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Podcast / conversationBACKSEAT· 26 septembre 2025 169 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleAgriculture & alimentationTravail & emploi

BACKSEAT - S05E03 - SPÉCIALE au congrès des maires ruraux de France

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 52 %Attaque 27 %Défensif 19 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 6:43OuverteRéponse directe

    Peux-tu présenter la Fédération Nationale Solidarité Femmes ?

  • 7:52OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui explique la surreprésentation des féminicides en milieu rural ?

  • 9:56OuverteRéponse directe

    L'interconnaissance dans les petits villages est-elle un facteur aggravant ?

  • 10:39OuverteRéponse directe

    Est-ce plus difficile pour les victimes de violences de se protéger en milieu rural ?

  • 12:48OuverteRéponse partielle

    Envisagez-vous des actions de sensibilisation dans les écoles pour toucher les femmes rurales ?

  • 14:07OuverteRéponse directe

    Quelles mesures concrètes demandez-vous aux candidats aux municipales ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:58InvitéChiffre
    « En milieu rural, il y a 50% des féminicides, alors qu'il n'y a que 30% de la population. »
  • 8:24InvitéChiffre
    « En ruralité, il y a 80% des déplacements qui se font en voiture. »
  • 11:35InvitéChiffre
    « 75% des gens qui habitent à la campagne, c'est des classes populaires. »
  • 33:27InvitéChiffre
    « On va économiser 45 millions d'euros pour 15 000 missions de moins. »
  • 34:15InvitéFait
    « J'ai 50% du village qui vient aux cérémonies du 11 novembre et du 8 mai parce qu'il y a de la convivialité, parce qu'on se dit des choses. Parce qu'il y a de l'armagnac. »
  • 34:52InvitéFait
    « Il y a des moments, on est à disposition de la première baffe, c'est-à-dire que quand ça va mal, c'est nous qui prenons pour à peu près tout. »
  • 35:18InvitéChiffre
    « Moi, mon téléphone portable, je mets 200 habitants long. »
  • 35:34InvitéFait
    « Je crois qu'on a une force terrible d'avoir ces 35 000 maires et ces près de 30 000 maires ruraux qui font un travail fantastique parce que ce sont les plus petites alvéoles du poumon démocratique et républicain de la France. »
  • 35:51InvitéFait
    « Il faut leur donner, bien sûr, un petit peu de moyens en plus parce qu'on en a besoin, mais surtout, il faut leur apporter de la considération. »
  • 36:37InvitéFait
    « On est dépossédé et à la fois du droit et à la fois du fric. »
  • 36:50InvitéFait
    « Moi, mon intercommunalité, c'est 24 communes, 7000 habitants. Tout le monde se connaît et donc, on travaille ensemble. »
  • 37:13InvitéFait
    « La question de l'innovation et du dynamisme est très forte. »
  • 37:52InvitéFait
    « Être maire, c'est une aventure. D'abord, il n'y a pas que moi qui le dis. Même les gens qui ont été maires et présidents de la République disent que le plus beau mandat, c'est être maire. »
  • 38:53InvitéFait
    « On n'a pas de pétrole, mais on a des idées. »
  • 1:02:45InvitéFait
    « On a complexifié les choses d'une façon telle qu'au départ, quand je voulais monter un projet dans ma commune, le projet recherche de subvention, création du projet, démarche technique, etc. Allez, un an et demi, deux ans. Aujourd'hui, c'est un mandat. »
  • 1:04:03InvitéFait
    « Depuis quelques années, presque de trop nombreuses années. »
  • 1:08:29InvitéChiffre
    « Il y a seulement 17% des maires des communes rurales qui sont des femmes aujourd'hui. »
  • 1:12:30InvitéFait
    « Le Sénat a permis à ce que normalement dans une commune de moins de 100 habitants à la place de 7 nécessaires pour que la liste soit validée, il peut y avoir 5 personnes. »
  • 1:16:21InvitéChiffre
    « Nous avions 8 000 adhérents. Nous en sommes à 13 500. »
  • 1:36:19InvitéChiffre
    « il y en a une des syndicats mais d'ailleurs qui existe depuis 2016 je crois mais qui a rassemblé plus de 8 millions et demi d'euros »
  • 1:41:53InvitéChiffre
    « on est là pour dire on est en train de parler de 1800 foyers fiscaux »
  • 1:42:01InvitéChiffre
    « en France il y a environ 10 millions de personnes seules qui vivent avec moins de 1300 euros par mois »
  • 1:46:05InvitéFait
    « on est à l'association des maires ruraux de France »
  • 1:53:26InvitéFait
    « comment les agris aujourd'hui tiennent c'est héroïque d'arriver à se lever tous les jours sans vacances pour 350 balles par mois »
  • 1:53:45InvitéFait
    « une des causes profondes de cette situation c'est le libre-échange »
  • 1:55:33InvitéFait
    « c'est la grande alliance entre l'extrême droite et l'extrême argent elle est constante »
  • 1:56:51InvitéFait
    « on va se retrouver à manger des aliments ultra transformés ultra remplis d'OGM »
  • 1:57:30InvitéFait
    « le président de la FNSEA vend debout contre le Mercosur, alors qu'il y a quelques mois pendant le mouvement des agriculteurs ou pendant la loi du plomb, quand on a essayé de poser le sujet de l'emprise des multinationales sur l'agriculture mondiale, notamment l'agriculture française »
  • 2:01:14InvitéFait
    « quand un service public ferme, la population se met à voter plus pour l'extrême droite »
  • 2:01:45InvitéFait
    « il n'y a pas d'eau potable, il n'y a pas de système d'égout en 2025, des égouts à ciel ouvert »
  • 2:06:03PrésentateurChiffre
    « le RN reste le premier parti de France, ils sont à plus de 30% aux européennes »
  • 2:07:25PrésentateurFait
    « tu es le plus jeune maire de France, tu as été élu à 18 ans en 2020 à Vingt-Yeux »
  • 2:07:33PrésentateurFait
    « tu fais partie depuis mars dernier du printemps des maires »
  • 2:11:46PrésentateurChiffre
    « environ 500 maires démissionnent chaque année, 44% des maires déclarent avoir déjà pensé à démissionner »
  • 2:15:15Invité politiqueFait
    « il y a une sorte de lassitude, on se dit mais qu'est-ce qui va arriver où est-ce qu'on en est »
  • 2:16:59Invité politiqueFait
    « les maires ont encore une cote de popularité qui est supérieure aux autres »
  • 2:26:11Invité politiqueFait
    « les communes rurales en réalité elles progressent en termes de population et elles sont beaucoup plus jeunes que ce qu'on pense »
  • 2:26:32Invité politiqueFait
    « un discours global médiatique qui a tendance à nous dire nos communes elles sont vieillissantes elles se vident elles se referment sur elles-mêmes »
  • 2:30:57Invité politiqueChiffre
    « on nous a fait faire 85 milliards de coupes diverses et variées depuis 15 ans »
  • 2:35:36Invité politiqueFait
    « le protocole Covid pour les écoles chaque semaine il y avait des pages qui se rajoutaient pour savoir comment est-ce qu'il fallait ouvrir ou fermer la fenêtre »
  • 2:47:01InvitéFait
    « on est dans un moment d'essor clair de l'extrême droite »
  • 2:47:04InvitéFait
    « l'extrême droite financée a clairement des vues sur les élections municipales dans de très nombreux bourgs ruraux »
  • 2:47:28InvitéFait
    « ces gens-là ils ont été identifiés, ils sont financés notamment par des milliardaires comme Pierre-Edouard Sterrin »
  • 2:47:34InvitéFait
    « les maires ils votent pour le Sénat »
  • 2:47:38InvitéFait
    « si le Sénat passe à l'extrême droite c'est fini pour nous »
  • 2:47:43InvitéFait
    « on est vraiment à une période charnière de notre république et de la démocratie »
  • 2:48:10PrésentateurFait
    « ce qui est sûr c'est que vous pouvez tout à fait faire une politique antifasciste au niveau local »
  • 2:48:37InvitéPromesse
    « nous allons bientôt sortir un petit fascicule pour apprendre à décrypter les stratégies de l'extrême droite »

Temps de parole

  • Présentateur23 %
  • Invité19 %
  • Invité 219 %
  • Michel Fournier17 %
  • Invité 310 %
  • Invité 47 %
  • Invité 55 %

4,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

This episode is brought to you by FIFA World Cup, launch edition on Netflix. It's a fast, fluid game where your phone is the controller and your TV is the stadium. You just launch it on your TV, scan the QR code with your phone, and boom, you're shooting and passing in seconds. Plus, it's included in your Netflix membership with zero extra costs. Go to the games tab and play FIFA World Cup launch edition now, only on Netflix. Welcome to this episode of Backseat. Thank you, friends, for the applaudissements. You make pleasure. This episode of Backseat is exceptional with the Association of Mers Ruraux de France.

We are here at Poitiers, in direct to the conference of the Association of Mers Ruraux de France. One special episode, because next year, in the next year, it's the election municipally. The majority of the maires who will be elected or elected will be in small communities rurales. We wanted to make a special episode, loin of our usual studios of Paris. se rapprocher de vous. And voilà, on avait déjà fait Avignon l'année dernière, on avait déjà fait Strasbourg aussi, mais c'était le Parlement européen, c'était encore autre chose. Bref, nous voilà à Poitiers pour cette émission Backseat spéciale. Je suis entouré de chroniqueuses incroyables ce soir. Nous sommes avec Namou. Salut Namou.

Salut, salut. Ça va ? Ça va, super. Content d'être avec toi, Namou. Tu es journaliste indépendante, porte-parole de l'association des journalistes antiracistes et racisés.

2:00
Invité

Tout à fait.

2:00
Présentateur

La jarre.

2:01
Invité

Oui, oui, oui. Ça va ?

2:02
Présentateur

Première fois à Poitiers ?

2:04
Invité

Première fois à Poitiers ? Non, en fait, je suis déjà venue pour justement profiter du joyau de Poitiers qui est le Futuroscope.

2:11
Présentateur

Le Futuroscope, bien sûr, tout à fait.

2:13
Invité

Donc j'avais peut-être 10 ans, donc ça remonte un peu. Donc très contente d'être ici pour ce super congrès.

2:19
Présentateur

Contente que tu sois avec nous, Namou. On est également avec Latifa. Salut Latifa.

2:22
Invité

Salut Jean, salut tout le monde.

2:23
Présentateur

Tu vas bien ?

2:24
Invité

Oui, ça va, ça va très bien. Comme le lendemain d'une condamnation de Nicolas Sarkozy.

2:28
Présentateur

On va en parler, évidemment, bien sûr. J'ai tenu, j'ai tenu quand même un peu. T'as tenu, c'est vrai. Latifa, tu es directrice exécutive de l'ONG Le Mouvement et tu es journaliste. C'est ça. Tout roule ? Toi, Poitiers, déjà venue, jamais venue ?

2:40
Invité

Mais non, c'est la première fois dans le Poitou même de manière générale.

2:42
Présentateur

Dans le Poitou de manière générale. La météo n'est pas dingue, on va se le dire.

2:47
Invité

Quand il fallait venir à Avignon, vous ne m'avez pas appelée pour venir à Poitiers

2:51
Présentateur

presque en automne. Excuse-nous, Latifa, excuse-nous. Merci d'être avec nous. Et enfin, une nouvelle chroniqueuse qui vient de rejoindre l'équipe de Baxit. Un tonnerre d'applaudissements pour Lumir Lapray. Salut Lumir.

3:03
Invité

Salut Jean, bonjour à toutes et à tous.

3:06
Présentateur

Lumir, tu es activiste rurale, militante politique, ancienne candidate NUPES aux élections législatives en 2022. Dans l'un, là d'où tu viens ? Le plus beau département de France. Le plus beau département de France. Et tiens, on en parlait tout à l'heure pour les gens qui ne savent pas où c'est L'un, c'est où ?

3:22
Invité

L'un, c'est ce superbe département rural et industriel entre Lyon et Genève.

3:26
Présentateur

Entre Lyon et Genève. Merci Lumir de nous éclairer. J'avais un pote, il ne l'avait pas.

3:31
Invité

Oui, je pense que rarement les gens se sont posé la question. Qu'est-ce qu'il y a entre Lyon et Genève ? Et bien maintenant, vous avez la réponse.

3:35
Présentateur

Vous avez L'un et vous avez Lumir l'après. Voilà, maintenant vous aurez une raison d'y aller. Qu'est-ce que je voulais dire ? Tu sors un livre. Mais genre quand je dis tu le sors, tu le sors.

3:44
Invité

C'est-à-dire il y a deux jours.

3:45
Présentateur

Il y a deux jours, tu as sorti ce livre qui s'appelle « Ces gens-là, plongés dans cette France qui pourrait tout faire basculer ». Lumir, raconte-nous c'est quoi ce livre, c'est quoi ce projet ?

3:56
Invité

Et bien c'est une plongée dans les campagnes françaises, dans l'Inde, en l'occurrence la plaine de l'Inde, qui est la région de l'Inde où je viens. Et c'est une plongée dans ma vie, en fait, avec mes proches, ma meilleure copine d'enfance, ma voisine, ma nounou, le gars qui tient le PMU en face de chez moi, parce que je suis rentrée habitée dans l'Inde pendant le Covid. Et j'en avais vraiment marre qu'on soit instrumentalisés, qu'on soit moqués, qu'on soit dénigrés. Depuis les Gilets jaunes, tout le monde parle des campagnes, mais tu as l'impression que personne n'y a jamais foutu un pied.

Et j'en avais un peu marre, donc j'ai proposé une lecture qui est la mienne, qui vaut ce qu'elle vaut, mais voilà. Et elle s'intéresse aussi un peu à la politique parce que c'est quand même mon travail. Et moi je pense sérieusement que la gauche a encore pas mal de boulot à faire pour regagner le cœur et l'esprit des campagnards. Mais que c'est possible !

4:42
Présentateur

Ces gens-là aux éditions Payot, qu'on connaît bien, c'est la maison évidemment, 19 euros 50 centimes, à retrouver dans toutes les bonnes librairies. Merci les copains d'être avec nous à Poitiers pour cette émission spéciale, émission dans des conditions particulières. Je le rappelle pour celles et ceux qui nous rejoignent, on est en direct ici d'un congrès, c'est littéralement un salon professionnel. Il y a des stands absolument partout, je ne sais pas si vous avez eu l'occasion un peu de visiter. Moi j'ai vu des stands qui parlent de construction, de restauration, d'énergie. Il y a un stand qui propose de la fabrication de skateparks, c'est hyper important. Moi j'ai vu piscine.

De quoi piscine ? J'ai vu piscine.

5:17
Invité

Oui, mais après ça permet de voir aussi les thématiques plus qui concernent les milieux ruraux, les questions d'isolement, genre les amplis raisons de repas pour des seniors ou des choses comme ça.

5:27
Présentateur

Absolument. Lutte contre la désertification médicale aussi, j'ai vu un stand qui propose de la téléconsultation. Avec Lumir, on est tombé amoureux d'un stand qui fait des décos de Noël.

5:35
Invité

Extraordinaire ! Vraiment les décos de Noël, c'est vous monsieur ? Noël c'est le meilleur moment de nos villages. Nous avons beaucoup de talent sur les décos de Noël.

5:43
Présentateur

Exactement. Donc il y a une entreprise spécialisée qui est venue porter un stand ici. Donc non, vraiment un très très beau salon, un très très beau congrès. Parce que pendant ce temps-là, il y a une séance plénière avec un certain nombre de choses qui sont discutées. Tout à l'heure, ils ont fait une plénière sur les élections municipales de 2026. Là, ils sont en train de parler de je ne sais plus quoi d'ailleurs. Enfin bref, il y a toute une programmation pendant ce congrès de l'Association des maires ruraux de France.

Dans cette émission, dans cette émission Backseat spéciale ruralité, on voulait recevoir des personnes qui agissent dans la ruralité, des associatifs, des personnes qui montent des projets, qui tentent de redynamiser le tissu social, aider les maires dans les centres-villes également. Je vous propose qu'on accueille une première invitée, un teneur d'applaudissements pour Marie Dubost. Salut Marie, merci d'être avec nous. Marie, je te présente, tu es la responsable animation du réseau à la Fédération Nationale Solidarité Femmes. Est-ce que tu peux nous présenter cette organisation ?

6:46
Invité

Bien sûr, donc déjà bonsoir et merci beaucoup de m'avoir invitée. Je travaille à la Fédération Nationale Solidarité Femmes, qui est une tête de réseau féministe, qui a plus de 40 ans d'existence et qui rassemble en fait 83 associations partout en France qui sont spécialisées dans l'accueil, l'accompagnement et l'hébergement des femmes victimes de violences conjugales et leurs enfants. Et on gère également, on a créé il y a plus de 30 ans et on gère aujourd'hui le 3919, qui est le numéro national d'écoute, d'information et d'orientation pour les femmes victimes de toute forme de violence.

Donc je rappelle que c'est un numéro qui est complètement gratuit, anonyme, confidentiel, accessible 24h sur 24, 7 jours sur 7. Donc vous pouvez appeler ce numéro si vous vous posez des questions, que vous êtes un proche d'une victime, un professionnel aussi, et qu'il est accessible bien sûr en ruralité aussi dans les départements et régions d'outre-mer. Et donc notre réseau, il intervient aussi en ruralité bien sûr.

7:41
Présentateur

On va en parler justement parce que la raison pour laquelle on a voulu t'inviter Marie sur ce plateau aujourd'hui, c'est parce que vous lancez une campagne de communication et de mobilisation sur les violences faites aux femmes en milieu rural. C'est quoi cette campagne ?

7:54
Invité

Alors, en fait, cette campagne, elle part d'un chiffre assez alarmant. C'est qu'en milieu rural, il y a 50% des féminicides, alors qu'il n'y a que 30% de la population. Et ça, comment ça s'explique ? Est-ce que ce serait parce que les hommes ruraux sont plus violents que les hommes urbains ? Non.

8:11
Présentateur

Oui, c'est ce que j'allais te demander. Qu'est-ce qui explique cette disproportion ?

8:13
Invité

Non, en fait, les occurrences de violences sont les mêmes partout sur les territoires. Mais c'est les conséquences de ces violences qui vont être plus dramatiques en ruralité à cause de certaines spécificités. Notamment le manque de mobilité, puisqu'en ruralité, il y a 80% des déplacements qui se font en voiture. Donc voilà, si la femme n'a pas accès à une voiture ou qu'on appelle ça le contrôle kilométrique, si elle est contrôlée vis-à-vis de ça, les transports en commun, on sait que c'est compliqué en ruralité.

Et puis il y a aussi la question de l'accès aux services, que ce soit les services de santé, de gendarmerie, de justice, les associations spécialisées, surtout, qui essayent de faire de l'aller vers, mais qui ne peuvent pas être financées pour aller partout. Et donc ça, ça a pour conséquence, en fait, un retard dans la prise en charge, dans le repérage, puis dans la prise en charge des victimes. Et donc les femmes, qu'est-ce qui se passe pour elles ? Elles renoncent, elles renoncent aux soins, elles renoncent aux démarches juridiques, elles renoncent à l'accompagnement social. Et donc elles restent, en fait, au domicile à subir les violences. Et c'est pour ça qu'il y a plus de féminicides.

Les associations qui pourraient les aider, elles n'ont pas les moyens de répondre à toutes les demandes. Donc cette campagne, c'est parce qu'en fait, on fait ce constat qui n'est pas un constat essentialisant de la campagne, mais qui est vraiment un constat politique d'un désengagement de l'État qui fait suite à des décennies de politiques publiques qui n'ont pas priorisé la ruralité. Est-ce que dans l'élaboration de cette campagne, parmi les spécificités, évidemment, sans être essentialisant, il y avait le fait qu'on sait que les femmes victimes de violences ont souvent honte et c'est quelque chose qui les retient aussi, d'aller voir portée pleinte ou d'aller voir des associations, etc.

Quand on est dans des petits villages, etc., on sait que les informations circulent plus vite, où les gens se connaissent. Il y a une proximité qui est plus grande, en tout cas, que dans les villes. Est-ce que c'est aussi un facteur ou pas forcément ? Oui, l'interconnaissance, c'est un facteur, effectivement. Notamment, forcément, si la femme victime voit son mari qui joue au foot tous les dimanches avec le maire et le gendarme, c'est beaucoup plus compliqué pour elle d'aller demander de l'aide.

Les associations féministes spécialisées l'ont très bien compris, puisqu'aujourd'hui, elles savent que les femmes, elles ne vont pas forcément être en capacité d'aller pousser la porte de l'association. Et c'est pour ça qu'elles font ce qu'on appelle de l'aller vers, qu'elles doivent aller là où les femmes se trouvent de manière discrète. Il peut y avoir des permanences délocalisées ou des vannes itinérants qui sillonnent le territoire pour aller à leur rencontre aussi de manière plus discrète. Et c'est pour ça qu'on a besoin des élus. Et donc, les municipales, c'est aussi cette occasion de mobiliser.

10:39
Présentateur

Est-ce que c'est plus difficile pour les victimes de violences, de se protéger ou de se réfugier quand elles vivent en milieu rural ?

10:45
Invité

C'est plus difficile, notamment parce qu'on ne peut pas enjoindre aux femmes de partir si elles n'ont pas de toit sur la tête, si elles n'ont nulle part où aller, et surtout qu'elles ont souvent des enfants. Et en ruralité, il y a notamment la question de l'hébergement et du logement aussi qui se pose parce qu'il y a très peu de places d'hébergement spécialisées. Quand il y en a, il faut aussi financer l'accompagnement des associations qui va avec, l'accompagnement social, il y a peu de logements sociaux. Là, il y a une initiative qui a vu le jour qui est intéressante.

C'est, par exemple, vous savez, en ruralité, il y a beaucoup de logements de fonction, des écoles ou des collèges qui sont inoccupés, en fait. Pourquoi ne pas les remettre en l'état pour en faire des hébergements pour femmes victimes de violences avec leurs enfants, par exemple ? Laumir ? Oui, je pense que quelque chose d'autre, ça m'intéresserait que tu en parles un peu, c'est que souvent, on ne sait pas, parce qu'on parle de la campagne comme dans un espace géographique, mais c'est aussi un espace social. 75% des gens qui habitent à la campagne, c'est des classes populaires. Donc, en fait, il y a aussi, j'imagine, un sujet économique. Comment est-ce que ça se manifeste, ça, pour vous ?

Pour nous, ça va être un de nos axes de priorité dans notre plaidoyer, la question de la précarité des femmes en milieu rural. En fait, ce qu'il faut aussi savoir, c'est que dans le parcours de sortie des violences conjugales, l'indépendance économique est vraiment cruciale. Et en ruralité, on le sait, il y a des opportunités professionnelles plus limitées. Il va y avoir beaucoup d'emplois précaires chez les femmes, notamment dans les secteurs du soin ou de l'aide à la personne. C'est 25% des femmes, alors que c'est que 11% en ville. Pour les agricultrices aussi, les agricultrices, elles gagnent 30% moins que les hommes agriculteurs et leurs exploitations sont 40% plus petites.

Et je n'ai même pas encore parlé des DROM, mais je pense que c'est intéressant de souligner aussi que pour les femmes ultramarines, la vie chère...

12:26
Présentateur

Département, la région d'Outre-mer.

12:26
Invité

Voilà. La vie chère aussi, les impacts doublement. Par exemple, on a parlé à notre association de Martinique, qui nous a expliqué que les femmes aides à domicile là-bas n'ont pas les moyens d'avoir leur propre voiture, donc elles louent 25 euros par jour des voitures pour pouvoir faire les trajets entre les différentes familles.

12:44
Présentateur

Pour les femmes aides à domicile, non ?

12:46
Invité

Oui.

12:46
Présentateur

Vache. Namou ?

12:48
Invité

Par rapport à votre politique d'aller vers, justement, les femmes qui n'osent pas forcément se rapprocher des associations comme les vôtres, est-ce que, justement, il y a aussi une volonté, par exemple, d'intervenir auprès du public concerné, que ce soit dans les écoles ou pour sensibiliser, en fait, la population et leur faire connaître vos dispositifs, en tout cas, ce que vous aimeriez mettre en place pour les zones rurales ?

13:17
Présentateur

Oui. Alors, je vous le disais, on est en direct du congrès de l'Association des maires ruraux de France, donc il y a des annonces micro qui sont faites. Et actuellement, c'est quoi l'annonce micro ? C'est sur Backseat. C'est Backseat, bien sûr.

13:28
Invité

C'est à 21h.

13:30
Présentateur

Voilà.

13:36
Invité

Ensuite, Simon Chavanel et de Raphaël Rugon, de la Fédération des trucs... Ça va, c'est pas... On a perdu le petit Jean-Massier. Apparemment, sur le stream, en fait, ils n'entendent pas la voix

13:49
Présentateur

parce que les micros ne portent pas la voix. D'accord. Et nous, sur le plateau, on ne peut pas se concentrer parce que là, on a une annonce de gare. Excusez-nous, excusez-nous. On arrive tout de suite. On est toujours avec Marie Dubost. Et Namou, tu reposes une question que tu peux résumer.

14:05
Invité

Je repose ma question, du coup. Justement, par rapport à votre initiative d'aller vers le public concerné, est-ce que vous envisagez aussi de mettre en place des systèmes de prévention, de sensibilisation auprès des écoliers, des collégiens, des lycéens, en tout cas de la population qui est concernée par ces questions-là afin de leur faire connaître déjà vos associations et aussi vos... Comment on dit ? Justement, vos initiatives à venir.

14:42
Présentateur

Mais là, on entend si je ne suis pas... Marie, tu peux attendre si tu veux que ce soit fini. Il y a une annonce d'apéro. En plus, c'est hyper important. On est sur l'apéro du congrès de l'Association des maires ruraux de France. Et apparemment, les gens dans le chat me confirment qu'ils entendent bien. Ça va être pénible à un moment. Non, ça va aller, ça va aller.

14:58
Invité

Ok, vite.

14:59
Présentateur

Marie, c'est à toi, je t'en supplie.

15:01
Invité

Donc, effectivement, un axe aussi très important, c'est un peu le package sensibilisation, prévention, formation. Le rapport Femmes et ruralité du Sénat de 2021, il montre qu'en fait, les femmes, elles n'ont souvent aucune connaissance des dispositifs qui pourraient leur venir en aide. Donc, les... Je ne sais pas, je continue, je continue. Les municipales, c'est aussi l'occasion de rappeler qu'on peut mettre en place des campagnes d'affichage dans tous les lieux de vie ruraux, les mairies, les écoles, les CSAS, les pharmacies, les cabinets médicaux, et aussi formation des professionnels. Tous les professionnels qui peuvent intervenir dans la prise en charge des femmes.

15:40
Présentateur

Non, vas-y, Latifas, tu avais un petit peu demandé.

15:41
Invité

Oui, enfin, je ne sais pas si... Du coup, ils nous entendent, ils entendent ou pas ?

15:44
Présentateur

Ils entendent un peu, mais apparemment, ça ne les dérange pas.

15:46
Invité

Ah, d'accord, bon. Non, non, mais c'était parce que, comme tu as évoqué le sujet par rapport au municipal à venir, est-ce que, du coup, il y a un plan d'engagement sur lequel vous demandez au candidat au municipal de prendre un engagement, en fait, sur les mesures ? Enfin, ouais, quelles sont les principales demandes ? Merci beaucoup de me poser cette question. Donc, en fait, déjà, pourquoi est-ce qu'on part sur les maires ? Pourquoi les maires, c'est intéressant pour nous ? Vous l'avez dit tout à l'heure, sur 36 000 communes, il y a 30 000 communes rurales. Donc, les maires, c'est un peu le point commun entre toutes les formes de ruralité partout en France.

Et c'est aussi des acteurs clés de proximité. C'est des relais de confiance, souvent. Donc, ils ont vraiment un rôle crucial dans le parcours de sortie, en fait, des femmes victimes de violences. Et l'interconnaissance dont on parlait tout à l'heure, il y a vraiment un enjeu à ce que ça ne soit plus... Enfin, ça ne serve plus un système d'impunité, mais que ça serve, au contraire, un système de solidarité au sein des villages. Et les municipales, pour nous, c'est un levier très important parce qu'on défend que la lutte contre les violences faites aux femmes, c'est une responsabilité politique à toutes les échelles, y compris locale.

Après, bien sûr, ça doit être toute une chaîne parce que si les maires, ils n'ont pas les moyens non plus au-dessus, forcément, ils ne pourront pas faire grand-chose. Mais c'est pour ça qu'on va lancer une campagne de mobilisation parce qu'on aimerait lancer un mouvement pour faire évoluer un symbole dans nos vies. Au cœur de nos vies, c'est le mariage. En fait, on va s'appuyer là-dessus.

17:11
Présentateur

Vous voulez faire quoi, exactement ?

17:12
Invité

Parce qu'en gros, vous savez que c'est les maires qui prononcent les vœux de mariage. Et du coup, on aimerait s'appuyer là-dessus. Et d'ailleurs, s'il y a des personnes dans les campagnes municipales qui nous écoutent, ça pourrait vous intéresser. En gros, l'idée, ce serait que les maires s'engagent à dire oui à l'amour et non aux violences conjugales. Ah, donc au moment où ils célèbrent les mariages ?

17:31
Présentateur

Au moment de la célébration du mariage, il y a des applaudissements ici.

17:35
Invité

Je crois que ça leur plaît dans la mairie de Thibault, je pense.

17:40
Présentateur

Mais ça veut dire quoi concrètement ? Qu'est-ce qu'un maire rural qui veut s'engager à vos côtés peut faire ?

17:45
Invité

Alors, déjà, il y aurait cette campagne de mobilisation qui est un peu symbolique, la question du mariage. Une association féministe engage des maires à changer le discours des vœux de mariage pour y intégrer un nom ferme, parce que c'est un pacte républicain, le mariage aux violences conjugales. Ça montre que dans sa commune, en fait, ça ne passe pas. Donc, il prend position aussi contre les violences conjugales. Et on va aussi éditer un guide plus concret où il y aura plein, plein de mesures de comment peuvent s'engager les élus.

Je parlais des remises en l'état de logement de fonction, mais il y a aussi la question sur l'hébergement de créer un réseau intercommunal de mise en commun d'hébergement, parce que si la femme, elle est obligée de partir de chez elle, elle ne pourra pas rester dans le village. Donc, il faut qu'il y ait des solutions, en fait, dans les villages d'à côté. Et plein d'autres choses, notamment avec les associations aussi. J'avais une question qui est autour, justement, de cette interconnaissance. Parce que, est-ce que, souvent, les femmes que vous suivez, est-ce qu'elles demandent plutôt à partir du village et du coin ou est-ce qu'elles veulent plutôt rester ?

Parce que c'est à double tranchant, cette histoire. J'imagine que quand tu as tout un réseau de solidarité avec tes habitudes, etc., tu peux dire, pourquoi c'est à moi de partir, finalement ? Moi, je n'ai rien demandé, je suis une victime. Et puis, on sait aussi, dans les milieux populaires, que les grands-parents, les amis jouent un rôle, y compris un rôle de garde, etc. Et, en même temps, la perspective de rester dans le même village que ton agresseur doit être très compliquée. Donc, comment ça se passe, concrètement ? Oui, c'est sûr que pour les femmes... En fait, déjà, dans la majorité des situations, malheureusement, ce sont les femmes qui se retrouvent à devoir partir.

Et donc, en fait, il y a un véritable déracinement, comme tu le dis, en ruralité, encore plus dans les départements et régions d'outre-mer où ça peut impliquer carrément de devoir quitter l'île avec, déjà, le coût que ça peut représenter de prendre un avion avec toutes ses affaires, etc. Et donc, effectivement, l'idéal, ce serait de pouvoir... Enfin, ce serait que ce soit l'agresseur de partir. Ce n'est pas toujours possible parce que, bon, c'est des procédures, voilà, d'éviction du conjoint violent et des fois, le danger est trop grand et ça prend trop de temps. Donc, la femme, elle doit partir avec ses enfants, changer la scolarité, trouver des nouveaux modes de garde.

C'est très compliqué, ouais.

19:50
Présentateur

Merci, Marie Dubost, d'être venue sur ce plateau. Merci d'être venue témoigner et d'être venue nous présenter cette campagne que vous menez avec la Fédération Nationale Solidarité Femmes.

20:01
Invité

Merci beaucoup de m'avoir invité.

20:02
Présentateur

A très bientôt, merci, Marie. On continue, chers amis, sur ce plateau, à recevoir des personnes impliquées, des personnes qui militent, des personnes qui se battent dans la ruralité. Et on accueille tout de suite un nouvel invité. Il s'agit de Thibaut Renaudin. Viens, Thibaut, viens nous rejoindre sur ce plateau. Tu es le président d'Incite. Et tu es également le maire de Therme d'Armagnac, dans le Gers. Exactement. Tu vas bien ? Je suis en pleine forme. Merci d'être avec nous. Incite, ça existe depuis 2019. C'est une organisation qui aide gratuitement les communes de moins de 1500 habitants à accueillir des jeunes de 18 à 25 ans en service civique. C'est une sorte d'Erasmus rural.

J'adore l'expression Erasmus rural. C'est pas mal, hein ? C'est bien, c'est bien. Raconte-nous un petit peu comment s'est née cette initiative. C'est quoi le conseil ?

20:50
Invité

En fait, c'est exactement ce qu'a dit Lumière tout à l'heure. On est fatigué d'avoir des discours larmoyants sur la ruralité. Dans les territoires ruraux, les territoires de moins de 1500 habitants, les villages de moins de 1500 habitants, c'est 27 000 communes en France. Sur les 35 aujourd'hui, un peu moins de 35. C'est 27 000 communes. Dans ces 27 000 communes, il y a des gens extraordinaires, là comme ailleurs. Des maires, des responsables associatifs, des jeunes, des vieux, qui tous les jours mettent en place, inventent, portent des projets qui ont du sens au service de l'environnement, du lien social, de la lutte contre les inégalités. À tout niveau, il y a des gens fantastiques.

Sauf ces gens-là, ils ont... Alors, il y a des gens fantastiques, là, comme ailleurs. Mais eux, ils ont un point commun, c'est qu'ils n'ont pas beaucoup de moyens humains et très peu de moyens financiers. Et donc, ça génère une sorte de frustration de se sentir à côté d'eux, malgré l'initiative, l'engagement, le combat de tous les jours. Et donc, je me suis dit, avec d'autres, il y a 7 ans, il faut essayer de réunir deux choses qui étaient... Deux éléments qui étaient un peu contre-intuitifs. C'est-à-dire l'ultra-ruralité, qui a l'image de territoire, les pieds dans des bottes en caoutchouc, dans la glaise. Ça ne sort pas.

On a des valeurs, des traditions qu'on ne pourrait pas partager avec d'autres. Ça, c'est l'image un peu d'épinal. Et puis, des jeunes qui sont feignants, repliés sur eux-mêmes, qui ne s'intéressent pas au reste du monde, etc. Bon, déjà, Socrate... Enfin, Platon disait que Socrate disait la même chose il y a 2500 ans. Donc, on a voulu relier ces deux clichés. Ces deux clichés-là, tu dis, on va les péter les deux. Ceux-là, on va les réunir. Bon, quand j'ai eu cette idée-là, il y a des gens qui m'ont dit, l'idée est géniale. Mais est-ce que ça va marcher ? Est-ce que ça va marcher ?

Au bout de six ans et demi maintenant d'action, on accompagne, on est dans neuf régions, plus de 200 villages qui sont accompagnés et des jeunes qui vont dans tous les villages. La taille moyenne de nos villages, c'est entre 400 et 500 habitants. Ils vivent pendant six mois, par équipe de deux. Ils s'engagent 24 heures par semaine chacun. Ils s'impliquent au service de ceux qui font. C'est-à-dire qu'on n'est pas une association descendante, mais ascendante. On fait un petit travail de diagnostic territorial avec les maires. On va dire, voilà, qu'est-ce que vous faites comme projet ? Sur quoi on peut venir vous aider ? Donc, on définit deux, trois projets par jeune. Et ça, ça dure six mois.

Et ce dont on se rend compte, c'est d'abord que ça vit bien. Ça vit bien pourquoi ? Parce que les jeunes, ils sont encadrés, ils ont un service civique, ils ont une petite indemnité. Ils ont un logement gratuit. Il y a une double signification. C'est d'abord, le modèle économique, il est quand même plus facile quand on est émergé. Donc, il nous permet d'envoyer des jeunes partout. Et deux, ça veut dire bienvenue chez nous. Chez nous, c'est chez vous. Ça change tout, ça.

23:28
Présentateur

Je rappelle que le service civique, c'est un dispositif qui permet aux 18-24 ans de s'engager dans une association de 25 ans. 25-30 en situation de handicap. Oui, effectivement, qui permet de s'engager dans une association, une collectivité territoriale ou autre pour un contrat de 24 heures par semaine avec une indemnité. C'est quoi les types d'actions que mènent les jeunes ?

23:51
Invité

Alors, c'est très, très variable. Ça peut être un sentier de randonnée. Ça peut être un travail avec une EHPAD. Ça peut être un travail autour de la question du patrimoine, de la culture. La mémoire aussi. Vous avez fait tout ce truc autour des anciens qui racontent la mémoire du village. Et les jeunes, ils vont vraiment enregistrer ce qui s'est passé dans le village. C'est quoi cette place ? C'est incroyable. En fait, c'est un maillage de projets. Chaque village, dans les 200 villages qu'on accompagne, il y a une très grande diversité de projets.

Et ce qui est notable, c'est que, je salue Elodie qui est la cofondatrice avec moi à Dinsit, c'est qu'aujourd'hui, 20%, 18 à 20% des jeunes qui passent 6 mois dans les villages, qui viennent souvent de très loin, restent sur le territoire après. Et en 6 ans et demi, ça a créé 30 emplois directs, sans compter les emplois indirects.

24:43
Présentateur

Les jeunes s'installent.

24:44
Invité

Les jeunes s'installent dans les villages.

24:45
Présentateur

Ah, j'aurais dit que, d'accord.

24:46
Invité

Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? C'est qu'on a dans nos territoires, on a des émetteurs de projets. Des cellules locaux, des responsables associatifs qui ont plein de projets. Sauf que pour recruter des gens, dans leur environnement direct, les populations sont réduites. Et donc, on ne trouve pas forcément les gens. Nous, on est en contact avec plein de récepteurs potentiels qui viennent de France et d'ailleurs, d'Afrique, d'Europe, et qui sont intéressés par ces projets. Donc, on les fait venir.

Et faire en sorte qu'autour de projets communs et de vie commune, on apprend à se connaître, on apprend à s'engager ensemble, après, au bout de 6 mois, parce que chacun de nos villages sont des endroits extérieurs. Où qu'ils soient, de la Corse à la Normandie, de l'Alsace au Pays Basque, il y a des endroits extérieurs avec des gens extraordinaires. Tu l'as dit tout à l'heure, la ruralité, ce n'est pas qu'une géographie. C'est des gens qui vivent et des projets. Namou ? Parmi les jeunes qui, justement, rejoignent Insight, Insight, pardon, et qui font... On dit comme on aime. Insight. Et qui font, justement, ces services civiques. Quel type de profil vous avez ?

Est-ce que c'est forcément des jeunes issus de la ruralité ou pas forcément ? Est-ce que... Voilà, il y a... Enfin... Est-ce que vous avez un profil type ou pas forcément ? Surtout pas. Non, on n'a pas de profil type et les gens, ils viennent. Il y a à peu près autant d'urbains que de ruraux. Il y a un peu plus de femmes que d'hommes. Mais c'est des gens qui viennent d'un peu partout parce qu'ils postulent à des projets directement. Ils ne viennent pas à Insight globalement. Il n'y a pas de projet normé. C'est à tel endroit, dans ce village, ce projet sur l'environnement, sur le lien social, j'ai envie de m'y impliquer et donc j'y vais. Voilà.

Donc, il y a des gens qui postulent un peu partout.

26:28
Présentateur

L'année prochaine, c'est les municipales. Est-ce que Insight ne participe pas aussi à créer la nouvelle élite politique locale ?

26:34
Invité

Alors, je ne sais pas si c'est une élite. Mais en tous les cas, c'est des gens qui auraient envie. À quoi Insight a cette petite magie aussi ? C'est de faire en sorte que nos jeunes, ils vivent avec des élus locaux au moins 24 heures par semaine. Voir un peu plus parce qu'ils vivent là, ils sont bénévoles, ils s'engagent, etc. Ce qui fait qu'ils voient différemment la démocratie se décliner sur le terrain. C'est-à-dire qu'on n'est pas dans les enjeux nationaux de rupture, de fracture, de combat les uns contre les autres. Moi, dans ma mairie, qui sont élus avec moi, il y a des gens qui ne pensent pas comme moi. Mais on travaille ensemble. On construit ensemble.

Et donc, ces jeunes-là, ils ont une vision de la démocratie tout à fait différente. Donc, je suis convaincu. Là, c'est la première échéance électorale qu'on va vivre avec Insight. Mais je suis convaincu que ça va donner envie, c'est sûr.

27:21
Présentateur

OK. L'Oméen ?

27:22
Invité

Je voudrais bien ton avis sur un truc. Il y a quelques jours, j'ai discuté avec Manon Rousselopayet, qui dirige le MRJC, le plus grand mouvement de jeunesse rurale.

27:30
Présentateur

Le mouvement rural

27:31
Invité

de jeunesse chrétienne. Donc, le plus grand mouvement de jeunesse rurale. et elle disait « Ce que j'aime du MRJC, c'est qu'on prouve qu'on n'est pas obligé de faire un passage par la ville pour s'ouvrir l'esprit, etc. » Parce que beaucoup des préjugés qu'il y a sur les ruraux, notamment avec l'augmentation du vote RN ces derniers temps, c'est « Ah, mais c'est parce qu'ils ne sont jamais sortis de leurs trous, c'est parce qu'ils n'ont jamais vu autre chose, etc. » Et ce que je trouve vachement intéressant de Insight, c'est que vous, vous amenez les gens dans un village en partant du principe que c'est un changement, que c'est de l'ouverture d'esprit. Je voulais un peu ton avis là-dessus.

Oui, on participe à peut-être un peu modifier l'image des territoires ruraux. D'abord, on dit que les territoires ruraux, ces territoires, tous ces territoires ruraux, ils sont dynamiques, innovants, joyeux et solidaires. Dynamiques, innovants, joyeux et solidaires. Ça change la donne d'une image un peu moisi de ces territoires. Donc, ça crée de l'envie. Ça change l'image et on fait tout un travail de valorisation de ces villages. Pour ça, à chaque fois, on dit quand on arrive dans un village, c'est le plus beau village au monde. Et c'est à chaque fois les plus beaux villages. Tu l'as dit, ton département, c'était le plus beau département de France.

Est-ce qu'on va avoir une page sur le Gers ? Je n'ai pas réagi, mais évidemment que c'est le Gers. Mais chaque département, chaque village, il y a une fierté, mais c'est une fierté qui se partage. Et donc, on a des gens, on n'a pas besoin de faire forcément une grande école pour se révéler et de mener des projets extérieurs. J'étais en contact, je voyais un maire de Corse, un village de Balagne, 70 habitants. Il fait une cité de la musique. Il fait une cité de la musique. C'est un endroit incroyable. Il est déjà en lien avec plusieurs orchestres internationaux. Ça va rayonner 70 habitants. Donc, dans tous ces territoires-là, dans mon petit village, on fait le premier EHPAD 100%.

On est à 87% aujourd'hui de bio, de local en termes de restauration. C'est une innovation. Et donc, on arrête les laxatifs, la courbe des poids remonte, les gens sont plus en forme. Bilan, et c'est moins cher. Et c'est moins cher. Donc, il y a de l'innovation dans ces territoires, sauf que comme c'est 27 000 communes, c'est très atomisé. Donc, notre boulot, y compris avec une plateforme qu'on est en train de construire avec l'AMRF, avec Boucheton-Coc, avec Amolégé, c'est de travailler sur une plateforme qui s'appelle On Fait Campagne pour valoriser ça et montrer toutes les initiatives porteuses de sens qui marchent.

Et donc, pour faire en sorte que les collègues maires puissent s'en servir et ne perdent pas de temps à aller chercher des choses et s'en servent directement. Comment vous choisissez les villages avec lesquels vous allez collaborer ou dans lesquels vous allez envoyer des jeunes ? Est-ce qu'il y a aussi un choix entre guillemets politique ? Est-ce que vous travaillez avec des mairies d'extrême droite, par exemple ? Il n'y a pas beaucoup de mairies d'extrême droite, d'abord. Et ils ne font naturellement pas appel à nous. En tous les cas, on n'en a pas croisé. Ce n'est pas leur truc. C'est les mairies qui font appel à vous ?

Oui, c'est les mairies qui font appel à nous et ils doivent partager nos valeurs. Quand je dis la ruralité, dynamique, innovante, joyeuse et solidaire, évidemment que si on fait venir un jeune en service civique qui est originaire du Maghreb et qu'on nous dit non, ce n'est pas pour nous, évidemment que cette mairie n'a pas vocation à être dans le réseau d'Incy. Donc, on tient ferme sur nos valeurs et à la fois, on intègre, on discute, on échange avec les gens. C'est ça la force de la ruralité. C'est quoi votre modèle économique ? Comment vous vous financez ? Ça, c'est une bonne question. D'abord, l'intervention, elle est gratuite pour les villages.

30:56
Présentateur

D'accord, ok.

30:56
Invité

C'est gratuit. Donc, les villages ne participent pas. Mais les mairies adhèrent à Incyte, un prix libre, ça peut être quelques dizaines d'euros. C'est un prix libre parce qu'on est en gouvernance partagée. Donc, chaque partie prenante de notre réseau est partie prenante et travaille avec nous. Donc, il y a une adhésion. Sinon, ce sont... On a 45% de financement public, 55% de financement privé et les financements privés, c'est beaucoup de fondations. La Fondation de France, la Fondation de la France d'Angage qui nous a beaucoup accompagnés, mais aussi la Fondation SNCF, la Fondation RTE, HG2R La Mondiale. Bon, beaucoup autour de l'économie sociale et solidaire.

Et puis, après, des financements nationaux, le ministère de la cohésion des territoires, le ministère de la jeunesse, puis ensuite, les préfectures, les régions, les départements. Mais, il faut dire que les financements publics fondent énormément. Donc, on a un projet d'essayer de créer en plus une fondation pour venir aider les mairies, les petites mairies pour venir, non seulement on apporte des bras, des jambes des jeunes qui s'installent, mais on a envie de venir apporter. Il y a quelques... À 10 000 euros, 15 000 euros, on change un peu la vie dans un village. Namou ? Et au niveau des jeunes, comment vous faites justement pour les attirer vers votre initiative ?

Est-ce que vous faites des campagnes de communication au niveau des CRUZ, des facultés ? Comment tout ça se passe sur les réseaux sociaux ? Beaucoup les réseaux sociaux. Beaucoup les réseaux sociaux. L'agence du service civique, bien sûr, on a des fiches missions. On publie ces fiches missions. Et il n'y a pas besoin d'avoir des campagnes de communication de dingue parce qu'il y a une envie de s'engager. Nos jeunesses veulent s'engager. Il suffit de proposer des créneaux qui ont du sens, dans lesquels elles ont une plus-value, elles s'engagent vraiment, elles ne font pas juste des tâches subalternes. Elles montent des projets.

C'est pour ça qu'après, les gens ont envie de rester et de travailler sur place. Donc, ils sont considérés vraiment à égalité de droit et de dignité par rapport à n'importe quel autre citoyen du village.

32:53
Présentateur

On rappelle qu'il y a plus de jeunes qui voudraient faire un service civique que de services civiques disponibles.

32:58
Invité

Ça, c'est un vrai sujet. 150 000 missions de service civique en début d'année. Et là, avant l'été, on nous annonce qu'on va avoir 15 000 missions de service civique en moins. Ce qui est un scandale. On pourrait en avoir. Il faudrait qu'on en ait 200 000, 250 000. Il y en a 15 000 de moins alors qu'on est dans une période où on se dit la jeunesse va mal. Et ce qui est vrai, il y a des vrais problèmes de positionnement. Alors que ce dispositif porté autant par la gauche que par la droite, il marche, il fonctionne. C'est une vraie politique publique jeunesse qui est efficace. Eh bien, on va économiser 45 millions d'euros pour 15 000 missions de moins. Ce qui est pour moi un scandale absolu.

33:32
Présentateur

C'est con, il n'y a plus de SNU, on aurait pu prendre le pognon du SNU. Mais on l'avait dit, on l'avait dit, on l'avait dit plus d'une fois. Excuse-moi, Lumir.

33:39
Invité

On a vachement parlé de INSIT, mais tu es aussi maire. C'est quoi ton truc préféré sur le fait d'être maire d'une commune rurale ? M'occuper des gens. Je crois que c'est le truc le plus fascinant du boulot de maire. Je suis un jeune maire, entre guillemets, parce que ça ne fait que cinq ans que je suis maire, cinq ans et demie. Mais c'est être un couteau suisse dans un village et porter de l'attention à tout le monde. Et faire en sorte d'embarquer un collectif, de construire un collectif. Moi, toutes mes manifestations sont le moment de la convivialité, de l'échange, du partage. Le 11 novembre, je l'ai transformé en fête de la paix. Bon, voilà.

Et donc, j'ai 50% du village qui vient aux cérémonies du 11 novembre et du 8 mai parce qu'il y a de la convivialité, parce qu'on se dit des choses. Parce qu'il y a de l'armagnac. Alors, il y a de l'armagnac également, bien sûr, ça, c'est un élément fondamental. Mais pas que, mais en tous les cas, voilà. Donc, ce qui me passionne, c'est m'occuper des... Enfin, m'occuper, être au service des gens et construire une dynamique collective.

34:33
Présentateur

En même temps, on a aussi des témoignages qu'on entend d'élus locaux ruraux qui jettent l'éponge, qui démissionnent, qui ne se représentent pas avec un discours de trop de travail, trop peu payé. C'est un discours que tu comprends. Je te sens très volontariste, très joyeux, mais est-ce qu'il y a aussi une part d'ombre dans le mandat de maire ?

34:51
Invité

Bien sûr, il y a des moments, on est à disposition de la première baffe, c'est-à-dire que quand ça va mal, c'est nous qui prenons pour à peu près tout. Mais moi, je casserais un peu ce raisonnement misérabiliste sur les maires. Bien sûr, c'est un peu sensationnel de dire, il y a beaucoup de maires. Alors, c'est vrai, il y a des maires qui jettent l'éponge parce que la société va mal, parce que le rapport aux gens, il est difficile et parce que ça n'est pas simple de porter tous les jours et 24h sur 24. Moi, mon téléphone portable, je mets 200 habitants long.

Donc, alors, ils n'en abusent pas, mais ça peut arriver qu'un dimanche soir à 23h, j'ai un coup de téléphone parce qu'il y a une mamie qui ne va pas bien. Bon, voilà. Mais ça, on le sait. On le sait. Et puis après, on fait ça en équipe. Donc, moi, je crois qu'on a une force terrible d'avoir ces 35 000 maires et ces près de 30 000 maires ruraux qui font un travail fantastique parce que ce sont les plus petites alvéoles du poumon démocratique et républicain de la France. Il faut les accompagner. Il faut leur donner, bien sûr, un petit peu de moyens en plus parce qu'on en a besoin, mais surtout, il faut leur apporter de la considération.

35:56
Présentateur

J'allais te parler de ça aussi. Ce qu'on entend souvent de la part des maires ruraux, c'est la faiblesse des moyens, l'incapacité à agir, à transformer concrètement les choses. Tu nous as parlé tout à l'heure d'innovation, d'envie d'agir, d'envie d'énergie qui existe. Et pour autant, est-ce que tu as les moyens de remplir tes ambitions ?

36:14
Invité

On a les moyens d'inventer. On a les moyens d'inventer. Ça veut dire galère. Ah ouais, mais quand tu n'as pas beaucoup d'argent et pas beaucoup de gens, il faut inventer. Il faut être bon. Donc, on est tous des MacGyver couteaux suisses. Donc, on invente. Ce qui fait que ça fait, ça peut monter des projets extérieurs. Mais en effet, on a plus besoin de moyens. En effet, nos collectivités locales et l'intercommunalité pose une vraie question là-dessus. C'est qu'on est dépossédé et à la fois du droit et à la fois du fric. Et qu'on passe une partie principaux à avaliser des décisions qui sont prises ailleurs. Ça, c'est une vraie question démocratique qui se pose.

Pour autant, l'intercommunalité peut avoir un certain nombre d'avantages. Moi, mon intercommunalité, c'est 24 communes, 7000 habitants. Tout le monde se connaît et donc, on travaille ensemble. Mais quand on a une intercommunalité de plusieurs centaines de communes avec 100 000 personnes, le maire rural, bien sûr, il ne prend jamais la parole. Donc, à la fois, ça a une vertu, le fait qu'on n'ait pas beaucoup de moyens. Parce qu'on est obligé de se débattre et d'inventer. Et il y a vraiment des pépites. C'est vraiment extraordinaire. La question de l'innovation et du dynamisme est très forte. Et à la fois, c'est une entrave de temps en temps à pouvoir mener nos projets.

37:20
Présentateur

Dernière question, Latifa ?

37:21
Invité

Oui. Non, ça faisait penser vraiment à l'inventivité. On n'a pas de pétrole, mais on a des idées. Ce slogan dans la ruralité. Justement, là-dessus, qu'est-ce que... Là, c'est les élections municipales l'année prochaine. Je ne sais pas, est-ce que vous inciteriez un jeune à devenir maire de son village, à s'engager, etc. Je sais qu'on va recevoir le plus jeune maire de France après. Qui est chez Incite, en plus. C'est quelqu'un de bien, alors. C'est quelqu'un de remarquable. Mais du coup, vous incitez globalement les jeunes à... Non, c'est une aventure extraordinaire. Extraordinaire. Être maire, c'est une aventure. D'abord, il n'y a pas que moi qui le dis.

Même les gens qui ont été maires et présidents de la République disent que le plus beau mandat, c'est être maire. Parce que c'est un mandat de contact, c'est un mandat d'action, c'est un mandat qui est dans le réel. Donc c'est une aventure humaine extraordinaire. Il faut savoir s'entourer. C'est du temps. Il faut... On ne fait pas ça ni pour la gloire ni pour l'argent. Ça se saurait. Mais c'est une aventure humaine extraordinaire.

38:14
Présentateur

Merci. Présentez-vous aux élections l'année prochaine. N'hésitez pas. L'aventure municipale. Merci beaucoup Thibaut Renaudin d'être venu sur ce plateau. Je te laisse quitter le plateau. Thibaut, merci d'avoir été avec nous. Ça va toujours... Ouais, on peut l'applaudir. Ouais, ouais, carrément. Merci beaucoup. Bienvenue à celles et à ceux qui nous rejoignent. On est toujours dans ce backseat spécial ruralité en direct de congrès de l'association des maires ruraux de France. Lumir, ça va être ton premier quiz à la con. J'ai un peu peur. Le nom ne m'inspire pas confiance. Eh bien, t'as bien raison. C'est parti pour le quiz à la con, mesdames et messieurs. Let's go.

Alors, quiz à la con spécial mairie. Évidemment, les municipales, tout ça, on est au congrès de la MRF, il ne faut pas déconner. Première question de ce quiz à la con. Quelle est la particularité de la petite commune de Lemény-Lmitry en Meurthe-et-Moselle ? Réponse A. Est-ce qu'elle a le même maire depuis 72 ans ? Réponse B. Elle possède deux maires. Réponse C. Tous les maires de la ville ont toujours eu le même nom de famille. Ou réponse D. Elle n'a pas de maire du tout.

39:31
Invité

Déjà, j'ai l'impression d'être chez l'Opitalmo.

39:34
Présentateur

C'est compliqué aujourd'hui.

39:35
Invité

L'écran est très loin. C'est pour ça que je dis ça. Non, tout est possible, en fait. Tout est possible. J'ai l'impression que tout existe. 72 ans, il a 90 ans s'il a été élu à 18 ans.

39:47
Présentateur

Il y en a des vieux, des maires.

39:49
Invité

C'est le futur de notre invité. Hugo, est-ce qu'on te souhaite d'être en maire à 90 ans ? Le côté même nom de famille, ça ne m'étonnerait pas. Je suis d'accord. C'est ça, chez moi, on a eu Delavère-Pierre, il a été maire, puis député. Quand il est devenu député, son fils est devenu maire. Quand il est devenu sénateur, son fils est devenu député.

40:14
Présentateur

J'adore. Même ce genre de parcours. Évidemment, une pensée pour Louis Sarkozy qui se présente à Menton.

40:21
Invité

À qui on ne souhaite pas la victoire. Désolée. Alors là, franchement, c'est... Qu'est-ce que t'en penses, Latifa ? Non, mais moi, je suis d'accord avec Lumir et Enamou sur... Mais bon, est-ce qu'on ne va pas innover, justement ?

40:36
Présentateur

Ah ben, ça, je voulais se voir.

40:38
Invité

Est-ce que... C'est possible, une ville sans mer ? Malheureusement, il y en a plein.

40:44
Présentateur

Je le rappelle qu'une ville, une commune qui n'élirait pas de maire faute de candidats se retrouverait automatiquement sous administration préfectorale. C'est la preuve qui reprend la main.

40:55
Invité

La règle du jeu, c'est ça.

40:56
Présentateur

Il n'y a plus de maire, il n'y a plus de... C'est fini. Alors du coup, ça coûte moins cher, il n'y a pas de conseil municipal, il n'y a pas de... Voilà.

41:02
Invité

Comme j'ai appris quelque chose avec cette info, pour moi, c'est ça.

41:05
Présentateur

Ok, d'accord. Je regarde le chat, le chat a voté réponse C.

41:10
Invité

C'est quoi réponse C ? Je n'arrive pas à... C'est le même nom de famille. Mais alors, réponse B, c'est quoi ?

41:15
Présentateur

Elle possède deux mères.

41:16
Invité

Ah, deux mères ? Moi, je vais dire ça.

41:19
Présentateur

Tu vas dire réponse B ?

41:20
Invité

Je trouve que c'est une réponse à la con.

41:21
Présentateur

C'est un bon état d'esprit du coup de la con. C'est une réponse à la con. Oui, oui, oui. Donc réponse B, pour l'Oumir.

41:26
Invité

Moi, je vais finir dernière en fin de saison. Ah, parce qu'il y a un classement ?

41:29
Présentateur

Chaque chroniqueur à sa strat, il y en a qui veulent la win. Oui, quand même. Il y en a qui veulent... Je ne vais pas savoir... Qu'est-ce qu'on gagne ? Rien, absolument rien. C'est ridicule.

41:38
Invité

D'accord.

41:39
Présentateur

Donc, vas-y. Je vais dire deux mères aussi. Donc, réponse B. Toi, tu dis quoi ?

41:43
Invité

Moi, je dis pas de mère. Pas de mère.

41:45
Présentateur

Pas de mère pour Latifa. Réponse C pour Namou. Même nom de famille. La bonne réponse, mesdames et messieurs, c'était la réponse C. Le même nom de famille. Tous les mères de l'Euménilmitri s'appellent Demitri. Il faut dire que c'est une commune dont la population culmine à quatre habitants et qui n'a eu que deux mères depuis 1977. Il y a eu Henri Demitri et Jean-Yacinthe Demitri.

42:09
Invité

Demitri, c'est le nom du village aussi.

42:12
Présentateur

Oui, c'est le nom du village. Voilà,

42:13
Invité

c'est leur village.

42:14
Présentateur

C'est littéralement leur bled, quand on parle de fief.

42:17
Invité

Le conseil municipal, c'est une réunion de famille.

42:21
Présentateur

Autre fun fact. Lors du premier tour des présidentielles de 2022 à l'Euménilmitri, Macron, Zemmour et Le Pen ont toutes les trois fait 33%.

42:28
Invité

Ah bah la famille ne s'est pas entendue là. Une commune où il fait bon vivre.

42:34
Présentateur

Il y a eu trois bulletins de vote. Un Le Pen, un Macron et un Zemmour.

42:38
Invité

Ah les repas de famille.

42:39
Présentateur

Il y a bien une commune qui a eu un maire pendant 72 ans. C'est la commune de Basol avec André Cornu qui a été maire de 1815 à 1887. Waouh. Ça date.

42:51
Invité

C'est rare de vivre si vieux à l'époque.

42:54
Présentateur

Et il y a bien une ville qui possède deux mers. C'est la mairie de Saint-Santin qui est à cheval sur le Cantal et l'Aveyron et qui est divisé en deux communes.

43:05
Invité

Eh ben d'accord.

43:06
Présentateur

Voilà. Deuxième question de ce quiz à la con. Dans l'est de la France, surtout en Bourgogne et en Franche-Comté, il existe un type de mairie un peu particulier mais assez répandue. Est-ce que c'est les mairies lavoir ? Est-ce que c'est les mairies cavavins ? Les mairies horloges ou les mairies fromageries ?

43:33
Invité

Il y a des lavoirs dans tous nos bleds. Ça, c'est vrai. C'est le lieu de l'abribus, le lavoir ou le city-stade. C'est là où on se réunit. Donc, c'est plausible. Mais le fromage, on est... Mais en Bourgogne. C'est vrai. Le vin ? Horloge. L'horloge ? La mairie horloge, ça fait un peu... C'est leur côté germanique. Avec la frontière, ils veulent être très à l'heure. Il n'y a pas des horloges sur toutes les mairies ? Un peu, non ? C'est moi qui hallucine, là ? Est-ce que tu viens de Bourgogne ou de Franche-Comté ? C'est comme ça qu'on va savoir.

44:01
Présentateur

Il n'y a pas des horloges sur toutes les mairies.

44:03
Invité

Je confonds avec les églises.

44:04
Présentateur

Je confonds avec les gares.

44:06
Invité

Je confonds avec les gares. Je confonds avec les gares. Ah ouais, purée. Dans mon esprit, mais ils sont bêtes ou quoi ? Moi, je veux dire Cavavin. Une mairie horloge, à part avoir une... C'est une mairie avec une horloge Ben, en fait.

44:18
Présentateur

Non, ce n'est pas Big Ben, c'est Petit Ben. C'est la version mairie locale, quoi.

44:28
Invité

Ouais. Non, mais Cavavin, ce serait trop cliché, quoi. C'est la réponse à la con, quoi. Le chat... En tout cas, toutes les réponses,

44:36
Présentateur

c'est vraiment la France. Je vous donne une indication, vous en faites ce que vous voulez, mais le chat a voté réponse C.

44:42
Invité

Qui est Cavavin ?

44:43
Présentateur

Horloge.

44:44
Invité

Horloge. Mais ça ne peut pas être encore la réponse C, c'était déjà la réponse C avant. Ah, oula, on est sur des strats, là.

44:50
Présentateur

Tu ne connais pas les gens qui font le coucher la con, toi. Non, c'est ce genre de strats-là.

44:55
Invité

Je crois que je vais rester sur le dé, parce que je me dis, c'est peut-être le moyen d'allier... L'utile et l'agréable. L'utile et l'agréable, et surtout, manque de locaux. Du coup, on met la fromagerie dans la mairie, quoi.

45:08
Présentateur

Non, mais si tu avais le choix, parce que moi, si j'avais le choix, je ferais dans ma mairie, si j'étais maire, je ferais une mairie cybercafé. On pourrait jouer, on pourrait faire des petites lannes, des trucs... Franchement trop cool. J'achète. Non, c'est utile pour les gens. Tu marches, il est quelle heure ? Tiens, j'ai une horloge. Mairie cybercafé. Moi, je ferais une mairie coffee shop.

45:26
Invité

La vraie bobo, tu sais. J'avoue, je vote pour la mairie cavavin. Je vote pour une mairie cavavin. Et fromage en option, si c'est possible.

45:35
Présentateur

Cavavin, fromagerie. Bon, allez, vos réponses. Réponse D, du coup. Réponse D pour Namou. Réponse C, mairie horloge, pardon. Réponse C pour Latifa, comme le tchat.

45:46
Invité

B, cavavin.

45:47
Présentateur

Réponse B pour Lumir, mairie cavavin. La bonne réponse, mesdames et messieurs, personne ne l'avait, c'était la mairie l'avoir. Non !

45:54
Invité

Sur Lumir, elle avait bien commencé.

45:56
Présentateur

Ouais, ouais, ouais, ouais. Mais alors,

45:58
Invité

pourquoi la Bourgogne et la Franche-Comté ?

45:59
Présentateur

Eh bien, il y en a beaucoup là-bas.

46:01
Invité

OK. Les autres ne l'avaient pas à leur vêtement.

46:03
Présentateur

Non, il y en a aussi ailleurs. Mais voilà, vous avez eu un exemple, la mairie l'avoir.

46:06
Invité

Ah, ouais !

46:07
Présentateur

Ça existe vraiment. C'est pas mal. Il y a une page Wikipédia, mairie l'avoir, si vous voulez y aller, n'hésitez pas. Donc voilà, troisième question de ce quiz à la con. Devinez combien de mètres carrés fait la plus petite mairie de France ? Il n'y a pas de proposition de réponse. Ah, il n'y a pas de...

46:27
Invité

Oula !

46:29
Présentateur

Vous devez nous... Vous devez donner une estimation.

46:32
Invité

Et il y a à combien de mètres carrés près ?

46:35
Présentateur

À un mètre carré près ? Non, je n'en sais rien. On verra. La plus proche gagne. Oui, c'est ça. La plus proche gagne.

46:39
Invité

Neuf mètres carrés. Neuf mètres carrés ? OK. Un Kajibi, quoi. Une mairie. Oui, bah oui.

46:45
Présentateur

Je te comprends. Six.

46:47
Invité

Six mètres carrés. Non, c'est pas possible. Même sur une île, c'est plus grand. Non, j'abuse. Vingt.

46:52
Présentateur

Vingt mètres carrés pour Lumir. OK.

46:56
Invité

Ah, moi, je pense que c'est moins que ça, hein, ouais. Moi, je mettrais un petit... Même moins que neuf.

47:01
Présentateur

Vas-y, combien ?

47:02
Invité

Je ne sais pas. Cinq.

47:04
Présentateur

Cinq mètres carrés.

47:06
Invité

Mais l'autre jour, j'étais sur une île où il n'y a que 80 habitants.

47:09
Présentateur

Oui.

47:09
Invité

Superbe île bretonne de Eddick. Eddick, bien sûr, j'y suis allé cet été aussi. Eh bien, des gens ici présents se sont mariés à Eddick récemment.

47:16
Présentateur

Trop bien.

47:17
Invité

Et il y avait donc une mairie, vu que c'était un mariage, et la mairie faisait clairement au moins 20 mètres carrés.

47:23
Présentateur

J'ai vu la mairie d'Eddick, elle n'est pas grande. L'école d'Eddick, elle a de la gueule, par contre. L'église est immense. Vu la taille de l'île. Mais tu as raison. Non, non, mais tu as raison, c'est pas grand.

47:32
Invité

Tu vois, toute petite île, plus de 20 mètres carrés, c'est mon raisonnement. Est-ce qu'il se vérifie ?

47:40
Présentateur

Qu'est-ce que vous m'avez donné comme réponse, je ne me souviens plus ?

47:44
Invité

Je dis cinq. Neuf.

47:46
Présentateur

Cinq, neuf. La bonne réponse, mesdames et messieurs, c'est 8 mètres carrés. Bravo, Namou. Pas loin du perfect. Pas loin du perfect. 8 mètres carrés. Voilà, vous avez la photo. C'est la plus petite mairie de France. Tu te mets au-delà. La commune de Saint-Germain-de-Pasquier n'avait pas de mairie. En 1910, le maire a alors décidé de faire de la chapelle Sainte-Clautilde une mairie. La mairie est donc une toute petite, comme vous pouvez le voir. Mais il y a quand même tout ce qu'il faut comme dans une mairie traditionnelle, une vieille Marianne, un portrait du président et un isoloir.

48:22
Invité

Mais où font-ils les mariages ?

48:25
Présentateur

Sur le trottoir.

48:26
Invité

Ça suffit, oui. Ça suffit, oui. Il y a besoin que les deux personnes, le maire, le témoin, c'est vrai. OK. J'imagine un KGB, mais là, ça va, en fait. Oui, 9 mètres. Namou, elle est matricée par l'immobilier à Paris, je crois. Non, ce qui est joli, moi, je pense que ça va être mignon.

48:44
Présentateur

Mais alors, effectivement, comment tu vas faire changer ta carte d'identité ? Je veux dire, c'est un process.

48:49
Invité

Tu vas dans la mairie, tu prends ta voiture.

48:52
Présentateur

Moi, je me souviens, quand je bossais en mairie, je considérais que le métier le plus formidable, c'était les gens qui sont à l'accueil de la mairie. La quantité de gens qui se présentent pour des problèmes qui n'ont rien à voir avec les compétences municipales, mais tu ne peux pas en vouloir aux gens parce qu'ils n'en savent rien. Et même nous, on a du mal, même nous, on galère à se rappeler de quoi la mairie est responsable par rapport au département, par rapport à la préfecture, etc. C'est vraiment... Enfin, voilà, l'accueil d'une mairie, c'est vraiment incroyable. Je recommande, faites-le. Quatrième question de ce quiz à la con.

Avec plus de 35 000 communes, non, avec près de 35 000 communes en France, il se passe toujours des bizarreries aux élections municipales. C'était, par exemple, le cas en 2014. Mais qu'est-ce qui ne s'est pas produit dans ces élections ? Parmi ces trois propositions, il y en a une qui n'a pas eu lieu. Les trois autres ont vraiment eu lieu. A vous de trouver laquelle ? Réponse A. Une égalité parfaite entre deux candidats dans une commune du Haut-Rhin. Réponse B. Un taux de participation de 0% dans une commune du Perche. L'élection d'un mort dans une commune du Nord. Un score de 100% dans une commune du Loiret.

50:05
Invité

Ah, waouh ! Qu'est-ce qui ne s'est pas passé ? On connaissait les électeurs morts, mais les élus morts ?

50:11
Présentateur

Quand je l'ai dit, Lumir, elle a dit c'est sûr, c'est arrivé.

50:15
Invité

Ouais, ça me paraît hyper plausible. Ah, mais moi, si. Après, je ne fais que de perdre. Alors, je ne sais pas si... Après, ça peut être quelqu'un qui est décédé au moment des résultats. Oui, c'est ça. Voilà, et tu as élu un mort comme ça. Et le choc de l'émotion.

50:28
Présentateur

Ouais, l'émotion de l'élection. C'est moche, quoi.

50:30
Invité

Qu'est-ce que tu fais s'il y a une égalité parfaite ? Tu refais ?

50:33
Présentateur

Non, je crois que les règles dans le code électoral, c'est que c'est le cadet qui partagent, ouais. C'est complètement absurde, mais... Alors qu'on ferait ça à pile ou face, franchement.

50:46
Invité

Ça se voit, ils étaient en fin de journée quand ils ont décidé ça. Mettez l'âge. Mais ça serait... Ouais, alors... Le score de 100%, moi, je dirais 0%.

50:58
Présentateur

Toi, tu dirais 0%.

51:00
Invité

C'est improbable qu'il n'y ait pas une personne qui se déplace. Une personne, genre le maire, tu vois. Il ne veut pas être élu. Les gens qui tiennent le bureau de vote, ils se sont pointés. Ils ont tenu le bureau de vote toute la journée. Ils n'ont même pas mis un bulletin.

51:10
Présentateur

C'est vrai que tu as raison que je précise parce que s'il n'y a pas de liste de candidats déposés en préfecture pour une mairie, il n'y a pas d'élection dans cette ville. Ce n'est même pas la peine de... On ne met pas d'isoloir et tout. Ça ne sert à rien.

51:20
Invité

Ouais, bah oui.

51:21
Présentateur

Donc, 0%, ça veut dire que même les mecs qui ont déposé leur liste ne sont pas présentés.

51:25
Invité

Ouais, c'est... Alors que le score de 100%, s'il y a deux personnes qui sont d'accord. C'est possible. Voilà, c'est bon. Je crois, il est super dur ce quiz à la con. Il est dur, hein. Je fais une contre-performance totale. D'habitude, là, je n'ai aucune bonne réponse. Ce n'est pas normal. Je ne suis pas venue jusque dans le Poitou pour me faire le milieu. Enfin... D'habitude, je n'y arrive pas des masses, mais là, je fonctionne un peu par la logique. Alors que d'habitude, non. Mais du coup, le B, en vrai, ça ne te dit rien, toi. Qu'est-ce qui ne s'est pas passé, quoi ? B, c'est quoi, c'est ? Participation de 0%.

52:09
Présentateur

Après, ça peut... Je ne sais pas, je réfléchis, mais je me dis que ça peut arriver.

52:12
Invité

Mais tout est plausible.

52:14
Présentateur

Ouais.

52:15
Invité

Il est très con, ce quiz à la con. Il est très, très con.

52:19
Présentateur

Allez, je reste sur le B, moi. Allez, réponse B pour Namou. Moi aussi.

52:22
Invité

Là, je suis Namou, là. Pareil.

52:24
Présentateur

Réponse B pour Latifa. Réponse B pour Lumir. Réponse B pour le tchat. La bonne réponse, c'était la réponse B. Bravo. Allez. 0%. Effectivement, à notre connaissance, aucune commune n'a eu un taux de participation de 0%. Les trois autres réponses ont bien eu lieu. La commune de Ferrière-la-Petite a réélu pour son cinquième mandat un certain André Marchand qui est décédé cinq jours après le dépôt des listes. C'est donc sa première adjointe qui a été élue par le conseil municipal. À sa place, à Danemarie, dans le Haut-Rhin, deux candidats ont reçu exactement 468 voix. Ils ont dû appeler la préfecture pour savoir quoi faire. Et à savoir, il y a eu un second tour pour les départager.

Ah, c'était... Ils n'ont pas pris le plus jeune. C'est bizarre. Je ne sais pas, c'est bizarre. Ok, d'accord. Un second tour pour les départager. C'est ce qu'il a fallu faire, d'accord. Et à Sandillon, dans le Loiret, un certain Gérard Malbeau a reçu 100% des suffrages exprimés avec 1417 voix. Ah, beau gosse ! Waouh ! Il est populaire ! Pas mal ! Je me disais que c'était le seul candidat.

53:28
Invité

Ah, d'accord. Moi, je me disais aussi. Quand même, quand même.

53:33
Présentateur

De 90%, le mec est détesté. Mais juste comme personne ne s'est présenté face à lui, il a 100% des voix. Incroyable. Cinquième question de ce quiz à la con. Quel duel de candidats n'a, à notre connaissance, jamais existé lors d'élections municipales en France ? Réponse A. Un père contre son fils. Réponse B. Deux personnes ayant exactement le même nom et prénom. Réponse C. Un homme contre son propre chien. Ou réponse D. Un couple marié.

54:11
Invité

Non, mais le chien... Chien ? Si c'est légal, c'est un problème. Il faut que quelqu'un fasse quelque chose.

54:16
Présentateur

Il vérifie à la préfecture les cartes d'identité quand tu présentes une liste ?

54:20
Invité

Oui.

54:21
Présentateur

Oui.

54:22
Invité

Oui, parce que tu dois signer ton acte de candidature. Donc, je ne vois pas à...

54:25
Présentateur

Oui, mais tu peux présenter un chien en te faisant passer pour...

54:28
Invité

Ah non. En fait, non. La probabilité aussi des homonymes, des deux gars qui ont le même prénom... Non, mais le chien, pardon, mais... Est-ce qu'on peut dire que si on vit dans un pays où un chien peut être élu, c'est un problème ?

54:45
Présentateur

Oui, oui, oui. Non, mais oui. J'en sais rien.

54:48
Invité

Tu n'avais pas l'air paniqué à la potentialité que ce soit possible.

54:52
Présentateur

Il y a d'autres pays en Europe où je crois que c'est possible, mais parce qu'en fait, les élections sont plus honorifiques que chez nous. C'est un officier d'état civil, c'est un peu complexe. Mais c'est déjà arrivé qu'on présente des moutons, qu'on présente des tortues et que les gens votent pour les lire et c'est une manière de se moquer de l'élite politique locale.

55:07
Invité

Oui, parce que finalement, on a plein d'hommes politiques beaucoup moins sympathiques que des chiens. Ça, c'est vrai. Il y en a deux, trois, je voterai pour le chien en face. Oui, mais là, du coup, c'est le chien de l'homme qui se présente face à lui. Il se présente face à lui. Oui, en plus, qui a pris la décision pour le chien ? Il a autoproposé son chien au scrutin ? Non. Là, excusez-moi, mais c'est un peu nous

55:28
Présentateur

que vous le croyez pour des cons. Je ne sais pas. Il a voulu... Il présente un québard.

55:32
Invité

Oui, c'est vrai. Prendre les voix du parti animaliste. Exactement. Ils sont trois. Non, mais oui, c'est trop gros. Les autres, vous en pensez quoi ? C'est hyper possible. C'est hyper possible. C'est faire un père contre son fils normal, un couple marié classique. Ils ont besoin de mettre un peu de piment dans leur relation. Chacun avec sa propre étiquette.

55:52
Présentateur

Chacun son étiquette et on se retrouve dans le lit. Oui, non, pas mal.

55:55
Invité

On va voir qui est qui. Et sinon, après, homonyme. Homonyme, oui.

56:00
Présentateur

Homonyme, ça a dû arriver. Je ne sais pas.

56:02
Invité

Il y a juste une lettre qui change.

56:03
Présentateur

Je regarde ce que le tchat a voté. Le tchat a voté le chien. Le tchat a voté le chien. Réponse C. Réponse C. Quelles sont vos réponses ?

56:13
Invité

C.

56:14
Présentateur

C pour tout le monde comme pour le tchat. Si, c'est ça. La bonne réponse, mesdames et messieurs, c'était la réponse C. Bravo. L'homme contre le chien à notre connaissance. Ça n'est jamais arrivé. Par contre, les autres cas de figure ont bien existé. À Aumont, dans le Nord, un père qui était mère sortant a affronté son fils aux élections de 2020.

56:35
Invité

Ils ont la même tête. sur fond

56:38
Présentateur

de conflits familiales très durs. C'est finalement le fils qui l'a remporté à 53% contre 47%.

56:45
Invité

La relève. L'ambiance de merde. La Noël, ça te fait des impas. Après, j'avoue que si mon père mettait des doudounes fines comme ça, moi aussi, je me présenterais contre lui. Sans manche. Elles disent quelque chose politiquement, ces doudounes. Mais bref, on en reparlera.

56:58
Présentateur

On en reparlera. On sent qu'il y a de la revendication là. Donc ça, c'est vraiment arrivé. En 2020, au Bacarès, dans les Pyrénées-Orientales, le maire sortant a dû affronter sa femme avec qui il venait de se séparer. Non ! Encore mieux ! J'adore ! C'est finalement le maire sortant qui a remporté l'élection, sa femme n'obtenant que 30% des suffrages et lui, 60%.

57:21
Invité

Franchement, c'est incroyable ! Et là, vous allez me dire, Danny Boone, il n'a pas fait de film avec ça.

57:25
Présentateur

J'avoue, j'avoue, Danny Boone, qu'est-ce que tu fous ?

57:27
Invité

Tu leur donnes des idées là.

57:28
Présentateur

C'est incroyable. Il y a bien deux candidats qui ont porté le même nom. C'était Bernard Charrier en 89. Et devinez quoi ? C'est Bernard Charrier qui a gagné.

57:38
Invité

Incroyable ! Comment ils ont su pour les départager ? Le nom de la liste ? Oh non ! Je voulais voter pour Bernard Charrier.

57:43
Présentateur

J'ai voté pour l'autre. Les autres membres de la liste ? J'en sais rien.

57:48
Invité

Quand on dit sur un malentendu, ça peut marcher...

57:51
Présentateur

C'était déjà arrivé ton homonyme ?

57:52
Invité

Moi, un homonyme L'Humir, non.

57:54
Présentateur

L'Humir, l'après, non.

57:55
Invité

Jamais. Jamais on crée d'autre L'Humir.

57:58
Présentateur

Non, je ne sais pas où ça vous est déjà arrivé aux élections de vous retrouver face à vous-même. Non, non. Tu as déjà été candidate d'un amour à une élection ? Jamais. Non, jamais ? Peut-être aux délégués de classe, peut-être, mais c'est le plus loin que j'ai fait. Moi, j'ai été giga élu délégué de classe. Carrément.

58:16
Invité

Ah oui, tout le temps, chaque année ?

58:17
Présentateur

Je siégeais au conseil d'administration et tout. Moi aussi ? En même temps, j'avais organisé les blocus et tout,

58:21
Invité

donc forcément... J'avoue, le conseil d'administration du collège, c'était...

58:25
Présentateur

Et toi, Latifa,

58:26
Invité

candidate ? Non, le max, élu au conseil d'administration de mon collège.

58:29
Présentateur

Conseil d'administration du collège ? Ok, d'accord. Et toi, je rappelle que tu as été candidate NUPES en 2022.

58:34
Invité

Tout à fait, mais j'avais aussi été déléguée. Sauf en quatrième, où je n'avais pas été élue. Il y avait eu une mutinerie.

58:40
Présentateur

Merde ! Quelqu'un qui t'était passé devant ?

58:42
Invité

En plus, j'avais fait une très mauvaise campagne. J'avais vraiment fait campagne sur vous savez, parfois on vous dit le changement c'est bien, mais en fait, pourquoi changer une équipe qui marche ? C'était absolument pas inspirant. J'ai perdu. Non, c'était nul, Lumir, c'était nul.

58:54
Présentateur

C'est Namu qui gagne ce quiz à la con. Bravo ! Incroyable. Victoire de Namu pour ce quiz à la con.

59:01
Invité

Je crois que c'est rare. J'en profite.

59:04
Présentateur

Je savoure. Chers amis, nous allons continuer cette émission Backseat spéciale, congrès de l'association des maires ruraux de France en accueillant le président de cette très belle association. Un teneur d'applaudissements pour Michel Fournier. Pas vous ? Pardon ?

59:27
Invité

Plus d'applaudissements.

59:29
Présentateur

Plus d'applaudissements ? Il faut plus. Non, non, mais il faut venir. Michel Fournier, donc président de l'association des maires ruraux de France depuis 2020. Maire de Voivre dans les Vosges. Les Voivres. Merci beaucoup. Prenez le micro qui est devant vous. N'hésitez pas à bien le tenir devant votre bouche. Merci d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Backseat. On est très heureux d'être ici en direct du congrès de votre association. Ça se passe bien ? Il y a du monde ? Vous y retrouvez l'atmosphère que vous y cherchiez ?

1:00:00
Invité

La journée, la première journée, on ne peut pas dire que ça se passe mal quand même. Quand on voit un peu le nombre de participants, le nombre de maires qui se sont déplacés et puis l'organisation ici, c'est vraiment quelque chose d'extraordinaire. donc je voudrais féliciter que j'en profite quand même Cyril Cyber qui est la cheville ouvrière au niveau du département et puis bien entendu nos équipes à la MRF. Mais je voudrais aussi remercier les différentes personnalités qui nous ont rejointes ce matin parce que ça donne aussi un crédit. Vous aviez qui comme personnalité ce matin ? Il y avait déjà moi en toute modestie. Tout à fait. T'as une autre question ?

1:00:44
Présentateur

Tout à fait. Je crois qu'il y avait la présidente de l'Assemblée nationale.

1:00:46
Invité

Il y avait la présidente de l'Assemblée nationale. Il y avait le président du Sénat et il y avait Françoise Gattel ministre de la ruralité démissionnaire.

1:00:57
Présentateur

Démissionnaire. Absolument. On va parler des maires ruraux avec vous. L'année prochaine 2026 année d'élection municipale. Une année importante pour les élus locaux pour les maires ruraux. Comment vous la sentez ? Quelle est l'atmosphère de cette élection municipale selon vous ?

1:01:13
Invité

Écoutez, j'ai suffisamment d'expérience. Je ne sais plus combien de mandats j'ai pour savoir que même dans un village de ma taille 300 habitants, j'ai toujours eu depuis que je me suis présenté depuis 83, il y a toujours eu deux listes. Et j'ai toujours eu une liste contre moi. D'accord ? Pas par rapport à ma personne spécialement, par rapport au projet que l'on mettait en place. Et les projets étaient non pas la taille de la commune, mais des projets très très importants et financièrement et de changement d'habitude dans les têtes. Ça veut dire que si on intéresse nos populations et si on crée des défis, si on essaie de faire rêver, eh bien, il n'y aura pas de problème d'engagement.

Mais effectivement, si aujourd'hui, on pense que la fatalité doit exister, je pense qu'il y aura un problème d'engagement.

1:02:12
Présentateur

Vous voulez dire que c'est la responsabilité des maires de susciter de l'engagement ? Il n'y a pas un problème quand on voit que 2 189 maires

1:02:17
Invité

ont démissionné ? Non, non, les maires démissionnaires, il y en a, c'est une réalité, mais il y en a toujours eu, il y en a un peu plus, voilà. Il faut aujourd'hui, pour un maire, avoir un peu le cuir tanné. Et si c'est ton premier mandat, eh bien, c'est un peu difficile parce qu'il faut déjà pratiquement un mandat pour comprendre quel est le fonctionnement de notre République. C'est très très dur aujourd'hui. On a complexifié les choses d'une façon telle qu'au départ, quand je voulais monter un projet dans ma commune, le projet recherche de subvention, création du projet, démarche technique, etc. Allez, un an et demi, deux ans. Aujourd'hui, c'est un mandat. C'est ça, la difficulté.

Donc, il y a un problème d'engagement général de nos populations pour le faire vivre ensemble. C'est aussi vrai dans l'associatif, d'ailleurs. dans l'associatif, on a un trou d'air à l'heure actuelle. Et donc, tout cela doit, le convide à accélérer les choses, mais tout cela doit maintenant se remettre. Et je pense qu'il y aura des candidats, il y aura des candidatures et puis peut-être qu'après ces candidatures, devant la difficulté, il y a des gens qui se poseront la question. Mais je suis confiant. Franchement, je suis confiant. Latifar ? C'est vrai que les maires ruraux sont quand même confrontés à pas mal de difficultés. On en reparlera peut-être plus en détail par la suite.

Mais vous plaidez, vous, pour un statut d'élu local. Et je sais que le texte avait été reporté encore avant l'été. Où est-ce qu'on en est de cette réforme ? Et je sais que c'est quelque chose sur lequel vous êtes particulièrement engagé et que vous appelez de vos voeux depuis quelques années maintenant. Vous avez raison. Depuis quelques années, presque de trop nombreuses années. Est-ce que vous pouvez nous expliquer justement ce que vous demandez quand vous demandez ? On ne va pas refaire l'histoire. Mais la ruralité, aujourd'hui, la preuve en est. Regardez le nombre de personnes qui viennent, le nombre de partenaires que nous avons, les médias. Vous faites partie.

Je ne vous ai pas vus il y a cinq ans. Vous n'existiez peut-être pas. Mais il y en a beaucoup d'autres que je n'ai pas vus il y a deux ans, trois ans, cinq ans. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, la ruralité semble être une réponse pour beaucoup de nos concitoyens. Mais une ruralité qui soit vivante, une ruralité qui soit culturelle, une ruralité qui permette effectivement de se sentir à égalité dans le traitement par rapport au service à celui qui se trouve dans une urbanité. Alors, le statut de l'élu, c'est quoi ? Eh bien, c'est l'obligation de reconnaître que la fonction de maire, même d'une commune comme la mienne, 300 habitants, est très chronophage.

Et vous pouvez travailler difficilement aujourd'hui, et je pense à... Moi, je suis en retraite, c'est un peu différent maintenant, mais j'étais indépendant toute ma vie, je peux vous dire le sacrifice que ça a représenté financièrement, socialement, etc., etc. Je ne suis pas là pour me plaindre, ce n'est pas mon genre. Mais toujours est-il que si on veut que des jeunes s'engagent, et cette table, voilà, il faut pouvoir le faire. Il faut pouvoir exercer une activité professionnelle et une activité complémentaire ou le contraire, l'activité professionnelle complémentaire de la fonction d'élu. Donc, le statut de l'élu, c'est ça.

C'est la demande de dire qu'il y ait une vraie reconnaissance, pas seulement par rapport à l'indemnité, il y a déjà eu des progrès de fait, mais quand même, aujourd'hui, il n'est pas normal que le maire d'une commune en dessous de, on va dire, en dessous de 500 habitants, soit avec une équivalence d'un demi-smig, en étant présent 24 heures sur 24, en étant avec une responsabilité, n'oublions pas qu'on a le pouvoir de police, etc. Donc, nous avons travaillé énormément pour faire améliorer ce statut. Alors, où on en est ? Pourquoi ça ne passe pas, en fait, au niveau national ?

1:06:25
Présentateur

Ça a encore été repoussé cet été.

1:06:27
Invité

Oui, ça a été repoussé. Ça fait conscience. Alors, on agit pour que ça ne le soit plus. on a obtenu de François Bayrou, on peut dire même j'ai obtenu, qu'on puisse avoir dans la session extraordinaire de début juillet qu'effectivement, à l'Assemblée, ça puisse passer. Parce que vous savez, il y a le circuit... Oui, bien sûr, la devette législative. Et aujourd'hui, on a la certitude, d'ailleurs, Gérard Larcher l'a confirmé, que début octobre, puisque ça va passer au Sénat, et du Sénat, ça repassera à l'Assemblée, et on pense que, raisonnablement, novembre, ce sera acté. Ça sera un déclencheur.

1:07:07
Présentateur

On croise les doigts, on croise les doigts, c'est pas encore fait, parce qu'il faut encore l'inscrire à l'heure du jour, il faut que le nouveau gouvernement l'inscrive. Oui, oui,

1:07:11
Invité

mais on va faire en sorte que ça soit inscrit. Les deux présidents qui étaient là, effectivement, nous ont quand même apporté des garanties sur cette volonté de l'inscription. Faut pas oublier, ils ont une responsabilité, que ce soit Gérard Larcher ou il y a elle, Brune Pivet. Elles peuvent apporter en plus, en obligeant certaines, dans des espaces, dans des niches, de dire, il faut que ça passe.

1:07:36
Présentateur

J'ai entendu, effectivement, le Premier ministre, je crois, qui veut qu'avant, les municipales se soient réglées.

1:07:42
Invité

Oui, oui, oui. Et puis, surtout, il faut que le Premier ministre, ça soit réglé avant qu'il ne soit plus Premier ministre. Parce que, c'est ça, je ne lui souhaite pas, mais c'est la problématique. Aujourd'hui, on se pose tous la question en se disant, eh bien, ok, ok, il faut que les choses se mettent en place, mais justement, ce que l'on peut regretter, c'est que la proposition qu'avait faite Françoise Gattel, elle date de 2023, voire, enfin, début 2024, quand elle était sénatrice. Donc, vous voyez, il n'y a que déjà eu, alors que ça devrait être classé, point, quoi. Mais on a confiance.

Vous parliez d'engagement et aussi des difficultés qu'il peut y avoir à concilier une vie professionnelle et une vie d'élu. Il y a seulement 17% des maires des communes rurales qui sont des femmes aujourd'hui. Pourquoi est-ce que vous pensez que c'est le cas et qu'est-ce que vous pensez qu'on peut faire collectivement pour qu'il y ait plus de femmes maires aujourd'hui ? D'ailleurs, je tiens à préciser quand même qu'il y a plus de femmes maires dans des communes rurales que dans des communes urbaines. C'est important quand même.

1:08:45
Locuteur

Oui.

1:08:46
Invité

Alors, vous n'avez peut-être pas suivi l'actualité récente parce qu'on s'est fait fouetter par beaucoup de nos collègues dans la mesure où on a été la MRF, mais pas seulement seule, la MRF également. On a été volontaire pour faire en sorte que dans les communes de moins de 1 000 habitants, il y ait l'obligation d'une liste, l'obligation de la parité dans ce cadre-là. J'avais suivi, oui. Ça, c'est important. Ça va être un accélérateur. Et effectivement, la représentation, après, ça sera différent. Donc, on aura des conseils municipaux mixtes. Oui, bien sûr. Mais pourquoi les femmes sont souvent plus réservées par rapport à cela, par rapport à l'engagement ?

La différence essentielle, ça va prendre plaisir aux mecs qui sont là. La différence essentielle, c'est que les femmes, elles ont souvent une forme, je le dis, parce qu'on le rencontre, par une forme de complexe, un peu, de timidité. Est-ce que je vais y arriver ? Elles se posent toujours la question. Est-ce que je vais y arriver ? Parce que, oui, est-ce que je serai à la hauteur ? Et surtout, dans la conception, vous êtes des... Il y a trois femmes, là. Et dans cette conception-là, si moi, je fais quelque chose, si moi, je m'engage, je vais aller au bout. Moi, je veux être sûr et que je ferai bien, etc.

1:10:09
Présentateur

Ce que vous voulez dire, c'est que les hommes, même moins compétents, n'hésitent pas à se présenter. Ils ont moins de complexe.

1:10:13
Invité

Les hommes ne se posent pas de questions. Non, mais après, c'est comme dans la vie professionnelle normale. Ce qu'on dit, par exemple, quand il y a une offre d'emploi, une femme va considérer qu'elle va devoir répondre à 80% des critères pour envoyer sa candidature, tandis qu'un homme, s'il voit qu'il a 30% des critères, il va l'envoyer sa candidature. Et c'est la même dynamique qu'on retrouve ici et il faut surtout... Ben oui, ben si, il faut surtout... Ben si... Les meufs, présentez-vous aux élections municipales. Ben voilà, mais c'est... Vous restez moins. Yaël l'a souligné encore tout à l'heure. Mais en fait, il faut avoir confiance en soi.

Et la confiance en soi, c'est se dire, ok, je ne suis pas parfait, je ne suis pas parfaite, mais ça ne fait rien. Il faut que je tente le coup. N'oubliez jamais une chose.

1:10:59
Présentateur

Si vous saviez le nombre d'hommes infarfaits qui se présentent ? Hein ? Si vous saviez le nombre d'hommes imparfaits qui se présentent ? Il y en a aussi des parfaits, il ne faut pas pousser, toi. Oui, oui, oui.

1:11:06
Invité

Mais c'est quoi ? C'est François Giraud qui disait la vraie parité ou l'égalité, c'est quand on mettra une femme incompétente à un poste d'homme compétent ou à la place, quoi. Donc c'est... Oui, c'est une façon

1:11:16
Présentateur

de regarder les choses.

1:11:18
Invité

Non, mais voilà.

1:11:19
Présentateur

Je voulais vous demander si la réforme du mode de scrutin pour les communes de moins de 1000 habitants était une bonne mesure.

1:11:24
Invité

Ben, je viens de vous répondre.

1:11:25
Présentateur

D'accord.

1:11:25
Invité

C'est une bonne mesure dans la mesure où... Je vais prendre mon exemple. Il y a toujours eu deux listes dans ma commune, je vous l'ai dit, depuis 83. D'accord ? Parce que j'ai monté une liste contre le maire sortant à l'époque et je suis maire depuis 89. J'ai toujours eu la parité et j'ai 300 habitants. Donc c'est possible, en fait, si on veut. En ce moment, j'ai trois adjointes, c'est trois femmes. Alors je sais aussi, je ne sais pas si elle est là, Nadine Kersodi. Nadine Kersodi qui est présidente des maires ruraux du Finistère. Quand elle a vu cette nouvelle proposition de loi pour les moins de 1000 habitants, elle s'est dit, moi je suis emmerdée, je n'arrive pas à trouver des hommes.

Donc vous voyez les situations. Alors, faire croire ou faire penser que ça sera difficile, etc., il y aura des difficultés. Quelquefois, c'est vrai, pour certains, on en est conscient. Mais le Sénat, attends, le Sénat a répondu à la question. Le Sénat a permis à ce que normalement dans une commune de moins de 100 habitants à la place de 7 nécessaires pour que la liste soit validée, il peut y avoir 5 personnes. Et si on n'est pas capable de trouver dans une commune de 100 habitants, de moins de 100 habitants, 2 femmes, eh bien la commune n'a plus de raison d'être. Ça peut être aussi simple que ça. Et ça, je sais que ça ne plaira pas à tout le monde.

1:12:52
Présentateur

Je veux bien le croire. Non, non, c'est intéressant. Ça ne vous échappe pas. Il y a actuellement des négociations dans le bureau du nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui a la difficile tâche de trouver un budget. Et on sent que la soupe risque d'être amère pour les collectivités locales qui risquent de recevoir un nouveau tour de vis budgétaire. Est-ce que ça vous inquiète, vous qui êtes président de la MRF, est-ce que les communes vont devoir payer ?

1:13:16
Invité

Alors, l'inquiétude, c'est pas forcément sur les communes rurales. Je m'explique. On a l'habitude de faire souvent avec des bouts de chandelle. Voilà. Donc, on se débrouille et on essaie toujours de se débrouiller. La difficulté, ça va être par rapport à des collectivités et autres, départements, régions ou interco qui auront effectivement, qui sont souvent, qui accompagnent nos projets et qui ont, si elles ont moins de moyens, eh bien, on le voit, il y aura forcément moins de services, moins d'aides, de subventions, etc. C'est ça, la difficulté. Mais, en ce qui concerne notre fonctionnement en nous, si on... Tiens, je vais être encore plus direct.

Ce matin, vous n'avez peut-être pas entendu, mais on ne supporte plus, on ne supporte plus qu'un citoyen en ruralité vale deux fois moins qu'un citoyen en urbanité. ça, ce n'est plus possible. Donc, ça veut bien dire que si, effectivement, on se répartissait les moyens d'une façon non pas équitable, juste, liberté, égalité, fraternité, pour l'instant, ce n'est pas le cas depuis des décennies. Donc, si notre DGF, la dotation générale de fonctionnement était réévaluée, regardée, énormément de communes rurales se retrouvaient avec une bouffée d'air et un ballon d'oxygène. Je peux vous le dire.

1:14:47
Présentateur

Mais est-ce que l'État en aura les moyens ? Ça, c'est tout ? Ah non,

1:14:50
Invité

il n'y a pas besoin de moyens. C'est juste la péréquation. C'est une péréquation. C'est à somme constante. Je n'ai pas compris. Voilà, donc on n'aura pas de problème particulier si on va dans ce sens-là. Namou ? Du coup, ça fait maintenant cinq ans que vous êtes président de l'Association des maires ruraux de France. Quel bilan vous pouvez faire aujourd'hui de toutes les actions que vous avez pu entreprendre ? Et est-ce que vous pensez continuer justement cette fonction ? Qu'est-ce que vous imaginez pour le futur ? Alors, je suis à l'Association des maires ruraux de France depuis 92. D'accord ?

J'ai été successivement secrétaire général, vice-président et le premier vice-président avec Vanik Berberian, notre ancien président. Aujourd'hui, je suis président. Demain, on verra. Ce qui est sûr, c'est que je me représente. Déjà, que ça soit clair. OK. C'est clair. Ça, c'est clair. Voilà. Et ce qui est clair aussi, c'est qu'on a vu l'évolution lors de cette mandature quand il y avait déjà de par l'activité et le, j'allais dire, la personnalité de Vanik Berberian, il y avait une progression de notre structure qui a été plus forte. Il y a eu un accélérateur par rapport à lui, par rapport au groupe autour de lui. D'accord ? Aujourd'hui, cet accélérateur, il est en pleine progression.

Pensez qu'au début du mandat, nous avions 8 000 adhérents. Nous en sommes à 13 500. Ça veut bien dire qu'on correspond à une demande, à un besoin et que ce besoin, beaucoup se retrouvent chez nous par rapport au fait qu'on vit les choses. Nous, on vit les choses au quotidien. Je l'ai dit encore ce matin, quand il y a une vache qui est lâchée, ben voilà, on téléphone au milieu de la nuit. Il y a deux vaches qui sont lâchées. C'est le maire. Tu parles, je n'arrive plus à courir, moi. C'est le maire qui doit rentrer les vaches. C'est le maire qui doit récupérer le chien. Non, mais attends. Mais je veux dire, on est à Poitiers ici.

Ce n'est pas la maire de Poitiers qui va courir après une vache ou après le chien. C'est la réalité du quotidien, ça. Donc, c'est comme cela. Et voilà. Et les gens viennent chez nous à domicile. Ah ben Michel, attends, je suis emmerdé. Tu sais que j'ai... Ah ben attends, t'as vu l'heure qu'il est ? Ben oui, non, mais enfin, voilà. C'est ça, notre vie au quotidien. Et donc ça, c'est chronophage aussi. C'est chronophage dans nos têtes aussi. Ça veut dire qu'il nous faut à un moment donné nous libérer. C'est pour ça que j'aime bien la Mirabelle.

1:17:33
Présentateur

Dernière question. Le maire, c'est l'élu préféré des Français, on le sait. Hier, il y a un autre élu qui a été condamné, un ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, condamné pour association de malfaiteurs. Il ira bel et bien en prison. Qu'est-ce que ça vous évoque sur l'image des élus, sur la déconnexion qui peut exister entre de très nombreux citoyens et leur politique, quelle qu'il soit ?

1:18:02
Invité

C'est une question qui nécessiterait une réponse avec une langue de bois.

1:18:08
Présentateur

Vous n'êtes pas obligé.

1:18:09
Invité

Mais je ne suis pas obligé. Toujours est-il qu'il y a deux choses. Je suis d'accord avec le président du Sénat. Aujourd'hui, la condamnation du président Sarkozy, elle est sujette à un appel, à une potentialité d'appel. Dans ce cadre-là, notre façon de faire la justice, c'est de considérer que tant qu'on n'est pas au bout, les gens sont présumés innocents. C'est clair, ça. On voit que, dans ce cadre-là, il y a un effet politique certain par rapport à ce que l'on sait qu'il y a une demande d'emprisonnement dans quelques jours qui n'est des fois pas demandé par rapport à d'autres infractions ou autres par rapport à des citoyens plus classiques.

1:19:08
Présentateur

Dans le cadre d'un tribunal correctionnel, c'est assez courant, quand même ?

1:19:11
Invité

D'avoir...

1:19:13
Présentateur

D'avoir une exécution provisoire et un mandat de dépôt.

1:19:15
Invité

Oui. Je peux vous dire que nous, constatant quelquefois les actions... Il est où, le maire de... Varzy ? Il est là ?

1:19:25
Présentateur

Pourquoi ? Il a fait quoi ?

1:19:26
Invité

Je vais vous prendre un exemple... Non, mais à un moment donné, il faut aussi savoir les choses. Le maire de Varzy, président... Il n'est pas là, Gilles Noël ? Président de l'association des maires ruraux. Non, non, mais voilà les réalités. Il y a quand même des fois un regard de la justice qui peut être un peu différent. Il a eu affaire à un rodeo moto dans sa commune. D'accord ? Il en a marre de voir les jeunes parce que ce sont des jeunes qui passent en moto sur une roue, etc., etc. Il dit... Non, ça ne peut plus durer. Il sort de la mairie et il dit... Maintenant, ça suffit. Ça fait un quart d'heure, une demi-heure que vous faites ce rodeo. Ça suffit. Les jeunes ne s'en occupent pas.

C'est une commune de 1 000 habitants. Le maire, il est connu. Ce n'est pas son premier mandat. Eh bien, le maire, pour pouvoir faire en sorte de mettre fin à ce rodeo, il se met au milieu de la route. Il se met au milieu de la route pour arrêter physiquement entre guillemets le rodeo. un des jeunes n'accepte pas cette demande d'arrêt et fonce sur le maire. Et bien entendu, il a juste le temps de se retirer, mais en se retirant, il accroche le jeune avec sa moto. D'accord ? Le jeune, il tombe. Il tombe avec la moto. Il a quelques équimoses. La famille porte plainte. Le maire est condamné. Le maire est condamné. Il est... Non, mais... Il est condamné.

On l'a mis en garde à vue pendant 48 heures. On lui a demandé... Et finalement, ça s'est passé comment ? Eh bien, il a négocié avec la justice pour ne pas... Comment dirais-je ? Pour ne pas être entre guillemets emprisonné parce qu'il y avait cette... C'est ça, le traitement. Ça ne répond pas à ma question sur Nicolas. Si, si, ça répond à votre question. Ça veut dire qu'il y a des appréciations qui, quelquefois, dans le cas de figure que vous voulez évoquer, qui peuvent être assez étonnantes. Moi, je n'ai pas les compétences de dire il y a une culpabilité, il n'y a pas de culpabilité. Ce que je sais, c'est que, à partir de l'instant où, effectivement... Mais ce n'est pas le seul.

Il y a eu d'autres exemples auparavant. Il n'y a pas eu un certain Cahuzac, là ? Il faut le dire aussi. Bien sûr. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'aujourd'hui, ce genre de procès légitime, légitime, ce genre d'initiative qui est faite donne une image globale des politiques qui est complètement... Vous pensez que le problème, c'est le procès ? Le problème, c'est plutôt Nicolas Sarkozy qui fait ce dont il est accusé plutôt que le procès qui vient rétablir la justice. Après, on peut en débattre. Non, non. Je n'ai rien contre le procès. Je ne suis pas à même de juger et je n'ai pas à faire de commentaire sur le procès. Je dis simplement...

1:22:17
Présentateur

Sur l'image des élus.

1:22:18
Invité

Sur l'image des élus globales, d'une façon globale. Et là, heureusement, les maires ruraux échappent à ça parce qu'on a la proximité et on sait que nos moyens sont modestes et que s'il y a un détournement chez nous, ça va être un ster de bois. Vous n'allez pas financer votre campagne. Merci beaucoup. Michel Fournier,

1:22:38
Présentateur

vous pouvez l'applaudir très fort. Michel Fournier, président de la MRF, d'être venu sur ce plateau. Je vous laisse quitter le plateau. Je vous laisse y aller. Je vous laisse y aller. Allez-y. Merci beaucoup d'avoir été avec nous dans cette interview. Notre invité actu. Au revoir. Qu'est-ce que je voulais dire ? Qu'est-ce que je voulais dire ? On est toujours en direct ici du congrès de l'Association des maires ruraux de France qui nous accueille pour cette émission. spéciale ruralité. On va parler de l'actualité de la semaine. C'est parti pour l'actu de la semaine. Et l'actualité, cette semaine, elle a été marquée. Évidemment, on vient de l'aborder avec notre invité actu.

Elle a été marquée par la condamnation de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, à cinq ans de prison, entre autres, pour association de malfaiteurs assortis d'un mandat de dépôt différé et d'une exécution provisoire. L'ancien président, Nicolas Sarkozy, va bel et bien dormir en prison. Il a dit qu'il dormirait en prison la tête haute.

1:23:42
Invité

Ça ne va pas être confortable. Il faut qu'il fasse attention.

1:23:44
Présentateur

Oui, mais ça peut être bon pour l'apnée du sommeil. Qu'est-ce que ça vous a évoqué quand vous l'avez appris ? Ça vous a surpris ou pas ?

1:23:53
Invité

Non.

1:23:54
Présentateur

Non, l'omir ?

1:23:54
Invité

Non, je veux dire, quand on a plus d'une dizaine d'affaires qui nous suivent depuis plusieurs années, ce n'est pas surprenant qu'il y en ait une qui finisse par le rattraper. Ce qui m'a surpris, c'est qu'effectivement, j'attends encore de voir la nuit en prison. Mais c'est comme pour l'affaire Balkany. une fois, à un moment, une personnalité politique finit par payer quand on voit ce que des citoyens normaux, nous, on fait la moitié, un tiers, un quart de ce qu'ils font. Tu peux être sûr qu'on va en taule. Enfin, c'est sûr. Et c'est normal. Je vais dire, à partir du moment où tu enfreins la loi, il n'y a pas de sujet.

Mais je trouve ça toujours fou de se réjouir que justice soit faite face à des politiques parce qu'on a fini par accepter que l'impunité, finalement, est la norme. Et ça, je trouve que c'est vraiment très grave.

1:24:47
Présentateur

Latifa ?

1:24:48
Invité

Moi, ce qui est inquiétant, c'est plus les réactions, forcément, de la droite et de l'extrême droite. C'est encore un moment où Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen convergent là-dessus. mais c'est le fait de... Tout à coup, on peut discuter des décisions de justice sur le fond. On peut échanger, etc. On est dans un état de droit, il y a une liberté d'expression, etc. Mais en fait, jeter la suspicion sur l'autorité judiciaire ou sur des juges en particulier, etc., c'est ça qui est extrêmement dangereux. Et en fait, on a l'impression que...

Oui, forcément, encore une fois, on a une genre de trumpisation de la vie politique où on est là en train de dire que finalement, ça ne compte pas alors que les juges et leur indépendance est extrêmement importante et c'est fondamental. Ils rendent des jugements qui sont motivés. Enfin, je veux dire, là-dessus, on a 400 pages de jugement quand même sur cette affaire. On a 400 pages de jugement, c'est extrêmement circonstancié, extrêmement précis.

Et en fait, on va remettre en question ça alors que quand L'Oumir l'a dit, pour le citoyen lambda qu'on fait le quart de ça, évidemment, ils vont en prison ou alors c'est toujours la même personne, soit de droite ou d'extrême droite, qui vont trouver justifié de dire à Naël pour ne pas le nommer un gamin qui se fait tuer parce qu'il a conduit sans permis, etc. Ils vont trouver 10 000 manières de le justifier. Mais en revanche, là, 13 ans d'instruction, je crois que c'est ça sur cette affaire, enfin des révélations de Ménapart, 13 ans d'instruction, un jugement des enquêteurs pour parvenir à ce jugement-là, effectivement, il a fait appel, Nicolas Sarkozy. Il a fait appel, bien sûr.

Voilà, ça montre encore une fois ce que tu as dit, en fait, le décalage entre la population et les politiques de la part d'une partie de la catégorie, enfin de la classe politique qui, quand même, a renforcé extrêmement la justice et sur un point de vue hyper carcéral. C'est ça aussi qui interpelle. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la justice, c'est pour tout le monde à part pour eux, sauf pour eux, c'est pas possible. Oui, elle est toujours laxiste, mais sauf pour eux, en fait. C'est ça qui est fou, je trouve.

Tu es sur les plateaux de télé, à longueur de journée, on nous parle de la justice trop laxiste et au moment où justice est faite, ah ben non, en fait, on annule tout, les juges sont de gauche, c'est la dictature des juges, et tu dis, il faut savoir, en fait, c'est trop laxiste ou c'est trop dur ? Oui, c'est exactement ça. C'est des hommes et des femmes politiques qui ont l'habitude de toujours prôner plus de dureté, plus de sanctions pour les gens lambda. Et par contre, une fois que c'est...

Mais de toute manière, on en avait parlé longuement avec Fabrice Harfi sur le plateau de Baxit, justement, où en fait, c'est un jeu très dangereux auquel ça donne, en fait, nos hommes et nos femmes politiques parce qu'ils participent aussi à mettre en place une sorte de logique un peu complotiste qui voudrait que les juges soient un peu contre eux systématiquement parce qu'il y a quelque chose de très dangereux dans ce jeu-là et tu viens de l'expliquer parfaitement, Latifa, et je pense aussi que malheureusement, quand on voit aussi dans des plateaux de télé des bandeaux qui expliquent est-ce que la justice ça a été trop sévère, ça participe à ça, en fait, ça participe à se dire mais à décrédibiliser en fait ce jugement et l'indépendance de la justice.

1:28:12
Présentateur

Oui, il y a un truc que je trouve intéressant dans la période, c'est l'union des droites. Une fois de plus, le cordon sanitaire est rompu. Quand on voit que Marine Le Pen vole au secours de Nicolas Sarkozy sur la question de l'exécution provisoire, évidemment, elle pense à elle-même en le disant, mais je trouve que c'est intéressant parce que là aussi, il y a un énorme décollage dans le comportement du Rassemblement National par rapport à son histoire. Le Front National de Jean-Marie Le Pen se faisait, se moquait en permanence de l'affairisme de la droite RPR et UMP. Pendant des années, Marine Le Pen, en 2012, accusait Nicolas Sarkozy de tremper dans des affaires, etc.

Et aujourd'hui, elle a complètement changé, elle s'est normalisée au sens où elle est devenue une politique normale de droite qui défend l'affairisme, qui défend les personnes condamnées par la justice.

1:28:57
Invité

Ça, je trouve que c'est hyper intéressant. Moi, je l'ai pas mal étudié dans mon livre sur la question de comment le RN morphe qu'au début, quand il est sous la coupe de Jean-Marie Le Pen, extrêmement libéral et il prend vraiment ses racines dans le sud qui est largement structurée par la guerre d'Algérie et ses héritages.

Puis après, c'est Marine Le Pen qui vient et qui prend la tête avec un côté beaucoup plus anti-système, l'UMPS, contre l'élite et qui prend comme ça le nord et l'est qui sont des industrialisés qui votent majoritairement pour des raisons sociales et puis maintenant, la bascule qui sera faite doit être pour accéder à la présidence à la fois à l'union des droites et c'est pas étonnant que ce soit Jordan Bardella et Marion Maréchal qui reprennent la tête qui sont eux des libéraux et je trouve ça quand même assez fascinant qu'au sein du RN là maintenant tout de suite cohabitent deux visions extrêmement différentes que sont celles de Marine Le Pen et celles de Jordan Bardella

1:29:58
Présentateur

les libéraux

1:29:59
Invité

et les protectionnistes et que finalement c'est autour de l'opportunisme politique que cette union des droites va finir par se faire pour des raisons judiciaires c'est quand même assez extraordinaire quand tu réfléchis à toute l'infrastructure idéologique qui a été créée par le FN puis le RN qui va finalement en fait cette union des droites Marine Le Pen semble s'y ranger par opportunisme et moi ça me semble vraiment intéressant en cette période de normalisation et de banalisation de l'extrême droite

1:30:29
Présentateur

Affaire à suivre en tout cas ce sera le 13 octobre que Nicolas Sarkozy aura rendez-vous avec le parquet pour que lui soit notifié la date de son incarcération la date et le lieu de son incarcération son rendez-vous si je puis dire qui doit intervenir dans les 4 mois qui suivent je crois bref d'ici à Noël Nicolas Sarkozy dormira en prison on aura le temps d'en reparler évidemment l'autre sujet qu'on voulait aborder c'est la suite de la mobilisation sociale il y avait eu Bloquantou le 10 septembre il y avait eu la grande manifestation de l'intersyndical le 18 septembre l'intersyndical qui appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 2 octobre après sa rencontre infructueuse avec Sébastien Lecornu est-ce que vous pensez que le mouvement social peut prendre de l'ampleur est-ce que vous pensez que le froid va décourager les manifestants comment vous voyez je sais que la météorologie des mouvements sociaux c'est vraiment pas une science exact mais là je vous demande quand même de faire l'exercice qu'est-ce que vous en pensez

1:31:18
Invité

honnêtement enfin là j'ai l'impression que le 10 septembre et le 18 septembre on a vu une mobilisation qui a qui a malheureusement plus ou moins pris et je pense que en fait justement si ces manifestations elles mobilisent pas plus de personnes je pense que c'est aussi dû à tout ce qu'il y a autour c'est-à-dire que on a quand même eu des semaines des jours avant notamment la mobilisation bloquant tout où en fait on a les médias qui ont passé leur temps à se poser la question de est-ce que ce sera vraiment dangereux est-ce qu'il y aura des black blocks en fait toutes ces choses tout ce langage ça donne pas forcément envie de descendre dans la rue parce qu'on se dit on va forcément se faire gazer si on descend et donc il y a ça et il y a aussi tout le schéma national du maintien de l'ordre qui est de plus en plus virulent sous Rotaillot et qui fait que forcément on sait qu'on va participer à une manifestation pacifique et en fait tôt ou tard à une intersection il va y avoir une charge pour x raisons et donc forcément ça n'incite pas forcément les gens à aller manifester j'ai plein d'amis autour de moi qui avaient peur de ça qui se sont dit en fait j'ai vraiment peur de finir en garde à vue j'ai peur de me faire de me faire gazer et donc je pense que c'est ce qui aussi fait que les gens ont moins envie aussi de se mobiliser

1:32:53
Présentateur

Lomir toi tu penses que le mouvement du 10 et le mouvement du 18 c'était pas tout à fait les mêmes personnes

1:32:58
Invité

c'est ce que j'ai vu chez moi en tout cas le mouvement du 10 c'est beaucoup plus gilet jaunesque avec beaucoup d'anciens gilets jaunes qui se sont dit on va essayer de remettre ça là où ils n'ont pas forcément les moyens de faire grève ils sont très peu syndiqués et le 18 est beaucoup plus organisé par la gauche par des institutions comme les syndicats ce que je trouverais intéressant c'est que ces deux mouvements se réunissent mais ça c'est j'ai envie de dire un travail qui aurait dû être fait depuis 2018 et qui malheureusement n'a pas été assez fait de faire se rencontrer ces deux mondes qui sont des mondes avec des habitus d'engagement qui sont différents avec des profils sociaux qui sont différents des âges différents et je trouve que vraiment autant c'est mon travail moi je suis activiste je crée des campagnes donc je crois vraiment dans l'infrastructure je pense sincèrement qu'un mouvement ne survit pas ne gagne pas dans le long terme s'il n'y a pas d'infrastructure qui le soutient s'il n'y a pas de caisse de grève s'il n'y a pas de formation s'il n'y a pas de recrutement et en même temps force est de constater que l'approche un peu tradie des syndicats où on pose un préavis de grève on fait grève et on fait une marche ne fonctionne pas déjà quand même pour créer du rapport de force en ce moment et elle exaspère un peu des gens qui ont l'impression eux de ne plus avoir la patience en fait de faire partie de ces marches ne comprennent pas la stratégie de construction de rapport de force

1:34:31
Présentateur

par rapport au 10 septembre je dirais en nombre de personnes mobilisées l'intersyndicale a mis une vitesse quand même au mouvement gilet jaunesque

1:34:38
Invité

c'est là où je pense que ce n'est pas forcément les mêmes personnes typiquement moi j'étais dans les deux endroits j'ai fait les deux mais si je regardais par exemple dans l'un sur les groupes télégramme ancien gilet jaune où j'étais les gens ne faisaient pas grève parce qu'ils ne sont pas syndiqués parce qu'ils sont en intérim parce qu'une journée de grève ça coûte cher et il n'y a pas de caisse de grève et c'est là où je pense que si on avait plus fait ce travail de faire se réunir ces deux populations alors ces personnes-là soutenues par les institutions que sont les syndicats notamment par des caisses de grève auraient pu et par la meilleure connaissance de leurs droits aussi parce qu'il y a une vraie absence de connaissance de ce que c'est le droit du travail surtout quand tu es intérimaire quand tu es en temps parcelle quand tu es en travail haché les gens ne savent pas ce qu'ils ont le droit de faire ne savent pas comment on dépose un préavis de grève etc et c'était pas syndiqué ce qui est quand même le cas il n'y a que 4% par exemple des gens qui travaillent dans la logistique qui emploient majoritairement chez moi les gens qui sont syndiqués donc en fait c'est pas comme ça qu'ils vont réussir à le savoir

1:35:36
Présentateur

Latifah ?

1:35:38
Invité

Oui moi j'étais surprise par contre du 18 septembre je trouvais qu'il y avait beaucoup de monde je ne m'attendais pas je ne m'attendais clairement pas à ça peut-être que c'était le fait que ce soit oui après le 10 dont on a parlé hyper longtemps on se disait bon en fait est-ce que c'est les médias qui sont en train de monter ce truc parce qu'ils sont passés à côté des gilets jaunes du coup là ils ont peur de passer à côté de ce mouvement-là donc ils ne font que d'en parler et en fait ça faisait peur parce qu'on a dit ça allait presque être contre-productif parce que s'il n'y a pas assez de monde ça va décourager du coup je me dis le 18 il n'y aura personne et en fait oui mais effectivement comme le disait Lumir je n'avais pas forcément pensé à ça sur les deux catégories de population qui étaient présentes aux deux événements après c'est vrai que oui pour l'organisation et tout après pour la caisse de grève il y en a une des syndicats mais d'ailleurs qui existe depuis 2016 je crois mais qui a rassemblé plus de 8 millions et demi d'euros si ça peut mettre un peu de baume au coeur et en fait c'est super pratique parce qu'on peut voir à qui exactement ils ont donné de l'argent y compris pour les gens qui sont en procès pour discrimination mais aussi pour les grévistes et du coup ils mettent tant donné sur plus de 8 millions qui ont été collectés depuis 2016 et sa création mais pareil il faut être dans ces structures syndicales il faut vraiment voilà exactement moi non plus je ne savais pas et en recherchant je me disais quand même c'est pas possible il y a une caisse de grève pour les gens et je suis tombée là dessus mais je pense que quand tu es syndiqué dans ta structure tu vas l'avoir et tu vas en bénéficier mais à l'inverse si tu as envie de t'engager chez toi de ton côté c'est plus compliqué et évidemment on en parle tout le temps de dire vu que la réforme des retraites c'était perdue c'est difficile de remobiliser les gens ensuite et c'est normal et surtout qu'en fait il n'y a aussi pas de gouvernement donc bon voilà à qui demander qu'est-ce qu'on demande vraiment en fait les gens n'ont tellement ras-le-bol de tout que même avoir une demande qui soit plus précise et qui rassemble tout le monde c'est peut-être plus compliqué qu'à d'autres périodes

1:37:25
Présentateur

il n'y a pas de gouvernement non vas-y vas-y

1:37:28
Invité

Justement par rapport aussi au fait qu'il y ait ces deux dates moi je trouvais ça dommage que la date du 18 soit posée ensuite avec ce cadre de scellés syndicats scellés partis politiques comme si se désolidarisaient en fait de faire vraiment l'énervement général de la population au lieu de se mettre avec elle et de monter enfin sur ces grands-chose je ne sais pas comment expliquer ça mais vraiment plutôt que de faire corps tous ensemble de se désolider de prendre un peu de recul par rapport à ça et de se dire ah non non mais nous on n'est on n'est pas avec eux on fait un truc un peu plus structuré un peu plus respectueux des règles mais en même temps

1:38:10
Présentateur

je constate que ça marche mieux c'est-à-dire que l'innovation des modes d'action du 10 septembre le bloquant tout n'a pas ramené les foules de la marche intersyndicale traditionnelle du 18

1:38:20
Invité

surtout que la méthode elle était floue tu vois c'était bloquant tout mais on bloque quoi il y a des gens qui disent non faut pas payer en carte bleue il y a quelqu'un d'autre qui disait non faut pas sortir de chez soi ou faut pas aller faut pas consommer du tout les boucles télégrammes la veille c'était c'était zinzin et on voyait vraiment moi j'ai trouvé ce que j'ai trouvé c'est un fossé entre la respectabilité du 18 et le niveau d'énervement des gens sur les boucles préparant le 10 où j'ai retrouvé le même esprit un peu de radicalité du dernier moment qu'il y a eu à la fin des gilets jaunes en fait quand la police a commencé à raser les gazements les campements et où là il y a quand même eu on a commencé en tout cas chez moi à avoir des conversations sur est-ce qu'on pète les rails de SNCF est-ce qu'on fait une intervention sur la centrale nucléaire parce que j'habite à côté d'une centrale nucléaire et là il y avait cette espèce de multitude de tactiques sans que ni tête un peu mais encore une fois c'est un métier d'organiser des campagnes et du rapport de force donc c'est pas surprenant mais en tout cas ce que je constatais c'est qu'il y avait vraiment du on fait une opération caddie alors qu'est-ce qu'on fait on met plein de trucs dans un caddie et puis après on arrive à la caisse et on dit bah non on peut pas payer puis après t'as des gens qui disent bah non moi je travaille chez Intermarché c'est nous qui allons devoir tout remettre ça fait chier ça n'a aucun sens ok bon bah qu'est-ce qu'on fait bon bah on achète rien bon bah on prend le caddie puis il est vide et puis on le met enfin tu vois ça partait dans tous les sens et au-delà de ce que ça voulait dire d'immaturité je pense du mouvement ça dit aussi beaucoup les gens ne savent plus quoi faire tellement ils sont fatigués et sur les nerfs en fait et qu'ils se font pas entendre oui ils ont l'impression que rien ne va marcher ou quoi alors que quand alors je disais il n'y a pas forcément de entre guillemets cause commune c'est faux parce qu'il y a la justice fiscale si tu veux faire cette transition Jean mais sur la taxe Zuckman etc

1:40:11
Présentateur

exactement c'était toute la transition que j'attendais merci Latifa on a un espèce de parfum de gauche au pouvoir moi ça me fait mourir de rire cette espèce d'ambiance là où toute la droite pète un plomb sur la taxe Zuckman qui a réussi à faire son bonhomme de chemin dans l'espace médiatique dans l'esprit des français dans les discussions dans les bistrots dans les dîners de famille la taxe Zuckman qui fait péter un plomb notamment au patronat le MEDEF a décidé d'organiser le 13 octobre prochain jour de rendez-vous Nicolas Sarkozy au parquet d'organiser un grand meeting patronal ça fait longtemps qu'on n'a pas eu de grand rassemblement patronal en France je crois que la dernière fois ça remonte aux années Jospin contre les 35 heures où il y avait eu des grands raout c'était déjà plus le CNPF je crois c'était déjà le MEDEF je ne sais plus donc non je trouve ça intéressant qu'est-ce que ça vous évoque vous cette taxe Zuckman dont on parle de plus en plus

1:41:03
Invité

ah mais c'est comment dire oui effectivement quand on voit en fait un bon signe qu'une mobilisation quelque chose montre dans l'opinion c'est quand les plus riches s'expriment ou se mobilisent etc tu as parlé du MEDEF j'ai découvert une association je crois des entreprises privées qui regroupent vraiment les plus grosses entreprises de France et ça fait des années qu'ils n'avaient pas fait une conférence de presse et là ils en font une le thème justice fiscale et Bernard Arnault qui parle aussi

1:41:30
Présentateur

qui pète un plomb lui aussi

1:41:31
Invité

oui qui est apparemment

1:41:32
Présentateur

dans la mesure d'accord ok

1:41:34
Invité

mais voilà qui nous dit qu'est-ce qu'il a dit sur Zuckman

1:41:38
Présentateur

que Zuckman était un militant d'extrême gauche qui veut détruire l'économie française

1:41:41
Invité

et qu'il est communiste communiste oui voilà alors ouais la peur du rouge le retour du Mac Artis à la française en fait ce qu'on voit et moi ce qui me rend ouf enfin aussi c'est sur les plateaux de télévision on est là pour dire on est en train de parler de 1800 foyers fiscaux de en gros c'est comment ils vont payer et à quel moment on accorde aussi ces temps d'antenne pour dire aujourd'hui en France il y a environ 10 millions de personnes seules qui vivent avec moins de 1300 euros par mois est-ce qu'on va faire des plateaux pour dire comment un tel va payer son loyer comment une mère célibataire va remplir le caddie pour ses enfants enfin comment cet ouvrier à la retraite ça n'existe pas nulle part et là en fait on est en train de nous occuper de nous polluer l'espace médiatique avec 1800 personnes pourquoi ?

évidemment parce qu'elles touchent les plus riches ces plus riches là ont des relais et puis c'est pour ça qu'on en parle davantage mais en fait c'est presque indécent surtout l'inflation qu'est-ce qu'elle a fait au foyer c'est incroyable on a des multinationales des entreprises qui s'en sont mis plein les poches sans jamais être taxées avec notre argent c'est quand même c'est la moindre des choses qu'il y ait une taxe sur les ultra riches quand on voit que oui il n'y a pas de ruissellement

1:42:48
Présentateur

il semblerait selon les rumeurs il semblerait que le cornu souhaite effectivement faire contribuer les ultra riches dans le budget probablement pas la taxe du Kman probablement pas le retour du ISF peut-être un mix des deux apparemment c'est en cours de réflexion

1:43:02
Invité

oui parce qu'il voit très bien qu'il faut qu'il y ait quelque chose et il faut envoyer un signal

1:43:06
Présentateur

il y a un risque c'est qu'il ne satisfasse personne avec ça voilà c'est que les riches ne soient pas contents parce qu'ils sont plus taxés et la gauche ne soient pas contentes du tout parce que ce n'est pas la taxe du Kman j'en sais rien on verra bien non je ne sais pas

1:43:17
Invité

moi ce que je trouve alors ça c'est vraiment un truc qui me but c'est les gens alors notamment chez moi quand on dit riche ou patron les gens ils pensent à leur tonton qui a une PME ou une TPE qui rentre 5000 balles par mois qui travaille 80 heures par semaine mais on parle pas mais tant mieux pour lui mais tant mieux tu sais quoi tant mieux pour lui vous avez une piscine creusée vous avez acheté un SPV vous partez en vacances mais tant mieux pour vous on ne parle pas de vous on ne parle pas de vous vous ne ferez jamais partie de ce club exclusif jamais vous avez plus de chances de devenir SDF que de devenir milliardaire donc en fait il faut arrêter de croire que vous êtes dans la même équipe ces gens ils vous rouleraient et ça ça me rend zinzin parce que c'est comme cette espèce d'identification sur patron en fait non quand tu es auto-entrepreneur parce que tu fais les ongles à domicile tu n'es pas patron comme Bernard Arnault donc vous n'avez pas les mêmes intérêts vous n'avez pas les mêmes conditions matérielles de vie donc arrêtez de les défendre vraiment ça me but de croire que tu penses que tu as plus en commun avec Bernard Arnault qu'avec Ahmed du bout de la rue qui pourtant travaille sur la même chaîne chez VP ou chez Amazon que toi ou que ton voisin qui touche 1004 alors que toi tu touches 2003 vous êtes dans la même équipe

1:44:36
Présentateur

moi je suis très curieux de voir les micro-trottoirs au moment du meeting du MEDEF le 13 octobre tu verras que ça va être des petits artisans des petits commerçants

1:44:41
Invité

mais c'est ça t'as envie de dire s'ils pouvaient te rouler dessus pour aller acheter un quatrième yacht ils le feraient mais vraiment ils ne sentent pas les techs de toi en fait aussi qu'on n'a pas laissé aussi l'espace médiatique pour mieux expliquer la taxe Zuckman pardon et que du coup tout de suite on a mis taxe Zuckman est égale voilà on va taxer tous les riches et en fait on simplifie tout ça et donc forcément il y a des gens qui se disent ça va être moi ça va être moi et il n'y a pas eu cette pédagogie là et je pense que quand elle a été là elle a été plus faible que les voix dissidentes non mais c'est vrai autre pédagogie qu'il n'y a pas eu c'est quand Bernard Arnaud dit on va l'économie etc va être à terre alors c'est pareil il y a plein de gens aussi ça revient beaucoup même dans des discussions privées des choses comme ça oui mais c'est eux qui créent la richesse oui mais voilà en fait c'est les entreprises qui créent la richesse elles créent de l'emploi donc eux s'ils n'ont pas d'argent nous aussi on n'en a pas alors non parce que la contribution aussi par l'impôt qu'est-ce que ça permet de créer des services publics de qualité qui créent aussi de la richesse et leur richesse individuelle n'existe pas sans notre richesse commune à nous et notre richesse commune elle est où ?

elle est là-dedans en fait elle est dans des hôpitaux de qualité elle est dans les écoles de qualité et en fait effectivement ça passe par de l'impôt et le consentement à l'impôt par contre là où je suis d'accord c'est que la question du consentement à l'impôt c'est aussi le fait d'avoir ces services publics-là de qualité on est à l'association des maires ruraux de France donc l'accès aux services publics est aussi une grande question et quand les gens sentent que bon bah en vrai apparemment on paye des impôts mais on n'a pas de services publics ça pose un problème mais c'est aussi ça en fait cet argument qui revient tout le temps non mais il crée de la richesse non mais il crée non non en fait il y a une richesse qui existe elle est commune et on y contribue toutes et tous et on devrait y contribuer toutes et tous à part égale en fait et selon notre richesse et nos revenus

1:46:28
Présentateur

je ne sais pas si vous avez remarqué mais pendant ce temps-là on n'a toujours pas de gouvernement Lecornu Sébastien Lecornu fait des consultations Sébastien Lecornu fait des déplacements Sébastien Lecornu annonce des mesures Sébastien Lecornu n'a pas encore composé de gouvernement il se dit même qu'on n'aura peut-être pas de gouvernement composé à la reprise du Parlement le 2 octobre ça attendra peut-être encore une semaine ou deux qu'est-ce que ça vous évoque et pourquoi j'ai l'impression que tout le monde s'en fout pourquoi j'ai l'impression que ça non mais c'est intéressant qui s'en fout ici qui s'en fout on n'a pas de gouvernement ça n'intéresse personne parce que rappelez-vous Michel Barnier non mais voilà rappelez-vous Michel Barnier tout le monde était dans l'expectative qui va devenir Premier ministre c'est parce qu'on pensait

1:47:11
Invité

qu'on avait une chance à gauche encore exactement maintenant on sait c'est foutu quoi mais je pense c'est juste qu'on est nous ont eu à l'usure l'assitude mais oui en fait mais de toute façon on va le redire encore que démocratiquement ça pose un problème c'est quand même incroyable qu'on ait quand même le NFP qui arrive en tête et là on se retrouve avec un comment dire un Macron bis c'est ça un Macron bis etc donc en fait qu'ils fassent leur gouvernement qu'ils ne le fassent pas de toute façon ils font les trucs de leur côté comme ils en ont envie en fait aller nommer un gouvernement au moins ça fait quelqu'un sur lequel les organisations pouvoir faire pression à la limite c'est ça

1:47:48
Présentateur

pour le coup qu'ils nomment un Macron bis peu importe le profil du bonhomme ce qui compte c'est ce qu'il va faire et ce qu'il va présenter comme budget pour moi l'exercice ça va être la présentation de sa politique générale ça va être la présentation de sa première mouture du budget les négociations sur les amendements en commission des finances c'est là qu'on verra de quoi il est fait le Sébastien Lecornu c'est pas dans le casting de son gouvernement donc je vous avoue je m'en fous un peu aussi

1:48:10
Invité

mais je trouve ça intéressant parce que peut-être que c'est parce que quand je t'écoute je me dis oui t'as raison tu vois je m'étais même pas dit ça parce qu'en fait moi j'avoue j'en peux plus et du coup je me dis à force de maltraiter ce qu'est la fonction gouvernementale ce que c'est censé d'être gérer les affaires courantes d'un pays et bien on en arrive à se prendre la tête sur un casting alors qu'en effet c'est le budget mais tu vois moi-même pendant que tu parlais je me disais il a raison oui c'est vrai finalement on s'en fout un peu des ministres mais c'est devenu ça en fait la politique le people politics à outrance

1:48:46
Présentateur

on s'en fout du casting ce qui compte c'est les personnes qui sortent du bureau de Lecornu et qui témoignent devant les micros tendus des chaînes de télé sur ce qu'il s'est dit dans le bureau où en sont les négociations où est-ce que ça avance etc moi j'ai l'impression que c'est toujours au point mort je ne sens pas du tout l'EPS prêt à soutenir Lecornu je sais que le PS fait aussi monter les enchères de son côté il aurait tort de se priver mais sans victoire très symbolique sur l'ISF sur l'attaque Zucman sur le retour de la retraite à 62 ans j'ai du mal à imaginer que le PS soutienne et quand bien même le PS soutiendrait je ne suis même pas sûr que ça passe

1:49:19
Invité

moi je pense que on a l'impression qu'il n'a pas l'air d'être très pressé mais en fait je pense que juste il est dans un pass total parce qu'il ne faut pas qu'il réitère les mêmes erreurs que Barnier ou Bayrou et donc il faut qu'il réussisse à convaincre tout le monde et en même temps personne il ne pourra pas consuluer tout le monde il ne réussira jamais à consuluer tout le monde et donc il est juste je pense que il est tout aussi embarrassé que nous dans le sens où s'il essaye de faire abstraction du PS ça va forcément mener à nouveau à une nouvelle censure et rebelote et on est au même point en fait c'est un cercle vicieux

1:50:06
Présentateur

mais moi je pense que c'est impossible je commence vraiment à penser que la dissolution c'est le truc qui a le plus de chances d'arriver d'une manière ou d'une autre je pense que Macron va peut-être se retrouver contraint et forcé

1:50:15
Invité

mais ça m'interrogerait de parler tu vois par exemple aux maires qui sont ici de dire mais en fait vous ça vous fait quoi notamment pour les gens qui travaillent en mairie la perspective d'avoir deux élections à organiser en mars la menace de ouais voilà non mais on a des gens et tu vois typiquement une des réactions qui avait été pour la dissolution juste après les européennes c'est que les gens qui travaillent en mairie ils étaient là mais on est épuisés en fait on n'en peut plus c'est une organisation monstrueuse d'organiser des élections pour les gens qui travaillent en mairie qui sont déjà sous-staffés et sous-financés et je trouve que encore une fois le mépris de la réalité est telle que là enfin tous les jours tu vois on arrive à faire des blagues dissolution pas dissolution on va voir mais en fait il y a des gens dont c'est le quotidien dont c'est la vie et je trouve ce mépris pour les conséquences que des décisions prises au sommet vont avoir pour nous et les maires notamment parce qu'ils sont eux-mêmes en pleine campagne quand même de réélection enfin il y a quand même 36 000 listes de gens qui sont en train de se constituer d'écrire un programme de créer des équipes donc ça veut dire quoi en plein milieu on va dire non en fait alors attendez c'est déjà suffisamment compliqué d'intéresser les gens à la politique donc en fait non on allait vous parler de ce qui va se passer au niveau local mais en fait attendez là on revient sur l'Assemblée Nationale puis alors après on va revenir enfin c'est pas sérieux en fait

1:51:36
Présentateur

c'est vrai que les maires et les maires qui sont ici les maires ruraux en particulier sont concentrés également sur les annonces budgétaires quel que soit le gouvernement pour savoir s'ils auront une DGF qui ressemble à quelque chose l'année prochaine ou s'ils vont devoir annoncer des très mauvaises nouvelles à leurs administrés à quelques mois des élections c'est très concret c'est effectivement c'est effectivement très concret autre sujet qu'on voulait aborder c'est la manifestation de la FNSEA syndicat agricole contre les droits de douane et l'accord UE Mercosur journée de mobilisation journée de mobilisation intéressante Lumir je voulais t'entendre dessus parce qu'on a vu que les écolos ont appelé à manifester avec la FNSEA enfin

1:52:17
Invité

ce qui se passe c'est qu'on est d'accord je veux dire quand tu prends les revendications les inquiétudes premières des agriculteurs c'est le prix oui normal l'adaptation au changement climatique et après mais à 10% l'adaptation aux normes donc ce qui se passe c'est que comme souvent les gros instrumentalisent les petits et que les capitalistes sont les meilleurs sur Terre pour trouver pour identifier le problème et trouver une mauvaise solution et je pense que le mouvement des agriculteurs de l'année dernière montre exactement ça qui est que en fait et l'incapacité de la gauche et notamment des écologistes à comprendre le problème qui est quand même ça fait 50 ans on leur a dit il faut produire produire produire produire maintenant le sujet c'est pas de s'occuper de la nature c'est pas de prendre soin de la biodiversité on s'en fout il faut produire et là on se dit tous collectivement attends en fait ça marche pas ça on sait pas comment on va bouffer en 2040 on sait pas sur quelle planète on va continuer à vivre et ce qu'on va laisser à nos enfants et là on leur dit non attendez demi-tour toutes on va faire exactement pas ça et les gens moi je sais même pas comment les agris aujourd'hui tiennent c'est héroïque d'arriver à se lever tous les jours sans vacances pour 350 balles par mois avec quand même des prix qui changent tous les jours c'est le yo-yo et je crois que collectivement il faut qu'on arrive à identifier qu'une des causes profondes de cette situation c'est le libre-échange et c'est le fait que peut rentrer sur des marchés des produits du similaire à prix cassé sans les mêmes normes le fait que ce soit des dirigeants en costard qui aient signé des accords à Bruxelles à New York alors que ça ne tient pas sur le terrain ça ne tient pas et je trouve ça vraiment bien qu'on change des postures alors même qu'il y a eu beaucoup de violence notamment des agriculteurs sur les écologistes récemment on pourra en reparler et donc c'est pas forcément évident de créer des solidarités et des coalitions mais je trouve ça très bien qu'on ait réussi à le faire parce qu'en fait on a le même problème on a identifié le même responsable et ça c'est la continuation du libre-échange avec des accords type le Mercosur

1:54:28
Présentateur

en tout cas ça nous rappelle que la ruralité est plurielle que les agriculteurs aussi sont pluriels sont différents les uns des autres que les alignements partisans des organisations syndicales sont plus compliqués à lire que ce qu'on pourrait imaginer qu'est-ce qu'il en est d'ailleurs de la confédération paysanne et de la coordination rurale dans cette journée de mobilisation

1:54:45
Invité

la conf a appelé à se joindre et la CR dans mon souvenir a dit qu'ils allaient demander une rencontre avec le cornu pour faire le point c'est les infos que j'ai

1:54:57
Présentateur

d'accord que tout le monde

1:55:00
Invité

peut avoir parce que je les ai trouvés dans les journaux

1:55:01
Présentateur

Est-ce que l'idée c'est de casser la logique d'alignement politique des syndicats sur les partis comme on a pu l'observer entre la coordination rurale et le RN ?

1:55:08
Invité

Je pense que comme toujours quand on parle des vrais problèmes c'est-à-dire des problèmes économiques et de vision économique le RN est emmerdé parce qu'en fait le RN dès qu'il s'agit de parler de taxes des vrais responsables de nos problèmes c'est-à-dire un monde complètement déséquilibré ou un tout petit nombre de gens ou un pouvoir disproportionné sur tous les autres il n'arrive pas à identifier ça et je veux dire on le voit bien c'est la grande alliance entre l'extrême droite et l'extrême argent elle est constante et la seule manière de ne pas la voir c'est de continuer à trouver d'autres responsables de nos problèmes les migrants les trans les noirs les arabes les écolos les kmervers en fait ce qui moi je trouve assez fascinant toujours quand on fait du militantisme c'est qu'au final on se rend bien compte que les gens qui sont impactés par ces décisions trouvent des accords et des coalitions et des solidarités parce qu'en fait on n'est pas débile et on est capable quand on a une conversation d'identifier que la plupart du temps le responsable de nos problèmes c'est le capitalisme fou et ses alliés politiques

1:56:12
Présentateur

vous êtes d'accord ?

1:56:17
Invité

oui oui je pense que même on va avoir d'autres types de solidarité inter-mouvement comme ça qui vont se multiplier dans l'avenir parce qu'il va y avoir d'autres accords de libre-échange qui vont être signés entre lieux

1:56:29
Présentateur

il y a des négociations qui ont lieu en ce moment

1:56:30
Invité

et l'Asie du Sud-Est l'Indonésie la Malaisie donc ça va continuer en fait et donc il va y avoir tout le temps cette question aussi des conséquences que ça va avoir concrètement au niveau de la concurrence des loyales de l'impact environnemental que tout ça peut avoir et aussi de juste les normes c'est-à-dire qu'on va se retrouver à manger des aliments ultra transformés ultra remplis d'OGM parce que ils n'auront pas réussi à négocier suffisamment le respect de nos normes UE alors qu'ils l'imposent en contrepartie à nos agriculteurs européens voilà c'est lunaire c'est lunaire c'est insensé de demander ça aux gens on va voir en tout cas

1:57:15
Présentateur

à l'avenir si on continue à avoir des mobilisations comme ça contre le libre-échange dans lequel la FNSEA rentre même si t'as le risque que la FNSEA ait un double discours entre ce qu'ils disent

1:57:23
Invité

moi ça me fait assez sourire de voir le président de la FNSEA vend debout contre le Mercosur alors qu'il y a quelques mois pendant le mouvement des agriculteurs ou pendant la loi du plomb quand on a essayé de poser le sujet de l'emprise des multinationales sur l'agriculture mondiale notamment l'agriculture française de la différence c'est comme riche et patron agriculteur ça veut rien dire en fait parce qu'entre les grands exploitants céréaliers les éleveurs les gens qui sont même en permaculture tu vois qui sont des néos en fait il y a plein de types d'agriculture et comme souvent les plus gros et les plus riches captent la parole capturent le débat public et on a du mal à entendre les autres

1:58:06
Présentateur

on voulait parler de l'extrême droite aussi avec le discours de Donald Trump à la tribune des Nations Unies il a lâché la rampe je crois qu'on peut le dire là ça y est il l'a-t-il déjà tenu un jour c'est vrai c'est une bonne question Lumir assez impressionnant et notamment la distinction qu'on a entre l'extrême droite américaine et l'extrême droite française sur le style notamment parce que l'extrême droite française continue à jouer la stratégie de la cravate comme on l'a appelé la stratégie de la dédiabolisation la respectabilité le fait d'aller draguer les milieux professionnels les milieux d'affaires le fait de bien se comporter dans les institutions alors qu'aux Etats-Unis on a l'impression qu'à l'inverse ils ont lâché la rampe et ils ont lâché les freins et ça marche très bien pour eux qu'est-ce que vous en pensez ?

Latifia

1:58:52
Invité

est-ce que vraiment oui effectivement pour la stratégie de la cravate la dédiabolisation et tout mais enfin c'est bien passé presque d'un point de vue marketing mais en soi tous les gens qui entourent Marine Le Pen qui entourent le Rassemblement National des groupuscules ultra-violents jusqu'au milieu des affaires etc. ça reste les mêmes personnes et c'est la même continuité parce que tous ces gens appartiennent à un même cercle social se voient échangent ensemble etc. donc là-dessus c'est pas forcément voilà c'est purement stratégique et après c'est vrai qu'on avait pourtant beaucoup parlé pour Zemmour de parler avec Trump etc.

est-ce qu'il faisait pas la même chose quand on voit aussi le fait d'appeler de faire pas mal d'influenceurs d'extrême droite de faire appel à eux de diffuser tout un tas d'informations complètement complètement fausses de détourner des récits aussi qui sont progressistes là on le voit avec je sais pas les collectifs fémonationalistes qui vont s'emparer d'affaires de violences sexistes et sexuelles uniquement quand elles concernent des personnes qui sont suces au QTF en tout cas qui en sont coupables et donc en fait on voit de plus en plus j'ai l'impression les mêmes ressorts qu'on peut voir qu'on peut voir outre-Atlantique etc.

donc c'est vrai qu'on a ce truc où Marine Le Pen est un peu plus enfin ce qu'elle présentait que Donald Trump je sais pas mais en tout cas oui enfin qu'elle elle peut rassurer davantage les gens mais est-ce que en fait finalement ça tient qu'à ça dans l'époque dans laquelle on est est-ce que ça va suffire aux gens je sais pas mais en tout cas j'ai toujours ce oui voilà ce petit comment dire ce petit recul sur cette stratégie sur des diabolisations et en fait il nous appartient aussi de davantage communiquer autour de ça pour les gens que la même stratégie à droite n'a pas changé en fait

2:00:35
Présentateur

Lumir toi t'as passé 7 mois aux Etats-Unis t'as vu de près les dingueries de Donald Trump

2:00:39
Invité

ouais je rentre de 7 mois dans le Kentucky et en Virginie Occidentale qui sont deux des Etats les plus acquis au trumpisme ce que mon analyse alors elle est ce qu'elle voit mais c'est que en fait les Etats-Unis sont d'une telle violence quotidienne c'est tellement c'est inimaginable pour nous qui vivons dans un état où il y a des services publics où il y a alors bien sûr il n'est pas parfait il est parfois défaillant enfin je veux dire on est en pleine ruralité a fortiori il y a des services publics qui ferment et c'est toujours d'ailleurs corrélé à une augmentation du vote d'extrême droite on le sait quand un service public ferme la population se met à voter plus pour l'extrême droite mais en fait ça n'est sans aucune commune mesure aux Etats-Unis par exemple tu te fais renverser donc mettons tu traverses la route tu te fais renverser par une voiture tu n'appelles pas une ambulance tu t'appelles un Uber parce que ça coûte trop cher une ambulance et tout ça c'est ça j'ai rencontré beaucoup de personnes qui occupent un, deux, trois emplois et donc je crois assez sincèrement que dans un système où le capitalisme est tellement fou où il est tellement destructeur où les gens mangent de la merde boivent je veux dire dans les endroits où j'étais il n'y a pas d'eau potable il n'y a pas de système d'égout en 2025 des égouts à ciel ouvert il y a un tuyau et hop ça sort et donc je pense que pour justifier un tel niveau de violence il faut un niveau de violence équivalent envers d'autres populations et c'est pour ça je pense qu'il y a autant de violence en ce moment de la police de l'immigration qui est en train littéralement de terroriser des millions de personnes avec ou sans papier d'ailleurs des gens qui ont fait leur vie aux Etats-Unis qui sont là depuis des dizaines d'années qui est en train de terroriser la communauté LGBT qui est en train de terroriser les antifas à savoir ce que ça veut dire on sait pas et je pense sincèrement que ce niveau de violence capitaliste ne tient pas si en face il n'y a pas le même niveau de violence et c'est ça qui explique à mon avis le niveau de folie parce que je veux dire quand tu regardes ce discours à l'ONU tu t'es dit mais c'est pas mais c'est pas possible c'est un sketch ce mec ne dirige pas la superpuissance mondiale il parle tu sais c'est Johan Chirpoto qui dit ça d'autre manière l'extrême droite le premier truc qu'elle fait c'est maltraiter le langage

2:02:50
Présentateur

c'est ça

2:02:51
Invité

mais ça s'explique

2:02:53
Présentateur

il parle des escalators il parle des prompteurs il parle du building il dit

2:02:57
Invité

que bon alors le meilleur pays au monde ça on a compris que tous les autres pays sont nuls il le dit aux délégations

2:03:05
Présentateur

c'est ça qui est dingue

2:03:06
Invité

et là où ce que je trouve intéressant c'est que je pense que le masque s'en va pour la première fois parce que les américains ont l'habitude d'entendre ça je veux dire c'est le clown depuis bientôt 10 ans mais là sur la scène internationale de voir tous les autres chefs d'état je pense que ça a été quand même un grand choc pour beaucoup mais je pense que in fine même s'il raconte toutes ces conneries que ce soit sur la scène internationale ou dans son bureau ovale quand il est posé avec x président enfin en fait à la fin ce que les gens retiennent de son de son discours lunaire c'est qu'ils trouvent toujours un bouc émissaire pour rejeter la faute de tous les problèmes donc que ce soit ah oui mais non mais ça c'est à cause de Biden ça ça va être à cause des immigrés ça ça va être et donc les gens ils retiennent seulement ça dans tout ce ce discours flou et qui n'a aucun sens et donc ça les rassure parce qu'ils se disent ah bah voilà c'est bon j'ai trouvé la la réponse à mes questionnements pourquoi j'ai pas accès à une santé enfin à des à des enfin comment dire enfin vraiment un niveau de vie décent c'est parce que c'est la faute d'un tel parce que Trump le dit et donc je pense que il y a ça et pour rebondir sur ce que tu disais sur les influenceurs d'extrême droite en France ils sont assez ressemblants alors on n'est pas au stade d'avoir un Charlie Kirk en France j'espère qu'on on n'en arrivera jamais à là mais on est sur cette dynamique là parce que le nombre de d'influenceurs d'extrême droite qui ont rendu hommage à Charlie Kirk parce qu'ils sont dans la même idéologie dans la même pensée en fait

2:04:49
Présentateur

ils sont très ils sont très admiratifs de Charlie Kirk exactement parce qu'ils se disent

2:04:53
Invité

on aimerait atteindre ce niveau là parce que pour eux c'est aussi la manière aussi de faire passer leurs idées et donc ces influenceurs d'extrême droite on pense qu'ils sont plutôt proches d'un Zemmour que d'une Marine Le Pen parce qu'elle elle essaye de ne pas trop s'afficher avec eux mais au fond ils sont dans ses rangs ils sont parmi ses équipes et il ne faut pas qu'on l'oublie tu as vu l'IFP l'Institut de la formation politique l'espèce d'école de l'extrême droite de Marion Maréchal à Lyon a nommé sa première chaîne promo la promo de Charlie Kirk super

2:05:24
Présentateur

je ne savais pas et bien écoute c'est bon à savoir mais il y a effectivement un nourrissement de l'extrême droite européenne et notamment française de ce qui se passe aux Etats-Unis disons qu'il y a une extrême droite d'atmosphère aux States qui bénéficie à Marine Le Pen même si en France on a la question de l'islam qui est spécifique à notre extrême droite à nous qui en fait des caisses c'est un peu moins le cas aux Etats-Unis pour des raisons différentes mais je reste circonspect je ne suis pas convaincu que ça puisse encore permettre une victoire de Marine Le Pen à une élection présidentielle je pense que ça dépend encore de trop d'éléments le RN reste le premier parti de France ils sont à plus de 30% aux européennes etc.

il n'y a pas de débat là-dessus mais de là à remporter une élection présidentielle je m'interroge sur la capacité du front républicain à se maintenir et le front républicain je rappelle que ce n'est pas un truc qui est fait par les partis c'est fait par les électeurs qui décident de se lever le matin pour aller voter pour quelqu'un avec qui ils ne sont pas d'accord pour empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir à mon avis c'est là-dessus que beaucoup va se jouer

2:06:26
Invité

oui c'est sûr et moi c'est pour ça que j'ai écrit ce livre parce que je pense sincèrement que le dernier barrage les gens qui peuvent faire basculer la France dans un régime potentiellement autoritaire parce que je crois que c'est quand même toujours le projet de Marine Le Pen c'est les classes populaires et les petites classes moyennes rurales

2:06:45
Présentateur

et bien c'est joyeux tout ça dis donc le livre dont tu parles ma chère Lumir c'est ces gens-là aux éditions Payot plongés dans cette France qui pourraient tout faire basculer un livre qui est sorti il y a deux jours n'hésitez pas à aller à aller l'acheter et lise-le surtout salut à toutes et à tous bonjour et bienvenue dans Backseat dans cette deuxième partie d'émission émission spéciale en direct du congrès de l'association des maires ruraux de France émission ruralité nous avons le plaisir d'accueillir un invité politique ce soir il s'agit d'Hugo Biolet bonsoir Hugo bonsoir merci d'avoir accepté notre invitation

2:07:22
Michel Fournier

merci à vous de m'avoir invité surtout

2:07:23
Présentateur

mais je t'en prie mon cher Hugo tu es le plus jeune maire de France tu as été élu à 18 ans en 2020 à Vingt-Yeux petite commune de 500 habitants du nord de l'Ardèche tu fais partie depuis mars dernier du printemps des maires un collectif d'élus locaux destiné à favoriser l'engagement politique aux élections municipales tu nous en parleras et tu sièges également au conseil d'administration d'InSIT qu'on a reçu dans la première partie de l'émission raconte nous un petit peu ton parcours Hugo comment tu es devenu maire à l'âge seulement de 18 ans

2:07:53
Michel Fournier

alors mon parcours il est en fait il est un peu atypique parce que il part de celui d'un gamin qui est très très timide vraiment très très très timide quand je suis au collège que j'arrive aux années lycées etc et puis il se dit qu'il a envie de changer puis qu'il arrive petit à petit à s'ouvrir aux autres et au monde et puis quand j'arrive aux alentours de mes 18 ans il se trouve que j'habite toujours dans un village qui est le village dans lequel je suis né quasiment qui s'appelle Vinzieux et moi quand je me balade dans ce village j'aime bien dire je l'ai vu grandir en même temps que moi et j'y vois plein de choses je me dis on pourrait faire plein de projets ça fait il manque de la vie j'ai envie d'y faire revenir de la vie etc et puis et puis il y a quelqu'un on me dit mais pourquoi est-ce que tu mets la responsabilité de ça aux autres et pourquoi tu le ferais pas toi et pourquoi tu t'engagerais pas il y a une personne qui m'a dit ça j'y réfléchis mais attends

2:08:48
Présentateur

tu connaissais déjà l'action municipale le conseil municipal et tout ça te parlait tu y étais déjà allé

2:08:54
Michel Fournier

oui et non ok oui parce que en fait j'avais eu l'occasion de regarder comment ça marchait dans les communes autour et ça m'intéressait moi je me suis toujours intéressé à la politique depuis gamin mais je ne me suis jamais dit que c'était pour moi

2:09:08
Locuteur 10

ouais ok

2:09:08
Michel Fournier

et

2:09:10
Invité

t'as jamais été élu délégué pardon

2:09:11
Michel Fournier

j'ai jamais été élu délégué effectivement

2:09:13
Invité

c'est une info mais ça t'intéressait à la politique

2:09:16
Michel Fournier

tu es à la télé etc tu voyais passer les trucs non ouais je voyais passer les trucs à la télé ouais je me rappelle les présidentielles etc on regardait les grands trucs à la télé mais en fait il y avait la politique à la télé et puis ma vie

2:09:28
Présentateur

et puis il n'y avait rien entre les deux

2:09:30
Michel Fournier

et puis un jour j'ai fait un stage dans une mairie et je me suis retrouvé auprès d'un directeur de cabinet et là j'étais encore très très très timide à l'époque et je me suis retrouvé pendant deux semaines à aller sur le terrain à aller voir le problème du bas de l'immeuble avec un échafaudage qui est mal placé et comment est-ce qu'on va le régler etc et cette même personne un jour il a fallu régler un problème je crois que c'était avec un cirque qui venait s'implanter dans la ville et il y avait un petit problème à gérer et il me donne le téléphone il me dit tiens tu me dis que t'es le collaborateur de cabinet parce que stagiaire ça marche pas il fait le numéro il décroche le téléphone il sort de la pièce et démerde toi et là je me suis dit ah bah finalement il y a des choses qu'on sait pas faire et ça m'a donné une confiance et on fait quand même et finalement on se débrouille et on y arrive et ça m'a donné soif d'apprendre en fait et de faire des nouvelles choses ok t'es un vrai ovni

2:10:23
Présentateur

parmi les maires de France il y en a que 4% d'entre eux qui ont moins de 40 ans est-ce que tu sais d'où ça vient cette difficulté qu'ont les jeunes à s'engager politiquement au niveau local

2:10:34
Michel Fournier

il y en a il y en a tout plein des difficultés et en fait je sais pas par quel biais on prend le truc mais il y a un premier biais de difficulté qui est allez celui de donner envie et c'est peut-être le plus important et le plus grave aujourd'hui c'est qu'on a une sorte de crise de confiance où moi j'entends plein de gens qui me disent les jeunes s'engagent plus ils n'en veulent plus etc et je pense que c'est faux parce que je croise plein de jeunes qui s'engagent on est de la génération climat qui sort dans les rues on n'a jamais été aussi connecté au problème de la France et du monde à travers plein de biais mais par contre les gens veulent plus s'engager démocratiquement parce qu'ils n'y voient pas comme un espace de solution et au contraire moi je pense que c'est à nous de construire ces espaces-là de solutions et je ne sais pas pourquoi je suis allé là-dedans mais je suis parti des quelques-uns qui ont envie de redorer un petit peu l'image et de dire que la politique c'est important et qu'on a besoin de gens dans les associations et qu'on a aussi besoin de gens dans les mairies ou dans les institutions il y a certainement le complexe d'illégitimité

2:11:39
Présentateur

je suis d'accord avec toi il y a aussi que les jeunes peuvent percevoir ça comme un lieu d'emmerde en 2020 environ 500 maires démissionnent chaque année 44% des maires déclarent avoir déjà pensé à démissionner et toi c'est le cas ou pas ?

2:11:55
Michel Fournier

alors c'est pas le cas alors les emmerdes on en a des emmerdes et on a notre lot on entend toutes les temps qu'on est à portée de baffe etc mais par contre il y a tellement de trucs passionnants moi depuis depuis 2020 mais le nombre de personnes que j'ai rencontré c'est impressionnant et puis en fait je me retrouve dans la même journée à faire de l'urbanisme à faire à traiter sur l'avenir du village sur la question de la gestion des bâtiments publics de l'électricité etc et en même temps à régler aussi la problématique d'un habitant qui vient qui n'arrive pas à trouver quelqu'un pour garder ses enfants le lendemain etc et puis du coup on essaie de trouver des solutions ensemble c'est hyper concret en fait dans une mairie Pardon Latifa

2:12:40
Invité

Non juste comment la campagne que t'as menée comment t'as convaincu les gens de voter pour toi et après quelle est la moyenne d'âge un peu dans ton dans ton village en fait

2:12:49
Michel Fournier

Alors la campagne en fait je l'ai faite de manière relativement longue parce que je savais que déjà rien qu'avec ma tête et mon âge je partais avec un petit handicap entre guillemets en tout cas j'avais besoin de montrer que j'étais légitime à y aller et donc en fait on est parti en équipe parce que je veux dire et redire que en fait moi on me voit même beaucoup plus que les autres maires en fait mais en fait la commune si on n'est pas nous onze en l'occurrence elle fonctionne pas et moi je fais pas les trucs tout seul donc on est parti en équipe on s'est présenté et puis moi simplement on a bossé et puis j'ai montré pendant plusieurs mois que j'étais légitime et j'ai une petite anecdote là dessus j'ai fait deux réunions publiques pendant ma campagne une première au mois de novembre et là je parle mon objectif c'était de montrer que j'étais légitime donc je fais 45 minutes sans notes pour présenter le programme qu'on a construit ensemble avec toute l'équipe et puis à la fin je me retrouve avec que des questions sur mon âge mais comment tu vas faire avec ton âge avec tes études etc des trucs qui viennent requestionner la légitimité d'un jeune à se présenter à avoir des idées et à bosser et on a travaillé ça on a travaillé ça et deux mois plus tard trois mois plus tard on a refait une deuxième réunion publique même chose et là plus aucune question sur mon âge c'est-à-dire que le temps a permis aussi de faire imprimer le fait qu'on avait bossé qu'on avait envie d'y aller qu'on était une équipe et que ça peut fonctionner Namo

2:14:13
Invité

Justement il y a des sondages qui montrent que les jeunes ne sont pas si désintéressés que ça par la politique mais c'est juste qu'il y a plus de défiance vis-à-vis des élus de leurs représentants politiques comment déjà est-ce que tu penses que justement la figure du maire qui est une figure de proximité est déjà une figure qui peut permettre de réconcilier ce problème-là et est-ce que tu comment tu à ton avis on peut redonner cette envie aux jeunes de s'impliquer dans la politique à l'échelle locale

2:14:48
Michel Fournier

Pourquoi on s'implique ?

Parce qu'on veut que ça change et en fait le vrai problème c'est qu'on a plein de capteurs aujourd'hui à l'échelle nationale qui montrent que en fait il se passe plein de trucs il y a des élections et puis il y a des mots vous en avez déjà d'ailleurs très bien parlé pourquoi est-ce qu'il y a eu aussi peu de réactions sur les derniers mouvements ministériels c'est parce que en gros il y a une sorte de lassitude on se dit mais qu'est-ce qui va arriver où est-ce qu'on en est etc et ça c'est extrêmement mauvais pour notre démocratie parce qu'aujourd'hui on est dans un moment du monde et je pourrais développer où on a besoin d'un changement assez brutal et là-dessus j'ai l'impression que dans les communes on arrive encore à faire différemment et qu'on devrait s'inspirer de ce qui se passe à un échelon local moi dans mon conseil municipal il y a des gens qui viennent d'un peu partout dans le village il y a des gens de tous les âges il y a des gens de plein de métiers et professions différentes et puis il y a des gens qui pensent différemment politiquement mais ça n'a jamais été en sujet je ne leur ai jamais posé la question et on arrive quand même à faire vivre de la commune et ça c'est du consensus et pour répondre à la deuxième partie de la question sur la question c'était quoi la deuxième partie de ta question

2:16:00
Invité

et redonner justement envie aux jeunes de s'investir localement en fait dans la politique locale

2:16:07
Michel Fournier

oui pour redonner envie de s'investir localement le maire et la figure du maire reste encore une figure je crois mais il faut faire attention parce qu'il ne faut pas juste dire que c'est un totem qu'on est apprécié que c'est une figure et il faut se donner les raisons pourquoi j'en ai donné une sur le fait qu'on arrive à faire avancer les choses il y en a une autre c'est qu'on est encore un endroit où on prend des responsabilités parce que en fait quand il y a des problèmes on vient nous donner la responsabilité de régler ce problème c'est à dire que moi demain on vient prendre une mesure à l'échelon national et bien moi je vais être à la fois en charge potentiellement de l'appliquer mais je vais aussi être en charge d'aller voir la famille qui ne pourra plus avoir accès à telle aide et qui va se retrouver dans la rue et en fait on va croiser les deux et on se retrouve au milieu et on essaye de trouver des solutions qui vont convenir un petit peu à tout le monde et cette question de responsabilité elle est hyper importante et je pense que c'est une des raisons pour lesquelles les maires ont encore une cote de popularité qui est supérieure aux autres c'est quoi le printemps des maires du coup vous allez faire quoi le printemps des maires en gros l'idée c'est de dire on entend beaucoup de choses aujourd'hui sur les maires qui nous disent c'est difficile il y a beaucoup de problèmes il y en a plein qui démissionnent etc et qui est finalement un discours qui est un peu déprimant et nous on vient de dire certes c'est difficile mais en fait c'est un espace d'expérimentation incroyable et dans cette difficulté on arrive encore à faire bouger la France et on a besoin de trouver des gens qui ont envie de le faire et que c'est un bon endroit pour le faire et donc assez modestement avec quelques autres collègues maires on s'est dit on va essayer de redorer un petit peu le blason de cette image des maires et puis c'est une série de webinaires c'est du mentorat on vient travailler un petit peu sur des idées mais l'objectif derrière c'est de se dire qu'il y a encore un espoir et que le futur s'écrit au village ou à l'échelle de la ville et que si on veut que cette phrase elle devienne réalité c'est à nous de nous bouger un petit peu tu as été élu maire

2:18:01
Présentateur

de Vinzieux maire sans étiquette je voulais te demander est-ce que dans une commune comme Vinzieux il y a des politiques de droite et des politiques de gauche une action municipale elle peut avoir une couleur politique dans une petite ville

2:18:12
Michel Fournier

pas vraiment pas vraiment on peut dire qu'on a une politique en faveur de la culture on peut dire qu'on a une politique environnementale on peut dire qu'on a une politique qui essaie de faire en sorte est-ce que Vinzieux par exemple le 17 octobre on a eu des pluies monstres on a eu des inondations 17 octobre 17 octobre dernier

2:18:32
Présentateur

ah l'année dernière pardon l'année dernière

2:18:34
Michel Fournier

on a eu des pluies on a eu des pluies qui étaient gigantesques il y a des communes à côté de chez moi qui ont subi des dégâts énormes nous on en a subi quelques-uns nous on a lancé une politique c'est très modeste mais on est allé voir les habitants qui étaient les plus concernés et on a essayé de trouver des solutions ensemble ça c'est pas de gauche c'est de droite c'est pas de gauche c'est pas de droite

2:18:55
Présentateur

là en l'occurrence non parce que tu parles d'une intempérie des conséquences d'une intempérie on se doute que c'est pas suffisamment de droite et de gauche mais non mais ok

2:19:05
Michel Fournier

en fait ce que je veux dire c'est que même quand on vient mener une politique un peu plus culturelle parce qu'on a envie de faire ramener des concerts des spectacles dans le village ou quand on a envie de traiter la question de l'environnement sur un sujet ou un autre moi je me la pose jamais comme un sujet de gauche ou de droite à 20 yeux et je pense que c'est même comme ça qu'on devrait réfléchir à une échelle plus globale plutôt que de se demander à qui est-ce que ça va plaire dans les partis politiques c'est juste de se demander mais qu'est-ce qui est bien pour le village et nous on a identifié quelque chose à 20 yeux et on y reste on se dit 20 yeux c'est un village qui a tout sur le papier pour devenir un village d'hortoir et nous on veut se battre pour que ça ne le soit pas et en fait on suit cette petite ligne tout au long des différentes actions qu'on mène et en fait c'est ça notre boussole Lomir

2:19:47
Invité

et ça je comprends bien au niveau de l'action municipale de l'action sur la commune mais au-delà de l'action il y a ton discours et ton destin peut-être national ce que je comprends que c'était plutôt situé à gauche est-ce que les gens le savent est-ce que est-ce que c'est des conversations que vous avez je pose la question parce que on est à quelques mois des municipales avec une tendance qui est quand même qu'il y a beaucoup de maires sans étiquette ou modérés ou en tout cas pas d'extrême droite qui constatent une montée de l'extrême droite aux élections nationales chez leurs administrés et qui se posent vraiment la question de leur rôle là-dedans est-ce qu'ils devraient ouvrir des conversations sur les raisons de ce vote est-ce que quelle est leur responsabilité là-dedans parce que moi ce que je vois en tout cas c'est que je sais beaucoup ça crée beaucoup de souffrance qui vient à l'incompréhension totale de comment vous pouvez voter pour eux et voter pour moi alors que est-ce que vous ne savez pas qu'on a les mêmes valeurs est-ce que toi comment tu vois ton rôle là-dedans est-ce que tu en vois un et comment tu le gères parce que ça ne doit vraiment pas être évident

2:20:50
Michel Fournier

c'est sûr qu'on se pose toujours beaucoup de questions quand on voit des résultats d'élections qu'est-ce qu'on fait mais moi j'ai un peu je me rappelle avoir eu cette image sur un 49.3 il n'y a pas si longtemps ça faisait six mois qu'on avait bossé justement avec Insight avec des jeunes en service civique pour créer du lien dans le village pour les questionner sur ce qu'ils avaient envie et en fait derrière pour leur dire vous voyez la politique ça peut faire changer les choses et puis on vient discuter ensemble et on discute sur les gros projets d'aménagement de Centrebourg qu'on est en train de terminer en ce moment dans le village et puis là on arrive au bout de cinq mois de mission de service civique avec ces jeunes qui se sont investis dans le village et là bam 49.3 tout le monde dans la rue etc et là je me dis là moi dans ma mairie je suis dans un petit bateau en train de nager à contre courant pour essayer de faire passer un certain nombre d'idées et en fait clairement on est dans ce petit bateau et c'est aussi pour ça que je trouve que c'est important et que je vous remercie de m'inviter là c'est qu'il y a les actions concrètes qu'on est en capacité de faire mais après il faut aussi faire passer des messages mais c'est deux choses qui sont en fait un petit peu très liées mais aussi très différentes les messages qu'on peut porter pour avoir des vrais changements à une échelle globale à une échelle systémique à une échelle nationale et c'est des mots qui sont importants qui sont lourds et bien portés mais aussi des trucs très concrets et relier les deux parce qu'aujourd'hui on a une fracture entre les deux en fait Latifa

2:22:11
Invité

on l'a dit plusieurs fois l'année prochaine c'est une année donc d'élections municipales quel conseil tu donnerais à un jeune qui se lance à la conquête d'une mairie à Louis Sarkozy par exemple

2:22:21
Présentateur

il dirait quoi

2:22:22
Invité

est-ce que je peux compléter

2:22:24
Présentateur

vas-y complète la question Lumière

2:22:26
Invité

parce que comme on se connait un peu je sais que tu as mené de fond des études supérieures et le fait d'avoir été élu est-ce que il n'y a pas besoin de choisir finalement entre les deux toi tu as réussi à faire les deux et quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui ne veut pas choisir entre ces deux trucs par exemple

2:22:43
Michel Fournier

ok alors déjà je ne suis pas sûr d'avoir des conseils à donner à Louis Sarkozy mais par contre

2:22:50
Invité

quand tu as un jeune candidat qui se lance ne le fais pas

2:22:53
Michel Fournier

toi tu es maire depuis 5 ans mais par contre à tous les jeunes qui ont c'est là où il y a une petite différence des soucis de légitimité et en fait qui se la posent comme ça mais la première chose à faire c'est d'y aller et de ne pas écouter tous ceux qui disent est-ce qu'on est trop jeune pour être légitime parce qu'en fait la question c'est le boulot c'est de dire il faut oui c'est dur oui il y a du boulot oui il faut apprendre plein de trucs mais c'est passionnant et tu as ta place parce que c'est les maires qui vont construire nos territoires demain et il y en a tout plein et si ce n'est pas être maire ce sera être adjoint et si ce n'est pas être adjoint ce sera être élu en fonction de de l'ambition qu'on a envie de se donner mais il faut rentrer là-dedans parce que c'est vraiment notre quotidien et ce sera notre quotidien demain ça quoi et après il y a plein d'autres problèmes moi j'ai fait mes études à côté et on parlait de ce qui pouvait empêcher les gens d'être élus mais aujourd'hui c'est le problème de la valorisation comment est-ce qu'on est capable d'être maire d'être étudiant et de gagner sa vie moi je ne sais pas il y a des moments où c'est très difficile et où il faut réussir à boucler le bois et là il y a un petit sujet à avoir qui est le sujet sur le statut de l'élu qui traîne et qui traîne depuis super longtemps et qui peut aussi permettre la diversité et le renouvellement aujourd'hui je n'ai pas de réponse ce n'est pas moi qui ai les manettes pour faire ce genre de truc mais par contre on a besoin de créer des cadres parce que sinon on ne peut pas juste dire il nous faut des jeunes il nous faut des jeunes il nous faut des jeunes mais que pour pouvoir être élu et vivre correctement il faille être soit retraité soit avoir déjà un petit pécule de base qui soit assez important

2:24:24
Invité

surtout dans un contexte où déjà on lutte pour convaincre les jeunes juste d'aller voter à toutes les élections et que c'est la catégorie de population qui vote le moins je crois la jeunesse mais c'est vrai que là ça demanderait des moyens en termes de communication et tout sur l'engagement ou peut-être juste des petites étapes quand on peut voir que par exemple l'éducation civique elle est très peu présente et c'est toujours un enseignement qui saute au collège au lycée etc et c'est peut-être aussi une porte d'entrée par là

2:24:52
Michel Fournier

on pourrait en parler de l'éducation civique moi en éducation civique j'ai appris qu'il existait une commune j'ai appris qu'il existait une région j'ai appris qu'il existait un département etc mais j'ai jamais appris ce qu'on faisait à l'intérieur et il a fallu que je me retrouve à un moment donné dans la boîte dans la boutique avec les mains dans le cambouis pour me dire ah mais c'est intéressant et ça a un impact sur ma vie et ça il faut qu'on réussisse à le transmettre ça veut pas dire que tout le monde aura envie de s'engager parce que c'est du temps c'est de l'énergie et on a besoin de gens qui sont passionnés partout et pour tout mais ça veut dire qu'au moins on est alerte sur le fait que ben oui à un moment donné quand on a je peux parler des départementales parce que j'avais fait une campagne de départementale un département à gauche et un département à droite ne produit pas les mêmes politiques sociales nos anciens ils sont pas traités pareil dans les EHPAD parce que c'est eux qui et ça ce discours là quand on nous dit la droite et la gauche n'existent plus en fait derrière c'est le discours de la politique ne changera rien alors qu'il y a il y a vraiment des axes de futur qui se dessinent

2:25:57
Présentateur

on parle beaucoup du phénomène de désertification des communes rurales est-ce que ça existe à Vincieux comment ça se manifeste

2:26:08
Michel Fournier

alors on a eu un chiffre tout à l'heure qui est tombé les communes rurales en réalité elles progressent en termes de population et elles sont beaucoup plus jeunes que ce qu'on pense c'est lié au Covid c'est lié à ce phénomène des urbains qui viennent s'installer à la campagne je pense que c'est lié à un discours global médiatique qui a tendance à nous dire nos communes elles sont vieillissantes elles se vident elles se referment sur elles-mêmes etc un discours qui se recentre alors qu'en réalité moi quand je vais dans plein de communes et là j'ai encore eu plein d'exemples de maires qui nous expliquent comment est-ce qu'ils retravaillent le cycle de l'eau de maires qui nous expliquent comment est-ce qu'on remonte un EHPAD dans sa commune et qu'on va se battre pour qu'il arrive d'autres qui nous expliquent comment est-ce qu'ils travaillent sur l'agriculture en bossant sur des fermes communales etc etc et en fait ça ça se fait avec des gens qui sont engagés dans des territoires qui impliquent plein de citoyens et ça c'est un poumon de la vie de la France c'est quand même 32-33 000 communes dans lesquelles il y en a plein où il se passe tout ça et on n'en parle jamais et moi dans mon département j'en ai plein des exemples des gens qui bossent sur la forêt des gens qui bossent de manière un peu innovante sur la voirie des gens qui bossent sur le lien social on a beaucoup parlé quand on a commencé le printemps des mers sur la fraternité avec un truc sur la fraternité mais la fraternité des mers c'est quoi ?

c'est plein de gens dans leur commune qui font discuter des gens ensemble et nous à Vingt-Yeux on a organisé des repas pour que les gens se rencontrent et d'ailleurs le premier repas de Noël qu'on a fait avec les habitants l'année dernière on a eu cette idée là on s'est dit plutôt que d'aller illuminer le village parce que ça nous coûte très très cher on va offrir un repas aux habitants c'était à quelques jours de la dissolution pardon de la censure du gouvernement donc au mois de décembre et pendant toute une soirée on a parlé du village du fait qu'on était content de construire des trucs ensemble et on s'est pas attardé sur le désespoir national qui était en train de nous prendre j'aurais dû passer la soirée avec vous

2:28:14
Présentateur

Lumir

2:28:15
Invité

non je pense que c'est vachement intéressant ce que tu dis parce que c'est on a déjà abordé ce sujet de la vision très misérabiliste de la campagne et il faut aussi rappeler que la campagne on peut tout et rien dire c'est plus de 85% du territoire c'est 30% des français en fait c'est pas la même chose de vivre dans ce qu'on appelle du rural attractif où en effet il y a des néo-ruraux qui vont s'installer je pense aux Perches ou à la Drôme par exemple en certains coins c'est pas la même chose de vivre par exemple moi je vis dans du rural industriel qui est très attractif mais pas forcément par des néo-diplômés mais par des classes populaires qui n'ont plus envie de vivre en ville et qui viennent s'installer chez nous c'est pas la même chose de vivre dans une zone soit littorale soit montagne où en fait à l'année t'es 100 et puis en hiver où en été la population explose de vivre dans la Meuse où il y a beaucoup de ces zones-là qui elles se vident parce qu'il n'y a plus d'emplois où il y a beaucoup d'endroits notamment la Creuse la Lausère où là pour le coup c'est une population vieillissante ou de vivre dans la ruralité ultramarine et c'est vrai qu'en France on a quand même tendance souvent à dire les ruraux les campagnes et en fait ça veut vraiment pas dire grand chose à part je suis assez sûre que des enfants de cadres journalistes parisiens qui en sont allés habiter dans le Perche ils n'ont pas la même enfance que moi j'ai eue même si nos villages comptent le même nombre d'habiteurs en fait

2:29:42
Présentateur

et puis tu as raison c'est comme quand on dit les urbains de quel urbanisme on parle en fait ça veut dire quoi rien que la ville de Paris est hyper diverse il y a plein de quartiers différents

2:29:51
Invité

oui donc t'imagines c'est comme quand les parisiens disent j'ai passé le week-end à la campagne mais où en fait parce que ça veut rien dire

2:29:59
Michel Fournier

je veux rebondir sur cette vision misérabiliste c'est une manière de dire aux communes bon bah allez on va vous aider parce que vous en avez besoin et puis vous n'y arrivez pas tout seul mais en fait ce qu'on demande nous les communes c'est pas ça c'est juste de dire on stop avec l'argent de poche donnez-nous les moyens d'avoir les moyens pour qu'on puisse mener notre ambition et puis pour que juste on puisse montrer qu'on est des territoires innovants dynamiques solidaires joyeux et tous ces composantes on les a Damo ?

2:30:27
Invité

Comment est-ce que le contexte politique national impacte justement ta commune et crée peut-être une forme d'incertitude je pense notamment avec justement l'absence de budget tout ça quelles sont tes craintes par rapport à cette instabilité qu'on connait en ce moment ?

2:30:45
Michel Fournier

Il y a un vrai paradoxe en fait c'est que nous dans nos communes en vérité ça fonctionne et on arrive à tenir la baraque et on arrive je veux dire nos budgets ils ont toujours été à l'équilibre on nous a fait faire 85 milliards de coupes diverses et variées depuis 15 ans et on arrive toujours à produire des budgets on arrive toujours à faire des trucs et encore plus je dirais le lien avec les habitants je sens qu'il est là et que j'arrive à le resserrer que ça demande de l'énergie mais moi je suis super content de voir qu'il y a de plus en plus de gens qui s'engagent à 20 yeux qu'on arrive à partager des choses et qu'on arrive à faire des projets après on a une incertitude qui plane au dessus de nous et en fait moi je sens que l'ambiance est assez lourde et assez pesante en fait et on se retrouve avec une politique communale d'un côté où on essaye de régler des problèmes où les gens ont de l'espoir pour qu'on règle leurs problèmes puis une politique nationale où de toute façon si on prend l'étude Ipsos la très bien nommée étude sur la confiance politique qui est sortie au mois de mars les trois mots qui ressortent en tête c'est colère morosité lassitude tout est dit on le ressent quand les gens ils sont venus mettre un bulletin de vote après la dissolution législative nous on tient les bureaux de vote les maires toute la journée moi j'aime bien être là toute la journée j'ai senti un dépit et une colère froide qu'on ressent et on essaye de dealer avec tout ça mais je vous avoue que j'ai pas encore bien compris quel était notre rôle au delà de ça à part de dire on a besoin de plus de moyens pour faire parce qu'on est encore un espace où ça marche au moment du Covid

2:32:21
Présentateur

on avait besoin de solidarité de manière très concrète les maires ont été vraiment encensés par l'état qui les aimait qui les adorait et puis ensuite il y a eu les coupes budgétaires tu l'as dit dans les dotations générales de fonctionnement comment tu comment tu l'as vécu toi est-ce que c'est de plus en plus galère de boucler les budgets

2:32:40
Michel Fournier

alors ça ça a commencé avant le avant le Covid oui c'est galère parce qu'on a l'effet ciseau l'effet ciseau c'est quoi c'est qu'on augmente les dépenses d'une part on baisse les recettes de l'autre à 20 yeux on arrive encore à y arriver parce qu'on gagne en habitant ce qui nous permet de maintenir et d'augmenter un petit peu nos dotations et qu'on voit pas les dotations baisser mais à un moment donné il faut être solidaire et il faut être solidaire aussi des communes qui sont en difficulté parce qu'elles sont en stagnation ou en perte d'habitants parce qu'on leur rajoute d'un seul coup des dépenses nouvelles en fait on est assez inquiet pour l'autonomie des communes à l'avenir parce que plus on réduit nos dépenses et on augmente plus on réduit nos recettes et on augmente nos dépenses plus on se resserre sur l'essentiel et plus on va s'être obligé d'aller taper d'aller choisir sur différentes politiques et en fait derrière il va falloir qu'on arrête les politiques innovantes qu'on peut faire pour essayer d'aller ouvrir un centre de soins une maison de santé quelque part où il y en a besoin d'essayer de créer des services de mobilité un peu plus conséquents parce qu'il y en a besoin la conséquence elle va arriver et le contre-coup je ne suis pas sûr qu'il soit réellement là encore

2:33:52
Présentateur

Est-ce que la multiplication et la complexité des échelons territoriaux ça complique ton taf ?

2:34:00
Michel Fournier

Complètement

2:34:00
Présentateur

Ouais carrément vas-y raconte

2:34:03
Michel Fournier

mais parce que quand on arrive et qu'on est un jeune maire dans le sens où c'est notre premier mandat et qu'on débarque et qu'on se rend compte qu'il y a 14 échelons différents pour aller demander avec un échelon administratif un échelon politique avec des interlocuteurs qui ne sont pas tous les mêmes et qui ont des avis différents et divergents c'est la meilleure manière de n'arriver à rien faire et donc c'est compliqué parce que ça nous bouffe du temps et tout le temps que j'utilise entre guillemets pour essayer d'aller déposer mon dossier de subvention pour faire un petit projet dans la commune ou un gros projet dans la commune et bien si je vais en déposer 4 des projets et que j'y passe du coup 3, 4, 5 jours à écrire mes 4 dossiers et bien à l'intérieur il y a peut-être 3 jours sur lesquels j'aurais pu passer un petit peu de temps pour faire autre chose alors aujourd'hui on le fait et et on joue avec ces règles du jeu mais il va falloir qu'on réfléchisse à réduire un petit peu le corpus législatif ou le corpus des ordonnances qu'on reçoit parce qu'on nous donne plein de responsabilités on reçoit des nouvelles normes qui tombent très très très régulièrement et nos secrétaires de mairie n'arrivent plus à suivre nous on a un petit peu du mal à suivre et des fois on fait l'impasse sur des trucs parce que sinon nos communes on ne vit plus

2:35:22
Invité

tu peux donner des exemples des dernières normes que tu as reçues par exemple pour qu'on comprenne

2:35:28
Michel Fournier

on a l'exemple le plus criant que je n'ai pas vécu personnellement mais qui est tellement tellement tellement lourd c'était le protocole Covid pour les écoles le protocole Covid pour les écoles chaque semaine il y avait des pages qui se rajoutaient pour savoir comment est-ce qu'il fallait ouvrir ou fermer la fenêtre les aérations les entrées les sorties des enfants etc et aujourd'hui après viennent se rajouter des choses sur l'utilisation des artifices sur la réglementation des feux de forêt sur des protections incendies et des feux en bordure de forêt sur lesquelles on a eu récemment sur j'en ai une sur la rénovation thermique des différents bâtiments avec des études obligatoires qui doivent qui doivent tomber et en fait si on prend chacun de ces trucs individuellement c'est pertinent mais nous dire il faut tout faire en même temps et on vous coupe des moyens il y a un moment donné où ça coince et là où on pourrait faire avancer le chemin public parce que l'idée c'est pas de taper pour taper c'est de dire nous en tant que maire on a une responsabilité faites nous confiance donnez nous les sujets on est capable de les prendre lesquels sont prioritaires pour la commune à quel moment et moi réponse à 20 yeux ce sera pas la réponse de la commune à côté Féline ou Charna ou Brossin qui sont à côté de chez moi

2:36:49
Invité

ça va faire très question entretien d'embauche mais tu t'imagines nous dans 10 ans en gros est-ce que tu continues sur la politique est-ce que tu te vois à des responsabilités plus importantes et au-delà de ta ville

2:37:03
Michel Fournier

alors il y a 10 ans j'avais 14 ans et je me voyais pas trop là aujourd'hui

2:37:09
Présentateur

et donc dans 10 ans

2:37:14
Michel Fournier

je me dis mais il y a déjà tellement de choses qui ont changé qu'on verra où ça va me mener après il y a un truc qui est sûr c'est que je trouve ça passionnant de faire de la politique et j'aurais envie de continuer à en faire mais dire faire de la politique c'est pas juste être élu il y a plein de gens qui font de la politique au quotidien sans le savoir il y a des responsables associatifs déjà être responsable de son club de foot ou faire du bénévolat chez soi ou aller discuter ou s'occuper de ses parents de ses grands-parents qui en ont besoin à un moment c'est aussi faire de la politique c'est aussi cet intérêt là-dedans j'ai rien dit moi j'ai envie de continuer à en faire on verra comment et en fait on a besoin d'être super nombreux pour essayer de bouger les lignes de changer les trucs on est là on fait plein de constats de trucs qui vont pas moi tant que j'ai de l'espoir et que j'ai envie de faire un peu bouger les trucs mais j'y vais quoi et tu seras candidat

2:38:06
Présentateur

l'année prochaine à ta propre succession

2:38:08
Michel Fournier

c'est la question qu'on me pose on est chiant

2:38:12
Présentateur

désolé tout le temps c'est en ce moment que ça se joue arrête moi si je dis une connerie mais c'est en ce moment que les listes

2:38:17
Invité

il y a plein de gens qui se lancent c'est la période

2:38:20
Présentateur

il y a des gens dans le chat qui hésitent c'est en ce moment

2:38:22
Invité

allez-y

2:38:23
Michel Fournier

en fait je pourrais répondre très simplement je pense que tout le monde avec ce que j'ai raconté se met ses idées mais je disais tout à l'heure que c'était une question d'équipe de se présenter sur une municipale et donc je me vois mal poser et répondre comme ça alors que j'ai envie qu'on fasse ça en équipe et j'ai envie que la première fois qu'on annonce le truc qu'on fasse ça à 15 parce qu'on sera 15 et qu'on fasse ça correctement parce que moi tout seul être candidat ça n'a pas de sens il faut qu'on soit 15 pour y aller et pour que la commune elle fonctionne et si on veut changer les choses de manière systémique de manière globale si on veut changer les choses il ne faut pas juste qu'on demande au maire est-ce que tu as envie quelle équipe est-ce que tu y vas et donc on dira ça en équipe on verra d'accord tu vois

2:39:05
Présentateur

on verra ça en équipe non non mais c'est la bonne réponse effectivement on verra ça en équipe écoute je te souhaite le meilleur en tout cas cet été tu as reçu la visite d'une célébrité nationale Raphaël Glucksmann c'est vrai qui est venu te rendre visite est-ce que c'est quelqu'un de quoi ? le Capclair oui oui le Capclair le fameux le Glucksmann il n'y en a qu'un le nôtre le national est-ce que tu le soutiens pour 2027 ?

2:39:27
Michel Fournier

pourquoi ?

mais il faut il faut qu'on arrive à avoir un Capclair en 2027 mais ça veut dire oui non mais s'il y va pourquoi pas mais la question c'est comment dans quelles conditions moi je suis là je suis là non mais moi je suis élu local d'une petite commune et je vous explique en fait en fait comment est-ce que j'essaye de bouger de faire évoluer les lignes et de dire à un moment donné là droite, gauche, machin etc on essaye de faire vivre et de se battre pour un village il va falloir qu'on soit capable de proposer ça à l'échelle d'un pays c'est en train de se construire moi je suis plutôt intéressé par ces initiatives qui sont assez jeunes en fait qui sont pas très qui sont pas sclérosées en fait comme ce qu'on peut avoir sur des parties traditionnelles et donc j'ai envie que ça marche et donc je m'engage pour que ça marche et on verra en 2027 il va se passer beaucoup de trucs entre temps mais carrément

2:40:27
Présentateur

Est-ce que les citoyens te parlent du parrainage pour la présidentielle ou est-ce que les gens s'en tapent globalement ? Réponse B Ouais réponse B Non mais ça m'étonne pas parce que je me dis enfin moi je fais partie des gens qui sont excités par ce genre de sujet mais je pense que le commun des mortels normal Tu dois être l'un des stars Non mais voilà c'est ça je pense que les gens normaux en fait ils viennent pas gonfler leur mère avec vous parrainez qui ? Est-ce que vous allez parrainer machin ? Il faut parrainer truc et tout

2:40:53
Michel Fournier

je crois que c'est la première fois que j'ai une question là-dessus d'ailleurs

2:40:55
Présentateur

D'accord Non mais ça confirme C'est niche

2:40:59
Invité

Effectivement c'est niche J'ai une petite question en fait en regardant un peu ton parcours du coup on voit que tu es étudiant à Sciences Po est-ce que c'est toujours le cas en parallèle de ton mandat et en fait je me suis dit mais en fait t'es une sorte de Anna Montana en fait donc comment ça se passe auprès de Anna Montana qui est le jour une jeune étudiante et le soir popstar et donc toi t'es étudiant et mère et donc je sais pas comment tes camarades te perçoivent est-ce qu'ils savent que t'es mère est-ce que et comment est-ce que tu t'en parles librement ou et comment aussi t'arrives à consolider ces deux activités très prenantes tu disais tout à l'heure que c'était compliqué financièrement notamment de boucler les mois les fins de mois donc parle-nous-en

2:41:47
Michel Fournier

alors ça se sait forcément en fait la question la question du lien avec les études elle est un peu difficile parce que j'ai un pied énorme même peut-être deux pieds dans la vie active et puis un côté études et puis en plus j'ai des trucs qui sont assez liés qui font que je me retrouve à avoir de la théorie sur des trucs je suis déjà en pratique et du coup j'ai rattaqué il n'y a pas très longtemps mais ça crée à la fois une petite distance à l'origine parce qu'on a des vies qui sont très très différentes mais en fait j'essaye d'apporter assez modestement en disant tiens là ça je l'ai déjà fait chez moi comment ça peut fonctionner etc et il y a surtout la question du temps et de l'énergie qui est dépensée sur les deux et ça effectivement c'est un peu d'engagement ça se fait mais j'ai signé pour donc maintenant j'assume et j'y vais

2:42:38
Invité

moi j'avais aussi une question on a parlé du très très local et il y a une question plus internationale dont on a parlé plus récemment pour les mairies avec l'affichage des drapeaux palestiniens sur les mairies toi quel était ton positionnement là dessus

2:42:52
Michel Fournier

moi je me sens pas très légitime maire de Vinzieux à me positionner sur de l'international parce que c'est jamais un sujet en fait qui revient avec les habitants et que si je peux avoir ma position là dessus etc ma position de maire elle implique pas ce que je m'engage à l'international donc je me suis on s'est même pas posé la question du drapeau sur le fronton etc

2:43:15
Présentateur

il nous reste à te remercier d'avoir accepté cette invitation cher Hugo merci bon courage à toi pour 2026 quelle que soit la décision de ton équipe et en ce qui te concerne et merci d'être venu sur le plateau de Backseats merci pour l'invitation à très bientôt je te laisse quitter le plateau on va conclure cette émission ensemble les amis toujours ici en direct du congrès de l'association des maires ruraux de France une émission Backseats spéciale consacrée à la ruralité merci les amis pour tous ces échanges ça vous a plu vous les avez trouvés comment ces élus locaux qu'on a reçu

2:43:53
Invité

pour le coup moi j'ai grandi dans une ville moyenne Saint-Etienne et c'est vrai qu'on n'a pas forcément conscience de tout ce que ça implique d'être maire et de tout ce qui concerne les zones rurales donc c'était super d'apprendre ça à vos côtés

2:44:08
Présentateur

moi je trouve que ça requin grachement de les entendre parler parce qu'effectivement par rapport au misérabilisme habituel sur les élus locaux les maires qui en ont marre qui démissionnent etc là ce qu'on a entendu c'est quand même des élus locaux qui ont la patate qui ont envie de se démener pour leur territoire pour les gens etc ça fait plaisir ça donne envie j'espère que ça vous a donné envie de vous présenter aux élections municipales l'an prochain je vous rappelle que c'est en ce moment que ça se joue si vous êtes curieux si vous êtes intéressé n'hésitez pas à faire chauffer le téléphone à aller serrer des mains aller rencontrer des gens parce que peut-être que vous pourriez vous retrouver sur une liste et vous retrouver simple conseiller municipal pas forcément maire mais c'est déjà très bien donc franchement

2:44:44
Invité

il faut viser haut dit leur maire

2:44:46
Présentateur

ouais maire président de la république c'est votre moment

2:44:48
Invité

non mais oui en plus il y en a qui se lancent ça va bien qu'ils nous le disent après si après cette émission ça les a motivés c'est vrai que ça a permis d'apprendre plein de choses si les gens ont du temps et l'envie c'est plutôt chouette mais ouais j'ai appris plein de choses alors que ouais que je dis coming out rural je viens de ruralité mais ouais je salue le département de la Manche 50 est-ce que je dirais que c'est le plus beau département je crois que t'es un peu obligée c'est un très très beau département d'accord waouh une longue position

2:45:16
Présentateur

et toi Lumière ça t'a plu ? première émission backseat en plus

2:45:19
Invité

bah ouais très heureuse que ce soit sur un sujet qui est très cher à mon coeur

2:45:22
Présentateur

ouais

2:45:23
Invité

et très heureuse de l'avoir fait avec autant de gens si chouettes et vraiment présentez-vous je sais enfin moi je me suis présentée donc au législatif je m'étais jamais présentée avant j'avais été déléguée bon mais en fait en fait on apprend en faisant et il y a des choses qui paraissent des montagnes qui trois jours après ne le sont plus enfin tout va très vite en fait et c'est ça que j'ai trouvé assez extraordinaire c'est que ça crée des liens durables et très beaux et surtout c'est enfin je trouve que quand tu t'engages notamment sur le terrain avec les gens en fait ça peut pas mal se passer parce que c'est tellement en fait on a tellement l'impression qu'on peut plus parler qu'on s'engueule etc mais faire du porte-à-porte c'est le meilleur remède à l'anxiété généralisée moi je trouve parce que tu toques à la porte des gens et tu leur dis qu'est-ce que vous auriez envie de changer à fortiori au niveau de votre ville et les gens ils parlent de trucs hyper concrets ils parlent de leur vie ils parlent de leurs rêves de leurs espoirs de leur colère mais très rarement ça se passe en embrouille donc je trouve que c'est trop ça paraît trop loin pour beaucoup mais une fois que t'as mis le doigt dedans en fait tout prend sens et donc faut pas trop se stresser

2:46:36
Présentateur

pareil sur le complexe d'illégitimité évidemment il est tout à fait naturel ce complexe d'illégitimité on a du mal à se projeter dans une salle de conseil municipal à devoir voter sur des délibérations alors qu'on sait même pas ce que ça veut dire délibération rassurez-vous vous apprendrez vous allez apprendre de toutes les manières vous serez entouré il y aura des gens qui vont être là avec vous

2:46:53
Invité

je pense qu'il faut aussi replacer le moment on est dans un moment d'essor clair de l'extrême droite l'extrême droite financée a clairement des vues sur les élections municipales dans de très nombreux bourgs ruraux il n'y a pas d'étiquette donc ça veut dire des choses super comme on l'a entendu sur le fait d'être capable de travailler avec des gens selon qui ont des obédiences différentes politiques mais ça veut aussi dire qu'il y a beaucoup de RN compatibles de fachos compatibles qui vont se présenter et dont on ne saura pas qui ils sont ces gens là ils ont été identifiés ils sont financés notamment par des milliardaires comme Pierre-Edouard Sterrin et les maires ils votent pour le Sénat si le Sénat passe à l'extrême droite c'est fini pour nous je ne veux pas faire du catastrophisme mais on est vraiment à une période charnière de notre république et de la démocratie et je crois que collectivement c'est vraiment quelque chose de très impactant que vous pouvez faire au-delà de toutes les belles choses que vous allez apprendre et que vous allez faire au quotidien visiblement si on en croit Thibaut et Hugo qui nous ont partagé leurs expériences c'est aussi un acte extrêmement fort de le faire maintenant là où franchement tout peut basculer

2:48:06
Présentateur

je ne sais pas si toutes les politiques locales sont neutres ni gauche ni droite mais en tout cas ce qui est sûr c'est que vous pouvez tout à fait faire une politique antifasciste au niveau local c'est parfaitement faisable au quotidien c'est même recommandé

2:48:15
Invité

ne serait-ce que s'impliquer s'engager aussi

2:48:17
Présentateur

juste ça faire de la solidarité faire du lien entre les gens lutter contre l'isolement des personnes âgées etc tout ça c'est agir contre l'extrême droite on ne se rend pas compte mais ça compte énormément on arrive à la fin de cette émission les amis où est-ce qu'on peut vous retrouver sur les internets Namou ?

2:48:31
Invité

sur X et Instagram

2:48:32
Présentateur

sur X et Instagram ok trop bien Latifa ?

2:48:36
Invité

lemouvement.ong d'ailleurs nous allons bientôt sortir un petit fascicule pour apprendre à décrypter les stratégies de l'extrême droite et savoir comment y répondre

2:48:44
Présentateur

trop bien ça sort quand ?

2:48:46
Invité

bientôt

2:48:47
Présentateur

tu viendras de nous en parler dans Vaxit ? exactement trop cool Lumir je rappelle ton livre qui est sorti il y a deux jours ces gens-là plongés dans cette France qui pourrait tout faire basculer aux éditions Payot on te retrouve dans ce livre on te retrouve ou d'autres ?

2:49:03
Invité

on me retrouve aussi sur Substack dans ma newsletter qui s'appelle Plouk Power et sur Instagram Lumir a priori on n'est pas nombreuses

2:49:10
Présentateur

trop bien merci il me reste à remercier l'association des maires ruraux de France de nous avoir accueillis ici à Poitiers pour leur congrès merci beaucoup aux équipes techniques du congrès celle de Gozulting et également merci à Equal Production c'est la fin de cette émission merci à toutes et à tous ciao bye bye