Édouard Philippe : "Il faut conduire François Fillon à prendre la bonne décision"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 26:01OuverteÉludée
Le rassemblement du Trocadéro cet après-midi constitue-t-il les adieux de François Fillon à cette présidentielle ?
- 26:54RelanceÉludée
François Fillon n'est-il pas débranchable ?
- 28:36OuverteRéponse partielle
Alain Juppé est-il prêt à se présenter ?
- 13:08OuverteRéponse directe
Qu'en pensez-vous, Édouard Philippe, vous qui pensez comme Alain Juppé ?
- 14:07OuverteRéponse directe
Quand se fait la bascule entre technocrate et politique ?
- 29:55OuverteRéponse partielle
On a le sentiment qu'il reste encore beaucoup de temps pour aider François Fillon à cheminer vers le renoncement.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:09PrésentateurPromesse
« « Il n'y a qu'une seule chose qui m'empêcherait d'être candidat, c'est si j'étais mis en examen. » »
- 10:10PrésentateurFait
« « Il a juré que s'il était mis en examen, il ne serait pas candidat. » »
- 27:30Invité politiqueFait
« « Il a bénéficié d'une majorité extrêmement claire au moment d'une primaire. » »
- 29:37Locuteur 7Fait
« si c'est celle d'Alain Juppé, j'en serais heureux parce que je le soutiens et parce que je l'estime et parce que je pense qu'il ferait un excellent président de la république »
- 30:08Locuteur 3Chiffre
« il reste 7 semaines »
- 33:00Locuteur 7Fait
« on n'avait sans doute jamais été aussi proche de voir l'extrême droite gagner dans notre pays »
- 33:10Locuteur 7Fait
« ce que Marine Le Pen dit sur ce qu'elle fera la sortie de l'euro, c'est absolument pas neutre pour notre pays »
- 35:55Locuteur 7Fait
« il avait dit qu'il n'irait pas s'il est mis en examen »
- 35:58Locuteur 7Fait
« il va être mis en examen »
- 36:00Locuteur 7Fait
« il dit qu'il y va et que ça se passe 50 jours avant l'élection présidentielle »
- 47:17PrésentateurChiffre
« 8 milliards d'euros »
- 47:30PrésentateurChiffre
« entre 7 et 15 000 euros à chaque train qui passe »
- 54:20Locuteur 7Fait
« j'en doute beaucoup et autour de moi c'est ce que j'entends dire »
- 59:23Invité politiqueFait
« ce qui va se passer c'est que la France va faire défaut sur sa dette »
- 59:27Invité politiqueFait
« ce qui va se passer c'est qu'on va avoir une inflation considérable »
- 1:03:10Invité politiqueFait
« nous devons faire PAC avec nos alliés européens »
- 1:03:21Invité politiqueFait
« sortir de l'euro serait une ruine financière »
- 1:08:23Invité politiqueFait
« ce qui semblait acceptable en 1965, 1970 ne l'est plus du tout aujourd'hui »
- 1:11:02Invité politiqueFait
« Alain Juppé a été condamné en première instance puis en appel en 2004 »
- 1:11:43Invité politiqueFait
« il a démissionné de ses mandats, il est parti et il a été réélu par les Bordelais assez largement »
- 1:13:19Invité politiqueFait
« j'ai été élu en 2012 député »
- 1:13:26Invité politiqueFait
« j'étais maire du Havre »
- 1:20:53Invité politiqueFait
« le fait de revenir sur un engagement aussi ferme dans une campagne ne me semblait pas de nature à cadrer avec le sens que je me fais de l'engagement politique »
- 1:23:37Invité politiqueFait
« je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée »
- 1:26:57Invité politiqueFait
« je n'ai jamais observé que Nicolas Sarkozy et Alain Juppé n'arrivaient pas à travailler ensemble »
Temps de parole
- Locuteur 769 %
- François Fillon11 %
- Locuteur 36 %
- Présentateur3 %
- Présentateur 23 %
- Locuteur 23 %
- Invité2 %
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Bonjour et bienvenue dans Questions politiques, l'émission politique de France Inter, France Info et Le Monde. Notre invité aujourd'hui est le député maire LR du Havre, Édouard Philippe, proche d'Alain Juppé.
Il répondra à vos questions en direct à partir de 13h15, 0145 24 7000, franceinter.fr, Facebook Live et Twitter, avec le mot clé Question Paul. C'est parti pour le magazine politique de la semaine.
Questions politiques, Nicolas Demorand. Vos rendez-vous, le portrait d'Édouard Philippe signé Karine Bécard, le zapping politique d'Élodie Forêt.
Tout de suite, Charline Vanhoenacker qui s'est mise dans la peau de Fabrice Drouel pour un épisode d'Affaires sensibles. C'était dans la matinale de Patrick Cohen, jeudi dernier.
Aujourd'hui, dans Affaires sensibles, l'affaire du double assassinat de François Fillon et de l'élection présidentielle. Une affaire exceptionnelle, car juste après avoir été assassinée, la victime trouve la force de faire campagne pour être élue président de la République. Fabrice Drouel, Affaires sensibles.
Il parle comme ça, Fabrice. Sur France Inter.
Nous sommes le 1er mars 2017. La France est en pleine guerre civile, déclenchée par le gouvernement. Le matin même, Laurent Wauquiez déclare l'état de cataclysme. Si François Fillon est empêché de se présenter, ce serait alors l'apocalypse. Le 1er mars, c'est le mercredi décembre. Il est 8h quand François Fillon s'apprête à se rendre au salon de l'agriculture. Et quand soudain, Christine Boutin l'interpelle sur Twitter par cette supplique. « N'y va pas, c'est le début du carême, le jeûne est de rigueur. » Cris-cris qui lui dit si souvent, « Dis donc François, il faudra qu'on jeûne, un de ces quatre. » Elle est rigolote.
Mais vers 8h30, celui qui reste malgré tout candidat annonce la tenue d'une conférence de presse prévue à midi précise. Il est déjà 12h27 et voilà 27 minutes que Ruth Elcrier fait en mode Monsieur Meubles sur BFM TV avec différentes hypothèses soufflées par ses informateurs, Paco Rabanne et Elisabeth Tessier. Ruth est fébrile, elle en est à son troisième Xanax. Car ce jour-là, vers midi 27, le suspense est insoutenable. Fillon, c'est le maître du suspense. Hitchcock à côté, c'est Gérard Larcher. Bravo en l'hostilité des micros tendus comme une forêt de herses, le candidat fait face à l'abominable calomnie. Fort heureusement, l'assassin est immédiatement identifié.
Il s'agit d'un terrible acharnement judiciaire avec la complicité de la presse, des médias et de tous les journalistes.
« Eh dis donc Fabrice, rappelle-moi c'est quoi un peu ton job ? »
Moi je suis acteur, je n'ai rien à voir avec tout ce bordel. François Fillon qui finira par se rendre, non pas à la justice mais au salon de l'agriculture. Un homme courageux, il passera quatre heures sur le stand de la Sarthe à la rencontre des animaux qui eux ne le jugent pas et le voient tel qu'il est, un homme sur qui le destin s'acharne. L'histoire retiendra cette phrase, « Ce n'est pas moi seulement qu'on assassine, c'est l'élection présidentielle. » Terrible affaire que ce double homicide, et même quadruple homicide, si on compte aussi la morale et le respect.
Terrible chronique de Charline Vanhoenacker, et encore une semaine folle dans cette présidentielle 2017. Accrochez-vous pour le zapping d'Elodie Forêt.
« Le nécessaire du meilleur film est attribué à… »
« Je ne cèderai pas, je ne me rendrai pas, je ne me retirerai pas. » Mercredi, avouons-le, nous avons tous eu envie d'un grand, d'un très grand saladier de pop-corn, pour suivre le nouvel épisode de ce qu'Internet appelle ironiquement « House of Sarthe », autrement dit, la campagne tumultueuse de François Fillon. Tout commence au petit matin. Le candidat Les Républicains, sans explication, annule sa visite au Salon de l'agriculture.
Le staff du candidat LR, un poil désemparé,
doit alors faire face aux plus folles rumeurs. Tandis qu'une conférence de presse est organisée à midi au QG du candidat.
« On ne vous soupçonne pas. » « Rassurez-vous, je suis classé gauliste équilibré. »
« Nombre de mes amis politiques parlent d'un assassinat politique. » « C'est un assassinat en effet. » « Mais par ce déchaînement disproportionné, par le choix de ce calendrier, ça n'est pas moi seulement qu'on assassine,
c'est l'élection présidentielle. »
François Fillon est convoqué chez les juges afin d'être mis en examen. Mais qu'importe, le candidat se maintient. « Il n'y a qu'une seule chose qui m'empêcherait d'être candidat, c'est si j'étais mis en examen. » « Je vous le dis avec gravité, ne vous laissez pas abuser. Je vous demande de résister. Je le fais. Ma famille le fait. Malgré tous les tourments. Ma famille politique le fera. Et au-delà d'elle, tous ceux qui croient qu'à la fin, seul le peuple peut décider. »
« Parce qu'il est trop bon cet homme. » Et là, je l'ai touché. Je lui ai dit « Monsieur Fillon, on vous veut. » Il nous a dit « Moi aussi. »
Une élection qui était imperdable, elle est aujourd'hui ingagnable. « Ça me fait presque de la peine pour mes compatriotes qui auraient le droit d'avoir un candidat qui puisse être présentable, si j'ose dire. » Pendant ce temps-là, à Paris, au pavillon Gabriel...
Alors, je sais que beaucoup chercheront à savoir si c'est un projet de droite ou de gauche.
400 journalistes lâchent l'espace d'un instant l'affaire Fillon pour entendre le programme d'Emmanuel Macron, ex-conseiller d'eux, ex-ministre d'eux, mais héritier de personne.
« Si j'étais dans un projet de continuité, je n'aurais pas pris tous ces risques ni décidé d'endosser tous ces ennuis. » « Le risque est d'être le candidat vu comme le candidat du mondialisme, des technos et de ce que, par votre parcours, vous pouvez incarner. » « Aussi longtemps que vous passerez plus d'énergie à expliquer que je suis le candidat de l'oligarchie financière, que je suis un ancien banquier uniquement, que je ne vaux pas mieux que 4 années de ma vie professionnelle, à vos yeux, parce que moi, j'en suis très fier de ces années, eh bien, en effet, vous continuerez à faire le lit du Front National, cher ami. »
« Vous allez voter pour qui, là ?
Pour l'extrême, monsieur. »
« Extraordinaire zapping, dès le dit forêt, on a balavoine dans la tête pour un mois. Elles ont préféré questions politiques au semi-marathon de Paris. » « Nathalie Saint-Cricq, bonjour. »
« Ça a été très dur. »
« Le choix a été rude. » « Mais merci d'être là. » « Françoise Fresseauze-Lemonde, bonjour. » « Bonjour. » « Et Karine Bécard de France Inter. » « Merci à vous aussi, Karine, d'avoir fait ce choix judicieux. » « Quel est l'événement de la semaine pour vous, Karine ? »
« C'est difficile de ne pas parler de ce qui se passe autour de François Fillon et ce qui était assez fascinant. Alors, ça l'a depuis quelques semaines, mais je trouve que cette semaine, c'était particulièrement vrai. Les similitudes qu'il y a entre ce qui se passe autour de Marine Le Pen et de François Fillon, évidemment. C'est-à-dire que dans les deux cas, on a des convocations de la part de la police. On a évidemment des ennuis judiciaires. Qu'est-ce qu'on a encore de commun ? On a des propos très outranciers. On a Marine Le Pen, quand même, dimanche dernier à Nantes, qui s'en prend très violemment aux fonctionnaires, aux fonctionnaires de police.
Elle promet une purge.
Elle promet une purge. On a François Fillon qui a des mots quand même très déplacés vis-à-vis du milieu judiciaire. Donc, beaucoup de similitudes, sauf que, d'un côté, pour Marine Le Pen, tout ça glisse gentiment alors que ça cristallise totalement du côté de François Fillon. Alors, on a envie de comprendre. C'est compliqué de comprendre pourquoi il se passe ça. Évidemment, François Fillon, la posture qu'il avait prise de très grande probité, de très grande vertu, ça se retourne contre lui. D'accord, mais si c'est juste ça, c'est quand même très étrange.
Alors, on peut se dire aussi que Marine Le Pen, depuis le départ, et le Front National, de manière globale, a toujours été beaucoup secouée, beaucoup gênée, beaucoup, oui, secouée, on va regarder ce mot-là, par ses adversaires politiques, et que, finalement, le fait que, là, on s'en prenne encore à elle, ses partisans se disent « Oui, enfin, tout ça est habituel, on s'en prend toujours à elle, ça se passe toujours comme ça, c'est du complot, et donc, hop, ça glisse.
» Je pense qu'il y a quand même aussi un problème de la part de nous, des médias, c'est qu'on a du mal, on a toujours eu du mal à se positionner sur des questions très politiques vis-à-vis de Marine Le Pen, on s'est toujours un peu érigé en gardien moral vis-à-vis de ce parti, et, finalement, aujourd'hui, on est bloqués, on ne sait plus comment l'interroger.
Françoise Fresseauze, un mot sur ce sujet ou l'événement de la semaine, comme vous préférez, ou les deux, d'ailleurs ?
L'événement de la semaine, ça va être le prolongement, c'est toujours l'affaire Fillon, mais vu sous l'angle d'une autodestruction, moi, c'est ce qui m'a frappé en cette semaine incroyable, comme en une semaine, un homme politique extrêmement aguerri, qui était entré dans la carrière, comme on dit, depuis plus de 30 ans, a mis à bas tous les fondements sur lesquels il avait construit son image. Des Français l'ont beaucoup découvert lorsqu'il était Premier ministre de Nicolas Sarkozy. Fillon, c'était un homme de sang-froid, un homme réservé, de plein pied dans le système, qui jugeait avec grande sévérité le côté borderline de Nicolas Sarkozy.
François Fillon, il a fait campagne contre les affaires. Il a juré que s'il était mis en examen, il ne serait pas candidat. Il ne voulait surtout pas exposer sa femme. Il se vantait d'avoir derrière lui le plus grand nombre d'élus. Il ne reste aujourd'hui plus rien de cette image-là, de cet homme-là. François Fillon, il est devenu le forcené de la vie politique. Il est retranché derrière son image où il a construit. Il se dit victime d'un complot. Il attaque la justice. Il en appelle à la mobilisation de la société civile contre les élus. Il est devenu le candidat hors système auquel s'adresse son camp avec d'infinies précautions pour qu'il lâche prise et revienne à plus juste proportion.
Alors, quel est l'élément moteur de cette transfiguration ? C'est évidemment la peur du vide. En novembre, il se pensait élu, président de la République. Aujourd'hui, peur du vide. S'il renonce, il n'est plus rien. Il perd tout. La politique, ce n'est pas toujours de la rationalité. Cela peut parfois ressembler à un dramatique fait divers.
Nathalie Saint-Cricq.
De rajouter à ce qu'il y avait un d'être dit, sauf, peut-être deux mots dans le vocabulaire de François Fillon. Je ne me rendrai pas. Il a dit retirer, c'est le vocabulaire classique, mais je ne me rendrai pas. On est plus du côté du GIGN ou d'un assaut de la police ou même fort à l'amour que dans le vocabulaire politique. Et puis également, il est passé du Jean me remet au suffrage universel dans une interview au Figaro. Je m'en remet au peuple et j'en appelle au peuple ce qui est quand même inquiétant. Et puis, je vais vous étonner, Nicolas, pour ne pas redire Fillon pendant trois heures, dans la maison de Jacques Vendroux, je vais faire un hommage de femme.
On n'a pas le droit de le dire quand on est une femme à Raymond Coppa. Je ne vais pas me ridiculiser sur les dribbles et les pages décisives à Jusse Fontaine. Il paraît que vous n'y connaissez absolument rien au foot. Juste dire que quand on regarde
d'où vient cette rumeur
de quelqu'un qui est en régie, juste pour dire que son histoire, moi je l'avais fait une émission avec lui, c'est pour ça que je me permets d'en parler, de petits émigrés polonais qui étaient censés être allés à la mine et qui un jour dribblaient avec des boîtes de conserve et qui un jour volent un ballon à un Allemand pendant la guerre. C'est peut-être du roman national, c'est peut-être du récit national, ce n'est peut-être pas exactement la vérité quand il l'a raconté, mais c'est une histoire d'intégration ou peut-être plus d'assimilation. En tout cas, c'est une histoire qui fait assez plaisir dans cette période troublée.
Le portrait de notre invité avec Karine Bécard.
Question politique sur France Inter.
Notre invité aujourd'hui, Karine, est le député maire
Les Républicains de la belle ville du Havre, j'ai nommé Édouard Philippe.
Bonjour Édouard Philippe.
Bonjour Karine Bécard.
Édouard Philippe, vous êtes incontestablement en train de reprendre du service. Votre air décontractée, votre barbe finement taillée, en seulement trois mois, les médias les avaient presque déjà oubliés. Il faut dire qu'après l'échec plutôt cuisant d'Alain Juppé, ses fidèles lieutenants dont vous êtes se sont montrés discrets naturellement. Seulement voilà,
la campagne de François Fillon pourrait finir par s'effondrer. Ses ennuis judiciaires l'ont de toute façon sacrément abîmé. Résultat, l'hypothèse Juppé dont il avait été question
une première fois début février est pile un mois plus tard à nouveau envisagée. Alors qu'en pensez-vous, Édouard Philippe, vous qui pensez comme Alain Juppé ? Depuis 15 ans, vous n'avez jamais cessé d'être à ses côtés. Vous avez été le directeur général de l'UMP qu'il venait de créer. Quand il a été ministre, vous étiez son conseiller, enfin sous Sarkozy parce qu'avant vous auriez été trop petit. Et puis plus récemment,
au sein du comité d'organisation de la primaire, c'est vous qui avez été choisi pour défendre ses intérêts. En réalité, vous apparaissez intellectuellement
aussi rapide et brillant qu'Alain Juppé. Mais comme lui, vous pouvez donner l'impression humainement
d'être cynique et arrogant. Vos remarques cinglent souvent et vous n'aimez pas
les gens, disons, un peu lents qui vous font perdre du temps. 25 ans vous séparent, une génération, il n'empêche. Vous pensez comme lui, vous raisonnez comme lui, vous l'imitez très bien aussi. Et surtout comme lui, vous semblez habité par le mythe du technocrate sérieux précis qui se veut
au service du politique.
Alors précisément, quand se fait la bascule ? Quand notre invité passe-t-il de technocrate à politique ?
Assez vite en réalité. Au départ, Edouard Philippe, quand vous sortez de l'ENA, vous commencez par entrer au Conseil d'État. Depuis Sciences Po, vous adorez le droit, son exigence, sa logique, sa rigueur et en même temps, l'ancien eurocardien que vous avez été quand vous aviez 20 ans aimerait bien trouver
le chemin qui mène pas tant au pouvoir mais plutôt aux responsabilités. Vous avez une folle envie d'agir, de décider, de diriger. Le problème pour vous qui êtes normand
de parents enseignants, c'est qu'à Paris, vous ne connaissez personne. Vous vous mettez donc à chercher, chercher dans votre entourage au Conseil d'État, un politique qui pourrait vous guider.
Au bout de quelques années, c'est le maire du Havre qui finit par vous appeler Antoine Ruffenac auquel vous avez succédé mais avant cela,
pendant 10 ans, il vous a installé à ses côtés, adjoint, plus tard député et puis c'est lui aussi
ce Chirakien qui vous a présenté Alain Juppé. Aujourd'hui à 46 ans Edouard Philippe, vous devez donc votre parcours politique à ses deux hommes. Antoine Ruffenac, certes devenu sarkoziste mais que vous considérez
comme un père et Alain Juppé que vous estimez, que vous reconnaissez comme votre seul chef.
Un chef possiblement candidat finalement à l'élection présidentielle.
En tout cas depuis 4 jours
Edouard Philippe, vous êtes d'abord réapparu parce qu'on ne vous voyait plus, vous avez ensuite démissionné de chez Fillon et puis surtout vous donnez l'impression d'être en train de préparer une piste d'atterrissage et si c'est le cas c'est forcément pour Alain Juppé. Reste à savoir s'il doit y aller, c'est compliqué. Entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, votre droite moderne et modérée peut-elle avoir une chance de l'emporter ? Le pari pour l'instant ne semble pas vraiment gagner.
Edouard Philippe, bonjour. Bonjour. Un mot de réaction à ce portrait. Il est assez juste. Vous avez été recardien. Oui. J'ignorais totalement. Non, non, ça ne m'angoisse pas du tout mais c'est une vraie nouvelle. Non, non, c'est assez connu je crois. J'ai été recardien quand j'étais étudiant. Je ne sais pas d'ailleurs si on peut dire que j'étais recardien mais j'ai toujours été impressionné. J'ai commencé mes études en 1988 et c'est le moment où il était Premier ministre.
Donc j'étais impressionné par la capacité qu'il avait à ne pas forcément simplifier les problèmes à l'excès mais à essayer de leur apporter des réponses globales avec cette espèce d'exigence de prendre les gens qui l'écoutaient au sérieux et donc oui, j'avais une certaine admiration pour lui. Je l'ai toujours d'ailleurs parce que je pense qu'il a été un homme politique complet au service de son pays.
Mais ça vous a fait...
Ça ne veut pas dire que je suis d'accord avec lui surtout encore moins aujourd'hui que je ne l'étais à l'époque mais j'ai le droit d'avoir de l'estime et du respect pour quelqu'un même si je ne suis pas d'accord avec lui surtout. Karine.
Ça vous a fait adhérer pendant deux ans au Parti Socialiste ?
Oui, quand j'étais à Sciences Po. C'est d'ailleurs une expérience intéressante qui m'a calmé pendant assez longtemps à... Des partis ? Oui, ça je dois dire. C'était... C'était voilà. Vous savez, j'avais de 19 à 21 ans j'ai fait ça et c'était, comment dire, c'était un peu Byzance au petit pied la section à Sciences Po c'est-à-dire que tout le monde était très très très ambitieux enfin c'était pas très c'était pas très raisonnable et pas très sérieux. Ça vous a vacciné contre la gauche ? Non, ça m'a... Non, non, non ça m'a...
ça m'a beaucoup rafraîchi sur le sectarisme parce qu'au fond c'est ça qui m'a beaucoup heurté il peut exister à gauche il peut exister à droite il peut même exister au centre le sectarisme alors vous voyez c'est assez bien réparti mais le sectarisme est un truc qui m'effraie profondément. Bon alors comment va Alain Juppé puisque vous êtes si proches tous les deux ? Bah je ne suis pas sûr qu'on soit aussi proches que ce qu'en dit Karine Bécard Enfin vous devez quand même vous téléphoner en ce moment non ?
Oui un peu mais Alain Juppé n'est pas exactement l'homme le plus prompt à sauter sur son téléphone pour appeler ses proches Et peut-être qu'il peut être prompt à décrocher Et comme moi-même je ne suis pas le plus prompt à l'appeler on se parle peu quand il estime que c'est utile pour lui Et c'est le cas en ce moment ? On s'est parlé au cours de la semaine Alors ?
Bah je pense qu'il est dans le même état d'esprit que beaucoup d'entre nous élus citoyens de droite ou de gauche extrêmement inquiets par la situation actuelle extrêmement inquiets de cette fragmentation de la droite et du centre qui s'annonce extrêmement inquiets de la possibilité pour l'extrême droite de l'emporter je pense que nous nous trouvons dans une situation qui n'a pas de précédent au sens où jamais depuis la 4ème et la 5ème république l'extrême droite n'a été aussi prêt de gagner l'élection présidentielle et cette situation est forcément inquiétante Françoise Nathalie
parce que là la question que tout le monde se pose c'est est-ce qu'il est prêt à y aller ? Est-ce qu'il est prêt à sauter le pain ? Et est-ce que la motivation c'est essayer de battre l'extrême droite ?
La motivation elle intervient pas seulement à l'encontre de quelque chose il y a d'abord une motivation positive Alain Juppé comme d'ailleurs comme d'ailleurs François Fillon et comme d'ailleurs l'ensemble des responsables politiques de la droite et du centre partagent un socle d'idées de valeurs qu'ils voudraient défendre et mettre en oeuvre bon on a beaucoup travaillé pendant les années qui viennent de s'écouler notamment pendant la primaire pour essayer d'imaginer des programmes des mesures des postures même à certains égards qui permettraient de faire rebondir le pays parce que tout part d'un constat très inquiétant je crois que tous les responsables politiques quel que soit leur niveau leur expérience ont envie de participer à cet effort de redressement ont envie de prendre les mesures qui vont permettre au pays de rebondir de repartir vers la croissance de se ressouder autour d'un modèle c'est ça dont on a envie Nathalie Saint-Claire et évidemment pardon évidemment quand vous voyez la situation dans laquelle nous nous trouvons c'est à dire le risque très fort d'être éliminé dès le premier tour et de ne pas pouvoir pas simplement gagner l'élection présidentielle mais mettre en oeuvre ces mesures vous avez forcément très envie de vous engager quand par ailleurs c'est l'extrême droite qui est la plus susceptible de remporter l'élection présidentielle de ce qu'on est en train de vivre votre motivation s'en trouve évidemment redoublée
est-ce qu'il avait justement très envie de s'engager comme vous venez de dire il a fallu le convaincre ou pas est-ce qu'il a effectivement mis toutes les conditions qu'on a lues récemment c'est à dire être adoubé par tout le monde avoir tout le monde derrière lui est-ce qu'il a fallu vraiment pendant plusieurs jours lui dire tu ne peux pas lâcher l'intérêt général ou ça a été plus simple que ça
Edouard Philippe je n'ai jamais eu des conversations de cette nature avec lui je voudrais simplement rappeler quelque chose que tout le monde a en tête d'ailleurs Alain Juppé a perdu la primaire et s'il y en a un qui l'a bien compris croyez-moi c'est lui il a perdu cette primaire et ça a été évidemment comme toutes les défaites quelque chose
de pas agréable
et d'assez bien il a perdu il n'a pas perdu de façon il a perdu cette primaire en disant exactement ce qu'il avait envie de dire ce qui est déjà finalement être en accord avec soi-même c'est quand même déjà très important mais il a perdu cette primaire il n'avait absolument pas vocation ayant perdu cette primaire à imaginer une seconde pouvoir redevenir candidat à l'élection présidentielle donc à l'évidence ça n'était pas naturel de se dire j'ai perdu mais je vais quand même y revenir non il a fallu que lui se pose la question et peut-être cela pose-t-il encore de savoir si véritablement il pouvait apporter quelque chose ça n'avait rien de naturel
quand politiquement on peut perdre une primaire et imaginer gagner une présidentielle ça veut dire quand même que ses idées puisque vous venez de dire voilà il a vraiment défendu ses idées ses idées ne sont pas passées il perd la primaire et là maintenant politiquement il va gagner la présidentielle
mais d'abord c'est pas lui qui est arrivé en disant j'ai perdu la primaire mais vous allez voir je vais gagner la présidentielle il s'est passé une ou deux choses entre la primaire et aujourd'hui et il s'est passé notamment une explosion politique à droite que personne n'imaginait que personne n'a vu venir consistant en une affaire dont on pourra longtemps débattre des conditions dans lesquelles elle a éclaté qui conduit François Fillon lui-même à indiquer qu'il sera mis en examen il ne l'est pas encore mais il a dit lui-même qu'il sera mis en examen et pendant pendant toute la primaire avant le premier tour entre les deux tours lors du débat contre Alain Juppé ensuite François Fillon avait fait de la probité de la rectitude de l'absence de mise en examen un élément fondamental de sa façon de gouverner ensuite pas simplement de ce qu'il est mais de sa façon de gouverner ensuite il avait indiqué lui-même et il l'a fait à plusieurs reprises que s'il était mis en examen évidemment il ne pourrait pas se présenter et ce n'est pas une fois comme ça en passant sur un plateau Dieu sait qu'on peut parfois dire des choses qui excèdent un peu sa pensée quand on est sur un plateau jamais dans cette émission ça m'arrivera sans doute pendant ces deux heures mais c'est vraiment quelque chose de répété à partir de ce moment-là ça crée une déflagration considérable parce qu'il n'y a plus le ressort qui avait été le sien pendant la campagne et donc toute une série de gens constatant ça soit s'en vont soit se posent la question de ce qui va venir et dans ce contexte-là Alain Juppé comme d'autres d'ailleurs a été évoqué On se retrouve dans quelques instants Edouard Philippe juste après les titres du journal de 13h avec Yves Decamp Bonjour Yves Bonjour Deux fillettes et leur père emportés par une vague à Marseille ils étaient allés voir la mer déchaînée la plus jeune âgée de 4 ans n'a pas pu être sauvée sa sœur de 8 ans n'a pas été retrouvée leur père récupéré par des marins pêcheurs est hors de danger
Combien seront-ils au Trocadéro tout à l'heure pour soutenir François Fillon pour le candidat des Républicains c'est le rassemblement de la dernière chance
un baroud d'honneur qui pour beaucoup d'ailleurs ne changera rien le vainqueur de la primaire doit prendre la parole en milieu d'après-midi dans le journal du dimanche Péphillon s'exprime ce matin pour la première fois assurant qu'elle a bien travaillé pour son mari à des tâches variées en l'encourageant à aller jusqu'au bout parallèlement à ce rassemblement du Trocadéro une contre-manifestation est également organisée à République dans le journal de 13h également tout à l'heure peut-être du 9 dans l'affaire Troadec deux personnes ont été mises en garde à vue ce matin à Brest un homme et une femme vraisemblablement des proches de la famille pour beaucoup c'est un art le tatouage à son mondial c'est jusqu'à ce soir sous la grande halle de la Villette à Paris et puis sous la pluie également le départ du Paris-Nice à 13h pile de Bois-Darcy la plupart des ténors du peloton seront là arrivés également après une boucle à Bois-Darcy
Merci Yves Decamp on vous retrouve dès 13h pour un journal complet il est midi presque 30 sur France Inter dans quelques secondes on rejoint Nicolas Demorand dans les studios de questions politiques une émission que vous pouvez suivre en direct sur votre radio France Inter en streaming sur le site de France Inter www.franceinter.fr ainsi que sur le canal 27 de la TNT France Info Télé l'invité de questions politiques aujourd'hui Edouard Philippe le député maire du Havre est proche d'Alain Juppé Et retour donc sur le plateau de questions politiques l'émission politique de France Inter France Info et Le Monde bienvenue à ceux qui nous rejoignent
notre invité aujourd'hui est donc le député maire LR du Havre Edouard Philippe proche d'Alain Juppé Edouard Philippe répondra à toutes vos questions à partir de 13h15 vous pouvez l'interroger via le 01 45 24 7000 le site de France Inter franceinter.fr Facebook Live et Twitter avec le mot clé question Paul à mes côtés Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions Françoise Fressos
du Monde et Karine Bécard de France Inter alors dites nous Edouard Philippe si le rassemblement
du trocadéro cet après-midi constitue les adieux de François Fillon à cette présidentielle je n'en sais rien je n'en sais vraiment rien vraiment rien je ne peux pas vous répondre à cette question je crois que le seul qui soit capable de répondre à cette question c'est François Fillon lui-même et je pense que la question qui lui est posée est une question redoutablement complexe sur le plan humain d'abord et sur le plan politique et j'ai parfois coutume de dire qu'en politique il y a deux principes qui parfois peuvent s'affronter le principe de réalité qui fait que même quand on n'aime pas la réalité il faut la prendre en compte parce qu'elle est là et le principe de ténacité qui impose de tenir si on veut véritablement faire quelque chose et je pense que François Fillon il est au pile au cœur de ce conflit là au moment où la réalité et la ténacité s'opposent et je ne sais pas quelle décision il prendra je n'en ai aucune idée Karine Bécard
donc ça veut dire qu'il n'est pas débranchable pour reprendre ce mot qui n'est pas très beau François Fillon il n'y a pas de procédure qu'on peut imaginer à monter on comprend bien quand même qu'il y a un comité politique par exemple demain soir et qu'il va se passer des choses donc il y a l'envie de débrancher est-ce qu'on peut le faire ?
D'abord je n'aime pas du tout le terme que vous utilisez et dont je comprends que dans votre bouche il n'est pas péjoratif mais je le crois maladroit néanmoins L'accompagner vers la sortie vous préférez ?
Non je pense qu'il faut je pense qu'il doit prendre une décision qu'elle lui appartient il a bénéficié On peut l'encourager à la prendre cette décision Il a bénéficié d'une majorité extrêmement claire au moment d'une primaire qui a été un merveilleux succès en termes de mobilisation et d'organisation et ça n'est pas rien il a maintenant plus de 500 signatures ce qui veut dire que techniquement, financièrement politiquement il est tout à fait en mesure de se présenter à l'élection politique Cela dit le principe de réalité oblige à constater qu'il y a des défections dans son équipe que sa situation politique son cœur politique se trouve totalement contesté par l'analyse que vous aviez faite tout à l'heure c'est à dire il a fonctionné sur un discours de réforme audacieuse parce que justement il mettait en avant sa probité et sa rectitude un certain nombre d'engagements donc il est dans une situation de très grande difficulté politique il doit prendre cette décision je pense que la moindre des choses pour ceux qui l'ont soutenu ou le soutiennent encore c'est d'essayer de faire en sorte qu'il puisse prendre cette décision de façon la plus sereine possible et en pensant à la fois à lui à ses idées et à sa famille politique comme on dit je déteste cette expression mais je l'utilise moi-même et puis à son pays Françoise Fresseuse
pour qu'on comprenne bien vous nous dites d'un côté Alain Juppé s'est beaucoup interrogé mais il est prêt
je ne crois pas vous avoir dit qu'il était prêt je vous ai dit qu'il s'était beaucoup interrogé
et qu'on sait quand même qu'il se prépare à y aller que d'un autre côté François Fillon on attend une décision l'un ne peut pas se passer sans l'autre c'est à dire que Alain Juppé n'ira pas s'il n'y a pas l'accord de François Fillon
je ne suis pas devin et je ne peux pas je ne suis pas devin et je ne peux pas m'exprimer au nom d'Alain Juppé ce que je sais c'est que si véritablement l'objectif c'est d'essayer collectivement la droite et le centre de faire valoir nos idées d'essayer de remporter l'élection pour pouvoir les mettre en oeuvre l'idée d'une candidature entre guillemets supplémentaire aurait enfin je veux dire permettrait très difficilement d'atteindre ces objectifs et donc je pense que la meilleure des choses que l'on puisse espérer c'est que on décide de faire une forme de cohésion autour de la candidature la plus crédible si c'est celle d'Alain Juppé j'en serais heureux parce que je le soutiens et parce que je l'estime et parce que je pense qu'il ferait un excellent président de la république si c'est quelqu'un d'autre pourquoi pas mais en tout cas il faut que cette base politique de la droite et du centre qui a été réunie au terme de la primaire puisse retrouver sa cohésion pour pouvoir faire valoir ses idées
quand on vous entend on a le sentiment qu'il reste encore beaucoup de temps qu'il va falloir aider François Fillon à cheminer vers le renoncement et puis progressivement installer Alain Juppé le problème c'est que le facteur temps il joue contre vous il reste 7 semaines
non non je crois que
il faut pousser un peu plus vite quand même
je crois qu'il y a en effet urgence mais c'est pas parce qu'il y a urgence qu'il faut s'énerver donc j'essaie de rester calme
mais sans s'énerver Edouard Philippe est-ce qu'il n'y a pas quelque chose d'absolument irrationnel qui est en train de se produire hier on entendait Charles Becbédé prenant la parole à Aubervilliers disant c'est très bien qu'il y en ait qui partent il faut purifier et épurer le siège cet après-midi on a un rassemblement au trocadéro qui est quelque chose dans une période d'état d'urgence avec l'attention chez les forces de police le risque de casseur qui est quelque chose d'absolument irrationnel pour quelqu'un qui veut devenir homme d'état qui s'en est pris au pouvoir public à la justice et au journalisme même si c'est devenu autre version après est-ce que vous ne croyez pas que la situation est tellement irrationnelle qu'il va falloir non pas attendre que ça s'arrange mais faire pression à fond pour qu'ils puissent partir
ou qu'ils partent alors d'abord il y a plusieurs choses dans votre question il y a d'abord le fait que certains esprits s'échauffent et je ne sais pas si ces esprits maîtrisent mal leur langage ou mal leur pensée ce que je sais c'est que ce que je sais c'est que c'est nuisible à tout le monde et que moi jamais je ne rentrerai dans ce type d'expression je vous fais observer d'ailleurs que lorsque j'ai indiqué que je tenais à me retirer de la campagne de François Fillon je n'ai formulé aucune critique à l'égard de François Fillon j'ai simplement dit que la tonalité que prenait cette campagne la tournure que prenait cette campagne et notamment cette manifestation ne me permettait pas de faire en conscience et de façon enthousiaste et honnête une campagne dans ce sens donc j'ai décidé de me retirer donc je pense qu'il serait mieux que les esprits ne s'échauffent pas trop et que donc la crise ne dure pas trop longtemps ça ça me semble certain deuxièmement sur cette manifestation moi je ne pense pas que ce soit une bonne idée elle a été perçue dès son annonce comme un mouvement destiné à offrir un contrepoids à une procédure judiciaire en cours donc vous la condamnez je n'ai pas à la condamner je n'y vais pas et je pense que c'est une mauvaise idée pardon mais les moins sans condamner vous la condamnez je pense que c'est une mauvaise idée vous pouvez peut-être la condamner moi je pense que c'est une mauvaise idée parce que je ne crois pas en effet surtout quand on comme c'est le cas de François Fillon comme c'est d'une certaine façon mon cas aussi quand on essaie de défendre les valeurs de la droite de la droite gaulliste je ne pense pas que faire intervenir la rue dans une procédure judiciaire ou à côté d'une procédure judiciaire ce soit une bonne façon de dire nous respectons les institutions nous pouvons être les garants des institutions je ne crois pas que ce soit une bonne façon François François
est-ce que précisément vous êtes inquiet pour les institutions est-ce que vous êtes inquiet pour la démocratie vu la tournure que prend aujourd'hui la campagne
Edouard Philippe non je ne suis pas inquiet pour la démocratie je ne suis pas inquiet pour les institutions je suis inquiet parce que cette situation politique de notre pays elle me semble explosive c'est vrai et parce que je crains qu'elle ne nous amène à une très grave crise politique tout à l'heure je disais qu'on n'avait sans doute jamais été aussi proche de voir l'extrême droite gagner dans notre pays si l'extrême droite gagner je vous invite vivement à écouter ce qu'ils disent en l'occurrence ce que Marine Le Pen dit sur ce qu'elle fera la sortie de l'euro c'est absolument pas neutre pour notre pays la rupture avec un certain nombre de principes anciens ça n'est absolument pas neutre pour notre pays ça ouvrirait une période de crise dont je pense qu'elle serait extrêmement grave et donc je ne le souhaite pas je me bats contre ça tout ce qui affaiblit les institutions et tout ce qui affaiblit la perspective d'alternance politique me semble une mauvaise chose
on vous trouve un peu passif alors on sait que vous vous faites monter la base pas vous spécialement mais qu'il y a la bosse qui monte qu'il y a un certain nombre de députés mais si François Fillon refuse de bouger vous allez regarder les choses se passer attendre le 17 le 25 parce que vous dites on n'envisage pas de candidature très bien donc s'il ne veut pas bouger il se passe quoi ?
encore une fois je trouve que dans votre enthousiasme vous me prêtez des propos que je n'ai pas exactement tenus
je dis d'enthousiasme mais dans un sens on est plutôt déprimé en ce moment si vous voulez
voilà mais en tout cas vous me faites dire des choses que je n'ai pas exactement dit pardon je ne vous dis pas qu'on ne fait rien je vous dis qu'il faut conduire François Fillon à prendre la bonne décision et que ça passe par des explications ça passe par du dialogue ça passe par de la lucidité le fait qu'un certain nombre de personnes qui s'étaient ralliées à lui après la primaire ou qui avaient été avec lui dès le début de la primaire prennent leur distance se retirent n'a rien de neutre c'est pas être passif c'est au contraire prendre ses responsabilités et je pense que ça crée une situation et que ça crée un moment de tension où lui va devoir prendre une position en même temps
il se cache beaucoup en ce moment il s'appuie beaucoup il ne va pas se cacher il s'appuie beaucoup sur ces 3 millions d'électeurs qui l'ont porté et qui ont fait en sorte de le désigner
à juste titre
est-ce que malgré tout finalement on n'a pas déjà atteint la limite de la primaire est-ce que la primaire n'est pas en train de complètement bloquer le jeu politique
j'entends beaucoup cette idée que en effet la situation que nous vivons montrerait bien le caractère finalement pas excellent des primaires je ne suis pas sûr la primaire c'est quoi c'est un mode de désignation d'un candidat ça n'est ni moderne ni vertueux c'était juste nécessaire vous ne pouvez pas faire autrement il y avait plein de gens qui voulaient aller à l'élection présidentielle et aucun n'avait à lui seul la légitimité qui aurait permis d'écarter les autres et donc on a créé ce système qui permet à un maximum de gens de venir choisir leur candidat encore une fois moi je revendique d'avoir travaillé à l'organisation de ce système et je pense que c'était un bon système ce qui se passe après la primaire c'est une explosion politique liée à une affaire un scandale qui aurait d'ailleurs pardon mais très bien pu arriver si on avait choisi un autre mode de désignation des candidats et ça pose un sujet grave parce que c'est exactement l'inverse de ce qu'avait dit le candidat qui se produit il avait dit qu'il n'irait pas s'il est mis en examen il va être mis en examen il dit qu'il y va et que ça se passe 50 jours avant l'élection présidentielle donc c'est une situation
est-ce qu'il faut l'améliorer en tout cas la primaire est-ce qu'il faut imaginer une procédure en cas de difficulté d'empêchement
peut-être mais pardon ça c'est pour la prochaine fois là aujourd'hui on est dans une situation où on ne peut pas réfléchir ça veut dire qu'il faudra regarder très précisément quels sont les patrimoines les agissements des uns et des autres de tous les candidats faire ce que les américains appellent du vetting et dont on n'a pas de traduction peut-être peut-être peut-être je ne sais pas ça voudra dire aussi que peut-être
mais dans tous les cas cette primaire finalement à droite et à gauche
Karine et Françoise
a fait élire un candidat qui ne ressemble pas complètement à leur camp c'est-à-dire que à droite comme à gauche ils ont parlé au coeur de leur électorat et finalement les deux hommes ensuite ont du mal à rassembler
il y a bien un problème
quand même
pardon mais quelle est la portée de ce que vous dites si on avait imaginé un autre mode de désignation des candidats par le parti on aurait eu exactement la même possibilité d'avoir quelqu'un qui aurait été désigné par un noyau encore un peu plus restreint de citoyens et donc avec le même biais que celui que vous désignez je ne dis pas que c'est impossible enfin il y a toujours un biais d'une certaine façon Françoise Fresslose
on a vu à la primaire on le voit aujourd'hui la droite de Nicolas Sarkozy la droite de sens commun la droite d'Alain Juppé qui ne se ressemble pas est-ce qu'il y a encore un point un programme commun que vous pouvez appliquer à 50 jours de la présidentielle sans laisser sur le carreau des gens qui diraient ben moi je passe à l'extrême droite parce que ça me plaît pas ou je passe à Emmanuel Macron parce que ça me plaît pas c'est quoi le facteur de rassemblement aujourd'hui ?
Edouard Philippe je pense qu'il y a énormément de facteurs de rassemblement que le socle commun est incomparablement supérieur aux éléments de différenciation c'est d'ailleurs pour ça que tous ceux qui avaient participé à la primaire et qui n'avaient pas gagné ont pu sans problématique aucune dire ben voilà il y a un candidat qui a gagné la primaire on peut faire campagne pour lui il y a des différences de degrés sans problématique mais avec problème
prenons un cas très précis de l'identité heureuse si par exemple la LJP n'est pas en campagne pourquoi vous dites pas
on a senti dès le mois de janvier avant même l'explosion de l'affaire François Fillon qu'il y avait des tiraillements dans l'équipe
des problèmes de ligne politique il peut y avoir des problèmes d'organisation il peut y avoir tout ce que vous voulez mais ce que je veux dire chez François Fillon il y avait le souci par exemple de réduire les dépenses publiques qu'on retrouvait exactement dans les mêmes termes peut-être avec des ampleurs différentes non mais d'accord mais d'accord mais enfin avec des ampleurs différentes mais quand même fondamentalement avec un accord de la part des autres candidats à la droite il y avait une volonté d'être plus ferme en matière d'autorité qui se retrouvait chez tous les candidats il y avait des considérations en matière de maîtrise des dépenses budgétaires qu'on retrouvait chez beaucoup de candidats donc il y a un socle dont on ne peut pas dire qu'il soit négligeable il est même essentiel François-Nathalie Nathalie Françoise
par exemple sur une question très précise qui avait vraiment tiraillé pendant la campagne qui est l'identité heureuse défendue par Alain Juppé si Alain Juppé devait revenir en campagne est-ce qu'il reprendrait ce thème là ou il se dirait non finalement c'est pas assez rassembleur pour la droite
j'ai dit tout à l'heure qu'il ne faisait aucun doute qu'Alain Juppé avait perdu je ne le mets pas tout seul moi aussi je l'ai beaucoup aidé donc je suis co-responsable de cette défaite je l'assume volontiers on a perdu la primaire dès lors qu'on a perdu la primaire on peut se dire que c'est les autres qui se sont trompés on peut se dire que c'est nous qui nous sommes trompés où on peut dire qu'au fond personne ne s'est trompé mais qu'il faut probablement qu'on s'y prenne autrement et je pense que la vertu essentielle chez un homme politique et en vérité chez un homme ou une femme libre et conscient c'est d'apprendre de ses défaites et donc il n'est pas impossible qu'Alain Juppé tout en restant lui-même c'est pas exactement le genre de bonhomme à changer d'avis comme on change de chemise tout en restant lui-même intègre ce qu'a dit le peuple de droite qui s'est exprimé au moment de la primaire de la même façon pardon de la même façon de la même façon que François Fillon de la même façon que François Fillon avait intégré après décembre un certain nombre de choses qui avaient été dites pendant la primaire par les autres le programme en matière de santé de François Fillon qui était très dur avant décembre ce que nous avions dit nous-mêmes pendant la primaire il a été enrichi après la primaire et la version qui en est sortie tout en étant ambitieuse sans constituer en rien un reniement de sa position initiale avait été amendée c'est comme ça que ça fonctionne
pour reprendre la question différemment que sur les thèmes de la sécurité parce qu'on a senti récemment un durcissement du ton très sarkoziste du ton de François Fillon et sur les thèmes de société vous êtes capables de bouger de vous droitiser un petit peu quand eux-mêmes sur l'économie ont mis le curseur un petit peu au centre et deuxième question est-ce que vous pouvez travailler avec les équipes de François Fillon et pourquoi pas avec François Fillon lui-même ou alors ça sera une fois qu'il aura abandonné s'il abandonne c'est quelqu'un qui sera complètement mis sur le côté donc on ne veut plus entendre parler
alors d'abord sur la question de fond que vous posez sur la capacité qu'on aurait à entre guillemets se droitiser
à vous sarkoziser je ne sais pas si ça existe
à vous durcir je me permets de sourire je me souviens assez bien de la façon dont a été perçu notamment par la presse mais par toute une série d'observateurs la présentation des idées d'Alain Juppé en matière de sécurité et de justice c'était en janvier 2016 et toute la presse avait titré toute la presse avait titré droitisation discours très ferme très dur regardez dans le détail si vous l'avez oublié ce que propose Alain Juppé en matière de sécurité et en matière de justice c'est pas exactement de la petite bière c'est quelque chose d'assez solide passons sur la question de la capacité des équipes de droite à travailler ensemble François Fillon quand il a organisé sa campagne s'est reposé sur un certain nombre de gens qui avaient fait campagne pour Sarkozy et d'autres qui avaient fait campagne pour Alain Juppé et en vérité ça se passait plutôt bien à l'évidence si on en arrivait à un changement de candidat je pense qu'il faudrait persévérer
François Fillon lui-même le question sur François Fillon lui-même est-ce qu'il signera sa mort politique
ça c'est pas une question vous pouvez me la poser mais je suis incapable d'y répondre c'est lui qui décidera encore une fois d'abord il a une décision difficile à prendre c'est de savoir ce qu'il fait vous n'avez pas répondu à la question si François Fillon décide de se maintenir que ferait vous vous les partisans d'Alain Juppé vous n'y avez pas répondu non parce que d'abord je ne sais pas quelle sera la décision que prendra François Fillon et j'ai tendance à essayer de pas trop trop répondre aux questions hypothétiques il y a quand même beaucoup d'hypothèses en ce moment pour l'instant elle ne se pose pas mais elle peut tout à fait se poser j'entends ce que vous dites moi j'ai toujours été loyal à mon camp et en même temps j'ai toujours préservé ma liberté intellectuelle et donc je pense que si on en arrivait à la solution que vous décidez je serais loyal à mon camp mais je ne reviendrai pas sur ma décision de ne pas participer à cette campagne parce que je crois qu'encore une fois sa tournure me semble incompatible avec ce que moi je veux faire de l'engagement politique et pardon je suis désolé parce que je suis parfois un peu long dans mes réponses mais je voudrais appuyer cette je suis maire du Havre j'aime être maire du Havre je ne vais pas me représenter aux élections législatives parce que l'interdiction du cumul de mandats fait que je veux rester maire du Havre donc pour moi c'est le mandat qui compte c'est le mandat que j'aime exercer dans mon mandat de maire tous les jours pas une fois sur deux tous les jours ce que j'essaie de faire c'est de construire un lien de confiance et de crédibilité entre ce que je souhaite faire dans ma ville et mes concitoyens c'est pas facile je peux vous dire et ça se fait pas en une seconde ça se fait dans la durée et ça se fait dans la durée quand on est capable de dire non ça je ne peux pas le faire oui ça je vais le faire pas tout de suite mais dans six mois six mois après il vaut mieux que ça se fasse ça demande une très grande clarté et ça demande une très grande constance et c'est bien là mon problème c'est quand vous dites en janvier si je suis mis en examen je n'y vais pas qu'en février vous dites les gars il faut tenir et qu'on tient d'ailleurs et qu'en mars vous dites ah je vais être mis en examen mais je vais quand même continuer vous ruinez la cohérence et la constance qui sont indispensables si vous voulez effectivement gouverner alors en l'occurrence une ville et c'est pour ça que je ne me retrouve pas dans cette campagne désormais et que encore une fois je serai loyal je ne vais pas aller faire campagne pour quelqu'un d'autre mais vous voterez pour le candidat de votre famille même si c'est François en général je vote pour le candidat de ma famille
allons plus loin quand même François Bayrou qui soutenait Alain Juppé est passé du côté d'Emmanuel Macron si vous voyez que ça s'envenime est-ce que vous pourriez un jour voter pour Emmanuel Macron
Edouard Philippe un jour voter pour Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle dans un mois et demi à priori au premier tour de l'élection présidentielle c'est assez mal parti au deuxième tour de l'élection présidentielle en revanche la question se posera peut-être si elle se pose on verra dans quel terme elle se pose
autrement dit est-ce que le clivage gauche-droite a encore une pertinence vu la situation actuelle de la scène politique
c'est une question difficile parce que ça fait ça fait 30 ans qu'on se pose la question de savoir si le climat en tout cas depuis que je regarde et depuis que je m'intéresse à la chose politique j'entends des remises en cause récurrentes de est-ce que ce clivage gauche-droite a finalement du sens alors que à l'intérieur de chaque grand camp ou de chaque grande famille on retrouve des clivages et on peut se trouver plus proche donc peut-être que la question se pose encore aujourd'hui ce que je sais quand même c'est que quand j'explique ce que j'ai envie de faire en général les gens de gauche trouvent que quand même c'est pas ce qu'eux ils ont envie de faire il doit y avoir quelque chose qui ressemble
Malgré tout si l'hypothèse Juppé se confirme on peut douter d'une partie de l'électorat de droite qui va avoir du mal à le suivre les sarkozistes les fillons un peu hystérisés en ce moment il va lui manquer également pour poursuivre la question de François Sfressos il va lui manquer également tous ces centristes qui sont déjà chez Emmanuel Macron il y a des Juppéistes qui sont déjà partis chez lui il y a Bayrou qui y est alors que normalement vous deviez travailler ensemble il va finalement faire campagne avec qui ?
Edouard Philippe rapidement s'il vous plaît je ne sais pas répondre à votre question c'est à dire que de deux choses l'une soit vous croyez que effectivement vous êtes capable de rassembler en ayant un discours clair et un discours qui permet d'envisager l'alternance soit vous ne le croyez pas voilà moi je pense qu'on peut le faire je pense qu'on peut réunir l'ensemble des composantes de la droite et du centre pour mener cette campagne je le souhaite
pour Jean-Louis Borloo qui reviendrait dans le jeu c'est plausible pour justement centriser
posez lui la question je n'ai pas d'informations particulières sur Jean-Louis Borloo mais je sais qu'il suit avec beaucoup d'attention tout ce qui se passe allez on accueille Maxime Depps
question politique sur France Inter
Maxime Depps de la rédaction de France Inter Maxime bonjour vous vous intéressez aujourd'hui au partenariat public-privé qui permettent de financer des grands projets comme cette ligne grande vitesse LGV entre Tours et Bordeaux inaugurée cette semaine par François Hollande oui une ligne qui mettra Bordeaux à deux heures de Paris mais à quel prix c'est Vinci qui s'est chargé du chantier et Vinci qui en récoltera les fruits c'est simple pour financer les 300 km de voies qui séparent les deux villes les pouvoirs publics n'ont eu d'autre choix que de faire appel à un acteur privé pourquoi ?
bien parce que 300 km de voies ferrées c'est beaucoup beaucoup d'argent 8 milliards d'euros quand même Vinci prendra donc la moitié à sa charge et en échange la SNCF lui versera des droits de péage c'est là que certaines dents commencent à grincer plusieurs chiffres circulent entre 7 et 15 000 euros à chaque train qui passe et ça sur une durée on va dire conséquente puisque le contrat prendra fin tenez-vous bien en 2061 dans quasiment 50 ans donc Vinci va nous couler à grande vitesse s'étant pressé de commenter là-dessus le mouvement Attaque cette semaine dans un communiqué Attaque qui affirme que les tarifs au péage vont doubler par rapport à la situation actuelle et le risque c'est que pour vous et moi c'est que nous en payons le prix en fait tous les observateurs du secteur l'assurent le prix du billet va flamber c'est une évidence de 20% minimum c'est ce que m'a diagnostiqué un spécialiste des transports pour qui c'est inévitable la SNCF va vouloir entrer dans ses frais une SNCF qui se dédouane quoi qu'il en soit en ce qui concerne les tarifs Guillaume Pépi botte en touche pour l'instant de toute façon ce n'est pas nous qui avons appelé à ce montage avec le privé dit le patron de la compagnie c'est l'état c'était il y a 10 ans c'était sous Nicolas Sarkozy au nom de l'intérêt général car c'est vrai aujourd'hui chaque maire chaque élu en France veut son TGV ou en tout cas ne comprend pas qu'il n'y ait pas droit alors ma question la voici Edouard Philippe entre désir et réalité a-t-on raison de vouloir maintenir l'idée de grands projets de ce type en France par tous les moyens alors qu'on ne les a plus ?
Edouard Philippe plusieurs mots pour répondre premier mot d'abord on a le sentiment que le recours au financement par le privé d'infrastructures publiques serait une nouveauté bien pour certains critiquable pour d'autres alors il y a juste mais tellement rien de nouveau sous le soleil le réseau ferroviaire français au 19ème siècle il a commencé exactement comme ça et un bon nombre d'infrastructures publiques au 19ème au 20ème elles ont été financées par de l'investissement privé sous la forme de contrats publics on n'appelait pas ça PPP on appelait ça des contrats de délégation de services publics on appelait ça des affermages quand éventuellement la puissance publique avait déjà amorti bon bref c'est quelque chose d'ancien ça existe et ensuite une fois que le privé a investi il se repaye sur l'utilisation de l'infrastructure même c'est pas neuf on a tout à fait le droit de le critiquer mais ne pensons pas une seconde que c'est neuf c'est vieux comme Rome c'est vieux comme Rome très exactement c'est vieux comme Rome bon deuxième chose vous avez dit dans votre dans votre intervention que vraiment c'était très cher et qu'on se demandait si tous ces chaque élu qui voulait son grand projet son TGV pour aller un peu plus vite il se trouve que moi je suis maire d'une ville le Havre qui est aujourd'hui dans le meilleur des cas à 2h05 par le train de Paris la première fois que mon grand-père a pris le train pour aller au Havre enfin pour aller à Paris il était il est parti du Havre il a mis en 1936 1h45 ça veut dire que quand vous êtes normand que vous habitiez à Caen au Havre et encore pire à Cherbourg vous avez perdu du temps de trajet ferroviaire par rapport à il y a 50 ou 70 ans c'est un fait bon le service ferroviaire sur certaines lignes c'est considérablement dégradé en rapidité et en qualité et je peux vous dire que tous les gens qui prennent les trains normands le savent vous pouvez pas enfin vous pouvez peut-être d'ailleurs mais dans ce cas là vous pouvez pas faire mon job dans ce cas là quand des dizaines des centaines des milliers de gens vous disent ça n'est pas acceptable parce que c'est un problème pour la compétitivité de notre territoire parce que c'est un problème pour la qualité de vie de notre territoire vous pouvez pas leur dire eh ben rien c'est comme ça vous essayez de vous battre et vous essayez de créer un dispositif qui permet d'améliorer la situation et qui passe évidemment par des investissements et les investissements ferroviaires c'est monstrueusement cher mais ça dure très longtemps c'est à dire que si vous prenez le montant de l'investissement réalisé vous dites oh mon dieu on va jamais s'en sortir tellement c'est cher si vous regardez un petit peu le fait que ça va durer 50 ou 60 ans ben vous vous rendez compte déjà que ça a plus de sens de réaliser des investissements même onéreux si vous pouvez les financer sur le moment par de la dette c'est évident mais les financer de façon pérenne donc ça veut pas dire qu'il faut faire des grands projets pour faire des grands projets et je ne doute pas une seconde qu'il y ait des grands projets moins utiles que d'autres pour le système ferroviaire une dernière remarque là encore je suis maire du Havre ça n'est pas innocent on a depuis 40 ans oui 40 ans mis la priorité sur le transport des passagers à grande vitesse et donc on a créé un système de TGV qui est remarquable enfin quand vous allez à Lyon ou à Paris quand vous êtes à Paris vous allez à Lyon vous allez à Lille vous allez à Bordeaux c'est formidable les trains sont confortables ils sont rapides c'est merveilleux mais la contrepartie de cette priorité qu'on a donnée à la grande vitesse passager c'est qu'on ne s'est absolument pas occupé de la petite vitesse passager sur les autres lignes et pire encore qu'on ne s'est absolument pas préoccupé du fret ferroviaire moyennant quoi le fret ferroviaire en France est dans une situation de désastre et ça a un coût financier c'est un coût de compétitivité c'est un coût écologique et c'est proprement emmerdant si vous me passez cette expression Edouard Philippe merci on se retrouve à 13h15 après le journal d'Yves De Caen amis auditeurs et téléspectateurs vous pouvez intervenir au 01 45 24 7000 sur franceinter.fr via twitter avec le mot clé question Paul et également sur facebook live ne bougez pas restez avec nous on se retrouve à 13h15
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et je salue Daniel qui nous appelle des Yvelines bonjour et bienvenue
oui bonjour à tous bonjour monsieur le député bonjour à tous les auditeurs que je salue mais voilà ma question j'ai l'argument qui consiste à dire que les électeurs qui ont voté pour monsieur Fillon aux primaires n'accepteraient pas un autre candidat
est un argument fallacieux fallacieux car qui pourrait croire que ces mêmes électeurs qui ont voté donc pour monsieur Fillon est-ce qu'ils auraient voté pour lui s'ils avaient eu connaissance avant le vote des primaires de tout ce que nous connaissons maintenant j'en doute beaucoup et autour de moi c'est ce que j'entends dire il n'aurait certainement pas voté de la même façon par conséquent considérer le vote de ces gens là comme définitivement acquis y compris pour monsieur Fillon s'il était s'il continue sa campagne et qu'il décide de se présenter c'est tout à fait un argument fallacieux je rappelle pour les auditeurs qui n'auraient un doute sur le sens du mot fallacieux fallacieux veut dire destiné à tromper merci Daniel pour cette question cette analyse ce commentaire Edouard Philippe vous répond bonjour monsieur c'est plus une une analyse qu'une question ce que je ce que je vois en me promenant et en écoutant ce qu'on peut me raconter c'est que en effet toute cette affaire a suscité un trouble certains considérant qu'elle avait été qu'elle était apparue et qu'elle avait été instrumentalisée à dessein pour fragiliser la candidature soit de François Fillon soit de la droite et du centre d'autres constatant qu'ils avaient choisi François Fillon parce qu'il leur semblait le mieux à même de gagner l'élection présidentielle et certains enfin l'ayant choisi notamment pour ces pour l'expression de convictions très fortes qu'il avait formulées sur le thème de la rectitude sur le fait de bon et peut-être qu'en effet un certain nombre de gens qui ont voté à la primaire si elle se représentait demain cette primaire changerait leur vote je n'en sais rien là on est dans l'hypothétique mécaniquement ça doit être le cas mais moi mon objectif au fond c'est pas de dire si la primaire avait eu lieu après cette affaire elle aurait donné un autre résultat les faits ils sont là l'histoire elle est là donc maintenant c'est qu'est-ce qu'on fait la question qui compte qu'est-ce qu'on fait regardons l'avenir bonjour Daniel oui bonjour vous nous appelez Duzès soyez le bienvenu
oui alors j'ai deux petites choses à vous dire d'abord un je suis un addict de France Inter c'est gentil il faut que j'aille me faire soigner
ça n'est pas remboursé par la sécu Daniel
et non c'est dommage et deux je trouve que le nom de monsieur Philippe est magnifique puisque ça veut dire l'ami des chevaux comme il le sait sans doute et alors surtout moi comme je vous écoute tout le temps je voulais revenir sur l'intervention de Danny Cohn-Bendit la semaine dernière la semaine dernière il se trouve que j'étais moi en fin de licence d'histoire à la Sorbonne en 68 et qu'évidemment Daniel Rouge était déjà bon dans mon coeur et puis
alors dites nous qu'est-ce qui vous a intéressé dans l'intervention de Daniel Cohn-Bendit
alors moi ce que j'aime
c'est que d'abord je ne veux surtout pas que le peine passe ça c'est pour moi une catastrophe et Danny disait
très justement moi je vote Macron que c'est le mieux placé
pour faire obstacle à Le Pen
et si c'est Macron oui c'est Macron si c'est Hamon c'est Hamon
et si c'est Mélenchon c'est Mélenchon et je suis je suis toujours très à gauche depuis toujours et je suis d'accord complètement avec l'analyse de Danny
merci Daniel la question est transmise à Edouard Philippe qui vous répond oui bonjour monsieur là encore on n'est pas complètement dans une question mais au fond votre intervention elle me fait penser à quelque chose beaucoup de de responsables politiques beaucoup d'observateurs politiques envisagent cette élection sous un angle un peu particulier qui consiste au fond à savoir qui sera au deuxième tour opposé à Marine Le Pen l'idée étant de se qualifier au deuxième tour pour espérer ensuite rassembler très au-delà de son camp et battre Marine Le Pen c'est souvent comme ça que les choses sont présentées je ne dis pas que c'est comme ça qu'il faut le faire mais j'observe que c'est souvent comme ça qu'elles sont présentées et ça conduit me semble-t-il à quelque chose qui est regrettable c'est qu'on ne parle pas suffisamment non pas de l'attitude qu'il faut avoir vis-à-vis de Marine Le Pen on ne parle pas assez du fond de son programme on ne critique pas me semble-t-il suffisamment le fond de son programme on n'essaie pas d'expliquer suffisamment aux françaises et aux français électeurs qui ont parfaitement le droit de voter pour qui ils veulent ce qu'implique ce vote et ce que déclencherait une majorité donnée à Marine Le Pen je suis frappé il se trouve que j'ai écrit un petit papier là-dessus il y a quelques jours sur les effets par exemple d'une sortie de l'euro est-ce que au fond tout le monde a bien conscience de ce que représente pour un pays qui est à l'intérieur de l'euro la sortie de cette monnaie moi je ne crois pas je pense qu'il y a beaucoup de gens qui se disent on va retrouver notre souveraineté monétaire on sera seul maître à bord on va se libérer de l'emprise pénible des technocrates et des politiciens bruxellois et on fera exactement ce qu'on veut mais ce n'est pas ça qui va se passer croyez-moi si on sort de l'euro ce n'est pas ça qui va se passer ce qui va se passer c'est que la France va faire défaut sur sa dette pourquoi ?
parce que ce sera automatique ce qui va se passer c'est qu'on va avoir une inflation considérable ce qui va se passer c'est qu'on va emprunter de l'argent à un taux d'intérêt bien supérieur ce qui va se passer c'est que ceux qui ont du bien quelques économies qui ne sont pas un grand patrimoine ceux qui ont quelques économies ils vont les voir fondre c'est ça qu'il faut expliquer et je trouve que et je trouve pardon que permettez-moi de défendre la question de Daniel considérant le contexte considérant ce que vous venez de dire à savoir la dangerosité du programme de Marine Le Pen ce que disait Daniel Cohn-Bendit la semaine dernière c'est considérant tout cela il faut voter pour la personne qui est la plus à même de battre Marine Le Pen donc êtes-vous sur cette position c'était ça à mon avis le sens de l'intervention de Daniel il se trouve que le système électoral français repose sur une élection à deux tours et donc si effectivement le deuxième tour est un deuxième tour dans lequel Marine Le Pen est présente se posera la question de savoir ce que font les responsables politiques de la droite et du centre moi ce que je souhaite ce pourquoi je me bats ce que j'espère profondément c'est qu'en face de Marine Le Pen si elle devait se qualifier pour le deuxième tour il y ait un candidat qui représente mes idées Nathalie Saint-Cré et François Très-Fourg
on a approché à François Fillon de finalement ne cibler qu'Emmanuel Macron dans les dernières semaines et justement de faire un peu ce que vous dites c'est-à-dire de considérer que Marine Le Pen était déjà présente au second tour est-ce que vous estimez dans le cas où Alain Juppé serait le successeur de François Fillon qu'il faut réorganiser la ligne idéologique et attaquer Marine Le Pen notamment pour prouver ce que vous venez de dire
au lieu d'être obsédé par Emmanuel Macron
mais je vais vous dire le reproche que je fais il n'est pas du tout spécifiquement destiné à François Fillon il est fait à tous les candidats de l'élection présidentielle je ne trouve pas qu'Emmanuel Macron critique beaucoup oui mais je vous parle du vôtre j'entends bien mais je vous réponds quand même je trouve que c'est un on a tellement intégré cette logique qu'au fond le deuxième tour est un deuxième tour contre Marine Le Pen on ne sait pas qui mais on sait que ce sera contre elle qu'au fond les gens prennent ça les candidats prennent ça Daniel Cohn-Bendit Emmanuel Macron ne démontre pas ne tacle pas à mon avis suffisamment Daniel Cohn-Bendit disait exactement il faut donner une dynamique à Emmanuel Macron je restitue son raisonnement je ne le fais pas mien il faut donner une dynamique à Emmanuel Macron pour qu'il soit devant Marine Le Pen au premier tour c'était ça l'ensemble du raisonnement pour être tout à fait complet moi je vous dis que je préférais que le candidat de la droite et du centre soit effectivement devant Marine Le Pen au deuxième tour
c'est quand même un peu embêtant d'attendre les sept dernières
au premier et encore plus au deuxième
c'est quand même embêtant d'arriver à sept semaines du premier tour de l'élection présidentielle pour se dire à mince on n'a pas suffisamment montré du doigt les incohérences du discours de Marine Le Pen
c'est ce que je pense elle vous effraie elle vous effraie en fait
Marine Le Pen c'est compliqué en fait de l'attaquer c'est un peu ce que
non c'est ce que je pense c'est ce que j'essaie de faire après tout vous savez il y a plein de gens dans une campagne vous utilisez des instruments différents on peut être chef d'orchestre une campagne ben voilà moi j'aimerais qu'on entende plus la partie de la partition dirigée contre l'extrême droite Françoise Fresseau ce puis le standard
ce que vous dites beaucoup sur Marine Le Pen c'est vous l'attaquer sur l'euro on sent bien que l'un des clivages très importants de cette campagne c'est l'euro les latitudes face à l'Europe est-ce que la droite n'est pas trop divisée pour parler clairement du sujet de l'Europe est-ce que finalement c'est pas Macron qui en parle de façon la plus positive
écoutez je sais pas ce que je sais profondément c'est que moi je suis je pense que sortir du dispositif européen serait une aventure coûteuse et dramatique pour la France que nous n'obtiendrons rien rien dans ce monde mondialisé de grandes puissances Chine, Inde, Brésil, Etats-Unis, Russie nous n'obtiendrons rien tout seul et nous devons faire PAC avec nos alliés européens que sortir de l'euro serait une ruine financière encore une fois pas pour les grandes institutions financières pour tous les gens qui ont un compte en banque pour tous les gens qui ont un compte en banque sortir de l'euro serait une ruine financière j'en suis absolument convaincu et donc il faut l'expliquer parce que c'est au coeur du programme de Marine Le Pen et qu'on ne le conteste jamais on a l'impression que c'est une petite chose
plus fortement que ce que vous faites en ce moment
on peut parfaitement dire le système européen tel qu'il a été construit tel qu'il fonctionne aujourd'hui n'est pas complètement satisfaisant on peut le dire vouloir le transformer mais dire qu'il est indispensable de même qu'on peut tout à fait dire les institutions françaises ou tel ou tel aspect de la politique française n'est pas satisfaisant et vouloir le transformer et l'améliorer on n'est pas là pour faire soit table rase soit on garde tout on peut faire évoluer les choses mais en les faisant évoluer il ne faut pas perdre l'essentiel et à mon avis l'essentiel c'est le processus d'intégration européenne qui fait que nous pouvons nous appuyer sur nos alliés pour peser dans le monde François bonjour retour au standard inter
oui voilà alors votre invité maire du Havre m'est tout à fait sympathique mais je voudrais signaler deux choses premièrement entre un condamné monsieur Juppé et un suspect monsieur Fillon il y a quand même un problème dans ce parti pourri depuis 58 les condamnations ont été très nombreuses je ne parle pas de Pasqua Chirac etc et je ne parle pas des Balkanistes mais deuxièmement le parti de droite qui soi-disant est démocratique qui est parfait pour faire comme le parti de gauche se désister qui dit la Marine Le Pen Hamon, Mélenchon, Macron je m'en moque mais quand est-ce que le parti de droite qui existe et qui nous pourrit la vie depuis des années pour un candidat de gauche en face de Marine Le Pen comme le parti chassi il l'a toujours fait
Merci François pour cette question Edouard Philippe ne pourra pas dire que c'était une analyse il y avait un point d'interrogation je vais donner la parole sur des thèmes à peu près comparables à Laurent qui nous appelle de Paris Laurent bonjour
Oui bonjour
Bienvenue
et puis merci beaucoup et merci pour l'émission évidemment à leur qualité une question enfin une série de questions assez simples à monsieur Philippe qui a l'air d'être un honnête homme donc je lui pose la question suivante qu'est-ce que selon lui l'affaire Fillon actuelle mais aussi précédemment l'affaire Big Malion et puis évidemment l'affaire ça a toutes les affaires qui courent après monsieur Sarkozy qu'est-ce que selon lui cela dit de la classe politique actuelle en tout cas sa partie de classe politique et puis est-ce que s'il partage une conclusion que moi il entend le message et le ras-le-bol des français et surtout quand est-ce que justement cette classe politique va entendre le message et procéder à un grand nettoyage des écuries d'OGIAS
merci Laurent pour cette question je transmets les deux à l'honnête homme Edouard Philippe bon merci de ce qualificatif je croyais que vous alliez démentir non non je ne le revendique pas je ne le revendique pas vous le recevez ni l'inverse mais je pense que c'est enfin bref alors un mot je commence par la deuxième question sur l'attitude sur la classe politique ou sur les affaires dont nous sommes saisis je voudrais dire d'abord une chose j'ai commencé ma vie professionnelle quand j'avais 27 ans en étant membre du conseil d'état donc juge ce n'était pas dans des affaires pénales ce n'était pas dans des affaires correctionnelles enfin néanmoins il s'agissait de se prononcer en droit sur des affaires qui avaient parfois des montants financiers tout à fait considérables parfois des montants financiers très dérisoires mais des questions de droit intéressantes j'ai appris plusieurs choses en faisant cette activité professionnelle pendant 5 ans la première c'est que il n'y a rien de pire mais vraiment il n'y a rien de pire que de se prononcer sur les éléments d'un dossier moi j'ai vu aujourd'hui dans le journal du dimanche des éléments sortis de procès-verbaux et d'une procédure judiciaire ils ne sont évidemment pas complets je trouve très incorrect et je le dis comme je le pense qu'il puisse être publié je le dis comme je le pense et je trouve totalement inconvenant l'idée de se faire un avis sur des pièces partielles sur un dossier complexe je sais que quand on fait ça on se trompe je le sais d'expérience donc je ne me prononce pas sur cette affaire vraiment j'insiste là-dessus deuxième chose il est clair qu'il y a eu dans la vie politique depuis toujours depuis très longtemps il n'y a pas d'âge d'or de la politique de ce point de vue là des comportements qui étaient critiquables ou qui semblant être acceptables à une époque sont devenus inconcevables 5 ans 10 ans 15 ans plus tard il fut un temps je le dis là encore très clairement il fut un temps où le financement des partis politiques par des entreprises je parle des années 60 ou 70 ne heurtaient personne et heureusement Dieu soit loué enfin pas Dieu d'ailleurs mais plutôt le législateur j'ai plus confiance en lui et en la matière le législateur a progressivement et sous la pression créé un dispositif d'encadrement de plus en plus strict de plus en plus transparent des relations en la matière jusqu'à une interdiction totale pour les entreprises de financer les partis politiques ce qui semblait acceptable en 1965 1970 ne l'est plus du tout aujourd'hui et tant mieux est-ce qu'il faut entre guillemets procéder au ménage et à nettoyer les écuries d'Ogias je pense que les hommes politiques ils sont ils sont très exactement comme tous les autres il leur arrive parfois de faire des erreurs il leur arrive parfois de faire des erreurs consciemment et parfois inconsciemment ils ne doivent pas être au dessus de la loi ils doivent pas être en dessous ils ont le droit à l'ensemble des procédures qui sont prévues par la loi pour tous les citoyens et je pense que nous entrons et c'est heureux dans une période depuis déjà d'ailleurs plusieurs années où l'exigence portée sur à la fois l'approbité et l'apparence de l'approbité est plus grande et d'une certaine façon c'est tant mieux et je n'ai pas répondu à la première question de votre auditeur sur l'attitude qu'il convenait d'avoir vis-à-vis du FN la question est discutée au sein de la droite et du centre depuis longtemps et il y a un certain nombre d'expressions différentes qui se sont fait entendre sur ce sujet j'ai pour ma part toujours toujours tenu la ligne qui n'est pas majoritaire dans mon parti et je l'assume du Front Républicain non non le Front Républicain ce serait ce serait des désistements avant le premier tour de dire quand on est à une élection au deuxième tour et qu'il y a en face de soi un candidat du Front National ou un candidat des forces dont je considère qu'elles partagent avec moi certaines convictions même si je peux avoir des désaccords je préfère voter pour cela et je l'ai dit clairement dans des cantonales au Havre qui n'intéressaient personne je l'ai dit clairement ensuite dans des législatives au moment de législatives partielles je ne suis pas dans la majorité de mon parti mais j'observe une chose c'est que mon parti ne m'a jamais ni sanctionné ni pressuré parce que je tenais une position qui était minoritaire et c'est quelque chose encore heureux oui quand même et bien écoutez je connais des parties où les marges de manœuvre et où la liberté intellectuelle sont nettement moins grandes
il y a une autre chose qui a été dite quand même par l'auditeur c'est voilà remplacer un François Fillon probablement mis en examen par un Alain Juppé qui a été condamné c'est quelque chose que si jamais l'hypothèse Juppé sort effectivement qui va être dite beaucoup sur les réseaux sociaux et pas seulement
sans doute sans doute qu'il y a toute une série de gens qui n'aiment pas Alain Juppé et qui rappelleront le fait que tout le monde connaît qui est parfaitement public est-ce qu'il y a une différence de nature entre les condamnations passées ou la mise en examen à venir de nature parce qu'elle serait plus politique et plus personnelle dans la deuxième il est parfaitement connu qu'Alain Juppé a été condamné en première instance puis en appel en 2004
pour des faits
pour des faits c'est important pour des faits dont la cour d'appel de Versailles qui l'a condamné a indiqué qu'il n'avait jamais conduit à de l'enrichissement personnel et qu'au fond il avait été condamné pour le fonctionnement d'un système qu'il n'avait pas mis en place qu'il n'avait pas mis en place et dont il n'était pas le principal bénéficiaire bon et il a payé et d'ailleurs je me permets de vous faire observer que quand il a été condamné il n'a pas dit c'est la faute d'un autre il n'a pas dit c'est la faute d'au-dessus ou c'est la faute du dessous il n'a pas dit que c'est mes collaborateurs qui ne m'avaient pas dit il a assumé cette condamnation il a démissionné de ses mandats il est parti et il a été réélu par les Bordelais assez largement je dois dire d'ailleurs bon la condamnation elle est réelle elle est relative à un système ancien de financement de l'action politique il a payé c'est clair on peut s'en faire une idée on peut considérer que ça le disqualifie éternellement pour briguer des mandats mais je préfère d'une certaine façon quelqu'un qui est clair là-dessus et qui ne s'est pas retourné en disant c'est la faute d'un autre
on revient aujourd'hui est-ce que compte tenu du climat et compte tenu de la défiance politique il faut une loi de moralisation de la vie politique comme le propose Emmanuel Macron si jamais la droite remporte l'élection présidentielle
je vais vous heurter je suis certain d'heurter la sensibilité d'un grand nombre de vos auditeurs pourquoi ? parce que je n'aime pas le terme de moralisation je pense que je pense qu'en matière publique il y a la loi il y a ce qui est autorisé et ce qui n'est pas autorisé
mais la loi qui vient toujours après les affaires donc est-ce qu'il ne faut pas prendre les devants juste pour contrer cette défiance qui au fait nourrit les extrêmes
la défiance mais la loi vous dites elle vient toujours avec les affaires après les affaires bien sûr qu'il y a des lois qui sont des lois de réaction à des choses qui se sont passées mais enfin une fois que la loi est là normalement elle prévoit pour l'avenir et donc elle permet d'éviter dans l'avenir un certain nombre de situations incorrectes donc moi je pense qu'il faut être clair je pense qu'on peut aller beaucoup plus loin j'ai aucun problème avec ça sur des questions de conflit d'intérêt notamment parce que je crois que là on n'a pas été au bout je vais vous donner un exemple qui est un exemple personnel j'ai été élu en 2012 député il se trouve que avant 2012 j'étais maire du Havre et j'exerçais la profession d'avocat et bien je me suis fait au maître du barreau quand je suis devenu député c'est à dire que j'ai dit je n'exercerai plus cette activité qui était accessoire dans ma vie professionnelle mais je n'exercerai plus cette activité pendant que je suis député parce que je pense non pas du tout que je vais faire des choses illégales mais que ça me mettrait dans une situation on pourrait dire que peut-être alors je n'en fais pas une règle je ne dis pas que ça doit être la loi je dis que je me suis appliqué à moi-même quelque chose qui me permettait d'être tranquille vis-à-vis de moi-même Jacqueline bonjour
bonjour bienvenue Jacqueline
merci à vous
merci de prendre mon appel alors je voudrais dire déjà pour commencer que j'approuve complètement ce que vient de dire monsieur Philippe dans la dernière intervention alors que si j'ai appelé c'est parce que j'ai été choqué du rappel qu'il a fait des affaires qui concernent monsieur Fillon dans la précédente demi-heure
et que je me disais que quelque part rappelait plusieurs fois le problème qui concerne monsieur Fillon alors que l'affaire n'est pas jugée n'est pas prouvée encore c'était le coup de pied à l'âne le coup de pied de l'âne c'est-à-dire je le soutiens mais en même temps je rappelle je rappelle ses difficultés et donc je lui pose la question parce que personnellement je suis j'avais pensé voter monsieur Valls monsieur Valls étant éliminé je me suis dit bon il reste monsieur Macron et devant l'acharnement de l'ensemble des médias
de l'ensemble des hommes politiques et du courage dont fait preuve monsieur Fillon et bien je pense que je voterai monsieur Fillon au premier tour et on verra au second
merci Jacqueline pour cette analyse cette question aussi mais je trouve oui oui je trouve que madame vous évoquez un sujet qui est un sujet assez passionnant de la politique c'est la capacité que nous avons à faire des choix pour des personnes alors même que nous ne sommes pas forcément d'accord avec elles mais pour les qualités qu'elles incarnent si vous vous êtes posé la question de voter pour monsieur Valls et qu'ensuite vous vous dites compte tenu de la réaction de monsieur Fillon je pourrais voter pour monsieur Fillon c'est bien parce que vous considérez que les qualités humaines qu'on peut faire dont on peut faire état lors d'une crise lors d'un moment difficile comptent au moins autant que des différences programmatiques et en vérité je pense que c'est assez vrai c'est à dire que je crois que de plus en plus les électeurs les citoyens peuvent choisir quelqu'un avec qui ne sont pas d'accord sur tout voire avec qui ils peuvent être en désaccord sur des points importants mais dont ils considèrent que le candidat en question est clair et qu'il est stable et fiable et ferme et je pense que c'est quelque chose qui existe beaucoup dans les municipales ça explique pourquoi on a des résultats parfois différents entre des élections nationales et des élections municipales dans une même commune et probablement aussi pour la présidentielle Pensez-vous aux électeurs vous demande Jean-Pierre sur Twitter si ce n'est pas Fillon je bascule chez Marine Le Pen Edouard Philippe Je leur dis réfléchissez bien je peux comprendre que quand on s'est beaucoup engagé pour François Fillon encore une fois je ne sais pas ce que François Fillon va décider mais je peux comprendre qu'on soit écoeuré et déçu par cette par cette situation et que s'il venait à abandonner la course qu'on puisse être en colère mais est-ce que cette colère doit déboucher sur un vote pour un candidat qui je le rappelle n'a pas grand chose en commun avec ce que demande M.
Fillon je n'ai pas vu qu'ils étaient d'accord sur grand chose donc la question c'est est-ce qu'on exprime cette colère en votant pour Mme Le Pen ou est-ce qu'on essaie de faire en sorte de construire quelque chose et de redresser un pays qui en a bigrement besoin vous redoutez une porosité des électorats entre la droite et l'extrême droite ça fait longtemps qu'on redoute une porosité des électorats entre la droite et l'extrême droite peut-être mais pas seulement entre la droite et l'extrême droite j'observe que si le vote pour Mme Le Pen se développe ce n'est pas simplement parce qu'on passerait comme ça insensiblement de la droite vers l'extrême droite il y a beaucoup d'endroits où la gauche était très majoritaire qui font maintenant des scores considérables dans l'extrême droite je ne suis pas sûr que vous puissiez expliquer par exemple la progression des voies du Front National dans le Nord dans les Hauts-de-France pardon simplement par le fait qu'il y aurait une forme de porosité entre la droite et l'extrême droite il y a aussi une porosité entre l'extrême gauche et l'extrême droite Karine Bécard Nathalie Saint-Cré
en tout cas François Fillon apparaissait comme le candidat à la droite qui pouvait contenir le Front National contenir la poussée de ce vote là s'il disparaît malgré tout effectivement cette porosité peut faire que ça bascule il y a quand même un vrai risque de la part de la droite de perdre une grande partie de son électorat
Edouard Philippe mais encore une fois on est dans une situation qui est compliquée parce qu'il y a un risque de départ vers la gauche un risque de départ vers la droite un risque d'abstention aussi très fort par des électeurs qui se disent si rien ne change Est-ce qu'il ne faut pas une autre hypothèse
que l'hypothèse Juppé ? Est-ce qu'elle existe aussi celle-là éventuellement ? Est-ce que vous en discutez ?
Je ne sais pas encore une fois je vous dis ce que je souhaite c'est qu'on trouve le candidat le mieux à même de rassembler le mieux à même de porter mes idées je pense à titre personnel qu'Alain Juppé est le mieux placé j'ai parfaitement conscience qu'il peut y avoir d'autres choix y compris d'autres choix d'amis dont je suis proche moi il me semble que c'est plutôt Alain Juppé et encore une fois la question pour l'instant ne se pose pas encore
Edouard Philippe Jacqueline parlait de Manuel Valls peut-être à cause de sa force de caractère François Fillon rendant hommage à François Fillon qui s'était battu jusqu'au bout Marine Le Pen peut-être aussi Emmanuel Macron il se passe quelque chose est-ce que vous n'avez pas peur Alain Juppé qu'on a toujours trouvé un peu peu allant ou un petit peu sur la réserve et capable cette fois-ci de donner envie
d'avoir envie
Edouard Philippe je reconnais les paroles d'une chanson que j'aime bien je suis content que vous utilisez les paroles d'une chanson parce que sous le général c'est moi qui le fais mais c'est pas du Johnny Hally
que vous chante en général
ça peut m'arriver enfin Karine ça peut m'arriver répondez comme dirait répondez je pense qu'il y a plusieurs façons de convaincre qu'on peut convaincre par de grandes envolées qu'on peut aussi essayer de convaincre par l'appel à la raison je n'ai jamais considéré
qu'il y a un dosage entre les deux
je n'ai jamais considéré qu'appeler à la raison et faire appel à la raison des électeurs était une mauvaise idée dans une démocratie mais peut-être que je me trompe sans doute donc voilà est-ce que dans les 50 jours qui restent ou à peu près de l'élection présidentielle la droite et le centre réussiront à trouver le candidat qui suscite l'envie
la question c'est est-ce qu'Alain Juppé peut changer en 50 jours
mais pardon votre question est fondée sur un postulat qui n'est pas vérifié une expérience le postulat selon lequel Alain Juppé serait candidat à l'élection présidentielle rien n'est certain aujourd'hui je croyais que vous alliez parler de son caractère une question très subtile il permet de dire que son caractère fait en sorte qu'il est élu à plus de 60% en premier tour à Bordeaux et pour aller parfois à Bordeaux pas très souvent mais parfois je n'ai jamais observé ce que vous disiez là il s'agit d'une présidentielle question très subtile de François Edouard Philippe semble voir des problèmes techniques dans la candidature de François Fillon mais pas de problème moral je ne sais pas si je ne sais pas si je ne vois pas de problème moral j'ai indiqué tout à l'heure mais peut-être que je n'ai pas été suffisamment clair que le fait de revenir sur un engagement aussi ferme dans une campagne ne me semblait pas de nature à cadrer avec le sens que je me fais de l'engagement politique il me semble que c'est plutôt un argument qui n'est pas technique mais moral le terme voilà ce n'est pas ma conception que je me fais de l'engagement politique je veux dire on peut utiliser des grands mots si on a envie de se faire plaisir ce n'est pas ma conception de l'engagement politique ce n'est pas un si grand mot que ça quand même ce n'est pas un si grand mot que ça vous êtes modéré en tout
y compris dans vos appréciations
pas en tout Nicolas bonjour
oui bonjour une question sur la loi de la réforme de la préstention pénale qui a été votée mais je crois qu'il n'est pas encore promulguée savoir est-ce que ça arrange le candidat Fillon est-ce que monsieur Philippe l'a voté est-ce que ça peut l'arranger aussi ou est-ce que ça peut arranger des collègues et s'il ne l'a pas voté est-ce qu'il connaît d'autres personnes qui l'ont voté
merci Nicolas pour cette question Edouard Philippe vous répond je veux dire que la discussion sur cette sur cette sur cette disposition et sur cet ensemble de dispositions qui est arrivée à l'extrême fin du quinquennat ça doit être un des derniers je ne sais pas si ce n'est pas le dernier texte voté enfin en tout cas ça doit être un des derniers est arrivé à un moment où l'Assemblée était déjà presque non pas en vacances mais en campagne ce n'était pas les vacances mais en campagne avec une clarté du débat pour le moins obscur comme dirait le poète et je trouve que c'est toujours un peu embêtant lorsqu'on modifie la loi en toute fin de quinquennat un peu rapidement sans peser forcément et éclairer le débat public de cette nature donc les questions de prescription pour le coup elles sont de bonnes questions des questions juridiques difficiles est-ce qu'il faut augmenter les délais de prescription ou pas en fonction des infractions commises c'est des vraies questions compliquées moi j'ai les souvenirs de débats pas pour cette loi pour des lois précédentes à l'Assemblée nationale où on comprenait la complexité de cette affaire je pense malheureusement qu'en ce moment tout ce qui est fait pour modifier la loi en matière de prescription sur des délits financiers est immédiatement perçu c'est d'ailleurs le sens de la question de votre question monsieur comme immédiatement perçu comme quelque chose qui permettrait d'arranger les affaires de quelqu'un qui serait actuellement mis en cause ou de préserver les intérêts de quelqu'un qui pourrait l'être je ne crois pas que dans l'appréciation qu'ont porté les députés sur cette question ça ait pu rentrer en ligne de compte pour une raison assez simple c'est que je vous rappelle que la majorité est à gauche et que je n'ai pas le sentiment que la gauche qui a majoritairement voté cette disposition est tenue particulièrement à protéger monsieur Fillon je ne l'ai pas voté au sens où je n'étais pas présent au moment du vote de cette disposition et je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée pour être totalement honnête Pascal bonjour
oui bonjour
vous nous appelez de Paris bienvenue
oui bonjour je vous donne ma question
avec plaisir oui alors est-ce que en cas de candidature d'Alain Juppé est-ce que le fait que Bayrou se soit rallié à Macron ne va pas compliquer les choses merci Pascal Edouard Philippe vous répond en cas de en cas de non mais quoi qu'il arrive de toute façon vous dites est-ce que ça va pas compliquer les choses ça va être compliqué quelle que soit l'hypothèse ça va être compliqué quelle que soit l'hypothèse ça va être compliqué voilà alors je ne sais pas ce que fera François Bayrou il l'a dit
il a dit qu'il restait
avec Emmanuel Macron et bien il restera avec Emmanuel Macron voilà mais c'est une question d'espace politique que sous-entend notre je ne suis je ne suis pas sûr que ça modifie les limites de l'espace politique de façon déterminante même si le centre finalement donne l'impression d'être avec Emmanuel Macron ou alors vous aurez votre centre à vous avec Borloo j'ai l'impression j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de députés de l'UDI qui préfèreraient une solution si Fillon renonçait à une solution Juppé et donc je tendance à penser que ça fait quand même beaucoup de centristes je ne sais pas ce que fera Jean-Louis Borloo mais je sais qu'il compte dans la famille centriste et qu'il organise beaucoup
en ce moment
je crois qu'il est actif
il n'empêche que sans l'UDI la dynamique Macron est quand même déjà très très forte elle est à plus de 25 points dans les sondages
ces gens là
ne vont pas avoir envie de partir ils ont le sentiment d'être avec le futur gagnant
on verra on va peut-être attendre de voir comment ça se passe et de voir de quelle offre politique il dispose c'est pas la même chose de se dire si, si, si et d'avoir une offre politique différente avec un discours différent on verra
oui mais il faut mesurer quand même sa potentialité de chance
je mesure parfaitement la complexité de cette affaire Ray d'acteur c'est un tweetos vous demande quel est le rôle de Nicolas Sarkozy dans toute cette affaire je ne suis pas sûr d'être le mieux placé pour répondre à cette question parce qu'il ne me tient pas au courant parfois on voit les choses de loin de prendre en perspective écoutez je pense que Nicolas Sarkozy il a été président de la République il a été candidat à la primaire il a été président du parti qui est le principal concerné par cette affaire personne ne comprendrait qu'il s'en désintéresse je crois qu'il s'y intéresse je pense qu'il est lui comme d'autres inquiet de la situation et je pense qu'il est en train d'essayer de trouver la solution la plus adaptée aux problèmes qui se posent donc il est sans doute actif je veux bien croire qu'il est actif d'une certaine façon tant mieux parce que encore une fois mesurons bien les choses si rien ne se passe et si nous ne trouvons pas en situation de pouvoir mettre en oeuvre notre programme je crains le pire pour notre pays
on a senti oui Françoise Fresseuse pendant la campagne de la primaire et même après qu'il n'était pas favorable à la solution Juppé il a attaqué très fort sur l'alliance Juppé le centre est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui Nicolas Sarkozy peut pactiser avec Anna Juppé et l'appuyer dans une éventuelle candidature
Edouard Philippe rapidement s'il vous plaît pendant la primaire ils n'ont pas été d'accord mais c'est normal ils étaient candidats l'un contre l'autre donc on ne pouvait pas attendre d'un candidat qui dise vraiment bien l'autre et c'est vraiment le bon positionnement ils n'avaient pas le même donc pendant la primaire ils ont été opposés et c'est bien naturel on se trouve dans une situation qui n'a rien à voir aujourd'hui je n'ai jamais observé que Nicolas Sarkozy et Alain Juppé n'arrivaient pas à travailler ensemble jamais je vous rappelle qu'ils ont été tous les deux membres de gouvernement et qu'Alain Juppé a été ministre de Nicolas Sarkozy et qu'ils se connaissent depuis très longtemps et qu'ils travaillent ensemble depuis très longtemps ils ont des différences de personnalité de programme c'est évident enfin ils savent travailler ensemble 13h50 on accueille les pixels du monde
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aujourd'hui Martin Huntersinger bonjour Martin bonjour Nicolas vous vous interrogez sur les différences entre la droite et la gauche sur les questions numériques
oui bonjour Edouard Philippe alors vous avez peut-être raté l'événement principal politique de cette semaine à savoir la démission de la secrétaire d'état au numérique Axel Le Maire qui a décidé d'aller se consacrer à sa campagne pour l'élection législative et à celle de Benoît Hamon alors le principal leg de Madame Le Maire sera sans doute sa loi numérique qui a été adoptée il y a un peu plus d'un an cette loi elle a une petite particularité elle a été adoptée sans aucun vote contre l'opposition dont vous faisiez d'ailleurs partie c'était abstenu ce qui équivaut quasiment dans le monde parlementaire d'aujourd'hui à un plébiscite quand on regarde ce qu'a fait votre famille politique sur les start-up les libertés numériques la culture à l'heure du numérique quand elle était au pouvoir quand on regarde ce qu'a fait le gouvernement pendant 5 ans on a un petit peu de mal à voir la différence ma question elle est simple est-ce que sur le numérique vous pensez qu'il y a d'un côté une politique de droite et une politique de gauche je ne suis pas sûr
qu'il y a une politique de droite et de gauche en matière de numérique je pense qu'il peut y avoir des approches différentes sur le rôle et l'impact que le numérique va jouer dans notre société dans notre économie et dans notre vie d'ailleurs en général je ne suis pas sûr qu'elle respecte strictement la limite gauche-droite je vois par exemple on l'a vu d'ailleurs à l'occasion des débats qui ont été nourris quand on s'est rendu compte que l'introduction du numérique dans un certain nombre de marchés bouleversait des équilibres je pense par exemple au taxi bouleversait complètement des équilibres proposait de créer des nouveaux métiers on voit bien qu'il y a des gens qui pensent qu'il faut basculer dans une approche presque pardon pour le terme schumpeterienne de l'économie c'est à dire qu'il y a une phase de destruction mais ensuite il y a une phase de création qui est encore plus dynamique vous avez des gens qui pensent ça à droite et des gens qui pensent ça à gauche puis vous avez des gens qui pensent qu'il ne faut pas faire ça à droite et à gauche
ça rebat un peu les cartes ça fait des clivages différents d'autres sujets
je pense que c'est comme tous les sujets systémiques transversaux compliqués l'approche par le clivage gauche-droite ne suffit pas à décrire la qualité et l'intensité du débat Martin
mais alors du coup qu'est-ce que votre qu'est-ce que vous diriez que votre majorité votre famille politique devrait faire actuellement dans le numérique qui serait différent de ce qu'a fait le gouvernement de gauche pendant 5 ans
Edouard Philippe je pense qu'on doit faire au moins me semble-t-il deux ou trois choses d'abord jouer pleinement le numérique dans le monde de l'éducation ça ne veut pas dire apprendre à tous les enfants à coder ils ne seront pas tous codeurs ils ne seront pas tous spécialistes c'est un peu excessif de dire ça mais en revanche intégrer très fortement l'ensemble des outils numériques dans la pédagogie ça demande beaucoup de moyens je sais qu'au Havre on est en train de passer cette colline on le fait progressivement parce que ça coûte cher mais on le fait progressivement en équipant les classes en équipant et en essayant de faire en sorte que ce ne soit pas simplement du matériel mais des transformations pédagogiques pour bien intégrer l'ensemble de la dimension numérique dans le savoir dans la pratique du savoir dans la connaissance dans la recherche du savoir donc là on doit on doit mettre le paquet me semble-t-il ça semble évident ensuite vous avez tous les aspects liés à la sécurité et je pense qu'il faut qu'on mette le paquet aussi parce que je crains qu'on soit
ça n'a pas été fait pendant 5 ans
je ne sais pas ce que je dis je pense que le sujet est suffisamment vaste pour qu'il n'ait pas été complètement traité pendant 5 ans on peut le dire comme ça et je pense qu'il faut qu'on mette le paquet parce qu'il va y avoir des sujets de fuite numérique de piratage numérique d'échange et d'observation des données numériques de quelqu'un contre sa volonté ou contre on le voit venir je pense qu'il faut faire très attention à ça sans redouter un big brother mais je pense qu'il faut quand même faire très attention à ça et puisque vous avez parlé des votes je crois être un des parlementaires de droite qui n'a pas voté qui a même voté contre une loi sur le renseignement numérique parce que je la trouvais justement excessive dans son approche sécuritaire
vous avez d'autres questions Martin ? Oui une petite question qui peut paraître anecdotique mais est-ce que pour vous il faudrait un ministère du numérique qui soit complètement transversal ou est-ce qu'il faut garder un secrétariat d'Etat qui soit rattaché à Bercy donc forcément concentré sur les questions très économiques
Edouard Philippe Je vais vous dire je n'en sais je n'en sais mais alors mais tellement rien c'est rare les hommes politiques qui disent qu'ils n'en savent rien surtout sur ces sujets là c'est extrêmement rare pourquoi pas lui demande de nos auditeurs sur Twitter Fabrice Bonjour monsieur merci Fabrice c'est gentil Vous savez c'est les unes des hebdos et si c'était lui pourquoi pas lui etc donc pourquoi pas vous dans cette campagne chumpétérienne de la droite ça va vous sembler je vais prendre votre question au sérieux oui bah elle est sérieuse je pense que il y a beaucoup de gens qui se disent il suffit de faire ça il faudrait faire ci il n'y a qu'à moi je pense que le président de la république c'est un mandat monstrueusement difficile humainement politiquement techniquement je m'en fais une très très haute idée et je n'ai juste pas le niveau voilà j'ai 46 ans je ne suis pas prêt à avoir ce genre de responsabilité oui c'est rare aussi d'entendre ça vous ne craignez pas un effet générationnel défavorable pour Alain Juppé en face à un Emmanuel Macron qui a 39 ans soit 30 ans de moins c'est sur la table tout le monde sait ça Emmanuel Macron a 39 ans il a une forme de dynamisme d'enthousiasme de fraîcheur sans doute aussi lié à son âge et puis lié à sa personnalité Alain Juppé ou d'autres ils sont plus âgés ils n'ont pas exactement les mêmes armes ils n'ont pas exactement les mêmes avantages et inconvénients c'est pas une compétition qui se fera entre même profil c'est l'impétuosité de la jeunesse contre la sagesse de l'âge on peut le dire comme ça mais ça peut être la valeur n'attend pas le nombre des années c'est vrai donc on peut être jeune et compétent et intelligent et on peut avoir un âge un petit peu plus mûr et être extrêmement clair extrêmement ferme extrêmement déterminé
et donc du coup l'hypothèse par moi il faut vraiment la mettre de côté ou après tout
je ne vois pas pourquoi vous déduisez de ce que je viens de dire la question que vous posez franchement vous venez de décrire une génération sacrifiée la vôtre pas du tout merci Nicolas j'ai pas du tout le sentiment de faire partie d'une génération sacrifiée celle de Barouin vous êtes à peu près du même âge je pense à 5 ans près oui il est un petit peu plus j'ai l'air un petit peu plus vieux que lui parce que j'ai plus de barbe mais il est déjà qu'un cas c'est ça bah écoutez merci à tous merci Edouard Philippe d'avoir participé à questions politiques aujourd'hui merci Nathalie Saint-Cricq Françoise Fresseuse Karine Bécard merci mon cher Martin Huntersinger du monde de l'équipe des Pixels bonne fin de dimanche bonne fin de week-end on se retrouve évidemment à midi dans une semaine non