THOMAS MÉNAGE est l'invité du DUEL POLITIQUE face au macroniste JEAN-RENÉ CAZENEUVE sur FRANCE INFO
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 65 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08OuverteRéponse partielle
Place à notre duel politique, ce soir, face à face, Jean-René Cazeneuve.
- 1:27OuverteRéponse partielle
On va parler budget, on va se demander dans un instant si les retraités doivent être mis davantage à contribution.
- 2:20OuverteÉludée
Que vous inspire cet épisode, Thomas Ménager ?
- 3:58OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un faux pas du ministre de l'Économie ?
- 5:51FerméeRéponse partielle
Vous êtes rassuré sur l'épargne salariale ?
- 7:28OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a des raisons pour que tout le monde fasse des efforts, sauf les retraités ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15PrésentateurFait
« on va parler budget, on va se demander dans un instant si les retraités doivent être mis davantage à contribution. »
- 0:23PrésentateurFait
« Sébastien Lecornu a annoncé vouloir saisir la justice, signalement qu'il ne vise pas la presse, mais ses propres services »
- 2:27Invité politiqueFait
« Je vais rejoindre, par contre, mon collègue. Nous, on attend une copie, on attend de savoir concrètement à quelle sauce les Français vont être mangées »
- 2:46Invité politiqueFait
« aujourd'hui, moi, je suis d'un territoire rural, quelle réponse sur les carburants ? »
- 2:50Invité politiqueFait
« Quelle réponse après des annonces, notamment en matière de santé, avec des déremboursements de soins dentaires cet été, un peu en catimini ? »
- 3:28Invité politiqueFait
« Voilà, c'est vrai que ça surprend de voir un Premier ministre dans une telle situation de désorganisation, de manque de loyauté, de confiance dans ses propres équipes »
- 3:46PrésentateurFait
« Surtout qu'il parle de fuite, mais le fait est que le ministre de l'Économie, Roland Lescure, c'était hier matin, a repris cette information en ne fermant pas la porte autour de la taxation de l'épargne salariale. »
- 7:28PrésentateurFait
« Le ministre de l'Économie, Roland Lascure, n'exclut pas de demander aux retraités de mettre la main à la poche, ce qui pourrait passer par une désintaxation des pensions au-delà d'un certain seuil. »
- 7:58Invité politiqueFait
« En politique, il y a des questions de principe et des questions de symbole. »
- 8:20Invité politiqueFait
« le minimum vieillesse, il est versé, du fait d'un accord, aux Algériens sans condition de résidence. »
- 9:46InvitéChiffre
« Notre pays, aujourd'hui, a une dette que le sale. Et le taux d'emprunt sont aujourd'hui à 4,25%. Et nous empruntons à peu près 30 milliards chaque mois. »
- 10:14InvitéChiffre
« le maire parle de 100 milliards d'ici 2029, Gabriel Attal parle de 125 milliards d'ici 2030. »
- 11:20Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui il y a quand même un point qu'il faut avoir en tête, c'est qu'on est le pire pays en termes de prélèvement en matière de cotisation retraite. 28%, quand on est à 18%. »
- 13:45Invité politiqueFait
« je ne peux pas être en désaccord avec le prix Nobel, il a raison sur le principe. Bien sûr, si on désindexe les plus grosses retraites... »
- 17:11InvitéFait
« chacun devra contribuer, il faut probablement des seuils. »
- 18:29PrésentateurChiffre
« 90% des retraités en France qui touchent moins de 3000 euros bruts par mois. »
Temps de parole
- Invité35 %
- Thomas Ménagé33 %
- Présentateur21 %
- ?9 %
≈ 21,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Alors, place à notre duel politique, ce soir, face à face, Jean-René Cazeneuve, bonsoir. Bonsoir. Députés ensemble pour la République du Gers, c'est bonsoir Thomas Ménager. Bonsoir. Député RN du Loire, et on va parler budget, on va se demander dans un instant si les retraités doivent être mis davantage à contribution. Mais d'abord, un mot sur le climat, climat qui ne semble pas très serein à Matignon, après la fuite sur la taxation de l'épargne salariale. Sébastien Lecornu a annoncé vouloir saisir la justice, signalement qu'il ne vise pas la presse, mais ses propres services, ce qui fait dire ceci à Jean-Philippe Tanguy.
Ils
n'ont plus aucune autorité sur leur propre cabinet ministériel. Enfin, il y avait déjà eu des tests de drogue. Je ne
sais
pas si on se rend compte que le gouvernement de la République est tellement débordé par des choses inacceptables qu'ils font des tests anti-drogue dans leur cabinet ministériel. Et maintenant, ils portent plainte contre leurs propres collaborateurs dans le cabinet ministériel.
Est-ce
qu'il y a des fuites ? Mais vraiment, le macronisme jusqu'au bout, c'est le calice. On boit le calice jusqu'à la
lit.
Vous buvez le calice jusqu'à la lit, pour reprendre l'expression de Jean-Philippe Tanguy ?
Il en rajoute, comme d'habitude, les fuites sont chauds, on le connaît bien.
Non, c
'est la même chose à chaque mois de septembre, qui précède l'annonce du budget. Il y a des ballons d'essai, il y a des contrefeux qui sont allumés par les uns ou par les autres. On préannonce une mesure pour être certain que la réaction va être telle qu'elle va disparaître du budget. Donc, chaque année, à cette
période-là, vous avez...
Avec
une spécificité, c'est que là, on a un Premier ministre qui saisit la justice contre ses propres services, accusé d'avoir fait fuiter l'information. Donc, je veux bien qu
'il
y
ait
des ballons d'essai, vous avez raison, ça se passe régulièrement. Mais là, derrière, la réaction, elle est quand même étonnante.
C'est assez grave, quand même, parce que le sujet du budget concerne notre pays, la souveraineté de notre pays. Et la situation est telle aujourd'hui, vous savez, qu'on ne peut pas se permettre ces petits jeux des uns et des autres, qui font des annonces, des pré-annonces, des fausses annonces. Et donc, je comprends, moi, que le Premier ministre, qui n'a pas fait d
'arbitrage jusqu'à présent... Oui, mais le
Premier ministre n'a pas fait les arbitrages, et je pense que c'est... Vous
voyez,
un budget, ce n
'est
pas une somme d'annonces, c'est une cohérence, c'est un objectif de déficit, c'est un objectif de prélèvement obligatoire. Donc, je pense qu'il veut absolument garder cette cohérence et éviter ce petit jeu. Moi, je peux comprendre son agacement.
Que
vous inspire cet épisode, Thomas Ménager
? Je
n'ai envie de dire pas grand-chose, je pense que ça n'intéresse pas trop les Français. Je vais rejoindre, par contre, mon collègue. Nous, on attend une copie, on attend de savoir concrètement à quelle sauce les Français vont être mangées, quelle va être la direction, quel va être le câble, quel va être le déficit, dans quelle situation on trouvera la France en 2027. Nous, on aspire à gouverner en 2027, donc l'idée, c'est de ne pas avoir une situation qui se dégrade, d'avoir des réponses aussi à la situation sociale. Aujourd'hui, moi, je suis d'un territoire rural, quelle réponse sur les carburants ?
Quelle réponse après des annonces, notamment en matière de santé, avec des déremboursements de soins dentaires cet été, un peu en catimini ? Mais c'est vrai qu'à chaque fois, il y a ces tentatives de communication pour voir comment les gens réagissent, comment les oppositions réagissent. Ce n
'est
déjà pas très joyeux de faire ça,
parce que c'est un peu faire de la communication. Il est à loin, pardon, Jean-Philippe Tanguy,
quand on entend ses propos, dit voilà, Sébastien Lecornu ne tient pas ses troupes.
Là, quand on en arrive,
d'habitude, Sébastien Lecornu, il combat l'opposition, et il y
a
un débat avec l'opposition. Là, il n'arrive même pas à tenir ses propres troupes, donc soit des ministres qui n'arrivent pas à tenir leur langue et qui sont déjà peut-être dans la campagne présidentielle et qui balancent des informations qui, logiquement, doivent être tenues secretes jusqu'au moment où on nous donne la copie. Voilà, c'est vrai que ça surprend de voir un Premier ministre dans une telle situation de désorganisation, de manque de loyauté, de confiance dans ses propres équipes, qu'il en vient à porter plainte,
non
pas contre quelqu'un des camps opposés, mais contre son propre camp.
Surtout qu'il parle de fuite, mais le fait est que le ministre de l'Économie, Roland Lescure, c'était hier matin, a repris cette information en ne fermant pas la porte autour de la taxation de l'épargne salariale. Est-ce que c'est un faux pas du ministre de l'Économie
?
Non, parce que... Comment ça se passe ?
Traditionnellement,
les services, les ministères, Bercy proposent toute une série de mesures. À partir du printemps, ils proposent une sorte de menu, si vous voulez, et le Premier ministre arbitre au mois de septembre, avec les ministres, dans tout ce qui est proposé pour effectivement donner un cap et réduire le déficit de notre pays. Voilà comment ça fonctionne. Alors que cette mesure ait été dans la liste, si vous voulez, de toutes les mesures possibles, imaginées par tel ou tel fonctionnaire, peut-être,
et
c'est ce qu'a voulu dire le ministre Lescure, mais le Premier ministre, et je crois que c'est ça le plus important, a été extrêmement clair, nous ne voulons pas fiscaliser l'épargne salariale, ça n'est pas dans notre ADN, et nous sommes au contraire pour le partage de la valeur, et nous avons, depuis 2017, favorisé au contraire l'épargne salariale. J'ai bien compris aussi qu'il y aurait une mesure spécifique dans ce budget pour la favoriser, probablement pour pouvoir la débloquer plus facilement.
Pardon, mais c'est pas très clair, parce que vous dites, voilà, on lance des ballons d'essai, donc là,
il
y a cette fameuse piste sur l'épargne salariale qui apparaît en contradiction totale avec les fondamentaux du macronisme, où justement, on dit, il faut alléger le coût du travail, il faut arrêter de faire, comment dire, de faire subir le poids du financement de notre protection sociale aux actifs. Et puis là, donc il y a ce ballon d'essai qui va à
l
'encontre de ces fondamentaux
du macronisme. C'est une fuite d'un collaborateur
probablement indélicat.
Et vous dites que ça serait
potentiellement partie des pistes qui étaient sur la table.
Mais parce que, si vous voulez, le travail de Bercy, c'est de proposer très nombreuses choses, pas d'un point de vue politique, d'un point de vue technique, d'un point de vue rendement, donc ils expliquent telle mesure rapporterait tant, telle mesure, etc. Donc voilà comment ça se fait. Et après, vous avez l'arbitrage politique, et l'arbitrage politique est extrêmement clair. Sébastien Lecornu a été limpide sur le sujet.
Sébastien Lecornu a été limpide, Thomas
Ménager. Vous êtes rassuré sur l'épargne salarial ? Non, on
n'est pas encore rassuré. Vous serez. Mais on verra au moment de la copie. C'est-à
-dire,
à chaque fois, c'est l'heure de vérité. Donc je veux dire, j'espère clairement, parce qu'au moment où on dit que les Français ne s
'en
sortent plus, notamment ceux qui bossent, ceux qui travaillent, ceux qui doivent prendre leur voiture, faire garder leurs enfants, aujourd'hui avec des salaires qui n'ont pas ou peu augmenté par rapport à l'augmentation, à l'inflation de l'énergie, de l'alimentation, se dire qu
'on
va encore une fois taper sur la France qui travaille, la France qui se lève tôt, nous,
ça
sera dans tous les cas une opposition très frontale de la part du Rassemblement national. Après, c'est vrai que c'est inquiétant. On sait qu'à chaque fois, Bercy, et c
'est
le boulot des fonctionnaires, ils sortent un peu ce que parfois on appelle le musée des horreurs,
c
'est-à-dire tout ce qui va rapporter énormément pour réduire les déficits. Mais j'espère qu'il y a encore un cap politique, qui
a
encore une vision, et qui sera, je l'espère, à l'opposé des visions précédentes, et qui ne vont pas juste simplement parce qu'il y
a
une désorganisation et peut-être une pré-campagne présidentielle. Parce qu'on nous avait promis aussi des ministres qui ne feraient pas campagne, on voit que ça commence. C'est-à
-dire
qu'on nous avait promis un gouvernement au travail, on voit que chaque matin,
il
y a un ministre qui est sur un plateau de télévision et qui va faire un coup campagne pour Gabriel Attal, un coup campagne pour Édouard Philippe. Ce qu'on attend, c'est que les ministres soient au boulot. Nous, on sera au boulot en tant qu'opposition. Il y aura l'annonce par Marine Le Pen d'une trajectoire de 125 milliards pour réduire le déficit. On fera un contre-budget comme chaque année, notamment par l'intermédiaire aussi de Jean-Philippe Tanguy, qui est notre chef de file sur ces questions. Mais c'est vrai que
c
'est un sujet sérieux et qu'il faut apporter des réponses très sérieuses en matière d'économie structurelle pour réduire le déficit, mais aussi en matière de réponse à la souffrance de notre pays et notamment de la France qui travaille.
Et parmi les sujets potentiellement explosifs qui sont sur la table, il y
a
le budget, le budget, les retraites, pardon. Le ministre de l'Économie, Roland Lascure, n'exclut pas de demander aux retraités de mettre la main à la poche, ce qui pourrait passer par une désintaxation des pensions au-delà d'un certain seuil. Donc on rappelle que chaque année, les pensions de retraite sont revalorisées en fonction de l'inflation. Voilà ce que dit Roland Lascure. Est-ce qu'il y a des raisons pour que tout le monde fasse des efforts, sauf les retraités, qui pour certains d'entre eux sont dans une situation de revenus relativement favorable ? La réponse est évidemment non. Thomas Ménagé, les retraités doivent-ils participer à l'effort collectif ?
En politique, il
y a
des questions de principe et des questions de symbole. C'est-à
-dire
que si un jour dans notre pays, on a vraiment
tout
nettoyé, on a fait tous les efforts possibles sur le train de vie de l'État, on a demandé des efforts à ceux qui ne travaillent pas ou qui arrivent en France, notamment les étrangers qui n'ont jamais cotisé, je prends le cas des retraites. On attendait
5 minutes
? Oui, mais le minimum vieillesse, il est versé,
du
fait d'un accord, aux Algériens sans condition de résidence. Tous les ans, on en parle, il y a des retraités algériens qui ont plus de 100 ans, des centenaires, de multiples centenaires. Quand vous aurez fait des économies partout, sur le train de vie de l'État, sur la fraude fiscale et sociale, sur les agences, sur la question du budget de
l
'Union européenne qui n'a fait que croître, vous pourrez peut-être vous dire, si on n'arrive pas à faire autre chose, on va demander un effort aux Français qui ont travaillé toute leur vie, aux retraités. Aujourd'hui, c'est inentendable. C'est-à
-dire
qu'on ne peut pas demander des efforts à la France qui travaille ou la France qui a travaillé toute sa vie, quand l'État, lui-même, n'a pas fait un effort sur d'autres économies.
Jean-René Kuznab ?
L'État a fait beaucoup d'efforts, et heureusement, il continuera à le faire, et il continuera à montrer l'exemple dans le budget 2027. Je
vous coupe juste pour poser une question, parce que
ça serait intéressant. Ce n
'est
pas vous, journaliste, mais bon,
je vous écoute. J
'aimerais savoir, vous avez été rapporteur général du budget pendant deux ans. Oui. Quelle économie structurelle importante vous avez, vous, trouvée en tant que rapporteur général, quand vous étiez au Manette ? Parce que moi, je réfléchissais, je regardais avant d
'arriver, je n'en ai pas trouvé.
Sur l'assurance chômage, la réduction de
l
'assurance chômage, que vous n'avez pas voté.
Ah oui, donc c'est-à-dire sur des gens qui ont travaillé
et qui ne trouvent pas d'emploi. Oui,
oui,
vous
avez
expliqué qu'il ne fallait pas toucher aux gens qui travaillaient. Et vous avez raison, et il faut
aider. C'est les gens qui travaillent, ceux qui ont chômage. Maintenant, vous
expliquez qu'il ne
faut
pas toucher à ceux qui ne travaillent pas, qui sont les retraits. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Moi, je crois que les choses sont beaucoup plus simples que ça. Hélas, c'est beaucoup
plus
dramatique que ça. Notre pays, aujourd'hui, a une dette
que
le sale. Et le taux d'emprunt sont aujourd'hui à 4,25%. Et nous empruntons à peu près 30 milliards chaque mois. Donc chacun peut calculer ce que ça nous coûte aujourd'hui. Donc nous avons l'impérieuse nécessité de réduire notre déficit.
Quand
on dit qu'il faut réduire notre déficit,
la
réduction est d'une telle ampleur, le maire parle de 100 milliards d'ici 2029, Gabriel Attal parle de 125 milliards d'ici 2030. Il faut faire ces économies. Eh bien, nous sommes obligés...
De
passer par les retraités ? De passer par l'ensemble des leviers. Donc l'État doit faire les économies. Vous avez raison. Et l'État doit continuer à faire les économies. Les
collectivités
territoriales doivent faire des économies. Et la sécurité sociale doit faire les économies. Et donc, oui, ce n
'est
pas une bonne nouvelle. C'est facile d'être dans l'opposition. C'est facile d'être démagogique, d'être contre toutes les réductions de dépenses. Alors que vous ne proposez chaque année qu'au contraire, des dépenses supplémentaires. 36 milliards
d'économies dans le compte de budget de 2026. C'est que le budget. Oui,
il faut jouer sur l'ensemble des leviers aujourd'hui au regard de notre déficit.
Et quand on regarde le poste budgétaire des retraites, ça représente un quart de la dépense publique. Est-ce qu'on peut demander uniquement à ceux qui travaillent de payer les effets, finalement, du vieillissement de la population ? Si je paraphrase ce qu'a dit Sébastien Lecornu.
Sur le principe, le constat, il est scientifique. Donc on ne
peut
pas dire l'inverse. Aujourd'hui, il y a quand même un point qu'il faut avoir en tête, c'est qu'on est le pire pays en termes de prélèvement en matière de cotisation retraite. 28%, quand on est à
18%.
Mais pardonnez-moi, mais on a les retraités parmi les mieux lotis d'Europe.
C
'est ce que dire
l'enlève-fure. Mais ça va coûter encore plus si on passe à la retraite à 62 ans ou à 60 ans.
Avec, pardonnez-moi, des retraites qui sont moyennes plus élevées que les rémunérations,
si j'en crois ce qu'a dit le ministre de l'Économie. C'est qui est homologie. Si
chaque mois, vous cotisez 28% en France
sur
votre salaire,
c
'est-à
-dire
que chaque mois, on vous prend 28% pour financer les retraites. Dans les autres pays qui ont des retraites souvent un peu plus faibles et qui demandent un peu plus d'années, c'est 18%. Il y a 10 points d'écart. Donc c'est logique que quand vous cotisez plus longtemps toute votre vie,
vous avez à la fois une retraite meilleure. Les Français vont cotiser encore plus si vous passez la retraite à
60 ans.
Les Français vont cotiser encore plus. On ne propose pas ça, M.
Gazzard. On propose la retraite à 62 ans. Donc à l'exception
de ce qu'on a des carrières longues qui ont
commencé
avant 20 ans. Mais de toute façon, vous réduisiez le temps de travail,
donc vous allez
augmenter
le point
des prélèvements sur ceux qui travaillent. Globalement,
nous, ce qu
'on
propose, c'est de faire en sorte de jouer sur deux leviers. Un, de faire en sorte que les jeunes rentrent plus tôt sur le marché du travail. On rentre en moyenne à 27 ans, le premier emploi stable en France, quand c'est 23 ans en Allemagne. Je vous donne un bon point. Vous aviez commencé à travailler, et là, on voit qu'on revient en arrière, sur l'apprentissage, sur l'alternance, pour rentrer beaucoup plus tôt sur le marché du travail. Premier point.
Deuxième point, on veut faire aussi en sorte d'accompagner les entreprises pour garder plus longtemps, pour ceux qui le souhaitent, des seniors, ce qu'on appelle des seniors, même si maintenant, à 55-60 ans, on n'est plus un senior, mais on va les appeler comme ça, pour éviter, en final, ce qu'on constate aussi dans nos permanences, c'est qu'à partir de 55 ans, trouver un emploi, c'est très compliqué. Et on le sait, il y a aussi ce qu'on appelle un effet d'éviction, c'est-à
-dire
qu'on a reporté de plus en plus l
'âge
de départ à la retraite, mais au final,
il
n
'y a
pas plus de monde qui travaille.
Il y en a un peu plus, mais pas autant qui travaillent, parce qu'il y a des personnes qui sont au
RSA ou au chômage.
Pourquoi vous ne voulez pas entendre parler de désindexation des pensions de retraite en parlant des grosses retraites ? Non, alors attendez, parce que j'aimerais juste qu'on écoute un petit peu ce qu'en pensent aussi les économistes. Philippe Ayon, qui est prénomène d'économie, dit, il estime, lui, qu'une désindexation des pensions de retraite les plus élevées est un moyen très rapide et puissant pour freiner la dépense. Alors, il préconise une approche modulée, on va y revenir sur ce fameux seuil, mais est
-ce
que ce n
'est
quand même pas entendable de se dire, à partir d'un certain niveau de pension, les retraités qui ont des pensions les plus élevées peuvent participer davantage à l'effort ? Je
ne peux pas être en désaccord avec le prix Nobel, il a raison sur le principe. Bien sûr, si on
désindexe les plus grosses retraites...
Donc, vous n'êtes pas opposé
à une désindexation des pensions de retraite les plus élevées. Quand on dit que
techniquement,
c'est ce qui
permettrait de réduire le déficit, bien sûr. Mais, je vous l'ai dit, il y a des principes et des symboles. Dans 10-15 ans, si
toutes les mesures que nous avons pensées n'arrivent pas à terme, bien entendu, on pourra se poser
cette question. Mais
aujourd'hui, ce n'est pas possible de l'entendre.
Je me projette sur le budget, actuellement.
Vous dites que je
ne
peux
pas être en désaccord avec le prix Nobel d'économie ?
Non,
mais
je vous dis, attendez, je ne vous ai pas dit ça, je vous ai dit que j'étais en désaccord sur le fait de l'utilisation, mais matériellement, bien sûr, de diminuer les retraites,
ça
va faire rentrer très rapidement et facilement de l'argent dans les caisses de l'État. Par contre, il
y a
des choses qui sont beaucoup plus difficiles. On regarde le rapport du corps. Le rapport du corps, du Conseil d'orientation des retraites, il dit une chose simple. Si on avait le taux d'emploi des Pays-Bas,
le
taux d'emploi des Pays-Bas, ce
n'est
pas non plus 100% de personnes qui travaillent, on aurait chaque année, c'est le corps qui le dit, 140 milliards de recettes fiscales et sociales supplémentaires. Il y a 5,5
millions
de chômeurs en France. Plutôt que d'aller faire travailler plus longtemps ceux qui travaillent déjà, qui ne s'en sortent pas, qui ont déjà trimé toute leur vie, je pense qu'il y
a
un travail à faire en priorité pour recréer de l'emploi, pour remettre en emploi ceux qui ne travaillent pas, soit par choix, mais ça c'est résiduel, c
'est
des personnes qui frosent et qui abusent du système, mais aussi ceux
qui ne trouvent pas. Vous voulez
contraindre les entreprises à employer des seniors ?
Non, il faut recréer de
l
'emploi dans notre pays. Le vrai problème, c'est qu'il y
a
5
millions de chômeurs. Oui d'accord, mais il y a plein d'entreprises qui ne font pas de seniors.
Vous le dites vous-même, il y
a
un taux de chômage considérable chez les seniors. Oui,
mais
il
faut aussi
les accompagner en termes de cotisation pour qu'ils soient incités, et on aura des mesures qui seront dévoilées.
On ne vous a pas
attendu, vous
en pensez des portes ouvertes.
On a créé, depuis 2017 et 2022,
on
a créé 2 millions et demi d'emplois. Bien évidemment, on a réduit significativement le chômage. Et là,
depuis 2022, pour
un certain nombre de crises extérieures qui sont indépendantes de notre volonté, pour le fait que vous ne votez pas les budgets, donc vous participez
au blocage du fonctionnement de l'Assemblée nationale,
3, vous ne
pouvez
pas dire ça. C'est
une
manière de le voter, vous ne le savez rien, et vous ne le votez pas non plus en commission. Donc ne jouez pas sur les mots, vous êtes systématiquement contre votre job pendant les périodes budgétaires, c'est de proposer des dépenses supplémentaires et d'être contre toutes les économies. C'est la définition d'un démago, évidemment,
clairement, et ça ne nous donne pas une image. Tous les ans, on fait un contre-budget, on est le seul parti politique à faire un
contre-budget. Et je vous
dis, l'année dernière, il y avait 50 milliards d'économies, 36
milliards
d
'économies nettes.
Vous faites fausses économies sur les immigrés, sur l'Europe, c'est toujours les mêmes banalités
que vous sortez.
Et quand il y
a
des titres de séjour pour soins, c'est-à
-dire
des Américains, des Suisses qui viennent en France se faire soigner, vous savez que ça existe, le gouvernement, le
gouvernement... Les étrangers qui viennent en France, on ne touche
pas.
Ils ont
payé,
bien
évidemment, mais bien
sûr que oui. Écoutez, l'augmentation, si on ne fait rien, l'augmentation
du
coût des retraites, c'est 12 milliards les projets. 12 milliards.
Pourquoi
? Parce qu'à peu près la moitié, c'est de l'indexation, puis l'autre moitié, bonne nouvelle pour tout le monde, nous, ils vont plus longtemps, et donc il y
a
de plus en plus de retraités. Donc si vous ne voulez pas regarder cette réalité en face, que vous voulez raconter aux Français qu'ils vont travailler moins longtemps, on va revenir à une retraite à 62 ans, voire 60 ans pour un certain nombre d'entre eux, j'imagine très nombreux en fonction de vos critères, nous allons au contraire augmenter ce déficit. Nous, nous sommes un parti responsable, et
donc nous
sommes là aujourd'hui pour dire aux Français que chacun devra contribuer, il faut probablement des seuils.
Voilà, alors justement, j'en viens,
soyons pragmatiques, le seuil, où il se situe ?
Je
ne
sais pas. Parce qu'on a entendu
2 000 euros,
on
a entendu 3 000 euros, à partir de quand vous considérez qu'un retraité est aisé ?
Non, mais ce n
'est
pas un problème de retraité aisé. Un retraité, qu
'on
soit clair, un retraité qui gagne aujourd'hui 3 000 euros, 4 000 euros, 5 000 euros, il ne les a pas volés. Non, non, mais ce
n'est pas la question. Non, mais il ne les a pas volés. C'est à partir de quel moment vous considérez qu'un retraité peut contribuer davantage ? Pour cette
retraite. On dit simplement, aujourd'hui,
c
'est qu'une fois plus,
c'est
un peu la hiérarchie des contraintes que nous avons. Soit on veut réduire le déficit, oui ou non, est-ce que nous sommes responsables ? Est-ce que c'est un pays qui va sortir ? Est-ce qu'on va arrêter de faire l'autruche et regarder la réalité en face ? Et si on veut faire ça, vous l'avez dit, les retraites, c'est un quart des dépenses, donc il faut freiner tout simplement
l'augmentation de ces dépenses. Mais le seuil, vous le placez où le
seuil ? Il y aura un seuil, il y
aura
peut-être deux seuils,
on peut imaginer qui est deux seuils. Je ne sais pas,
ce sera une discussion budgétaire, et moi je participerai à cette discussion budgétaire. Et il y aura donc un équilibre entre la responsabilité et évidemment ne pas pénaliser
nos concitoyens. Parce que comme je le
disais, on a entendu ces derniers mois des seuils qui ont été, on a entendu 2000, on a entendu 3000 euros. Sachant qu'il
y a
90% des retraités en France qui touchent moins de 3000 euros bruts par mois. Donc si on épargne les retraités qui sont les moins bien lotis, l'économie attendue ne serait plus que de quelques centaines de millions d'euros. C'est ce que dit Bertrand Martineau, l'économiste qui est rattaché à l'Institut Montaigne. Donc c'est une piste explosive avec un rendement finalement assez incertain. en
fonction de là où vous placez le seuil. Évidemment, et la raison. Non mais c'est pour ça qu'on ne peut pas sortir du budget telle ou telle mesure. Le budget, ça n'est pas une liste à l'après-mère de mesures. Le budget, c'est une cohérence. C'est pour ça qu'on revient sur votre sujet liminaire.
C
'est-à-dire que le Premier ministre veut une cohérence sur le budget. Il va annoncer une cible en matière de déficit qui sera, j'espère, en dessous de 5%. Il faut absolument qu
'on
passe ce cap des 5%. Il a dit qu
'il
ne voulait pas augmenter les prélèvements obligatoires, c'est-à-dire ne pas augmenter les impôts de nos concitoyens. Et pour atteindre cette cible, il y aura un certain nombre de mesures. Et chacun doit comprendre que nous devons effectivement participer, que chacun doit participer en fonction de ses possibles.
Merci à vous.
Thomas Ménagé