendemain des commerce les commerciaux viennent proposer leurs services en matière de sécurité.
Là où c'est malin, c'est qu'il existe des systèmes adaptés pour tous les budgets. Euh la petite caméra qu'on achète seul pour une vingtaine d'euros jusqu'à des solutions plus sophistiquées auxquelles s'ajoutent par exemple un forfait mensuel à l'endu de dizaine d'euros jusqu'à plusieurs centaines. Alors devant ce marché juteux, même les opérateurs de téléphonie s'y sont mis.
Aujourd'hui, en plus de votre abonnement internet ou téléphone, vous pouvez par exemple rajouter une option caméra. Pas la peine donc d'être un craque en technologie. Là, c'est la technologie qui vient à vous et pour les entreprises et bien c'est une valeur sûre.
Les clients gardent leur système 11 ans en moyenne. C'est ce qu'on appelle être fidèle. Alors maintenant, la question qu'on devrait tous se poser, mais où vont ces fameuses images ?
Alors, normalement nulle part. Sauf que ces derniers temps, plusieurs caméras ont été piratées. On a vu ça notamment dans les dans les médias, c'est on en a pas mal parlé.
Un comble parce que la protection devient alors une menace, une menace parfois géante. C'est le cas en Corée du Sud où plus de 120000 caméras avaient déjà été piraté l'année dernière. Objectif alimenter un site voyuriste.
Une affaire qui a relancé la question de la sécurité des objets connectés. Alors au final, comment se protéger ? Comment éviter que des inconnus vous voient par exemple prendre votre douche ?
Et bien de son côté, l'Europe a décidé de réagir. Dès décembre 2027, tous les équipements d'alarme et de télésurveillance seront soumis au Cyber Resilience Act. C'est un règlement qui impose des procédures d'évaluation strict et des exigences en matière de sécurité.
A priori, vous devriez donc pouvoir, Jean-Mthieu, vous prélacer sur votre canapé sans crainte d'être observé. Voilà. Et ça c'est ce qu'il y a de mieux pour regarder 28 minutes.
Forcément, merci beaucoup Margerie. Alleé au fil avec vous. On file aux États-Unis avec ce scandale en plein milieu de la coupe du monde du mondial.
Donald Trump a confirmé avoir demandé au président de la FIFA, Jan Infantino, et bien d'annuler un carton rouge reçu par un joueur de l'équipe américaine. Dites-nous justement cette relation entre Trump et Infantino. Comment ça marche ?
Ouais, une histoire qui passe mal. Mercredi dernier lors du match États-Unis Bosnie, l'attaquant américain Falorine Balogun fait une grosse faute. Carton rouge, exclusion du terrain.
Sauf que lorsqu'on prend un rouge, on est aussi suspendu pour le match d'après. Coup dur pour les États-Unis qui doivent affronter en 8e la Belgique sans leur meilleur buteur. Trump pas content du tout du tout pour lui, il y a pas faute.
Alors il prend son téléphone et il appelle son vieux pote Gianni Infentino. Résultat, la FIFA annonce dimanche que la sanction est suspendue. Logoun a joué hier soir contre la Belgique, ce qui n'a pas empêché les États-Unis d'être éliminés.
En effet, voilà. Et une affaire qui montre quand même une nouvelle fois les liens très étroit entre Trump et Infantino. Ouais.
Les deux hommes affichent depuis 2018 une véritable bromance, une amitié entre hommes. Vous savez comme on dit nous les jeunes pour faire cool. Lidal commence après l'attribution de la Coupe du monde 2026 pour laquelle Trump n'a pas hésité à faire pression. 2 mois plus tard, Jenny Infentino est reçu à la Maison Blanche.
Coup de foudre, les deux hommes vont multiplier les rencontres, notamment depuis le retour de Trump au pouvoir. Infentino est présent au premier rang à sa cérémonie d'investiture. Il rit aux éclats quand Trump dit qu'il veut renommer le golf du Mexique en golf d'Amérique.
Ça se complimente, ça s'offre des petits cadeaux dont tiens tiens un carton rouge. FIFA ouvre un bureau dans la Trump Tower à New York en juillet 2025 et puis en décembre, le Climax Infentino remet à Trump le tout premier prix de la paix de la FIFA. Alors qu'est-ce que c'est que ce prix ?
Mystère. 50 députés européens viennent d'ailleurs de demander à la FIFA d'enquêter sur son attribution. Peut-être une idée d'infentino pour consoler son ami Trump de ne pas avoir reçu le prix Nobel de la paix dont il rêve tempant.
Mais Théophile, dites-nous tout. Est-ce que c'est sérieux cette bromance ? Alors alors ça va peut-être vous surprendre mais pour les mauvaises langues certainement jalouses, il s'agit surtout d'une alliance d'opportuniste.
Trump veut développer le foot aux États-Unis parce que ça rapporte des Le mondial he c'est des milliards de dollars de retombées économiques. C'est du soft power. Ça permet aussi d'avoir les projecteurs sur lui.
D'ailleurs, la coupe du monde féminine de foot se passera aussi aux États-Unis en 2031. Quantin Fentino, bah lui aussi il a tout intérêt à ce que le foot s'implante aux États-Unis parce que c'est bon pour le business de la FIFA et il pense peut-être aussi tiens à sa réélection à la tête de la Fédération en 2027. Pour ça le soutien de son poteau Trump pourrait bien lui servir.
Ça sera pas trop. En attendant, les deux copains remettront ensemble main dans la main le trophée au vainqueur le 19 juillet prochain. On a hâte en tout cas de voir cette image hein.
Voilà ses deux amis enfin réunis. Merci beaucoup Théophile. Merci à vous mes amis dans un instant sur il sera l'heure de retrouver Émilie Aubri pour le dessous des cartes.
Nous on se donne rendez-vous demain pour un nouveau numéro de 28 minutes à quelle heure ? 20h5. 20h05 sûr.
Allez [rires] tous. [musique]
Emmanuel Macron