Réforme des retraites, dépenses publiques, voitures thermiques, banques françaises, trimestre anti-inflation... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Bruno Le Maire
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Bonjour Bruno Le Maire. Bonjour Marc Fauvel. Un mot tout d'abord de ce qui se passe ces derniers jours aux Etats-Unis. Depuis vendredi dernier, la 16e plus grosse banque du pays a dû fermer en urgence. Il s'agit d'une banque californienne. Depuis, une autre banque a été fermée par l'administration Biden et le président américain va s'exprimer aujourd'hui pour tenter de calmer un peu tout le monde. Les banques françaises ont perdu assez nettement à la bourse également vendredi dernier. Y a-t-il un risque de contagion aujourd'hui ?
Je ne vois pas de risque de contagion, donc il n'y a pas d'alerte spécifique. Nous surveillons évidemment la situation de très près, mais je le redis, il n'y a pas d'alerte spécifique. Ce qui s'est passé aux Etats-Unis est très singulier. C'est une banque qui était très exposée, voire exclusivement exposée au secteur de la tech, qui a eu des difficultés liées à l'augmentation des taux d'intérêt. Les épargnants de la tech ont retiré leur placement, retiré leur dépôt. Ça a créé cet effet sur cette banque et sur une autre banque. Il n'y a pas de risque à la Lehman Brothers 2008 ? Non, la situation française est totalement différente. D'abord, nous avons des banques qui sont solides.
Nous avons un système bancaire qui est solide. Je vous ai toujours dit que c'était un atout pour notre pays, je le confirme. Nous avons un ratio de liquidité qui est élevé dans les banques françaises, que nous surveillons tous les mois avec le gouverneur de la Banque de France. Nous avons des banques qui ont un secteur d'activité, des secteurs d'activité très diversifiés. Elles ne sont pas exposées à un seul secteur d'activité. Donc, je le redis, il n'y a pas d'alerte spécifique sur le secteur bancaire français et nous suivons évidemment la situation de très près. Si une banque française devait être touchée par ce qui se passe en ce moment aux Etats-Unis, vous l'aideriez ?
Mais nous avons toujours aidé toutes les entreprises en difficulté. Mais je le redis, nous n'en sommes absolument pas là. Il n'y a pas d'alerte spécifique. Les banques françaises sont solides. Le système bancaire français est solide. Et il fait l'objet d'une supervision qui est extraordinairement rigoureuse.
Bruno Le Maire, vous étiez hier à Matignon, aux côtés de la Première Ministre, pour évoquer l'avenir de la réforme des retraites. Savez-vous ce matin combien de voix il vous manque pour espérer la faire passer, cette réforme ?
Ce que je sais surtout, c'est que nous avons eu la majorité au Sénat. Je voudrais commencer par là. Nous avons une majorité pour cette réforme des retraites qui s'est dégagée au Sénat. C'est une victoire politique majeure. Elle est parfois passée sous silence. 195 voix pour, 112 comptes. Donc une large majorité s'est dégagée au Sénat pour cette réforme des retraites. Preuve que le gouvernement, le président de la République, peuvent dégager une majorité sur cette réforme des retraites.
Mais il y a plus de doutes à l'Assemblée.
Oui, il y a plus de doutes à l'Assemblée. Mais il faut que nous mettions toutes nos forces dans la bataille pour la majorité cette semaine. Pour dégager une majorité à l'Assemblée nationale. Et pour ce qui me concerne, je jetterai aussi toutes mes forces dans cette bataille. Parce qu'elle est très importante pour le pays et très importante pour la majorité. Il faut d'abord que la majorité fasse bloc. Et quand je vois les déclarations de François Bayrou, le patron du Modem, de Stéphane Séjourné, le patron de Renaissance, je n'ai aucun doute que la majorité fera bloc, qu'il s'agisse d'Horizon, de Renaissance ou du Modem.
Avec une lunace.
Non, je ne dis pas ça du tout. Je dis juste que quand on a été élu parlementaire sur un projet législatif clair, qui est de porter la retraite à 65 ans, l'âge légal de départ à 65 ans, puis un projet législatif qui reprenait aussi cet âge légal, et qu'on a cette réforme des retraites qui propose l'âge légal à 64 ans, c'est-à-dire avec une ouverture et une concession par rapport à ceux qui nous demandaient une mesure plus mesurée, je pense qu'il n'y a aucune raison de ne pas voter cette réforme. Et je souhaite évidemment que la majorité fasse bloc.
Est-ce que vous nous garantissez que le gouvernement n'aura pas recours au 49-3 pour faire passer cette réforme ?
Je vous garantis qu'on fera tout ce qui est nécessaire cette semaine pour bâtir une majorité, et que c'est la seule option sur laquelle nous travaillons.
Le 49-3 n'est pas sur la table ?
Nous travaillons cette semaine avec le Premier ministre que j'ai vu hier, avec Gabriel Attal, avec Olivier Véran, avec l'ensemble des parlementaires de la majorité. Nous travaillons sur cette seule option, bâtir une majorité.
Quand vous voyez ce que disent certains députés LR, les Républicains, ils sont une dizaine à dire de toute manière nous on ne la votera pas cette réforme, vous ne vous dites pas, on a cédé à pas mal de concessions, on a fait beaucoup d'efforts, on a beaucoup changé le texte, et finalement ils ne veulent toujours pas la voter. C'est quoi ? Il y a eu une petite arnaque dans l'accord avec Éric Ciotti, ou alors c'est carrément l'autorité d'Éric Ciotti qui est remise en cause ?
Non, moi je ne rentre pas dans ces calculs partisans. Ce n'est pas mon sujet. Ce que je sais, c'est que cette réforme des retraites va nous permettre de sauver le régime de retraite par répartition. Ce que je sais, c'est qu'elle va améliorer la situation de centaines de milliers de personnes qui sont à la retraite ou qui partent à la retraite. Ce que je sais, c'est que dans la réforme d'Éric Woerth, il y avait 1,5 milliard d'euros de mesures sociales. Dans la réforme Touraine, il y avait un peu plus de 4 milliards. Nous, il y a 6 milliards d'euros de mesures sociales pour améliorer la situation de ceux qui partent à la retraite en ayant un handicap ou en ayant des difficultés physiques.
Pour améliorer la situation de ceux qui ont des petites retraites. 6 milliards d'euros, c'est l'ensemble des mesures de la réforme Woerth et de la réforme Touraine qui sont dans cette réforme des retraites que nous proposons. 6 milliards d'euros pour le maire, dont plusieurs centaines qui ne sont pas financées. Tout devra être financé. Le texte qui sortira de la commission mixte paritaire, qui a lieu mercredi, devra être un texte à l'équivalent.
Donc il faudra soit de nouvelles économies, soit certaines mesures qui vont être rapportées. Il y a une mesure qui a été votée par le Sénat contre l'avis du gouvernement, c'est la création d'un CDI senior avec des cotisations sociales un peu moins élevées pour les entreprises qui embauchent des seniors. Est-ce que le gouvernement va reprendre cette mesure de la droite ?
Mais c'est au parlementaire de le décider en commission mixte paritaire. La première ministre va recevoir aujourd'hui les parlementaires. La ligne du ministre des Finances, qui est évidemment celle du gouvernement, c'est que le texte qui doit sortir de la commission mixte paritaire, lorsque députés et sénateurs se sont rencontrés, doit être un texte à l'équilibre financier. Parce que c'est une mesure de responsabilité, c'est la condition pour sauver notre régime de retraite par répartition, et parce que c'est notre promesse politique.
Nous avons promis à nos compatriotes qu'avec cette réforme des retraites, le régime des retraites qui devait accuser des milliards d'euros de déséquilibre financier serait à l'équilibre en 2030. Et je souhaite que nous tenions cette promesse et donc que le texte qui sorte de la commission mixte paritaire soit à l'équilibre financier.
Mais par exemple, il est possible que certaines des mesures arrachées à l'Assemblée par Aurélien Pradié, ne figurent pas dans le texte final.
Mais il est possible que ce soit effectivement le cas. Le tout, c'est que le texte soit à l'équilibre. Après, les parlementaires sont souverains. S'ils veulent retenir une mesure, et pour financer cette mesure, en retirer une autre, ils ont évidemment toute liberté. c'est ma responsabilité de ministre des Finances, c'est de garantir l'équilibre financier en 2030 du régime de retraite par répartition.
Bruno Le Maire, vu les turbulences que provoque cette réforme des retraites au sein même du gouvernement, est-ce qu'il faut s'attendre à un remaniement juste après l'adoption, s'il a lieu de cette réforme ?
Moi, je vois surtout des turbulences dans nos oppositions. Je reviens une seconde chez les Républicains dont vous avez parlé. Enfin, tout de même, ce serait lunaire d'avoir un parti qui vote un texte au Sénat et qui ne le vote pas à l'Assemblée nationale. Ce serait lunaire d'avoir un parti politique qui s'est engagé devant les Français, derrière sa candidate à la présidentielle en 2022, pour la retraite à 65 ans, qui s'est fait élire ensuite pour ses députés avec un programme législatif de départ comme âge légal à 65 ans et qui ne voterait pas ce texte.
Et moi, je vais en faire appel aussi quand je m'exprime devant tous les députés, les députés des Républicains en particulier, quand je discute avec eux. Je ne voudrais pas qu'ils oublient que ce qui fait partie de la culture de leur parti, je le connais bien, j'en viens, de la culture de la droite. Et vous l'avez quitté. C'est l'équilibre des finances publiques. Oui, je l'ai quitté, mais justement, à force d'incohérence, on va nulle part. Les Républicains ont toujours défendu, quel que soit le président de la République, quelle que soit la constitution de leur groupe à l'Assemblée nationale, l'équilibre des finances publiques.
On ne peut pas se dire de droite et refuser l'équilibre des finances publiques ou l'équilibre du régime de retraite par répartition.
Les finances publiques, Bruno Le Maire, on va en parler dans un instant, puisque la Cour des comptes et son président Pierre Moscovici viennent de vous tacler sur le retour sous les 3% de déficit. Vous aurez l'occasion de lui répondre. Dans quelques instants, le filet info tout d'abord à 8h41 avec Maureen Suignard. Des poubelles qui s'entassent à Paris, Nantes, Antibes ou encore Metz. Conséquence de la grève des éboueurs contre la réforme des retraites. La grève reconductible aussi en cours à la SNCF. 3 TGV sur 5 circulent en moyenne aujourd'hui, 1 TER sur 2 et 1 tiers des intercités. C'est une semaine particulièrement importante pour la majorité.
7 députés et 7 sénateurs planchent sur une version commune du texte avant de la soumettre au vote. Il faut que nous mettions toutes nos forces dans la bataille et que la majorité fasse bloc, dit Bruno Le Maire sur France Info ce matin, le ministre de l'Économie et des Finances. La réunion des frondeurs à Strasbourg aujourd'hui. Les pays qui veulent repousser la fin de la vente des voitures à moteur thermique en Europe. Elle est prévue en 2035. L'Allemagne s'inquiète pour son économie automobile et se ruine donc aujourd'hui avec la République tchèque et la Pologne. Attention aux orages dans l'après-midi. 21 départements en vigilance orange.
Cela concerne une diagonale qui va de la Haute-Garonne jusqu'au Orin. France Info Le 8.30 France Info Salia Brachia, Marc Fauvel Bruno Le Maire, le patron de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici, tire la sonnette d'alarme. Il se dit inquiet de la dégradation de nos finances publiques. Finances publiques dont vous êtes le responsable puisque vous êtes ministre de l'économie. Clairement, est-ce que vous êtes en train de vider la caisse ?
Je partage d'autant plus l'avis de Pierre Moscovici que j'ai tiré la sonnette d'alarme depuis le mois de juin 2022. Donc il y a quasiment un an. Y compris lorsqu'on a des finances publiques les plus déterrées de l'Europe. Je crois avoir dit sur ce même plateau que nous étions désormais à l'euro près, qu'il fallait sortir du quoi qu'il en coûte et que nous allions commencer le rétablissement des finances publiques. Et à la demande du président de la République, nous avons commencé le rétablissement des finances publiques. Le seul point de désaccord que j'ai avec Pierre Moscovici, c'est quand il dit qu'on n'est pas sortis du quoi qu'il en coûte. Je rappelle que nous avions un bouclier...
Il dit que vous continuez encore aujourd'hui.
Non mais pour le coup, je suis en désaccord sur ce point précis avec lui. Il y avait un bouclier énergie sur l'électricité et sur le gaz. Il y a eu une augmentation des prix de l'électricité et du gaz de 15% pour tous les ménages début 2023 parce que nous voulions sortir de ce quoi qu'il en coûte. Nous avions une indemnité sur le carburant de 30 centimes d'euros par litre. Nous avons mis en place une indemnité plus ciblée, indemnité carburant travailleur. Nous avions une protection de toutes les entreprises. On nous l'a suffisamment reproché. Nous avons maintenant des aides qui sont ciblées. Donc je veux rassurer Pierre Moscovici sur ce point. Nous sommes bien sortis du quoi qu'il en coûte.
Je veux rassurer sur un deuxième point. Je souhaite travailler avec la Cour des comptes pour poursuivre ce rétablissement des finances publiques qu'une fois encore nous avons engagé depuis plusieurs mois sous l'autorité du Président de la République et de la Première Ministre. Je souhaite pouvoir travailler avec la Cour des comptes sur la base d'une méthode avec un objectif et un calendrier. L'objectif c'est quoi ? Nous avons 57% aujourd'hui de dépenses publiques notre richesse nationale. Je souhaite ramener ce chiffre à 54% d'ici 2027 pour nous approcher la moyenne européenne qui est de 52%.
Et comment vous allez faire ?
Nous avons une méthode qui est la revue des dépenses publiques et là aussi nous n'avons pas attendu le rapport de la Cour des comptes pour engager cette revue des dépenses publiques ce qui veut dire que ministère par ministère dépense par dépense nous allons regarder attentivement là où nous pouvons faire des économies tout simplement
pour que les français
peuvent en avoir qu'en aie pour leur argent. Dans quoi on taille ? Pour arriver
de 5% de déficit aujourd'hui à 3% à la fin du quinquennat.
Il ne s'agit pas de tailler évitons les mots brutaux il s'agit simplement d'avoir une dépense publique qui progresse moins vite que notre croissance pour avoir au bout du compte Elle est quasiment à l'arrêt aujourd'hui. D'abord elle n'est pas à l'arrêt elle est positive on ne cesse de nous chanter la même chanson
0,3% cette année. Marc Fauvel
ça fait des mois qu'on m'explique qu'on va entrer en récession que tout le monde arrive avec des mines défaites en disant l'économie française s'effondre j'ai toujours dit que l'économie française résistait elle résiste et la croissance est là 0,3% cette année. Notre objectif nous serons sans doute au dessus de 0,3% en 2023.
Mais revenons au déficit Je reviens au déficit dans quoi vous allez tailler
Marc a eu raison dans les postes de fonctionnaires par exemple qui augmente moins vite qui augmente moins vite que notre croissance de la richesse nationale.
Ça peut être sur les dépenses sociales ça peut être sur les dépenses brunes ça peut être sur les aides aux entreprises tous ces chapitres là sont désormais ouverts ils font l'objet du revenu des dépenses publiques bien sûr mais c'est aucun tabou il n'y a pas de tabou à voir il s'agit de regarder est-ce que les français en ont pour leur argent est-ce que c'est cohérent est-ce que c'est cohérent Marc Fauvel de maintenir des aides et des crédits d'impôt aux énergies fossiles quand on veut décarboner l'économie française et avoir au contraire une industrie verte c'est ce que nous allons regarder est-ce qu'en matière de gestion des comptes sociaux alors que je le rappelle les dépenses sociales c'est 50% la dépense totale l'état 30% les collectivités locales 20% est-ce que nous sommes satisfaits de cette gestion est-ce qu'on peut faire mieux nous sommes déjà en train de le regarder ça fait partie de la revue des dépenses publiques troisième élément de méthode nous allons inclure les collectivités locales dans ce débat avec une méthode nouvelle qui consiste je l'ai dit notamment au patron de l'association des maires de France David Lysnard avoir un diagnostic partagé où en sont les collectivités locales sont-elles en difficulté est-ce qu'elles ne sont pas en difficulté et que peuvent-elles faire je crois beaucoup plus à cette approche collective où nous essayons de trouver un compromis ensemble plutôt qu'à une quelconque approche brutale à partir de là sur le calendrier simplement pour terminer nous aurons la présentation du programme de stabilité qui fixera les objectifs en termes de déficit mi-avril nous tiendrons ensuite autour de la première ministre un séminaire avec tous les principaux ministres concernés sur la réduction des dépenses publiques pour que chaque ministre se sente concerné et fasse le nécessaire dans son administration et nous aurons avant l'été nous aurons avant l'été des assises des finances publiques qui nous permettront de présenter notre stratégie globale et d'avoir un projet de loi de finances 2024 qui comportera plusieurs milliards d'euros d'économies de dépenses publiques vous voyez c'est un travail de plusieurs mois pour arriver collectivement à atteindre cet objectif de maîtrise des dépenses publiques qui est indispensable
l'inflation Bruno Le Maire pendant trois mois la grande distribution s'est engagée à proposer les prix les plus bas possibles sur une sélection de produits c'est ce que vous avez annoncé la semaine dernière ça s'appelle le trimestre anti-inflation est-ce que c'est juste un cache-misère pour faire oublier le panier inflation que le gouvernement avait promis de mettre en place et qui ne verra jamais le jour ce sera un cache-misère
à plusieurs centaines de millions d'euros parce que les grands distributeurs je le rappelle se sont engagés à faire plusieurs centaines de millions d'euros d'économies sur leur marge et nous le verrons
pas le premier du secteur Michel-Édouard Leclerc qui dit c'est de la com ça ne sert à rien
on verra on verra ce que fera Michel-Édouard Leclerc nous avons un rendez-vous le 15 mars le 15 mars vous devez avoir les logos trimestre anti-inflation tricolore qui soit apposé sur tous les produits sur lesquels les distributeurs se sont engagés à faire le moins de marge possible je souhaite que Michel-Édouard Leclerc participe à cette opération je reste en contact avec lui et je pense là aussi c'est la même chose que pour les dépenses publiques notre pays a besoin de choix collectifs d'engagement collectif non mais d'accord mais comment être sûr
que les prix qui vont être proposés seront les plus bas
parce que nous les vérifierons comment en fait
c'est des marques distributeurs donc on ne peut pas comparer entre les magasins
nous avons pris l'engagement et les distributeurs ont pris l'engagement collectif qu'elles prendraient sur leur marge pour plusieurs centaines de millions d'euros je ne donnerai pas le chiffre précis nous vérifierons avec la direction générale la consommation et parce que nous sommes dans un système concurrentiel où il n'est pas très bon de donner les marges des uns et des autres mais ils se sont engagés et nous vérifierons que effectivement je comprends l'attente des consommateurs aujourd'hui les prix alimentaires flambent il n'y a rien de plus difficile pour les consommateurs je suis père de famille j'ai 4 enfants je fais mes courses toutes les semaines je vois bien à quel point l'augmentation des prix alimentaires elle est pénalisante
elle est dure pour des millions
de compatriotes
les prix proposés à partir du 15 mars sur ces produits là seront inférieurs à ceux pratiqués aujourd'hui c'est ça que vous allez vérifier ce que nous allons vérifier
c'est que la baisse des prix ce n'est pas uniquement un jeu de bonnes taux et d'affichage mais que effectivement c'est pris sur les marges des distributeurs et que c'est eux-mêmes qui payent cette différence de prix tout en conservant le consommateur ou que ce n'est pas le producteur parce que vous savez que c'est la spécificité du système français
tout en conservant la marge de 10% minimum qui est imposée aujourd'hui à la grande distribution sur l'alimentaire par la loi EGalim
non on n'y touche pas parce que c'est le principe du système français dans lequel on veut que l'effort soit équitablement réparti mais on ne veut pas que le producteur agricole le producteur de lait le producteur de viande soit pénalisé dans cette période-là non plus parce que si vous perdez vos producteurs pour avoir les prix les plus bas possibles au bout du compte tout le monde sort perdant nous nous estimons que notre solution est une solution crédible forte qui protège évidemment le consommateur contre la flambée des prix qui demande un effort au distributeur et qui protège le producteur je rappelle aussi deuxième garantie au-delà du contrôle par la direction générale la consommation la réparation des fraudes le point le plus important de cet accord c'est quoi ?
c'est qu'il y aura avant l'été une nouvelle négociation commerciale entre les grands industriels et les distributeurs parce qu'il n'y a aucune raison que les grands industriels ne baissent pas eux aussi leurs prix quand je vois aujourd'hui c'est pour les grandes marques bien sûr quand je vois aujourd'hui que vous avez les prix du fret qui baissent que vous avez des prix de gros qui baissent il n'y a aucune raison que les prix à la consommation des produits de première nécessité ou des produits alimentaires transformés ne baissent pas les grands industriels donc à partir de juin vous nous dites les prix vont baisser je vous dis qu'à partir de juin dans les grandes surfaces sur les grandes marques les grands industriels devront renégocier leurs prix avec les distributeurs et devront eux aussi
prendre leur part du fardeau Bruno Le Maire vous restez avec nous le filinfo 8h51 avec Maureen Suignard après la faillite d'une banque très importante aux Etats-Unis la crainte d'un effet domino les autorités américaines promettent aux clients qu'ils pourront retrouver tous leurs fonds je ne vois pas de risque de contagion spécifique nous avons des banques et un système bancaire solide affirme ce matin sur France Info le ministre de l'économie et des finances Bruno Le Maire qui indique aussi ce matin que le gouvernement travaille sur une option bâtir une majorité 7 sénateurs et députés vont se retrouver mercredi pour écrire un texte commun pour réformer les retraites l'exécutif répète qu'il veut passer par un vote et ne pas utiliser le 49-3 de violents combats en cours en Ukraine dans le centre de Barmout indique Kiev ce matin cette ville de l'Est ukrainien est un symbole et fait l'objet d'intenses combats entre ukrainiens et russes depuis plusieurs mois un triomphe aux Oscars cette récompense pour Everything Everywhere All at Once dont l'Oscar du meilleur film et de la meilleure actrice pour Michelle Lieau elle devient la première comédienne d'origine asiatique à recevoir cette récompense suprême Bruno Le Maire vous allez être auditionné par la commission des finances de l'Assemblée Nationale sur le sujet des concessions d'autoroutes au début de l'année le canard enchaîné vous a accusé d'avoir étouffé un rapport de l'inspection générale des finances qui pointait les profits réalisés par ces sociétés 12% c'est bien au-dessus de ce qui était prévu au moment de la privatisation pourquoi ce rapport n'a pas été rendu public ?
Je rendrai public ce qui peut être rendu public dans ce rapport c'est la première partie celle qui est la plus intéressante celle qui examine le taux de rentabilité des autoroutes de l'investissement des concessions autoroutières je le rendrai public en revanche il y a une deuxième partie et je l'assume et je le revendique qui est notre mémoire en défense pour le contentieux que nous avons ouvert avec les sociétés d'autoroutes nous avons récupéré un milliard d'euros sur la taxe d'aménagement du territoire nous sommes en contentieux avec les concessions d'autoroutes sur ce milliard d'euros qui protège les automobilistes qui protège les consommateurs la deuxième partie nous apporte des arguments juridiques pour défendre notre position je ne vais pas dévoiler mes batteries aux concessions autoroutières qui visiblement ne nous feront aucun cadeau mais vous confirmez le chiffre de 12% de rentabilité dans ce rapport pour les sociétés d'autoroutes je confirme les chiffres qui sont dans ce rapport j'aurai l'occasion d'ailleurs de le faire devant la commission des affaires économiques de l'assemblée dans quelques jours mais la première partie qui porte sur le taux de rentabilité sera rendue publique et je rappelle aussi que même si la deuxième partie est plus confidentielle l'intégralité du rapport les parlementaires y compris évidemment les parlementaires de l'opposition y ont accès donc nous ne dissimulons absolument rien nous faisons preuve de la plus totale transparence et je répondrai à toutes les questions vous confirmez les chiffres
de ce rapport ce rapport qui préconisait aussi de réduire les tarifs des péages de 60% sur près des deux tiers du réseau pourquoi vous n'avez pas proposé cette mesure sachant que l'inflation est partout et que ça aurait pu aider les français et que vous connaissiez vous en amont les bénéfices de ces sociétés d'autoroutes
je n'ai l'occasion de m'exprimer devant les parlementaires une fois encore en toute transparence simplement je ne proposerai pas je ne l'ai jamais fait dans ma vie politique je ne le ferai jamais des solutions qui ensuite sont rejetées par la justice parce qu'elles sont contre la loi du coup vous faites plaisir vous savez vous faites des grands effets de manche vous dites je protège le consommateur j'ai pris telle décision je suis fort je suis puissant puis au bout du compte vous savez que juridiquement ça ne vole pas et vous êtes perdant tout le monde est affaibli le consommateur mais aussi l'état je crois qu'un certain nombre de ministres il y a quelques années se sont hasardés à prendre des décisions juridiquement pas solides ils ont été rattrapés par la patrouille j'essaye d'être un tout petit peu plus sérieux
est-ce qu'il faut Bruno Le Maire maintenir l'objectif fixé par l'Europe d'interdire tous les moteurs thermiques en 2035 l'Allemagne est aujourd'hui à la tête d'une coalition de plusieurs pays qui se retrouve d'ailleurs à Strasbourg pour mener la fronde et demande qu'on décale cet objectif est-ce que vous allez est-ce que la France souhaite le conserver à 2035 ?
bien sûr mais il ne faut surtout pas décaler cet objectif enfin ce n'est pas un objectif à 2024 ou 2025 c'est un objectif à 2035 dans 12 ans interdire d'ici 12 ans la vente de tout véhicule thermique en Europe mais enfin on ne peut pas dire qu'il y a urgence climatique ce qui est le cas ce que nous constatons tous dans nos villes dans nos métropoles qui sont beaucoup trop polluées encore et puis reculer sur l'objectif de passage aux véhicules électriques je pense que d'un point de vue environnemental c'est une faute la France est prête
à aller au bras de fer là-dessus avec Berard
sur un sujet très important bien sûr que nous sommes prêts à aller au bras de fer sur ce sujet parce que c'est une faute environnementale et je pense aussi que c'est une faute économique pourquoi ?
parce que nous avons 5 à 10 ans de retard sur le véhicule électrique par rapport à la Chine mais il faut mettre les bouchées doubles il faut investir doublement sur les batteries électriques sur les anodes sur les cathodes sur les véhicules électriques pour rattraper notre retard je ne peux pas dire à nos grands industriels Stellantis et Renault qui ont fait le choix courageux efficace de basculer vers l'électrique ah ben tiens attendez finalement j'ai une autre idée on va aller vers l'électrique mais on va quand même aussi rester un peu sur le thermique enfin économiquement c'est incohérent industriellement c'est dangereux ça n'est pas notre intérêt national ça n'est pas l'intérêt de nos constructeurs nationaux et surtout c'est pas l'intérêt de la planète
mais c'est pas l'intérêt de l'Allemagne qui elle aussi défend ses constructeurs automobiles qui eux n'ont pas encore basculé dans l'électrique
je pense qu'il est essentiel de garder notre cohérence climatique et que la France comme le président de la république elle a toujours défendu soit en tête du combat climatique être en tête du combat climatique c'est se battre pour garder cet objectif 2035 véhicule électrique
Bruno Le Maire les placements de produits des influenceurs font aussi partie de votre périmètre face aux multiples dérives vous avez décidé de lancer une concertation est-ce que certains produits certaines marchandises vont être interdits à la vente par ces influenceurs
il faut simplement que les influenceurs qui sont créatifs qui représentent des emplois de la créativité française soient soumis au même ray que celles auxquelles vous vous êtes soumis à la radio à la télévision dans les médias traditionnels lorsque vous avez de la consommation d'alcool placement de produits d'alcool ou d'autres placements de produits il faut que les mentions légales apparaissent sur les sites des influenceurs c'est pas le cas aujourd'hui nous souhaitons simplement les soumettre aux mêmes règles que celles qui s'appliquent aux médias traditionnels nous souhaitons aussi donner un statut à ces influenceurs pour qu'ils soient mieux protégés nous voulons renforcer les contrôles pour nous assurer que tout simplement le net c'est pas le far west c'est des règles et des règles qui sont respectées
dans ce combat contre les influenceurs qu'il appelle un flux voleur
pardon c'est pas du tout un combat contre les influenceurs c'est un combat pour les influenceurs
c'était la suite
il y a quelques influenceurs qui se comportent mal qui du coup jettent l'opprobre sur les milliers d'influenceurs qui honnêtement sont super créatifs donc Bruno Le Maire a le même combat plus populaire que vous que Marc Fauvel c'est vrai c'est pas difficile notamment près des jeunes donc nous sommes là pour les protéger les accompagnés
qui s'était battu contre Magali Berda et justement les dérives dans ce domaine
il a raison de rappeler qu'il y a des dérives qu'elles sont inacceptables nous y mettrons fin mais je le rappelle c'est un dispositif pour protéger les influenceurs certainement pas Bruno Le Maire Booba même combat ce sera le mot de la fin merci à vous et bonne journée
Bruno Le Maire