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interviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 11 février 2021 21 min

L'invitée de Bourdin Direct : Amélie De Montchalin - 11/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC.

0:03
Amélie de Montchalin

Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Amélie de Montchalin, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, ministre de la Transformation, de la Fonction Publique. Nous allons parler égalité des chances, mais vous êtes un peu ce matin le porte-parole du gouvernement. Alors, nous allons parler franchement, la crise sanitaire, le Covid, le coronavirus. Est-ce que les médecins sont trop alarmistes ? Franchement.

0:29
Présentateur

Aujourd'hui, on a un pays qui, je crois, fait beaucoup d'efforts. Et donc, d'une certaine manière... Les Français font beaucoup d'efforts, bravo.

0:37
Amélie de Montchalin

Exactement. C'est le titre du Parisien ce matin. Bravo.

0:40
Présentateur

Merci, je crois qu'on se bat tous ensemble. On a tous, entre nos mains, la capacité de vaincre cette épidémie chaque jour. Vous savez, moi, je me bats pour le télétravail, pas parce que c'est le lubie, mais parce qu'on sait que ça marche. Et donc, chaque jour de télétravail en plus, c'est par exemple un jour de gagner contre l'épidémie. Donc, tous les Français se battent, on se bat avec eux, on se mobilise, on essaye de déjouer les pronostics, il n'y a pas de fatalité.

1:03
Amélie de Montchalin

Est-ce que les médecins sont trop alarmistes ?

1:06
Présentateur

Les médecins, ils sont dans leur rôle. Ils nous alarment parce que ce virus est alarmant, parce qu'il tue, parce qu'il... Et vous ne les suivez plus. On les écoute et on prend des décisions politiques. Vous savez, chaque semaine, en Conseil de Défense, il y a des modèles, il y a des prévisions, il y a des données scientifiques.

1:20
Amélie de Montchalin

Conseil de Défense ce matin.

1:22
Présentateur

Et hier, autour du Président et du Premier ministre, on discute et on décide. Le rôle du politique, c'est de prendre des responsabilités. Après, d'être pleinement conscient, pleinement vigilant, pleinement réactif. Mais aujourd'hui, les médecins, ils sont dans leur rôle, ils nous rapportent ce qui se passe.

1:38
Amélie de Montchalin

Mais vous n'appliquez pas systématiquement les recommandations des médecins, Amélie de Montchalin ?

1:44
Présentateur

Les médecins conseillent, les politiques décident.

1:47
Amélie de Montchalin

Bon, décident. Décision à risque du Président de la République. Aujourd'hui, semble-t-il, semble-t-il, l'épidémie stagne. Je dis semble-t-il parce que je suis extrêmement prudent, mais vous aussi, j'imagine.

2:01
Présentateur

Moi, je ne suis pas épidémiologiste, je ne suis pas ministre de la Santé. Moi, je suis responsable, vous savez déjà, de faire une chose utile. C'est que les 5 millions de fonctionnaires prennent à la fois toute leur part dans le combat contre la diffusion de l'épidémie. On parle du télétravail. Prennent aussi toute leur part pour aider les Français dans cette période très difficile, pour que les politiques publiques, pour que les services publics tiennent. Et nous travaillons pied à pied, jour après jour. C'est une bataille, c'est une bataille épuisante. Les services publics hospitaliers, notamment.

Et je crois que les Français doivent être aussi, comme on le disait, remerciés pour l'énergie et la responsabilité qu'elle a leur.

2:32
Amélie de Montchalin

Les services publics hospitaliers, notamment. Qu'est-ce qui ferait basculer notre pays dans un confinement total ? La saturation des services de réanimation.

2:42
Présentateur

Notre boussole, depuis le début, c'est éviter que l'on trie les personnes à l'entrée des hôpitaux. Donc, nous devons garder la capacité de soigner chacun. Pour qu'on soigne chacun, il faut qu'il y ait le moins de virus dans la population. Et donc, qu'on fasse des gestes barrières, qu'on fasse de la prévention. Et ensuite, il faut qu'on ait effectivement un hôpital qui puisse s'adapter. Mais on ne peut pas pousser à l'infini nos capacités. Donc, à un moment donné, s'il faut faire...

3:07
Amélie de Montchalin

Ça gronde dans les services de réanimation. Est-ce que ça gronde ? Vous avez vu, il y a des appels à la grève qui sont lancés ici ou là. Est-ce que vous allez augmenter le nombre de personnes, de lits en réanimation ? Le nombre de personnels en réanimation ?

3:19
Présentateur

Nous cherchons aujourd'hui 7500 infirmiers et aides-soignants. Olivier Véran, encore cette semaine, a lancé un appel. Dans notre pays, nous avons des infirmiers, nous avons des soignants qui n'exercent plus. Nous avons besoin d'eux. Avec les mesures du Ségur...

3:33
Amélie de Montchalin

Mais pourquoi ne les trouvez-vous pas ?

3:35
Présentateur

Avec les mesures du Ségur, on a réaugmenté, vous savez, de près de 200 euros par mois le salaire de tous ceux qui travaillent à l'hôpital. Parce que ces soignants sont mieux payés dans le privé ? Mais parce que parfois, ils sont dans le privé. Parfois, juste, ils n'ont pas exercé pendant plusieurs années. Je pense à beaucoup de femmes qui se sont arrêtées, qui ont élevé leurs enfants. On a besoin d'elles, aujourd'hui, dans les hôpitaux. On a besoin de leurs bras. Et donc, toutes les mesures qu'on prend sur l'attractivité, sur la réforme du temps de travail, sur l'intéressement collectif, sur toutes ces mesures-là...

Vous savez, j'y travaille avec les organisations syndicales chaque semaine pour que nous retrouvions des bras, des compétences au bon endroit.

4:09
Amélie de Montchalin

Donc, vous cherchez 7500 personnels ?

4:10
Présentateur

Nous avons 7500 postes ouverts dans les hôpitaux en France. Et donc, nous cherchons à recruter. Et je lance cet appel à nouveau, aujourd'hui.

4:18
Amélie de Montchalin

Alors, forte disparité départementale, ce virus. Est-ce qu'il ne faut pas imaginer envisager des confinements localisés ?

4:25
Présentateur

Notre boussole, à nouveau. Un, qu'on ne trie pas dans les hôpitaux les patients, parce que je crois que c'est l'honneur de notre pays. La deuxième chose, c'est d'être le plus efficace possible, d'être extrêmement vigilant. Et donc, nous prenons les mesures, et vous le remarquez dans les Outre-mer, à chaque fois dans un territoire, si les choses s'imposent, nous prenons les mesures qui s'imposent. Il faut toujours chercher l'efficacité. Et donc, on peut avoir des débats sans fin. Vous savez, c'est comme la réforme de l'État. On peut avoir plein d'hypothèses.

4:52
Amélie de Montchalin

Confinement à Mayotte, confinement, je ne sais pas, en région parisienne, à Marseille, ou dans des zones qui seraient plus touchées, ou dans le nord de la France actuellement.

4:59
Présentateur

Aujourd'hui, la dynamique épidémique est surveillée de près, chaque jour, chaque minute, par le ministre de la Santé. Si des décisions doivent être prises, elles seront prises. Et vous savez, à nouveau, moi je suis la ministre, vous voyez, de l'action publique de 2021. Un peu porte-parole, je vous l'ai dit, ce matin. Oui, mais moi je suis la ministre des agents publics. Oui, des agents publics. En 2021, que ce soit sur la réforme de l'État, que ce soit sur l'action publique en général, que ce soit sur l'épidémie, on a eu un même impératif. Être dans le concret, et ne pas être dans les concepts, les utopies, les scénarios. Oui, mais l'impératif, c'est aussi tenir vos promesses.

Tenir vos engagements. On est bien d'accord. Et c'est essentiel à la confiance démocratique.

5:38
Amélie de Montchalin

Parce que sinon, les gens ne votent plus.

5:40
Présentateur

Et les populistes prospèrent, et on est contre ça.

5:42
Amélie de Montchalin

Mais quand on souffre de troubles psychiques dus au coronavirus, à la crise sanitaire, et qu'on n'arrive pas à trouver de rendez-vous avec un psychiatre, et qu'il faut attendre des semaines, et même des mois pour obtenir un rendez-vous, vous dites quoi ?

5:55
Présentateur

Je dis que ça fait deux ans qu'on essaye par tous les moyens de recruter des psychiatres, qu'on essaye par tous les moyens de recréer un lien entre la psychiatrie et l'hôpital, que évidemment, c'est un énorme défi pour notre pays, parce que cette crise vient aggraver parfois des situations difficiles. Donc je vous dis qu'on se bat. Après, le rôle d'un ministre, et le rôle en particulier, et le mien, c'est que nous regardions la crise en face, que nous regardions les choses en face, et que quand il y a des difficultés, quand il y a des choses à corriger, on s'adapte, on agit, on avance. Les Français, ils attendent de nous pas des discours, ils attendent qu'on trouve des solutions.

Et c'est tout l'enjeu dans cette crise.

6:30
Amélie de Montchalin

Des solutions pour obtenir un rendez-vous chez un psychiatre.

6:32
Présentateur

Eh bien, je prends le point, vous savez qu'on se bat sur le sujet déjà depuis maintenant deux ans, c'est que la psychiatrie a été abandonnée, oubliée pendant des décennies. Vous imaginez bien qu'on ne forme pas un psychiatre en deux ans, maintenant, c'est au cœur de tout ce que l'on mène dans ce domaine-là, comme de beaucoup d'autres, être les ministres de 2021. Pas des campagnes électorales à venir, pas des utopies de dans dix ans. Nous, on a là les pieds sur terre, et on a l'obligation de travailler pour les Français aujourd'hui. Et donc, on le fait dans tous les domaines.

7:00
Amélie de Montchalin

Bien, Amélie de Montchalin, le télétravail, vous venez d'en parler, impératif, le télétravail partout où c'est possible, c'est ce que répète le Premier ministre. Alors, dans la fonction publique, les chiffres ne sont pas très bons. 42%, c'est quoi ? 42% de télétravail, c'est le chiffre que vous avez donné ?

7:15
Présentateur

Quand vous êtes enseignant, quand vous êtes policier, quand vous êtes gendarme, il y a déjà des métiers qui ne sont pas télétravaillables. Et les Français attendent de nous. La continuité, c'est notre engagement. La cible que j'ai, c'est qu'on ait 50% des agents de l'État qui télétravaillent. Et comment ? Aujourd'hui, on en est à 44%. 44% la semaine dernière. Je suis ça toutes les semaines. Le Premier ministre et le Président le suivent. Pourquoi ? Parce qu'on doit être exemplaire. Si l'État n'est pas exemplaire sur ce sujet-là, on a beaucoup de mal ensuite à convaincre les entreprises à l'être aussi. Comment on fait pour déployer du télétravail ?

On équipe en ordinateurs portables plus de 200 000 ordinateurs portables. On en a encore quand même des 50 000. On équipe en outils. On fait de la formation. C'est le principal frein au télétravail. Il y a bien sûr d'avoir un équipement pour travailler à distance. Mais il y a d'avoir de la confiance dans les équipes. Que les managers soient formés à travailler avec des équipes qui ne sont pas dans le même couloir, dans le même bureau. Et donc, on a beaucoup d'enjeux de transformation, vraiment de la manière d'organiser nos services. Après, je travaille très précisément. J'écoute les organisations médicales chaque semaine sur des remontées précises.

Quand ça ne correspond pas aux instructions, on corrige. Les instructions, c'est quoi en ce moment ? C'est qu'on arrête les réunions. Quand on peut se rencontrer en visioconférence, en audioconférence, on arrête de devoir se mettre dans la même pièce. Et les instructions, c'est que tout le monde fasse un peu plus de jours de télétravail. On a beaucoup d'agents publics aujourd'hui qui font un jour, deux jours ou trois jours. Eh bien, on leur demande de faire plutôt deux jours, trois jours, quatre jours, un jour de plus. C'est très important, parce qu'un jour de télétravail en plus, c'est un jour de gagner sur l'épidémie. Et je crois qu'il faut vraiment insister là-dessus.

Ce n'est pas parce qu'on aurait un dogme, ce n'est pas parce qu'on a une lubie, ce n'est pas parce que c'est une règle, c'est parce que c'est efficace.

8:53
Amélie de Montchalin

Amélie de Montchalin, on avait parlé d'un chèque alimentaire dans le cadre de la loi climat, et puis ça a disparu. Il va revenir où, ce chèque alimentaire ? Et pour qui ?

9:03
Présentateur

Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation travaille. On a des enjeux, on voit aujourd'hui, sociaux. On a des enjeux de souveraineté alimentaire. Et donc, je lui laisserai vous préciser le pourquoi, le comment. Mais il va exister, ce chèque alimentaire. Et c'est un travail que nous poursuivons. Là, pour le coup, la ministre de la Fonction publique, à nouveau que je suis, vous voyez, n'est pas celle qui doit faire des annonces ce matin sur le sujet.

9:24
Amélie de Montchalin

Elle peut être porte-parole du gouvernement, puisqu'elle sait quand même ce qui se passe au sein du gouvernement. J'imagine que vous êtes informé. Chaque ministre a sa responsabilité. Alors, parlons des jeunes. Parlons des jeunes. Exactement ça. Pas de RSA jeunes, on est bien d'accord.

9:37
Présentateur

Aujourd'hui, on doit redonner des ambitions, des perspectives, des possibilités, notamment de construire un avenir pour cette jeunesse qui peut se sentir sacrifiée. Très bien. Mais il y a une urgence. Il y a une urgence pour une bonne partie de la jeunesse.

9:49
Amélie de Montchalin

Alors, quelles mesures allez-vous prendre ?

9:51
Présentateur

Cette jeunesse juste, si on ne s'en occupe pas avec beaucoup de volontarisme, elle sera récupérée par les communautaristes, par les extrémistes, par ceux qui ont des miroirs aux alouettes. Notre ambition, être le président de la République, depuis le début du quinquennat, c'est de redonner ses chances à tous les jeunes français. On l'a fait par l'école, par le développement des classes, par les devoirs.

10:12
Amélie de Montchalin

Mais aujourd'hui, il y a une urgence, Amélie de Monchalin.

10:15
Présentateur

Je suis devant vous, parce que l'urgence, c'est que la promesse républicaine soit réelle, soit concrète, pour tous les jeunes de France d'aujourd'hui, pour ceux qui ont 20 ans et 22 ans aujourd'hui.

10:24
Amélie de Montchalin

On est d'accord. Mais Amélie de Monchalin, pour cette jeunesse qui souffre financièrement aujourd'hui, qui se retrouve sans travail, à côté des études, est-ce que vous allez prendre une mesure d'urgence ?

10:36
Présentateur

Nous prenons beaucoup de mesures d'urgence. Nous avons permis de retourner à l'université un jour par semaine. C'est insuffisant. Nous avons financé les repas dans les courses à 1 euro. Nous avons financé du soutien psychologique. Mais surtout, nous avons redonné des perspectives d'emploi.

10:52
Amélie de Montchalin

Il n'y aura rien de plus. Il n'y aura rien de plus. Il n'y aura pas de mesures spécifiques.

10:57
Présentateur

On engage la garantie jeune. La garantie jeune, c'est quoi ? C'est que pour tous les jeunes, quand ils vont dans une mission locale, ils ont un accompagnement, ils ont une formation. Qu'il n'y ait plus de jeunes qui soient sans formation, sans emploi, sans sages. Le plan Un Jeune, une solution. C'est des centaines de milliers de jeunes qui ont trouvé un emploi. C'est, vous savez, en 2020, 500 000 jeunes en apprentissage. C'est 500 000 jeunes qui, aujourd'hui, se forment, ont un petit revenu, voire le début d'un salaire. Personne ne nie l'effort que vous faites.

11:26
Amélie de Montchalin

Mais je vous demande, est-ce qu'il y aura une mesure d'urgence dans le cadre de cette crise sanitaire pour les jeunes français ?

11:33
Présentateur

Ce qu'on annonce ce matin, avec le Président de la République, c'est une mesure d'urgence. C'est pour les jeunes d'aujourd'hui.

11:39
Amélie de Montchalin

Il n'y aura pas de mesure financière d'urgence, mais il y aura une mesure... Il y a une mesure financière

11:42
Présentateur

dans ce qu'on annonce avec le Président ce matin. Nous annonçons qu'à la rentrée de 2021, tous les jeunes boursiers qui voudront préparer les concours de la fonction publique pour devenir, un jour, un préfet, un directeur d'hôpital, un commissaire de police, qui sait, un magistrat, auront un complément de bourse de 4 000 euros par an pour préparer dans de bonnes conditions ces concours de la fonction publique. Pourquoi on fait ça ? Parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas de monopole du service de l'intérêt général. Servir son pays, l'aider à avancer, c'est noble. Ça correspond à une vocation d'utilité que les jeunes veulent avoir.

Et moi, ce que je veux, c'est que quand vous êtes né dans un village rural, quand vous avez grandi dans un quartier populaire, quand vous êtes loin de Paris, vous puissiez apporter votre compétence, votre parcours de vie, votre regard sur les choses. On a besoin d'une nouvelle génération

12:31
Amélie de Montchalin

de fonctionnaires. Cette aide, donc, cette aide de 4 000 euros, on est bien d'accord ? 4 000 euros par an pour les boursiers. J'habite à la campagne, j'habite, je ne sais pas, moi, à côté de Limoges, par exemple. Exactement. Où est-ce que je pourrais aller passer mes concours pour entrer un jour dans une grande école publique ?

12:48
Présentateur

Si vous habitez à Limoges, que vous êtes d'un milieu modeste, vous êtes boursier, aller à Paris 2 ou 3 ans, 4 ans pour préparer les concours, ce n'est pas... Exactement. Et je n'y pense pas. Vous aurez une classe préparatoire qui s'appelle Talent, Talent du service public. Pendant un an, vous aurez une préparation de très bon niveau académique, vous aurez un tutorat avec des jeunes fonctionnaires à Limoges.

13:08
Amélie de Montchalin

À Limoges même.

13:09
Présentateur

Dans l'université où vous faites vos études, dans toutes les universités, au moins dans 2 endroits par région, au moins dans 2 universités par région, vous pourrez préparer dans de bonnes conditions avec du tutorat, avec du soutien financier, avec des professeurs de grande qualité, vos concours de la fonction publique. Pourquoi on fait ça ? Parce qu'on a besoin de casser l'entre-soi, les corporatismes, on a besoin que cette nouvelle génération de hauts fonctionnaires ressemble à la France.

Et que, dans la politique publique qu'on fera, vous voyez, dans 5 ans, dans 10 ans, on ait des jeunes, et du coup, à ce moment-là, des jeunes formés, qui puissent apporter toute la complexité de notre pays, tous les besoins de notre pays. Servir son pays, c'est l'une des plus belles vocations qu'on peut avoir. Moi, je remercie, je présente par ce micro, tous les agents publics qui ont fait le choix de servir l'intérêt général. Les jeunes, aujourd'hui, leur donner cette perspective, cette ambition, mais ces moyens concrets, c'est essentiel. C'est aussi essentiel pour la confiance démocratique.

Vous avez pendant 30 ans des hommes et des femmes politiques qui ont dit aux Français on va tout réformer la haute fonction publique. Aujourd'hui, c'est une première étape, c'est de changer qui sont les hauts fonctionnaires. On ne doit pas, quand on est d'un milieu modeste, parce qu'on vient d'une zone rurale, parce qu'on vient des outre-mer, parce qu'on vient d'un quartier prioritaire de la ville, comme on dit, d'un quartier populaire, penser que c'est pour les autres, que ce n'est pas pour soi. Moi, je me bats contre l'autocensure, contre l'autocensure de jeunes qui ont envie et à qui on ne donne pas les moyens, la chance de faire leur choix, de choisir leur vie.

14:36
Amélie de Montchalin

Amélie de Montchalin, l'école nationale d'administration sera-t-elle supprimée ?

14:40
Présentateur

Mais là, vous voyez, on ne parle pas d'une école, on parle de quelque chose qui est beaucoup plus large, qui est, qui sont, qui est cette nouvelle génération de fonctionnaires ? Ensuite, on va, dans les toutes prochaines semaines, dès la rentrée de septembre 2021, faire une révolution de la formation de tous. Pas que de l'école de que vous me citez, mais également des administrateurs territoriaux, des directeurs d'hôpitaux, pour que, par exemple, sur un sujet comme la laïcité, tous les hauts fonctionnaires du pays aient les mêmes références.

Parce que ce n'est pas normal aujourd'hui qu'on ait des corporatismes, que sur les enjeux de rapport à la science, rapport à la recherche, on met en commun les choses. Mais notre ambition, elle est beaucoup plus grande.

15:17
Amélie de Montchalin

Est-ce qu'elle sera supprimée ? Est-ce que l'ENA sera supprimée ?

15:21
Présentateur

Dans ce qu'on est en train de faire, si on change, comment on recrute les hauts fonctionnaires ? Comment on les forme ? Comment on annoncera avec le président de la République d'ici au mois de juin des mesures très fortes sur la gestion des carrières, sur la gestion des parcours, sur l'évaluation, comment on met les mérites et les compétences au cœur, vous savez, de ce qu'on appelle la gestion des fameux grands corps, que les Français voient comme parfois des choses qui entretiennent l'entre-soi. C'est ça qu'on veut casser. C'est beaucoup, beaucoup plus ambitieux que de vous parler de telle ou telle école, de sa scolarité.

15:47
Amélie de Montchalin

Non mais d'accord, mais je vous pose quand même une question. Est-ce qu'elle sera supprimée ? On supprime tout ce qui va autour. On supprime l'entre-soi. Donc elle ne sera pas supprimée. On supprime le corporatisme. Est-ce que l'école nationale d'administration sera supprimée ? Oui ou non ? Mais aujourd'hui, qu'est-ce que les Français attendent de nous ? Ils attendent de nous. Vous ne répondez pas.

16:09
Présentateur

L'enjeu. Si je vous dis

16:10
Amélie de Montchalin

oui ou non. Mais non, mais moi j'ai une autre question complémentaire si vous me dites oui ou non.

16:15
Présentateur

Alors répondez-moi. Ce n'est pas compliqué. Je ne sais pas ce qu'il en restera si vous regardez les choses. On change le recrutement. Ah bon ? On change la formation. On change la sortie. Et la gestion des carrières. Quand on met de l'évaluation des préfets comme on l'a annoncé avec le Premier ministre

16:29
Amélie de Montchalin

vendredi. Mais il y aura un concours cette année quand même. Il y a un concours.

16:33
Présentateur

On est en train de vous dire qu'on crée des prépas talents. On va même ouvrir des places supplémentaires pour que ces jeunes de tout le pays, de tous les milieux sociaux puissent devenir aux fonctionnaires. Donc vous voyez bien qu'aujourd'hui...

16:46
Amélie de Montchalin

Donc l'école telle qu'elle est aujourd'hui sera donc supprimée. Il y aura une école différente.

16:50
Présentateur

Ce qui est certain c'est que ça ne ressemble en rien à ce que pendant des années les Français ont compris qu'ils n'allaient pas. Ça ne ressemble plus en rien dans le recrutement ni dans la formation ni dans les carrières qui en suivent. Après, comment ça s'appelle ? On pourra peut-être changer de nom. On verra. Moi mon enjeu c'est pas...

17:06
Amélie de Montchalin

Donc c'est une façon de la supprimer quoi.

17:08
Présentateur

Cette école. Mais mon enjeu c'est de supprimer l'entre-soi. C'est de supprimer le corporatisme. C'est de supprimer tout ce qui ne va pas.

17:16
Amélie de Montchalin

Elle sera telle qu'elle est aujourd'hui. Cette école sera supprimée.

17:20
Présentateur

Ce qui est sûr c'est que tout ce que les Français ont compris qui ne fonctionnait pas sera supprimé. Parce que ce qu'on veut casser avec le Président. C'est cette inertie qui fait qu'aujourd'hui les Français ont le sentiment et il faut qu'on se batte contre son sentiment qu'il y a, vous savez, une fameuse technocratie. Un ministre...

17:37
Amélie de Montchalin

Ils ont ce sentiment. Ils ont ce sentiment. Vous n'avez pas fait l'ENA.

17:40
Présentateur

Moi je ne suis pas fonctionnaire j'ai pas fait l'ENA. HEC. J'ai fait une autre école et je me suis engagé il y a trois ans en politique pour servir mon pays. Et j'ai une conviction. C'est qu'il faut qu'on redonne tout son sens à la responsabilité politique quand on se présente devant les Français. Moi j'ai été élu j'ai pris des engagements. C'est ces engagements qui font qu'aujourd'hui quand j'étais députée puis aujourd'hui quand je suis membre du gouvernement j'ai un devoir absolu. C'est de piloter les administrations. Vous savez, on a fait des grandes réformes. Je vous donne un exemple. Gérald Darmanin quand il était ministre du budget et qu'il a fait le prélèvement à la source.

Vous savez, ça fait 20 ans qu'on en parlait on nous avait expliqué que ça allait être très compliqué que l'administration ne voulait pas. Il a pris son rôle de ministre à cœur. Il a pris une décision politique. Il a suivi de A à Z la mise en œuvre et il a fait une réforme dont aujourd'hui plus personne ne parle qui a été réussie. C'est ça le politique. C'est de piloter l'administration. C'est de rendre possible des choses. C'est de nommer des gens. J'aimerais vous parler d'une femme que j'ai nommée parce que comme ça ça donnera à voir au français ce que ça veut dire d'être ministre.

J'ai nommé il y a un peu plus de trois mois une femme qui n'est pas d'un grand corps qui n'est pas énarque qui a monté tous les échelons de son administration qui aujourd'hui est la DRH de l'État. Elle s'appelle Nathalie Collin et je l'ai choisie parce qu'elle avait des compétences et du mérite. C'est ça qu'on doit faire vivre dans la haute fonction publique.

18:55
Amélie de Montchalin

Donc l'ENA ne sera plus l'ENA si j'ai bien compris. Exactement.

18:58
Présentateur

Vous avez bien compris.

18:59
Amélie de Montchalin

Bon, très bien. Amélie de Montchalin un mot sur les violences sexuelles. HEC ça a existé ? Vous avez eu connaissance de cela ?

19:08
Présentateur

Moi personnellement non.

19:09
Amélie de Montchalin

Oui.

19:10
Présentateur

Mais ce que je peux vous dire c'est que si ça a existé comme partout ailleurs là aussi il faut qu'on ait très résolument très collectivement un engagement fort c'est que la loi du silence s'arrête. Ce sont des actes intolérables. Vous avez eu connaissance

19:24
Amélie de Montchalin

de tels actes dans votre école ?

19:27
Présentateur

Je réfléchis là comme ça tout de suite. Personnellement ça ne me dit moi personnellement rien. Maintenant il est certain que comme on voit que ça concerne toute la société tous les milieux toutes les structures et malheureusement beaucoup trop de jeunes hommes et de jeunes femmes dont les vies sont détruites il nous faut absolument libérer la parole mais surtout en tirer des conséquences des conséquences pénales et des conséquences de reconstruction. Et donc on y travaille.

19:50
Amélie de Montchalin

J'ai une dernière question sur le projet Hercule qui concerne les agents publics de l'EDF est-ce que les salariés conserveront leur statut si cette réforme aboutit ?

20:00
Présentateur

Aujourd'hui ce projet n'est pas suivi par la ministre que je suis parce que d'abord vous savez qu'il y a des négociations complexes vous avez vu qu'il y a beaucoup de débats avec l'Union Européenne notre enjeu c'est la souveraineté énergétique c'est la souveraineté industrielle

20:14
Amélie de Montchalin

mais je vous pose une question est-ce que les agents

20:16
Présentateur

conserveront leur statut ? dans tout changement dans toute évolution dans toute réforme on a toujours toujours l'engagement de protéger les hommes et les femmes de leur donner des perspectives donc les agents

20:28
Amélie de Montchalin

conserveront leur statut

20:29
Présentateur

aujourd'hui ce sujet n'est pas un sujet sur lequel je n'ai pas d'annoncer

20:35
Amélie de Montchalin

il s'agit de rassurer ou d'expliquer aux français notamment aux agents EDF ce qui les attend

20:43
Présentateur

je ne peux pas aujourd'hui vous dire ce qu'on attend puisqu'on ne sait même pas si cette réforme va se faire ou pas donc aujourd'hui si elle se fait on en viendra de manière très transparente dire à chacun les engagements qu'on prend pour que son parcours sa carrière soit prévisible

20:58
Amélie de Montchalin

le salarié garde son statut c'est l'engagement

21:00
Présentateur

l'engagement c'est que chacun y voit clair et que personne ne soit pris par surprise et donc on prendra toutes les mesures pour assurer à ceux qui aujourd'hui assurent notre souveraineté énergétique des conditions de travail dignes dignes de leur engagement et dignes du service qu'ils rendent à leur pays

21:12
Amélie de Montchalin

merci beaucoup Amélie de Monchalin d'être venue nous voir 8h55 RMC BFM TV

L'invitée de Bourdin Direct : Amélie De Montchalin - 11/02 — Amélie de Montchalin · Pourquijevote