Jordan Bardella, député européen du "Rassemblement national" - 22/09
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Jardin de Bardella.
Bonjour.
Merci d'être avec nous. Vous êtes député européen, vous êtes sorti vainqueur des élections européennes et vous êtes aujourd'hui vice-président du Rassemblement National. Hier, plusieurs manifestations à Paris, manifestations gilets jaunes et manifestations sur le climat. Sur les gilets jaunes, ils voulaient faire de ce samedi, je les cite, une journée historique qui marque les esprits. La réalité, c'est que finalement, ils étaient plusieurs centaines. Ils se sont d'ailleurs souvent mêlés aux marcheurs pour le climat. Il y a eu quelques affrontements, mais pas tant que ça, en tout cas pas du fait des gilets jaunes, mais plutôt de quelques black blocks. Qu'est-ce que ça vous inspire ?
Est-ce que vous comprenez que les gilets jaunes tentent de continuer ou est-ce que vous dites ça y est, ça suffit, il faut arrêter ?
Non, je comprends que ce mouvement de fond perdure et d'ailleurs il marquera Emmanuel Macron sur l'ensemble de son quinquennat parce qu'il y a une fracture aujourd'hui majeure entre, d'une manière générale, la classe politique, nos dirigeants dans notre pays qui sont de plus en plus sourds aux attentes de nos compatriotes et puis le peuple français. Le peuple français qui, bien souvent, loin des villes, loin des grandes métropoles, a de plus en plus de mal à se faire entendre et a le sentiment de ne plus être écouté, d'être parfois relégué, de ne plus être entendu.
Alors, ce mouvement des gilets jaunes, il a commencé massivement et c'est vrai qu'il a animé la vie politique et notamment la campagne des élections européennes pendant plusieurs mois, mais comme à chaque manifestation dans notre pays, comme à chaque mouvement social de fond, des groupuscules, des milices d'extrême gauche, notamment là, organisées en black bloc, viennent dans ces manifestations pour, je dirais, essayer d'en discréditer les revendications. Donc ça dissuade beaucoup de gilets jaunes, de familles de venir dans ces cortèges.
Oui, parce que beaucoup de gilets jaunes qui étaient là depuis le départ, les vrais gilets jaunes qui étaient sur les ronds-points, ont le sentiment que leurs revendications ont été cassées, que leur mouvement est pointé du doigt à cause de l'impunité de ces milices d'extrême gauche. Mais moi, je crois qu'on laisse volontairement ces milices d'extrême gauche discréditer les mouvements sociaux. Et d'ailleurs, on l'entend...
C'est... Attends, ce que vous dites, c'est qu'ils ne sont pas là par hasard, on les laisse faire... Vous n'avez pas beaucoup de forces de l'ordre, hier.
Je m'interroge... Oui, mais des forces de l'ordre qui ciblent... dont parfois les ordres peuvent interroger. Parfois, on leur demande une répression la plus totale à l'égard de gens qui manifestent pacifiquement. Et puis, de l'autre côté, ces milices bénéficient d'un laxisme et d'une impunité totale.
Ce que vous voulez dire, c'est que les images qu'on continue à voir de moments de poubelle en feu, de caillassage ou d'affrontement, finalement, elles arrangent le gouvernement ?
Moi, j'ai entendu le cri d'alarme d'un certain nombre de policiers, d'un certain nombre de syndicats de police, qui ont dit, notamment après les manifestations du 1er mai... On se souvient des images des milices antifas qui ont déboulé dans les rues de Paris pour tout casser il y a quelques mois. Et les policiers nous disent, on a les moyens d'intervenir, mais on ne nous en donne pas les ordres.
Maintenant, le drame aujourd'hui, c'est peut-être le plus grand reproche que je fais à Emmanuel Macron, c'est d'opposer les Français les uns aux autres, c'est d'avoir, depuis des mois dans notre pays, jeté les Français les uns contre les autres, les gilets jaunes contre des policiers, des policiers contre des gilets jaunes. Vous savez, ça ne fait pas non plus plaisir...
C'est Emmanuel Macron qui a jeté les policiers contre les gilets jaunes ?
Oui, parce qu'il est sourd à la colère des Français. Et ça ne fait pas plaisir aux policiers qui voient la délinquance exploser aujourd'hui dans un certain nombre de territoires, et notamment dans les banlieues, en Seine-Saint-Denis, par exemple, dans les territoires où moi j'ai grandi, devoir être mobilisés chaque samedi pour contenir une manifestation. Donc parfois, ils partagent les revendications. Il y a eu une cinquantaine de suicides chez les policiers depuis début janvier, personne n'en parle. Il y en a encore eu un hier. Et il y a effectivement, aujourd'hui, je crois, une coagulation des colères. Et ça, Emmanuel Macron n'arrive pas à l'endiguer.
Les policiers, les pompiers, les infirmiers, les gilets jaunes, les retraités, il y a une colère dans le pays. Et tant qu'on ne change pas la manière dont on gouverne, tant qu'on ne change pas la manière dont on dirige ce pays, alors les mouvements continueront.
Mais vous avez dit, au fond, les gilets jaunes, ça aura marqué, et ça marquera sans doute tout le quinquennat d'Emmanuel Macron. Il vous donne presque raison, Emmanuel Macron. Il a dit au Time cette semaine, d'une certaine façon, je le cite, « Les gilets jaunes ont été très bons pour moi parce que cela m'a rappelé comment je devais être ». Tant mieux, est-ce qu'il ne faut pas mieux tard que jamais ?
Oui, on peut déjà déplorer qu'il fasse ce genre de constat, toujours bien tardif, dans un magazine étranger.
C'est-à-dire quoi, un magazine étranger ?
C'est qu'on aimerait qu'il s'adresse de manière peut-être plus claire directement en français.
En français ? Ça vous dérange qu'il ait parlé en anglais ?
Je dis que les Français attendent aujourd'hui des réponses et on attend que le chef de l'État soit…
Non, mais Jean-Marc Mardela, vous ne pouvez pas sous-entendre des trucs et ne pas les assumer. Donc soit vous dites que ça vous choque qu'un président français parle en anglais, soit vous ne le dites pas…
Oui, oui, ça me choque parce que je considère effectivement qu'il représente la France et qu'il doit… Mais ça, c'est un autre débat. Vous parlez anglais ? Non, mais si vous voulez, c'est un autre…
Non, mais c'est vous qui le sous-entendez. Vous ne pouvez pas glisser des petits trucs comme ça en vous disant « ce n'est pas grave, je les glisse » et puis ceux qui ne peuvent pas l'entendre l'entendent.
On a l'impression qu'Emmanuel Macron… Est-ce que vous parlez anglais ? Oui, mais ça n'a aucun rapport. Oui, je parle anglais, je parle espagnol et je suis en train de prendre des cours d'italien au Parlement européen. Et bien voilà, vous êtes fiers de ces langues-là. Oui, très bien, mais si vous voulez, le débat de fond, c'est qu'Emmanuel Macron, on a l'impression, ce sont les mots d'Éric Zemmour d'ailleurs, et je trouve que le constat est juste que c'est un stagiaire de l'ENA qui découvre la France de manière permanente. Il découvre qu'il y a des classes populaires qui sont aujourd'hui asphyxiées financièrement par cette inflation fiscale avec le mouvement des Gilets jaunes.
Il découvre le problème de l'immigration lorsque le Rassemblement national arrive en tête des élections européennes. Et je dis qu'il fait des constats bien souvent tardifs. Il y avait des revendications de fonds qu'il aurait pu mettre en œuvre. Il y avait le référendum d'initiative citoyenne, il y avait la proportionnelle, la dose qu'il s'apprête à mettre en œuvre dans la réforme constitutionnelle et dérisoire. Il y avait cette demande de mettre fin à la double peine. Je prends par exemple le prix du carburant. Aujourd'hui, vous payez de la TVA sur la TICPE, des taxes sur les taxes. On va y revenir tout à l'heure avec Edbby Chevien.
Et ça, c'est par exemple 6 euros supplémentaires lorsque vous faites votre plein d'essence et c'est 50 euros sur votre facture annuelle de chauffage. Et ça, nos compatriotes subissent ces augmentations, subissent cette inflation fiscale. La France est la championne d'Europe des taxes. Et j'aimerais effectivement aujourd'hui qu'on déclare la paix fiscale dans notre pays et qu'on redonne du pouvoir d'achat à nos compatriotes qui, bien souvent, ont le sentiment d'être dépossédés des fruits de leur travail.
Vous dites qu'il a découvert, Emmanuel Macron, l'immigration parce que vous êtes arrivé en tête aux européennes. Alors, c'est peut-être le cas. Mais cela dit, ce qui est vrai, c'est qu'aujourd'hui, en tout cas, il en parle. Et il met les deux pieds vraiment dans le plat en disant, nous n'avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet en face. Les bourgeois n'ont pas de problème avec ça. Ils ne la croisent pas. Les classes populaires vivent avec. Voilà ce qu'il a déclaré cette semaine. Est-ce que vous approuvez ces déclarations du président de la République ?
Mais les actes, les mots, je dirais, on s'en fiche. Ce qui nous intéresse, c'est les actes. Il y a quelques mois, d'ailleurs...
Mais si on reste déjà sur les mots, vous êtes d'accord avec ces mots ?
On peut s'interroger sur la sincérité des mots, puisqu'il y a quelques mois, il nous expliquait pendant la campagne présidentielle que l'immigration était une chance, que la France avait besoin d'une immigration supplémentaire. Souvenez-vous de ce meeting pendant la campagne où il disait à Marseille, les Algériens, les Sénégalais... Il avait une vision extrêmement communautariste de la société française, ce que je crois qu'il a au fond. Maintenant, ce que je regarde...
Il dit qu'il s'en méfie, il en a parlé.
Oui, d'accord, mais l'année 2018 a été l'année de tous les records en matière d'immigration. 262 000 titres de séjour, 123 000 demandes d'asile, on avait déjà passé le record des 100 000 il y a deux ans.
Il dit que les demandes d'asile sont excessives.
Oui, mais on ne lui demande pas de le dénoncer, on lui demande de prendre des actes.
La dernière fois qu'il y a eu un débat sur l'immigration dans notre pays, ça a été le débat organisé par Nicolas Sarkozy, ce grand débat sur l'identité nationale, qui n'avait fait que montrer aux Français la vérité sur l'immigration, la vérité sur les chiffres de l'immigration, le fait que l'immigration est aujourd'hui un puissant fond dans notre pays et qu'on met énormément d'argent pour l'immigration, alors qu'on va expliquer de l'autre côté à nos compatriotes qu'on n'a plus les moyens pour les hôpitaux, qu'on n'a plus les moyens pour baisser les impôts, qu'on n'a plus les moyens pour nos agriculteurs, et en même temps on continue de débourser des milliards et des milliards.
Alors moi j'entends les mots et je les partage, mais on attend des actes, et ce que je constate, c'est que comme ses prédécesseurs, il a fait preuve d'un l'actisme absolument inouï jusqu'à maintenant sur l'immigration.
Sur les actes, venons-y, les mesures qui sont en réflexion aujourd'hui, à la fois à Matignon et à l'Elysée, concernent les conditions de dépôt d'une demande d'asile, la modification éventuelle de l'allocation pour demandeurs d'asile et une restriction éventuelle de l'aide médicale d'État. Sur ces trois points, et notamment sur l'aide médicale d'État, quelles seraient vos propositions très concrètes ? Est-ce qu'on supprime l'aide médicale d'État ? Est-ce qu'on réduit le panier des soins ? Qu'est-ce que vous proposez ?
Je dis que lorsque vous arrivez en France, dans notre pays aujourd'hui, la France, c'est un pays extrêmement attractif d'un point de vue des aides sociales. Et moi, si vous voulez, ça me pose un problème, je l'assume, qu'on offre les soins gratuits à des gens qui viennent de l'étranger, qui sont en situation irrégulière, pas certains soins d'urgence. L'ensemble de la palette de soins gratuite, on a même vu que les prothèses mammaires étaient même prises en charge par l'aide médicale d'État.
Non, non, non. On s'est posé cette question-là, prothèses dentaires, pour certains.
Toute la palette de soins gratuite est offerte aujourd'hui aux personnes qui viennent de manière irrégulière. Ça a été démontré, l'information est sortie dans la presse. Et encore une fois, l'aide médicale d'État, c'est l'ensemble de la palette de soins gratuite qui est offerte à des gens qui viennent dans notre pays, qui sont en situation irrégulière. Certains fuient des situations difficiles, mais certains viennent aussi pour voir notre pays comme un guichet social et protéger ses aides. Il est d'accord avec ce constat, Emmanuel Macron. Il dit qu'il y a un problème avec l'État. Je demande de prendre des mesures.
Moi, ce que je voudrais comprendre, c'est quelles sont les mesures concrètes. Là, vous êtes en train de dénoncer. Laissez-moi terminer, je vais y venir.
Qu'est-ce que vous proposez ? Et en même temps, il y a un Français sur trois qui n'a plus les moyens de se soigner dans notre pays. Alors moi, je dis qu'il faut couper le robinet et qu'il faut aujourd'hui supprimer l'aide médicale d'État. On peut avoir un fonds d'urgence qu'on avait chiffré pendant l'élection présidentielle de quelques dizaines de milliers d'euros qui puissent nous permettre, on n'est pas des monstres, et je pense que ça fait partie aussi de la grandeur de la France que de se préserver de ce genre de mesures, mais d'avoir un mécanisme d'urgence qui puisse permettre de soigner les cas les plus graves. Mais d'une manière générale, on arrête...
Mais soyons très concrets. C'est quoi les cas les plus graves ? C'est quoi ? C'est-à-dire que, est-ce que quelqu'un qui est atteint d'un cancer et qui est sur le sol français sera soigné gratuitement ? Ou est-ce qu'au contraire, il ne sera pas soigné ?
Les cas les plus urgents doivent être pris en charge. Maintenant, on arrête, si vous voulez, d'offrir, parce que c'est une pompe aspirante, et que, en réalité, lorsque vous avez l'aide médicale d'État...
Je vous demande simplement quels sont, qu'est-ce que c'est pour vous, les soins d'urgence ?
Lorsque vous avez l'aide médicale d'État, pour les personnes qui sont présentes de manière irrégulière, lorsque vous avez la CMU, qui est offerte aux gens qui sont présents depuis au moins 3 ans en France, de manière régulière, lorsque vous avez des avantages tarifaires qui sont donnés, notamment sur les transports, dans certaines régions, je pense à la région de M. Wauquiez, ou le conseil régional de Laurent Wauquiez, offre un système de réduction tarifaire pour les clandestins. Lorsque vous avez un système d'accession... Vous ne répondez pas à ma question, Jordan Barbella, qu'est-ce que c'est les soins d'urgence ?
Mais c'est beaucoup plus complexe que ça, si vous voulez, on ne peut pas prendre du cas par cas. J'imagine, mais c'est pour ça que tu poses la question, ou j'imagine que vous avez réfléchi ? Il faut pouvoir penser global. Et moi, je dis que, lorsqu'on a l'ensemble de ces pompes aspirantes, et bien, effectivement, notre pays est attractif. Et tant qu'on enverra ce signal, que vous pouvez venir en France, comme dans un camping, vous pouvez venir planter votre tente, que de toute manière, que vous soyez, qu'on vous reconnaisse l'asile ou pas, vous ne serez pas expulsé.
Jordan Barbella, un homme qui est atteint d'un cancer en France, est-ce qu'il sera soigné ?
Mais si vous avez quelqu'un qui est sur le bord du trottoir, qui est la tête en sang, évidemment qu'il va être pris en charge. Mais on ne peut pas, si vous voulez...
Non, ça c'est effectivement... Donc voilà, non mais très bien, c'est pas le cancer, par exemple.
Oui, mais le problème, c'est que quand vous regardez au cas par cas, vous ne pouvez pas penser. Voilà. Pour pouvoir penser une politique, il faut penser global.
Non, mais pour pouvoir dire qu'il y aura un certain nombre de choses d'urgence qui seront soignées, il faut avoir fait une liste. J'imagine que cette liste...
Mais vous me parlez des prothèses dentaires.
Non, là moi je ne vous parle pas des prothèses dentaires, je vous parle...
Oui, on en parlait il y a quelques minutes.
Là je vous parle d'une question éventuellement, mais ça les prothèses dentaires, même les gens de La République En Marche, aujourd'hui, disent que ce serait un effet.
Oui, mais ces gens-là sont au pouvoir.
Donc je vous demande simplement, vous, Jordan Barbella, je vous demande, vous, vous arrivez au pouvoir demain, qu'est-ce que vous faites ?
Je coupe l'aide médicale d'État. Voilà, je coupe l'aide médicale d'État. Mais vous gardez des soins d'urgence. Et je coupe l'ensemble des prestations sociales qui sont aujourd'hui données aux étrangers, qui sont présents de manière irrégulière dans notre pays.
Parce que, si vous voulez, lorsque vous avez 420 000 personnes qui entrent de manière légale dans notre pays, et encore, on n'a pas parlé des mineurs isolés, vous avez entendu il y a quelques jours dans la presse, le cri d'alarme des départements, qui nous disent, on a aujourd'hui des clandestins qui viennent dans notre pays, qui se font passer pour des mineurs, dans deux tiers des cas, ils ne sont absolument pas mineurs, et ils bénéficient des aides sociales, ils bénéficient de l'aide sociale à l'enfance dans les départements. Et tout ça, c'est un coût de 2 milliards d'euros par an.
Alors, je dis juste que, quand on a 9 millions de Français qui vivent avec moins de 1 000 euros par mois, qu'on a 6 millions de chômeurs dans notre pays, qu'on a des tensions communautaristes très fortes et un risque d'insécurité majeure aujourd'hui dans notre pays, comme on l'a vu à Villers-Bannes il y a quelques temps...
Mais est-ce que vous n'êtes pas exactement comme Emmanuel Macron ? C'est-à-dire dans les mots. Mais quand je vous demande des faits...
Mais donnez-nous les manettes et nous on va faire.
Parce que s'il y a bien un sujet qui rassemble les Français,
c'est bien celui de l'immigration. Parce que toutes les études d'opinion nous démontrent qu'il y a une majorité de Français aujourd'hui qui considèrent qu'on ne peut pas accueillir une immigration supplémentaire. Alors moi je dis que la question migratoire peut être traitée humainement mais fermement. Il faut qu'on arrête ces pompes aspirantes qui ont transformé notre pays en un hôtel ou en un guichet social.
Un mot sur la PMA, le débat sur l'Assemblée nationale sur la loi de bioéthique qui comprend donc l'accès à la PMA pour toutes les femmes commence dans deux jours. Et je n'ai pas très bien compris. Est-ce que vous êtes pour ou est-ce que vous êtes contre ?
J'y suis opposé parce que je considère que la PMA va instaurer dans le droit une discrimination entre les couples homosexuels femmes qui auront donc accès à la filiation et les couples homosexuels hommes. Or les juges vous diront demain, ça a été le cas avec la PMA via le Conseil d'État, qu'il n'y a pas de raison de laisser cette discrimination en droit et donc il faudra à un moment donné autoriser la GPA. La GPA c'est la gestation pour autrui, c'est les enfants sur catalogue, c'est-à-dire vous louez le ventre d'une mère et vous faites votre gamin sur catalogue comme c'est le cas aux États-Unis.
Donc en fait vous seriez pour la PMA si on en restait à la PMA ?
Entre la PMA et la GPA, c'est effectivement la GPA qui me pose le plus de problèmes. Je comprends, et je vous le dis de manière très franche, je comprends ce désir pour les couples homosexuels d'avoir un enfant, ça peut parfaitement s'entendre et se comprendre. Je dis juste que la loi ne peut pas, si vous voulez, s'adapter à l'ensemble des désirs illimités des uns et des autres. Or effectivement cette ouverture de la PMA, il faut bien le comprendre, amènera mécaniquement la GPA et je préfère effectivement m'en préserver et être opposé à la PMA.
Maintenant il y aura évidemment une liberté, nous ne sommes pas un parti soviétique, et il y aura une liberté de vote pour nos parlementaires à l'Assemblée nationale.
Alors Jordan Mardella, vous êtes peut-être un peu trop jeune parce que vous avez 24 ans, mais est-ce que vous avez un beau frère ?
Est-ce que j'ai un beau frère ? Non.
Non, parce que si vous aviez un beau frère, je vous poserais vraiment la question de savoir si vous l'aimez bien. En fait, ça paraît une question un peu saugrenue, mais la réalité c'est que Daniel Cohen, économiste, vient d'écrire avec trois autres chercheurs un livre qui s'appelle « Les origines du populisme » et dans lequel il a fait une étude très complète sur le vote du Rassemblement national. Et au fond, quand on pose des questions comme par exemple « Aimez-vous votre beau frère ? Faites-vous confiance à votre beau frère ? » Eh bien moins vous faites confiance à votre beau frère, plus vous votez Rassemblement national.
C'est-à-dire la confiance dans l'autre, la confiance dans l'autre y compris celui qui est très proche de vous, dans votre famille, décide de la façon dont vous votez. Est-ce que vous faites confiance à votre entourage ?
C'est une étude sans doute passionnante. Non, je crois que les gens votent aujourd'hui.
Très approfondis et je vous recommande la lecture de ce livre.
Oui, mais si vous voulez, ces sociologues feraient bien de temps en temps de descendre un peu dans la rue. Voilà, ils feraient bien de descendre un peu sur le terrain.
Après moi, je ne vous parle pas forcément des conclusions, mais simplement des faits.
Oui, mais aujourd'hui, vous avez de plus en plus de Français qui estiment que leurs enfants vivront moins bien qu'eux. C'est le cas pour 90% des ouvriers qui considèrent aujourd'hui que boucler le moins est de plus en plus difficile.
Ma question est très simple, Jordan de Bavéla.
Ils craignent l'insécurité aujourd'hui dans notre pays. Et c'est, je crois, les raisons pour lesquelles ils ne font plus confiance, en l'occurrence, aux personnes qui nous dirigent depuis maintenant 30 ans et qu'ils souhaitent voir arriver le Rassemblement National.
Et vous, vous faites confiance ? A qui faites-vous confiance ?
Si, être populiste, je fais confiance aux Français. Parce que je considère, moi, que les Français sont suffisamment capables de décider de ce qui est bon pour eux et qu'ils sont suffisamment capables de comprendre que les mesures qu'est en train de mettre Emmanuel Macron depuis qu'il est arrivé au pouvoir sont néfastes pour le pays. Moi, en gagnant ces élections européennes, j'ai souhaité donner un message d'espoir et d'optimisme aux Français. J'ai voulu leur dire dans ces élections européennes que ce qu'on vit aujourd'hui avec Emmanuel Macron, c'est la conséquence de choix politiques. Tant en matière de sécurité, que matière d'immigration, que matière de pouvoir d'achat.
Et je suis venu leur dire dans ces élections européennes et nous sommes venus leur dire avec le Rassemblement National qu'on peut faire autrement. Et que lorsqu'on nous donne le pouvoir, c'est le cas par exemple dans nos municipalités, on arrive à élargir notre socle électoral parce qu'on arrive à convaincre de plus en plus de Français. On arrive à baisser les impôts. Je vous pose une question très précise. Non, c'est extrêmement concret. Et s'il vous plaît, partout aujourd'hui dans le monde, les peuples sont en train de tourner le dos aux élites qui les dirigent depuis 30 ans. Et de porter aux responsabilités des gens qui les défendent.
Voilà, des gens qui défendent le peuple, des gens qui défendent le bon sens. Je ne crois pas que les Français attendent aujourd'hui une politique de gauche ou de droite. Ils attendent un peu de bon sens. Et c'est ce qu'on a voulu incarner dans ces élections européennes. Mais je vous rassure, je n'ai peur de personne et nos électeurs n'ont peur de personne. Et c'est peut-être d'ailleurs les plus optimistes en l'avenir.
Ce n'est visiblement pas le cas quand on fait des études. C'est au contraire les plus pessimistes. Mais Jordan Bardella, quand on vous demande quel est pour vous le plus grand péril aujourd'hui, que répondrez-vous ?
Je crois que les deux plus grands défis qui se posent, en tout cas à ma génération au XXIe siècle, c'est le défi migratoire. On en a parlé, on aura peut-être l'occasion d'en reparler. Et le défi environnemental. Parce qu'aujourd'hui, le modèle économique...
Mais vous n'étiez pas à la marche pour le climat.
Parce qu'aujourd'hui, je ne me sens pas obligé de participer à des marches à chaque fois que je souhaite émettre un avis. Parce que la question aujourd'hui, c'est comment faire face dans une planète où les ressources ne sont pas illimitées, avec un modèle économique qui est toujours plus polluant et destructeur pour la planète.
Et donc, je crois que ces grands enjeux, mais qui sont aussi les enjeux de ma génération, la crise migratoire, le défi environnemental, le défi des nouvelles technologies, de l'intelligence artificielle, sur lesquelles l'Europe a peut-être déjà un demi-siècle de retard et où les autres continents sont très en avance, font partie des sujets qui vont toucher directement ma génération. Et c'est aussi les sujets sur lesquels nous allons travailler au Rassemblement National pour préparer la conquête du pouvoir en 2022.
Et d'ailleurs, c'est ça qui est intéressant, c'est que la jeunesse a voté soit pour Europe Écologie-Les Verts, soit, en deuxième position, pour le Rassemblement National. On va tout de suite en venir à la question des municipales dont vous parliez à l'instant et on accueille Henri Vernet. Bonjour Henri.
Bonjour Apolline, bonjour M. Bardella. Bonjour. Les élections municipales de mars 2020, de mars prochain, c'est en effet le grand objectif. Il a été désigné comme tel par Marine Le Pen lors de la rentrée du RN à Fréjus la semaine dernière. L'objectif, évidemment, c'est de transformer votre essai, votre réussite des européennes. Et pourtant, ce qu'on constate, c'est que bien des candidats n'iront pas forcément avec le drapeau RN. Je pense par exemple à Louis Alliot, qui aujourd'hui n'est plus vice-président du RN, à d'autres également. Est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui, le Rassemblement National, vous insistez d'ailleurs, on n'est plus le FN, dites-vous, nous sommes le RN.
C'est la vérité. Est-ce que le RN, c'est la vérité ? Oui, mais est-ce que c'est un repoussoir ?
Non, c'est que, si vous voulez, on vit aujourd'hui une grande recomposition de la vie politique. Et de la même manière qu'Emmanuel Macron a rassemblé des gens à la fois de droite et de gauche, je crois qu'on a ce travail un peu analogue à effectuer autour de tendances plus souverainistes, plus populaires. Et la petite différence avec 2014, c'est que d'abord, aujourd'hui, on a un socle solide d'élus municipaux, départementaux, régionaux, de parlementaires, qu'on a des personnalités fortes, comme Louis Alliot, qui n'ont pas forcément besoin du logo, de l'étiquette du RN pour pouvoir rassembler. Non, mais je crois que ça va dans le bon sens. Ça pourrait faire des voix d'avoir le RN en drapeau ?
Je vous rappelle qu'on est arrivé en tête des élections européennes. Donc si nous avions honte de cette étiquette, nous ne l'aurions pas mise sur nos documents de vote. On est le premier parti de France. On est arrivé en tête dans deux tiers des départements. On a aujourd'hui un socle qui est solide. Mais de la même manière qu'on a souhaité faire ce rassemblement national lors des élections européennes, en faisant venir sur notre liste les fondateurs de la droite populaire, un ancien courant de l'UMP, par exemple, je pense à Thierry Mariani et Jean-Paul Garot, on souhaite le décliner en un rassemblement local.
Et c'est vrai qu'il y aura une grande majorité de nos candidats qui seront des candidats issus du rassemblement national. Mais on a aussi fait le choix, comme à Paris, par exemple, de soutenir des candidats qui viennent d'horizons politiques peut-être différents, qui partagent une grande partie de nos valeurs, de nos convictions, et à qui on apportera nos soutiens. Parce qu'aujourd'hui, on a vocation à rassembler. On a vocation à réconcilier et à réunir les Français. Et je crois que c'est la condition sine qua non pour pouvoir gouverner. Je pense que c'est une erreur de s'adresser, si vous voulez, uniquement à la droite ou à la gauche.
Parce que je pense que c'est un clivage qui est aujourd'hui dépassé. Et le second tour de l'élection présidentielle, comme ce résultat des élections européennes,
l'a parfaitement démontré. Est-ce que vous pourriez aller, par exemple, à gauche, notamment, vous me soulignez, par exemple, récemment, des convergences diagnostiques avec les insoumis, avec l'EFI ? Est-ce que ça veut dire que, ici ou là, sur des municipales, vous pourriez chercher, évidemment, en question que ce soit d'accord, des alliances avec les insoumis, avec l'EFI ?
En l'occurrence, Andréa Cotarac, qui était conseiller régional de la France insoumise, a appelé à voter pour le rassemblement national dans des élections européennes. Mais j'espère qu'il y aura des dizaines et des centaines d'autres Thierry Mariani, d'autres Jean-Paul Garraud, d'autres Andréa Cotarac. Parce qu'aujourd'hui, le RN est un pôle de rassemblement.
On a vocation à rassembler l'ensemble des amoureux de la France, l'ensemble des souverainistes, l'ensemble de ceux qui ne veulent pas se laisser aspirer par cette machine Emmanuel Macron qui consiste à placer la société française en insécurité permanente, à détruire les frontières, à transférer nos pouvoirs de décision à l'Union européenne, à refuser, aujourd'hui, cette démocratique de proximité. Non, on va rester dans le concret. Donc, il y a des divergences de fond.
Et c'est vrai que, de la même manière qu'Emmanuel Macron a rassemblé le pire de la droite et le pire de la gauche, à mon sens, je crois que le RN a vocation à rassembler à la fois le meilleur de la droite et le meilleur de la gauche. Et effectivement, mais moi, je pense que notre plus grande réserve de voix, elle est notamment chez les abstentionnistes parce qu'aujourd'hui, vous avez des millions de gens qui ne s'identifient plus dans les partis politiques. Alors, d'accord, pour les...
Et l'un des enseignements, pardon, je vais terminer, de ces élections européennes, c'est peut-être cette poussée historique qu'on n'avait jamais vue depuis 25 ans de la participation qui vient d'autant plus légitimer notre victoire.
Alors, vous avez déjà votre slogan, en quelque sorte. Je vous propose de l'écouter pour ces municipales. À propos du RN, dites-vous...
On est au pouvoir dans un certain nombre de municipalités où on nous prédissait, on nous indiquait qu'il y allait y avoir des plus sauterelles partout, on avait été élus, etc. Alors, je remarque qu'à Fréjus, à Hénin-Beaumont, à Bocquer, dans tout un tas de villes, on a fait nos preuves et que nous essayer, c'est nous adopter.
Alors, l'essayer, c'est l'adopter le RN. Pourtant, là, on a un certain recul. Alors, dans plusieurs municipalités, puisque vous avez conquis 11 villes en 2014, à l'époque, c'était encore le FN. Et pourtant, sur bien des domaines, par exemple, l'insécurité, qui était un argument phare pour vos campagnes, on constate, 5 ans après, qu'elle n'est pas éradiquée. Si on prend, par exemple, la ville de Robert-Ménard à Béziers, qui était soutenue par le FN, aujourd'hui le RN, certes, la délinquance a diminué. Il a fait savoir, il a équipé en armement, en pistolet, sa police municipale. Il a multiplié les caméras de surveillance, etc. Mais, 5 ans après, la délinquance a diminué. de 14%.
Donc, on est loin d'une éradication. Dans d'autres villes, gérées par le RN, il n'y a pas vraiment de changement. Alors, qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce que ça reste un argument ? Et comment vous allez dire ?
Même si la délinquance à Béziers avait baissé de 60%, vous m'auriez dit, il reste quand même 40% que vous n'avez pas réagré. Non, non, non, non, non. On est très factuel. Non, si. Non, non, non. Sur le 40% et 60%, il y a un... Non, mais bien sûr.
C'est trop facile. On vous dit simplement la réalité. C'est un constat. C'est-à-dire que la délinquance, c'est les chiffres du mer lui-même. C'est-à-dire que c'est de manière absolument frappante ou textuelle.
Mais je suis ravi de vous entendre dire qu'on peut faire autrement. Et que tout ce qu'on nous raconte depuis des années...
C'est-à-dire que c'est trop facile. Quand vous êtes au pouvoir, vous dites, ah ben non, on fera autrement. Et quand vous n'y êtes pas, vous dites, venez nous chercher, on vous montrera qu'on fera différemment. Là, on a un éthore. Bon, là, qu'est-ce que... Fabien qui a été au pouvoir.
La délinquance et la criminalité a baissé dans nos villes.
Et cette diminution de 14% n'est pas exclusive à Béziers puisque dans toutes les villes que nous dirigeons, la délinquance et la criminalité a baissé parce que dans l'ensemble des communes que nous gérons, soyez pas de mauvaise foi, nous avons renforcé les effectifs de la police municipale, nous avons développé la vidéosurveillance, nous avons renforcé les partenariats entre la police nationale et les polices municipales et nous avons appliqué ce principe de tolérance zéro qui fait que le maire, en tant que premier OPJ, peut déposer des plaintes systématiques, systématiquement, lorsque, par exemple, les infrastructures de la ville sont dégradées.
Donc, le bilan, il est très bon dans nos villes. Et la meilleure preuve, on a fait près de 40% des voix à Fréjus, ville de 55 000 habitants dirigée par David Racheline aux élections européennes. On a fait près de 65% des voix à Hénin-Beaumont, dirigée par Steve Briouat du Rassemblement National. On a fait près de 40%, plus de 40% à Bocquer, la quatrième ville du Gard qui est dirigée par Julien Sanchez. Donc, tout ce que nos opposants nous ont dit depuis des années, à savoir qu'on ne pouvait pas faire autrement, c'est faux.
Et moi, je viens leur dire, si vous voulez mettre un peu de bon sens dans votre quotidien, si vous voulez arrêter cette inflation fiscale, si vous voulez ramener de la sécurité et du vivre en paix dans vos communes, eh bien, choisissez au mois de mars un maire issu du Rassemblement National parce qu'effectivement, nous essayer, c'est nous adopter. Et je crois qu'en démocratie, vous savez, le général de Gaulle disait en démocratie, la Cour suprême, c'est le peuple. Le meilleur jugement, c'est le vote Rassemblement National aux élections européennes qui a explosé dans nos villes. Alors, sur un autre terrain, celui du sous-sol. Il y a un discours...
Est-ce qu'il veut dire, pardon, juste qu'on est capable aussi d'élargir notre socle électoral et qu'il y a peut-être des gens hier qui nous ont combattus... Il y a peut-être des gens avec qui... Oui, mais j'aimerais quand même finir une phrase. Des gens avec qui on a pu avoir des désaccords qui, aujourd'hui, voient que nous essayer, c'est nous adopter et choisissent donc de nous faire confiance.
Alors, vous essayer, c'est aussi dans plusieurs des villes qui ont été gérées par vos amis, avoir des coupes dans les dépenses sociales, dans les budgets, par exemple des associations, par exemple, le sucre populaire qui a carrément été dégagé dans la ville d'Aillanges. C'est cela. Alors, des cantines, des gratuites cantines pour les pays démuniques, mesures sur lesquelles sont revenus de certains de vos maires. C'est contraire au discours qui est affiché par Marine Le Pen qui est de dire le Rassemblement national, c'est le social. Comment ? Qu'est-ce que vous répondez à ces contradictions entre une pratique locale et un discours national ?
Je veux bien que vous essayiez de trouver toutes les contradictions. Non, je remarque ce qui existe.
Non, mais essayez de remarquer peut-être le score exponentiel du Rassemblement national dans ces communes et le fait que nous faisons aujourd'hui beaucoup plus de voix que nous faisons en 2014. Peut-être que vous avez un jugement et je le respecte apporté sur ces villes et sur la politique de nos maires. en relouquant que les habitants sont satisfaits. Et moi, c'est la seule chose qui m'importe, c'est que les habitants soient satisfaits d'une gestion Rassemblement national à qui on démontre que c'est possible, que faire autrement, c'est possible.
Donc, nous avons pris un certain nombre de mesures pour restreindre, soyons très précis, les budgets qu'on peut donner à des associations communautaristes, à des associations politiques. Le but d'une association, lorsqu'elle est financée par des biens publics, doit avoir à cœur de servir l'intérêt général. Alors effectivement, parfois, dans certains cas, quand les associations sont politiques, quand les associations affichent une couleur politique, elles n'ont pas bénéficié de subventions publiques. Et donc, c'est la raison pour laquelle nous avons pris des mesures.
Mais ça reste dérisoire par rapport à l'ensemble des projets que nous développons dans nos villes et qui font, je crois, le plus grand bonheur des habitants. Mais j'aimerais qu'on regarde parfois aussi à la loupe la gestion peut-être de maires républicains ou socialistes. Donc parfois, les pratiques,
sans que je vous fais confiance
là-dessus, sont plus ou moins discutables. Je crois que ça a été dénoncé dans pas mal de villes, y compris dans des villes qui sont désormais en main du RN. Marion Maréchal-Le Pen, la semaine prochaine, elle tient à Paris une convention, une réunion des droits qui est organisée par ses proches, par ses amis. Est-ce que vous y êtes invité ? Est-ce que vous irez ? Et aujourd'hui, qu'est-ce que c'est Marion Maréchal-Le Pen ? C'est une concurrente ? C'est quelqu'un qui pourrait représenter votre famille en 2022 ?
Est-ce que vous irez ?
Non, je n'irai pas. Pourquoi ? Vous n'avez pas été invité ? D'abord, parce que je n'ai pas été invité. Et que, si vous voulez, ces colloques et ces débats d'idées sont évidemment très intéressants et ils participent au débat. Maintenant, j'étais à la tête d'une liste d'un grand mouvement politique, du premier parti de France qui est arrivé en tête et qui a vocation à rassembler d'une part. Et donc, effectivement, quand on... Moi, si vous voulez, je comptais cette logique qui consiste à parler uniquement à un petit segment électoral. Parce que je considère qu'on ne parle pas en se rétrécissant, en parlant qu'à une petite partie de la droite.
C'est ce que je parle en parlant à une petite partie de la gauche.
Mais en n'y allant pas, ce n'est pas exactement ce que vous faites.
Mais je ne me sens pas obligé de participer à un colloque si vous voulez, un débat d'idées. Non, mais si vous étiez dans le rassemblement, il se trouve que nous sommes dans le combat électoral, que nous avons gagné les élections européennes. Je vous l'ai rappelé tout à l'heure en arrivant en tête dans près de deux tiers des départements. Et on a vocation à gouverner. Bon, il se trouve cette mission et cette responsabilité qui est d'incarner l'alternance à Emmanuel Macron. Parler avec la droite, très bien, nous l'avons fait dans le cadre de ces élections européennes en ralliant à nous la droite populaire, c'est-à-dire toute la frange issue l'UMP avec qui nous étions.
Non, mais c'est intéressant. Ces débats d'idées, ces colloques sont très intéressants. Maintenant, nous nous sommes dans l'action et nous préparons évidemment les prochaines.
Elle est encore dans le jeu politique ou elle est en dehors ? Elle est où ? Vous la situez comment ?
Elle est directrice d'école. Elle participe au débat, au débat d'idées, elle anime des colloques régulièrement.
Donc elle n'a pas vocation à représenter votre famille politique en 2022 ?
Mais non, je ne le crois pas. Et d'ailleurs, elle le dit elle-même d'ailleurs. Elle a fait le choix de se retirer de la vie politique. Vous avez vu qu'il y a un sondage qui est paru récemment...
Vous avez quasiment le même âge à quelques années près.
Vous avez vu qu'il y a un sondage récemment qui met Marine Le Pen en position d'être la candidate à une écrasante majorité de notre camp en 2022. Et moi, je souhaite que Marine Le Pen soit la candidate de notre famille politique en 2022.
à l'endroit de Marion Maréchal. Pardon ? On ne peut pas dire que vous soyez hyper positif ou chaleureux à l'endroit de Marion Maréchal.
Mais non, mais je sais que... Mais pas plus que ça. Je sais que ça vous obsède et que vous souhaitez absolument créer des divergences entre Marion Maréchal et nous. Il se trouve qu'il n'y a pas de divergence. Il se trouve qu'elle est sur ce combat idéologique qui consiste... C'est très bien en participant à ce colloque,
comme vous le dites, qu'elle remet un peu de sa présence dans le jeu politique.
Écoutez, mais très bien. Mais vous voulez mon avis sur un colloque ? Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Pas n'importe lequel.
Merci en tout cas, Jordan Bardella. Dans un instant, on reviendra sur le prix de l'essence, sur les retraites, sur le Brexit et ce sera avec Edwige Chevrillon. Merci Henri.
Et on accueille tout de suite Edwige Chevrillon. Bonjour Edwige. Bonjour Apolline. Bonjour Jordan Bardella. Beaucoup de questions à avoir avec vous. Effectivement, on va parler du Brexit, de l'Europe, un peu, qu'est-ce que vous avez fait de votre victoire. Mais d'abord, une question sur les manifestations d'hier. Vous avez dit tout à l'heure que vous n'y étiez pas mais ce qui était intéressant c'est de voir qu'il y avait des gilets jaunes qui exigent une baisse des taxes sur l'essence qui en fait se mélangeaient avec d'autres jeunes qui eux exigent une hausse notamment de la taxe carbone. Je ne sais pas dans quel camp vous êtes.
Est-ce que vous vous dites qu'il faut baisser le prix des carburants ou alors il faut réinstaurer une taxe carbone pour moins utiliser sa voiture et l'essence ?
Il faut permettre 75% de Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler d'utiliser leur voiture. Aujourd'hui quand vous mettez quand vous allez à la pompe sur 1,50€ d'essence par exemple c'est 1€ d'essence 70% du prix sont des taxes. Donc nous on est favorable d'abord à ce qu'on supprime ce qu'on arrête cette double peine qui consiste à mettre de la TVA sur les taxes et donc qu'on supprime la TVA sur la TITPE Ça fait un gros trou dans les finances de l'Etat.
Je peux vous donner une liste d'économies à faire l'Union Européenne l'immigration, la fraude lorsqu'on veut trouver de l'argent je pense qu'il y en a les comités théodules qui permettent de placer les copains du pouvoir etc. Quand on veut faire des économies je crois qu'on peut mais pas sur le portefeuille des Français. Et sur la taxe carbone
est-ce que vous êtes favorable au retour de la taxe carbone ?
Non, je ne suis pas favorable au retour de la taxe carbone je suis en revanche favorable à un mécanisme d'incitation fiscale de détaxation de la proximité qui fait que quand vous avez un produit qui est fabriqué près de chez vous vous baissiez le coût et qui puisse permettre par un mécanisme d'incitation fiscale d'être beaucoup plus avantagé qu'un produit qui vient de loin.
Non mais ça veut dire que vous avez votre voiture si vous faites 10 km, 20 km quel est le rapport ? Non, ça veut dire
qu'on fait du patriotisme économique mais par rapport à la voiture qu'on utilise ça veut dire je ne parlais pas uniquement de la voiture mais ça veut dire qu'on accorde une priorité aux produits qui sont fabriqués près de chez nous parce que l'une des revendications de cette manifestation d'hier c'était de manifester contre le dérèglement climatique sauf qu'on ne réglera pas le problème du dérèglement climatique si on ne réglerait pas en amont le problème du dérèglement commercial parce qu'aujourd'hui 50% des émissions de gaz à effet de serre dans notre pays vient de nos importations donc je suis pour qu'on arrête ce modèle économique qui consiste à déménager la planète et à les faire fabriquer très loin dans des conditions de normes sociales, sanitaires, environnementales qui sont complètement délirantes.
Donc par exemple la taxe carbone c'est l'illustration c'est un premier pas pour aller justement vers ce dérèglement que vous préconisez.
Je ne veux pas rajouter une taxe sur les produits qui viennent de loin je veux qu'on supprime une partie des taxes sur les produits qu'on fabrique chez nous ce qui est quand même vous le noterez une différence parce que parfois on n'a pas le choix d'aller chercher des produits qui sont importés mais d'une manière générale il faut arrêter avec ce modèle économique qui est basé sur des accords de libre-échange l'Union Européenne en a négocié sans cesse avec le monde entier on a beaucoup parlé du CETA avec le Canada pendant la campagne il y a aussi évidemment le traité du Mercosur qui a été mis de côté mais je crois qui n'est pas totalement terminé on s'est battu depuis 2014 contre l'intégralité des traités de libre-échange et on continuera évidemment évidemment à le faire
on ne va pas faire un cours d'économie mais est-ce que vous êtes pour une décroissance vous savez c'est toujours un peu ce qui a opposé notamment l'hiver par rapport au modèle actuel est-ce que vous êtes pour une décroissance c'est-à-dire un monde où on consomme moins
je crois que cette décroissance pénaliserait en premier lieu les classes populaires et les classes moyennes parce qu'aujourd'hui ce sont elles qui sont sacrifiées par les politiques d'austérité qui sont imposées par l'Union Européenne ce sont elles qui vont acheter quelque chose qui coûte moins cher
les t-shirts qui sont fabriqués en Chine ou en Inde
oui d'accord parce qu'on a permis avec ce modèle économique d'aller chercher très très loin on nous a dit début des années 2000 ouvrons les frontières vous allez voir les produits qui viennent ne se sont pas mis en concurrence avec les produits qui sont fabriqués chez nous ce modèle ça a été la mort de notre industrie et on a perdu des centaines de milliers d'emplois industriels dans notre pays donc moi ce que je veux faire c'est relocaliser les productions dans la mesure du possible le localisme c'est dans la mesure du possible oui mais à chaque fois qu'on dit un truc c'est vous êtes d'accord avec Emmanuel Macron parce que c'est une politique qui conduit actuellement pourquoi il fait le contraire jusqu'à ce que nous montions au créneau cet été et qu'il y ait les événements d'Amazonie il était favorable au Mercosur il a soutenu le traité du CETA et je vous rappelle que un super tanker les 60 000 super tankers qui traversent la planète c'est l'équivalent en termes de particules fines de l'intégralité du parc automobile français donc on arrête cette écologie punitive qui consiste à taper au portefeuille toujours les mêmes nos classes populaires
Qu'est-ce que vous pensez du Brexit ? Est-ce que vous vous dites lorsque vous voyez une espèce de cacophonie qui se passe en Grande-Bretagne qui est quand même la mère des démocraties parlementaires vous vous dites heureusement qu'on a abandonné l'idée du Brexit
Non je dis que on a tout fait pour que ce Brexit n'ait pas lieu Il va avoir lieu le 31 octobre C'est la question c'est plutôt dans quelles conditions ? C'est pas encore certain mais on a tout fait pour passer outre la volonté démocratique démocratiquement exprimée du peuple britannique en 2016 parce qu'on a confié à Mme Thérésa May et à M. Barnier la responsabilité C'est pas les Européens qui l'ont nommé de négocier
avec les premiers ministres
de négocier ce Brexit alors qu'elle comme M. Barnier ne souhaitait pas ce Brexit Donc je suis favorable parce qu'on respecte la vie du peuple britannique ça veut dire quoi ?
Là aujourd'hui aujourd'hui on fait quoi ? Non mais Jean-Marie Bardellin vous ne pouvez pas
sous-entendre C'est juste que comme vous posez 27 questions à la minute j'essaie à chaque fois de les découper de répondre au mieux mais je vous avoue que c'est pas toujours très simple Non je vous dis pas ça je vous dis que les Britanniques ils ont voté et qu'en démocratie le juge est le peuple et qu'il faut aujourd'hui tout mettre en oeuvre pour procéder à la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne Pas parce que je le veux On a toujours dit qu'un good deal était préférable à un no deal et que c'est vrai qu'Emmanuel Macron ne s'est pas suffisamment engagé sur ce thème Pendant la campagne j'ai rencontré les pêcheurs en Bretagne qui eux auraient été les premiers impactés par cette sortie sans accord du Royaume-Uni de l'Union Européenne Donc il y a évidemment des accords à avoir parce que le Royaume-Uni ne va pas se couper du monde On a commercé avant avec le Royaume-Uni et on continuera évidemment demain de commercer avec eux peut-être avec des accords commerciaux avec des réductions de droits de douane
Est-ce qu'il faut un backstop ou pas un backstop ?
On s'est servi depuis des mois de cette question du backstop pour faire peur C'est une question qui a été instrumentalisée pour pouvoir faire peur pour pouvoir faire peur au peuple britannique pour pouvoir faire peur aux Européens pour montrer l'exemple pour dire vous voyez qu'on ne peut pas sortir de l'Union Européenne vous voyez que l'Union Européenne est une prison depuis laquelle on ne peut pas sortir
Si on veut sortir de l'Union Européenne c'est un peu normal qu'on remette des règles qui ne soient pas exactement les mêmes au sein de l'Union Européenne
La question du backstop et de la frontière avec l'Irlande du Nord c'est une question interne au Royaume-Uni que le Royaume-Uni pourra parfaitement gérer Je dis juste que lorsque le peuple s'exprime par référendum alors c'est vrai qu'on n'a pas l'habitude en France puisque la dernière fois que les Français se sont exprimés par référendum c'était il y a près de 15 ans sur la Constitution Européenne ils avaient voté non on leur a quand même imposé l'Union Européenne derrière avec toutes les conséquences néfastes sur notre économie et notre protection sociale C'est une dernière question
Parlons de la réforme des retraites Oui justement C'est ma dernière question
C'est une demande des rapports de la Commission Européenne c'est une demande de l'Union Européenne
Non c'est juste qu'il y a les chiffres vous les connaissez mieux que moi en 1983 à 60 ans il y avait 4 cotisants pour un retraité avec une durée de vie de 72 ans et aujourd'hui c'est 1,7 cotisants pour un retraité pour une espérance de vie de 22 ans Vous voyez il y a un petit problème pour vous Et l'espérance de vie en bonne santé
et l'espérance de vie en bonne santé qui recule notamment chez les femmes Elle était de 77% de leur vie en 2004 elle est de 74% aujourd'hui Cette réforme de la retraite
vous dites qu'il faut la retraiter
parce qu'elle n'est pas juste Je dis que cette réforme d'abord elle est injuste et nous allons la combattre Je dis également qu'elle crée un mécontentement parfaitement légitime de beaucoup de professions notamment les professions libérales On veut toucher au régime spécial des avocats alors que c'est un régime qui s'autofinance qui rapporte 80 millions d'euros chaque année au régime général qui ne coûte pas un euro à l'Etat et on va leur demander pour un niveau de retraite égal de cotiser davantage donc ça crée un niveau de colère majeur dans le pays Mais l'idée c'est d'avoir Dans un système actuel où les actifs financent la retraite de ceux qui ne travaillent pas le problème de fond des retraites c'est le chômage Et si on recrée un million d'emplois dans notre pays on fera gagner 25 milliards d'euros de recettes au système de santé Donc on arrête de raconter des craques aux français On peut sauver le système de retraite des français Pour ça il faut faire le patriotisme économique il faut recréer de l'emploi dans notre pays arrêter d'asphyxier financièrement et sur le point de vue administratif nos TPE, PME qui sont les premiers créateurs d'emplois dans le pays et relancer la natalité Et pour relancer la natalité il faut ramener de la vie dans tous ces territoires qui sont aujourd'hui totalement abandonnés
par les services publics
Par les crèches par les hôpitaux par les services de proximité par la poste Il faut aller remettre de la vie dans ces territoires et il faut surtout arrêter ce matraquage fiscal sur les classes populaires et sur les classes moyennes et en relançant l'emploi et la natalité on sauvera le système de retraite
Merci beaucoup Edwige Jordan Bardella Juste un dernier mot sur Jean-Luc Mélenchon Il a dû comparaître cette semaine jugé pour acte d'intimidation envers un magistrat dépositeur de l'autorité publique rébellion et provocation réquisitoire du parquet trois mois de prison avec sursis Le jugement sera rendu le 9 décembre Est-ce que vous estimez qu'il doit être jugé comme un autre ou qu'il s'agit d'un procès politique ?
Non, il doit être jugé comme un autre mais tout ça pour ça Jean-Luc Mélenchon a crié à la cabale politique trois mois avec sursis pour avoir poussé nos forces de l'ordre Il s'en sort plutôt bien parce que franchement son geste est absolument inacceptable
Vous voulez dire que vous vous auriez été aux manettes du réquisitoire vous auriez demandé plus ?
Je dis juste que bien souvent la justice est instrumentalisée à des fins politiques dans notre pays on n'a pas le temps de parler ici du parquet national financier mais c'est un parquet qui obéit directement au cabinet du ministre de la justice Donc là la question de son indépendant se pose Maintenant il était jugé ici sur la violence et le comportement qu'il a eu à l'égard des forces de l'ordre Il a crié à la cabale politique et franchement trois mois avec sursis pour ce type de geste il s'en sort plutôt bien
Merci Jordan Bardella d'avoir été avec nous dans BFM Politique Je rappelle que vous êtes député européen vice-président du Rassemblement National Merci Edwige Chevrillon Merci Henri Vernet Et dans un instant l'actualité continue sur BFM TV Vous retrouverez à faire suivante Et pour ma part je vous donne rendez-vous à 18h pour rien en même temps A tout à l'heure
Jordan Bardella