Déclin de la France : "On imaginait que Macron allait être le président de la croissance..."
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Europ soir 19h 21h Pierre de Villnau avec mes camarades de la 2e heure. Bonsoir Alexandre Balafaille fondateur de Synopia Le Sing Bonsoir Gill Boutin mon confrère du Figaro. Bonsoir Christian Saint-Étienne.
Merci d'être avec nous. Vous êtes économiste, analyse politique, professeur à la chair d'économie industrielle, conservateur national des arts et métiers. Vous êtes auteur de Trump et nous.
On va pas parler de Trump, on va parler de Bairou si vous le voulez bien parce que le 8 septembre arrive au galot et selon toute vraissemblance le gouvernement Bairou, même si comme je viens de le dire à l'instant là, il entrouvre une porte au RN pour peut-être ne pas se faire censurer, en tout cas ne pas avoir le vote de confiance de certains députés RN, le gouvernement veut restreindre les soins pris en charge par l'AME pour les étrangers sans papier qui est une des mesures réclamées par Marine Le Pen. bien même conséquences immédiates pour nous, pour notre portefeuille, pour les entreprises, les grandes, les moyennes, les PME, les ETI, les les gens qui travaillent, qui ont du mal à se reverser des dividendes. Je pense au petits patrons.
Quelles sont les conséquences immédiates de la chute d'un gouvernement Bairou le 8 septembre ? Christian Saint-Étienne, en fait, il y a deux scénarios. le le premier, on a de la visibilité politique pour après.
Euh le deuxème c'est que on ne voit pas euh de porte de sortie après la chute de Bairou. Euh le choix euh entre les deux scénarios euh est entre les mains du président de la République. C'est il faut le dire.
Bon, tout le monde répète qu'il va pas démissionner mais à un moment donné, il va falloir qu'il assume la dissolution absolument catastrophique de juin de l'année dernière. et surtout qu'il assume euh l'ensemble des décisions qu'il a pris 1000 milliards de dettes de plus depuis qu'il est au pouvoir. Une économie française qui euh bredouille, qui n'avance pas alors que il y a une accélération des transformations technologiques, scientifiques et militaires au plan mondial.
Il y a bien une le seul point positif peut-être du point de vue stratégique sous les dernières années, les trois dernières années sous Macron, c'est une petite augmentation du budget de la défense. Ceci étant, on vote mais tout le monde observe que les commandes ne suivent pas. Donc il y a des blocages de ces crédits.
Mais pour le reste, on a une situation qui est bloquée sur le plan économique, sur le plan politique, sur le plan social. Et dans ces situations là sous la 5e République, c'est le président de la République qui doit assumer en remettant son mandat en jeu. Hm.
On a euh deux, j'allais dire euh de son trompeur. On a d'abord euh François Baou qui s'est posé comme un lanceur d'alerte suivi par euh beaucoup d'observateurs euh qui euh le critiquent euh en disant que bah il a pas inventé la Lune et que on sait la situation depuis longtemps. 3350 milliards de dette, on est à 70 milliards de remboursement de la dette par an, ça va sans doute grimper à 100 ou à 110.
Il y a de l'argent qui est mal aiguillé, des prélèvements impossibles qui deviennent totalement impossible, des charge pour les entreprises. Et puis il y a cette petite musique qui revient ces derniers jours avec notamment le Parti socialiste Jerome Ged au grand rendez-vous Europain, C News les Échos dimanche qui me disait "Mais en fait oui, c'est grave mais la France c'est un to big to fail". que la France ne tombera pas.
Euh et et moi je suis comme vous Christian Saint-Étienne, je suis au contraire effrayé, très inquiet et quand on sait que l'agence FIT arrive le 12 septembre prochain, qu'elle s' suivi par les deux autres agences de dotation américaine et quand on sait qu'on va perdre le A à moins qui est déjà pas une super bonne dote, c'est c'est assez effrayant de dire aux français "Non mais vous comprenez, on a suffisamment de réserves pour que ça soit pas la catastrophe." Bon, je salue d'abord votre lucidité. Il y a pas beaucoup de journalistes ou de politiques qui sont aussi lucides que vous.
En fait, il y a deux façons de chuter. Euh, on peut chuter et tomber à genoux. Bon, mais on peut chuter parce que on recule sans arrêt par rapport à ceux qui avancent plus vite.
H Donc, on doit être au 25e rang du classement PISA pour l'éducation. On est euh avec une croissance faible. Euh tous les grands investissements internationaux qui viennent en Europe sur les questions de technologie euh vont en Allemagne, en en Italie, en Angleterre mais ne viennent pas en France.
Donc euh on a en plus un discours politique qui est totalement effrayant, non seulement pour les producteurs travailleurs français, mais pour tous ceux qui voudraient venir en France. Ça fait quand même maintenant euh 16 mois qu'on a un concours l'épine permanent d'augmentation d'impôts dans un pays qui a le record du monde des impôts. C'est ça.
Et donc en plus si je termine par une simple remarque, nous avons le record du monde de la dépense publique. Si la dépense publique crée la richesse, nous devrions être le pays le plus riche du monde. Donc ça fait 30 ans qu'on essaie de créer de la richesse avec la dépense publique.
C'est un échec. Hein. Donc la question centrale c'est alors je suis pas contre la dépense publique dans les domaines qui sont fondamentaux pour le développement du pays.
L'éducation, les infrastructures, la recherche innovation. Mais si vous prenez les 57 points de dépenses publiques, vous avez euh bientôt 3 points d'intérêt sur la dette points de de protection sociale. Donc vous êtes à 36/ 57. sur les 21 qui restent, vous avez beaucoup de gaspillage.
Donc ce qui est vraiment dépensé pour le développement présent et futur du pays est faible. De ce point de vue, d'ailleurs, Macron est une énorme déception. On imaginait que ça allait être justement le président de la croissance en fait et de l'investissement aussi.
Alors, le problème est est est un problème structurel absolument majeur, c'est que les politiques de croissance elles ne peuvent s'exercer que dans la durée, hein. C'est-à-dire que par exemple réindustrialiser, c'est 50 à 7 ans de boulot. H et ça n'intéresse pas les politiques, il faut bien commencer un jour.
Voilà. Sauf qu'il faut commencer un jour. Donc la euh et la réindustrialisation, on en parle déjà depuis François Hollande.
Donc euh Oui. Et là par exemple, on dispose de beaucoup de travaux hein qui montrent que vous connaissez tous les chiffres, le l'industrie manufacturière en France c'est 9,5 points de PIB. La moyenne de la de la de l'Union européenne c'est 14,5.
On a 5 points de retard. On sait qu'il faut 50000 hectares pour développer les usines qui nous permettraient de développer de rattraper ce retard. C'est c'est des c'est des ratios et des chiffres qu'on avait pas il y a 3 ans.
Il faut dire que il y a eu des commissions qui ont bossé au Sénat, ainsi de suite. On peut pas on peut pas mettre tout le monde dans le même bocal de d'impuissance et d'inefficience. Donc on sait maintenant ça.
On sait que sur les 50000 hectares, il y en a 20000 qui peuvent venir des friches et donc il y a 30000 à trouver. On vous dit c'est pas possible mais dans le cadre de la politique européenne, on était prêt à geler 4 % de la surface agricole utile avant que les paysans descendent dans la rue en janvier-février de l'année dernière. Merci d'ailleurs pour eux parce que ils ont aidé à un peu évoluer.
Euh et euh les 4 % de la surface agricole utile en France, c'est 1200000 hactares. Donc on était prêt à geler 1200000 hectares sur lesquels on aurait rien fait et on peut on pourrait pas trouver 30000 hectares pour remettre le pays debout. Voilà.
Donc à un moment donné, il faut que les Français euh prennent le taureau par les cornes et que collectivement on avance. On arrive pas. On n'y arrive pas et personne ne veut le faire.
Gill Boutin. Oui. Christian Saint-Étienne, j'ai une question programmatique.
LFI, le PS, même le RN ont des programme qui se ressemblent via un volet social assez fort et aussi une relance par la consommation. Alors que un rapport comme le rapport Dragiy profess l'exacte inverse. Euh que pensez-vous de leur proposition ?
Est-ce qu'elle plaît de nature à soutenir la croissance à court terme peut-être à long terme ? Quelles seraient les conséquences macroéconomiques si on suivait leurs recommandations ? Alors ce que vous évoquez le constat de la situation française depuis 1974 puisque même Sous Giscard destin et Chirak euh quand il y a le premier choc pétrolier ont choisi de cogner sur les entreprises et de favoriser la conso.
Alors que les Allemands et les Japonais à ce moment-là font le choix inverse et on voit que ça va payer ensuite pour les pour les Allemands et les Japonais. Donc ça fait euh 1974 2024, ça fait un demi-siècle qu'on choisit systématiquement la consommation plutôt que l'investissement. Bon, donc on voit que ça nous amené à une situation de corner, c'est-à-dire que il faut casser quelque chose pour pour sortir du corner, sinon on va crever dans ce coin sans issu.
Donc le deuxième point préliminaire que je voudrais évoquer en réponse à votre question, c'est que c'est c'est crucial, hein. que nous avons le seul parti de de droite nationale ou d'extrême droite selon le vocabulaire qu'on veut utiliser dans le monde qui n'a pas un programme libéral euh contrairement aux Allemands, contrairement aux Italiens, contrairement aux hlandais. Donc ça c'est aussi une difficulté majeure.
Alors clairement quand on regarde ce qui se passe au RN, ça a évolué. Il y a un tiraillement entre Bardella qui serait plus libéral et les moins libéraux. D'ailleurs, c'est une vraie question politique fascinante pour les journalistes et pour les universitaires.
Quel serait le poids du RN s'il avait un programme économique un peu plus libéral ? Est-ce que ça lui couperait les ailes euh ou non ? Même si ça lui coûtait un peu, est-ce que il vaut mieux un RN socialiste à 36 ou un RN libéral à 30 ? vraisemblablement un RN libéral à 30 serait plus utile pour la France que un RN socialiste.
Mais ça c'est les choix de Marine Le Pen. Donc ça a été aussi des choix électoraux pour conquérir des territoires qui à l'époque étaient territoires notamment communistes dans le nord. Voilà.
Mais par rapport à la question initiale que vous avez posé tout à l'heure, il est vraisemblable que même dans ces territoires, on se rend compte qu'on est dans un corner, que la dépense publique ne crée pas la richesse et que si on avait un RN un peu plus libéral [Musique] Ren sur immigration sécurité et un peu plus libéral sur le reste, je pense que même dans ça faciliter la tâche même dans les territoires où il potentiel qui serait plus facile mais pour finir de répondre à votre question une sortie par la consommation, c'est une accélération vers le désastre. Alexandre Malafaille. Oui.
Christian Saint-Étienne, comment qualifiez-vous la situation actuelle avec ces ce délai qui qui court jusqu'à lundi avec le risque de chute du gouvernement ? Est-ce que c'est grave, très grave, catastrophique ? Est-ce que vous pensez qu'on est au seuil d'un moment où tout d'un coup le voilà le le contrôle nous échappe et que il y a quelque chose qui qui se met à déraper, qui peut avoir des conséquences fâcheuses pour nous, mais qui peut aussi avoir un effet d'entraînement un peu systémique ?
On l'a vu avec les Man Brotherers avec la crise financière. Est-ce qu'à un moment donné on peut basculer là-dessus ? Est-ce qu'on est à la veille de ça ?
Est-ce qu'il y a des indicateurs qui devraient nous alerter ? Alors le premier indicateur inquiétant, c'est évidemment l'augmentation de la prime de risque sur la dette allemande. Ceci étant euh ce que vous évoquez Alexandre, c'est certainement quelque chose qui est à l'esprit de la Banque centrale européenne, imagine, qui ne voudra pas, on peut l'espérer, qui ne voudra pas prendre le risque d'un emballement général.
Alors, comment ça fonctionne en pratique ? On a déjà évoqué avec vous dans une émission précédente, la France emprunte une quinzaine de milliards tous les deux toutes les deux semaines. Bon, généralement, les marchés nous donnent plus que les 15.
Tant que les marchés nous donnent plus que les 15, il y a pas d'emballement immédiat. Alors, il se peut que à un moment donné, si c'est la pétodire totale, les marchés n'importent pas les 15. Bon, c'est à ce moment-là que discrètement la Banque centrale européenne peut faire la différence.
S'il manque de ou 3 milliards tous les 15 jours, ça pose aucun problème de le faire. Donc la question c'est est-ce que les Allemands qui dirigent l'Europe voudront nous mettre à genoux pour nous obliger à changer ou voudront nous donner un peu plus de d'oxygène ? La question, c'est pour ça que c'est votre question est complexe mais fascinante.
Il est vraisemblable que dans un moment où l'Allemagne fait face à une politique américaine extrêmement agressive vis-à-vis de l'Europe, elle ne voudra pas mettre la France à genou. Donc ça parce qu'elle a besoin d'un allié. Voilà.
Parce que donc ça ça vraisemblablement nous donne quelques mois devant nous. Mais ça va pas nous donner des années des années. Mons Ouais.
Gill Boutin, pardon. Je me posais la question beaucoup de dirigeants enfin de responsables politiques comme Bruno Rut ou Édouard Philippe ou encore Gérard Archer appellent à ce qu'il n'y ait pas de dissolution et à ce qu'on trouve une solution avec un gouvernement stable et ce jusqu'en 2027. Pour qu'un gouvernement reste, il lui faut un budget qui fasse à peu près consensus qui soit beaucoup moins ambitieux. peut-on euh tenir enfin pourquoi ne pas euh faire adopter des budgets euh étant dans les 20 milliards d'économie disons chaque année enfin entre 2026 et 2027 euh est-ce que finalement ce serait relativement adolore quelles seraient les conséquences ?
Alors, d'abord, il y a une étude intéressante de l'OFCE qui montre que les 40 milliards les 44 milliards annoncés par Baou sont en fait des milliards théoriques, hein. Vous savez tous comment on les calcule ces milliards. C'est-à-dire qu'en fait la dépense publique ne baisse pas.
Euh la dépense publique c'est 57 de 3000 donc euh ça fait plus de 1600 milliards et elle va continuer d'augmenter euh de 50 à 60 milliards par an si on ne prend pas des mesures strictes. Donc quand on nous dit que ça va baisser de 40, c'est par rapport à une augmentation théorique de 60. En fait en milliard, ça continue de monter.
Voilà. Donc l' FCE a dit mais quand on regarde de près, c'est pas 40 milliards de baisse, c'est plutôt 20. Donc si on fait 20, ça veut dire zéro.
Et donc là là on perd toute crédibilité mais surtout je pense qu'on peut le dire ici c'est pas bon pour nous. Pourquoi on on on a on fait moins d'enfants depuis 4 5 ans, mais on a quand même toute une jeunesse qui arrive sur le marché du travail progressivement dans les 10 années qui viennent. on peut pas les laisser arriver dans une pétère quoi.
C'est-à-dire que si c'était votre question tout à l'heure, s'il y a pas un développement des ETI, des PME, si s'il y a pas d'investissement sur le territoire, les meilleurs du pays vont se barrer. Donc c'est un un affaiblissement insupportable. Donc c'était Je réponds à votre question en non politique.
En non politique. Euh je pense qu'il vaut mieux que ça pète tout de suite plutôt que simplement de retarder indéfiniment le moment de la rupture. Merci beaucoup Christian. senn de nous avoir éclairé malheureusement de manière pessimiste, mais telle est la réalité
François Bayrou