Jean-François Husson : « 38 jours de débat sur le budget, une seule voix pour, tout ça pour ça »
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour François Hisson, bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, sénateur LR de la Meurthe-et-Moselle, rapporteur général du budget ici au Sénat. Le Sénat qui ne réexamine donc pas le budget. Vous allez nous expliquer pourquoi dans quelques instants. Mais d'abord, on va regarder comme tous les jours les unes de la presse régionale. D'abord, la une de l'Alsace, centrale de Fessenheim, un chantier de 15 à 20 ans, pardon, EDF, qui a précisé hier le calendrier du démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim.
La durée potentielle de cette entreprise titanesque a été revue à la hausse jusqu'à 20 ans de travaux, peut-être même plus. Le chantier qui doit démarrer au mois de mai. La deuxième une, c'est celle du Courrier de l'Ouest. Cocaïne, le cartel opéré dans un village de Langeou depuis l'Amérique du Sud. La drogue mélangée à la pulpe de fruits traversait l'Atlantique jusqu'à Noyant Village où un laboratoire la transformait. Et puis dernière une, celle du Dauphiné. Des communes en manque de candidats.
Vouloir monter une liste pour les municipales est une chose, trouver des volontaires pour y participer en est une autre, car la crise de l'engagement se fait sentir, et pas seulement dans les petites communes. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Je pense, peut-être pour surprendre, mais le démantèlement de Fessenheim, je pense que ça démontre à l'époque une forme d'improvisation, de décision prise à mauvais escient, contre-productive, puisque c'était le moment, à la fin des années, c'était 2019-2020, c'était dans la suite des propos, à l'époque de Ségol-Royal, des gouvernements de gauche, la fin du nucléaire. Et puis, à un moment, il y a eu, je pense, un sursaut.
Les uns et les autres ont quand même compris que ce choix énergétique, finalement, visionnaire, alors il y a toujours le sujet des déchets nucléaires, mais visionnaire, parce qu'il permet d'abord une souveraineté énergétique, et puis il permet une production d'énergie électrique décarbonée, ce qui répond quand même à un des sujets de préoccupation majeure de nos sociétés, et toutes générations confondues, voilà.
– Et cette fermeture a été d'erreur ?
– Ah ben, c'est évidemment, enfin, prise dans la précipitation. Je crois qu'en fait, ça symbolise, à mon avis, parfaitement, cet exemple et d'autres, la difficulté aujourd'hui, pour finalement le législateur et les gouvernements, de ne pas céder aux tentations de l'instant, de l'émotion et de retrouver le temps de la mise en perspective. J'ai l'habitude de dire que depuis la nuit des temps, une heure c'est 60 minutes, une minute 60 secondes, et à vouloir aller, comme le dit l'expression populaire, plus vite que la musique, on finit par se ratatiner complètement.
– On va parler du budget dans quelques instants qui revient en séance au Sénat aujourd'hui, mais d'abord la loi sur la fin de vie rejetée hier par les sénateurs avec la création d'une aide à mourir. Est-ce que vous vous attendiez à ce que ce soit un tel texte qui sorte du Sénat ?
– Deux éléments, d'abord, je me suis, à titre personnel, peu impliqué parce qu'il ne vous a pas échappé que le gouvernement nous laisse sur le grill en permanence avec beaucoup d'intermoignements et de changements de pieds. Je pense qu'il y a deux sujets. Il y a d'abord un sujet philosophique, un peu anthropologique sur le sujet fin de vie, aide à mourir. Et je pense que nous ne sommes pas encore arrivés à maturité. Et il faut se prémunir d'une chose, c'est d'avoir des positions très radicales. Je pense qu'il faut continuer encore un peu de travailler ce sujet.
– Mais est-ce que là, la majorité sénatoriale, elle n'a pas eu une position très radicale ?
– Mais personne, vous savez, ce n'est pas tout. Il y a des courants de pensée, il y a des points de vue différents dans toutes les familles politiques, dans les majorités comme dans les minorités. C'est la raison pour laquelle je dis, je pense, qu'il y a besoin de travailler encore. Est-ce qu'il faut une étape, entre guillemets, définitive ou une étape intermédiaire ? Il y a une chose qui paraît évidente. On a le sujet des soins palliatifs. Je suis plutôt, moi, sensible à ce point de vue qui est la carence en soins palliatifs ou à écouter la communauté médicale.
Lorsqu'il y a soins palliatifs, il y a beaucoup moins, semble-t-il, de sujets sur pourquoi laisser, dans certains cas extrêmes, évidemment, les personnes souffrir alors qu'on devrait avoir les dispositifs.
– Mais les soins palliatifs, ils doivent être complémentaires pour vous, à l'aide à mourir, ou ils doivent être un préalable à l'aide à mourir ?
– De mon point de vue, et à ce stade, un préalable.
– Un préalable. – Donc ça veut dire que le texte qui va repartir à l'Assemblée et qui va revenir au Sénat, est-ce que les sénateurs seront sur une ligne plus de compromis dans un deuxième temps, ou est-ce que vous allez rester sur cette ligne radicale ?
– Je pense que c'est trop tôt pour le dire. Ça invite, évidemment, chacune et chacun à réfléchir. Et puis, vous savez, finalement, le Parlement, il est, d'une certaine manière, le miroir de la société.
– On va parler du budget de retour en séance au Sénat. Est-ce que vous allez le renvoyer directement à l'Assemblée sans l'examiner ?
– Oui.
– Pourquoi ?
– Écoutez, je pense que la plaisanterie, c'est un mot qui n'est peut-être pas adapté, mais elle a assez duré. Il y avait un triptyque. Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez. Écoutez, entre le dépôt du projet de loi de finances par le gouvernement, qui était d'ailleurs plutôt le travail préparatoire effectué sous l'autorité de l'ancien Premier ministre François Béroux et la situation dans laquelle on est aujourd'hui, en quatre mois, que de changement de pied, que de revirement. Je dirais que, comme j'ai dit, tout ça pour ça. On nous a expliqué qu'il y avait besoin de débattre. Alors, effectivement, à l'Assemblée, ils ont débattu. 38 jours. Ils ont voté.
Après avoir longuement débattu, sur la première partie uniquement des recettes, une voix pour. 404 contre. Est-ce que ce n'est pas, d'une certaine manière, une alerte sur le fonctionnement de notre démocratie ? Nous avons, de notre côté, examiné en totalité. Voilà, on a fait des choix. Alors, évidemment, comme l'Assemblée nationale et le Sénat n'ont pas la même composition ni d'élus ni de majorité, mais au moins, c'est la démocratie. On débat. Après, il y avait la possibilité, la faculté d'utiliser l'article 49.3.
Mais je comprends qu'avec cette, finalement, folle décision d'avoir choisi la dissolution de l'Assemblée nationale à l'été 2024, il y a une espèce de majorité introuvable, impossible, qui, finalement, ça ne sont pas que des compromis.
Mais vous, vous dites quoi ? Le Sénat n'a pas été entendu ? Le Sénat n'a pas été écouté ?
Alors, il a été entendu. Pas trop écouté, mais davantage qu'à certaines époques, si vous voulez. Donc, je pense qu'il faut essayer de trouver la voie de l'équilibre, de la raison, mais surtout, penser à l'étape d'après. L'étape d'après, c'est le redressement des comptes publics. Et là, il y a un échec, échec et mat, pour le gouvernement.
On va écouter ce que dit le gouvernement, justement, de ce travail avec le Sénat. C'était hier, au micro d'Alexandre Poussard, le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifousse.
Le gouvernement a mis en place une méthode, une recherche de compromis, de consensus, avec des parlementaires issus de sensibilités différentes, de gauche, de droite, du Bloc central, l'Eliot à l'Assemblée nationale, mais ici, au Sénat aussi. Les sénateurs ont pris une part importante sur la part collectivité de ce texte. Donc, dire que ce texte est simplement à rejeter d'un revers de main, en tant que membre du gouvernement, je ne le pense pas du tout. J'assume pleinement ce texte, mais je crois que les sénateurs ont pris toute leur part dans sa construction.
Il n'était pas à rejeter d'un revers de main, ce texte ?
Écoutez, c'est assez contradictoire, le point de vue du gouvernement. Parce que le gouvernement dit, il nous faut un budget avant fin janvier. Il a choisi d'entamer une seconde lecture à l'Assemblée nationale et au bout de quelques jours, il a dit stop, mission impossible, il n'y a rien à faire. Il faut faire attention de ne pas se retrouver en contradiction permanente. On donne, je le dis, je pense que le Parlement, avec cette nouvelle méthode, ne donne pas une bonne image de la vie politique, de la vie publique. Je comprends, j'entends la lassitude de nos concitoyens, leur exaspération, et il nous appartient d'y répondre.
Il nous appartient d'y répondre en responsabilité, en participant au devoir le plus difficile, qui est de redresser les comptes publics.
Mais est-ce que le rapporteur général du budget que vous êtes est quand même soulagé qu'il y a un budget fin janvier, début février ?
Mais bien sûr, on l'était tout autant l'an passé, mais je pense qu'il y a, comment dirais-je, de mauvais choix.
Comment vous le qualifiez, vous, ce budget ?
Il est, j'ai failli dire, il est un budget de l'inutile. Il est un budget beaucoup moins utile pour le pays. Il ne fait pas des choix courageux, alors que le président de la République, lors de ses voeux, j'ai retenu qu'il fallait que ce soit une année utile pour la France. C'est plutôt la même nature. Comment ?
Vous n'allez pas jusqu'à dire qu'il est mauvais.
Il est à contre-courant. L'an passé, on redressait la situation de 24 milliards. Cette année, c'est la reprise de la dégradation. Nous allons dégrader de 3 milliards. Le budget, écoutez, je pense qu'on est sur la mauvaise pente. Mais quand je dis on est la France, donc c'est un problème de crédibilité, de crédit de la France vis-à-vis de l'Europe et de ses partenaires, c'est également le discrédit de la classe politique. Et moi, j'ai du mal à accepter ce discrédit quand on s'efforce au Sénat de chercher et de trouver certaines pistes et solutions.
Et justement, on va voir ce que change concrètement ce budget pour les Français qui sont les gagnants, qui sont les perdants. On va commencer par les grands secteurs et on en viendra après à notre porte-monnaie. D'abord, le grand gagnant, Guimet. Oui, alors tout d'abord, le grand gagnant, c'est le budget de nos armées
qui va être nettement renforcé. Plus 6,7 milliards d'euros de plus pour l'armée par rapport à 2025. En raison du contexte géopolitique très incertain et des nouvelles menaces extérieures, la loi de programmation militaire prévoit d'augmenter le budget de la défense de 36 milliards d'ici à 2030. Il y a aussi l'éducation qui voit son budget légèrement augmenter, ce qui doit permettre de créer 7 900 postes d'enseignants stagiaires. Mais comme prévu, 4000 postes d'enseignants titulaires sont supprimés. En revanche, pour mieux accompagner les enfants en situation de handicap, 2000 postes vont être créés, qu'il s'agisse d'accompagnants ou d'enseignants spécialistes.
Et ça, c'est un sujet qui a fait débat, Jean-François Husson, notamment pour les Français qui nous regardent, qui se disent, il y a des classes où il manque des enseignants et on supprime 4000 postes. Vous assumez ?
Le travail, quel est-il ? Vous avez une baisse des effectifs dans les classes et dans les écoles. Et vous avez un arbitrage à faire qui est à la fois dans les territoires peu denses où là, on peut comprendre que même quand il y a un regroupement, s'il y a une chute des effectifs, il faut traiter trois sujets. Garder un bon niveau d'instruction générale pour les acquis des fondamentaux pour donner le meilleur parcours à chacun. Et deuxièmement, le temps de parcours des enfants. Les enfants ne doivent de mon point de vue ne pas faire plus d'une heure et demie, une heure trois quarts au total dans la journée de transport. Et donc, là, il y a un effet discriminant.
Sur le reste, en ville comme dans les campagnes, le fait d'avoir une baisse de la démographie, c'est un peu comme les retraites. On peut être dans le déni et le déni finira par nous coûter cher. La priorité sur l'éducation, c'est de donner l'égalité des chances au départ et d'essayer de corriger et d'accompagner. C'est là où on doit avoir un travail. Mais je vais vous dire, aujourd'hui, dans les écoles primaires, les enfants font la semaine parfois de 45-48 heures. C'est-à-dire, presque, ils quittent le domicile des parents à 7h le matin et reviennent à 7h le soir. 4 fois 12, 48, quand un certain nombre de parents font beaucoup moins d'heures, voire pour certains, pas beaucoup.
Donc, on voit bien qu'il y a un déséquilibre. Certes, ce n'est pas que le temps scolaire, il y a le périscolaire, mais il faut regarder tout ça. Et je pense que c'est un vrai sujet de société avec un projet éducatif autour à bien construire en bonne intelligence entre l'État éducation nationale et puis l'État et les collectivités dans leurs composantes sur ce temps périscolaire et extrascolaire.
Il y a aussi dans l'éducation supérieure des bonnes nouvelles pour les étudiants. Oui, et ça se passe au Restou avec le repas
à 1 euro à partir du mois de mai, 1 euro pour tous, boursiers et non-boursiers. Par ailleurs, les bourses sur critères sociaux resteront au même niveau qu'en 2025 mais changement important pour les étudiants non-européens qui ne recevront plus d'aide au logement sauf s'ils sont boursiers. Il y a aussi des changements au niveau de la politique du logement. Oui, grâce au dispositif Jean Brun, l'objectif c'est de favoriser l'achat d'appartements par des particuliers, des appartements que les nouveaux propriétaires devront s'engager à louer pendant 9 ans à un prix inférieur à celui du marché.
Alors ça marchera pour le neuf mais aussi pour les appartements anciens dont 30% du prix est investi en travaux. Le ministre du Logement Vincent Jean Brun espère ainsi la construction d'environ 50 000 logements par an et enfin le dispositif Ma prime me rénove est maintenu. Concernant les aides sociales, elle bénéficie de la volonté de compromis de Sébastien Lecornu ? Oui, notamment la prime d'activité qui va être revalorisée d'environ 50 euros par mois pour les travailleurs modestes et puis on oublie l'interdiction de cumuler les allocations décennées aux adultes handicapés et la prime d'activité.
Ce projet qui avait été un temps évoqué aurait fait perdre jusqu'à 170 euros par mois à près de 100 000 personnes à retenir enfin que globalement les prestations sociales ne seront pas gelées cette année mais bien revalorisées sur l'inflation.
Sur ce sujet, des aides sociales, il y a eu des compromis un peu de dernière minute aux socialistes que vous comprenez que vous vous approuvez ?
Je veux dire, un certain nombre de compromis posent question. Vous avez évoqué le repas à 1 euro. Ça ne répond à aucune logique. C'est de la discrimination aux bénéfices des favorisés. Le ciblage sur les étudiants boursiers est bien. de mon point de vue, il fallait revaloriser, bouger sur l'aide vis-à-vis des gens, des jeunes qui ont le moins de moyens parce que souvent ils sont dans une forme de précarité dans l'habitat et ensuite pour se nourrir. Je ne comprends pas. Ça part dans tous les sens. Il n'y a aucune logique. Alors je comprends. On achète la paix et on achète, en fait, on met le casque blanc ou le casque bleu pour éviter la censure.
Le prix de la censure ou de la non-censure plutôt, ce pêcher, elle n'obéit pas à des logiques. C'est de la négo. Ça ne met pas la France ni les politiques d'accompagnement, par exemple, là des étudiants sur une voie de la raison que tout un chacun peut comprendre.
On regarde maintenant ce qui va se passer pour les agriculteurs en pleine crise agricole. Qu'est-ce qu'ils peuvent espérer de ce budget ?
Alors parmi ces mesures, on retient le soutien à l'arrachage viticole mais aussi un fonds hydraulique qui accompagnera financièrement les projets de stockage d'eau. Il y a aussi un soutien financier prévu pour les céréaliers et quant au fonds d'urgence pour lutter contre la dermatose nodulaire, il sera doublé pour atteindre 22 millions d'euros. Alors voici pour les dépenses, sachant que le gouvernement reste sur l'objectif d'un déficit à 5% du PIB d'ici fin 2026. 12 milliards d'euros supplémentaires à sortir par rapport à l'an dernier.
Alors 12 milliards d'euros recompensés pour moitié par la réduction des dépenses, pour l'autre moitié par la hausse de la fiscalité mais dans le détail et c'est important dans notre quotidien, aucune augmentation d'impôts n'est prévue pour les ménages dans ce projet de loi de finances. Le barème sur l'impôt sur le revenu est simplement indexé sur l'inflation. Pas de changement non plus dans les crédits d'impôt jusque-là en vigueur par exemple pour les emplois à domicile et maintien également de l'abattement de 10% pour les retraités et les indemnités journalières pour affections longue durée sont exonérées.
Et Guilmette, vous avez des questions ?
Oui, tout à fait. Alors l'agence de notation au Moody's dit douter de cet objectif et prévoir un déficit de 5,2%. Est-ce que vous comprenez ces craintes ?
Oui.
Il est infirmière ce budget ?
Écoutez, moi je ne vais pas faire de procès d'intention, je constate. quand vous trouvez des solutions au mois de janvier que vous n'aviez pas au mois de décembre où la main sur le cœur vous expliquiez notamment au Sénat qu'il n'y avait aucune marge de manœuvre. Je pense que ça manque de sérieux et finalement ça me rappelle des temps proches.
Ça me rappelle l'époque de Bruno Le Maire qui, telle la cigale, nous chantait que la France avait des comptes qui étaient au vert que tout allait bien que ces sénateurs qui chantaient ou entonnaient une forme de complainte sur une dégradation des comptes c'était on était on nous a fait passer pour des des pleurnichards voire des menteurs et puis la vérité s'est avérée conforme aux craintes et aux diagnostics que l'ont posé. Mais là
que le gouvernement pêche par excès d'optimisme ou qu'il cherche à cacher des choses ?
Non je pense qu'il maquille certaines réalités subitement on trouve des recettes supplémentaires ce qui permet sur les impôts ce qui permet au gouvernement de mon point de vue indûment de changer ses bases de réflexion et de redonner de l'optimisme tout ça sauf miracle ne tiendra pas ne tiendra pas on a une difficulté je pense alors oui quand on dit la vérité et qu'on retrouve ses manches et donc qu'on demande un effort on s'expose à des défaites électorales mais si c'est pour placer la France sur le chemin du redressement de ses comptes pour qu'elle retrouve de la santé pour qu'on redonne des perspectives si vous voulez je ne suis pas masochiste mais enfin je préfère dire la vérité accompagner et démontrer par l'exemple les raisons pour lesquelles on a besoin de produire ces efforts plutôt que de rester dans le déni en se disant tenons tenons peut-être jusqu'à 2027 je dis une chose si on n'a pas si on ne fait pas preuve de davantage de courage 2027 pourrait être une catastrophe
dans quel sens
bah écoutez on voit bien les courants de pensée on voit bien la poussée des deux extrêmes la poussée des deux extrêmes se nourrit de décisions que nous n'avons pas le courage de prendre évidemment que c'est difficile je me suis nous avons ici défendu des des modifications des réformes sur un certain nombre de niches fiscales balayées par le gouvernement et j'ai moi-même échoué en défendant certains efforts sur des niches fiscales et bonsoir de sort il faut le il faut dire la vérité un moment il va éclater là on se permet de contenter tout le monde on avait proposé un effort collectif il n'y a plus aucun effort collectif mais les français enfin moi j'en entends un certain nombre notamment là dans ces périodes qui nous disent de grâce tenez restez raisonnable au moins vous êtes sérieux je dis oui mais je constate qu'on n'est pas très entendus parce que évidemment on préfère plaire en promettant ici un baume apaisant de quelques jours voilà je pense qu'on n'est pas au rendez-vous de notre responsabilité qui est de replacer la France là où elle devrait être regardez aujourd'hui où est le où est le couple franco-allemand souvenez-vous 2017-2018 Angela Merkel Emmanuel Macron il n'y a plus personne regardez notre agriculture l'agriculture française aujourd'hui est en grande difficulté parce qu'également l'agriculture au niveau européen souffre de difficultés or les agriculteurs ils doivent toujours être les pionniers ils doivent être pourquoi ils doivent être les pionniers avant une longueur d'avance parce qu'ils nourrissent la planète et que pour nourrir les gens il faut toujours être en capacité d'anticiper et bien là on s'est ratatiné
avant la présidentielle il y a les municipales et notamment chez vous à Nancy où on va aller bonjour Mickaël Demault merci beaucoup d'être avec nous Mickaël directeur départemental des éditions de Meurthe et Moselle de l'Est républicain Mickaël on va donc parler des municipales à Nancy et notamment de ce qui se passe à droite
oui bonjour Jean-François Lusson bonjour Public Sénat je voulais savoir ce matin quelle est la stratégie exacte des LR à Nancy vous êtes parti très tard les signes de volonté de victoire n'ont pas toujours été au rendez-vous alors est-ce que vous comptez vraiment gagner Nancy
dans la vie et à titre personnel à titre collectif je suis toujours dans un esprit de gagner et pour gagner il faut globalement toujours un peu de temps et quand on essaie de rassembler largement ce qui est plutôt d'ailleurs la marque de fabrique de la droite et du centre à l'époque d'André Rossineau puis de Laurent Hénard on a toujours essayé dans une ville qui est une ville en termes de courant politique où il y a une extrême gauche qui est assez forte où il y a eu des percées écologiques ou écologistes comme dans beaucoup de villes il faut peser pour avoir un score le plus important possible au premier tour et pour ça il faut rassembler largement et donc dans ce rassemblement large je crois qu'aujourd'hui on y est parvenu
– Michael vous avez une autre question ?
– Oui alors sur le rassemblement on a l'impression parfois que ce n'est pas tout à fait le cas parce qu'il y a un candidat Renaissance à Nancy qui n'est pas soutenu par Gabriel Attac qui soutient Laurent Hénard que vous soutenez il y a un grand nœud à ce niveau-là est-ce que vous allez parvenir à faire le rassemblement total de la droite et du centre avec Renaissance ?
– C'est l'objectif fixé et poursuivi par Laurent Hénard je pense et en tout cas j'espère et j'appelle chacun à la responsabilité parce que c'est mieux d'avoir comment dirais-je une équipe qui rassemble largement pour une raison simple c'est que je pense que pour produire les efforts nécessaires et à Nancy il y a quand même quelques sujets que ce soit sur la fiscalité que ce soit sur la sécurité que ce soit sur la qualité environnementale et notamment les sujets de propreté il y a du travail à faire et pour ça il faut avoir une ambition et l'ambition elle est d'autant mieux exprimée qu'elle est portée largement et de manière collective
Est-ce que plus largement Jean-François Léon au-delà de Nancy les LR ils jouent gros sur ces municipales ?
Oui bien sûr
Vous êtes inquiet ?
Si on n'était pas inquiet ça voudrait dire qu'on ne voit pas ce qui se passe donc c'est d'ailleurs une inquiétude là aussi générale qui traverse je pense toutes les familles politiques
Est-ce que vous redoutez qu'une partie de votre électorat aille vers les candidats RN ?
Ils vont un peu partout depuis un certain temps et effectivement un certain nombre je pense se sont allés plutôt vers l'extrême droite d'autres ont choisi de passer leur tour et c'est notamment un sujet dans les grandes villes ça veut dire que dans les grandes villes il faut comprendre les évolutions de la société il faut les porter il faut les soutenir moi je fais partie de ceux et je ne vais pas changer d'avis qui pensent que la composante environnementale les préoccupations écologiques et climatiques sont je dirais de même importance que les compétences d'équilibre budgétaire
Et ça c'est quelque chose que les LR ne comprennent pas ?
Les LR la droite n'ont pas je dirais d'ambition suffisamment forte et affirmée en disant ça je prends un risque j'assume complètement ça fait longtemps que je me base sur ces sujets j'ai parlé d'agriculture là l'agriculture je le redis elle reste je dirais c'est le secteur primaire c'est l'économie primaire elle s'est affaiblie la composante écologique et environnementale bien sûr qu'aujourd'hui elle fait partie de nos préoccupations et donc le fait d'être un peu hémiplégique sur le sujet en tous les cas de mon point de vue trop nous porte en tous les cas préjudice parce que les gens je vais le dire d'ailleurs les électeurs âgés dont on dit sont conservateurs les électeurs âgés vous savez de quoi ils vous parlent ?
de leurs petits-enfants de l'avenir et l'avenir ils voient bien qu'il se passe des choses parce qu'ils se souviennent qu'il y a 80 ans on n'avait pas des phénomènes climatiques comme on connaît aujourd'hui alors certes vous avez toujours des complotistes ou des gens qui doutent mais en majorité les scientifiques nous le montrent il y a de vrais sujets et bien à ces sujets il faut aujourd'hui que la droite prenne toute sa place et je pense que on a encore des marges de progrès à faire en tous les cas c'est un point de vue que je défends j'ai conscience je le redis qu'aujourd'hui il est insuffisamment porté et bien au lait cœur et en avant
merci beaucoup on va remercier Mickaël Debeau merci Mickaël d'avoir été avec nous la Une de l'Est républicain c'est du cinéma les Césars Nancy star des Césars 2026 merci beaucoup Mickaël d'avoir été avec nous et merci Jean-François Husson merci beaucoup d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure guimette on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse oui et on parlera de cette soirée hier soir en Ligue des Champions qui a vu Marseille éliminée difficile soirée pour les supporters Marseille
c'est pour le foot en général moi je suis sportif footeux donc je veux toujours gagner
nous si on aurait aimé merci beaucoup Jean-François Husson Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat
Jean-françois Husson