Budget, carburants, Présidentielle... Le "8h30 franceinfo" d'Élisabeth Borne
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 20 %Défensif 35 %
Questions et réponses
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- 0:33OuverteRéponse directe
Est-ce que ça vous interpelle ? Est-ce que vous pensez que ce soit possible au sein de la police ?
- 1:07OuverteRéponse partielle
Est-ce que politiquement, vous avez le sentiment qu'on prend la mesure de cette menace dans le pays aujourd'hui ?
- 1:39RelanceÉludée
Est-ce que Sébastien Lecornu, le chef du gouvernement, en demande trop aujourd'hui ?
- 2:25OuverteRéponse directe
Ce montant de 54 milliards d'euros, c'est un effort colossal qui est demandé aux Français. Est-ce que c'est un budget qui est voué à l'échec ?
- 2:53RelanceRéponse directe
Il s'agit de l'effort qu'on doit faire par rapport à un tendanciel, comme on dit en général. Est-ce que c'est une baisse des dépenses de 54 milliards ?
- 4:31OuverteRéponse directe
Ce chiffre de 54 milliards d'euros, est-ce que c'est parce que le Premier ministre craint une crise financière ? Et est-ce que c'est aussi vos craintes, vous, aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:18PrésentateurFait
« Un policier est mis en examen dans les Yvelines, soupçonné de préparer un acte de terrorisme. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Je pense que ça montre que les services de renseignement font leur travail et qu'on a eu raison de les renforcer depuis 2017. »
- 1:57Invité politiqueFait
« Je pense qu'on ne peut pas faire moins. On ne peut pas présenter un budget qui aurait un déficit supérieur à 5%. »
- 2:11Invité politiqueFait
« La maîtrise de notre dette et donc de notre déficit devient un enjeu urgent, comme on peut le voir avec l'augmentation des taux d'intérêt sur notre dette. »
- 3:27Invité politiqueFait
« C'est le niveau qu'on aurait dû avoir cette année. »
- 4:06Invité politiqueFait
« Sébastien Lecornu l'a dit. On préserve, par exemple, les minimums vieillesses, l'allocation adulte handicapée. »
- 5:49Invité politiqueChiffre
« L'OCDE nous dit qu'on a 20 à 30% d'actes inutiles dans la santé. »
- 7:36InvitéChiffre
« C'est 4 milliards et demi d'euros. »
- 8:52PrésentateurChiffre
« Son revenu va baisser de 8 milliards d'euros pour l'État à 5 milliards. »
- 9:12InvitéChiffre
« 0,4%. »
- 10:16Invité politiqueFait
« Michel Barnier s'y est essayé. On a vu comment ça s'est terminé. »
- 11:30Invité politiqueFait
« Depuis la création du RMI par Michel Rocard, on n'accède pas au RMI et désormais au RSA avant 5 ans. »
- 14:08Invité politiqueChiffre
« L'ordre de grandeur, c'est un surcoût de 150 euros. »
- 14:12Invité politiqueFait
« L'aide de 100 euros qui a été décidée par le gouvernement, il faut sans doute la réévaluer. »
- 20:37Invité politiqueFait
« Quand il propose de supprimer le Code du travail, quand il propose de rétablir, comme le faisait le Rassemblement national, le certificat d'études... »
Temps de parole
- Élisabeth Borne53 %
- Invité23 %
- Présentateur16 %
- ?6 %
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Bonjour Camille. Bonjour Benjamin. Et bonjour Elisabeth Borne.
À
l'aune de l'actualité ce matin, évidemment, il y a le budget avec les propositions du Premier ministre Sébastien Lecornu.
C
'est 54 milliards d'euros d'économie qu'il veut faire l'an prochain.
On
va y revenir. Mais tout d'abord, un policier est mis en examen dans les Yvelines, soupçonné de préparer un acte de terrorisme. Il a été interpellé à la fin du mois d'août et son profil inquiète particulièrement.
Il
est proche des mouvances d'ultra-droite. Un policier qui a donc accès à des armes, qui veut s'en prendre aux intérêts de la France. C'est ce qu'on soupçonne chez ce policier.
Est
-ce que ça vous interpelle ? Est-ce que vous pensez que ce soit possible au sein de la police
?
Alors d'abord, je pense que ça montre que les services de renseignement font leur travail et qu'on a eu raison de les renforcer depuis 2017. Après, il y a une enquête qui est en cours. Et évidemment, moi, je ne
vais
pas me prononcer alors que l'enquête démarre.
Mais tout de même que ça arrive au sein de la police, chez un
gardien de la paix, c'est très frappant.
Je pense qu
'au sein
de la police, il peut y avoir toutes sortes de sensibilités. Et donc, c'est important d'être vigilant.
Le parquet national antiterroriste évoque une des menaces les plus préoccupantes en parlant de l'ultra-droite, qui est surveillée de près. Est-ce que politiquement, vous avez le sentiment qu'on prend la mesure de cette menace dans le pays aujourd'hui ? Alors, je pense
que
les services de renseignement suivent l'ultra-droite, l'ultra-gauche, le terrorisme islamiste. Islamiste, pardon, ils ont raison. Il y
a
des menaces de toutes sortes et il faut être vigilant sur tous les fronts.
Alors, je le disais, Elisabeth Borne, à la une de l'actualité ce matin, il y
a
aussi le budget, ces 54 milliards d'euros d'économie demandés par le Premier ministre. C'est beaucoup plus que le chiffre qui était évoqué ces dernières semaines. On parlait beaucoup de 30 milliards d'euros d'économie. Est-ce que Sébastien Lecornu, le chef du gouvernement, en demande trop aujourd'hui
?
Moi, je ne peux pas commenter les 54 milliards, puisqu'on n'a pas aujourd'hui le détail de ce qui est proposé et ce qui sera proposé dans le budget. Je pense qu'il
y a
un point qui est clair, c'est qu'il vise un déficit de 5%.
Je
pense qu'on ne peut pas faire moins. On ne peut pas présenter
un
budget qui aurait un déficit supérieur à 5%, alors que la maîtrise de notre dette et donc de notre déficit devient un enjeu urgent, comme on peut le voir avec l'augmentation des taux d'intérêt sur notre dette. Cette dette
et
son financement qui devient un poste de dépense plus important que le budget de
l
'éducation nationale. Donc, on voit bien qu'il faut absolument maîtriser ce déficit.
Elisabeth Borne, pour revenir quand même sur cette somme avancée, ce montant de 54 milliards d'euros, c'est un effort colossal qui est demandé aux Français. François Bayrou, il a dû quitter Matignon, son poste de Premier ministre, parce qu'il demandait un effort de presque 44 milliards d'euros. C'est donc là, dans la copie annoncée par le Premier ministre Sébastien Lecornu, 10 milliards d'euros de plus. Est-ce que c'est un budget qui est voué à l'échec
? Je
pense qu'il faut rappeler de quoi on parle. Il s'agit
de
l'effort qu'on doit faire par rapport à un tendanciel, comme on dit en général. Et donc, ce n
'est
pas une baisse des dépenses
de 54 milliards. Oui, pour être bien pédagogique,
il
y a
un mélange d'économie qui est demandé aux Français. Et
puis, il y a des recettes
en moins aussi dans les caisses de l
'État. Mais tout de même, la somme est un
montant colossal. C
'est
très important, mais je vous dis, à la fin, au-delà des montants qui méritent ensuite d'être regardés dans le détail, ce qui est important, c'est que le budget vise un déficit de 5%. C'est le niveau qu'on aurait dû avoir cette année.
Et là, il y a un risque de dérapage, d'ailleurs. On a bien compris qu'on ne l'aurait pas. Et
donc, du coup, qu'il faille absolument agir sur tous les fronts de la façon la plus équitable possible pour ramener ce déficit
à
5%, ça me paraît absolument essentiel.
Il dit
que ce n
'est
pas un budget d'austérité, Sébastien Lecornu. Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement, le répète ce matin. Vous partagez ce point de vue. Il
n'y a pas d'austérité, c'est ce que dénonce la
gauche.
Sur
les grandes lignes, on connaît quand même les grandes lignes.
Dire qu'il
n'y a
qu'à taxer les riches ou les immigrés pour d'autres. Ce qui est très clair, c'est que Sébastien Lecornu l'a dit. On préserve, par exemple, les minimums vieillesses, l'allocation adulte handicapée. Donc, on n'est pas en train, effectivement, de
mettre
en difficulté les personnes les plus modestes. Ensuite, il faut regarder comment...
Les fonctionnaires
vont voir leur rémunération stagner, a priori.
Le point sera gelé,
comme il a été quasiment
systématiquement douillé. On
va regarder en détail, on va débattre avec vous des propositions plus précisément. Mais ce chiffre de 54 milliards d'euros, donc, est-ce que c'est parce que le Premier ministre craint une crise financière ? Et est-ce que c'est aussi vos craintes, vous, aujourd'hui ? Vous rappeliez l'importance de limiter la dette à 5%
?
Évidemment qu'on doit être très attentif au regard...
Mais c'est un risque concret,
aujourd'hui, sur la France, une crise
financière ? Certains, ce que je vous dis, c'est qu'effectivement, quand on voit le niveau d'endettement de la France,
dans
un contexte où les taux d'intérêt augmentent partout,
des
États-Unis aux autres pays européens, évidemment, il faut être très vigilant et envoyer des signaux qu'on prend la situation au sérieux et qu'on est déterminé à maîtriser notre dette.
Mais comment vous qualifiez-vous la copie du budget qui arrive, là, si vous ne reprenez pas non plus le terme d
'austérité ? En fait,
honnêtement, je ne peux pas vous dire ce que veulent dire les 54 milliards, on n'en a pas le détail.
Vous avez, vous aussi, construit des budgets, on a les grandes lignes, aujourd'hui, les abets de borne, vous voyez bien que c
'est
un budget qui est quand même difficile,
on peut le dire. Mais c'est un budget, c'est un budget qui... Et qui va être difficile aussi pour les Français ?
Alors, difficile pour les Français, vous voyez, par exemple, sur les dépenses de santé, on a compris qu'il
y a
une partie qui renvoie à des augmentations des franchises qui ont été décidées l'été dernier, enfin cet été. Il y a aussi, sans doute, des mesures qui peuvent être prises sur l'efficience des dépenses de santé. On sait qu'on a... L'OCDE nous dit qu'on a 20 à 30% d'actes inutiles dans la santé. Attaquons-nous à ces dépenses inutiles.
Alors, justement, sur les mesures, il y a la question des retraites.
C
'est une des pistes d'économie sur lesquelles le gouvernement est très attendu. Sébastien Lecornu, il a voulu tout d'abord rassurer. Il dit, je le cite, les petites retraites seront protégées. Et en même temps, et en même temps, oui, les retraités devront participer à l'effort. Ce sera au Parlement de débattre de la méthode. Vous, Elisabeth Borne, vous considérez aujourd'hui que les retraités, eux aussi, doivent contribuer à cet effort ?
Enfin, je pense qu'il faut sortir peut-être de l'impression qui a pu être donnée ces dernières semaines qu'on demandait tous les efforts aux retraités.
Non, pas tous, mais eux aussi. C
'est la question. Quand on est en train de chercher des économies aussi importantes, tout le monde doit participer.
Comment alors ? Qu'est-ce que vous, sur la table, on voit qu'il y a le gel, l'indexation, le gel par rapport aux retraites. Geler les retraites, c'est
-à
-dire ne pas les augmenter en fonction de l'inflation. Ça, c'est une piste. Et puis,
il
y
a
aussi, revenir sur ce qu'on appelle l'abattement fiscal de 10%, en général, présenté comme quelque chose qui concerne plutôt les retraités, plutôt aisés, parce que ce sont eux qui payent des impôts. Quelle est la piste que vous préférez
? Alors, on aura naturellement ce débat au Parlement. Moi, je pense que c'est important
de
respecter le contrat qui est, quand on a une retraite, on a cotisé et on a une retraite qui est indexée sur l'inflation.
Donc, on ne gèle pas les retraites.
Je pense, par contre, que
l
'existence d'un abattement pour frais professionnels des retraités est quelque chose qui peut tous nous interpeller. Qui n'a pas de sens. En tout cas, qui n'a pas de sens très, très concret. Voilà. Donc, moi, je privilégierais plutôt cette piste.
C'est 4 milliards et demi d'euros. Que ce soit
comme ça avait été proposé l'an dernier, avec une forfaitisation de cet abattement, ou que ce soit éventuellement en allant plus loin. Mais je pense que, de toute façon, voilà, il y a quelque chose.
C
'est plus logique de s'attaquer ou d'intervenir sur l'imposition que spécifiquement sur les revenus des retraités. Pourquoi les retraités et pas d'autres.
Sauf
qu'elle est aussi soulignée comme étant une mesure qui n'est pas tellement autant de justice fiscale. Parce qu'il y a des retraités aujourd'hui qui ne payent pas d'impôts et qui, par cette mesure, se retrouveraient à payer des impôts. Donc, il y a une difficulté aussi.
Forcément, forcément, si on cherche des économies, à un moment donné, ça concerne quelqu'un. Voilà, je dis simplement que c'est plus logique d'agir par l'impôt qu'en remettant en cause les règles qui ont été posées. Et on voit bien qu
'il
y a un certain doute sur la pérennité de notre système de retraite et sur la confiance qu'on peut avoir. Donc, je pense que c'est important de respecter les règles.
Il y a cette contribution que vont devoir faire les retraités a priori. Les fonctionnaires aussi, on le disait, avec un gel du point d'indice. Pas d'augmentation d'impôts. Ça, c'est l'autre grande ligne du budget défendu par Sébastien Lecornu. Pas d'augmentation d'impôts non plus pour les entreprises. Avec la diminution de cette contribution exceptionnelle demandée aux grandes entreprises qui avaient été mis en place il y a deux ans. Son revenu va baisser de 8 milliards d'euros pour l'État à 5 milliards. Est-ce que les entreprises ne devraient pas elles aussi participer un peu plus à cet effort dans ce contexte ?
Si
on demande aux
retraites et aux fonctionnaires. Oui, je
pense que tout le monde s'est désolé de voir que la croissance était moins forte que ce qu'on espérait.
0,4%.
Peut-être que de garder une ligne
consistant
à ne pas dissuader ceux qui investissent, ceux qui créent de l'activité et des emplois est une bonne chose. Donc je pense qu'il
faut être très
attentif
à
ne pas tuer le moteur de la croissance et donc à ne pas taxer exagérément les entreprises.
Mais Elisabeth Borne, vous voyez bien le sujet avec le budget là qui est proposé, avancé par Sébastien Lecornu. Il
y a eu
beaucoup d'efforts demandés aux Français dans une situation de flambée des prix de l'essence et d'inflation. Est-ce que vous ne craignez pas que ça attise, alimente la colère sociale ?
Je pense que ce qui sera important, c'est que chacun puisse vérifier que les efforts sont justement répartis, que chacun y prend sa part. Et je vous dis, en étant attentif au fait que ce n
'est
pas en tuant la croissance qu'on va régler les problèmes des Français.
Il y a un autre point sur ce budget, c'est de réussir à le faire voter par le Parlement. Vous-même, ancienne ministre, vous connaissez cette difficulté. Et la question qui est sur la table, c'est est-ce qu'il faut négocier ou pas avec Marine Le Pen
? Écoutez,
je pense que Michel Barnier s'y est essayé. On a vu comment ça s'est terminé. Ça
a été un
échec.
Donc du coup, je n'invite pas à essayer de courir après un hypothétique accord avec le Rassemblement national. Pour
autant, il y a des mains tendues, visiblement, dans les pistes qui ont été évoquées par le Premier ministre Sébastien Lecornu, comme cette idée d'une carence sur certaines aides accordées aux étrangers, qui semblent vouloir là aller vers le Rassemblement national.
Oui, alors je crois que ce sont les Républicains. Vous savez, moi, j'ai dû m'impliquer dans un projet de loi immigration. C'est une mesure auxquelles les Républicains
avaient
beaucoup tenu. Et Aude Meurant, elle n'avait pas de lien avec le texte, donc elle a été rejetée à ce titre par le Conseil constitutionnel.
Mais sur
cette mesure, est-ce que vous pensez qu'en effet, il faut réfléchir, comme Sébastien Lecornu le dessine ce matin, à un délai de carence qui serait donc appliqué aux étrangers qui arriveraient en France pour toucher certaines aides, comme le RSA, le revenu de...
Alors vous savez, peut-être, si on veut remettre l'église au milieu du village, depuis la création du RMI par Michel Rocard, on n'accède pas au RMI et désormais au RSA avant 5 ans. Donc je pense que c'est quelque chose qui... Tous ceux qui crient qu'on aurait finalement... Enfin, qu
'on
partirait sur les terres de l'extrême droite, depuis la création du RMI et donc désormais du RSA,
il
faut 5 ans de présence sur le territoire pour accéder au RSA.
Mais il y a d'autres aides, comme les APL. Est-ce que sur le principe, ce qu'avance Sébastien Lecornu, et qui semble une main tendue au Rassemblement national dans ces discussions budgétaires, c'est de dire, il faut que les étrangers qui arrivent sur le sol français attendent un peu plus avant d'avoir des aides. Est-ce que sur ce principe politique, vous
êtes favorable
? Puisque vous parlez des APL, là aussi, c'est un débat qui a été très rude au moment de cette loi immigration. Moi, je considère que quand on fait venir quelqu'un
pour
travailler en France régulièrement, par exemple, un éboueur, et à l'époque, j'en avais parlé avec Éric Ciotti, qui était le président des Républicains, qui vient travailler à Nice,
donc
un étranger qui vient travailler comme éboueur à Nice, si ses collègues français, compte tenu de leurs revenus, ont besoin des APL, je ne vois pas comment on peut expliquer que la personne qu'on fait venir n'en a pas besoin. Donc non, je ne pense pas que ce soit logique d'avoir une durée de carence pour les APL.
Elisabeth Borne, députée Renaissance du Calvado, c'est ancienne Première Ministre. Vous êtes donc notre invitée ce matin du 8.30 France Info. Le prix de l'essence ne cesse d'augmenter. Le prix du gazole vient de battre un nouveau record, 2,39 euros en moyenne. Le ministre du Commerce, Serge Papin, vient d'annoncer qu'il y aurait une réunion lundi pour prolonger notamment ses aides ciblées à ces Français dits gros rouleurs. Olivier Faure, le patron du Parti Socialiste, était à votre place hier et il demande au gouvernement d'en faire plus. Les aides ciblées, on peut effectivement les doubler et je le dis aussi, il faut qu'elles soient attribuées mécaniquement, automatiquement.
Parce qu'aujourd'hui, il y a toute une partie des bénéficiaires potentiels qui ne les demandent pas parce qu'ils ne savent même pas qu'ils y ont droit. Est-ce que vous êtes d'accord, Elisabeth Borne, il faut doubler cette aide de grands rouleurs aux Français qui font particulièrement des kilomètres avec leurs voitures et c'est aussi lié à des conditions de revenus
?
Alors ce qui est clair, et moi vous savez, je suis élu d'une circonscription rurale où beaucoup de salariés font 20, parfois 30 kilomètres allers-retours par jour pour aller travailler.
Aujourd
'hui, depuis le début de la crise, l'ordre de grandeur, c'est un surcoût de 150 euros. Donc on voit effectivement que l'aide de 100 euros qui a été décidée par le gouvernement, il faut sans doute la réévaluer.
Ce n'est pas
suffisant.
Ce
matin, Maud Bréjean,
la porte-parole du gouvernement
dit qu'il y aura au 1er octobre un nouveau dispositif.
Non, mais
je pense que c'est nécessaire.
Pour ceux qui travaillent et qui en ont besoin. Qu'est-ce
que ça doit être, ce nouveau dispositif ? Augmenter
le montant ? Je ne sais pas quel
est le dispositif qui sera annoncé lundi. Jusqu
'où doit aller le gouvernement, c'est la question.
Un, je pense qu'il faut garder la logique d'être ciblé. On nous a suffisamment reproché, même si je rappelle que ce n'était pas l'intention du gouvernement au départ, mais que les Républicains nous avaient demandé d'augmenter ce qu'était la remise carburant et qui a coûté des milliards, des dizaines de milliards. Oui,
parce que c'est vraiment
le principe du gouvernement depuis le début de cette crise, c'est de dire que les finances de l'État sont dans l'État qu'on connaît avec ce problème de la dette et donc ce n'est pas possible d
'aider tous les Français. Donc vous vous dites
qu'il faut continuer à cibler les aides. Ça ne peut pas être pour tous les Français.
Je pense que ça ne peut pas être pour tous les Français quand on voit effectivement l'état de nos finances publiques et toutes les critiques
qui
ont été émises sur le fait qu'on avait arrosé trop large. Donc on arrosé moins large, on cible les aides sur les personnes qui en ont le plus besoin. Donc je pense que ce principe d'être ciblé est nécessaire.
On double là ces 100 euros aujourd'hui ?
On
va jusqu'où
?
Écoutez, je pense qu'effectivement, je vous dis, les 100 euros, ils ont été consommés, si je peux dire, par les surcoûts depuis le début de la crise. Personne ne peut dire jusqu'où cette crise durera, mais manifestement, il faut remettre effectivement, réévaluer cette aide.
On entend aussi les témoignages de ces Français qui ne peuvent plus faire leur plein, qui se privent pour pouvoir parfois aller travailler, qui se privent parfois de certains soins. Est-ce que ces aides ne peuvent pas
forcément aller
à l'hôpital ou se déplacer ? Est-ce que le gouvernement aussi veut éviter l'expression d'une colère sociale très forte ? On entend parler peut-être d'un retour des Gilets jaunes ou d'un mouvement type Gilets jaunes en
septembre, début octobre. Est
-ce que c'est une
question que vous partagez ? Je voudrais
annoncer des mouvements de Gilets jaunes dès à présent. Il faut être très attentif. Moi, je vous le dis, je rencontre régulièrement dans mon territoire, dans ma circonscription, des gens qui sont en difficulté. Donc, il faut entendre ces difficultés qui interviennent en plus dans un contexte où tout le monde est épuisé par la canicule qu'on a vécu cet été et où il y a beaucoup d'informations inquiétantes sur ce qui se passe en Ukraine, sur ce qui se passe au Moyen-Orient. Donc,
il
faut être très attentif et il faut accompagner les personnes qui doivent prendre leur voiture tous les jours pour aller travailler et qui, aujourd'hui, sont à la peine avec cette augmentation des carburants.
Marine Le Pen le redit ce matin. Il faut baisser la TVA de 20% à 5,5% sur le prix des carburants. Elle dit qu'il n'y a que ça à faire. Il faut redonner de l'air aux Français.
Oui.
Alors, elle a une certaine constance puisque c'est la mesure de pouvoir
d
'achat qu'elle propose depuis maintenant quelques années. Baisser la TVA, on le sait, c'est plusieurs milliards. Moi, je n
'ai
pas encore compris où Marine Le Pen les prend.
Aujourd'hui, Emmanuel Macron réunit tous les chefs de parti ce matin dans un peu moins de deux heures pour évoquer le contexte international, les conflits en Iran, en Ukraine et leurs conséquences en France, notamment la question des carburants. Vous avez participé à ce genre de réunion, Elisabeth Borne, quand vous étiez première ministre. Qu
'est
-ce qu'on peut en attendre ? À quoi ça sert dans ce contexte
?
Écoutez, je pense que c'est important parce qu'en fait, certains prennent des positions. Moi, j'ai entendu par exemple Fabien Roussel dire il faut
se
mobiliser parce qu'on raquette les Français. Donc, il faut lui rappeler d'où viennent les hausses des prix des carburants. Ce n
'est
pas le gouvernement qui a décidé la hausse du prix des carburants. C'est les blocages au Moyen-Orient liés à l'initiative de Donald Trump d'intervenir hors tout cadre de l'ONU pour effectivement sa guerre en Iran. Et donc, on est tous en train de vivre ces conséquences. Enfin, je pense que c'est important de donner de la visibilité, de quelques explications. C
'est remettre les points sur les i. Voilà, je pense que
c'est important de se rendre compte de ce qui se passe dans le monde.
Ça
peut paraître lointain. Et en même temps, ça a des conséquences très concrètes sur la vie de nos concitoyens.
Sur cette question du pouvoir d'achat particulièrement sensible en cette rentrée pour les Français, dans le débat de la campagne présidentielle, il y a aussi sur la table la question d'augmenter les salaires. Jean-Luc Mélenchon, par exemple, veut augmenter le SMIC à 1 700 euros net et il avait lancé au patron du Medef cette phrase « Si vous n'augmentez pas les salaires, vous aurez la récession ». Est-ce que vous êtes d'accord avec Jean-Luc Mélenchon ? Il y a une nécessité aujourd'hui d'augmenter les salaires en France
?
Vous savez, moi je ne suis évidemment pas d'accord avec les propositions de Jean-Luc Mélenchon. Je pense que ce
qui est très difficile,
oui, enfin, je pense qu'il faudrait chercher longtemps. Non, ce dont je suis certaine, c'est que c'est très déprimant
et
très décourageant pour beaucoup de nos concitoyens
de
démarrer leur vie au SMIC et de terminer leur vie au SMIC. Et moi, c'est ça que j'entends. Et donc, que du coup, il faille lever tous les blocages qui empêchent qu'on ait
des
perspectives de mieux gagner sa vie demain qu'aujourd'hui, ça me semble indispensable. Mais concrètement, on augmente le SMIC ? Non, enfin, je vous dis, pour moi, le sujet, ce n'est pas tant le SMIC. Il est indexé automatiquement. On est le seul pays qui a ce dispositif au monde. Il peut même augmenter plusieurs fois par an. Ensuite, ce qui est très décourageant, c'est les salariés qui sont un peu au-dessus du SMIC, qui peuvent avoir 10 ans, 15 ans, 20 ans d'ancienneté et qui finissent par être rattrapés par leurs collègues.
Donc, il faut qu'on crée des emplois, qu'on crée des emplois de qualité, qu'on réindustrialise et qu'on s'assure que les entreprises proposent des vraies évolutions professionnelles à leurs salariés.
Elisabeth Borne, nous sommes désormais à huit mois de l'élection présidentielle.
Il
y a encore un peu de temps dans la campagne. Votre camp, il est partagé, on peut le dire, entre plusieurs candidats. On a notamment Gabriel Attal et Edouard Philippe qui sont tous les deux déclarés. Entre les deux, est-ce que vous avez fait autre choix désormais ?
Alors moi, j'ai eu l'occasion de le dire. Je constate que dans cette élection, le centre n'est pas représenté.
Gabriel Attal ne le représente
pas du tout. Edouard
Philippe dit clairement qu'il est un
homme
de droite. Je crois qu
'il
ne
s
'en est jamais caché, même s'il est conscient qu'il faut rallier le centre. Et Gabriel Attal rejette le fait d'être au centre. Et de fait, ses propositions s'éloignent, pour moi, des principes et de la vision du centre. Donc moi, je souhaite
que le centre... Pourquoi il s
'éloigne des valeurs du centre ?
Enfin, lui-même rejette l'idée d'être au centre. Et moi, je trouve que ses propos sur le droit international, sur la remise en cause d'un certain nombre de principes fondamentaux, quand il propose de supprimer le Code du travail, quand il propose de rétablir, comme le faisait le Rassemblement national, le certificat d'études...
Il n'y a plus de droite,
ce que vous voulez dire
?
Écoutez, je vais le laisser expliquer où il est. Je dis simplement que, moi, je pense important que le centre soit représenté. D'abord, parce que je suis convaincu que c'est sur cette base qu'on pourra répondre à tous les défis qu'on vient de mentionner. Et en plus, il faut rassembler. Il faut rassembler pour éviter un deuxième tour RN-LFI. Il faut rassembler pour gagner et éviter la victoire du RN.
Mais avec qui pour
incarner ce centre dont
vous parlez ? Moi, ce que je dis
aujourd'hui, ce qui m'importe, c'est que ces
valeurs,
ces principes soient portés, soit par les candidats déclarés, soit par d'autres.
Mais vous
voulez
donc rajouter une candidature ? La vôtre,
en
effet, Benjamin Raison ?
Non,
ce
que je dis... Je ne suis pas dans cette logique-là. Je dis simplement qu'à un moment donné,
il
y a une force politique, une vision des valeurs, un projet auquel je crois. Je note qu'il n'est pas représenté. Ensuite, on va voir dans les prochaines semaines comment les choses décantent.
Elisabeth Borne, vous pourriez, vous, porter ce projet dans la campagne
présidentielle ? Je dis que ce n'est pas le
sujet.
Ça va se poser, là. C'est maintenant.
Mon sujet, c
'est qu'on puisse proposer aux Français
un
projet qui leur montre qu'il y a un chemin, qu'il y a de l'espoir et qu'ils puissent rassembler.
Merci beaucoup, Elisabeth Borne, députée Renaissance du Calvados, ancienne première ministre, d'avoir été l'invité du 8.30 France Info ce matin. L'info continue sur France Info. Restez avec nous.
Merci
d
'avoir regardé cette
vidéo !
Élisabeth Borne