"Macron a arrêté de défendre ses propres réformes" - Jean-Michel Blanquer
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:41OuverteRéponse partielle
Comment la fureur est-elle en train de détruire l'école ?
- 1:22OuverteRéponse directe
Est-ce que la raison des manifestations lycéennes est fondée ou excessive ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Les bâtiments scolaires relèvent des régions. Quel est le bilan des régions ?
- 3:10OuverteRéponse directe
Comment expliquer les violences dans les lycées ?
- 3:51OuverteRéponse directe
Les études PISA s'effondrent. Est-ce que cela explique les comportements violents ?
- 7:43OuverteRéponse directe
L'effondrement des études PISA peut-il expliquer l'apparition du sauvageon ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:51Fait
« Je pense d'abord et avant tout qu'il y a un une crise de génération et qu'il faut entendre ça »
- 4:30Promesse
« je pense qu'il faut un projet de société, qu'il faut pouvoir dire à un jeune de 20 ans, voilà comment sera la France dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans »
- 5:47Fait
« Quand la justice disparaît, l'État ne devient plus qu'une bande de brigand »
- 9:02Fait
« PISA mesure les élèves de 15 ans. Les principales mesures que nous avons pris, même si on parle beaucoup de lycée en réalité, c'est à l'école primaire »
- 9:44Chiffre
« la France est le seul pays avec le Portugal à avoir eu son niveau remonté un petit peu, pas beaucoup, tout en traversant la crise sanitaire »
- 26:47Chiffre
« il y avait un chiffre scandaleux en 2017, une honte pour la France qui était 60 % d'échec en fin de première année d'enseignement supérieur »
- 27:27Chiffre
« aujourd'hui ce chiffre il n'est plus de 60 %, il est de 50 % »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Le face- à face. Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h3 et je reçois une personnalité de la politique française en nous posant une question : comment la fureur est-elle en train de détruire l'école ? Et donc si elle détruit l'école, elle décrit elle elle détruit la démocratie. Ça tombe bien, c'est le titre du livre que Jean-Michel Blanquaire, merci d'être là Jean-Michel Blanquaire avec nous en directeur Sud Radio, auteur de la démocratie et la fureur chez plomb qui est l' je rappelle toujours c'est l'éditeur du général de Gaulle, c détail la démocratie et la fureur. C'est on me dit bien ce n'est pas un ouvrage sur l'actualité même si on va y venir tout de suite c'est un ouvrage sur cette ce grand philosophe ce grand prêtre du libéralisme qui était Alexis
de Tocville son voyage aux États-Unis et là vous faites une une grande dissertation une enquête formidable c'est un document historique et sociologique sur la démocratie américaine. Qu'est-elle devenue par rapport à nous ? Quels sont les risques de dérive et comment une démocratie peut se fourvoyer quand elle ne garde pas ses fondamentaux. On est en pleine actualité française. Jean-Michel Blanquer, euh vous avez euh dirigé le ministère animé et je recevais Christophe Kerro récemment, votre dirigée de cabinet. Vous avez été à un moment vous avez été quelqu'un qui a marqué l'éducation nationale. Euh vous aviez succédé, je prends mes responsabilités à la pire ministre qu'on a jamais connu, c'était Naj Valope Belcassem et je me souviens puisqu'elle est à l'image le soir de
votre nomination et on la voit grimacer quand elle entend votre nom. Voilà. et vous prenez l'école dans une situation absolument calamiteuse. Vous essayez de la redresser, on verra avec Anissa. On fera le point de votre bilan ministériel. Aujourd'hui, les lycéens sont dans la rue. Alors, d'aquun vous disent "Oui, c'est à cause de Blanquer" et et d'autres qui disent non. Justement, si on avait écouté Jean-Michel Blanquer et si le président de la République lui avait confié le ministère depuis longtemps, peut-être qu'on y serait pas arrivé là. Est-ce que la raison pour laquelle les lycéens sont dans la rue aujourd'hui et la façon dont ils l'expriment vous semble fondée ou peut-être un peu excessive ? Je pense d'abord et avant tout qu'il y a un une crise de génération et qu'il faut
entendre ça et que le c'est les les sujets du type bâtiment qui relèvent des régions ou type emploi du temps ou parcours sup qui relève du ministère sont des sujets à regarder de près bien sûr et je pense qu'il faut le faire. C'est quelque chose qui vous avait inquiété déjà quand vous étiez en poste ou non ? Alors ça dépend de de quel sujet on parle si vous voulez. Si on prend les si on prend les la logistique les bâtim c'est un sujet sur lequel la France n'est pas forte depuis longtemps et quand il y a eu la décentralisation ça a été confié aux collectivités territoriales pour avoir une nouvelle dynamique et c'est ce qui s'est passé. Donc on rappelle collège au département lycée aux régions et les écoles primaires aux municipalités. Exactement. Et donc aujourd'hui quand on parle des
bâtiments des lycées, on parle de la compétence des régions. Et je crois pouvoir dire que le bilan des régions, même s'il est variable évidemment est plutôt bon. C'està dire elles ont euh je parlais par exemple avec un président le président de région Bretagne pour pour ne pas le nommer, ils ont je si sauf erreur de ma part environ 120 lycées m'expliquer qu'une centaine avait fait l'objet soit de rénovation ou en tout cas était dans un bon voir un très bon état et puis une vingtaine non mais vous voyez c'est ce type de proportion que l'on a aujourd'hui. Donc bah pour ceux qui sont dans des lycées qui ne sont pas encore suffisamment bien rénovés on peut comprendre que ce soit un problème mais en même temps on voit bien qu'il y a eu des excès. quand on brûle un blisset qui
était justement magnifique et tout neuf, c'est que c'est qu'évidemment là, il y a il y a des choses aussi qui ne vont pas et des et des et des gens qui ont surtout envie de de tout casser. Donc on a un mélange des choses, on a des revendications légitimes et puis on a là aussi cette espèce de fureur qui saisit nos sociétés aujourd'hui et à laquelle il faut prêter attention parce que elle peut mettre à bas la démocratie si on y prend garde. Donc mais au-delà des questions de bâtiment ou au-delà des questions de parcours sup ou ou d'emploi du temps don sur lequel je reviendrai peut-être c'est de toute façon un malaise générationnel. Je pense qu'on aurait eu à un moment ou un autre des manifestations de ce genre. Souvenez-vous, on en a eu en 2019 autour de la question climatique. On a eu au
moment des gilets jaunes aussi des manifestations de de lycéen et à chaque fois ce qui s'exprime, c'est quand même euh la peur vers envers l'avenir, que ce soit lié au changement climatique, que ce soit lié aux guerres qui existent à nos portes, que ce soit lié à l'arrivée de l'intelligence artificielle qui inquiète quant à l'emploi. tous ces sujets qui ne sont pas contrebalancés par un discours politique général positif et c'est à mes yeux le problème majeur, c'est-à-dire nous n'avons plus un projet de société à proposer aux jeunes et donc devant ce vide, il se révolte et ça je peux le comprendre et d'ailleurs, je pense que ce vide n'est pas fatal. C'est pour ça que j'écris ce livre et ceux qui précèdent d'ailleurs. C'est-à-dire, je pense qu'il faut un
projet de société, qu'il faut pouvoir dire à un jeune de 20 ans, voilà comment sera la France dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans et voilà le rôle que tu pourras y jouer. Et je pense que pour moi, ce projet de société passe par la revitalisation de notre territoire, le fait qu'on se qu'on retrouve notre pays, mais je sais que c'est pas vous qu'il faut convaincre, vous êtes sensible depuis toujours à tout ça, mais c'est pour moi, c'est un projet pour le pays, c'est-à-dire revitaliser notre territoire. La démocratie et la fureur, c'est le titre de votre de votre ouvrage Jean-Michel Blanquer. Vous pensez que la fureur est en train aujourd'hui de prendre le pas, il y a toujours eu dans la démocratie un dialogue des confrontations, des divergences. C'est
c'est même là. Vous pensez que la fureur et on le voit dans les images, la fureur a gagné la jeunesse au point que même des gens extérieurs viennent apporter cette fureur de façon professionnelle et militante. C'est un cycle infernal dont on peut s'échapper ou vous pensez que c'est une constante de notre sociologie actuelle par la fracture sociale, par le désespoir, par la colère. Il y a il y a des choses qui sont de toutes les époques et puis il y a des choses qui sont propres à la France de d'aujourd'hui. Euh ce qui est de toutes les époques, c'est ce dont Platon nous avertit euh dès le 5e siècle avant Jésus-Christ, c'est-à-dire le risque que la démocratie finisse par rentrer dans ses propres contradictions. C'est-à-dire que si la démocratie ça n'est que les
libertés, les droits les plus divers, la nécessité pour chacun de s'affirmer, alors ça débouche inévitablement et Tocville le dit aussi d'ailleurs sur la fragmentation, la contradiction des gens les uns envers les autres. Et citer une phrase d'Augustin qui dit "Quand la justice disparaît, l'État ne devient plus qu'une bande de brigand." C'est c'est c'est quand la quand la quand tout ce qui nous soude entre nous, tout ce qui nous relie s'efface, alors la démocratie devient synonyme uniquement de fragmentation et de conflit. Or, comme vous le disiez, il est normal qu'il y ait du conflit. C'est même le propre et l'intérêt de la démocratie qu'il y ait ce ce frottement permanent. Mais ce mais ce frottement doit euh rencontrer un certain nombre de de limites. Et c'est pour ça que je suis
si républicain, c'est parce que je pense que ce qui vient équilibrer la démocratie, c'est la République. C'est républicain, le bien commun, le fait que notre contrat social, le fait que nous soyons des Français, des compatriotes, toutes ces choses-là, c'est du lien et nous l'avons beaucoup perdu depuis 30 ou 40 ans. Et c'est aussi cela qui fait défaut aujourd'hui en France comme ailleurs, puisque vous on trouve aussi dans d'autres pays le le même problème. qu'on doit avoir une forme de renaissance républicaine qui se traduit ensuite par des choses très concrètes. Quand je viens de vous dire que l'on doit avoir un projet de revitalisation du territoire, c'est tout à fait ça. C'est-à-dire qu'est-ce qui fait que par exemple on sait faire renaître nos villages, nos petites villes et et donc
créer du lien social entre les gens et avoir un projet politique qui rassemble les gens, qui mobilise la jeunesse, toutes ces choses qui à certaines époques ont pu exister et ont créé de l'élan national et qu'il faut retrouver. Donc c'est pour moi, il y a aussi le fait que la France a des caractéristiques spécifiques, il y a des coups de fièvre à intervalles réguliers, mais en réalité le fond de l'affaire est plus global et on le voit aux États-Unis. C'est-à-dire que il y a un risque que la démocratie finisse par déboucher sur l'autoritarisme pour régler ces problèmes de contradiction. Donc avant qu'on arrive à des choses si graves, il vaut mieux avoir renforcé notre dimension républicaine, c'est-à-dire le bien commun. Vous connaissez la célèbre phrase de Victor
Hugo : "Ouvrir une école, c'est fermer une prison." Est-ce que vous acceptez l'équation qui répond à notre actualité ? Euh, les études PISA s'effondrent. Est-ce que l'effondrement de l'étude PISA peut expliquer l'apparition du sauvageon ? Est-ce que est-ce que est-ce qu'il y a une forme de l'écroulement du niveau scolaire engendre une forme de décélérébration qui induit des comportements qui ne sont pas ceux qu'un lycéen devrait avoir ? Quelle est votre vision parler parler librement ? J'allais dire JeanMichel Blanqu, on est dans le parlé. C'est une question un petit peu, elle est pas insidieuse, mais voyez, j'ai j'ai vraiment besoin d'avoir votre sentiment là-dessus. Je pense que le dans le monde entier là encore les enquêtes montrent que à partir de l'âge
de 11 ans, deux choses se ont baissé dans le tank des enfants et des adolescents. C'est la lecture d'une part et l'activité physique d'autre part au bénéfice des écrans. Donc on a créé une société effectivement qui est une grande en pleine modification et avec des effets pervers qui don l'un d'entre eux peuvent être des violences parfois inspirées justement par les réseaux sociaux et et des mobilisations permises par ces mêmes réseaux sociaux. Donc euh cette dimension, elle existe. Ensuite euh puisque vous faites référence à PISA, euh en réalité à travers de cette question, vous faites aussi référence au problème de la relation de la démocratie avec le temps. On est toujours impatient en démocratie et euh et c'est tout le problème pour un ministre de l'éducation. C'est bon, j'ai
j'ai pu être en fonction 5 ans, c'est évidemment en soi, je pense, une bonne chose et mais il fallait au moins 10 ans de de continuité des choses. Et si et si vous voulez, PISA mesure les élèves de 15 ans. Les principales mesures que nous avons pris, même si on parle beaucoup de lycée en réalité, c'est à l'école primaire. Et vous avez une autre enquête qui s'appelle Pearls qui mesure le niveau de lecture des enfants de 8 ans dans le monde entier. Cette enquête-là montre que la entre 2017 et 2021, la France est le seul pays avec le Portugal à avoir eu son niveau remonté un petit peu, pas beaucoup, tout en traversant la crise sanitaire, ce qui n'est pas rien. Tous les pays du monde ont chuté du fait des fermetures excessives et puis de une
chute, disons commune. Et le Portugal et nous, on a réussi non seulement à à avoir peu de fermeture de l'école, mais même à réussir à progresser malgré tout. C'est et ça ce que je viens de vous dire, vous ne l'entendez jamais. Mais ça concerne des élèves de 8 ans. Autrement dit, c'est des résultats plus rapidement constatables que pour des élèves de 15 ans. Je vous dis pas que le prochain PISA va être merveilleux. Je vous dis que en matière éducative, le grand problème, c'est le zigzag. Quand on n' pas la patience de creuser des sillons. Alors, c'était la responsabilité du président de la République de garantir ce sillon long. Évidemment, comme vous le savez, je je déplore que le deuxème quinquena n'est pas du tout été suffisamment sur la partie éducative
dans la dans l'approfondissement de ce sillon. Pour autant, il y a des choses qui ont marché euh c'est et et notamment le dédoublement des classes, le retour au savoir fondament des mesures que vous aviez initié qui ont été prolongées et préservé. Oui. Pour autant, quel revirement ? Alors, on ne va dénigrer personne mais enfin monsieur Nia et madame Boubé, c'est pas du blancaire, je suis désolé, c'est même de l'antiblancaire à un moment donné. Comment vous expliquer qu'une majorité, un président de la République, un gouvernement qui était sur une cohérence, comment on explique servirement ? Il y a eu une pression des syndicats ? Est-ce que le mammouth est devenu est devenu grincheux, il a fallu le donner ou est-ce qu'il fallait céder à une forme de idéologie de gauche qui
disait ben faut remettre de la du pédagogisme. Blancard est allé trop loin dans la restructuration, dans le redressement de l'école pour donner un peu de l'est à la gauche. Qu'est-ce qui s'est passé ? Je pense qu'il y a quelque chose de ce genre. le c'est là quand on retrouve la démocratie et la fureur, c'est-à-dire que euh au fil quand vous faites 5 ans de de mandat à l'éducation nationale, vous accumulez des euh des colères de secteur divers disons des tensions et cetera et mais ces tensions en réalité sont minoritaires. Vous avez une majorité silencieuse qui voit bien le sens de ce que vous faites. Quand je fais le renforcement des savoirs fondamentaux à l'école primaire, je pense que les la plupart des gens voient très bien pourquoi et et pourquoi ça va
dans le bon sens. Euh de la même façon, le dédoublement avait je crois 80 % d'approbation dans la dans dans la population. Le lorsque j'ai présenté la réforme du baccalauréat dans une émission, on a eu 72 % d'approbation à la fin de cette émission. Je me souviens donc cette euh donc en fait vous pouvez quand on prend le temps, quand on est calme, quand on est rationnel, ce que je peux faire sur des sujets comme parcours supremment aucune situation n'est parfaite. J'ai jamais dit qu'on avait tout fait parfaitement ni tout bien, mais je prétends que il y a un chemin pour l'amélioration de l'éducation. C'est pas un sujet mystérieux ou plein de brouillard, mais que vous avez très vite des oppositions qui sont suscitées et probablement ce qui s'est passé, c'est en effet que le président de la
République a fini par entendre beaucoup ses oppositions et et n'a pas souhaité tenir le cap qu'on avait pourtant réussi. On avait fait le plus dur, vous savez parce que le premier quinquena c'est quand même deux crises deux crises majeures à traverser. les gilets jaunes d'une part, le Covid d'autre part euh des réformes structurelles très profondes qui beaucoup de choses. venir à on va faire voyez c'est un peu dommage que dans le deuxième qui n'a pas eu à traverser ce genre de crise il aurait suffi d'avoir un ministre qui pas moi d'ailleurs une autre personne mais qui dure 5 ans euh avec encore une fois un approfondissement du sillon et on aurait sans doute eu de meilleurs de meilleurs résultats mais pas été mais je ne considère pas que tout est parti à l'eau et que et je considère
qu'on continue à pouvoir avoir de l'espoir d'un rebond au travers de des effets à long terme des mesures qui ont été on va revenir la démocratie et la fureur c'est le titre de notre ouvrage sur Deville mais il correspond à la réalité d'une actualité absolument tragique. On va revenir là dans quelques instants sur les enseignants blessés, les policiers blessés pour dire à quel point ça a été Anissa. Et effectivement la crise et la colère atteignent également la police puisqu'hier le syndicat Alliance police a porté plainte contre l'État pour mise en danger de la vie d'autrui avec un nombre considérable de policiers blessés. Nous en parlerons un tout petit peu plus tard avec Stanis Las Gudon, délégué national du syndicat Alliance Police. Midi 14h [musique] Sud Radio, la France
dans tous ces États. Pericolégas, il est 13h20, vous êtes bien sur Sud Radio. J'ai le bonheur et l'honneur de recevoir Jean-Michel Blanquer, auteur de la démocratie et la fureur. Le livre de parle de Tobi, on va on va y venir parce qu'en plus cette actualité est est elle est présente dans ce livre la démocratie et la fureur la démocratie américaine ce qu'elle est devenue ce que Tokville en pensait et qu'est-ce qui se passerait s'il revenait sur terre et qui voyait cette démocratie qu'il a tant aimé sur lequel il nous a fait un récit fondateur et les choses ont évolué. Ça me fait penser à l'ouvrage de J de retour du RSS. Il y va le cœur charmant puis il revient, il dit "Mais c'est pas du tout ce que j'avais ce que j'avais pensé d'ailleurs. Je me souviens Jean-François
Can avait fait un livre le retour sur terre d'Andri Jid. et il dit voilà, il est à l'Union soviétique, c'est pas du tout le concept qu'il avait auquel il avait pensé. Euh Jean-Michel Blanquer, nous avons aujourd'hui une situation qui est, on peut dire tragique. 149 149 enseignants blessés. On a jamais eu des images de professeurs, de profs poursuivis par des élèves ou pas des élèves poursuivis dans la rue, certains tabassés au sol, euh des policiers également qui sont qui sont frappés. Il y a quand même de la part de cette jeunesse qui a toujours été turbulente, qui a toujours été un petit peu émotive et les barricades remontent à la nuit des temps dans Paris. Là, on a atteint des sommet et on a le témoignage de on a le témoignage de du
de Stanislas Godon, délégué national d'Alliance police. Bonjour. Bonjour Stanislas Godon. Oui, bonjour. Voilà. Est-ce que vous pouvez nous faire un point rapide sur l'état des blessures et des et des lésions sur de les forces de sécurité à l'issue de ces émeutes ? Et ben d'abord rappeler que c'est 937 policiers et gendarmes qui ont été blessés dont certains avec des blessures graves qu'ils vont porter à vie. On a un collègue notamment à Marseille qui a été poursuivi et on lui a mis des coups de marteau sur la tête et dans la nuque. On a une collègue qu'on a balancé au sol et on rappelez-vous cette vidéo où on entendait "Tu es là, tu es là."
Euh, on a ce commandant de Belfort qui est jeté au sol et qui on met un penalty dans la tête, même plusieurs d'ailleurs coups de pied. Voilà la réalité de l'ultraviolence. Et moi, je vais faire le distingo entre des lycéens euh qui ont manifesté de manière pacifique. Certains se sont laissés entraînés, certains euh groupuscules notamment ultraviolent de certaines banlieux de grande métropole et puis les mouvements d'ultra gauche très organisés qui savent très très bien euh semer le chaos, attaquer les forces de l'ordre et se sauver notamment quand on commence à intervenir. Vous considérez que l'État, que les pouvoirs publics n'ont pas donné la réponse adéquate au fait que des policiers été violenté. On sent qu'on on
essaie d'éviter la bavure. Et alors l'IGPN, elle est là par contre pour s'assurer qu'il y a pas eu de comportement illicite et pour autant est-ce que vous manquez pas de solidarité de la part des pouvoirs du du gouvernement pour parler plus précisément. Alors d'abord, je tiens à rappeler que en fait nous ce qu'on dénonce et c'est pour ça qu'on a décidé de faire un recours et de porter plainte contre l'État, c'est que il y a un dysfonctionnement et des contradictions entre les déclarations du ministre de l'intérieur qui appelait à de la fermeté à ne pas avoir de retenu sur des interpellations et non pas de l'usage de la force. Ça c'est peut-être une petite différence que tout le monde a oublié. Euh et euh surtout euh on a des instructions sur le terrain qui sont euh
d'un tout autre euh ordre. Euh par exemple, ne pas utiliser le lanceau. Bon, c'est vrai que euh jeter de l'eau même à forte pression, c'est extrêmement létal vis-à-vis des des émeutiers. euh par exemple de laisser les LBD dans le véhicule, par exemple de ne pas utiliser les gazcrymogènes parce que il y aurait de la verdict médiatique. Et en fait tout ceci crée un flou sur le terrain. Et je rappelle que quand il y a du flou sur le terrain et ben nous on en prend plein la figure pour pas dire autre chose parce que j'aurais vite dit un mot un peu plus vulgaire. Euh euh donc euh ça c'est pas possible dans le cadre du rétablissement de l'ordre public ou des violences urbaines. Euh il faut qu'on ait des ordres qui soient clairs du haut, c'est-à-dire du ministre jusqu'au
moindre commandant compagnie euh sur le terrain. Il peut pas y avoir de dysfonctionnement ou de contradiction. Sinon, on va au caspip et puis qu'est-ce qui se passe ? 937 policiers VDC. Je euh euh et je vais avoir un mot pour euh les personnels enseignants parce que vous l'avez rappelé 149 personnels enseignants, c'est inadmissible. Et surtout, ne l'oublions pas de plus de 240 lycéens qui ont été blessés et pas du fait de la police d'ailleurs. Je rappelle également que les 36 enquêtes IGPN, ça représente 0,4 % des 7950 interpellations qu'on a effectué. Donc il faut à un moment euh raison garder et ne pas dire que euh il y a encore des sauvageries policières comme j'ai entendu de certains partis politique.
Merci Stanislas Godon pour votre témoignage. On a compris votre émotion et on comprend qu'on en arrive quand même à un paradoxe hallucinant. La police, un syndicat de police porte plainte contre l'État. Merci pour votre témoignage. Jean-Michel Blanquire, on est arrivé à des extrêmes là. Enseignant poursuivi, policier tabassés. C'est la République qui est renversée. Là, c'est la fureur là. La fureur pris le contrôle de la rue et de la démocratie. J'espère que non, mais en tout cas, il est certain qu'il faut opposer de la fermeté à tous ces phénomènes et je comprends complètement euh l'émotion de qu'on vient d'entendre puisque c'est tout tout ce qu'on vient d'entendre et notamment les faits concrets sont totalement inadmissibles et c'est évidemment ce que l'on ce que l'on doit empêcher.
J'observe que ça fait une dizaine d'années que en France on manifeste trop violemment de manière générale et que ça crée un engrenage de de de la violence que certains cherchent. C'est on le sait bien. Donc à ça, il faut opposer une espèce de grande sérénité qui est faite de fermeté comme le disait monsieur et et c'est indispensable. Je pense aussi que en matière de sécurité comme dans d'autres domaines, il faut mieux prévenir que guérir. Par exemple, que ce soit pour les universités ou pour les lycées, il faut que un des forces de l'ordre soient présentes en amont tôt le matin euh en petit nombre, pas besoin d'en avoir beaucoup pour empêcher le premier blocage. Faut rappeler qu'un blocage, c'est complètement illégal. Euh et très souvent, qu'est-ce que c'est un blocage
? C'est tr qu personnes qui arrivent à 7h du matin pour mettre des poubelles et après ça s'agglutine et après ça devient impossible à changer. En revanche, si vous arrivez à 7h moins le cas, euh vous pouvez parfaitement l'empêcher. C'est ce que j'ai pratiqué aussi bien comme recteur que comme ministre et je trouve que là euh il y a trop de de blocage facilement réalisé par des petites minorités agissantes et que donc en terme de doctrine de maintien de l'ordre euh il y a des sans doute quelques améliorations à faire. Alors justement, je ne peux pas ne pas vous demander Jean-Michel Blanquaire ce que vous auriez fait dans la situation. Je vous pose la question sans arrière penser. Il s'agit pas tacler monsieur Jeffrey et vous avez le droit de dire et c'est dans une vie
gouvernementale, il peut y avoir des lectures différentes. Est-ce que vous auriez fait quelque chose d'un peu différent ? Alors avec le recul et je vous demande d'une façon objective, on n'est pas dans un règlement de contrat, absolument pas. Quand le mouvement a commencé à apparaître, vous auriez plutôt reçu tout de suite des délégationsciennes ? Vous auriez tout de suite le dialogue où il fallait quand même montrer attention l'ordre d'abord le dialogue après ? Alors je je vais pas trop de commentaires. Oui. Donc si vous voulez quand je trop connu certain Oui oui mais dans les situation de crise on n'a pas besoin de Ouais exactement je vais pas donner de leçon en situation de crise on pour en donner à postériori le cas échéant mais mais euh mais là en pleine
crise ce qu'il faut c'est que la République soit forte et donc on s'amuse pas à faire le chamboulet avec le gouvernement pour autant pour autant je pense que non mais tout le monde voit que ça aurait pu être plus pris davantage en amont c'est certain. Voilà, ce qui est fait est fait. Qu'est-ce qui a pu se passer ? On un un ministre peut sous-estimer un malaise en que c'est juste un mouvant d'humeur, vous savez le le c'est partie de l'académie de Créteil que je connais bien puisque j'ai été recteur de Créteil et et donc il aurait sans doute fallu à ce moment-là euh mieux traiter ça. Mais c'est mais je dirais que c'est pas trop le sujet aujourd'hui. L'éducation nationale fonctionne bien dans ces cas-là. Est-ce que est-ce que le recteur vous prévient tout de suite ?
Attention monsieur le ministre, il y a un petit mal ne serait-ce qu'un proviseur est-ce qu'il peut signaler il y a un point de tension, c'est pas comme d'habitude, ça peut dégénérer. Faites quelque chose. Est-ce que ça remonte ? Oui, ça remonte. C'est fait le le justement, on a mis sur pied un système de remonté des incidents euh que ce soit des incidents de violence justement ou des incidents, disons de de de surchauffe sur le terrain. Et donc, je pense que ces choses ces choses-là sont remontées, mais je je ne le sais pas. La démocratie, la fureur, c'est le titre de l'ouvrage de Jean-Michel Blanquer édité chez Plomb. Très très beau document historique. On va on va y venir. On va y venir bien sûr, mais c'est tellement en lien avec notre traducté cette vision de l'Amérique par Tokville
et ce qu'elle est devenue aujourd'hui, cette démocratie américaine. Et on voit bien que les fascistés de monsieur Trump nous interpellent et nous les subissons en direct dans notre vie dans notre vie quotidienne. Vous restez avec nous sur Sud Radio Anissa bien sûr. Et que on invite également les parents lycéens enseignants même à nous appeler et à nous dire ce qu'ils en pensent. Qu'est-ce qui vous met en colère dans la crise du lycée ou le lycée même aujourd'hui ? Le choix des spécialités, le contrôle continu, l'orientation. Quelle conséquence la réforme du bac a-t-elle eu pour vos enfants ? Appelez-nous au 0826 300300. Sud Radio, la France dans tous ces États. Périco gas, nous sommes vous êtes. Je suis sur Sud Radio. Il est 13h33 jeudi 16 octobre 2026. Je reçois Jean-Michel Blacker pour
son ouvrage la démocratie et la fureur chez Plan. Dernier mot sur le l'actualité d'éducation. avant d'en venir au contenu du livre qui qui touffle l'actualité de toutes les manières parcours sup. On a entendu pique pand sur parcours sup. Euh Jean-Luc Mélenchon dans un meeting Ferand proclame comme si c'était l'abolition de la peine de mort je vais dégager parcours sup. Jean-Michel Blanquer parcours sup c'est c'est un outil science sans conscience n'est que ruine de l'âme. C'est pas vous qui l'aviez instauré mais vous avez essayé de Oui. Enfin il y avait une sélection qui une forme de sélection qui existait déjà. Il faut garder alors on peut remplacer parcours sup. Vous n'êtes pas hostile à repenser le principe de la sélection est très important. On ne peut
envoyer dans les universités que des étudiants qui ont un avenir, pas des gens qu'on envoie dans le mur. Et moi je suis totalement démocrate, c'est-à-dire je pense que s'il y a des contestations envers parcours sup, discutons de parcours sup. Mais discutons raisonnablement et rationnellement, c'est-à-dire en disant ce qui serait mieux que parcours sup. Par exemple, faisons des comparaisons internationales, j'en ai faite hein, je je vois de quoi je parle. et qu'on me dise dans quel pays il y a quelque chose qui serait de meilleur à imiter. Et dans ce cas-là, faisons-le. Et tous ceux qui tire sur parcours supours sans propos sans dire ce qui serait ce qu'il y aurait à à mettre à la place. Alors moi, j'entends le le malaise qui peut exister, notamment le stress qui
existe, que le le les parents qui sont parfois un peu déboussolés. C'est pour cette raison qu'on avait mis un deuxième professeur de principal en terminale pour aider à l'information et l'orientation des élèves. Je pense que ce stress sur l'avenir n'est pas lié à Parcours Sup. Parcours sup est un est un exutoire, est un élément de cristallisation. Mais si on supprime parcours sup demain, la question de où on va où va-ton s'inscrire l'année prochaine en étude supérieure reste reste posé. Donc quand vous l'instaurez, quelle est la méthode de sélection pour rentrer à l'université ? le le quand on l'a instauré faut faut se rappeler ce qui existait il y a eu grosso modo deux étapes avant parcoursu puis il y a eu l'étape que les gens de man génération connaissent bien
c'est-à-dire et que celle de Jean-Luc Mélenchon aussi enfin il est plus visager que moi honnêtement mais c'est mais mais c'est la quand même la même chose c'est-à-dire on allait à l'université c'était le premier levé enfin celui qui était cétait levé le plus tôt qui qui pouvait s'inscrire voilà il y avait une loterie et ça c'était pas ça ne pouvait pas tenir de toute façon avec le développement des universités ça a été remplacé par un système qu'on appelé APB qui a était déjà un progrès mais qui lui-même a rencontré des limites à [raclement de gorge] telle enseigne que les derniers temps vous souvenez il y avait des tirages au sort et et donc vous pouviez avoir un bac qui vous préparait absolument pas à médecine par exemple et être pris tandis que quelqu'un qui était parfaitement préparé
lui n'était pas pris. On a mis fin à ça avec Parcours Sup. parcours sup essaie vraiment de trouver une adéquation entre les attentes des élèves et ce que peut ce qui se propose dans l'enseignement supérieur et les chiffres sont assez impressionnant parce qu'on est autour maintenant d'un million de de personnes chaque année concerné puis qu'il y a aussi toutes les réinscriptions et cetera et en fait ont réussi à à satisfaire beaucoup de vœux mais évidemment ceux qui sont satisfaits ne vont pas manifester dans dans la rue si vous voulez euh je suis sûr que parmi ceux qui nous entendent il y a forcément quelques mauvaises expériences mais il y a pour l'essentiel de bonnes expériences et quand vous quand on fait des enquêtes chez les lycéens où les étudiants
notamment les étudiants à postériorie sur les vœux qui disent bien on est souvent autour de 70 à 80 % qui disent que leur premier que le vœu qui dans leur tête puisqu'on l'affiche pas son premier vœux mais le le premier vœux qu'ils avaient dans leur tête a été satisfait donc [raclement de gorge] et puis l'autre chose qu'il faut dire c'est que chaque année parcours sup est est amélioré parce qu'on tient compte des critiques et cetera donc que tout ceci devienne plus transparent que l'on mette ça sur la table et que ce soit un débat démocratique ça me paraît très bien. On a pas besoin de se de de d'aller vers des violences pour une chose pareille. Et c'est vous savez le qu'est-ce qu'on visait ? On visait la réussite des élèves, rien d'autre. Tout ce que j'ai fait, c'est pour faire
réussir les élèves. Alors après, on peut dire "Vous y êtes mal pris, mais en réalité si vous regardez les chiffres, il y avait un chiffre scandaleux en 2017, une honte pour la France qui était 60 % d'échec en fin de première année d'enseignement supérieur." Tout se passait comme si un élève passait différentes étapes sans jamais d'heure de vérité. Et puis la première heure de vérité, c'est fin c'est tard à 19 ans quand on vous dit "Ah bah non, vous n'avez pas le niveau." Et donc c'est une sorte de lâcheté collective. On a mis fin à cette lâcheté collective et aujourd'hui ce chiffre il n'est plus de 60 %, il est de 50 %. C'est très rare qu'une politique publique gagne 10 points en quelques années et et donc c'est autant de gâ en moins. Bien sûr, il faut faire mieux, faut elle est vers
40 ou 30 %, ça va de soi. Mais néanmoins, c'est énorme ce qui a été ce qui a été conquis. Donc faut faire attention de ne pas jeter les bébés avec l'eau du bain si vous voulez. C'estàd que là, il y a quelque chose en été, je le maintiens, qui a été un progrès. Peut-être que c'est mal vécu par certaines familles, ça je l'entends très bien et je pense pas que c'est le cas de de tout le monde, mais sans doute de certains. Et donc, il faut entendre ça, il faut être à l'écoute, il faut améliorer, il faut essayer de que tout ça ne soit pas synonyme de stress mais de bonne information, de préparation réussie à l'enseignement supérieur pour les pour les élèves et et c'est ça que nous devons viser. On se souvient de l'émois de la violence, de la crise suscitée par la
réforme de vaquer en 1986. Aujourd'hui, des experts de l'éducation nationale, vous en êtes peut-être, nous disent finalement c'était pas une mauvaise solution. Faut peut-être faudrait peut-être la réadapter. Est-ce que vous trouvez pas que le débat sur l'éducation nationale est assez peu présent dans le début de campagne présidentielle ? Alors oui et non, c'est-à-dire qu'il est il est présent au sens où les candidats, beaucoup de candidats disent que c'est leur première priorité et je suis heureux de de d'entendre ça. Ensuite, il est ça le débat public sur l'éducation reste caractérisé par une certaine superficialité. C'estàdire par exemple une chose propos c'est ça d'abord aussi bien sur le diagnostic si vous voulez parce que tout le monde par exemple vous
en ce moment on entend ah nous sommes très mauvais dans PISA donc la réforme du lycée ça ne va pas mais en fait il y a aucun rapport puisque le lycée c'est après l'âge de 15 ans que que qu'est-ce que mesure PISA et puis par ailleurs il y a PISA nous dit bien d'autres choses que que les choses qui qui que les commentaires qui sont faits. Il faut aussi faire des comparaisons internationales. En fait nous sommes maintenant au même niveau pratiquement que les autres pays européens. Donc il y a un problème qui qui dépasse la France. Est-ce que vous avez le temps les ministres de l'éducation nationale d'aller jusqu'au bout de vos projets aussi puisque on a beaucoup de ministres qui sont passés sur ces 10 dernières années. Donc finalement est-ce que vous avez le temps de bosser vraiment ? Ben
dans mon cas, je peux dire que oui puisque j'ai ça a duré 5 ans et que c'est pour moi c'était un but en soi si vous voulez de de montrer cette durée, de montrer que la parole du ministre a de l'importance, de montrer qu'on a du suivi dans ce que nous faisons, donc on a de la suite dans les idées. Et j'affirme que l'institution était à ce moment-là euh guidée par un cap et parfois certains pouvaient ne pas être en accord avec ce cap mais au moins les choses étaient claires. À partir du moment où vous changez sep fois de ministre, vous dévalorisez la parole ministérielle, déviez du cap et faites-nous un bilan du ministère. On va faire un bilan effectivement mais deux Jean-Michel Blanc. Alors, je vais faire au plus vite 5 ans à la tête de l'éducation nationale de 2017 à 2022 et
vous avez à votre actif deux grands chantiers. Effectivement, vous les avez brièvement évoqué tout à l'heure, les premiers apprentissages et puis évidemment le lycée. À l'école primaire, il y a une mesure très concrète à votre crédit Jean-Michel Blancer, c'est le dédoublement des classes. Effectivement, CPCE1 en éducation prioritaire engagé dès 2017. Effectivement, une douzaine d'élèves par classe pour permettre aux enseignants de mieux accompagner chacun dans l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul. À la rentrée 2021, plus de 280000 enfants de CP de CE ont en bénéficié. Les évaluations du ministère constatent effectivement des effets très positifs en français et en mathématiques. Un autre chantier que vous avez mis en place, c'est la formation des professeurs d'école.
Alors, avec les plans mathématiques et français, la formation continue, prend une forme plus concrète. Les enseignants travaillent en petit groupe, observent les cours de leurs collègues et cherchent ensemble comment résoudre les difficultés rencontrées dans leur classe. Et effectivement, ça a été un chantier assez positif et qui a euh qui a réussi à apporter une réponse aux à certaines lacunes que rencontraient euh les professeurs et dans leur formation. On attaque le dossier du lycée. Alors, la transformation est beaucoup plus déstabilisante. Les séries S, E, S et L disparaissent. Les élèves choisissent trois spécialités en première. Puis en conserve deux en terminal. Le nouveau bac accorde 40 % de la note au contrôle continu et introduit le grand aura
l'ambition proposer des parcours plus personnels et mieux préparés aux études supérieur sur le papier. Bon, cette liberté de choix est appréciée par les élèves, mais elle exige un accompagnement qui ne suit pas toujours. Et dans son bilan publié en 2023, l'inspection générale relève une orientation anxiogène, une organisation compliquée et une instabilité des règles dans certains établissements visités. Les lycéens décrivent même jusqu'à 4 ou 5 heures de trous dans une journée. L'exemple le plus parlant reste la place des mathématiques avec la réforme. Elle cesse d'être une matière obligatoire à part entière dans le tron commun après la seconde et ce choix sera corrigé à partir de septembre 2023. 1h30 de mathématiques devient obligatoire en première générale pour les élèves qui
n'auraient pas choisi cette spécialité. Donc on a Jean-Michel Blanquire un bilan contrasté, des avancées très mesurables dans les petites classes mais un lycée profondément réorganisé dont plusieurs choix ont ensuite dû être corrigés. Ça vous va ? Euh ben évidemment je ça me va c'est que tout ça est tout à fait exact mais le je vois pas pourquoi j'aurais été bien inspiré pour l'école primaire et mal inspiré pour pour le lycée et c'est tout simplement qu'il y a de la conflictualité plus forte droit dans l'enseignement différ [rires] mais puis d'abord c'est jamais quelque chose de complètement personnel tout ça c'est un travail très collectif si on prend la réforme du lycée on a énormément consulté les lycéens si on est arrivé à ces enseignements de spécialité c'est notamment parce que les
lycéens nous disaient que dans les anciennes séries ils s'ennuyaaient que il y avait quelque chose de très artificiel puisque par exemple beaucoup de la moitié des lycéens faisait S et après seulement la moitié d'entre eux faisait des sciences. Alors on me dit "Oui mais en faisant ça, vous avez abîmé la préparation des futurs scientifiques du pays." C'est complètement faux. Il y a jamais eu autant d'élèves en prép scientifique que au moment où je vous parle. Il y a d'ailleurs jamais eu autant de jeunes filles qui font des études scientifiques. C'est ce que je suis en train de vous dire. C'est le contraire de ce qu'on a beaucoup dit ces derniers temps dans le débat public. Et pourtant, c'est tout à fait vérifiable. et et le et ce que nous avons fait, je
le je le répète souvent hein, c'est de se dire comment en préparant le baccalauréat, l'élève ne fait pas juste un exercice artificiel mais se prépare à la réussite après le baccalauréat. Et donc euh le la question des enseignements de spécialité se résume en un adage. Finalement, c'est tu choisis ce qui ce que tu aimes et choisissant ce que tu aimes, tu vas davantage approfondir. Une chose qui n'est jamais notée non plus, c'est que pour la première fois en 50 ans, on a euh révisé tous les programmes du lycée dans le sens de l'exigence plus forte. C'est d'ailleurs un reproche qu'on entend parfois et que j'assume. On dit vous faites trop travailler les lycéens, j'assume avoir voulu monter l'exigence et et le mais en même temps que la liberté et donc le plaisir d'apprendre.
Et c'est c'est la philosophie de cette réforme et je crois que beaucoup de lycéens l'ont perçu. Vous savez, on a parfois l'impression que parce qu'on entend ce qui ceux qui sont pas contents, mais il y a très très peu de lycéens qui seraient d'accord pour revenir au système antérieur S. Très peu de professeurs. Demander à un professeur d'histoire géographie s'il a envie d'abandonner la matière qu'on a créée qui s'appelle histoire géographie, science politique géopolitique qui est beaucoup plus passionnante que ce qu'il y avait avant. Demander à ceux qui pensent le numérique de demain s'il faut supprimer ce qu'on a créé avec numérique et sciences informatiques où dès on avait mis l'intelligence artificielle et la cybersécurité au cœur du programme. Tout ça c'est alors tout ça on nen parle
pas au journal de 20h euh mais c'est des choses en profondeur qui préparent l'avenir du pays. Et vous avez fait allusion tout à l'heure à une réforme des années 80 qui à qui c'est qui avait été qui avait été abandonné. Il y a eu combien de réformes abandonnées dans notre histoire et d'ailleurs de précédentes réformes du lycée qui étaient un peu de même inspiration ? Ce que j'affirme, c'est que cette fois-ci on a réussi à passer tous les caps et ce en traversant des crises exogènes comme encore une fois le crise sanitaire ou la crise des gilets jaunes et et que malgré tout on y est arrivé. Bah, je peux vous dire que c'est quelque chose et que quand le bilan c'est qu'on a diminué de 10 points la l'échec en fin de première année d'enseignement supérieur, bah je ne
rougis pas si vous voulez et et c'est un peu vous reconnaîtrez que c'est un petit peu difficile pour moi aujourd'hui de servir parfois de bouqu émissaire à un certain nombre de gens. C'est la victoire de monsieur Mélenchon, hein, puisque c'est à force de marteler toute la journée, l'extrême gauche m'a pris comme cible depuis euh ces années-là, à force de marteler, ça finit par percollé et comme il y a personne en défense puisque le le le chef de l'État lui-même a cessé de défendre ses propres réformes et que euh le et que il y a non plus dans les secteurs de l'opinion qui pourraient être d'accord avec tout ce que je viens de vous dire, au fond, on va jamais défendre un ministre, on on veut attaquer mais quand c'est la défense, on reste passif. Donc quand
vous avez vraiment réformé, vous vous trouvez comme une sorte d'homme seul euh face aux attaques. Non mais après j'ai j'ai plus de cicatrices que de peau. J'ai j'ai je ça va. Je je sais pas je cherche pas je cherche pas à faire la victime. Je veux essayer d'expliciter un processus politique et qui est très décourageant pour la réforme en France si vous voulez. Mais moi je tout ce que j'ai fait entre 2017 et 2022 je l'ai annoncé dès 2017. Et à l'époque en 2017 quand il y avait une certaine popularité autour de ces annonces, on disait oui mais il va abandonner au bout d'un moment. Ça c'est des paroles. J'ai fait exactement ce qui avait été dit. Et donc le et donc je je n'ai pas lâché et je ne prétends jamais que tout ce qui a été fait est parfait. Au contraire, ce
que je dis c'est il y a sûrement des imperfections. Améliorons et améliorons calmement, en bon ordre et en visant uniquement et seulement l'intérêt des enfants, des élèves. Vous restez avec nous sur Sud Radio. Je reçois Jean-Michel Blanquer. Vous nous appelez au 0826 300300. On a l'appel de Lucille et de Jean-Pierre qu'on va prendre et puis on se retrouve dans quelques instants à tout de suite sur Sud Radio. 14h Sud Radio, la France dans tous ces états. Pericoléas, vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h49, je reçois Jean-Michel Blanquaire. La démocratie et la fureur, c'est un traité historique sur la la démocratie américaine par Tokville. Qu'est-ce qu'elle est devenue aujourd'hui ? On prend juste deux appels. Lucile qui nous appelle de Maringue. Lucile, vous êtes
vous avez été enseignante. Bonjour. Bonjour, monsieur le ministre. Bonjour Parico. Effectivement, bonjour. J'ai été enseignante effectivement en lycée professionnel pendant 6 ans de 2019 à 2025. Donc c'est presque le temps de votre temps ministériel. Euh qui dit lycée professionnel ne dit pas forcément des élèves de petit niveau. En tout cas, c'est c'est une idée que je réprouve totalement. On est bien d'accord. On est bien d'accord. Et je souhaitais rebondir justement sur votre idée d'élan national. Je là, je je suis entièrement d'accord avec vous. Il faut un réel sursaut. Il faut retrouver l'effort aussi ce que vous avez tenter de remettre en place. Il faut du temps long. J'en suis consciente. Néanmoins, je pense qu'il y a urgence.
Euh et qui dit urgence dit quand même peut-être des mesures à revoir ou en tout cas mais encore une fois je ne suis pas le ministre ou ou améliorer en tout cas. Euh ce que j'ai vu mon 6 ans, c'est un goût de l'effort qui s'est totalement effondré. Euh des élèves qui pourtant avaient choisi leur section, qui étaient particulièrement flegmatique, particulièrement attentiste. Euh pourtant j'ai mé j'ai confronté à des institutions professionnelles qu'ils allaient rencontrer dans leur dans le futur. J'étais en j'étais en métier de la sécurité. Euh donc souvent des jeunes passionnés et pourtant voilà très très attentistes. Un appauvrissement terrible du vocabulaire et notamment euh un
effondrement euh de de de du savoir de la lecture. J'avais de plus en plus d'élèves qui n'étaient plus en capacité de lire des consignes ou de comprendre un texte. C'est un phénomène que l'on C'est un phénomène que l'on rencontre hélas depuis souvent souvent. Jean-Michel Blancur le connaît bien. Il y a il y a moyen d'en rayer. C'est alors d'abord merci pour ce que vous venez de dire madame. C'est je j'adhère à tout ce que vous avez dit le euh et on a fait on en parle pas assez d'ailleurs, mais aussi une réforme de de la voie professionnelle euh pour améliorer certaines choses. Euh je pense en particulier aux enseignements conjoints entre un enseignement général, par exemple mathématique et bénisterie fait par deux professeurs ensemble dans une même classe pour que le conceptuel
et le pratique se se rejoignent. C'est compliqué. Je sais que c'est compliqué à faire après. Oui, mais mais c'est une idée que je pense vraiment intéressante mais par rapport à ce que vous dites qui renvoie évidemment à l'école primaire essentiellement et et et à ce qui se passe ensuite le Oui, il y a des il y a des il y a des remèdes. Le tout à l'heure, vous avez fait référence à l'évalu aux évaluations qu'on fait en début d'année. ell nous permettent d'être beaucoup moins dans le brouillard que nous l'étions euh autrefois puisque nous pouvons mesurer où en est chaque enfant de France en mathématiques et en français euh au début de pratiquement une classe sur de CP, CE1, CM1, 6e, 4e et ça ça nous permet d'avoir un portrait de chaque enfant et d'un portrait du
pays aussi. Et donc le temps manque pour rentrer dans le détail de ce que ça signifie, mais on voit bien certaines choses qui sont en train de s'améliorer comme par exemple la fluidité de lecture sur laquelle on a énormément insisté hein. C'est très important qu'un enfant ait une rapidité de lecture donc qui sache décoder bien le plus jeune possible vers 6 7 ans. Et on contrôle ça, on regarde ça de plus en plus et ça ça débloque beaucoup de choses, notamment la compréhension des textes. vous n'arrivez pas à faire des miracles sur ce sujet sur sur des cordes de 700000 enfants par an tout de suite mais par contre il y a des premiers résultats et les stratégies pour y arriver sont connues et donc c'est cela que nous avons impulsé et par ailleurs, il y a effectivement une tendance mondiale que
je disais tout à que j'indiquais tout à l'heure sur la baisse de la lecture et la baisse de l'activité physique. Et donc il faut enrayer cela. C'est aussi pour ça que je parle d'un projet éducatif global, c'est que tout ne se joue pas seulement à l'école. Le temps de l'enfant à l'école, c'est très minoritaire par rapport à tout le reste de son temps. Et donc tout ce qu'on peut faire en matière de politique familiale, de vacances intelligente, de vacances pour tous déjà euh de plans mercredi, de d'activités sportives et d'activités culturelles, d'activités qui ancrent l'enfant dans la nature, qui le qui le détachent des écrans, tous ces sujets-là sont des sujets qui se jouent beaucoup en dehors de l'école et pour lesquels un vrai projet de société qui peut être
présenté à la présidentielle fait aussi partie de cet élan national qu'on doit retrouver. Évidemment, nous avons Jean-Pierre qui nous appelle d'anglette. Vous êtes prof vous aussi, Jean-Pierre ? Euh oui, oui, oui. Professeur mais en privé hein, c'est-à-dire centre de soutien scolaire depuis une trentaine d'années. Voilà hein. Alors, voilà, je je souhaitais demander à monsieur le ministre euh parmi les nombreuses revendications plus ou moins farfelues de tous ces jeunes, quelles sont celles qui lui semblent sérieuses ? Alors le alors je prends au sérieux euh par principe merci merci pour votre question. Le je pense qu' à chaque fois il y a euh euh à prendre au sérieux chaque chose et puis ensuite à discerner à l'intérieur de chaque chose ce qui est
euh sérieux et ce qui n'est pas. C'est-à-dire que le par exemple lorsqu'on parle des agendas à trous, c'est une réalité que je prends au sérieux, mais en même temps, on doit regarder à quel choix ça renvoie dans chaque lycée. Donc c'est des discussions à avoir à l'échelle de chaque lycée parce qu'il faut rappeler que cette réforme, c'est aussi une réforme d'autonomie des lycées qui font des choix sur par exemple le nombre de disciplines qu'ils enseignent et cetera. Sur parcours sup. Il y a tout ce que j'ai dit tout à l'heure pour expliquer que à mon avis parcours supu est un système très euh très rationnel au service des élèves, mais il y a encore des améliorations à porter, il y a des créations de place à faire. Donc ça c'est une revendication que je prends
sérieux, mais pas n'importe comment, pas n'importe quoi. Euh pour moi, s'il y a quelques créations de place à faire aujourd'hui, c'est en BTS et en DUT parce que c'est des choses qui mènent à l'emploi. Donc ça, je ça je prends ça j'en prends ça au sérieux. Et sinon ce que je voilà c'est les de deux choses que je prends qui qui à mes yeux sont sont importantes. Et puis pardon et enfin le je dirais le plus globalement le besoin d'avenir. Au fond faut aussi entendre un cri quand c'est au fond c'est quand qu'on va où si je puis reprendre cette expression qui c'est un peu le cri qu'on entend et donc je je le répète on a besoin de dire aux jeunes d'aujourd'hui quel est le cap du pays. Jean-Michel Blanquer il y a un gamin de 14 ans qui s'est emparé d'une arme qui a
tiré dans un établissement scolaire. Aux États-Unis on voit ça tout le temps là. démocratie et la fureur. En un mot, Tocville aujourd'hui, si revenait aux États-Unis, il dirait que c'est un échec ou que la démocratie garde encore un espoir dans une situation dans une société ultra libéralisée et violente. Alors, il reste tellement de peu temps que je vais surtout inciter vos auditeurs à lire le livre. Je pense que il dirait que une de ces prédictions, beaucoup de ces prédictions se sont accomplies. Vous savez, il avait prévu par exemple la rivalité Union Soviétique, États-Unis au 20e siècle, des choses comme ça. Mais il avait aussi prévu la grande tendance de la démocratie à à déboucher sur l'individualisme. Et il disait si on est que dans l'individualisme, alors on va
vers la fragmentation. Et malheureusement, c'est ce qui s'est passé. Et donc aujourd'hui, vous l'entendez dans tout ce que je dis, il faut trouver des remèdes anti fragmentation. Il faut il faut retrouver le bien commun, les valeurs qui nous rassemblent et bah le sens de l'élan national d'un pays quoi. Vo on le voit, on le voit bien aujourd'hui. La démocratie, la fureur, je suis désolé, l'actualité nous a rattrapé. Jean-Michel Blanquer, je vous réinviterai pour parler du sujet parce qu'il est passionnant aux éditions Plomb par Jean-Michel Blanquer. Voilà comment comment la société américaine elle aussi est confrontée à une situation où la fureur peut prendre le pain sur la démocratie. Anissa, on se quitte. Ben, on se quitte. On remercie quand même Charles Sapin d'avoir été avec
nous, directeur adjoint de la rédaction de valeur actuelle. Merci également à Stanis Las Gaudon, délégué national du syndicat Alliance Police. On se quitte et on laisse la place à Brigitte La qui vous parlera de la jouissance.