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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 août 2016 9 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsCulture, médias & sport

Nathalie Goulet : "La suppression des financements étrangers pour les lieux de culte musulmans n'est pas la solution"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:13OuverteRéponse directe

    Ce sera certainement un des thèmes de la campagne présidentielle, l'Islam de France, son organisation. Jean-Pierre Chevènement à la tête de la Fondation pour l'Islam de France. C'est une bonne idée ?

  • 3:13OuverteRéponse directe

    Nathalie Goulet, couper les liens avec l'étranger pour le financement des mosquées, la formation des imams, est-ce efficace dans la lutte contre la radicalisation ?

  • 4:43OuverteRéponse partielle

    Combien y a-t-il à l'heure actuelle en France de mosquées salafistes ?

  • 5:57FerméeRéponse directe

    Interdire les burkinis sur les plages à Cannes, Villeneuve-Loubet ou Ciso en Corse, c'est une bonne mesure.

  • 7:42OuverteRéponse directe

    Est-ce que pour vous, le Burkini, c'est un signe de radicalisation islamique ? Ou est-ce que vous dites, ce matin, chaque femme, elle est libre de choisir son habillement sur la plage ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:49PrésentateurChiffre
    « les pays qui financent le plus, c'est l'Algérie et le Maroc et la Turquie. »
  • 4:22PrésentateurChiffre
    « il y a 20 mosquées en France qui sont financées par l'étranger, c'est-à-dire 1%. Sur 2300 mosquées, il y a 20%. »
  • 4:30PrésentateurChiffre
    « Il y a 20 mosquées et en financement, c'est 20 à 30%. »
  • 5:14PrésentateurFait
    « il faudrait le définir. »
  • 5:22PrésentateurFait
    « Le ministre de l'Intérieur ferme régulièrement des mosquées. »

Temps de parole

  • Présentateur75 %
  • Nathalie Goulet24 %

3,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Nathalie Goulet

France Inter, qui arrive, le 6-9 de l'été. Et à 8h22 au téléphone avec nous en ligne, Nathalie Goulet, sénatrice UDI de Lorne. Bonjour. Bonjour. Madame Goulet, vous avez été rapporteure d'une mission d'information sur l'organisation, la place et le financement de l'Islam de France. Oui. Ce sera certainement un des thèmes de la campagne présidentielle, l'Islam de France, son organisation. Jean-Pierre Chevènement à la tête de la Fondation pour l'Islam de France. C'est une bonne idée ?

0:33
Présentateur

Écoutez, je suis très partagée parce que dans la version initiale de Dominique de Villepin, la Fondation devait servir uniquement à rendre les financements de l'Islam plus transparents. Elle est collectée et donc elle était uniquement destinée au fonctionnement du culte. Et donc, dans cette version-là, l'État ne peut pas s'immiscer, si vous voulez. Et on a toujours cette double sincérité de l'État, pour ne pas dire cette schizophrénie. À la fois, on considère l'Islam comme une religion comme les autres, mais à la fois, on interfère dans son organisation, alors que la loi de 1905, normalement, interdit à l'État d'interférer.

Donc, si le paramètre, si le schéma de la Fondation est toujours le même, ce que je ne sais pas, c'était aux musulmans eux-mêmes de choisir le président de cette fondation, dont l'objet était initialement uniquement consacré au financement. Si maintenant, on ajoute du culturel ou d'autres éléments, et je ne connais pas les nouveaux paramètres qui sont en train d'être préparés, dans ces cas-là, le président de la République a le choix, mais je continue à penser que les musulmans auraient pu choisir eux-mêmes la personne qui s'occupe de cette fondation.

1:40
Nathalie Goulet

Voilà. Mais dans votre rapport, Nathalie Goulet, vous écrivez qu'il faut établir la transparence et lever les ambiguïtés dans ce rapport consacré à l'Organisation de l'Islam de France. Ce sont des objectifs annoncés par Jean-Pierre Chevènement, à la tête de cette fondation pour l'Islam de France, plus de transparence.

2:01
Présentateur

Oui, non mais, si vous voulez, c'est un ensemble. Il se trouve que le groupe UDUC, auquel j'ai l'honneur d'appartenir, a demandé sur son droit de tirage annuel de pouvoir avoir, c'est presque un gros mot, aujourd'hui, six mois de réflexion sur un sujet. C'est-à-dire qu'au lieu de lancer des idées à droite, à gauche, n'importe quoi sur le sujet, parce que c'est porteur, n'est-ce pas ? Vous voyez bien ce qui se passe. Vous l'avez dit vous-même, l'Islam sera au cœur de la campagne. Nous, on a fait un travail technique, dans le cadre de la loi de 1905, on a réfléchi et on a simplement fait un état des lieux.

Bon, de cet état des lieux, il s'avère qu'il y a des sujets qui sont probablement qui nécessitent quelques éclaircissements, la formation des imams, le sujet des imams détachés, parce qu'on s'intéresse au financement en tant que lieu de culte, mais on oublie que les pays d'origine, notamment l'Algérie et le Maroc, on fantasme beaucoup sur le Golfe, mais les pays qui financent le plus, c'est l'Algérie et le Maroc et la Turquie. Donc, si vous voulez, il faut aussi regarder les choses comme elles sont et pas comme certains voudraient qu'elles soient. Bon, donc plus de transparence sur ce genre de choses, c'est absolument évident, puisque de l'opacité naît la suspicion.

Voilà, donc oui, il faut plus de transparence.

3:13
Nathalie Goulet

Nathalie Goulet, couper les liens avec l'étranger pour le financement des mosquées, la formation des imams, est-ce efficace dans la lutte contre la radicalisation ?

3:23
Présentateur

Écoutez, je pense que c'est vraiment un argument qui a été lancé après Nice et après Rouen, mais je ne crois pas du tout que le sujet soit là. La radicalisation, parce qu'il se trouve que j'ai aussi présidé la commission d'enquête sur les réseaux djihadistes, qui est d'ailleurs à l'origine de la deuxième mission sur l'islam, parce qu'on avait des points d'interrogation, donc on a voulu avoir des réponses à nos questions. Bon, on les a eues maintenant. Donc non, je pense que ce n'est pas du tout là que se pose le problème de la radicalisation. D'ailleurs, le point commun entre les jeunes gens radicalisés, c'est précisément leur manque de connaissance de l'islam.

Et la radicalisation ne se fait pas dans les mosquées, c'est un point commun aussi. La radicalisation se fait avant, elle se fait depuis des dizaines d'années en prison et bien avant Daesh. Demandez à Farad Koskakovar, il va vous expliquer ce qu'il écrit avec cette complexité française, d'avoir un certain nombre de rapports qui dorment dans des tiroirs et que personne ne lit ou que personne n'utilise. Non, à mon sens, ce n'est pas du tout le sujet. En plus, il y a 20 mosquées en France qui sont financées par l'étranger, c'est-à-dire 1%. Sur 2300 mosquées, il y a 20%. Il y a 20 mosquées et en financement, c'est 20 à 30%. Le reste est financé par les communautés elles-mêmes et les fidèles.

4:38
Nathalie Goulet

Je rappelle que vous avez donc enquêté sur cette organisation de l'islam de France. Combien y a-t-il à l'heure actuelle en France de mosquées salafistes ? On parle beaucoup de ces mosquées salafistes. Que savez-vous à ce propos ?

4:51
Présentateur

Écoutez, nous, on n'a pas identifié les mosquées, on ne les a pas qualifiées. En plus, vous savez qu'il y a plusieurs types de salafisme. Il y a des salafistes kétistes, il y a des réformistes et puis il y a des djihadistes. On n'a pas du tout travaillé dans ce sens-là. Et pour répondre à votre question et à un certain nombre de mes collègues qui veulent fermer, interdire le salafisme, le considérer comme une fête, etc., d'abord, il faudrait le définir. Et puis ensuite, je voudrais vous faire remarquer que notre arsenal juridique est suffisant. Le ministre de l'Intérieur ferme régulièrement des mosquées. Donc, voilà.

Les imams qui prêchent la haine en dehors des valeurs de la République, s'ils sont français, doivent être poursuivis. S'ils sont étrangers et doivent être expulsés du territoire national, il faut une tolérance zéro pour le discours de haine dans les mosquées. Point. Ce n'est pas la peine. Donc, pour répondre à votre question, je ne sais pas. Mais le gouvernement le sait, le ministère de l'Intérieur le sait, nos services de renseignement le savent, et on les laisse ouvertes pour pouvoir mieux les surveiller.

5:49
Locuteur

C'est évident.

5:49
Nathalie Goulet

Nathalie Higoulet, interdire les burkinis sur les plages à Cannes, Villeneuve-Loubet ou Cisco en Corse, c'est une bonne mesure. Le burkini, est-ce que c'est la version balnéaire du voile intégral ?

6:04
Présentateur

Écoutez, moi, je n'ai pas cessé de me faire insulter sur le sujet, parce que vous savez qu'en ce moment, si on a un discours rationnel sur l'islam, en général, on passe pour un collabo dans le meilleur des cas, et pour l'islamo-nazi dans le pire des cas. Donc, de toute façon, avoir un discours rationnel sur l'islam aujourd'hui, cher monsieur, c'est un peu compliqué. L'affaire est assez simple. D'un point de vue strictement légal, il n'est pas interdit. Deuxièmement, il ne couvre pas le visage. Donc, on est plutôt sur les signes ostentatoires. Donc, si les maires prennent des arrêtés pour les interdire, il faut respecter l'arrêté municipal. Voilà, c'est assez simple.

Après, il y a tout l'aspect moral, défense des femmes, provocations que vous pouvez ajouter à cette affaire du burkini. Et qu'est-ce que vous en pensez ? Moi ? Oui, bien sûr. Moi, je pense que plus on va en faire une affaire d'État, et plus il y aura de volonté communautarisme. C'est un cercle vicieux qui n'est vraiment pas vertueux. Mais je pense qu'il doit y avoir... Dans les piscines, on ne peut pas considérer que ce baignet tout habillé correspond aux critères sanitaires. Mais dans le centre qui avait été privatisé, la privatisation rend le lieu privé pendant la période de privatisation. Donc, techniquement, il n'y avait pas de raison de l'interdire.

Alors, après, c'est devenu une affaire extrêmement attractive, politique, médiatique. Et évidemment, le maire s'est dit, bon, alors on va plutôt solliciter l'interdiction et l'annulation de cette journée.

7:42
Nathalie Goulet

Est-ce que pour vous, le Burkini, c'est un signe de radicalisation islamique ? Ou est-ce que vous dites, ce matin, chaque femme, elle est libre de choisir son habillement sur la plage ?

7:53
Présentateur

Dans les deux cas, je vais me faire insulter. Donc, si vous voulez, moi, je considère que ce n'est pas une tenue pratiquée en France. D'un point de vue strictement légal, au point de vue du législateur, elle n'est pas interdite. Donc, si elle n'est pas interdite, elle est permise, sous réserve des règlements locaux. Voilà, bon, si des femmes mettent un Burkini dans un lieu privé, je ne vois pas pourquoi ça dérangerait. Mais enfin, c'est quand même une pratique assez récente, en même temps. Donc, moi, je suis très partagée. Je suis la loi. Tant qu'elle n'est pas interdite, c'est permis.

Si des règlements locaux, si des maires l'interdisent, il faut respecter les règlements locaux et essayer d'éviter des manifestations de communautarisme qui n'ont pas place dans la République française.

8:39
Nathalie Goulet

Nathalie Goulet, sénatrice UDI de l'Orne, qui a présidé une commission d'enquête sur les filières djihadistes et qui est rapporteure d'une mission d'information sur l'organisation de l'islam de France. Vous restez avec nous pour répondre aux questions et peut-être les réactions virulentes des auditeurs d'Interactive de France Inter. 01, 45, 24, 7000. Ce sera dans 8 à 9 minutes, car là, il est 8h31.