Sylvie Heyvaerts, ancienne responsable France Insoumise, rejoint l'UPR
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Qui êtes-vous ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Expliquez ce que c'est que le qi gong.
- 2:00OuverteRéponse directe
Vous étiez danseuse où ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui vous a orientée vers le qi gong ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Vos parents, votre milieu familial ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Comment est-ce que vous en êtes arrivée à faire de la politique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:00Sylvie HeyvaertsChiffre
« Il y a beaucoup de gens... C'est largement au-dessus de la moyenne du seuil de pauvreté national. Je pense qu'on est à 12% en dessous du seuil de pauvreté. »
- 10:00Sylvie HeyvaertsChiffre
« Alors écoutez, j'ai plus en tête le score absolument exact. Mais je crois qu'on devait être à 8,6% ou 8,5%, quelque chose comme ça. »
- 11:00Sylvie HeyvaertsFait
« Si ce n'est... On a donné une consigne de vote qui était qu'on souhaitait qu'aucune voix ne se reporte sur le RN. »
- 17:00Sylvie HeyvaertsFait
« J'ai commencé à ressentir à quel point, finalement, on était enfermés dans les traités européens. »
- 19:00JournalisteFait
« Vous préconisez pas un repli de la France sur elle-même. »
- 21:00Sylvie HeyvaertsFait
« Je ne suis pas là à reprocher ça à M. Mélenchon, parce que j'estime que ça ne serait pas correct. »
- 22:00JournalisteFait
« François Mitterrand a eu – je le rappelle – en avril 1942 la francisque n°2202. »
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(Générique) Bonjour à toutes et à tous. Merci d'être fidèle à notre rendez-vous quotidien. Aujourd'hui, je reçois une personne que je ne connaissais pas il y a encore quelques jours.
Elle s'appelle Sylvie Heyvaerts, si on prononce son nom à la néerlandaise, puisque c'est un nom un peu d'origine flamande. Ou bien Heyvaerts, si on prononce à la française. Sylvie Heyvaerts a été responsable de FI.
Elle a notamment été candidate de FI aux élections législatives de 2017 dans la 4e circonscription du département de l'Aisne, à Soissons. Et elle a rejoint récemment l'UPR sans nous avoir contactés auparavant. On a appris ça tout à fait par hasard, lorsqu'elle a publié ça sur la page Facebook de FI de l'Aisne.
Alors je l'ai priée de venir nous rencontrer, puis de parler. J'ai envie de savoir mieux qui elle est, et puis que tous nos adhérents et sympathisants fassent également sa connaissance. Sylvie, bonjour. — Bonjour, M.
Asselineau. — Alors qui êtes-vous ? D'abord, j'ai bien prononcé Heyvaerts ? — C'est parfait.
C'est très bien. C'est tout à fait ça. Ça se prononce comme ça en flamand ou en néerlandais et plutôt Heyvaerts en français. — Mais vous parlez le néerlandais ? — Non, pas du tout.
Mais je sais quand même comment mon nom se prononce en néerlandais. Voilà. — Alors qui êtes-vous ? — Alors qui je suis ?
Ce que je peux vous dire, donc, c'est que j'ai été candidate aux législatives pour la FI... — On parlera politique un petit peu après, si vous voulez. — D'accord. — Moi, je voudrais d'abord...
Je l'ai annoncé. Plutôt savoir un peu qui vous êtes, par exemple qui étaient vos parents, et puis ce que vous avez fait. — D'accord.
Donc déjà, je suis professeure de qi gong. — Alors expliquez ce que c'est que le qi gong. — Alors le qi gong, c'est une gymnastique chinoise de santé et de longévité.
Ça serait un petit peu l'équivalent du yoga pour les Indiens. Donc j'ai passé un professorat de qi gong en 2000. Et depuis, j'enseigne dans différents endroits.
Donc maintenant, j'enseigne dans l'Aisne. Voilà. Avant, j'ai été danseuse, entre 20 et 30 ans.
Ensuite, j'ai été responsable... — Vous étiez danseuse où ? — Alors dans différentes petites compagnies.
J'ai pas fait une carrière très importante. J'ai donné beaucoup de cours. Et puis ensuite, je me suis retrouvée seule avec 2 enfants à élever.
Et j'ai passé un diplôme d'organisateur de spectacles. J'ai eu une boîte de production de spectacles entre 30 et 40 ans. Et puis avec ce diplôme de qi gong, je suis revenue vers mes anciennes amours qui consistent à explorer les capacités du corps et de l'énergie, apporter du bien-être aux gens.
Et je suis également coauteure d'un livre qui s'appelle « Découvrir sa voix », qui est sorti il y a un an, avec mon mari, qui est professeur de chant. — C'est « Découvrir sa voix », V-O-I-X ? — V-O-I-X, voilà, c'est ça. — Un jeu de mots, alors ? — Oui. (Rire). — Qu'est-ce qui vous a orientée vers le qi gong ?
Vous avez un goût pour la Chine, pour les arts martiaux, ou c'est par hasard ? — C'est surtout mon travail de danseuse qui m'a orientée vers le qi gong. C'est-à-dire que j'ai un intérêt pour tout ce qui est technique corporelle.
Et le qi gong, qui approche le corps non seulement vraiment du point de vue physique mais aussi du point de vue plus subtil de l'énergie, avec toute la pensée orientale du corps, ça m'a beaucoup intéressée, oui. — Alors vos parents, votre milieu familial ? — Alors mon père était astrophysicien et ma mère a passé une bonne partie de son temps à nous élever.
Elle a été secrétaire à un moment au laboratoire de spectroscopie hertzienne de l'ENS, à Jussieu. Et puis ensuite, elle est restée à la maison. Donc mon père était astrophysicien. — Il s'appelait comment, alors ? — Il s'appelait Jean Heyvaerts. — Jean Heyvaerts. — Et il a eu une carrière assez importante.
Il est mort il y a 5 ans. Il est notamment l'auteur d'un livre sur la relativité, qui est un livre qui est très...
Enfin c'est vraiment son cours sur la relativité. Et donc c'est toujours acheté par les étudiants. — Oui.
Il a été au CNRS. — Il a été au CNRS. Il a été professeur.
Il a travaillé longtemps à l'observatoire de Meudon. Ensuite, il a travaillé à l'observatoire de Strasbourg, les dernières années de sa vie. Il a collaboré avec beaucoup de programmes internationaux d'astrophysique.
Il allait fréquemment en Écosse à St Andrews, où il y avait un secteur d'astrophysique de pointe. Voilà. — Ah oui.
Donc vous avez eu un père...
Un vrai scientifique de haut niveau, alors. — Oui. J'ai eu un père scientifique de haut niveau, oui.
Et il a toujours regretté que je ne devienne pas plutôt une scientifique. Mais je suis quelqu'un qui avait plutôt des accointances pour la littérature. J'ai passé un baccalauréat littéraire. — D'accord.
Alors comment est-ce que vous en êtes arrivée à faire de la politique ? Quand est-ce que le virus politique vous a pris ? — Alors la politique proprement dite, c'est assez récent.
Mais l'intérêt pour la vie politique ou pour la vie sociale est plus ancien. En fait, je suis quelqu'un qui a passé un certain nombre d'étés, quand j'étais adolescente, à la ferme de Pierre Rabhi. — Ah oui. — Oui. — Qui se situe... — En Ardèche, à côté des Vans ou à côté de Lablachère, pas loin d'Aubenas. — Donc vous avez connu Pierre Rabhi, alors ? — J'ai connu Pierre Rabhi, oui.
J'ai connu sa famille. Je pense que c'est quelque chose qui m'a marquée, parce qu'on y parlait déjà...
Moi, j'avais une dizaine d'années. On y parlait beaucoup d'écologie. Donc ça, ça m'a sensibilisée à la question écologique.
Donc après, j'ai naturellement suivi le Mouvement Colibris. J'ai été participante au plan climat de la ville de Paris. C'était quand ?
C'était en 2007, 2008. Voilà. Donc j'ai participé à ça.
Ensuite, j'ai été adhérente d'Attac. Voilà. Qu'est-ce que j'ai fait d'autre au niveau politique ? — Donc un engagement...
Écologie, altermondialisme et associatif, en fait. — Voilà, c'est ça. Citoyen, on va dire. — Citoyen.
Oui, absolument. — Et puis j'ai déménagé. J'ai quitté la région parisienne en 2014.
C'est assez récent. Et je suis allée m'installer dans la région de Soissons, où j'ai racheté une partie du domaine familial du côté de ma mère. Et là, j'ai commencé à m'intéresser d'un peu plus près à la politique.
En fait, j'ai découvert la FI. J'ai commencé à lire des livres de Jean-Luc Mélenchon, qui m'ont paru tout à fait intéressants. Et j'ai eu la sensation que c'était un mouvement politique qui allait totalement dans le sens de mon engagement citoyen.
J'ai été évidemment sensible à tout l'aspect écologique du programme, aussi à l'aspect civique, on va dire. Voilà. Je me suis sentie pour la première fois en connivence, on va dire.
Enfin je me suis reconnue dans une force politique. Puis ensuite, j'ai écouté les conférences de M. Mélenchon.
Et je me suis rapprochée des groupes locaux de la FI. Puis de fil en aiguille, ils en sont venus à me demander de prendre des responsabilités. Et j'ai donc assumé d'être candidate aux dernières législatives. — Ça a été facile à décider pour vous ?
Votre mari était d'accord ? — Oui. Ça a été assez facile à décider.
Oui, oui. Mon mari est toujours très à l'écoute de ce qui me fait du bien et de ce qui me paraît juste pour moi. Et puis il a été aussi assez convaincu par le programme de la FI. — Vous avez des enfants ? — J'ai des enfants, qui sont grands maintenant. — Oui. — J'ai un fils qui a 33 ans et une fille qui a bientôt 30 ans. — D'accord.
Donc tout le monde était pour la FI, alors... — Mes enfants ont un engagement citoyen qui passe pas par l'adhésion à un parti politique mais ils sont sympathisants. — D'accord. — Ils ont voté pour la FI mais ils sont pas forcément militants, quoi. — Donc vous entrez à la FI.
Quelques mois après...
C'était quoi ? Un an après ? Deux ans après ?
Trois ans après ? Je sais pas. — Non.
Assez rapidement. — Assez rapidement. — On m'a demandé de prendre des responsabilités, oui. — Et donc vous devenez candidate pour les élections législatives. — C'est ça. — Voilà.
Dans la 4e circonscription. — La 4e circonscription de l'Aisne, oui. — Alors vous étiez implantée ?
Beaucoup de gens vous connaissaient ? Pas trop ? — Non, parce que j'étais assez récente dans la région.
Et il y avait d'ailleurs des gens qui se demandaient un peu si j'étais pas parachutée. Mais bon, ils ont assez rapidement compris que non. J'avais effectivement une maison.
J'habitais là. Et c'était une expérience vraiment très enrichissante, de mener cette campagne. Ça m'a permis de rencontrer les gens qui vivent sur cette circonscription.
Il y a beaucoup de gens qui sont pas très riches, dans cette région. Donc ça a été un excellent moyen pour moi d'entrer en contact avec ce pays et de découvrir les citoyens qui sont actifs et aussi ceux qui ont du mal à vivre, tout simplement. — Il y a de la misère sur place ? — Oui.
Il y a beaucoup de gens...
C'est largement au-dessus de la moyenne du seuil de pauvreté national. Je pense qu'on est à 12% en dessous du seuil de pauvreté. — 12% de la population en dessous du seuil de pauvreté. — Particulièrement la région de la Thiérache, qui n'était pas ma circonscription.
Mais globalement, l'Aisne est un pays qui a été très désindustrialisé. Et il y a beaucoup de chômage. Il y a beaucoup de précarité.
Il y a beaucoup de femmes qui travaillent beaucoup, qui ont des situations très précaires. Il y a une forte désindustrialisation. Il y a beaucoup d'entreprises qui sont parties, quoi, et qui embauchaient, qui étaient des gros employeurs.
Donc il y a beaucoup de chômage. — Alors vous avez fait combien, comme résultats, alors, en 2017 ? — Alors écoutez, j'ai plus en tête le score absolument exact.
Mais je crois qu'on devait être à 8,6% ou 8,5%, quelque chose comme ça. — 8,5%, 8,6%. C'est pas mal. — On était en 4e position avec la FI, donc derrière LREM, le RN et puis LR. — Vous étiez les quatrièmes. — Donc on était quand même largement devant le PS, qui n'a pas dépassé...
Je crois qu'ils étaient à 6,9%. — Ah oui. Donc vous avez dépassé le PS. — Voilà.
Exactement. — Très bien. Et donc au deuxième tour, vous n'avez pas donné de consigne de vote. — Non. — C'était entre LREM et... — Si ce n'est...
On a donné une consigne de vote qui était qu'on souhaitait qu'aucune voix ne se reporte sur le RN. — Ah. C'était quand même un peu une consigne de vote. — Oui, voilà.
Mais bon...
Après, nos électeurs étaient libres de leur choix... — Bien sûr. — ...entre ne pas voter ou voter pour M.
Macron, qui était en tête. Donc... — Et si c'était à refaire, vous rediriez la même chose ?
Toujours aucune voix pour le RN ? Plutôt... — Oui.
Je pense que le RN est un parti pas tout à fait comme les autres, qui est un parti qui a clairement pris des positions racistes. Et ça, c'est quelque chose qui est incompatible avec la ligne de la FI. C'est clair. — D'accord.
Alors donc ensuite, qu'est-ce que vous avez fait, alors ? — Après avoir été...
On a créé un groupe d'action de la FI où les amis qui avaient soutenu notre campagne législative m'ont demandé à moi-même et à nos suppléants d'être les représentants du groupe d'action. Donc à partir de là, on a mené pas mal de choses. Évidemment des manifestations, des prises de position sur certains sujets, donc des communiqués de presse réguliers.
On a écrit des lettres ouvertes, notamment à Mme Pénicaud, qui s'est rendue à Soissons. Voilà. On a continué à faire vivre la vie démocratique en portant la voix de la FI dans cette région. — Alors moi, je vous ai connue comme je le disais en préambule parce qu'on m'a prévenu...
C'était quoi, il y a une semaine. Oui, c'est ça. « Voyez, il y a une dame, là, qui a été candidate de FI et qui vient de publier... ».
C'était sur la page Facebook de FI pour... ? — Oui, c'est ça.
C'était sur la page Facebook... — Voilà. « Elle avait décidé de claquer la porte de FI et de rallier l'UPR ».
Je me suis précipité. J'ai vu ça. J'ai lu un article que j'ai trouvé.
Excusez-moi de vous le dire, mais je l'ai trouvé particulièrement pertinent. Et vous expliquez toutes les raisons de votre choix. Ça se termine d'ailleurs par des considérations sur moi, auxquelles j'ai été très sensible.
Alors je me suis dit : « Faut que je rencontre cette... »... — Je vous remercie de m'avoir invitée.
Je suis très heureuse de vous rencontrer. — Mais alors pourquoi vous avez fait ça...
Parce que vous étiez comme ça, FI. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi vous avez fait ça ?
On peut témoigner, vous et moi, devant les auditeurs, qu'on ne se connaissait pas. — Absolument. — Vous m'aviez jamais vu, même dans une réunion publique ? — Non.
J'ai vu beaucoup de vos vidéos. En fait... — Alors comment ça s'est passé ?
Comment vous êtes allée voir les vidéos, d'abord ? — Alors là, je dois remercier mon fils, qui m'a envoyé une vidéo par mail, un lien. — C'était il y a longtemps ? — Ça doit bien faire un an, quand même. — Un an. — Oui.
Donc il m'a dit : « Regarde ça, maman. J'ai l'impression que ça va t'intéresser ». — C'était quoi, le lien ? — C'était un lien sur l'histoire de France. — La conférence sur l'histoire de France. — La conférence sur l'histoire de France. — Votre fils, qui ne s'intéresse pas particulièrement à la politique par ailleurs... — Il s'intéresse beaucoup à la vie sociale et à la politique.
Mais il n'est pas adhérent d'un parti politique. Et puis mon fils travaille beaucoup. Donc il n'a pas vraiment le temps d'avoir un engagement militant.
Quand on travaille dans la restauration, c'est beaucoup d'heures. Mais par contre, c'est un esprit curieux qui va voir plein de choses et avec qui j'aime beaucoup discuter. — D'accord. — Et donc il m'a envoyé cette vidéo en me disant : « J'ai l'impression que ça pourrait t'intéresser ».
Et il avait raison. Ça m'a beaucoup intéressée. — Donc vous avez regardé la vidéo. — J'ai regardé la vidéo. — J'ai regardé la vidéo, qui... — Vous n'avez pas été rebutée par la longueur ? — Pas du tout, pas du tout. — Parce que les gens qui me disent : « Ouh là.
C'est trop long. Il faut faire des choses très courtes ». — C'est long.
C'est clair. Mais c'est passionnant. Donc j'ai été accrochée pendant 4 heures, parce que la vidéo, elle dure quand même 4 heures.
Et j'ai pas eu un seul moment l'envie d'interrompre. Et puis dans les jours qui ont suivi, j'ai regardé les autres vidéos. Et j'ai appris plein de choses que je connaissais pas et qui m'ont beaucoup intéressée, qui m'ont parfois évidemment...
Je dirais choquée. C'est-à-dire que j'ai appris des choses qui m'ont paru assez terribles, notamment toute la séquence sur les origines cachées de la construction européenne. Et puis voilà.
Donc j'ai visionné ça. J'ai visionné « L'Europe, c'est la paie ». Après, je les ai plus toutes en tête.
Mais... — « Qui gouverne la France et l'Europe ? », peut-être.
Celle... — C'est ça, oui. « Qui gouverne la France et l'Europe ? », « Une autre Europe est-elle possible ? », « Sortir des traités de l'Europe de Maastricht »... — Ah oui, parce qu'il y a des petites vidéos.
Il y en a qui sont plus courtes que d'autres, parce que ça a été repris par certains de nos internautes qui, à partir de mes grandes conférences, ont fait des petits morceaux comme ça qui... — Je pense qu'en général, j'ai plutôt regardé les vidéos longues. — Donc vous avez regardé ça.
Et alors qu'est-ce que vous en avez pensé ? Ça vous a intéressée mais vous auriez pu avoir une réaction de rejet en disant « Mais... ». — Non, non.
Ça m'a beaucoup intéressée. J'ai appris beaucoup de choses. Et j'ai commencé à ressentir à quel point, finalement, on était enfermés dans les traités européens.
Et je dirais que jusqu'à présent, la position de la FI se résumait à la phrase qu'a souvent redite Mélenchon, à savoir : « L'Europe, on la change ou on la quitte ». Donc pour moi, il y avait la possibilité de renégocier des traités ou alors une solution de départ, la solution de départ étant en fait une sorte de levier, d'établissement d'un rapport de force qui devait nous permettre de renégocier des traités. Donc ça, ça me paraissait cohérent.
Et puis j'ai commencé à trouver que le programme de la FI était moins clair, puisqu'il n'était plus question de quitter l'Europe mais seulement de sortir des traités, c'est-à-dire, finalement, de prendre une option de désobéissance collective sur certains points des traités. Donc ça a commencé à devenir beaucoup plus flou pour moi au moment même où, finalement, ça m'apparaissait avec beaucoup plus d'évidence qu'il fallait sortir des traités, mais sortir des traités, ça voulait clairement dire sortir de l'Europe. — Oui, parce que Mélenchon – nous, on l'a suffisamment dit ici – joue sur les mots.
Et donc quand il dit : « On reste dans l'UE mais on sort des traités », on appelle ça un chaud-froid de volaille. On ne sait plus ce que c'est. C'est à la fois dire une chose et son contraire. — C'est l'idée qu'il veut établir un rapport de force.
Mais au début, le rapport de force me semblait fondé sur une certaine menace de sortie non pas des traités mais de l'UE, bel et bien. Après, la perspective de renégocier les traités ou d'y désobéir en compagnie de certains pays, là, je dois dire que ça me paraît beaucoup plus flou et beaucoup plus incertain, quoi. Voilà. — Alors nous...
Vous savez ce qu'on dit là-dessus. C'est que d'abord, le rapport de force, personnellement, je trouve quand même ça dangereux, un rapport de force. Parce que si on y réfléchit bien, ça veut dire que...
Je suis pas là pour vous convertir, puisque vous avez... — Oui, oui.
C'est déjà fait. — Vous avez déjà changé d'opinion. Mais on discute.
Parce que je connais des gens de FI. J'ai des amis qui y sont, et qui me disent : « C'est un rapport de force ». Mais rapport de force, ça veut dire rapport de force.
Ça veut dire qu'on s'engage dans un rapport de force avec des partenaires. Et on leur dit en substance : « Ce que nous n'avons pas réussi à obtenir au cours des 60 années écoulées dans les négociations interétatiques, maintenant, on va vous forcer à nous le donner. C'est-à-dire qu'on veut leur imposer la vision de la France.
Moi...
Enfin vous savez ce que nous, nous disons. Nous, nous disons ici, à l'UPR, qu'à la limite, les pays baltes, si on était à leur place, peut-être qu'on voudrait les États-Unis pour se protéger des Russes. On n'en sait rien.
Mais nous, la France, on n'a pas intérêt à être sous le parapluie américain. On a au contraire intérêt d'avoir des bonnes relations avec la Russie. Et nous, à l'UPR, on dit qu'on n'a pas à imposer aux Estoniens, aux Baltes, je sais pas quoi notre vision du monde, de même qu'on n'a pas à imposer aux Danois, – je sais pas quoi – aux Polonais notre vision des services publics.
Mais qu'eux ne nous l'imposent pas non plus. Et ça, ça s'appelle un divorce à l'amiable, en fait. — Oui, tout à fait. — Alors que la position de Mélenchon, ce rapport de force, c'est quand même porteur en germe de conflits et d'une certaine forme – j'allais dire – d'hégémonie française qu'on voudrait imposer aux autres.
Ça vous avait pas frappée, quand même, ça ? — Je pense qu'il y a effectivement de ça. Mais je pense que la FI, enfin Mélenchon, certainement, pense que c'est un rapport de force qui peut être assuré par différents pays de l'UE qui peuvent rejoindre la position française et qu'il peut y avoir une union qui va finalement s'opposer au discours de la Commission européenne et aboutir à des changements suffisamment substantiels.
Moi, j'ai pas l'impression qu'il y ait un rapport de force, justement, déjà avec des pays, avec des mouvements – on va dire – écologistes, écosociaux qui soient suffisamment importants dans suffisamment de pays d'Europe pour faire basculer vers une Europe qui sera écologiste et sociale. J'ai pas ce sentiment. Donc je pense que ça risque probablement de nous emmener vers des atermoiements où, finalement, on va devoir en rabattre beaucoup sur les propositions qui sont assez ambitieuses et que ça va accoucher d'une souris en ayant perdu beaucoup de temps.
Et là, je crois qu'il y a pour moi quelque chose qui est déterminant. C'est-à-dire qu'on est confrontés à une urgence. Et c'est une urgence sociale.
C'est une urgence environnementale. Et que la France, qui est un grand pays, a un rôle à jouer en ayant une position très nette par rapport à tout ça. — Il y a deux choses qui me frappent – moi – dans le discours de la FI et de M.
Mélenchon. La première, c'est l'ambiguïté sur les mots. Vous l'avez dit vous-même.
Sortir des traités...
On reste dans l'UE mais on sort des traités. Qu'est-ce que ça veut dire, à ce moment-là, sortir des traités ? Il emploie un verbe sortir qui est extrêmement ambigu et qui est en fait trompeur pour les gens, puisqu'il y a des gens qui interprètent l'idée de sortir des traités comme – disons – sortir de l'UE.
Et moi, je vois des gens qui disent : « Vous voyez, Mélenchon veut sortir de l'UE ». Non, non, puisqu'il dit le contraire. En fait, ce qu'il dit, c'est pas le mot sortir des traités.
Ce qu'il veut dire, c'est ne pas respecter les traités qui s'appliquent. Ça veut donc dire désobéir aux traités. Ce que M.
Mélenchon ne dit pas, c'est qu'on n'a pas le droit de désobéir à un traité. Je le signale à nos auditeurs. Je l'ai suffisamment expliqué.
Si la France commence à ne pas appliquer des clauses des traités, des articles des traités, ou même s'il y a un ou deux autres pays qui font ça avec elle, à ce moment-là, la Cour de justice de l'UE peut être amenée à trancher. La Commission européenne, par les traités, doit saisir la Cour de justice de l'UE qui siège à Luxembourg en insistant sur le fait qu'un État ou deux États ne respectent pas les clauses des traités. La Cour de justice, dans sa grande sagesse, vérifiera ce point et, si c'est avéré, à ce moment-là, condamnera la France et les pays à respecter les traités, à respecter leur signature internationale et voire à les condamner avec des amendes, comme ça a été déjà le cas pour la directive OGM que la France tardait à transcrire en droit français.
Et la Cour de justice avait condamné la France à la transposition avec 130 000 € d'amende par jour de retard. Alors je sais bien que la FI peut dire : « Oui... ».
Mais à ce moment-là, si on respecte pas la CJUE, certains États membres de l'UE seraient fondés à saisir la Cour internationale de justice de La Haye qui relève de l'ONU et qui est là pour justement faire respecter le droit des traités. Et puis enfin bref, on se fâcherait avec tout le monde. Mais dans quel intérêt se fâcher avec tout ce monde, en fait ? — C'est ça.
En fait, je pense qu'il y a une urgence à faire évoluer les choses et que la France n'a pas forcément besoin d'engager un rapport de force comme ça assez complexe, et qu'il suffit qu'elle assume ses positions. Et je pense que si la France sort de l'UE, ça aura un effet d'entraînement sur d'autres pays. Et puis ça permettra d'élaborer des traités de coopération spécifiques sur tel ou tel point politique qui nous permettront d'aller de l'avant beaucoup plus vite.
Et en fait, je crois que ce qui est très important aujourd'hui, c'est qu'on n'a pas tant de temps que ça pour prendre des mesures, notamment au niveau climatique, au niveau écologique, au niveau social, aussi, et qu'il vaut mieux que la France reprenne sa souveraineté et qu'elle engage des collaborations avec les pays qui souhaitent la suivre dans tel ou tel sens plutôt que de rester dans un imbroglio européen à 27 pays où il est question de désobéir. Voilà. Je suis plus convaincue par ça.
Et dans la mesure où je ne suis pas convaincue, j'ai essayé de me mettre en cohérence avec moi-même. — C'est courageux. — Je sais pas si on peut dire que c'est courageux mais je me sens mieux comme ça.
Je trouve que c'est extrêmement difficile de vivre avec...
De porter une voix alors qu'on est en désaccord sur certaines choses aussi fondamentales, quoi. — Parce que c'est vrai que c'est fondamental. — Absolument. — Mais vous n'avez pas cité la privatisation des services publics, la démolition du droit du travail, la fusion forcée des communes, le démantèlement de l'unité nationale avec ce qui est en train de se passer... — Oui, c'est très important.
La privatisation, aussi, des barrages hydrauliques. — Oui. — Et puis là, dernièrement, j'ai vu passer une annonce comme quoi il serait question de privatiser certaines centrales nucléaires.
Donc là, on est vraiment dans quelque chose d'hallucinant, quoi. — Alors vous avez donc pris librement, en femme libre, ... — Voilà, c'est ça. — ...votre décision.
Vous en avez parlé, quand même, à votre mari, à vos enfants avant de faire ça ou vous avez fait ça comme ça toute seule ? — Non, non, non. J'en ai parlé avec mon mari qui est tout à fait en osmose avec moi sur cette question. — Très bien. — J'en ai parlé à des amis.
Pas énormément, finalement, parce que j'ai des amis qui sont pas forcément très engagés en politique... — Oui. — ...et qui sont pas forcément réceptifs quand je leur parle de ça. — Oui. — J'en ai parlé avec le groupe d'action FI. — De Soissons ? — Oui, de Soissons. — Et alors qu'est-ce qu'ils ont dit ? — Ils me suivent pas parce qu'ils continuent à défendre la position de la FI mais ils me comprennent.
Et on a suffisamment longtemps travaillé ensemble pour qu'ils aient aucun doute sur l'authenticité de ma démarche et qu'ils acceptent le bien-fondé de ma réflexion, quoi. — Vous êtes une femme de conviction, courageuse. — Je trouve que c'est plus facile de vivre en respectant ses convictions qu'en transigeant avec.
Voilà. — C'est exactement ce que je pense et ce que je me suis appliqué aussi à moi-même à ma propre vie parce que si on fait le contraire de ce que l'on pense au fond de son cœur et au fond de son âme, en fait, on est très mal. Et je pense que le corps – puisque vous parlez du corps – finit par se venger.
Ça, c'est ma conviction profonde. — Oui. Je pense aussi. — Après, on fait des maladies de dégénérescence, on fait des maladies auto-immunes, on nourrit des cancers.
Peut-être...
J'en sais rien. Mais j'ai souvent noté que des gens qui sont en complète schizophrénie entre ce qu'ils pensent et ce qu'ils sont obligés de faire professionnellement, etc...
Souvent, leur santé en pâtit. — Moi, c'est sûr que j'avais pas envie de vivre ça. Et à partir du moment où j'ai senti que j'étais en dissonance avec la position de la FI, déjà, je me suis pas présentée aux européennes pour la FI alors que ça aurait pu être considéré comme une suite cohérente à mon engagement législatif.
Et puis à un moment, j'ai senti que je pouvais plus porter ce discours. Donc finalement, je participais plus à ce débat. Et à un certain moment, c'est devenu flagrant.
En fait, je crois que j'ai mis beaucoup de temps, parce que je voulais me sentir vraiment une certitude. Je voulais que la position de la FI soit tout à fait claire pour moi. Et il n'y a pas si longtemps que ça, finalement, il y a eu une réunion FI avec donc des personnes qui se présentaient comme candidats aux européennes pour la FI.
Et il y a un de ces candidats qui a dit que l'Europe était un nœud gordien. Donc un nœud gordien...
Je dirais que la réponse, c'est de se saisir de l'épée d'Alexandre et puis de le couper. — Exactement. — Sauf que précisément, c'est ce que la FI ne propose pas de faire.
Donc j'ai trouvé cette métaphore assez étonnante. — Involontairement révélatrice. — Involontairement révélatrice.
Et je me suis dit : « Moi, je ne suis pas d'accord pour être en face d'un nœud gordien que je ne peux pas couper. Et je préfère reprendre l'épée d'Alexandre ». Et donc je suis convaincue sur la nécessité du Frexit. — Écoutez, c'est formidable.
Mais alors quand vous avez...
Enfin je vais pas vous dire le contraire. Nous, on est...
Vous avez fait un long texte d'explication de votre décision, qui était vraiment très bien fait, très bien tourné, j'ai trouvé. — Merci. — Y compris à la fin, d'ailleurs, parce que vous parliez de moi.
Et ça m'a fait plaisir, parce que vous disiez que de tout ce que vous aviez vu de moi depuis des années, en fait, vous aviez le sentiment que je n'étais pas le facho, le type d'extrême-droite que certains veulent faire de moi. — Tout à fait. Alors moi, dans aucune de vos vidéos, j'ai eu ce sentiment.
Et je dois dire qu'on prend quand même quelque chose d'assez violent au niveau médiatique. Quand j'ai annoncé, donc, que je quittais la FI pour l'UPR, bon...
C'était tout de suite rejoindre le côté obscur de la force, quoi. — Qui a dit ça ? — Le journal L'Axonais, notamment. — Qui est un journal local. — Qui est un journal local qui considère que l'UPR est un parti complotiste proche de l'extrême-droite.
Donc je pense que dans les semaines qui viennent, on va avec Antoine Cid, qui est le responsable UPR pour l'Aisne, convoquer une conférence de presse pour répondre à ce qui est clairement mensonger, en tous les cas, qui m'est jamais apparu comme tel. Et je crois que c'est quelque chose qui est extrêmement dommageable pour l'UPR parce que finalement, il y a une partie de la gauche – comme on dit – qui pourrait être tout à fait à l'écoute des positions de l'UPR et qui s'enfuit en criant au loup, quoi. — Mais pourquoi ça ?
Pourquoi ils s'enfuient en criant au loup ? — Mais parce que vous avez travaillé avec M. Pasqua, avec M.
Tiberi, qui sont quand même associés...
Notamment M. Pasqua à des mesures sur l'immigration qui sont très dures. Et qui connaissent pas suffisamment votre parcours ou qui sont pas allés suffisamment vous écouter pour être intimement convaincus qu'il y a bien chez vous une pensée humaniste, internationaliste et non pas que...
Vous préconisez pas un repli de la France sur elle-même. Et qu'il y a aussi une pensée économique, sociale et écologique forte, quoi. — Merci pour ces propos.
J'en profite pour dire aux gens qui m'écoutent, sur cette affaire de Tiberi et Pasqua...
D'abord, j'ai jamais travaillé avec M. Tiberi. Ça, c'est tout à fait inexact.
J'ai été candidat en 2001. Mais c'était il y a 18 ans. Il y a 18 ans, quand même...
J'ai été candidat aux élections municipales parisiennes lorsque j'ai travaillé auprès de Charles Pasqua, président du Conseil général des Hauts-de-Seine. Mais M. Tiberi, je l'ai vu une fois dans ma vie et je n'ai jamais travaillé avec lui.
Ça, c'est un premier point. S'agissant de Charles Pasqua, j'ai été son directeur de cabinet au Conseil général des Hauts-de-Seine. Mais je n'ai jamais travaillé avec Charles Pasqua lorsqu'il était ministre de l'Intérieur.
Ça, c'est un point également très important. Je m'étais rapproché de Pasqua lorsqu'il avait voulu créer – et qu'il a créé – un mouvement qui s'appelait le RPF, après les élections européennes de 1999 où il avait fait une liste dissidente de la liste RPR-UDF pour protester contre le fait que le traité d'Amsterdam, qui était un nouveau traité européen, n'avait pas été soumis au référendum des Français. Et à l'époque, j'étais...
C'était donc en 1999, il y a donc 20 ans. J'avais 20 ans de moins. Ça, tout le monde peut le comprendre.
J'étais plus naïf en politique. Je n'étais pas extrêmement ferré en politique, même si j'avais fait des cabinets ministériels. Je n'avais jamais adhéré à un parti politique.
Et moi, j'avais cru ce qu'on lisait dans la presse, c'est-à-dire que M. Pasqua voulait créer un mouvement néogaulliste et un mouvement sur la souveraineté de la France, parce que ça, c'est une idée que j'avais déjà depuis longtemps. Alors je crois important de préciser tout ça.
Je ne nie absolument pas mon parcours, mon CV. Je n'ai absolument pas, d'ailleurs, à en rougir si peu que ce soit. Et les gens qui attaquent Charles Pasqua et qui m'attaquent par l'intermédiaire de Pasqua...
Je voudrais quand même rappeler que c'est un mauvais procès que l'on me fait. Ce n'est pas parce que j'ai travaillé, j'ai été le collaborateur de Pasqua que j'ai forcément épousé tous ses combats et tout ce qu'il a pu faire 20 ans ou 30 ans avant que je le rencontre. Ou alors, si c'est comme ça, à ce moment-là, il faut qu'on déballe tout.
M. Mélenchon, parlons-en, puisque je crois que certaines de ses troupes sont les premières à essayer de me critiquer là-dessus. M.
Mélenchon, lui, a travaillé auprès de François Mitterrand. Or, je rappelle que Charles Pasqua, à l'âge de 16 ans, était dans la Résistance. Il avait rejoint un maquis et il a eu, d'ailleurs, un brevet de résistant à la sortie de la guerre, alors que François Mitterrand a eu – je le rappelle – en avril 1942 la francisque n°2202.
Donc Mitterrand a commencé comme un parfait collabo. Il avait fait don de sa personne au maréchal Pétain, comme le maréchal Pétain a fait don de sa personne à la France. C'était le serment qu'il devait dire lorsqu'il recevait la francisque, qu'il fallait d'ailleurs solliciter et avoir deux parrains.
Et puis je rappelle que M. Mélenchon a travaillé auprès de François Mitterrand lorsque François Mitterrand était à l'Élysée. M.
Mélenchon a été son ministre. Et au même moment, François Mitterrand protégeait quelqu'un comme René Bousquet, qui a été responsable de la rafle du Vel d'Hiv sans que ça gêne M. Mélenchon.
Moi, je ne suis pas là à reprocher ça à M. Mélenchon, parce que j'estime que ça ne serait pas correct, parce que dans ce que dit M. Mélenchon, il y a des choses qui sont tout à fait exactes, certains points avec lesquels je suis d'accord, d'autres avec lesquels je ne suis pas d'accord.
Mais moi, je suis quelqu'un de digne et de noble. Je ne fais pas des combats en dessous de la ceinture. Je pourrais dire que M.
Mélenchon, par transitivité, était proche de René Bousquet. Je ne le ferai pas, parce que ça serait faux. Voilà.
Donc je n'admets pas que moi, on me reproche une proximité avec Charles Pasqua. J'ai tout à fait une proximité avec Pasqua. Mais j'ai ma personnalité.
C'était il y a 20 ans. Et de la même façon que ça ne serait pas correct de reprocher à Mélenchon sa proximité avec François Mitterrand et, par transitivité, avec René Bousquet. Voilà.
Je voulais faire ça parce que c'est un point qui est assez odieux et, d'ailleurs...
Je sais bien que ça pénalise...
Il faut bien qu'on trouve quelque chose à me reprocher. Comme on ne trouve rien à me reprocher, faut bien qu'on essaye de s'en prendre à mon passé. Il y a également...
On en parlait – je crois – avant notre entretien, Sylvie. Hier aussi, la notice Wikipédia, qui est refroidissante, je crois... — Oui.
Je l'ai trouvée très très tendancieuse. — Ah oui. C'est le moins qu'on puisse dire.
Et encore, il y a eu pire jadis. Ça s'est un peu amélioré. Mais systématiquement, tout ce qui est fait pour essayer de nuire, par des sous-entendus fielleux...
Faire croire que nous serions ce que nous ne sommes absolument pas, c'est quelque chose d'assez pénible à supporter. — C'est pénible et c'est surtout totalement contraire à un État qui se veut démocratique et dont la déontologie devrait être au contraire de faire que chaque courant politique puisse s'exprimer et participer à un débat pluraliste où les citoyens apprennent des choses, sont capables de se faire une opinion par eux-mêmes et donc de choisir en toute connaissance de cause, quoi. Voilà. — Écoutez, Sylvie, j'ai encore deux choses à vous demander.
Moi, la première, c'est que si vous le souhaitez, j'aimerais bien venir à Soissons et rencontrer...
Si vous pouvez me faire une petite rencontre d'abord avec nos troupes de l'UPR, parce qu'on a quand même énormément d'adhérents un peu partout, donc avec Antoine Cid dans l'Aisne. Faudrait qu'on essaye de fixer ça dans les semaines qui viennent. Et puis ça me plairait éventuellement de rencontrer des gens que vous avez connus, s'ils sont d'accord pour parler avec vous et avec moi, pour simplement aller à leur rencontre et puis leur dire : « Voilà qui je suis.
Regardez qui nous sommes. Arrêtez de faire des procès d'intention, parce que vous ne me connaissez pas. Voyez qui nous sommes.
Voyez nos adhérents. Tout est ouvert à l'UPR. Et voyez si nous correspondons à la caricature que certains ont fait de nous en criant au loup ou si, au contraire, nous sommes un parti républicain ».
Qu'est-ce que vous pensez de cette idée ? Je pense que c'est une très bonne idée. Il faut que je regarde comment ça peut se mettre en pratique.
Moi, j'en serais très heureuse. Donc je vais voir si on peut trouver un lieu, une date. Ce qui, certainement, est tout à fait faisable.
Et je pense que c'est une très très bonne idée. — Ils vont être d'accord de me rencontrer ? — Je peux pas parler à leur place mais je pense que ce sont quand même des gens assez ouverts et assez curieux pour ne pas refuser de prendre connaissance de vos positions.
Oui, je pense. — Vous n'avez pas les moyens de me faire débattre avec M. Mélenchon ?
Parce que moi, ça fait 2 ans que je demande. — Je suis pas suffisamment proche de M. Mélenchon.
Le mouvement de la FI est quand même un grand mouvement. — Oui. — Et j'ai pas eu l'occasion d'agir dans le cercle des gens qui sont proches de M.
Mélenchon, même si j'ai porté sa candidature aux législatives. Et je pense que les positions que je prends aujourd'hui sont pas forcément de nature à leur plaire. — Ça, sans doute. — Ce que je comprends, d'ailleurs, puisque finalement, c'est un mouvement qui met beaucoup de force pour grandir, pour faire valoir ses idées.
Donc le départ de quelqu'un qui a porté une responsabilité, c'est toujours assez désagréable. Voilà. Donc pour le moment, je vois pas comment vous faire rencontrer dans la FI quelqu'un qui... — Qui accepterait de débattre avec moi. — Voilà. — En fait, ils veulent pas débattre... — Si j'entrevois une possibilité, je manquerai pas d'essayer de créer cette occasion. — Merci, Sylvie.
Un dernier mot. Est-ce que je peux proposer au bureau national de l'UPR que vous fassiez partie de notre liste aux élections européennes ? — Écoutez.
C'est un honneur pour moi. Et je vous dis oui. Je vous remercie de cette proposition.
Et j'essaierai de faire de mon mieux pour que les positions de l'UPR soient connues et que les enjeux qui sont mis en cause dans cette élection européenne soient de plus en plus clairs pour la majorité des gens. — Merci aussi de la confiance que vous nous faites, parce que – je l'ai dit – c'est pas évident, ce qu'a fait Sylvie. Quand on est dans un mouvement politique, qu'on a des responsabilités, faire le choix qu'elle a fait, c'est-à-dire de mettre sa conscience et son action en harmonie, parfois, ça peut éventuellement amener des brouilles avec des amis, voire des critiques virulentes ou féroces.
C'est courageux. Et c'est une femme de conviction. Est-ce que je pourrais dire que vous êtes l'archétype de la Française ?
Voilà, avec son intelligence, son peps et puis ses convictions. — (Rire). Je vous remercie.
En tous les cas, je vous remercie beaucoup de votre invitation. Et je vous remercie aussi beaucoup de la confiance que vous m'accordez en me proposant de travailler à vos côtés sur les européennes. C'est un honneur pour moi. — Quand votre choix a été connu, il y a eu beaucoup beaucoup de...
Vous avez été bien accueillie – je crois – par nos adhérents. — Extrêmement bien. Ça m'a beaucoup touchée. — Il y a beaucoup de gens qui vous ont écrit. — Il y a beaucoup de gens qui m'ont écrit. — Là, encore une fois, moi, il n'y a aucune instruction.
Parce que je sais qu'on nous dit : « Ah là là, il y a des trolls. », il y a des ci, il y a des ça. Non, non.
On a énormément d'adhérents qui sont des gens de conviction, comme vous et moi, en fait, qui n'ont pas besoin qu'on leur donne des instructions pour faire un truc ou ne pas en faire. De temps en temps, je lance un mot d'ordre, comme par exemple la procédure de destitution de Macron, que d'ailleurs la FI a refusé de mettre en œuvre, ce qui est quand même assez choquant. Mais il y a aussi des moments où les gens prennent leurs initiatives.
Et effectivement, j'ai vu...
Vous avez eu – je crois – beaucoup beaucoup de messages de félicitations qui prouvent que vous avez été bien accueillie dans notre... — J'ai été très bien accueillie.
J'ai eu beaucoup de messages de félicitations. Et puisque vous parlez de la procédure de destitution de Macron, j'aimerais rebondir, parce que je pense que c'est un débat qui serait intéressant à porter devant le peuple français. Je peux concevoir que ça soit difficile pour les députés de soutenir cette procédure.
Et je me suis dit que ça l'était beaucoup moins pour la population, et qu'on pourrait créer une sorte de consultation populaire citoyenne en même temps que les élections européennes qui sera évidemment juste une consultation qui donne juste des idées sur l'état de l'opinion, avec un bulletin jaune qui serait un bulletin demandant la destitution de M. Macron. — Dans une autre urne à côté. — Dans une autre urne à côté qui pourrait être tenue par le mouvement des GJ, par exemple. — Ah oui. — On pourrait organiser une consultation populaire sur la volonté des Français de poursuivre ou non avec M.
Macron. — C'est une bonne idée. On va y réfléchir. — Voilà. — Merci, Sylvie, en tout cas. — Je vous en prie. — Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis.
J'espère que nos entretiens vous intéressent. On aura certainement d'autres personnes dans le cours des semaines qui viennent qui nous rallient en ce moment, venant de différents horizons. L'UPR est quand même très honorée de compter maintenant parmi ses membres Sylvie Heyvaerts.
Merci. — Je vous remercie. C'est moi qui suis très honorée. (Musique) En mars, sur UPR TV, retrouvez nos nouvelles émissions. (Générique)
François Asselineau