Feu en Gironde: "On a jamais vécu un événement pareil", raconte Laurent Peyrondet, maire de Lacanau
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteRéponse directe
Racontez-nous, justement, on en parlait de cette commune de Lacanau, cette ville de Lacanau qui était menacée ce soir. Quelle est la situation que vous faites à l'heure où on se parle, M. le maire ?
- 1:56OuverteRéponse directe
Vous devez échanger avec vos concitoyens. Dans quel état d'esprit ils sont ? Même si vous me dites encore « j'ai de l'espoir », mais attention, soyons vigilants. Ils vous disent quoi, vos concitoyens ?
- 4:00OuverteRéponse directe
De mémoire de maire, est-ce que vous aviez déjà assisté à un tel épisode ? On parlait d'un feu XXL, de flammes hors de contrôle en Gironde, donc aux portes de la Cano.
- 4:56RelanceRéponse directe
Vous n'avez pas progressé dans quel sens ? Terminez votre propos.
- 5:54OuverteRéponse directe
Vous aimeriez être davantage consulté ? Vous n'êtes pas assez consulté, monsieur le maire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueFait
« On n'a jamais vécu un événement pareil, alors que les grands feux, on est quand même des communes qui se sont rompues. »
- 0:40Invité politiqueFait
« Et c'est vrai que celui-ci, après trois périodes de canicule, on s'y attendait, mais on ne s'attendait pas à une telle violence. »
- 0:52Invité politiqueFait
« Mais on est tous touchés parce que c'est le même massif des Landes de Gascogne et que les communes voisines ont brûlé, en particulier les maisons. »
- 2:40Invité politiqueChiffre
« Donc tous nos visiteurs, même si on n'avait pas d'ordre d'évacuer, c'est plus de 20 000 personnes qui sont parties tranquillement, qui sont rentrées chez eux. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Alors 2022 avait été aussi dramatique, mais on n'avait pas volé autant de maisons. »
- 4:37Invité politiqueChiffre
« c'est des centaines de maisons qui ont disparu, ça, ça ne nous est jamais arrivé. »
- 5:11Invité politiqueFait
« il faut loger, il faut nourrir, il faut faire travailler nos réserves communales, il faut faire travailler nos DFCI, on est tous sur le pont. »
- 6:34Invité politiqueFait
« On est la dernière collectivité en France qui tient aujourd'hui. »
- 6:40Invité politiqueFait
« nous on a toujours dépensé l'argent qu'on avait, on n'a pas empointé pour payer la dette, on est plutôt des bons gestionnaires. »
- 7:02Invité politiqueFait
« qu'on arrête de venir nous faire les poches, parce que c'est ce que l'État est en train de faire, mais pas pour investir. »
- 7:20Invité politiqueFait
« Donc ce pays va mal, et je pense qu'on devrait un peu plus écouter les élus locaux. »
- 7:29Invité politiqueFait
« ce qu'on a fait de terrible il y a dix ans, c'est de supprimer le député maire, parce qu'à l'Assemblée nationale, les députés ne connaissent pas les sujets locaux. »
- 7:38Invité politiqueFait
« Nous sommes les premiers investisseurs de ce pays. »
Temps de parole
- Laurent Peyrondet86 %
- Présentateur14 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
On va justement retrouver Laurent Perrondé. Merci d'être avec nous. Vous êtes le maire de Lacanau. Racontez-nous, justement, on en parlait de cette commune de Lacanau, cette ville de Lacanau qui était menacée ce soir. Quelle est la situation que vous faites à l'heure où on se parle, M. le maire ?
Alors bonsoir à tous. Un peu plus rassurante, mais le feu est loin d'être fixé. Mais il est plutôt reparti avec des ventes d'ouest en direction de Bordeaux. Vous vous doutez bien, et vous l'avez montré par vos images, que la situation est catastrophique. On n'a jamais vécu un événement pareil, alors que les grands feux, on est quand même des communes qui se sont rompues. Et c'est vrai que celui-ci, après trois périodes de canicule, on s'y attendait, mais on ne s'attendait pas à une telle violence. Et il est devenu incontrôlable. Donc pour l'instant, ma commune n'est pas touchée.
Mais on est tous touchés parce que c'est le même massif des Landes de Gascogne et que les communes voisines ont brûlé, en particulier les maisons. Donc on est tous très affectés. On continue à bosser. On ne lâchera rien. Là, on est en train de créer des grands pare-feux où on élargit certains pare-feux pour que le feu ne puisse pas remonter sur la station malnaire, la nôtre de la Cano-Océan, mais aussi sur le bourg de la ville, qui est un bourg lacuste à côté d'un lac. Et il est bien difficile aujourd'hui de vous donner un pronostic, même si le vent qui a tourné nous permet d'avoir un peu d'espoir sur la ville de la Cano.
Mais par solidarité, je ne vais pas m'en réjouir parce qu'aujourd'hui, plusieurs communes du bassin d'Arcachon ont été évacuées. Et des communes voisines en direction de Bordeaux. Le Borge a brûlé. Somos, le Temple, Saint-Hélène, Salonne sont évacuées. Donc nous, on a toujours deux petits hameaux au sud de la ville qui ont été évacués. On a toujours chez nous des gens qui sont hébergés, des pompiers à nourrir, des dizaines de colonnes à faire fonctionner. Et c'est vrai que c'est une situation très, très difficile à vivre.
Vous devez échanger avec vos concitoyens. Dans quel état d'esprit ils sont ? Même si vous me dites encore « j'ai de l'espoir », mais attention, soyons vigilants. Ils vous disent quoi, vos concitoyens ?
C'est toujours qu'il faut garder son sang-froid. Il faut montrer cette image-là, même quand on est affecté, on est sensibles comme tout le monde. Parce qu'on est des maires, on ne connaît pas des hommes, mais des humains en particulier. Donc il faut garder son sang-froid pour prendre des décisions rapidement. Mais il faut les partager, il faut écouter. Mais quand on connaît bien sa vie, son massif forestier, elle sera peut-être un peu moins difficile à reprendre. Cet après-midi, je vais vous donner un exemple tout bête, les vents avaient tourné, même si le feu était encore loin de la ville, à 4-5 kilomètres. La fumée a été aplatie sur toute la station et toute la ville.
Donc tous nos visiteurs, même si on n'avait pas d'ordre d'évacuer, c'est plus de 20 000 personnes qui sont parties tranquillement, qui sont rentrées chez eux. En plus, c'est souvent le dernier jour de vacances de leur semaine. Mais nos habitants ont commencé à paniquer un peu parce que, bien sûr, la magie, la mauvaise magie, la magie noire des réseaux sociaux, certains petits malins se sont amusés à raconter qu'il fallait évacuer, que le feu était à nos portes. Donc c'est vrai qu'il n'est pas loin, mais on n'est pas inconscient. On évacue au fur et à mesure, en collaboration étroite avec la préfète de Gironde. Et on prend des décisions en commun.
Donc on ne met pas nos populations en danger, mais par ces mauvaises informations, parfois, on peut mettre des populations en danger. Donc ça s'est passé plutôt bien. On est en phase d'évacuation d'un EHPAD en ne prenant pas de risque, parce que c'est des populations qui sont un peu plus longues à évacuer. Il ne faut pas surtout les tourmenter psychologiquement. C'est des personnes fragiles. Donc il faut garder son sang-froid, la tête haute, savoir bien s'entourer. Et puis c'est vrai qu'à la Cano, on a la chance d'avoir des partenaires qui, à chaque coup dur, ont été présents. On a un plan communal de sauvegarde et surtout une réserve communale avec un réseau de bénévoles incroyable.
Donc on se relève jour et nuit pour que nos sauveteurs, mais aussi les personnes évacuées, soient dans les meilleures conditions possibles et vivent ce traumatisme le moins douloureusement possible.
– De mémoire de mer, est-ce que vous aviez déjà assisté à un tel épisode ? On parlait d'un feu XXL, de flammes hors de contrôle en Gironde, donc aux portes de la Cano. Mais vous me disiez ce soir qu'il y a un espoir, un feu inquiétant, très difficile, qui bouge dans tous les sens. Certains disent une situation des paysages apocalyptiques. Est-ce que vous aviez déjà vu ça, vous ?
– Alors 2022 avait été aussi dramatique, mais on n'avait pas volé autant de maisons. Là, vous vous rendez compte, entre l'Aige, entre le porge, mais aussi on peut citer, puisqu'on connaissait des cousins nélandais, quand tu vois ce qui s'est passé à Biscarros, c'est des centaines de maisons qui ont disparu, ça, ça ne nous est jamais arrivé. Et c'est vrai que ce phénomène-là, on arrivait toujours à peu près à le contrôler et que le feu que l'on a vécu là, j'espère qu'il nous servait de la rade le son, mais en 2022, on a vu la même chose et je pense qu'on n'a pas progressé.
– Merci beaucoup. – Vous n'avez pas progressé dans quel sens ? Terminez votre propos, oui.
– Oui, on n'a pas progressé dans le fait que quelques leçons n'ont pas été tirées et que les communes, par exemple, qui sont en première ligne quand il y a ce genre d'événements, il faut loger, il faut nourrir, il faut faire travailler nos réserves communales, il faut faire travailler nos DFCI, on est tous sur le pont. Dans le débriefing, on nous oublie souvent et parfois, on oublie vite les événements dramatiques. Eh bien, quatre heures après, ça se reproduit, mais dix fois pire. Mais je pense qu'on n'a pas tiré ce genre-là, donc il faudra, au calme, après les événements, parce qu'il est loin d'être terminé, en tirer les conclusions, se réunir.
Et ce n'est pas à chaud qu'il faut faire des commentaires, mais on aura à faire le débriefing sérieusement et que chacun ne se cache pas derrière son petit doigt et ceinture, bretelle, parapluie, ça commence à bien faire. Donc chacun prend ses responsabilités, on fait avancer une société car après un événement dramatique, on est capable d'en tirer les conclusions collectivement.
– Vous aimeriez être davantage consulté ? Vous n'êtes pas assez consulté, monsieur le maire ?
– Pas assez consulté, mais ce n'est pas uniquement une histoire de consultation, c'est une histoire de participation. Je pense qu'une défense contre l'incendie, mais aussi d'autres sujets, peuvent être travaillés ensemble à une échelle territoriale ou départementale. Aujourd'hui, je m'aperçois qu'il y a peut-être des améliorations à trouver dans le dispositif, donc je ferai les propositions, je ne sais pas si elles iront au bout, parce que ce n'est pas la première fois. On dit souvent que, je ne vais pas dire une grande gueule, mais je dis les choses quand même que je les pense, mais il ne faut pas que politiquement, on baisse la garde.
Donc on est la dernière collectivité en France qui tient aujourd'hui. On est en train de nous faire les poches, nous on a toujours dépensé l'argent qu'on avait, on n'a pas empointé pour payer la dette, on est plutôt des bons gestionnaires. Donc je pense qu'on a prouvé qu'on était capable de gérer des villes. Alors la mienne, en toute humilité, c'est pas une très grande vie, mais elle compte quand même, elle a un joli budget. Donc on n'a pas de leçon à recevoir. Et si on veut engager dans le futur des investissements, qu'on arrête de venir nous faire les poches, parce que c'est ce que l'État est en train de faire, mais pas pour investir.
Pour investir, je serai très content de faire un effort, donc pour boucher le trou. Donc on ne peut pas acheter de Canadair, quand vous faites les poches et les collectivités, la dernière collectivité qui tient encore, et que derrière, vous payez des intérêts de la dette. Donc ce pays va mal, et je pense qu'on devrait un peu plus écouter les élus locaux, et je crois qu'à mon grand désespoir, ce qu'on a fait de terrible il y a dix ans, c'est de supprimer le député maire, parce qu'à l'Assemblée nationale, les députés ne connaissent pas les sujets locaux. Et ça c'est terrible, on ne peut pas voter des droits, quand on ne sait pas ce qui fait fonctionner le pays.
Nous sommes les premiers investisseurs de ce pays. C'est ça qui fait râler. C'est ça qui fait partie.