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Discours / meetingPS - Parti socialiste· 9 octobre 2021 25 minAutoproduitMixteImmigration & asileSolidarités & familleBudget & impôtsEnvironnement & énergie

Conseil National du 8.10 | Discours d'Olivier Faure

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 55 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 16:46Olivier FaurePromesse
    « A cette génération mitou, je dis que nous voulons en finir avec l'Omerta, qui a trop longtemps couvert les violences faites aux femmes. »
  • 17:14Olivier FaurePromesse
    « Mais je le dis aussi, nous commencerons par les Françaises, et dans le prochain quinquennat, l'objectif prioritaire doit être l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. »
  • 18:16Olivier FaureFait
    « Bruno Le Maire et les ministres des Finances de l'Union Européenne trouvent le moyen de réduire la liste des paradis fiscaux. »
  • 18:29Olivier FaureChiffre
    « Chaque année, la France et l'Union Européenne voient ainsi s'évader 20% de leurs recettes au titre de l'impôt sur les sociétés. »
  • 19:18Olivier FaureChiffre
    « Pour ce quinquennat, 220 milliards de cadeaux aux plus riches et d'aide aux plus grandes entreprises sans contrepartie. »
  • 21:03Olivier FaureChiffre
    « Il concède un chèque de 100 euros quand l'augmentation représente pour un couple avec deux enfants en moyenne 800 euros par an. »
  • 21:16Olivier FaureChiffre
    « Et ce chèque encore n'est accordé qu'au couple, qu'au foyer qui dispose de revenus inférieurs à 1 800 euros net par mois. »
  • 22:11Olivier FaurePromesse
    « C'est pourquoi, dans notre projet, nous portons l'idée d'un minimum jeunesse. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Présentateur

Le discours du premier secrétaire, aussi, vous allez voir, il va y avoir 30 secondes, une minute d'attente avant qu'il ne s'installe et prenne la parole. Mais tu peux t'installer, je pense. Hein ? Comme les robots. Chers camarades, nous venons aujourd'hui de clore notre congrès. Et je veux à la fois féliciter toutes celles et ceux qui viennent de rejoindre la direction ou qui l'ont retrouvé. Et je veux remercier celles et ceux qui ont pris la charge dans nos fédérations de cette lourde tâche, d'animer nos fédérations. Je veux remercier celles et ceux qui se sont donc investis dans cette phase longue de congrès.

Je vous remercie de votre implication pour mener à bien ce long processus et donc qui s'est achevé avec la désignation de l'équipe de direction. Sa vocation, son ambition sont d'accompagner les prochains mois, les campagnes présidentielles et législatives et, au-delà, de continuer la renaissance de notre formation politique. Dans quelques jours, le 14, nous désignerons celle ou celui qui nous représentera lors de la prochaine élection présidentielle.

Comme Pierre l'a rappelé, nous avons, conformément au vote unanime du Congrès, veillé à ce que chacun puisse communiquer la semaine prochaine en direction de l'ensemble des militants, par écrit, sous forme d'une profession de foi détaillée et sous la forme d'un long échange vidéo. A partir du 15 octobre au matin, dès que les résultats seront connus, nous entrons en campagne. Dans la nuit, nous ferons partir à l'impression un premier tract de campagne et les premières affiches avec l'identité de celle ou celui que nous aurons élu. Les camarades du secrétariat national se mettront immédiatement en mouvement.

En lien avec l'équipe de campagne du candidat, nous mettrons en place une équipe opérationnelle qui fera le lien avec l'ensemble des fédérations. Dès réception des premiers outils de campagne, physiques ou numériques, nous organiserons une première semaine de mobilisation. Sur les marchés, dans les gares, sous les préaux, nous montrerons que nous entrons dans le débat avec la ferme volonté de défendre des positions claires dans un moment de confusion. Le 23 octobre, nous organiserons la Convention d'investiture à Lille, où nous serons accueillis par Martin Aubry et la Fédération du Nord. La période, chers camarades, exige beaucoup de nous.

Sans doute plus encore qu'au cours du demi-siècle passé. Nous enchaînons les crises. Les Français en font l'expérience douloureuse sur le plan social, sur le plan économique, sur le plan démocratique, sur le plan écologique et sur le plan sanitaire. Dans cette France qui se cherche un destin, la question identitaire est venue remplir un vide de sens et s'est imposée dans les médias. Le polémiste Éric Zemmour est sur toutes les antennes et c'est par lui que je voudrais entamer mon propos. Non pas pour contribuer à mon tour à en faire le centre de toutes les attentions, mais pour dénoncer avec force la place qui lui est faite.

Dans la compétition que se livrent les médias, la course à l'audience a remplacé le devoir d'informer. Le buzz s'est substitué aux idées. Les Jeux du cirque ont leurs règles, sans outrance, pas d'existence. Alors, désormais, on fait salon avec M. Zemmour. On discute volontiers de ces saillies racistes comme s'il s'agissait d'opinions défendables, puisqu'elles sont enveloppées dans la soie de l'érudition. Alors, je le dis, puisque personne ne le dit, Éric Zemmour est un fasciste. Je sais qu'en prononçant ces mots, certains me répondront qu'il ne faut pas exagérer. Après tout, Zemmour n'a quand même pas proposé d'ouvrir des camps de concentration.

Ces réflexions font écho à ces phrases d'Umberto Eco, prononcées à l'occasion du 50e anniversaire de la libération de l'Europe. Je le cite. Le fascisme est toujours autour de nous, parfois en civil. Ce serait tellement plus confortable si quelqu'un s'avançait sur la scène du monde pour dire « je veux rouvrir Auschwitz ». Hélas, la vie n'est pas aussi simple. Le fascisme est susceptible de revenir sous les apparences les plus innocentes. Notre devoir est de le démasquer, de montrer du doigt chacune ses nouvelles formes, chaque jour, dans chaque partie du monde. Effectivement, s'il n'y eut qu'un seul nazisme, il est possible de jouer au fascisme de mille façons.

Et c'est à ce travail de reconnaissance que nous invitait ce grand humaniste il y a 30 ans. Il fixait ainsi les caractéristiques du fascisme primitif. Et je voudrais que chacun écoute, parce que ces caractéristiques, vous allez le voir, Éric Zemmour encoche toutes les cases. D'abord, le culte de la tradition. La vérité a été énoncée une fois pour toutes. On ne peut que continuer à interpréter son obscur message. Le refus du modernisme, c'est-à-dire le rejet de l'esprit de 1789, du siècle des Lumières, conçu comme le début de la dépravation.

La suspicion envers le monde intellectuel, le désaccord présenté comme une trahison, l'exacerbation de la peur de la différence, l'instrumentalisation des frustrations individuelles et l'appel aux classes populaires et aux classes moyennes, épouvantés par la pression de groupes sociaux inférieurs. La nationalité comme privilège de gens à qui on signifie qu'ils sont assiégés. La dénonciation d'un complot qui vient de l'intérieur. La vie présentée comme une guerre permanente. Le culte de l'héroïsme, étroitement lié à celui de la mort. Et puisque la guerre permanente et l'héroïsme sont des jeux difficiles à tenir et à jouer. Le transfert de la volonté de puissance sur les questions sexuelles.

Avec à la clé le mépris des femmes et la condamnation des mœurs non conformistes. Et enfin, un leader interprète du peuple et de la volonté commune en lieu et place d'un Parlement présenté comme forcément corrompu. Voilà la définition du fascisme. Que nous manque-t-il pour comprendre ce qui s'installe sous nos yeux au grand jour ? Alors je sais, ces nouveaux admirateurs me rétorqueront que ces caractéristiques s'appliquent aussi bien à l'islamisme radical. Oui, l'islamisme radical est aussi un fascisme. Mais on ne combat pas une forme de fascisme par une autre forme de fascisme. On l'affronte avec les valeurs de ceux qui sont morts pour la France.

Morts pour que l'on puisse continuer à vivre ensemble. Quelles que soient nos convictions religieuses ou civiques, nos origines ou nos prénoms. Il n'y a pas plus français que ces prénoms Missac, Spartaco, Slama, Celestino. Et ils le sont par le sang versé. Ils étaient la France quand le maréchal Pétain, lui, collaborait dans la honte, livrait des juifs, hommes, femmes, enfants, français ou étrangers. Alors je sais, alors je sais que d'autres encore vont lever les yeux au ciel. Et bardés de leur impuissance me diront à quoi bon employer les grands mots, ressortir la fiche rouge et les visages hirsuts du groupe Manoukian. De toute façon, la dénonciation, ça ne marche plus.

Mais je ne suis pas venu ce soir vous parler de dénoncer, mais de combattre. Et le combat, ça commence par mettre des mots sur des idées, sur des faits, pour ne pas ajouter au malheur du monde, pour reprendre Camus. Le combat, ça commence par le refus de la banalisation, le refus de céder à ce que l'on croit être l'esprit du temps, le refus de débattre poliment des propos d'un raciste récidiviste, le refus de suivre une pente que l'on croit facile. Alors oui, ce soir, je sonne l'alerte. Je sonne l'alerte parce que je ne veux pas que les plus jeunes puissent mettre un signe d'équivalence entre ce que nous disons et ce que disent les fascistes.

Je ne veux pas que le travail de mémoire, l'éducation des générations après-guerre, tout ce travail pour que le pire ne soit pas notre avenir, soit réduit à néant. Je sonne l'alerte parce que je vois la droite canal historique emboîter le pas de l'extrême droite, parce qu'elle est incapable de se distinguer d'Emmanuel Macron qui applique son programme économique et social. Elle se lance dans une surenchère folle au lieu de bâtir des digues. Elle n'ose même plus dire, comme M. Jacob, qu'Éric Zemmour est un raciste. Mme Pécresse, elle, elle veut réviser la Constitution. M. Bertrand, il a lui pour priorité d'abaisser la majorité pénale. Et même le placide M.

Barnier en vient à contester l'institution européenne auxquelles il a consacré sa vie et a réclamé un électrochoc de sécurité. Avant, on avait des chocs. Choc de simplification, choc de compétitivité, choc de confiance. Visiblement, ça n'était pas encore assez. Maintenant, l'électrochoc, pas plus tard qu'hier, c'est le vice-président des malnommés républicains qui évoquait une épuration ethnique en cours dans les banlieues. Voilà, oui, je m'agace et je m'indigne de voir cette droite qui se dit républicaine s'oublier par peur d'être siphonnée. Oui, la République est en danger quand ses défenses immunitaires faiblissent par lâcheté ou par calcul.

C'est à ce moment de la discussion que d'autres encore me diront, je le sais bien, tu as raison, l'heure est grave et le péril est grand. Mais le seul rempart connu, c'est Emmanuel Macron. Mais non, non, Emmanuel Macron n'est pas un rempart. Il est le pont-levis qui s'abaisse année après année. Oh, je ne dis pas qu'il a décidé de faire entrer le loup dans la bergerie, mais il a décidé depuis l'origine d'utiliser la peur du loup pour mieux maîtriser le troupeau. Au lieu de discuter des propositions alternatives que nous présentions à l'Assemblée et au Sénat, il a sans cesse cherché à valoriser l'affrontement avec les forces les plus extrêmes pour jouer le rôle du rempart.

Quel rempart contre l'obscurantisme, le nationalisme et le populisme est-il ? Lui qui a valorisé Bigard, Raoult, De Villiers, Zemmour, tous ont eu droit aux attentions complices du chef de l'État. Mais ce n'est pas avec Bigard que l'on comprend le peuple, avec Raoult que l'on vint la pandémie, avec De Villiers que l'on évoque le destin de la France et à Éric Zemmour que l'on demande une note sur l'immigration.

Il a cessé de donner des gages à la droite de la droite en restreignant le droit d'asile, en refusant l'Aquarius, en produisant une loi censée nous protéger du séparatisme, en passant maintenant, dans sa campagne électorale, de la colonisation est un crime contre l'humanité, à un discours sur la rente victimaire des ex-colonisés. La campagne ne fait que commencer, c'est vrai, et je suis déjà excédé. Je n'en peux plus, c'est vrai, de ce débat rance. L'époque mérite tellement mieux que ça. L'époque, elle est formidablement enthousiasmante. En tout cas, elle pourrait, elle devrait l'être.

Nous faisons face à des défis majeurs, qui nous imposent de penser le monde qui vient, de le penser même tel qu'il n'a jamais été. Partout en France naissent des initiatives citoyennes, associatives. La solidarité se réinvente dans les tiers lieux. L'économie sociale et solidaire n'est plus regardée avec condescendance. Les nouvelles technologies réinventent nos manières de travailler. Le monde de l'entreprise lui-même s'interroge sur son modèle économique. Et même si c'est trop lent, s'interroge sur l'empreinte carbone qu'il laisse. L'agroécologie, c'est-à-dire la conception de nos systèmes de production, en s'appuyant sur les fonctionnalités de l'écosystème, gagne du terrain.

Le monde de la culture ne s'est jamais autant démocratisé. Le rapport à la nature et aux vivants fait évoluer notre conception de l'universel. Les tabous sur les violences sautent. Les victimes sortent du silence. Les femmes revendiquent leur place. Et le débat politique, lui, devrait tourner autour d'un supposé grand remplacement des chrétiens par des musulmans fanatiques. Sur la responsabilité de Vichy, débat déjà tranché cent fois par les historiens. J'ai écouté hier, chers camarades, la voix grave de Robert Badinter, s'interrogeant au soir de sa vie. Après avoir évoqué l'arrestation de sa grand-mère, en novembre 1942, par la milice française, il prononce ces mots.

Ça me paraissait un orage emporté par les vents de l'histoire. Je n'en suis plus si sûr aux jeunes générations d'y veiller. Eh bien, chers camarades, nous ne laisserons pas Robert Badinter partir en ayant le sentiment que tout recommence. C'est à nous, oui, à nous, de veiller, de transmettre, et pour cela, d'engager la France sur un projet qui fédère. La société française, elle bouge, elle veut du mouvement, elle aspire à la justice, elle demande des comptes aux puissants. Elle demande des comptes, y compris cette semaine, à l'Église catholique. Quelques cas de viol sur mineurs, c'est une honte.

Des centaines de milliers de cas, couverts par une hiérarchie soucieuse de sa réputation, cela relève du crime organisé. Aucune autorité n'est incontestable. Le silence n'est plus une option. Oui, la société bouge. Elle réclame l'égalité, à commencer par l'égalité entre les femmes et les hommes. A cette génération mitou, je dis que nous voulons en finir avec l'Omerta, qui a trop longtemps couvert les violences faites aux femmes. Nous ferons tomber les tabous qui pèsent sur la prise en charge de leur santé, sur leur parentalité, sur leur sexualité, parce que, oui, le privé est politique.

Nous voulons augmenter le pouvoir d'achat des Français, parce qu'il est temps de leur rendre leur part, leur part, la part qui leur revient. Mais je le dis aussi, nous commencerons par les Françaises, et dans le prochain quinquennat, l'objectif prioritaire doit être l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. Ce sont ces femmes dont on a loué les vertus de première de corvée, qui en seront les premières bénéficiaires, caissières, femmes de ménage, aides-soignantes, aides à domicile, sans oublier ces sages-femmes qui, hier encore, n'ont eu autre choix que de manifester pour être payées dignement pour l'exercice de l'un des plus beaux métiers du monde.

Oui, ouvrons les yeux une société qui dévalorise les métiers de l'attention aux autres et qui, en même temps, tolère l'évasion fiscale, diminue l'imposition des plus riches quand tous les autres s'appauvrissent, est une société en sursis. Cette semaine, la presse d'investigation a révélé le nouveau scandale des Pandora Papers. Après les Offshore Leaks, Lux Leaks, Panama Papers, Paradise Papers, et qu'apprend-on le lendemain ? Bruno Le Maire et les ministres des Finances de l'Union Européenne trouvent le moyen de réduire la liste des paradis fiscaux. C'est la nausée. C'est ce que j'ai dit dans l'hémicycle et que je redis devant vous.

Chaque année, la France et l'Union Européenne voient ainsi s'évader 20% de leurs recettes au titre de l'impôt sur les sociétés. Ce que ne payent pas tous ces individus ou ces entreprises, ce sont tous les autres qui payent. Et il est là le vrai ras-le-bol fiscal des Français. La frontière entre fraude et optimisation fiscale agressive est bien mince. Toutes ces opérations ne sont certes pas illégales, mais elles sont immorales. Immorales, oui, parce qu'elles laissent à tous les autres le soin de payer la contribution au bien commun. Hôpitaux, écoles, police, services publics.

Et quant à la fraude, s'ajoutent les cadeaux fiscaux sur l'ISF, la flat tax ou l'exit tax, pour ne citer que les plus célèbres. Oui, il y a de quoi bouillir. Pour ce quinquennat, 220 milliards de cadeaux aux plus riches et d'aide aux plus grandes entreprises sans contrepartie. Les solutions pour lutter contre la fraude, lutter contre l'évasion et l'optimisation, elles existent. Nous les avons défendues avec Valérie, avec Boris, avec l'ensemble du groupe socialiste à l'Assemblée, avec Patrick au Sénat. Elles ont été jusqu'ici systématiquement repoussées par le gouvernement.

Et nous les défendrons maintenant à nouveau, pied à pied, dans cette élection présidentielle, parce qu'il n'est pas de cohésion sociale sans justice fiscale. Nous voulons la transition écologique. Cette transition n'est évidemment plus seulement un objectif, elle est devenue un impératif. Elle va supposer de changer nos façons de consommer, de nous déplacer, de nous loger. Mais la transition écologique suppose aussi la justice sociale. Sans la justice sociale, la transition n'aura pas lieu. Elle sera contestée sur les ronds-points et dans les rues. Depuis plusieurs mois, le prix de l'énergie augmente de façon vertigineuse.

Cet hiver, il y aura des familles qui vont devoir arbitrer entre se chauffer et manger. D'autres devront emprunter, non plus pour investir, mais simplement pour faire face à des dépenses de la vie courante. Alors le gouvernement, face à cela, a inventé le blocage des prix après la hausse, le parapluie après la pluie. Il concède un chèque de 100 euros quand l'augmentation représente pour un couple avec deux enfants en moyenne 800 euros par an. Et ce chèque encore n'est accordé qu'au couple, qu'au foyer qui dispose de revenus inférieurs à 1 800 euros net par mois.

Trop peu et trop tard, par comparaison, je vous cite le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez, qui lui a baissé de 50% la TVA sur le gaz et l'électricité. Les plus précaires, dont le gouvernement se soucise si peu, ce sont encore ceux qui vont devoir payer sa réforme de l'assurance chômage. Et parmi eux, d'abord les plus jeunes, qui se verront privés de l'accès à l'indemnisation. Qu'ils ne viennent pas ensuite nous dire que 20 ans reste le plus bel âge de la vie. L'entrée dans l'âge adulte ne peut pas ressembler à un parcours du combattant, un bizutage cruel qui oblige à passer par les fils des soupes populaires. C'est pourquoi, dans notre projet, nous portons l'idée d'un minimum jeunesse.

Ce débat sur l'assurance chômage n'est que la préfiguration d'un autre débat. Qui va payer la facture du quoi qu'il en coûte ? Aujourd'hui, ce sont les chômeurs qui payent, qui payent la compte. Demain, ce seront les retraités. Et ensuite, tous les autres, les classes moyennes, les classes populaires, parce que ce sont sur eux que l'on cherchera à prélever ce que l'on ne prélève pas sur les plus riches. Et ils sont là, les débats de la présidentielle. Et la justice, c'est la seule boussole possible. C'est la nôtre. Et je pourrais multiplier les exemples hors de l'actualité immédiate. Mais ce n'est pas le jour. Vous l'avez compris, chers camarades, j'ai simplement hâte.

Hâte d'entrer en campagne. Hâte de rendre les coups. Hâte de démontrer avec vous, de démonter avec vous, tous les discours déclinistes, défaitistes, fatalistes, hâte de combattre les discours populistes, complotistes, nationalistes, hâte de faire face aux néolibéraux globalisés qui placent l'État au service du capital, détruisent nos biens communs, refusent le partage de la valeur ajoutée et ne respectent ni les hommes, ni la nature. Oui, j'ai hâte de parler aux côtés de notre candidate ou candidat de cette République sociale, écologique, féministe, démocratique à laquelle j'aspire et nous aspirons toutes et tous ici. Hâte de dire avec vous toutes et tous ce que les socialistes portent.

Alors, chers camarades, tenez-vous prêts. Le 14, tout commence. Vive les socialistes, vive la gauche, vive la République et vive la France !