Eric Zemmour face à Apolline de Malherbe : Nous avons vécu un été meurtrier
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Éric Zemmour. Bonjour. Merci de répondre à mes questions. Ce matin, vous êtes bien sûr ancien candidat à l'élection présidentielle. Aujourd'hui, vous êtes président de votre parti Reconquête. Et c'est ce matin votre rentrée politique. L'année dernière, à la même époque, vous étiez l'événement de la rentrée. Qu'est-ce qui s'est passé depuis ?
Il y a eu une campagne. C'était long. C'était difficile. Manifestement, on ne va pas revenir sur toute la campagne. Mais il y a eu beaucoup d'événements. Et puis, il y a eu l'attaque par Poutine de l'Ukraine. Et qui a fait basculer la campagne dans un autre univers, en vérité. Où les thèmes de la campagne n'étaient plus porteurs, n'étaient plus intéressants, n'intéressaient plus ni les médias, ni les gens. Et ça a complètement changé la face de la campagne. Voilà. Mais vous savez...
Vous n'êtes plus apparu comme le recours. Dans ce contexte géopolitique.
En tout cas, le recours dans ce contexte de guerre, c'est traditionnellement le président de la République lui-même. Le fameux effet drapeau qu'analyse tous les médias. Et donc, qui a, je vous le dis, fait basculer complètement la campagne. Mais sur le...
Plusieurs mois après, vous considérez toujours que c'est la faute à pas de chance, presque. C'est la faute du contexte. C'est la faute de...
Fondamentalement, oui. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas des erreurs, ici ou là, on pourrait en parler. Mais je suis en train d'écrire, j'ai passé mon été, j'ai beaucoup écrit sur cette campagne, etc. pour réfléchir, pour comprendre ce qui s'est passé. Donc, vous me lirez si vous me faites l'honneur de me lire.
Évidemment, non, c'est mon métier.
Donc, mais en tout cas, sur le fond, oui, je pense qu'il y a eu un basculement avec cette affaire ukrainienne. Maintenant, sur le fond de la campagne, de ce que j'ai dit, qu'est-ce que j'ai dit ? J'ai dit, voilà, il y a un grand remplacement et un grand déclassement. Je ne pense pas que les événements de ces premiers mois après la campagne m'aient donné tort. On a vécu un été infernal avec de multiples agressions, d'attaques aux couteaux, etc. Et on a vécu aussi, et on annonce, le président de la République lui-même l'annonce, un hiver terrible où on pourrait nous couper l'électricité, le chauffage, etc. Donc, vous voyez, ce grand remplacement et ce grand déclassement, nous l'avons.
Et pourtant, Éric Zemmour, vous dites, on a vécu un été terrible de violence. Mais ce n'est pas ça que retient les Français. Quand on pose la question aujourd'hui aux Français de ce qui les préoccupe au sortir de cet été, eh bien, leurs deux principales préoccupations, c'est l'inflation et le dérèglement climatique. Ces deux questions, c'est-à-dire la question du pouvoir d'achat et la question de l'écologie, vous êtes passé à côté.
Non, non, pas du tout. Je vais vous dire, pas du tout. C'est assez bizarre d'ailleurs parce que les médias ont décidé que j'avais inventé le grand remplacement et qu'ils ont eux-mêmes inventé que je n'avais pas parlé du pouvoir d'achat. Ce n'est pas vrai. J'ai parlé du pouvoir d'achat. Ce n'est pas votre priorité. Vous-même, d'ailleurs, vous le dites. Mais la priorité, si vous voulez, on peut hiérarchiser les priorités. On ne va pas recommencer cette conversation. Quand les Français hiérarchisent leurs priorités, ils le mettent tout en haut. Vous ne le mettiez pas tout en haut. Non, moi, je mets tout en haut le destin de la France, c'est-à-dire la disparition programmée de la France.
Ça me paraît le plus important. Je pense que tous les Français me comprennent. Alors après, évidemment, eux, quand on leur pose la question, ils ont une vie de tous les jours, comme nous tous. Et donc, ils font leur course et ils voient, comme nous tous, que les prix augmentent et que nous revenons à une situation des années 70, c'est-à-dire où il y a eu beaucoup d'inflation. Ça, c'est normal. C'est humain. Les gens s'intéressent à leur vie de tous les jours. Tout à fait normal. Moi, j'étais candidat à la présidence de la République. Donc, ce n'est pas la même chose.
Quand on est candidat à la présidence de la République, on doit évaluer le destin de la France et donc des Français, mais pas la vie au jour le jour des Français. Ce n'est pas la même chose. Donc, moi, je ne me suis pas trompé d'élection.
Sur l'écologie, quand vous dites que c'était quand même présent, je voudrais reprendre les mots de votre lieutenant Nicolas Baie, qui écrit cette semaine dans le Figaro à propos de l'écologie politique, que c'est, je cite, une pulsion totalitaire et suicidaire. Ce n'est pas franchement une lettre d'amour à l'écologie.
Il parle des écologistes. Et les écologistes sont effectivement, on le voit avec madame Sandrine Rousseau, sont effectivement des gauchistes qui veulent, qui se servent de l'écologie, du souci et du danger écologique réel. Ils se servent de cela pour abattre le capitalisme et la France.
Ce n'est qu'un prétexte pour vous. L'environnement, la protection de l'environnement, pour eux, ce n'est qu'un prétexte.
Pour eux, alors, si vous leur demandez...
Vous ne croyez pas la sincérité du combat écolo, des écologistes.
Il y a des militants sincères, évidemment. Il y a des militants sincères et il y a évidemment un problème de réchauffement climatique. On le voit bien. D'ailleurs, vous parlez avec les agriculteurs, ils vous le disent. Donc, ça prouve bien qu'il y a quelque chose de fondamental.
Même les agriculteurs qui ne sont pas bio.
Absolument. Au-delà de la canicule de cet été qu'on a déjà eue en 1976, moi j'étais...
Deuxième été le plus chaud, jamais enregistré.
Après 2003, j'imagine. Oui. Voilà. Donc, si vous voulez. Mais ce que je voudrais dire, c'est qu'effectivement, il y a un danger climatique. Il y a une grande peur climatique. Mais c'est légitime. Moi, je pense qu'il y a une autre peur qui est tout aussi légitime. C'est la disparition de la France. Et la disparition de la France, je crois, être le seul à porter et à avoir porté et à continuer de porter ce sujet.
Quand vous dites disparition de la France, ça veut dire que vous considérez aujourd'hui, Éric Zemmour, que la France peut disparaître. Ça veut dire quoi ?
Il restera des gens qui habiteront le pays. Mais ça ne sera plus la France. Vous savez, la France, qu'est-ce que c'est ? C'est un pays depuis 1 000 ans, depuis 1 500 ans, qui a été fait par sa tradition gréco-romaine, par la religion chrétienne. Et c'est ça, la France. Je n'ai pas été le premier à le dire. Le général de Gaulle le disait. Et bien d'autres aussi. À partir du moment où le pays ne sera plus de tradition gréco-romaine et ne sera plus avec une minorité chrétienne et une majorité musulmane, ce ne sera plus la France. Ce sera un autre pays.
Beaucoup dans le rétro. C'est-à-dire que, d'ailleurs, Nicolas Bay, dans cette fameuse tribune, il parle de votre famille politique comme étant la droite civilisationnelle, conservatrice, qui veut restaurer ce qu'était la France d'hier. Est-ce que, quand vous commencez, alors vous dites que vous l'écrivez dans votre livre, est-ce que vous réfléchissez quand même à cette idée ? Comment vous faites pour entraîner un pays quand vous lui dites « on va retourner 30 ans en arrière » ?
Ah mais on ne retourne jamais 30 ans en arrière. Ça n'existe pas ça.
Mais c'est quand même ça. Vous savez, le général de Gaulle disait « on ne va pas refaire le siècle de Louis XIV ».
Votre idée ? Non, mon idée, c'est simplement de sauver la France, de préserver la France telle qu'elle est. Ça ne veut pas dire revenir 30 ans en arrière, on ne reviendra jamais. Et on ne revient pas, c'est comme ça. On peut le regretter, on peut ne pas le regretter.
Vous le regrettez, si j'ai bien compris.
Non, pas pour tout. Pas pour tout. Mais vous savez, on est tous nostalgiques de sa jeunesse, c'est normal, ça c'est humain. Moi, je ne parle pas de ça. Ce n'est pas ça, je ne me situe pas à ce niveau-là.
Il y a peut-être un malentendu, vous n'avez peut-être pas su le faire comprendre, ça.
Non, si vous voulez, je... Vous n'y êtes pour rien, quoi. Comment ? Vous n'y êtes pour rien. Non, non, non, mais je suis pour quelque chose, sans doute. Sans doute. Vous savez, on est toujours responsable de ce qu'on fait. Maintenant, je n'étais pas tout seul. On n'est jamais seul quand on se présente. Absolument. Donc, je ne suis pas tout seul. Il y a eu d'un contexte, il y a eu des adversaires, il y a eu les médias. Je ne pense pas que tous ces gens soient mes amis. Donc, il y a eu... C'est simplement ce que je dis, et je le maintiens. Peut-être que j'ai eu tort...
C'est cocasse quand même, venant de quelqu'un comme vous qui connaît par cœur ce monde des médias.
Vous en êtes issu. Oui, tout à fait. Mais alors, s'il n'empêche que j'ai encore apprécié sa force et sa vigueur destructrice. Mais nous y reviendrons. Je vous dis encore une fois, on ne va pas refaire ma campagne. Je vous en reparlerai si ça vous intéresse tant que ça.
Non, mais c'est intéressant quand même. Pour pouvoir avancer, j'imagine que vous avez douté. Là, vous allez faire votre rentrée politique. Vous allez rassembler des militants. Vous allez faire un meeting dimanche. J'imagine que vous avez douté. Vous vous êtes peut-être dit, est-ce que j'y vais ou est-ce que j'y vais pas ? Est-ce que j'arrête là ?
Bien sûr. Oui, oui. J'ai douté. C'est vrai. Vous avez raison. J'ai réfléchi. J'ai pensé. Je pensais m'arrêter. Et puis, vous savez, je me suis dit deux choses. D'abord, moi, je n'ai jamais lancé dans la politique pour avoir des postes, pour avoir dirigé même un parti. J'ai, comme je vous l'ai dit, je me suis jeté à l'eau pour tenter d'arrêter la disparition programmée de la France. Je ne pense pas que ce sujet-là soit fini. Au contraire, je pense qu'il va devenir de plus en plus important. Je pense que si j'ai eu tort électoralement, puisque vous me le dites, et que les résultats ont parlé, absolument, je pense que pour l'histoire, j'ai eu raison.
Et que je vais, donc, je me suis dit, est-ce que tu arrêtes ? Est-ce que tu continues ? Est-ce que quelqu'un porte ton combat ? Non. Éric Ciotti, Bruno Retailleau, Marine Le Pen ? Non, non, non. Ce sont des gens qui ne parlent pas de la disparition programmée de la France, qui ne parlent pas du grand remplacement, qui considèrent que l'islam n'est pas différent de l'islamisme. Tous ces sujets-là, moi, je les porte. Et donc, je me suis dit, tu es le seul à pouvoir porter ça. Vous savez, aujourd'hui, vous m'avez interrogé sur l'écologie et sur le climat. Yannick Jadot, il a fait moins que moi. Beaucoup moins que moi. Est-ce que vous l'interrogez pour savoir s'il continue ou pas ? Non.
Parce que vous considérez que...
Si, simplement, la petite différence avec vous, Éric Zemmour, c'est que si lui a échoué à la présidentielle, il a envoyé quand même des troupes à l'Assemblée, par exemple, qui vivent aujourd'hui. Ça, c'est un autre sujet. Vous avez raison. C'est pas un autre sujet. Vous avez raison si c'est un autre sujet. Vous n'avez pas de matérialité politique. Vous avez raison. Vous n'avez pas d'élus.
Vous avez raison. Yannick Jadot a pu envoyer les élus parce qu'il y a eu un accord à gauche.
Est-ce que le Zemmourisme peut succéder à l'échec d'Éric Zemmour ?
Il y a eu un accord à gauche qu'il n'y a pas eu à droite, que j'ai réclamé, qu'il n'y a pas eu.
Vous l'avez réclamé après leur avoir craché dessus.
Non, mais attendez. Ne reprennez pas ça. À gauche, vous croyez qu'ils se sont lancés des fleurs pendant la campagne ? Rarement. Bon, merci. Donc, il y a eu un accord. C'est une autre discussion. Ce que je veux dire, parce que là, on dévie, mais ce que je veux dire, c'est que il y a... Yannick Jadot et les Verts considèrent que leur combat est légitime. Ils ont tout à fait raison. Moi, je considère d'eux-mêmes que mon combat est légitime et qu'à la peur du climat, à la peur du réchauffement climatique, moi, j'ai aussi une peur encore plus importante pour moi, c'est la disparition de la France.
Est-ce que le problématique de la guerre en Ukraine est juste une question de changement de focale ? C'est-à-dire, en gros, on a tourné la caméra vers d'autres problématiques et donc, ça a détourné l'attention de ce que vous proposiez ? Ou est-ce que le problème n'est pas les réponses que vous apportiez ? Je voudrais que vous écoutiez ce que dit Ségolène Royal, par exemple, à propos de l'Ukraine et de la Russie. C'était sur BFM TV la semaine dernière.
– Tout le monde le sait, qu'il y a une propagande de guerre par la peur, d'ailleurs, et ne serait-ce que le premier événement qui a été dit, la maternité bombardée, quand M. Zelensky a fait le tour des parlements européens, et c'est là que le processus de paix s'est interrompu. Il a utilisé ça, il a dit « j'ai rencontré une femme enceinte qui m'a dit « vengez-moi », etc. » Il a été incapable de donner le nom de cette femme. On n'a pas su le nom des victimes. Et vous pensez bien que s'il y avait eu la moindre victime, le moindre bébé avec du sang, à l'heure des téléphones portables, on les aurait eus.
– Elle s'est depuis excusée auprès des victimes, mais est-ce que vous comprenez les doutes d'une Ségolène Royal ? On a pu parfois penser qu'entre l'Ukraine et la Russie, vous aviez du mal quand même à choisir, voire même vous choisissiez plutôt la Russie.
– Moi, j'entends, j'écoute Ségolène Royal qui est très courageuse, comme souvent. Elle ose affronter, après on est d'accord, on n'est pas d'accord.
– Vous êtes d'accord ?
– Je ne sais pas, là, sur cette histoire de la maternité, je ne peux pas donner mon avis, ce que je pense, parce que je ne sais pas… – Vous trouvez ça courageux en tout cas ? – Je trouve ça courageux, oui. Au moins, elle pose des problèmes, elle pose des questions. Souvenez-vous, en Irak, on a eu la même chose. Les Irakiens avaient, soi-disant, tué des dizaines d'enfants dans une maternité, puis on a découvert que c'était faux. Je ne dis pas que c'est le cas ici.
– Quand même, vous dites qu'elle est courageuse de mettre en doute… – Mais elle est courageuse de poser des questions. – Des morts, et on sait qu'en l'occurrence, sur cette maternité, la femme qui était portée sur la bancarte est morte et son enfant aussi.
– Elle a peut-être tort. Je dis simplement, le débat, il faut oser dire des choses. Après, on dit, bon, j'ai tort, j'ai raison, ça arrive à tout le monde. Bon, ce que je veux dire, c'est que vous me dites…
– Non, mais jetez le doute.
– Mais non, mais c'est pas… – C'est courageux de jeter le doute. – Mais oui, c'est courageux de ne pas accepter le discours imposé par les médias. Oui. Et moi, je le fais pour tous les autres sujets. Oui, je suis désolé, il y a une doxa qui est imposée par les médias. – Et des gens comme Ségolène Royal et comme moi, nous la contestons. Et ça, ça vous déplaît, je le sais. Mais c'est ainsi.
– Non, non, ce qui me déplaît, c'est simplement la tristesse des victimes.
– Non, non, parce que vous croyez que les médias disent la vérité. Mais c'est faux. Dans la plupart des cas, ils ne disent pas la vérité. – Et vous avez travaillé pendant 30 ans au Figaro, Éric Zemont. – Mais absolument. Mais je suis très critique sur les médias. Parce que justement, j'en viens.
– Mais là, en l'occurrence, Éric Zemont, est-ce que le problème, c'est pas justement que vous préférez douter de ce qui se passe du côté des victimes de l'Ukraine
– Ne me mettez pas dans cette histoire. Ne me mettez pas dans cette histoire. – Je vous dis simplement… – Vous y souhaitez à pléjoin, pardon. – Non, non, pas du tout. Je vous dis qu'elle est courageuse de dire des choses qu'elle pense. C'est tout. Après, elle peut avoir tort, elle peut avoir raison. Mais je ne suis pas dans cette question-là. Ne me mettez pas dans cette polémique-là. J'en ai déjà suffisamment à mon compte. – Mais aujourd'hui… – Ce que je dis, c'est que vous dites, j'ai perdu à cause de mes positions sur la Russie. Je ne suis pas d'accord.
Je ne suis pas d'accord parce que dans ce cas-là, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon auraient dû, eux aussi, dégringoler dans les sondages. Et ce n'est pas le cas. Et Valérie Pécresse, qui a joué la bonne élève de la doxa médiatique, elle s'est écroulée quand même. Moi, je pense au contraire. C'est une question de sociologie. Voilà.
– Mais les faits ? Vous regardez les faits ?
– Les faits, je regarde les faits, bien sûr. Je regarde les faits. Les faits, c'est que la Russie a agressé un État souverain qui est l'Ukraine. Et donc, en cela, elle doit être condamnée. Je l'ai dit tout de suite. En revanche, ce que j'ai dit aussi tout de suite, c'est que ce n'est pas normal qu'on ait laissé cette situation pendante depuis 2014, depuis les accords de Maïden. On n'a jamais fait appliquer ces accords qui prévoyaient une autonomie du Donbass et des zones russophones. On n'a jamais dit aux Russes « L'Ukraine ne rentrera pas dans l'OTAN », comme c'était réclamé par Henry Kissinger et par d'autres grands diplomates américains. Voilà.
Donc, c'est pour ça que j'expliquais que la situation était plus complexe qu'on ne le disait.
– Éric Zemmour, vous dites, vous, que la France va disparaître, notamment à cause de l'islamisation. Gérald Darmanin a décidé d'expulser l'imam Iqusen qui, finalement, dit-il, s'est expulsé lui-même. Écoutez.
– Je me réjouis que M. Iqusen puisse être sorti du territoire national, en tout cas qu'il ne puisse plus ni prêcher ni parler du territoire national, que tout le monde ait considéré que c'est un monsieur, comme l'a très bien dit le Conseil d'État, qui nous poussait au séparatisme et qui n'était pas, quand je vois ce qu'a dit parfois la France insoumise, un quelqu'un qui a été poursuivi par l'État français.
– Donc il serait parti parce qu'il redoutait cette expulsion. Donc l'objectif est atteint.
– Non, M. Darmanin fait contre mauvaise fortune, bon cœur, comme on dit. Je le comprends, il est ridicule dans cette histoire. Il a laissé partir quelqu'un qu'il voulait, qu'il surveillait, que ses services surveillaient. Donc c'est assez grotesque. Mais le problème n'est pas là. Vous savez, M. Iqusen, c'est lui qui a gagné dans cette histoire. Il peut partir aujourd'hui en Belgique, car il a rempli sa mission depuis deux décennies, avec son ami Tariq Ramadan.
Il a endoctriné, il a ré-islamisé toute une jeunesse musulmane, ce qui fait qu'aujourd'hui, quand vous demandez aux jeunes musulmans qu'est-ce qui est le plus important, la charia ou la république, plus de la moitié vous disent la charia. C'est le cœur du message islamique. La loi religieuse est plus importante que la loi civile.
– Tariq Ramadan, c'était votre ami.
– Tariq Ramadan, non, ça n'a jamais été mon ami. – Ça n'a jamais été votre ami. Vous avez échangé, vous avez participé à des débats avec lui. – Non, non, non, j'ai fait des débats musclés avec lui. J'étais un des rares, avec Mme Caroline Fourez d'ailleurs, je tiens à le dire, et Nicolas Sarkozy, vous voyez, on était trois, à oser affronter à la télévision Tariq Ramadan, alors que tout le monde déroulait le tapis rouge, y compris les grands médias, en particulier Le Monde, dirigés à l'époque, vous savez par qui.
– Vous pensez à Edoui Plenel, qui est aujourd'hui à la tête de Mediapart.
– Exactement.
– Éric Zemmour, est-ce que vous considérez aujourd'hui que l'imam Mikyusen, s'il est attrapé en effet, parce qu'il y a quand même un mandat d'arrêt européen qui a été lancé contre lui, est-ce qu'il faut qu'il soit au fond jugé plutôt qu'expulsé, jugé en France ?
– Vous savez, on n'arrivera pas à le juger, parce que qu'est-ce qu'il a fait ? Il a endoctriné.
– En fait, ce que vous voudriez juger, ce n'est pas ses propos, c'est l'endocrinement ?
– Non, si vous voulez, ce que je veux dire par là, c'est que l'important, ce n'est pas l'imam Mikyusen, c'est qu'on prend le problème par le petit bout de la lorniette. On expulse quelqu'un qui était fiché S, on met des années à le décider, on hésite, le Conseil d'État contredit le tribunal administratif, on fait des argus si juridiques. Le résultat, ce n'est pas ça. Le résultat, c'est qu'on prend le problème par le mauvais bout. Je vous l'ai dit, M. Mikyusen est tranquille. J'ai vu sur votre antenne, il y a quelques jours, M.
Tarek Obrou, un imam, grand ami de Bordeaux, grand ami d'Alain Juppé qui lui a remis la Légion d'honneur, il disait sur votre antenne, il n'y a pas de différence entre l'islam et l'islamisme. L'islamisme est un islam en mouvement. Il le disait lui-même, c'est un des plus grands théologiens franco-marocains.
– Je recevais ce matin sur RMC une jeune femme voilée musulmane dont la mère a été la première victime du camion sur la promenade des Anglais à Nice. Elle est aujourd'hui voilée, elle se revendique musulmane et elle dit « Je ne vois même pas comment on peut nous demander de nous distinguer de ce qui n'a rien à voir avec nous. »
Sa mère est morte sous les roues du camion. – Écoutez, Apolline de Malherbe, ce Tunisien, d'abord, entre nous, puisque vous me parlez des attentats de Nice en 2016, l'horreur des attentats, de tous ces morts, de tous ces blessés même, dont on parle moins, de ces enfants massacrés, de ces enfants blessés, de ces gens qui finissent leur vie en fauteuil roulant. C'est une horreur, vous êtes d'accord avec moi ? – Tout le monde est d'accord. – Bien sûr, tout le monde est d'accord avec moi. Le Tunisien, il était déjà repéré par les services de police, il avait déjà été condamné. – Il n'était pas fiché ? – Il n'était pas fiché, mais il était déjà condamné.
Moi, si j'avais été président, il aurait été expulsé, comme tous les étrangers condamnés par la justice. Donc il ne serait pas là, il n'aurait pas été là. – Trois, moi, si vous voulez, c'est très bien de dire que ça n'a rien à voir avec l'islam. Mais ce Tunisien, comme tous les autres, il tue au nom de qui ? Il dit « Ah, Bouddha est grand, donc je vais vous tuer. » Il dit « Moïse est grand, donc je vais vous tuer. » Non, il dit « Allah est grand, donc je vais vous tuer. » Que des musulmans se disent et me disent « Mais moi, je ne reconnais pas là-dedans, je comprends. » Et évidemment, il y a des musulmans pacifistes, heureusement. Mais le problème, c'est l'islam.
Je l'ai dit pendant toute la campagne. Il faut que les musulmans prennent leur distance avec le texte coranique. Parce que le texte coranique pousse à la guerre avec les juifs et les chrétiens, pousse à l'enfermement des femmes, pousse à la répression féroce des homosexuels. Tout cela, la classe politique l'appelle islamisme. Non, c'est l'islam. Et Tarek Obrou le dit lui-même. Donc tout le problème, et c'est un effort qu'on doit faire collectivement.
Tarek Obrou il devrait être expulsé ?
Non, c'est un effort qu'on doit faire collectivement. C'est que nous, nous devons rétablir les règles de l'assimilation et les musulmans doivent dire « Voilà, nous voulons être français, donc nous considérons que notre islam n'est qu'une spiritualité et une pratique religieuse, mais qu'elle n'est pas un code civil, un code pénal, une nation, voire une civilisation. » Et ce n'est pas ça qui se passe aujourd'hui dans de nombreux quartiers. Aujourd'hui, nous avons une islamisation des quartiers, c'est-à-dire que la loi est islamique.
C'est tout ça que vous direz encore à votre meeting dimanche. Éric Zemmour, est-ce que c'est le meeting de la dernière chance ? Est-ce que vous vous dites « Bon, allez, j'ai échoué au présidentiel, j'ai échoué aux législatives,
là je retente un tour de piste et sinon je m'en vais ». Vous savez, la politique, c'est très imprévisible. Regardez, si j'ai une minute, l'exemple italien. Il y aura des élections législatives en Italie, en fin septembre. Les sondages donnent vainqueur une coalition de droite, dirigée par Mme Méloni, qui était avec un parti qui s'appelle Fratelli d'Italia, qui est allié avec M. Salvini, la Ligue du Nord, et M. Berlusconi. En gros, pour vous situer pour les Français, M. Salvini est un grand ami de Marine Le Pen, c'est un peu le rassemblement national de l'Italie, et M. Berlusconi, c'est un peu LR de l'Italie.
Il y a quatre ans, quatre ans seulement, en 2018, et j'ai regardé les chiffres, Mme Méloni était donnée à 4%. Et puis aujourd'hui, elle est à plus de 20%, c'est elle qui dirige la coalition. Vous voyez, et on dit souvent, que l'Italie est un laboratoire politique de l'Europe. Tout peut arriver. Qu'est-ce qui s'est passé ? M. Salvini a été ministre de Draghi, alors que Mme Méloni est restée dans une opposition ferme. Et elle a tenu ferme ses positions, alors qu'elle était insultée, traitée de fasciste, etc.
C'est donc une métaphore de votre position aujourd'hui. Éric Zemmour, merci d'être venu répondre à mes questions. C'était votre rentrée politique ce matin. Je rappelle que vous rassemblerez vos troupes ce week-end avec votre meeting dimanche. Il est 8h54 sur RMC et BFM TV. Merci.
Merci. Merci. Merci. Merci.
Éric Zemmour