INTERVIEW : La députée SOC Anna Pic nous fait un vilan de la niche socialiste
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Les députés qui ne sont pas encore venus dans la chaîne, entre ici à Napic avec ton terrible cortège, comme dirait l'autre. Bon, Napic, vous êtes députée socialiste. D'accord.
Qu'est-ce qu'on peut dire, du coup, sur cette journée ? Est-ce qu'on peut dire que c'est un sans-faute ? C'est un sans-faute.
Cinq textes et puis cinq votes pour, pour beaucoup à l'unanimité. Donc voilà, une belle journée, une belle réussite. Ça veut dire que quand on fait le jeu du Parlement, quand on arrive à travailler, à discuter, et à s'occuper du quotidien des Français, eh bien, ça peut fonctionner comme ça.
Donc c'est la preuve qu'on peut faire confiance aux députés et aux députés socialistes, évidemment. Non, sauf avant de ma part, vous n'aviez pas de texte aujourd'hui. Il y en avait un qui avait été préparé, mais qui, effectivement, n'avait plus lieu d'être.
Tu n'avais plus lieu d'être. Non, non, effectivement, il n'y en avait pas qui étaient prévus aujourd'hui. On avait réfléchi un texte avant qu'un certain nombre d'articles soient abrogés de la loi d'immigration, au cas où j'avais fait une proposition d'abrogation de certains nombres d'articles qui mettaient en exergue la préférence nationale.
Et heureusement, ou je ne sais pas si c'est vraiment heureusement, parce que si on doit compter sur le Conseil constitutionnel et pas sur la conscience républicaine de nos députés, c'est toujours un peu triste, mais je n'ai pas eu le besoin, finalement, de mener ce combat. Le Conseil constitutionnel a rappelé que nous avions quelques valeurs en République, quand même. Alors, justement, c'est quoi le rôle d'un député du groupe, de la niche, quand on n'a pas de texte à défendre ?
Déjà, c'est de suivre, de pouvoir éventuellement soutenir s'il y a besoin, et d'essayer de faire en sorte que les débats soient à la fois nourris, et en même temps assez dynamiques et rapides pour qu'on passe le maximum de textes. Donc, on vote, on essaie de faire en sorte que tout le monde soit attentif, et puis on est là, on soutient, tout simplement. Et justement, c'est quoi les prochaines étapes pour le groupe socialiste, les prochains gros dossiers qui vont vous occuper ?
Alors, les prochains gros dossiers, il y en a un qui me tient particulièrement à cœur et qui va arriver très prochainement, c'est d'essayer de tenter de faire varage à la fusion de la SN et l'IRSN. L'année dernière, on s'était opposés. Qui est pour le nucléaire.
Oui, voilà, c'est ça. En fait, c'est l'autorité de sûreté nucléaire, c'est-à-dire le gendarme, celui qui dit vous pouvez ou vous ne pouvez pas, et l'IRSN qui est l'institut qui fait la recherche et l'expertise au service de la SN, évidemment, pour une part, mais aussi du gouvernement, des exploitants et de tout un tas d'autres secteurs, donc voilà, y compris de l'armée. Donc voilà, l'IRSN a un rôle très, très important et très connu et très reconnu au niveau international.
Et donc, le gouvernement pense que ça sera plus efficace, que ça avancera plus vite dans ses projets si on met tout le monde sous la coupe de l'IRSN. Voilà, mais sauf que c'est deux entités qui sont différentes, qui ont des rôles différents et qui finalement, avec le CEA, permettent d'avoir ce contrôle des uns sur les autres qui nous apporte une très grande sûreté en France, une très grande sécurité. Et nous, on n'a pas envie qu'il y ait un nucléaire low cost en France.
Voilà, on sait le danger que peut être l'atome et ça paraît important de maintenir un système qui est compris par tous, reconnu par tous à travers le monde. Et donc, ça, ça va être à partir du 11 mars, cette semaine-là, qui va aller mener ce combat-là. Et puis évidemment, avant ça, rappelons-nous que lundi, on se retrouve à Versailles pour défendre la constitutionnalisation de la liberté garantie.
Je suis désolée, ce n'est pas le droit à l'IVG. Ce que je regrette profondément, c'est la liberté garantie de l'IVG. Mais c'est déjà une première étape et il y aura bien d'autres combats à mener sur cette question, comme l'effectivité de l'accès à l'IVG et comme un jour la levée de la double clause de conscience.
Parce qu'en tout cas, je ne tiens pas que qui que ce soit ait une clause de conscience sur mon corps. Et aussi sur la contraception, je crois qu'il était dans les amendements socialistes, entre autres, qui avaient été proposés lors des débats à l'Assemblée. Voilà, donc on a encore beaucoup de choses à mener, de combats à mener sur cette question-là.
Les questions sociales, les questions industrielles, les questions sociétales, tout ça, on n'est pas à la traîne. Je dirais même que souvent, on est extrêmement vigilants sur toutes ces questions. En tout cas, c'est toujours les socialistes sur les questions sociétales qui ont permis les avancées, qui ont permis aux uns et aux autres de pouvoir s'émanciper de leurs conditions sociales, culturelles, familiales.
Et ça ne fait pas bizarre de dire qu'on va modifier la Constitution ? Ah si, c'est un peu impressionnant. Alors c'est vrai qu'on y touche doucement, parce que voilà, c'est quand même les fondements, c'est les valeurs, la Constitution, c'est ce qui fait de nous une République.
Donc évidemment qu'on est toujours un peu on est sensibles sur cette question-là. Mais aujourd'hui, on voit bien qu'il y a des menaces, des menaces extrêmement claires sur le droit des femmes à disposer de leur corps à travers le monde. Et donc, il faut aller jusqu'à cette protection.
Si on avait pu le mettre dans l'article 1, c'est-à-dire dans les droits fondamentaux, on aurait été encore plus satisfait. On doit toujours, pour faire progresser la cause, faire quelques consensus et quelques compromis. C'est celui-là.
Et je crois que c'est une vraie victoire, parce qu'il y a encore quelques temps, l'opposition était, et la constitutionnalisation était ferme. C'est dans l'article 34, il me semble, que ça avait été inscrit. Voilà.
Donc relativement plus bas. On avait réfléchi à différents articles. Moi, je crois que c'est une des preuves, finalement, de cette belle capacité, quels que soient les groupes.
Je rappelle que lorsque cette proposition de loi constitutionnelle a été posée, c'était dans la niche de la France Insoumise. C'était Mathilde Panot qui nous l'a proposée, il y a déjà un petit moment de ça. Et voilà, c'est un groupe que d'aucuns disent souvent, dans la capacité de faire des compromis, qui ne connaissent que le clivage.
Eh bien, la réalité, c'est que pour l'intérêt collectif et l'intérêt commun, eh bien, on a trouvé, au fur et à mesure des navettes, une formulation qui nous permet aujourd'hui d'avoir un texte qui va permettre de constitutionnaliser l'interruption volontaire de grossesse. Certes, pas dans les termes initiaux. Certes, il y a encore beaucoup de choses à faire et la lutte, elle n'est pas finie.
Et on le sait, tout ce qu'on n'aura pas gravé dans le marbre sera toujours remis en question. Mais on a avancé. Et ça, il faut le dire.
À chaque fois qu'on crante, on le dit. On crante. Tout à fait.
Et là, après 16h30 de direct, on a encore 64 à être en live. Qu'est-ce que vous avez dit aux 64 personnes qui nous regardent encore ? Qui ont suivi la niche en intégralité ?
J'espère que ça les a intéressés, qu'ils ont vu un petit peu du travail parlementaire et qu'on l'a rendu peut-être un peu plus compréhensible parce que des fois, ce n'est pas très clair. On a été vite sur les textes, que les débats étaient assez courts parce que le jeu d'une niche, c'est qu'on a à 9h minuit, il faut tout mettre dedans. Donc, c'est un peu particulier comme travail.
Mais moi, j'espère sincèrement que c'est quelque chose qui permet de s'intéresser, de voir qu'on construit tous ensemble. Je vois que vos collègues sont en train de fêter la niche. Je vais vous les aller fêter avec.
Je vous remercie après cette longue journée. Merci Amélie, bonne nuit, bonne soirée. Au revoir.
Anna Pic