Laurence Rossignol et Anne Lavaud - C à Vous - 02/02/2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 26 %Attaque 26 %Défensif 13 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:01OuverteRéponse directe
Vous vous félicitez Laurence Roussignol, vice-présidente du Sénat. Bonsoir.
- 6:01RelanceRéponse partielle
Pourquoi cette proposition ? Pourquoi cette obsession de la gauche ?
- 9:36RelanceRéponse directe
Est-ce raisonnable, chers collègues, d'importer dans notre pays déjà si fracturé les débats qui fracturent la société américaine ?
- 12:39FerméeRéponse directe
Ça veut dire que vous demandez solennellement aux députés de l'Assemblée nationale de vous suivre ?
- 13:50OuverteRéponse directe
L'idée, c'est d'échapper au référendum dont l'issue serait incertaine, pensez-vous ?
- 23:34OuverteRéponse directe
Bonsoir, Anne Laveau. Déléguée générale de l'association Prévention routière, est-ce qu'on découvre pas un peu tard les dangers de la trottinette ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:47Locuteur 8Promesse
« Le gouvernement soutiendra toutes les initiatives parlementaires qui viseraient à constitutionnaliser le droit à l'IVG. »
- 3:56Locuteur 8Fait
« Il ne faut toucher à notre Constitution, selon la formule désormais consacrée, que d'une main tremblante. »
- 5:00InvitéChiffre
« 10 millions d'avortements en 50 ans qui manquent au peuplement du pays. »
- 8:52PrésentateurFait
« Moi-même, quand j'étais ministre, j'ai fait la loi sur le délit d'entrave numérique à l'IVG. »
- 10:07PrésentateurFait
« L'expression précise dans le texte voté hier soir, c'est la notion de liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse qui a été choisie. »
- 21:50PrésentateurChiffre
« En 2022, 34 personnes sont mortes à trottinettes électriques, 3 fois plus qu'en 2019. »
- 22:00PrésentateurChiffre
« 244 cyclistes tués en 2022, soit plus 30% par rapport à 2019. »
- 29:22Locuteur 5Fait
« On a une grande majorité de cyclistes tués qui sont des hommes et hors agglomération. »
- 30:25PrésentateurChiffre
« 65% des Français reconnaissent injurier les autres conducteurs. »
- 34:58PrésentateurFait
« C'est interdit de faire du vélo avec des écouteurs sur les oreilles. »
- 36:46InvitéChiffre
« Plus de 80% de sa superficie bâtie était détruite. »
- 37:04InvitéChiffre
« Il y eut un mort au mètre carré. »
- 38:10Locuteur 4Fait
« l'attitude des Occidentaux envers l'Ukraine à celle du régime de Vichy. »
- 39:26PrésentateurFait
« mon grand-père avait condamné l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'URSS et exigé le retrait des troupes soviétiques du pays. »
- 44:54PrésentateurFait
« Le suspect, un homme de 39 ans très défavorablement connu des services de police qui avait déjà fait de longs séjours en prison. »
- 46:06PrésentateurChiffre
« Avant l'âge de 13 ans, en moyenne, un enfant apparaît sur 1300 photos publiées en ligne. »
- 47:23PrésentateurChiffre
« 50% des photographies qui s'échangent sur les forums pédopornographiques ont été publiées par des parents sur leurs réseaux sociaux. »
Temps de parole
- Présentateur78 %
- Invité10 %
- ?3 %
≈ 25,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir, bienvenue dans C'est à vous, très heureuse de vous retrouver. On est ensemble en direct jusqu'à 20h55 avec une équipe renforcée ce soir par la présence de Sandrine Saroche. Salut à tous les 6 ! Bonsoir ! Émilie, votre choix de l'actu ce soir ? Le nombre préoccupant d'accidents mortels à vélo et à trottinette.
On
en parle avec la déléguée générale de l'association Prévention routière Anne Laveau qui alerte depuis plusieurs années sur ce danger qui n'était pas vraiment pris sérieusement en compte jusque-là. Mohamed, votre story ce soir ?
Je vous parle ce soir de Charles de Gaulle. Enfin plutôt de son image, l'image du général qui est
instrumentalisée
par le pouvoir russe afin de mener sa propagande. Patrick, votre édito ?
Le Sénat a voté hier soir en faveur de
l
'inscription dans la constitution de la liberté de recourir à l'interruption volontaire de grossesse. La liberté et non pas le droit comme le souhaitait la gauche, mais c'est n'empêche une étape très importante dont je vais vous raconter le fil de la discussion parlementaire.
Les
coulisses hier soir. La bataille a été rude, mais c'est une victoire quand même. Donc vous vous félicitez Laurence Roussignol, vice-présidente du Sénat. Bonsoir. Bonsoir. C'est un grand moment de bonheur, oui. Merci de votre présence ce soir. On en parle longuement dans un instant. Mathieu, dans le 5 sur 5 ? La mort de Philippe Tesson, on l'a appris ce matin. Il avait 94 ans et on va lui rendre hommage dans le 5 sur 5 tout
à l'heure.
Pierre dans votre œil ? À l'heure des effets spéciaux en tout genre et où on ne sait plus très bien ce qui est vrai ou artificiel sur tous les écrans, la Cinémathèque de Toulouse revient sur 120 ans de trucage et d'effets spéciaux. C'est spectaculaire, ça vaut un coup d'œil. Déjà, je ne savais pas que ça existait depuis 120 ans. Depuis 1902, et Méliès. Eh bien voilà. Mais Méliès, bien sûr !
Où avais-je la tête ? Ce vieux genre.
Où avais-je la tête ? Sandrine, votre chronique enchantée du
jour ? Eh bien moi,
je vais revisiter en chanson la carrière, on va dire, de Patrick Chénet, notre invité. Patrick Chénet qui s'excuse. Il
s'excuse.
Voilà, il écrit 48 lettres d'excuses dans son nouveau roman qui est délicieux, drôle, émouvant. Et puis très malin, parce qu'en fait, il s'excuse sans s'excuser.
C'est la moitié.
Vraiment, il a tout compris Patrick Chénet. Il est notre invité ce soir. Et puis on a le plaisir d'avoir sur scène Michel Genas à l'occasion de la sortie de son nouvel album. Chantez le blues. Michel Genas qui sera en tournée dans toute la France. Mais d'abord, ce soir, sur la scène de C'est à vous. Et puis le dîner est préparé, comme depuis le début de la semaine, par Loïc Lourmière, qui va définitivement s'installer à C'est à vous. Toujours aux côtés de Bertrand Chameroy ?
Il
n'a pas le choix. Bonsoir, bonsoir à tous. Et en ce jour de chandeleur, ce soir, du chou-fleur. Chou-fleur sous quelle forme ? Chou-fleur brûlée avec du zéhata, avec un petit peu de lyon jaune, des noisettes du piment.
Chou
-fleur comment ? J'ai pas entendu.
Pelé
! Brûlé ! Brûlée !
Ah, carrément !
Et moi, je me
cherche des crêpes.
On n'est vraiment pas au bout de nos surprises ce soir. Merci beaucoup à tous les deux, à tout à l'heure. Ah oui, c'est l'édito de Paprika. Pardon. Surprise, donc, hier sort au Sénat, Patrick, qui a voté en faveur de l'inscription de la Constitution, de la liberté de recourir à l'IVG.
On
l'a dit, la liberté et non le droit, comme le voulait la gauche, on y reviendra. Mais oui, votre surprise, sur une proposition des Insoumis votée à l'Assemblée avec la majorité macroniste, examinée au Sénat dans une niche réservée aux socialistes, et amendée par un sénateur LR, Philippe Bas, qui fut un proche collaborateur de Simone Veil, et qui a commencé par s'embrouiller avec le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti.
Le
gouvernement soutiendra
toutes
les initiatives parlementaires
qui
viseraient à constitutionnaliser le droit à l'IVG.
Je
l'ai déjà dit, il ne faut toucher à notre Constitution, selon la formule désormais consacrée, que d'une main tremblante. Vous avez dit tout
à l'heure, appelant une formule célèbre, qu'il ne fallait toucher à la Constitution que d'une main tremblante. Les vôtres sont restés dans vos poches.
Les
mains dans vos poches, parce que le garde des Sceaux aurait pu prendre l'initiative d'un texte gouvernemental qui éviterait la voie référendaire. Mais l'enjeu hier pour les sénateurs, c'était soit un enterrement définitif, soit la poursuite de la navette parlementaire avec la liberté plutôt que le droit, d'où le choix de la gauche d'un vote foutre de mieux, dans un débat électrisé par les opposants à la constitutionnalisation, notamment à
l
'extrême droite, Stéphane Ravier, ex-RN, devenu zémouriste à la tribune du Sénat.
Contrairement à ce que vous affirmez, l'avortement n'est pas menacé en France. Il s'est même renforcé. Le pays ne s'est pas mis en grève générale hier pour l'interdire. En revanche, la natalité, elle, est réellement menacée. Au plus bas depuis l'après-guerre, la vitalité de notre pays, la main-d'oeuvre des métiers en tension, les cotisants du système de répartition des retraites, se cachent, évidemment, dans les 10 millions d'avortements depuis 48 ans.
10
millions d'avortements en 50 ans qui manquent au peuplement du pays, vous l'avez entendu, qui manquent donc à la natalité. S'il fallait une prise de parole pour convaincre de la nécessité de protéger l'IVG, Ravier l'a faite. Éric Dupond-Moretti lui répond.
En
Hongrie, vous savez ce que l'on vient de faire
et
de mettre en place pour les femmes qui souhaitent avorter ?
On
les contraint à entendre, pardonnez-moi, les battements de cœur
du
fœtus qu'elles portent en elles.
C
'est une torture psychologique. Ce sont vos amis. Acceptez l'augure et l'idée que je vous le rappelle. Ce sont vos amis, M. Orban, et votre ami. Voilà.
Eh
ben voilà. Vous voyez ? Donc,
il
n
'y
a non pas péril en la demeure, Mme la rapporteure. Non, mais on ne sait jamais, au fond.
Orban, en Hongrie, ce sont vos amis. Stéphane Ravie, interrompu un peu plus tard par des militantes féministes dans l'Assemblée.
Alors pourquoi cette proposition ? Pourquoi cette obsession de la gauche ?
La
principale raison, la frustration. La frustration politique. La loi de dépénalisation de 1975.
La
séance est suspendue. Huissier, évacuez la tribune. Évacuez la tribune. Si jeune et
déjà
idéologiquement contaminé.
Voilà,
c'est une photo qui a immortalisé ces militantes présentes dans les tribunes du Sénat. À droite, position inchangée, c'est contre le chef des sénateurs LR, Bruno Retailleau.
Est
-ce raisonnable, chers collègues, d'importer, dans notre pays déjà si fracturé, les débats qui fracturent la société américaine ? Je pense que la constitution française de la Vème République, elle n'est pas faite pour adresser des messages symboliques au monde entier.
Mais
Bruno Retailleau ne fait plus la loi au Sénat. On l'a déjà vu sur la loi énergie renouvelable dont on avait parlé ici. Cette fois, 15 LR ont suivi Philippe Bas et ça a suffi à faire basculer la majorité.
Pour 166 contre 152, l'amendement est adopté.
Vote
historique, mais le chemin est encore long parce qu'il faudrait un vote conforme à l'Assemblée nationale qui déboucherait ensuite sur un référendum avec tous les risques que cela comporte, comme la mobilisation des réseaux anti-avortement.
On
va parler des étapes à venir encore avant l'éventuelle modification de la constitution. Mais le chemin est long parce qu'on a vu à quel point le sujet reste extrêmement clivant. 14 voix d'écart seulement. Et on a progressé parce qu'au mois d'octobre, on avait déjà eu à voter sur la constitutionnalisation de l'IVG sur la base d'une proposition de loi qui était déposée par toute une série de sénateurs qui étaient favorables et conduites par ma collègue Mélanie Vaugelle. Et à ce moment-là, la proposition a été rejetée par le Sénat. Et on a vu un débat d'ailleurs très tendu à ce moment-là.
Et on avait indiqué qu'en fait, derrière le rejet de la constitutionnalisation, c'était le malaise toujours persistant dans une partie de la droite à l'égard du droit à l'IVG qui était posé. Et en fait, quand on écoute aussi bien Stéphane Ravier...
Une loi
votée en 1974 et un malaise qui perdure en 2023. Oui,
oui,
tout à fait. Mais les adversaires de l'IVG n'ont jamais désarmé depuis 1974. Ils n'ont jamais lâché. Il a fallu faire depuis 1974 plusieurs lois
pour
les contenir. Et on a fait d'abord la loi sur le délit d'entrave à l'IVG pour qu'ils arrêtent de s'enchaîner aux portes des centres d'IVG ou d'occuper les salles d'attente. Moi-même, quand j'étais ministre, j'ai fait la loi sur le délit d'entrave numérique à l'IVG parce qu'ils ont des sites Internet. Quelqu'un cherche, elle arrive sur leur site. Et là, sous prétexte de donner des informations soi-disant objectives, en réalité, ils attirent les femmes sur des numéros de téléphone vert et ils leur expliquent qu'il
y a
beaucoup d'alternatives à l'IVG. Gardez votre enfant et puis placez-le après en vue d'adoption. Donc, on a fait une loi pour sanctionner ce délit d'entrave numérique à l'IVG. Donc, on ne les a jamais quittés des yeux. Il faut tout le temps les surveiller. Et d'ailleurs, il y a une dizaine de jours, ils manifestaient à Paris. Oui, le 22 janvier. Le 22 janvier, ils manifestaient à Paris. Et leur slogan, c'était « Ne votez pas la constitutionnalisation ». Donc, c'est un combat permanent.
Alors,
Bruno Rotaillot appelle ça les débats qui fracturent la société américaine. Non,
ce
n
'est
pas un débat qui fracture la société américaine. C'est une régression sans précédent aux États-Unis pour les femmes américaines. Et d'ailleurs, le fait qu'il appelle ça un débat qui fracture est assez significatif. Moi, quand je parle de ce qui se passe aux États-Unis, je qualifie ce qui se passe aux États-Unis comme étant une atteinte phénoménale à l'encontre de la liberté des femmes. On va revenir à ce qui se passe aux États-Unis, évidemment. Un vote historique, mais faute de mieux, disait Patrick, parce que le droit à l'IVG n'est pas utilisé. L'expression précise dans le texte voté hier soir, c'est la notion de liberté de la femme de mettre fin à sa grossesse qui a été choisie.
Vous le regrettez, évidemment,
que
le mot « droit » ait été abandonné ? Alors, c'est une affaire d'histoire différente, de culture. Moi, je suis issue de la culture du mouvement féministe, de la gauche. La gauche est toujours battue pour le droit à l'IVG, comme droit des femmes. Et la droite a toujours été plutôt sur le versant des libertés que sur celui des droits. Considère que dans le droit, il y
a
quelque chose d'opposable, alors que la liberté laisse à l'individu son choix. Donc, il
y
a une dimension symbolique dans cet échange-là, une dimension culturelle, une dimension sémantique et politique.
Après, il
faut se demander quelle est la dimension juridique. Quelle est la portée juridique de dire plutôt le droit ou plutôt la liberté dans la Constitution ? Parce que le but est,
dans
la Constitution, de protéger les femmes d'éventuels changements de majorité et qui s'attaqueraient aux droits des femmes à disposer de leur corps. Et, en fait, probablement, l'effet juridique est à peu près le même. C'est-à-dire qu'un Conseil constitutionnel saisit d'une loi qui réduirait les délais ou, par exemple, limiterait l'IVG à des situations comme celle du viol aurait à juger avec une Constitution qui dirait droit ou qui dirait liberté et, probablement, ce serait la même décision. Donc, on est en train de travailler
là-dessus. Philippe Bas
prétend que c'est mieux parce que ça
donne de la souplesse aux législateurs pour faire évoluer la loi, éventuellement, dans un sens encore plus favorable.
Oui. Bon, c'est un argument qui me va d'un certain point de vue, si c'est pour faire évoluer la loi d'un point de vue plus favorable. Je pense surtout que ce qui compte, c'est que l'IVG entre dans la Constitution. C'est pour ça que, nous, la gauche, on a voté sans hésiter l'amendement de Philippe Bas. Et on s'est trouvé un peu dans la même situation, toutes choses égales par ailleurs, que celle de la gauche en 1974. Quand il a fallu voter la loi Veil, ce n'était pas la loi que la gauche voulait. La gauche ne voulait pas de la clause de conscience, de la condition de détresse, de délai à 10 semaines, du non-remboursement par la Sécurité sociale.
Mais si la gauche ne votait pas, la loi Veil ne passait pas. Donc, il y
avait
le choix entre la loi Veil telle qu'elle était et rien. Hier soir au Sénat, on avait le choix entre l'amendement de Philippe Bas, avec les frustrations qu'on peut avoir, ou rien. On a choisi l'amendement de Philippe Bas parce que cette affaire est une affaire de compromis. On avance sur ces sujets-là par compromis. Le Sénat est un lieu où on sait
nouer
des compromis. Maintenant, la suite de cette...
C'est l'Assemblée nationale.
Là, on a aligné deux planètes.
Il
faut encore en aligner
quelques autres derrière. Ça veut dire que vous demandez
solennellement aux députés de l'Assemblée nationale de vous suivre parce que tout pourrait à nouveau changer ? Alors,
on
peut demander ça aux députés de l'Assemblée nationale, mais après, on serait dans la situation d'une proposition de loi. Or, je vais faire deux secondes de droit constitutionnel. Pour réformer la Constitution, soit il faut une proposition de loi qui aboutit systématiquement sur un référendum, soit c'est un projet de loi, d'initiative du gouvernement, et auquel cas, on va au Congrès, où il faut les 3 cinquièmes du Congrès pour que ce soit adopté. Il est clair que la voie la plus simple, c'est celle du Congrès et des 3 cinquièmes. On a fait un grand pas hier vers le Congrès.
Donc, maintenant que le Sénat, comme l'Assemblée, ont manifesté que l'un et l'autre sont favorables à ce qu'on inscrive l'IVG dans la Constitution, il faut
que
le gouvernement prenne la main et que le président de la République dise « Je
prends
en charge la suite de cette affaire par un projet de loi et une rédaction qui soit de nature à convenir au Sénat. »
Il
faut que tous ceux qui ont voté hier, nous les retrouvions au Congrès et que le texte soit voté dans les mêmes termes, dans les deux assemblées, et que l'Assemblée aussi trouve que cette nouvelle rédaction lui convienne. L'idée, c'est d'échapper au référendum dont l'issue serait incertaine, pensez-vous ? On en parle avec les associations féministes et avec les collègues. Moi,
je
n
'ai
pas peur du référendum. Je pense qu'on a 81% des Français aujourd'hui qui soutiennent cette idée de faire entrer l'IVG dans la Constitution. Je n
'ai
pas peur du référendum.
Pour
autant, je pense que la bonne procédure, c'est celle du Congrès, c'est la plus simple, c'est celle qui nous évite de voir des individus comme celui qu'on a vu il y a un instant au Sénat, parader sur les plateaux télé, avoir un temps de parole donné obligatoire.
Et si, en
référendum, demain, on donnera la parole aux anti-avortements, autant qu'aux pro-avortements ici
-même ? Au nom du respect des
temps de parole.
C
'est quelque chose que je disais.
À votre place. J
'évoquais notre sénateur,
Ex
-Ferrin
Zemmour,
et il viendrait à part égale discuter et défendre, dire ce qu'ils disent. Parce que, quand même, il a beau dire que personne ne remet l'IVG en cause, mais lui, il faut voir ce qu'il dit. Qui, à part les anti-IVG, compte combien il y
a
eu d'IVG dans ce pays depuis la loi Veil ? Seuls les adversaires de l'IVG font ça. Qui fait le lien entre l'IVG et la baisse de la natalité ? Les adversaires de l'IVG. Donc, ces gens-là peuvent dire tout ce qu'ils veulent. En réalité, ils sont profondément toujours hostiles à la liberté des femmes.
Pierre.
Vous avez évoqué les États-Unis. Il faut rappeler que le 22 janvier, aussi, aux États-Unis, il y
a
eu des manifestations dans plusieurs villes américaines pour commémorer, cette fois, les 50 ans du célèbre arrêt de la Cour suprême, Roe versus Wade. En 1973, il avait permis le droit à l'avortement aux États-Unis. Mais en juin dernier, la Cour suprême, à majorité conservatrice, a mis fin au droit constitutionnel à l'IVG. Depuis, une vingtaine d'États se sont engouffrés dans la brèche ouverte par la Cour suprême, d
'où
les manifestations du 22 janvier.
Mais
il sera dur, étant donné la longévité, des membres de la Cour suprême de revenir à la situation antérieure. On a la chance, nous, de pouvoir constitutionnaliser l'IVG par nos procédures. Il faut le faire. Et pour tous mes collègues qui, j'entendais hier, très hostiles, parce que le débat était quand même assez tendu, à l'IVG, enfin, à la constitutionnalisation, et qui disaient, nous importons un débat américain, et de toute façon, il n
'y a
pas de problème. Mais c'est justement, quand il y
a
un consensus pour le faire, qu'il faut le faire. À partir du moment où il y a une remise en cause qui est trop forte, il n'y
a
plus le consensus et c'est trop tard. Et puis aussi, je voulais dire une chose, parce qu'on le voit d'un point de vue franco-français, l'impact de la constitutionnalisation, mais du point de vue international, c'est très important.
C'est un message symbolique
qu'il faut adresser au monde entier. C'est exactement le contre-argument que vous opposez, Bruno Rentailleau. Exactement. Parce qu'une collègue aussi disait, le but de la constitution, le rôle de la constitution, n'est pas d'envoyer des messages au monde. Mais si le rôle de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen que nous avons a envoyé un message, a été un point d'appui, une référence, pour faire progresser l'humanisme dans le monde entier. Et aujourd'hui, nous sommes attendus, au moins j'ai reçu ce matin, des messages d'une amie brésilienne féministe qui me disait bravo, merci, nous un jour peut-être, d'une amie hongroise. Et le président de
la
République a dit qu'il souhaitait qu'au plan européen, dans la déclaration des droits européens, soit inscrit l'IVG. Commençons par le faire en France, ça renforcera tous les pays d'Europe. En Italie, l'extrême droite qui a été... Georgia Meloni. Georgia Meloni avait dans son programme la fin de l'IVG, qui déjà en Italie est d'un accès très très précaire, déjà aujourd'hui. Donc, toutes les extrêmes droites ont toujours en cible les femmes, la liberté de disposer de leur corps, et l'IVG est un symbole aussi pour ses adversaires.
Il
y a les messages symboliques à envoyer aux autres pays, mais il y
a
aussi la réalité du terrain chez nous. Et si on regarde, on se rend compte que le recours à l'avortement, c'est encore difficile pour certaines femmes, qu'il est inégal selon où l'on vit, son niveau social, l'accès aux soins, est-ce que ce n
'est
pas ça la bataille urgente à mener
? Je
pense qu'il ne faut pas opposer les deux. Vous avez parfaitement raison. J'ai moi-même été à l'initiative de l'allongement des délais de deux semaines,
une bataille qui a commencé il y a deux ans
au Sénat, justement, et qu'on a gagné d'ailleurs. J'ai à ce moment-là évoqué avec l'Assemblée nationale à quel point les conditions d'accès à l'IVG étaient inégalitaires en France, selon là où vous vivez, selon si vous êtes dans un désert médical ou dans une zone un peu mieux pourvue, selon si on a fermé toutes les maternités autour de chez vous ou s'il y a toujours un centre d'orthogénie. Bien sûr, c'est très inégalitaire et bien sûr, pour toutes les femmes, c'est difficile d'accéder à l'IVG. Mais on doit faire les deux. Et je pense qu'en constitutionnalisant l'IVG, on permet aussi de rendre les
revendications
en faveur du droit effectif plus fortes et plus audibles. Mais nous avons besoin en France d'une agence, un peu comme l'Agence nationale pour le cancer, d'une agence nationale de la santé sexuelle et reproductive qui s'occupe de l'accès à l'IVG. Il y
a
des chiffres qu'on ne connaît pas, ce n
'est
pas normal. Je n'arrive pas à savoir combien de médecins font valoir la clause de conscience. Je n'arrive pas à savoir quand les services ferment. C'est très compliqué. Il n'y a pas de pilotage national sur la question de l'IVG. On a besoin d'une vraie politique publique d'accès à la contraception, à l'IVG et à l'ensemble des questions qui sont liées à la santé sexuelle et reproductive. Éric Dupont-Moretti parlait de l'exemple de la Hongrie. Quand on oblige les femmes à écouter les battements de cœur d'un bébé, on n'oblige pas les femmes à le faire en France. Mais
parfois, on
leur fait entendre.
La
différence entre la France et la Hongrie,
c
'est qu'en Hongrie,
c
'est dans la loi. En France, c'est dans le vécu des femmes. Je connais beaucoup de femmes qui racontent qu'au moment de l'échographie qui précède l'IVG, elles tombent sur des médecins qui sont hostiles à l'IVG et qui sont obligés d'être là néanmoins et qui leur disent, par exemple, quel est le sexe de l'enfant. C'est très intéressant de savoir ça quand on pratique une
IVG.
Mais bien sûr.
Oui, c
'est pas à
la marge. J'ai
plusieurs... J'ai des témoignages nombreux.
Et récurrents.
Et récurrents. Et les conditions d'accès à l'IVG, c'est les conditions d'accès sanitaire, mais c'est aussi les conditions d'accès psychologique. Exactement. Il faut... On a cette affaire de double clause de conscience. Je suis désolée de dire ça, mais
en
fait, ça continue. Les médecins disposent tous. Tous les soignants ont une clause de conscience générale. Ils peuvent refuser de faire un acte médical, quel qu'il soit, s'ils ne
veulent
pas faire. Pour l'IVG, il
y
a une deuxième clause de conscience parce qu'il faut toujours montrer que l'IVG est un acte à part, que ça touche à la conscience des médecins plus que d'autres actes médicaux. Et donc, il n'y a toujours pas une véritable normalisation, dirais-je, de l'accès à l'IVG pour les femmes, de la pratique et pas suffisamment de politique publique pour que toutes les femmes puissent y accéder dans les meilleures conditions. La bataille continue. Je crois que c'est l'essentiel du message qu'on peut retenir. Merci, Laurence Rossignal. Vous restez avec nous parce qu'on a d'autres sujets d'actualité. à vous soumettre et notamment des chiffres.
Le nombre de morts sur les routes qui a retrouvé le niveau d'avant Covid. Mais, selon la sécurité routière, un élément est particulièrement préoccupant, Émilie, c'est la hausse de la mortalité des cyclistes et des usagers de trottinettes. Oui, la trottinette, dans les années 50, on appelait ça la patinette. La trottinette, c'était un jouet pour enfants et aujourd'hui,
c
'est devenu un mode de transport comme un autre. Près de 2,5
millions
et 1,5 utilisateurs en France ont opté pour ce qu'on appelle cette mobilité douce, mais une mobilité à l'origine d'accidents mortels. En 2022, 34 personnes sont mortes à trottinettes électriques, 3 fois plus qu'en 2019, 600 blessés graves, même explosion des chiffres pour le vélo, 244 cyclistes tués en 2022, soit plus 30% par rapport à 2019. Alors, cet après-midi, nos reporters Audrey Payas et Valentin Tibier n'ont pas eu de mal du tout à trouver des témoignages d'accidentés.
J
'ai déjà eu deux, trois chutes.
Une portière, je me suis pris une portière une fois et une autre, une voiture qui déboulait. J'ai mis un coup de volant et j'ai fait un vol plané et je suis tombée sur le coccyx.
Oui, j'ai eu un accident dans le passé à vélo, sans casque
et
j'ai fini à l'hôpital et j'ai eu assez peur. C'était une voiture, ma problème et vraiment, j'ai senti que la mort me passait vraiment tout près.
Celui qui n
'a
pas conscience qui peut mourir avec un vélo à Paris, il est totalement inconscient. Non,
non, non, je ne me sens pas en danger, je respecte le code de la route et puis voilà, tout se passe bien. Non, je ne me sens pas en danger, non.
Si
c'est en ville que les accidents sont les plus fréquents, c'est à la campagne qui sont les plus graves, faute d'aménagement, faute aussi d'équipement. Rappelez-vous quand la ceinture avait été rendue obligatoire, à quel point certains automobilistes étaient réfractaires ? Aujourd'hui, la trottinette et vélo qui sont en pleine mue d'objets de loisirs à mode de déplacement quotidien. Le casque n'est d'ailleurs obligatoire que pour les enfants de moins de 12 ans. Certains ont donc du mal à le porter.
J
'ai une lampe torche
et
puis les clignotants
et
puis les gants, c'est important, les gants aussi.
Et
le
casque ?
Et
le
casque, oui.
Il y a pas mal de politiques qui aimeraient rendre le casque
obligatoire. Qu'est-ce que vous en pensez, vous ? Uniquement s'il
y a
des oreilles dessus.
Oui, il faut mettre un casque tous les jours.
C
'est devenu très dangereux à Paris,
le
vélo. On
se
tremble avec tous les équipements, ça fait beaucoup. On fait attention comme on peut, c'est tout.
Bonsoir, Anne Laveau. Bonsoir. Déléguée générale de l'association Prévention routière, est-ce qu'on découvre pas un peu tard les dangers de la trottinette et comment vous expliquez ce retard
? La
patinette. Vous avez parlé de la patinette. En fait, ça a toujours été un jouet. Et puis, la trottinette électrique, elle s'est installée, vous vous souvenez, en 2016-2017,
avec
un autre concept qui était celui du sport de glisse. Alors, on est passé du jouet au surf.
Et
l'objectif, c'était de faire un trajet d'un point A à un point B en s'arrêtant le moins possible, même en ne
s
'arrêtant pas du tout si c'était possible. Et tout à coup, on découvre qu'en réalité, c'est un mode de déplacement.
Et
donc, aujourd'hui, il faut remettre le dentifrice dans le tube et faire en sorte que les gens comprennent qu'avec une trottinette électrique, il faut qu'ils respectent les mêmes règles que celles que l'on doit respecter avec tous les autres modes de déplacement. Et en fait, l'enjeu, il est là. Il n
'est
pas forcément d'arrêter l'usage de la trottinette électrique. Il est de faire en sorte qu'on comprenne que ça n'est ni un jouet ni un sport de glisse. C'est un mode de déplacement. Les accidents ont lieu essentiellement la nuit et le week-end. Quelles conclusions on peut en tirer ? Quelles mesures on pourrait imaginer pour réduire le nombre d'accidents graves ou mortels
?
Alors, vous savez, on parle toujours de la trottinette électrique. Oui, bien sûr. On va venir au vélo dans un instant.
Donc,
sur la trottinette électrique, on a deux modes d'utilisation. On a le mode de libre-service, ce qu'on appelle le free-floating en bon français, où là, on a un mode de comportement qui est finalement assez opportuniste. Et puis, on a les usagers de la trottinette électrique qui l'utilisent beaucoup et surtout en région parisienne ou dans les centres-villes dans un dispositif multimodal.
C
'est-à-dire que c'est très pratique la trottinette électrique
parce qu'on la plie, on la prend dans le RER ou dans le train, on la ressort à Châtelet, on
fait le dernier kilomètre avec et puis on la branche sur la prise du bureau. Donc, c'est un mode de déplacement qui peut être aussi un mode de déplacement très utile dans l'évolution multimodale de nos trajets.
La
trottinette en free-floating, c'est autre chose. C'est vraiment de façon opportuniste, j'ai un déplacement à faire, je sors de soirée ou de boîte de nuit, je sais que je ne peux pas prendre ma voiture, je vais prendre ça, etc. Donc, les modes de déplacement et surtout les comportements sont différents. Les accidents de nuit, c'est essentiellement des accidents de trottinettes électriques en libre-service. Beaucoup plus que des usagers qui, eux, sont davantage dans cette multimodalité que je vous exprimais au départ. Donc, il faudrait quoi ? Réguler la vitesse, brider les trottinettes en libre-service, particulièrement la nuit et le week-end ?
Alors, elles ont un atout, ces trottinettes électriques en libre-service, c'est qu'elles sont horodatées et géolocalisées. Donc, ça veut dire qu'on peut limiter les plages horaires pendant lesquelles elles circulent et on peut limiter la vitesse, voire le périmètre de circulation. La vitesse maximale autorisée à trottinettes,
c
'est 25 km heure ? Absolument.
Ou
c'est trop, surtout quand on n'a pas de casque
? Alors,
merci pour le casque puisque pour notre association, il y a un prérequis de toute façon pour tout le monde, que ce soit en libre-service ou que ce soit avec une trottinette personnelle, c'est qu'il faut le casque. Nous,
on
a un conseil médical à l'association Prévention routière, on a des gens qui travaillent à Garche, on a des gens qui sont vraiment des spécialistes des traumatismes et qui nous disent qu'on n'a pas vu de tels traumatismes depuis qu'on met la ceinture de sécurité à l'avant. C'est-à-dire que, vous voyez comment comment s'est fait une trottinette électrique ? On voit bien que le centre de gravité est très bas, que les roues sont petites, que toutes les infractuosités sont finalement des occasions de perdre l'équilibre. Et en fait, qu'est-ce que font les gens ?
Ils font des soleils, donc ils prennent d'abord au niveau de l'estomac le guidon et ensuite, ils passent par-dessus et ils s'écrasent, ils font un écrasement facial, comme disent les médecins. Donc, c'est formidable, c'est vraiment quelque chose sur lequel il faut faire très attention. Il faut le casque et il faudrait même, nous le disent les médecins, un casque spécifique, un petit peu comme les casques des joueurs de hockey, vous savez, qui protègent la mâchoire, les pommettes et le haut du visage. Souvent, c'est la vitesse qui est en cause dans l'augmentation de la mortalité, en particulier des cyclistes.
Alors, évidemment, il ne s'agit pas de la vitesse des cyclistes, mais de la vitesse des voitures
et
sur les routes départementales en particulier parce qu'il n
'y a
pas d'infrastructures,
il
n
'y a
pas de pistes cyclables.
Alors,
sur les routes départementales, vous vous souvenez, il n
'y
a pas si longtemps que ça, nous avons eu un grand débat au niveau national. Les 80 km
heure.
Exactement, tout le monde s'en souvient. Et donc, il y a les images d'ailleurs à l'antenne sur le 80 et le 90 km heure. Donc, quand vous dites effectivement que la vitesse est un facteur aggravant de toutes les causes d'accident, c'est tout à fait vrai. Et là, si je fais juste un petit dégagement sur les chiffres qui ont été publiés hier, qu'est-ce qu'on constate ? On constate qu'il
y a
une baisse des accidents corporels. C'est minime, c'est 1,1 je crois de mémoire, mais qu'en revanche, il y
a
une hausse du nombre de tués. Donc, qu'est-ce que ça veut dire ? C'est assez simple de comprendre
que les accidents sont plus graves. Quel est le facteur qui est le facteur aggravant des accidents ? C'est la vitesse.
Et pourquoi ? Je reviens sur votre question par rapport aux vélos et peut-être aux vélos hors agglomération, parce qu'effectivement,
les chiffres démontrent aussi que les accidents mortels de vélo ne sont pas comme on pourrait le croire nous autres citadins dans cette jungle urbaine que l'on fréquente tous les jours. Mais ce sont des accidents principalement qui portent sur
les
hommes, puisqu'on a une grande majorité de cyclistes tués qui sont des hommes et hors agglomération. Et pourquoi ? C'est parce qu'effectivement, ils circulent sur des départementales qui sont souvent bidirectionnelles, sans terre pleine centrale et qui,
malheureusement,
ont, dans un grand nombre de départements, été ramenés à 90 km heure. Et donc, ce facteur vitesse est un facteur qui est effectivement aggravant. Les routes départementales ne sont pas systématiquement équipées de pistes ou de voies cyclables. Et puis, je voudrais attirer votre attention aussi sur un point, c'est que, qu'on soit en ville ou hors agglomération, même si on a des pistes cyclables, souvent, on a des très belles pistes cyclables et puis, on arrive à un carrefour, à un rond-point, etc., rupture de piste. Donc, le cycliste s'est senti protégé pendant tout un trajet et puis, il arrive un moment où cette rupture de piste
crée un sentiment d'insécurité, voire une zone d'accident.
Il y a peut-être un lien aussi avec d'autres chiffres qui augmentent, c'est ceux des incivilités, voire de l'agressivité, j'ai envie de dire, sur les routes. 65% des Français reconnaissent injurier les autres conducteurs. 34% collent délibérément la voiture qui les énerve. 20% descendent de leur véhicule quand le ton monte. Résultat du baromètre Vincis Autoroute, d'où cette une, d'ailleurs, du quotidien Le Parisien. Pourquoi on ne se supporte plus ? C'est ça, on ne se supporte plus ? On est plus stressé avec les autres.
Alors, on
avait fait en mai une opération Place de la République et puis dans trois villes de France qu'on avait appelé la comédie urbaine. Balzac nous avait inspiré pour le sujet parce que, effectivement, ce à quoi on assiste, c'est vraiment une comédie urbaine. Et on avait fait une étude, alors vous citez des chiffres, je vais aussi vous citer les nôtres où on disait que 57% des Français reconnaissent avoir eu peur en raison d'incivilité sur la route. À l'association Prévention routière, on a tendance à dire que la rue, la route, c'est notre premier réseau social.
C
'est le réseau sur lequel nous sommes tous, sur lequel nous circulons au quotidien. Et sur un réseau social, qu'est-ce qu'on fait ? On communique théoriquement. Or, qu'est-ce qui se passe ? C'est que de moins en moins, on communique dans la rue, sur la route. Moi, je suis une vieille dame et quand j'ai appris à conduire, le moniteur d'auto-école me disait captez le regard du piéton, cherchez le petit signe qui va faire comprendre qu'il vous a vu et que vous l'avez vu. Donc, on cherchait à communiquer. Aujourd'hui, sur ce réseau social qui est
vraiment un réseau qu'on doit protéger, c'est un commun, comme on dit, eh bien, on ne communique plus. Eh
bien,
qu
'est
-ce qui se passe quand on communique
plus
? Eh
bien, on se crie dessus. Et voilà ce qui se passe. On a aujourd'hui un mode d'interaction qui fait qu'on n'arrive plus à communiquer. Donc, on s'aboit dessus.
Je
vais vous montrer une photo qui est à la fois symbolique, on pourrait dire anecdotique, mais tout de même, par rapport aux chiffres graves qu'on évoquait, une voiture de luxe de la marque Bugatti photographiée sur le pont de Birakem avec la tour Eiffel en arrière-plan. une publicité qui aurait pu passer inaperçue sans l'agacement de la mairie de Paris
car
la voiture, on le voit, est stationnée sur une piste cyclable et aucune autorisation n'avait été demandée. Le premier adjoint d'Anis Algo, Emmanuel Grégoire, a réagi sur Twitter. Les pistes cyclables à Paris, ça fait rêver. La preuve, on en fait des pubs, mais c'est pour les vélos. Vous aussi, ça vous choque, cette photo hautement symbolique en plus d'une belle voiture toute rénovée, remise au goût du jour sur une piste cyclable
? Ça
me choque, mais cette photo me fait très plaisir et je vous remercie de la montrer à l'antenne. Pourquoi ça nous fait plaisir ? Parce qu'à l'association Prévention routière, on n'est pas très nombreux, mais on a des idées et on a une idée qu'on n'a jamais réussi à mettre en action qui consiste à dire qu'on aimerait que l'autorité de régulation des professionnels de la publicité s'empare de notre sujet et fasse en sorte que toutes les publicités soient regardées au prisme des règles de prévention et de sécurité routière. Et même, puisqu'on est très ambitieux à l'association Prévention routière, on aimerait que dans les séries télévisées, il y ait aussi ce respect des règles.
C'est-à-dire qu'on mette des casques quand on fait de la trottinette ou du vélo, des choses comme ça. Exactement. Ou que, par exemple, quand on apprend que son banquier vous accorde son prêt, on ne lâche pas le volant en disant «
Yahoo,
super, c'est formidable
».
Je dis ça parce que c'est vrai.
Je me demande quand même si cette Bugatti est moins grave ou plus grave que toutes les pistes cyclables dans Paris qui sont interrompues par des chantiers, par des embûches de toutes sortes et qui rendent la vie des cyclistes et des utilisateurs de mobilité douce impossible, bien davantage que cette piste en pleine nuit à Birakem.
L
'un n'empêche pas l'autre. Vous vouliez faire un commentaire, Laurence ?
Non, non,
en vous écoutant sur votre souhait que la publicité intègre vos préoccupations, je pensais aux miennes, pardon, qui sont celles de la lutte contre le sexisme et à notre grande difficulté à obtenir aussi que la publicité intègre la lutte contre le sexisme. Mais en vous écoutant, moi j'avais une observation,
c
'est que je crois qu'il
y a
un troisième facteur, peut-être que je me trompe, c'est les téléphones portables et les écouteurs. Moi, je suis frappée quand je suis à Paris de croiser des gens qui, non seulement ils ne me regardent pas, mais en plus ils ne m'entendent pas et ils sont dans leur monde, ils parlent avec quelqu'un, ils écoutent de la musique et ils ne peuvent même pas entendre ce qui se passe autour d'eux. J'imagine que vous avez aussi identifié que c'était un facteur supplémentaire d'accidentologie, non ? Absolument, tout à fait. Je rappelle d'ailleurs que c'est interdit de faire du vélo avec des écouteurs sur les oreilles. Bon, ça, il faut toujours le dire.
Mais votre remarque, elle rejoint tout à fait notre constat par rapport
aux
réseaux
sociaux.
et l'absence de communication. Et faisons cause commune vis-à-vis de l'autorité de régulation des professionnels de la publicité. Bien volontiers. Merci Anne Laveau, déléguée générale de l'association Prévention routière. C'est l'heure de la story de Mohamed Boevsi. Mohamed, le nom du général de Gaulle qui revient avec insistance
à
l'occasion de la guerre en Ukraine. Qui imagine le général de Gaulle associé à la propagande russe ? Personne. Et pourtant, le pouvoir russe continue d'instrumentaliser l'image de l'homme du 18 juin pour critiquer les Etats-Unis, notamment la télévision russe a consacré plusieurs documentaires et reportages à De Gaulle ces dernières semaines.
«Françus
on a become the only person who was able to restore France, qui capitulé devant Hitler.
L'exemple de l'exemple de l'exemple de l'exemple
de l
'exemple de l
'exemple
de l'exemple de l'exemple de
l
'exemple
de l
'exemple de
l
'exemple
de
l'exemple de l'exemple de l'exemple de
l
'exemple
de l
'exemple
de l
'exemple
de l
'exemple de
l'exemple
de
l
'exemple de
l'exemple
de
l
'exemple de l'exemple de
l
'exemple Aujourd
'hui,
se tenait à Volgograd, anciennement Stalingrad, des commémorations en grande pompe de la bataille de 1943, Stalingrad, où le général de Gaulle avait été accueilli en héros en 1966.
Il
y a 22 ans, Charles de Gaulle avait vu Stalingrad en ruine.
On
l'appelait alors la ville sans adresse. Plus de 80% de sa superficie bâtie était détruite. Témoignage encore, mais cette fois de la vaillance des défenseurs, la colline de Mamaï-Kourgan, l'un des centres de résistance de la grande lutte de 200 jours et 200 nuits
de
la bataille où il y eut un mort au mètre carré.
Aujourd
'hui, c'est devant cette même colline de Mamaï-Kourgan que le petit-fils du général Pierre de Gaulle a déposé, une gerbe en hommage aux soldats russes morts lors de la bataille de Stalingrad. Mardi, il rencontrait une douzaine d'officiels russes dont Sergei Narishkin, le directeur des renseignements extérieurs russes. Cette réunion était filmée. Elle est diffusée en boucle depuis 48 heures sur les chaînes de télévision russes.
C
'est
pour
cela que Pierre de Gaulle est doublé par une femme. Le 14 juin 2022, à l'occasion de la fête nationale russe, Pierre de Gaulle remerciait au nom de sa famille l'ambassade russe de l'avoir invité avant de comparer l'attitude des Occidentaux envers l'Ukraine à celle du régime
de Vichy.
Mon
grand-père a toujours soutenu et défendu l'impérative nécessité de
construire et préserver une relation forte et partagée avec la Russie. Le peuple russe, dont le droit de propriété, est si injustement bafoué partout dans le monde. Cela me rappelle les pires moments de l'occupation et du régime de Vichy en France. Nos papes sont liés par de longues années d'amitié et par le sang versé contre les nazis.
Sylvain Tronchet, le correspondant de France Info à Moscou, il nous explique pourquoi le pouvoir de Moscou continue d'instrumentaliser la figure du général.
Dans
le contexte actuel, la figure du général de Gaulle est extrêmement pratique, finalement, en quelque sorte, pour le pouvoir russe. D'abord parce que c'est l'homme qui s'est opposé à l'OTAN et la Russie considère aujourd'hui qu'elle est en guerre contre l'OTAN. Au travers de la figure de son petit-fils, dont les opinions pro-russes sont connues, il est assez facile finalement d
'instrumentaliser
le discours de Charles de Gaulle au profit de la Russie.
J
'ai pu m'entretenir cet après-midi avec Yves de Gaulle chargé de représenter la famille. Il m'a confié la position de mon frère Pierre qui
n
'engage personne d'autre que lui-même, c'est-à-dire ni moi ni notre famille et encore moins le général de Gaulle. Avant d'ajouter, mon grand-père avait condamné l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'URSS et exigé le retrait des troupes soviétiques du pays. Contact. Mohamed,
c
'est l'heure du 5 sur 5 de Mathieu Béliard.
Bonsoir Babette. Bonsoir à toutes et à tous.
Mathieu, on a appris ce matin la mort du journaliste Philippe Tesson. Oui, et s'il est difficile de résumer sa carrière en quelques mots pour lui rendre hommage avec quelques archives, bien sûr. Philippe Tesson, grande plume de la presse française de la deuxième moitié du XXe siècle, le journaliste était devenu patron de presse en fondant le quotidien de Paris. Écoutez cet extrait d'interview au premier anniversaire du journal.
Les
lecteurs du quotidien de Paris sont, si vous voulez, pour schématiser des Français déjà assez informés, en tout cas des Français qui s'intéressent d'assez près à l'actualité politique et culturelle, qui sont déjà un peu imprégnés d'informations et qui pensent, qui réfléchissent à un certain niveau d'exigence politique, d'exigence culturelle et d'exigence civique. Tout ce que je peux dire, c'est que ça n'est pas un journal de masse, que ça ne veut pas l'être et que de toute façon, si ça se voulait ainsi, ça ne réussirait pas parce qu'un journal de masse est condamné aujourd'hui à la loi industrielle et qu'il n'y a de succès, je le répète, aujourd'hui, que pour des formules de type artisanale.
Et
Patrick, vous avez fouillé dans vos archives personnelles qui sont certainement mieux rangées
que les miennes.
Quelques vieilleries des années 78 et 79. Quand j'étais lycéen, la lecture quotidienne la plus amusante, je
n
'ai
pas dit la plus informée ou la plus complète, mais la plus amusante et la plus créative et la plus stylée comme dirait les jeunes d'aujourd'hui.
C
'est-à
-dire, c'était le quotidien de Paris de Philippe Tesson.
C
'était très bien écrit et ce n'était pas un journal réac, contrairement à ce que j'ai entendu ce midi à la radio, au moins jusqu'à l'élection de Mitterrand.
C
'était un journal libre avec des grandes plumes de droite, de gauche et d'ailleurs et puis des pages culturelles assez étincelantes, notamment la signature d'Henri Chapier pour le cinéma ou d'Anne de Gasperi.
Philippe Tesson n'était pas qu'un homme de presse écrite,
c
'était un orateur aussi, un débatteur et on se souviendra de quelques envolés à la télé. Mais ce n
'est
pas un roman, c'est le contraire d'un roman. D
'abord,
un roman vrai, excusez-moi, on ne
va
pas faire un débat autour de ça, on est pressé. Un roman vrai,
c
'était...
J'aurais tout
entendu.
Non, c
'est
contradit.
Un roman n'est jamais vrai.
Mais
intéressez-vous un peu au problème du peuple, Philippe, évidemment,
ce n'est pas votre problème. Mais pourquoi ? Qu'est-ce que tu cherches ? Vous êtes un grand bourgeois des médias, vous ne comptez pas votre monnaie à la pièce. la bagarre ou
que
je
quitte Paris
-François ? Moi,
je balance à Paris. Mais balancer à Paris, ça veut dire sa vérité qui est en l'occurrence la vérité. C'est nul. C'est tout. Pierre, on ne peut pas rendre hommage à Philippe Tesson sans évoquer le critique de théâtre, le passionné de théâtre également, directeur du théâtre de Poche-Montparnasse. Absolument. Il était fou de littérature, fou de théâtre, de tous les théâtres. Et il avait une espèce de gourmandise experte qui faisait merveille. Il a poursuivi cette passion avec son théâtre de Poche à Paris. Et moi, ce que j'aimais beaucoup chez lui, c'était ses critiques étourdissantes d'éloquence et de passion. Vous ne pouviez pas ne pas foncer au théâtre après l'avoir écouté.
On a travaillé avec lui, on s'en souvient. Et en même temps, quand il critiquait, y compris là, sur un livre qui plus tard verra son auteur avoir le prix Nobel, il critiquait. Il y avait une insolence avec classe, mais il n'y avait jamais cette passion de faire un petit titre de chansonnier pour faire rire. Il avait vraiment une insolence de classe magnifique.
Une
dernière image, celle de la relève, si j'ose dire. Philippe Tesson était le père de Sylvain Tesson, l'écrivain aventurier qui dira de lui, de nous deux, c'est lui le vrai funambule. Je vous propose ces images qui sont récentes et tournées par nos camarades de France 2, père et fils, les deux hommes face à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ça me met qu'est-ce qu
'il
fait de la... On dirait Victor Hugo s'ils vont réfléchir à son prochain roman. Il a fait des journaux, il a fait des théâtres, il a ouvert des choses. Voilà, ça j'aime bien qu'on pousse les portes. Je pense qu'il nous a transmis ça, il a transmis ça à ses enfants,
c
'est-à
-dire
une sorte de force éruptive. D'ailleurs, regardez, il a l'air en aussi bonne forme que Notre-Dame. Il y
a
comme ça deux monuments historiques qui sont l'un à côté de l'autre. Philippe Tesson est décédé hier soir entouré de ses enfants selon l'annonce de sa famille.
Il
avait 94 ans et notez simplement que France 2 lui rendra hommage également demain soir 22h45 avec la diffusion du film documentaire Empreinte qui lui était consacrée. Sième, la jeune fille disparue depuis plus d'une semaine a été retrouvée morte l'année dernière. Dans une forêt du Gard, la famille et les autorités étaient sans nouvelles de la lycéenne depuis mercredi. Sième avait 18 ans, son corps a été retrouvé dans une forêt. Le principal suspect venait de passer aux aveux.
Je
confirme donc ce jour
que
le corps de la jeune Sième
a
été retrouvé cette nuit aux alentours de 1h du matin dans un chemin de campagne isolé
près
de la Grand Combe.
Le
gardé à vue, lien de famille éloigné de la victime,
passé
aux aveux en soirée le 1er février 2023.
après
sa prolongation de garde à vue et sa présentation au parquet.
Il
indiquait avoir tué la jeune femme dans le cadre d'une dispute liée à leur relation amoureuse alors même qu'il s'était retrouvé la nuit des fées en toute intimité.
Le
suspect, un homme de 39 ans très défavorablement connu des services de police qui avait déjà fait de longs séjours en prison. La procureure parle d'une relation amoureuse vous l'avez entendu sur la base de ses aveux, version contredite par les proches de SIEM à écouter l'avocat de la famille. Dans l'entourage de SIEM, personne ne connaissait cette relation.
Cette
relation amoureuse, je vous le dis de façon tout à fait claire, personne n'en avait connaissance et pour l'instant, ça n'est que la version de la personne mise en examen, mise en cause. Donc cette version n'est corroborée par personne. Personne n'avait connaissance de cette relation hypothétique. SIEM n'est plus là pour la confirmer. Évidemment, c'est une version du mise en examen.
Il
est tout à fait probable que cette relation n
'ait
jamais existé.
Face
aux enquêteurs, le suspect aurait simplement pointé le lieu où il a laissé le corps sur une carte. SIEM serait morte étouffée.
Ce
que l'autopsie doit encore confirmer.
Faut
-il arrêter de publier des photos de nos enfants sur les réseaux sociaux ? La question se pose dans de nombreux foyers. Pour preuve, cette autre tendance qui consiste à cacher les visages des petits avec des émojis, clairement, on en a pris conscience. Mais il faut savoir qu'avant l'âge de 13 ans, en moyenne, un enfant apparaît sur 1300 photos publiées en ligne. Alors que 13 ans, c'est l'âge qu'on estime raisonnable pour s'inscrire sur les réseaux sociaux.
Il a
déjà 1300 photos de lui. En moyenne, oui. Faut-il arrêter de publier des photos de nos enfants sur les réseaux ? En croit le député Renaissance Bruno Studer. La réponse est oui. Il a déposé une proposition de loi pour mieux encadrer ses publications. Il entend alerter, mais fait aussi des propositions. David Roudal a contacté cet après-midi.
Il
y a un aspect qui est très général, qui est de dire « parents au XXIe siècle, vous êtes protecteur de la vie privée de votre enfant. C'est ses données
personnelles, c'est son image. » Quand vous êtes un parent et que vous publiez à tiers d'argué ou des images de votre enfant, comment espérer que
lui
-même ne le fasse pas par la suite ? Dans les cas où les parents ne comprennent pas qui sont en train de mettre en danger leur enfant par la diffusion sans cesse d'images,
etc., pour
aller vers une tierce personne qui serait désignée pour exercer le droit à
l
'image de l'enfant, intervenir dans des familles où l'usage du droit à
l
'image manifestement pose un problème. Il faut aussi se dire que peut-être dans 10, 15, 20 ans, on aura des enfants qui malheureusement auront envie de se retourner contre leurs parents parce qu'ils auront abusé du droit à
l
'image dont la loi en faisait les détenteurs et donc les protecteurs.
Ajoutons, et c'est plus qu'une alerte de Bruno Studer, ajoutons que selon lui, 50% des photographies qui s'échangent sur les forums pédopornographiques ont été publiées par des parents sur leurs réseaux sociaux et récupérées par la suite, si moi, bien compris. La proposition de loi entend garantir le respect du droit à l'image des enfants, il en va de leur protection. Louis Amart et Anaïs Recouli ont interrogé l'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique. Ils ont participé à la rédaction de la proposition de loi.
Le
risque court les enfants, il est avant tout dans le fait qu'aujourd'hui, on sait très bien que ces contenus sont indélébiles, qu'il est très difficile de pouvoir mettre en oeuvre ce qu'on appelle le droit à l'effacement qui est pourtant
prévu par la loi, à l'heure où pas mal d'adolescents se construisent par le biais des réseaux sociaux et dont on pourrait supposer que le fait de voir surgir ici et là des photos d'eux dans des postures malencontreuses et non
souhaitées
à l'adolescence pourrait fortement les impacter, voire les handicaper dans leur construction sociale et identitaire. On est aussi inquiet bien sûr de ce qui pourrait advenir de ces contenus qui pourraient être on va dire trafiqués et mis en ligne sur des sites illicites. Il faut quand même être lucide, la France est le premier pays hébergeur de contenus pédopornographiques et donc c'est quelque chose d'inquiétant.
Alors
qu'en disent les parents ? Nous en avons interrogé quelques-uns à Paris aujourd'hui. Écoutez-les bien, déjà on sent qu'ils commencent à être plus prudents qu'il y a quelques années. Je diffuse des choses avec moi dessus ou des amis majeurs mais pas mes enfants. Oui, ça m'arrive. Oui, mais que sur mon compte Insta qui est privé. De dos ou de procès. Les enfants, j'essaie de ne
pas
les mettre sur les réseaux sociaux. Je ne fais pas
et
je demande même à mes proches de ne pas les faire. Il n
'y
a jamais eu une photo d'un de vos enfants mineurs sur votre compte. Alors si au début, parce qu'en fait au début quand on ne connaît pas tous ces réseaux, on diffuse dès qu
'on
fait quelque chose. Ma femme le fait, moi je ne le fais pas personnellement. Il y a des débats dans le couple ? Je ne
suis
pas pour. Moi je n'aime pas trop les enfants sur les réseaux sociaux. Je ne
veux
pas que la tête de mes enfants se retrouve partout et on sait bien
les
défauts de l'Internet. Je ne
sais
pas, ça reste quand même nos enfants et
je
pense que on ne sait pas qui est-ce qu
'ils
regardent. C'est surtout ça. Laurence Ronsignol, si cette proposition de loi arrive au Sénat, vous la voterez ? Ah mais sans hésiter. Il a parfaitement raison sur tous les arguments qu'il donne. Pédocriminalité, pillage de ses photos sur les sites du Dark Web. Et puis en fait, est-ce que l'image des enfants appartient à leurs parents ? Il y a un vrai sujet éthique quand même. Et enfin, je crois que cette proposition de loi devrait aboutir. Je raconte juste une petite chose. Il y a quelques années, j'avais fait travailler un groupe d'enfants, un collège d'enfants et on leur avait demandé de faire leur proposition.
Et parmi leurs propositions, ils avaient suggéré qu'à 18 ans, toutes leurs données soient effacées systématiquement.
Parce
qu'ils voulaient entrer dans l'âge adulte
sans
être poursuivis et suivis et porteurs de tout ce qui avait pu être mis auparavant, y compris par eux-mêmes d'ailleurs, sur les réseaux sociaux. J'avais trouvé que c'était très révélateur du fait que les enfants avaient bien plus conscience que leurs parents
de
à quel point c'était un lourd bagage, un lourd sac à dos pour eux que de trimballer tout ce qu'il
y
avait sur les réseaux sociaux. Mais parce que je pense qu'ils en subissent quotidiennement les conséquences. On parle très régulièrement ici du harcèlement scolaire qui est prolongé ou qui parfois démarre sur les réseaux sociaux. Donc, oui, pardon
?
Simplement, par rapport à ce que vous disiez, si vous mettez une photo de vos enfants sur les réseaux sociaux, elle ne vous appartient plus non plus. Elle appartient aux réseaux sociaux en question. Et c'est la raison pour laquelle toutes les photos que vous avez utilisées
pour
illustrer
ce sujet ? Oui, pardon, précisément,
ce ne sont pas des vraies photos, ce sont des photos d'agence. Ce sont des photos qui sont à la disposition des médias et sur lesquelles on a rajouté ces émojis. Mais c'est une pratique que vous avez sans doute déjà croisée sur les réseaux sociaux. C'est un début de prise de conscience. Merci beaucoup, Mathieu Béliard. Merci, Laurence Rossignal, vice-présidente du Sénat, sénatrice PS de l'Oise. Merci beaucoup, Anne-Lavo, déléguée générale de l'association Prévention routière.