Nicolas Dupont-Aignan invité de Ruth Elkrief
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:27OuverteRéponse directe
D'abord le climat général, ce climat depuis l'incendie, bien sûr, l'émotion, la France est sous le choc
- 0:42OuverteRéponse directe
Et étrangement, celui qui semble avoir un peu fissuré ou en tout cas a introduit un élément un peu perturbateur, c'est vous Nicolas Dupont-Aignan
- 1:01RelanceRéponse directe
Alors est-ce que c'est un accident, est-ce que c'est un attentat ?
- 2:34RelanceRéponse partielle
Vous laissez de nouveau entendre qu'il y a eu une forme de... qu'on a caché des choses aux Français ?
- 3:56RelanceRéponse partielle
Vous êtes un des seuls qui...
- 4:54FerméeRéponse directe
Donc là c'est clair, vous voulez refaire Notre-Dame à l'identique
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01Invité politiqueFait
« Beaucoup de gens dans la rue m'ont dit ce matin, dites bien à la télé qu'on veut savoir pourquoi c'est arrivé, est-ce que c'est un accident, est-ce que c'est un attentat ? »
- 2:10Invité politiqueFait
« on n'a pas le droit, au moment où il y a eu plus de 1000 actes anti-chrétiens dans l'année 2018, on n'a pas le droit quand même de dire on veut savoir ce qui s'est passé »
- 4:29Invité politiqueFait
« Parce qu'il y a des milliers de monuments historiques en France qui sont dans un état déplorable »
- 8:22Invité politiqueChiffre
« les crédits du patrimoine, c'est 10% du budget du ministère de la Culture »
- 8:27Invité politiquePromesse
« Je veux qu'on passe à 20% »
- 10:21Invité politiqueFait
« Pourquoi le limiter aux petites retraites ? »
- 11:15Invité politiqueChiffre
« J'ai fait des propositions sur une quinzaine de produits pour 2 milliards »
- 11:36Invité politiqueChiffre
« On a proposé 32 milliards d'économies »
- 16:41Invité politiqueFait
« cette Union européenne, qui pour moi a défiguré la belle idée européenne de départ, ne sait pas se réformer et a abouti au départ des Britanniques »
- 17:44Invité politiqueFait
« On dit toujours que je suis anti-européen »
- 17:47Invité politiqueFait
« Je suis pour l'Europe gaullienne. C'est-à-dire des nations libres, qui sont démocratiques, qui gèrent leurs affaires »
- 19:31Invité politiqueChiffre
« il y a eu des dizaines de milliers de normes qui embêtent »
- 22:55Invité politiquePromesse
« Il faut dire très clairement à nos partenaires, soit on se met autour de la table et on améliore l'Europe pour qu'elle serve les citoyens »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan63 %
- Présentateur19 %
- ?10 %
- Invité5 %
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Bonsoir
Nicolas Dupont-Aignan, merci d'être notre invité.
Bonsoir,
vous êtes
le député de l'Essonne, président de Debout la France, tête de liste aux élections européennes. Votre liste s'appelle Les amoureux de la France et vous avez publié Résistance, comment finir avec ce système et rendre le pouvoir aux Français, aux éditions du Rocher. Vous êtes le quatrième invité de notre dispositif consacré aux européennes, qui nous mènera au 23 mai prochain d'abord, puisque nous aurons un débat avec tous les principales têtes de liste sur l'antenne de BFM TV et les élections évidemment le 26 mai.
D'abord le climat général, ce climat depuis l'incendie, bien sûr, l'émotion, la France est sous le choc, il y a eu une forme de cohésion du pays, des campagnes suspendues et l'Union nationale des responsables politiques. Et étrangement, celui qui semble avoir un peu fissuré ou en tout cas a introduit un élément un peu perturbateur, c'est vous Nicolas Dupont-Aignan. Je voudrais qu'on écoute ce que vous avez dit le premier jour et les réactions qui en découlent.
Beaucoup de gens dans la rue m'ont dit ce matin, dites bien à la télé qu'on veut savoir pourquoi c'est arrivé, est-ce que c'est un accident, est-ce que c'est un attentat ?
Voilà, alors est-ce que c
'est
un accident, est-ce que c
'est
un attentat ? Il y a eu beaucoup de réactions
assez
négatives là-dessus.
Écoutez, on vit dans un pays de fous.
Qu
'est-ce que j'ai dit de mal ? J'étais le premier à suspendre ma campagne.
J
'ai passé beaucoup de temps le matin parce que j'ai voulu aller voir et saluer les pompiers. J'ai rencontré le général
pour
d'abord les remercier parce que grâce à eux, les tours sont encore debout. Bien sûr. Et ça s'est joué à pas beaucoup. Et beaucoup de gens dans la rue m'ont parlé, m'ont dit, vous qui pouvez parler, dites bien on veut savoir. Et j'ai simplement le matin posé une question
et
c'est le... Mais où on vit ? Est-ce qu'on n'a pas le droit de savoir quand même ? Au XXIe siècle, dans une démocratie, cette cathédrale... Est-ce
que
vous
croyez... Est
-ce
que
vous croyez... Juste, Routel Kriath, c'est toute notre histoire. Bien sûr. C'est le trésor des Français. D'abord, il y
a
eu un rassemblement extraordinaire. Et elle a surmonté les révolutions, les guerres.
Et
au XXIe siècle, dans la VIe puissance mondiale, elle flambe. On n'a pas le droit, au moment où il y a eu plus de 1000 actes anti-chrétiens dans l'année 2018, on n'a pas le droit quand même de dire on veut savoir ce qui s'est passé. C'est peut-être un accident, c'est peut-être une malveillance, c'est peut-être un attentat. Personne ne peut le dire. Et je n
'ai
pas le droit de dire ça, mais on vit où ? Mais à quoi on sert ?
Je voudrais qu'on écoute la réaction de François Bayrou et celle de François-Xavier Bellamy qui conduit la liste Les Républicains.
Je
crois que nous n'avons pas le droit, dans un moment comme celui-ci, de spéculer sur des choses que nous ne savons pas. Laissons la police faire son travail, laissons la justice mener son enquête. C 'est des gens qui rêveraient
que
ce soit un attentat,
parce
qu'ils pourraient l'affecter à quelqu'un, ils pourraient mettre en accusation une partie de la société française. Rien n'est plus nécessaire que de recréer l'optimisme national, la volonté nationale, le projet national d'un peuple qui croit en lui-même et qui évacue les miasmes de tous ceux qui rêveraient de sa dissolution.
Mais je ne comprends rien.
Je
ne vois pas en quoi le fait de poser une question pose problème. Je n'ai jamais suggéré qu'il y avait ceci ou cela. Comme tous les Français, j'ai été très surpris
de
cette précipitation du procureur de la République à dire « c'est un accident, c'est un accident » et dans la même phrase, dix secondes après, à dire « l'enquête sera longue et difficile ». Je demande juste qu'on sache pourquoi. Parce que justement, à la différence de François Bayrou, je crois que la cohésion du pays, elle repose sur notre capacité à regarder en face ce qui se passe.
Mais
attendez, vous
entendez ce
que vous dites là ce soir ? Même, vous laissez de nouveau entendre qu'il y a eu une forme de... qu'on a caché des choses
aux Français ? Non, je n'ai pas dit qu'on avait caché. Je ne
comprends pas. Si. Je ne comprends pas, mais comme le premier jour, comment on peut dire « il y
a
une enquête qui va être longue et difficile
» ? Mais c'est normal, il y a un incendie dans
une cathédrale.
Mais je suis le premier à le dire.
Et
donc je suis d'accord. Une enquête longue et difficile, et les Français ont le droit de savoir. Et je vais vous dire pourquoi je l'ai dit aussi. Parce qu'il y a des milliers de monuments historiques en France qui sont dans un état déplorable.
Et
si c'est un accident, il faut absolument qu'on sache comment, pourquoi, pour mettre en place les mesures de protection
qui
n'ont pas été prises si c'est un accident. Et si c'est un acte malveillant, je veux qu
'on
le sache.
On
ne construit pas un pays solide sur le déni de réalité, sur la politique de l'autruche. C'est
tout ce que je dis.
Je n'ai fait que poser une question et on me cloue au mur. Parce qu'on est dans un pays où
on n'a plus le droit de poser une question.
Comment ça se fait que vous soyez le seul parmi les... Tout le monde fait de la politique et fait une
tête de
liste aux européennes. Mais
ça n'a rien à voir. On est là
à travailler.
Mais
attendez, attendez, attendez.
Vous êtes un des seuls qui...
J'ai été router
le crièvre. Mais c'est triste que je sois le seul à poser cette question. Mais non, mais non. Mais non, mais c'est triste. Vous mettez une forme
de soupçon
qui marque cet événement ? Non, mais pas du tout. Non ? Mais
on veut
faire ça. Il
n
'y
a pas une forme de cynisme du coup de votre
part ? Pas du
tout. Alors au contraire. Écoutez, j'ai rencontré un tailleur de pierre. Vous savez, j'ai été le soir même sur les ponts de Notre-Dame. Il y avait des prières.
C
'était
un
mouvement d'une émotion incroyable. Et puis le lendemain matin, j'y suis retourné à 8h30. Il n'y avait pas de journaliste. J'ai discuté pendant des heures avec des Françaises et des Français de tous horizons. J'ai été émerveillé, émerveillé de cette cohésion nationale. Mais la cohésion nationale n'interdit en rien des questions. Et le tailleur de pierre, vous savez ce que m
'a
dit le tailleur de pierre ? Il a commencé à travailler à 14 ans dans cette cathédrale. Il a travaillé 51 ans dans cette cathédrale. Et il m'a dit, monsieur,
je
veux savoir ce qui s'est passé parce que nous qui travaillons dans cette cathédrale,
il
y a quelque chose qu'on ne comprend pas. Et il faut qu'on sache. Voilà, c'est tout. J'ai posé cette question sous le coup de l'émotion. Parce que des gens m'ont dit, on veut savoir. Et ça pose un problème et on me cloue au mur. Mais on vit où ? On est dans quel pays ? C'est n'importe quoi. Excusez-moi,
vous,
j
'ai
pas dit il y
a
un attentat, machin, pas du tout. J'ai posé une question. Je vais vous dire ce qui se passe. C'est qu'on est dans un pays d'irresponsables.
Les
crédits du patrimoine ont chuté. Nos églises sont à l'abandon. Il y a des actes anti-chrétiens tous les jours. Il faut surtout rien dire. Eh bien, je dis que dans notre pays, le rôle d'un homme politique, c'est de savoir la vérité. Et
on serait aux Etats-Unis. On serait en Angleterre.
Cette question-là,
elle aurait été normale. Le gouvernement doit nous donner des explications. Il y a
50
enquêteurs. Et ça prendra
qu'un jour, un mois,
six mois. Non,
non,
attendez, il y a 50 enquêteurs sur
une enquête. C'est
indispensable.
Mais je m
'en
réjouis. Donc ça veut dire que vous
ne
faites pas confiance.
Attendez,
laissez-moi
parler.
Oui.
Est-ce que ça veut dire que vous ne faites pas confiance aux enquêteurs ? Mais si. Parce qu'il
n'y a pas de
faiblesse dans l'enquête. Je
l'espère.
Il n
'y
a pas de question. Mais alors pourquoi,
excusez-moi. Pourquoi vous semez
le doute,
c'est ça ? Mais je ne
sème pas le doute. Mais pourquoi, alors expliquez-moi, pourquoi le seul fait que je pose une question, que se sont posés des millions de Français devant cet incendie, suscite une telle polémique ? Expliquez-moi. Je ne
comprends pas. Parce que des hypothèses ont été données, parce qu'il n
'y
a eu
une enquête. Parce qu'il n'y a pas d
'enquête encore ? Et alors en quoi des hypothèses sont données ? Personne n'en sait rien.
On
a beaucoup dit que dans des chantiers,
il
y avait eu des accidents, des incendies. Et donc
c'est une
hypothèse qui est privilégiée
aujourd'hui par les policiers.
Ils ont bien tort de privilégier une hypothèse.
Donc vous pensez ? Pour moi, il n
'y a aucune hypothèse à privilégier. Aucune. Il y a une enquête.
Et
j'ai lu avec attention le jour même, le lendemain matin, l'interview de l'architecte des bâtiments de France, qui disait qu
'il
y a toutes les hypothèses. Enfin, il n
'y
a rien d'extraordinaire. Je suis même surpris qu'on passe beaucoup de temps là-dessus, car c'est la question que se posent tous les Français après ce drame.
Et
je souhaite que le gouvernement, deux choses, moi, qu'on passe maintenant aux choses sérieuses, si je puis dire. Première chose, qu'on mette en protection nos monuments historiques,
parce
qu'il y
a
un état
vraiment
de délabrement, et je pense qu'il faut augmenter les crédits du patrimoine, parce que les crédits du patrimoine, c'est 10% du budget du ministère de la Culture. Je veux qu'on passe à 20%. Et le deuxième point, alors là, je vous supplie, et j'ai lancé une pétition sur Internet qui a un grand succès, je veux
qu
'on reconstruise à l'identique la cathédrale. On a lancé cette pétition, parce que le président de la République a eu des beaux mots en disant que c'est un trésor. Et j'estime
que
ce serait de la mégalomanie
ou
de l'indécence
que
de ne pas respecter ce trésor. Il ne
faut
pas la mutiler une deuxième fois, il faut la reconstruire à l'identique. Et si nous sommes des millions de Français à le dire, on évitera le concours d'architectes internationaux, on évitera des flèches délirantes, on a des travailleurs, des métiers d'art en
France. On a une richesse,
j'ai restauré
dans
ma vie la propriété Caillebotte, on a une richesse de métiers d'art, on a des compagnons du devoir. Je supplie le président de
la
République et le gouvernement de ne pas sombrer dans la mégalomanie, de vouloir ajouter un geste architectural comme ça a été évoqué. J'espère qu'il reviendra au bon sens, parce que s'il veut un geste architectural, il
y
a quantité de bâtiments à construire en France. Que l'on nous garde Notre-Dame.
Alors on continue. Donc là c'est clair, vous voulez refaire Notre-Dame à l'identique.
À l
'identique. Ça c'est bien clair. Emmanuel Macron devait faire des annonces, finalement il n
'a
pas pu les
faire. C'est normal,
il a eu raison de repousser.
Voilà. Il a pris la parole ensuite à la télévision pour évoquer son émotion. En même temps, ces annonces, on en a eu quelques éléments qui sont vérifiés. Vous en avez eu connaissance, bien sûr. Le référendum initiatif citoyen local, la pérennisation de la prime de fin d'année, la baisse des impôts sur le revenu, le rabotage des niches fiscales, la réindexation sur l'inflation des petites retraites, la suppression de l'ENA, aucune fermeture d'hôpitaux ou d'écoles d'ici la fin du quinquennat. Qu
'est
-ce que vous en avez pensé ?
Écoutez, moi j'attends les vraies mesures. Là, ce sont des premières mesures qui vont pour certaines dans le bon sens, mais qui sont très loin de l'attente des Français. Je parle par exemple de la réindexation des pensions de retraite. Pourquoi le limiter aux petites retraites ? Il y
a
un contrat moral
entre
chaque personne qui travaille aujourd'hui en France, qui sait qu'ils cotisent, même si c'est pour les retraités d'avant. Le principe de base, c'est la solidarité des générations. Le contrat moral, c'est quand vous travaillez, vous devez compter sur une retraite. Ne pas indexer les retraites au-dessus de 2 000 euros,
c
'est très bien de réindexer. Je l'ai réclamé pendant des mois.
Oui, donc
la réponse est donnée. Donc je dis bravo sur ça. Mais
toutes les retraites, les prestations familiales, ce n
'est
pas un cadeau.
C
'est un droit. Les retraites doivent être indexées sur l'inflation. Donc je regrette qu'il n'aille pas au bout, mais je suis sûr qu'il va évoluer parce que ce n'est pas possible. Et j'attends ces déclarations. De même, j'aimerais qu'il annule la privatisation d'aéroports de Paris
parce
que c'est un bien public. On n'a pas le droit de brader les biens publics. Et puis troisièmement, je reviens là-dessus. Je suis absolument convaincu qu'il faut une TVA à taux zéro pour des produits de première nécessité. On l'a chiffré à Debout la France. J'ai fait des propositions sur une quinzaine de produits pour 2 milliards, notamment les couches pour bébés, notamment les appareils pour les handicapés. Ce serait vraiment une mesure de justice. Mais attention, ce qui manque dans son programme, et j'espère qu
'il
va en parler, ce sont les économies pour financer cela. Bien sûr. Car à Debout la France, nous sommes très rigoureux. On peut nous reprocher des choses, mais on est rigoureux. Et on a proposé 32 milliards d'économies.
Et
on va parler de l'Europe. Moi, j'en ai assez de payé pour l'adhésion de la Turquie. Et donc, je voudrais que l'argent que l'on donne en trop à l'Union européenne, pour une partie, revienne à nos retraités, revienne aux handicapés, revienne aux plus modestes.
Voilà. Alors, pour faire le lien quand même avec ce qui peut se passer samedi, est-ce que vous appelez les gilets jaunes à respecter la ville de Paris martyrisée ? Est-ce que vous ne vous inquiétez pas des violences qui
peuvent survenir ? Oui, alors je vais être très clair.
Dieu sait si j'ai soutenu les gilets jaunes. Et d'ailleurs,
Benjamin Cochis
nous a rejoint un gilet jaune très modéré, très responsable, qui dit d'ailleurs une chose juste. Il dit qu'on est à un mois des élections.
Et
je le dis aux gilets jaunes, sincère.
Si
vous voulez faire changer le gouvernement et la politique du président, mais allez voter, mobilisez-vous. Votez pour moi, votez pour un autre si vous le voulez. Mais imaginez qu
'il
y ait 90% de participation. La liste d'Emmanuel Macron-Madame Loiseau, elle serait à 10%. Eh bien là, je peux vous dire qu'il y
aura
un changement de politique bien plus rapide
qu
'avec des manifestations violentes. Donc, je supplie
les gilets jaunes pour Paris. Ce samedi, qu'est-ce que vous dites, ce
samedi ? Qui manifeste sur les ronds-points paisiblement, comme je l'ai toujours dit, ça ne me gêne pas du tout et c'est normal. Mais Paris, qui a été vraiment abîmé, traumatisé par cet incendie, n'a pas besoin de manifestation. Car, vous le savez, des anarchistes et des violents vont s'immiscer dedans et nos forces de l'ordre n'en peuvent plus. Donc, moi, je suis un homme responsable. Je dis, gilets jaunes, je comprends votre colère vis-à-vis de la souffrance
sociale. Mais épargnez Paris cette semaine. Mais épargnez Paris ce week-end pascal.
C'est un moment de rassemblement ce week-end pascal.
J'ai juste une question. Pour tous les
chrétiens du moins.
Avant qu'on passe aux européennes et qu
'on
se retrouve après la pause publicitaire, vous êtes à la tête de la liste des amoureux de la France. On se demande quand même,
quelle
différence y a-t-il avec les républicains et le rassemblement national ? Parce que vous voulez, vous, vous affichez dans votre programme l'assurer la sécurité des nations d'Europe, stopper la submersion migratoire. Dans le programme de François-Xavier Bellamy, il
y
a les deux premiers chapitres sur cinq qui sont liés à l'identité et à l'immigration. Dans le programme du rassemblement national, il n
'y
a plus de sortie de l'Europe, plus de sortie de l'euro,
mais la
volonté de protéger les frontières.
C'est très intéressant. Mais pourquoi
? Pourquoi vous faites une
liste à
part
?
Eh bien, je vais vous dire, pour les républicains,
ils
ont toujours voté l'inverse au Parlement européen.
Et,
par exemple, le traité de Marrakech
sur
l'immigration, ils l'ont tous voté sauf Mme Morano. Tous votés. Non,
non,
mais
il n'y avait
pas de vote au Parlement sur le traité de
Marrakech. Avril 2018. Avril
2018 sur le pacte d'immigration.
C'est un
texte général sur
les droits de l'homme. Avril 2018. Non, ça c'est
décembre. Avril 2018 sur le pacte de Marrakech. Ils ont voté l'élargissement à la Serbie. Ils ont voté les crédits à la Turquie. Ils ont tout voté. Donc, le problème des républicains, et c'est pourquoi j'avais quitté l'UMP il y a 10 ans, c'est le décalage entre
des bonnes paroles... Et avec le
Rassemblement national, il y
a
une différence principale. Marine Le Pen n'est pas candidate. C'est M. Bardella qui a 23 ans, qui a sans doute du talent, mais qui n'a pas l'expérience que j'ai. Et surtout, nous avons tissé à debout la France des liens étroits à une coalition avec 23 mouvements de 23 pays qui sont des mouvements constructifs, qui ne veulent pas la fin de l'Europe,
qui
veulent reconstruire l'Europe des nations et
des projets. Oui,
mais elle
n
'a pas du tout le même effet de levier.
Et
en 2014, quand les gens ont voté Front National, ils ont trouvé des députés très isolés. Moi, j'ai fait l'effort,
pendant
un an, d'aller tisser des relations parce que... C'est donc juste... C'est très important, c'est la suite.
Alors, on va se retrouver pour nous aussi pour la suite. Il faut que ce soit utile.
Alors, nous aussi, on se retrouve pour la suite juste après la pub. Nous,
nous
retrouvons avec vous, Nicolas Dupont-Aignan, donc pour votre liste Les Amoureux de la France aux élections européennes. Merci, Nora Amadine, de
nous
avoir rejointe. Vous animez Vox Pop sur Arte. Vous êtes une spécialiste des questions européennes. Et c'est un peu la règle du jeu dans cette émission. Et donc, je vous propose d'évoquer avec Nicolas Dupont-Aignan des questions européennes, sachant que dans son livre Résistance, il répond à un grand nombre et il développe son projet européen.
Alors,
Nicolas Dupont-Aignan, bonsoir.
Bonsoir, madame.
Le Brexit aurait dû avoir lieu le 29 mars. Comme vous le savez, les Anglais sont, semble-t-il, un petit peu pris d'un syndrome de folie et on ne sait pas jusqu'à quand cela va durer. Quoi qu'il en soit, les Européens leur ont permis, en fait, d'obtenir un report. Et ce, jusqu'au 31 octobre. Peut-être qu'ils auront aussi des députés au Parlement européen d'ici quelques semaines, car ils sont potentiellement en
train
d'organiser des élections. Est-ce que c'est une bonne nouvelle
?
Non, moi, je ne crois pas. Je vais vous dire pourquoi. D'abord, un, il n'y
aurait
pas eu le Brexit
si,
suite au référendum de 2005 en France, le non, on avait tiré les leçons et on avait réformé l'Union européenne, comme je le demandais,
en
laissant plus de liberté aux nations de contrôler
leurs frontières, leurs lois. Les Anglais, ils avaient déjà un
statut à part. Oui, mais ils voulaient davantage, notamment sur le problème des travailleurs étrangers qui venaient travailler. C'était un gros problème pour les Britanniques.
Ils ont reçu, effectivement, un million de Polonais,
notamment, à l'ouverture. Et ça montre bien,
je crois que ça montre bien
que
cette Union européenne, qui pour moi a défiguré la belle idée européenne de départ, ne sait pas se réformer et a abouti au départ des Britanniques. Premier point. Deuxième point.
Vous
avez dit qu
'il
y
a
un vent de folie. Il n
'y a
pas un vent de folie dans le peuple britannique. Il a voté. Il y
a
un vent de folie au Parlement. Comme s'il y avait une incapacité
des
parlementaires britanniques à traduire le choix du peuple.
Et ça a été la même chose... Le choix du peuple a été
aussi extrêmement fracturé. Souvenez-vous, on est à 5
,48. Oui, quand il y a eu Maastricht en France et qu'on l'a perdue et qu
'il
y a
eu l'euro, on a accepté le vote. Ce que je veux dire, c'est qu'il
y
a une incapacité, dans nos sociétés occidentales,
à
accepter les votes populaires.
Donc les Britanniques
doivent sortir. Mais attendez, ils ont voté. Vous savez, en France, on paye... Moi, je crois que la crise des gilets jaunes en France, c'est la conséquence du vote de 2005, qu'on n'a pas digéré. Parce qu'à l'époque, c'est là où j'ai quitté
l'UMP, on est revenu
sur le vote de 2005. Je crois qu'il faut entendre les peuples. Ils ne sont pas contre l'Europe. Les peuples européens aiment l'Europe.
Je
vais vous surprendre. On dit toujours que
je
suis anti-européen. Non, je suis pour l'Europe gaullienne. C'est-à-dire des nations libres, qui sont démocratiques, qui gèrent leurs affaires. Moins de normes à Bruxelles. Moins d'argent à Bruxelles. Plus de responsabilité pour les États. Et en revanche, pour moi, l'Europe, c'est de multiplier les projets comme on a fait avec Airbus ou Ariane.
Airbus, c'est intergouvernemental.
Alors, autre sujet. Très intéressant.
Je vais répondre à madame. C'est passionnant. Et bien voilà, vous dites que c'est intergouvernemental, ce n
'est
pas européen. C'est le seul beau programme européen qui a marché. Et oui,
il ne s'est pas fait avec la Commission de Bruxelles. Il y a pas mal d'autres choses. Il ne s'est pas fait avec la Commission de Bruxelles. Vous n'auriez pas donné ce
délai, par exemple,
aux
Britanniques, qu'ils auraient dû sortir le 29 mars. Mais
oui, il y a un moment où il faut assumer ses
choix. Mais en revanche, dans l'Europe que je propose, c'est-à-dire l'Europe des nations, avec des agences par pays. 4-5 pays font un projet d'intelligence artificielle. 4-5 pays, la lutte contre le cancer ou la maladie
d'Alzheimer. Des
coopérations entre capitales. 4
-5
pays, le programme pour la Méditerranée.
Donc
on n
'a
pas besoin d'institution européenne dans notre schéma.
Et non,
pas du tout. D'accord. On
a
besoin d'un secret. On supprime.
Le Parlement européen, il n'y
en
a
plus. C'est les représentants des parlements nationaux. Parce qu'il faut s'échanger. Il ne
s
'agit pas de se rejeter. Il s'agit
comme
une copropriété. Est-ce que le syndic de l'immeuble, vous avez un syndic d'immeuble si vous habitez dans un immeuble. Est-ce qu'il a supprimé les portes de vos appartements ? Est-ce qu'il se mêle de la couleur de votre moquette et de la date de votre départ en vacances ? Non. Moi, j'en ai marre que le syndic Bruxelles, la commission de Bruxelles, se mêle des affaires des pays. Et au même
moment... Si les capitales, vous savez bien que le conseil, c'est le conseil des ministres et que nous sommes représentés
français, anglais. Oui,
mais il y a deux choses. Nous prenons aussi collectivement
ces décisions.
Est-ce que je peux vous répondre ? Parce que vous faites des réponses, je peux y répondre. En
un mot, parce qu'il y a un autre terme.
Oui,
mais il
y
a une commission. Il y a deux choses. Il y a les chefs d'État et je suis pour cette Europe intergouvernementale. Je veux qu
'on
travaille avec nos voisins.
Mais plus de commission européenne. Plus
de commission. Parce qu'il y a
eu des dizaines de milliers de normes qui embêtent, pour ne
pas
parler vulgairement, les millions d'Européens. Alors que paradoxalement,
face à la Chine... Donc il y a un président de la République,
mais il n
'y
a pas de gouvernement.
S'il n'y a pas de commission, il n'y a pas de gouvernement. Il n'y a pas de
bureaucratie. Et en revanche, face à la Chine et aux États-Unis, il y a l'urgence de faire des innovations scientifiques, industrielles, à 4 ou 5 pays et pas à 28. Alors
justement,
vous parliez des États-Unis. Après le CETA, donc l'accord de libre-échange qui a été voté avec le Canada, il y a eu le JETA avec le Japon au mois de janvier. Là, il est question en fait de ressigner un TAFTA, donc un traité de libre-échange avec les États-Unis. La Commission européenne s'est fixée comme objectif de le faire au 1er novembre prochain. Un TAFTA réduit. Est-ce que vous êtes d'accord ou est-ce qu'il faut complètement exclure ce type de projet
?
Je complète la question parce qu'on a entendu Emmanuel Macron annoncer que lui était défavorable au fait de signer un accord avec les Américains parce qu'il ne respecte pas l'accord de Paris. Il se trouve peut-être isolé, mais en tout cas, il l'a dit. Alors c'est
très intéressant.
Est-ce que vous vous trouvez, vous lui donnez crédit
?
Eh bien, je vais vous dire, c'est très intéressant.
Il
l'a dit.
Il
a dit « je ne veux pas ». Et il a raison. Mais la décision a été prise. Et pourquoi
? Parce
que c'est ce fameux traité de
Lisbonne
qui a été adopté
après
la Constitution européenne qui avait été rejetée par les Français qui décide qu'à la majorité, même si un pays refuse, la Commission, donc une organisation non élue, supranationale, peut engager des négociations qui vont avoir une influence désastreuse pour les intérêts industriels et agricoles français. Et ça prouve bien...
L'agriculture
est hors du mandat. Ça prouve bien qu'il faut garder une Europe
des
nations libres où il y a ce que le général de Gaulle appelait le veto de Luxembourg qui permet à la France de dire « stop ». Il
aurait fallu qu'Emmanuel
Macron,
si tant
est que ça soit possible, mette un veto ? Exactement. Parce que pourquoi les Français n'ont plus confiance dans les hommes politiques ? Moi,
je
vais vous dire. Parce qu'Emmanuel Macron dit « je ne
suis
pas content, je ne
suis
pas d'accord ». Mais ça continue. Et Jacques Chirac avant lui, Nicolas Sarkozy avant lui, François Hollande avant lui. Donc moi, je suis pour une Europe des nations libres. C'est-à-dire qu'on doit pouvoir mettre le veto. Et en revanche, des coopérations à peu de pays parce qu'il
y a des enjeux... Ça
ressemble à tous les autres pays du monde, ça ressemble à exactement
ce qui se passe dans le reste du monde. Il y a des coopérations entre quelques pays. Non, c'est entre les deux. Vous voyez ce que je veux dire ? Oui, ce qu'on pense que vous voulez dire. Il n'y a plus de
particularité de l'Europe
comme concept.
Non, mais on n'a pas besoin.
Si, parce que la France seule ne peut
pas faire plus. Non, il y a
les pays asiatiques qui travaillent ensemble.
Eh bien oui, c'est très bien. Est-ce que les pays asiatiques
ne réussissent pas
?
Il ne s'agit pas d'être seuls. Par exemple, j'ai des autres « souverainistes » qui disent « il faut sortir
».
Mais non, il faut transformer l'Union européenne. Il faut la remplacer. Il
faut la remplacer
par une Europe des nations libres et des projets concrets. Et je vais vous dire, nous sommes le seul parti à deux bouts de la France. Tout à l'heure, vous vous demandiez « mais pourquoi voter pour vous et pas pour les Républicains ou le Rassemblement national ? » Parce qu'on est un peu plus sérieux. Eh bien, nous sommes le seul parti qui a rédigé un traité alternatif.
Et nous sommes
le seul parti qui a été négocié ce traité avec 23
pays.
On va
conclure.
Alors justement, sur les traités, est-ce que selon vous, donc si vous souhaitez en fait les renégocier,
c
'est ce que vous plaidez tout du moins dans votre programme ? Si toutefois vous n'y arrivez pas, est-ce qu'il faut sortir de cette union ?
Il faut dire très clairement à nos partenaires, soit on se met autour de la table et on améliore l'Europe pour qu'elle serve les citoyens. Mais si vous n'y arrivez pas ? Eh bien, ça sera fini. La France, ce n'est pas le Luxembourg, ce n
'est
pas un petit pays. La France est un grand pays. C'est la sixième puissance mondiale et elle est actionnaire de l'Europe.
Elle
est copropriétaire de l'immeuble. Et moi, je n
'ai
pas envie de déménager, mais je ne veux pas que le syndic de l'immeuble
dicte ma loi. Donc vous vous
retrouverez seul ? Mais on ne se retrouvera pas seul parce que madame, la France est un grand pays.
Les
Britanniques vont se retrouver seuls ? Mais
parce qu'ils n'ont pas tapé du poing sur la table.
Et
le
général
de Gaulle a créé la plus belle politique, la politique agréable commune, parce qu'il a eu la fierté de dire la France, ce n
'est
pas un petit pays. Et je peux vous dire qu'après l'affaire du Brexit, les petits eurocrates et les fonctionnaires de Bruxelles, si la France dit maintenant on change les règles du jeu, on ne peut plus exploiter les peuples comme ça, eh bien on peut faire de grandes choses. Et on
n
'est pas seul.
Merci beaucoup. Merci à tous les deux. C'est le 20h politique avec Alain Marchand.
Nicolas Dupont-Aignan