Bernard Cazeneuve revient sur la nuit du 13 novembre 2015
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui s'est passé exactement cette nuit-là ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Quels moyens manquaient aux services de renseignement en 2015 ?
- 7:00OuverteRéponse directe
La droite vous a-t-elle critiqué sur la gestion des fichés S ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Quels progrès ont été réalisés en 10 ans ?
- 11:00OuverteRéponse partielle
La déradicalisation a-t-elle fonctionné ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:40B.CazeneuveFait
« Il est à peu près 20h20. Je suis à l'hôtel de Beauvau. Je reçois un coup de fil de F.Hollande. Il a entendu l'explosion à l'extérieur du Stade de France. »
- 5:40B.CazeneuveFait
« Quand j'arrive à Beauvau en 2014, la loi sur le renseignement date de 1991. A l'époque, il n'y avait ni portable ni Internet. »
- 6:40B.CazeneuveChiffre
« Face à ce constat, B.Cazeneuve renforce les services de renseignements et crée 9000 emplois de policiers supplémentaires. »
- 7:40B.CazeneuveFait
« J'ai entendu la droite me demander de mettre en rétention tous les fichés S. C'était absurde. »
- 8:40B.CazeneuveFait
« Dire que tous ceux qui luttent contre l'islamisme sont des islamophobes alors que les 1res victimes du totalitarisme islamisme ont été les musulmans eux-mêmes, ça repose sur une méconnaissance de l'histoire. »
- 10:20A.BauerFait
« L'infiltration, on le faisait déjà pas si mal. C'est un des éléments les plus intéressants. »
- 11:40N.SchulzFait
« On s'est doté de magistrats ultra expérimentés. C'est un outil qui a fait ses preuves. »
- 13:00O.ChristenChiffre
« Tous les ans, il y a 40 à 50 personnes condamnées pour des faits de terrorisme islamisme qui sortent de détention. »
- 14:00A.BauerChiffre
« Plus de 25 000 si on cumule l'ensemble des fichiers et qu'on essaie de faire le tri... »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
homicides ou tentatives. - C.Roux: Lui dînait avec son épouse place Beauvau lorsque le président de la République F.Hollande l'a appelé alors que lui-même assistait au match de foot France-Allemagne au Stade de France.
Le ministre de l'Intérieur de l'époque, B.Cazeneuve, revient sur cette nuit dehors où il fallait montrer que dans la panique, la République ne tremblait pas. - Il y a des soirées qui marquent à jamais.
Le 13 novembre 2015, B.Cazeneuve était ministre de l'Intérieur. - B.Cazeneuve: Il est à peu près 20h20.
Je suis à l'hôtel de Beauvau. Je reçois un coup de fil de F.Hollande.
Il a entendu l'explosion à l'extérieur du Stade de France. Immédiatement après qu'il a raccroché, le préfet de police m'appelle pour m'indiquer qu'il y a aussi des fusillades sur certains axes du 11e arrondissement. Je comprends à ce moment-là qu'on est confrontés à ce que nous redoutons depuis des mois, une attaque terroriste massive. - Très vite, une cellule de crise au ministère de l'Intérieur est montée.
L'état d'urgence est déclaré. Il est plus de 1h du matin quand B.Cazeneuve arrive devant le Bataclan. - B.Cazeneuve: C'est quasiment une scène de guerre à laquelle on assiste à ce moment-là.
A l'esprit, j'ai l'image d'une jeune femme qui a des traces de sang sur les vêtements. Elle était vraisemblablement dans la fosse à proximité de personnes qui ont été blessées ou tuées. Son regard est vide de toute expression, comme si la vie lui avait été temporairement retirée par la violence du choc.
Vous êtes investi d'une responsabilité publique dans un contexte difficile. Vous n'en êtes pas pour autant autre chose qu'un homme qui a ses sentiments, sa sensibilité. La seule différence, c'est que vous ne pouvez pas en témoigner.
Lorsque vous apparaissez publiquement, si vous donnez le sentiment d'avoir été envahi par le choc, vous envoyez le signal que le pays pourrait ne pas y résister. Vous n'avez pas le droit de le faire. - Derrière le choc et l'émotion, des défaillances sont vite pointées du doigt. - B.Cazeneuve: Quand j'arrive à Beauvau en 2014, la loi sur le renseignement date de 1991.
A l'époque, il n'y avait ni portable ni Internet. Les terroristes communiquent entre eux avec des moyens cryptés. Vous voyez le décalage entre ce que la loi sur le renseignement permet de mobiliser d'instruments et de moyens et ce que les terroristes utilisent sans demander l'autorisation à personne. - Face à ce constat, B.Cazeneuve renforce les services de renseignements et crée 9000 emplois de policiers supplémentaires.
A l'Assemblée, la cohésion nationale est déchirée par les clivages politiques. - B.Cazeneuve: J'ai entendu la droite me demander de mettre en rétention tous les fichés S.
C'était absurde. Si on s'était mis à signaler tous ceux qui étaient fichés S, ils se seraient dissimulés davantage pour commettre leurs actes. Les outrances commençaient à gronder, déjà, au Parlement et dans l'opinion publique. - L'ancien ministre de l'Intérieur regrette qu'aujourd'hui la simple évocation des dangers de l'islamisme enflamme les débats. - B.Cazeneuve: Une partie de la gauche s'est placée dans un angle mort sur ce sujet.
Dire que tous ceux qui luttent contre l'islamisme sont des islamophobes alors que les 1res victimes du totalitarisme islamisme ont été les musulmans eux-mêmes, ça repose sur une méconnaissance de l'histoire, une manipulation d'un cynisme total...
Amener les musulmans à voter de telle manière ou d'une autre...
C'est très peu protecteur de la République. C'est d'une naïveté considérable pour ceux qui racontent ça parce qu'ils le croient. Ils n'ont pas compris la nature de ce qui se produit. - Des débats houleux alors que le risque d'attentat reste élevé en France. - C.Roux: Pour faire écho à ce témoignage de B.Cazeneuve, depuis, la France a rattrapé son retard, notamment en ce qui concerne les moyens donnés aux renseignements. - D.Delseny: Des moyens juridiques.
Il y avait une loi obsolète à l'époque qui ne permettait pas de faire des surveillances sur les réseaux, qui ne permettait pas toujours de faire des écoutes téléphoniques, pas au bon moment. La difficulté, c'est qu'il faut s'adapter en permanence. Les terroristes, comme le font les membres du grand banditisme, ont toujours ce petit temps technologique d'avance.
Les lois ont été modifiées plusieurs fois depuis. A chaque fois, on a l'impression que c'est extrêmement lent. Le processus législatif est compliqué à modifier.
Il y a toujours des oppositions politiques avec des postures qui font que les textes mettent parfois du temps entre le moment où on décide qu'il faut résoudre le problème et le moment où il est résolu. Ca prend des mois. - C.Roux: Qu'est-ce qu'on a appris en 10 ans?
Qu'est-ce qu'on fait de mieux? - A.Bauer: A peu près tout.
L'infiltration, on le faisait déjà pas si mal. C'est un des éléments les plus intéressants. Tout ne passe pas par les réseaux.
Je parle sur le corps central des organisations criminelles, narco et terro. Ils ne font pas la même chose mais ont des méthodes, des fournisseurs et des techniques qui se ressemblent. L'infiltration est très forte.
La coopération interservices aussi. Ca a beaucoup progressé notamment grâce à l'outil technique de la DGSE et à la transformation de la DST en DGSI. Il y a eu des moments difficiles mais ça s'est amélioré.
Le renseignement humain est redevenu un moment important. La capacité d'allier le préventif, le proactif, intervenir avant et après...
On intervenait très bien après mais très peu avant. J'étais dans l'équipe de M.Rocard quand on a fait la loi de 90 qui était la 1re loi depuis 1958.
A chaque fois, ça prend beaucoup de temps. Ce n'est pas toujours un temps inutile. L'équilibre dans une démocratie entre la préservation des libertés, le mauvais usage de ces textes pour des raisons politiques...
C'est un problème de dénomination et l'incapacité de dire les choses... - C.Roux: Il y a des mots qui ont disparu dans la bouche des spécialistes, comme "déradicalisation".
Question. M.Valls s'exprimait ce matin et a dit qu'il n'avait jamais cru à la déradicalisation. - N.Schulz: On a créé ces quartiers d'évaluation.
On constate que l'on craignait beaucoup que les personnes incarcérées pour des faits en lien avec du terrorisme et qui sortent de prison, qu'il y ait une recrudescence des attentats. On constate que ça n'a pas forcément été le cas. Ils sont très surveillés.
Ce qui a changé en 10 ans, c'est la création d'un Parquet national antiterroriste qui n'existait pas à l'époque. Le procureur de la République de Paris avait la casquette en charge de la lutte contre le terrorisme. On s'est doté de magistrats ultra expérimentés.
C'est un outil qui a fait ses preuves. On le décline en ce moment pour la lutte contre la criminalité. - C.Roux: Des terroristes condamnés sortent parfois de prison.
On écoute un extrait de l'interview d'O.Christen, le procureur national antiterroriste. - Tous les ans, il y a 40 à 50 personnes condamnées pour des faits de terrorisme islamisme qui sortent de détention.
Notre travail est d'assurer la continuité qui va assurer le suivi une fois que les personnes sont hors les murs. Ce suivi est efficace puisque dès lors que la DGSI ou les différents services en charge de la surveillance de ces personnes vont détecter un comportement en infraction avec les obligations auxquelles ces personnes sont soumises, elles pourront être réincarcérées. Il y en a eu 6 qui ont été réincarcérées sur cette base. - C.Roux: Ils sont évidemment suivis. - A.Bauer: Plus de 25 000 si on cumule l'ensemble des fichiers et qu'on essaie de faire le tri...
Il y a 5 condamnés du 13-Novembre sortis de prison.
François Hollande