Crise en Nouvelle-Calédonie, chiffres du chômage, blocage des prisons... Le "8h30 franceinfo" de Jean-Philippe Tanguy
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour. Une nuit plus calme que les précédentes en Nouvelle-Calédonie après la mort de 5 habitants, des gendarmes, des centaines de blessés lors d'émeutes particulièrement violentes. On sait désormais que certains quartiers restent pour l'instant hors de contrôle. Est-ce que néanmoins vous pensez que la réponse apportée par l'exécutif était adaptée ?
Écoutez, en tout cas la réponse sécuritaire avec la déclaration de l'état d'urgence comme l'avait demandé Marine Le Pen, visiblement d'après le haut commissaire sur place, a permis d'améliorer ou en tout cas de rendre moins pire la situation cette nuit. En tout cas on ne déplore pas de nouveaux morts, on ne peut que le saluer. Je pense évidemment aux familles des deux gendarmes qui sont décédés, de tous les policiers et habitants blessés.
Ensuite, ces violences qui sont parfaitement inacceptables, intolérables, malheureusement je pense qu'on aurait pu les éviter et nous pensons que nous aurions pu les éviter avec un autre calendrier, en prenant en compte les demandes de toutes les parties présentes et que ce dossier malheureusement a été très mal géré par le gouvernement et Gérald Darmanin avec une situation qui est partie complètement hors contrôle en seulement quelques jours après.
On va revenir sur les conditions politiques et les réponses à apporter, mais juste, est-ce que par exemple l'interdiction de TikTok qui est désormais en vigueur en Nouvelle-Calédonie, est-ce que c'est une bonne réponse ?
Ça peut être une bonne réponse sur l'interdiction de TikTok ou d'autres réseaux sociaux. En France, on a souvent Snapchat qui est mis en cause dans la diffusion de vidéos et de violences. Nous, nous sommes très clairs sur le fait qu'évidemment, dans une situation où il y a des émeutes, où il y a des violences extrêmement graves, où ces violences peuvent se répandre aussi à travers les réseaux sociaux, on peut faire des appels à l'émeute, on peut donner des informations aussi sur la présence par exemple des forces de l'ordre par ces réseaux sociaux. S'il faut les suspendre temporairement, cela peut être tout à fait nécessaire, oui.
Vous dites, on aurait pu éviter la situation, mais n'êtes-vous pas également responsable de cette situation ? Puisque ce qui a mis le feu aux poudres, on le sait, c'est un texte de révision constitutionnelle pour rouvrir le corps électoral. Vous, ORN, vous l'avez voté. Vous, Jean-Philippe Tanguy, vous l'avez voté.
Bien sûr, mais nous avons toujours soutenu cet élargissement, ce dégel, pardon, du corps électoral. C'est tout à fait naturel de rendre aux habitants et aux Français de Nouvelle-Calédonie...
Donc vous avez accepté l'agenda du gouvernement ?
Parce que nous, nous sommes députés de la nation, nous ne sommes pas au gouvernement, les Français ne nous ont pas encore donné les rênes du pouvoir. Nous sommes soumis à ce calendrier, mais quand nous avions été consultés, et en particulier quand Marine Le Pen a été consultée par les autorités françaises, en particulier Gérard Damana, elle lui a clairement indiqué, et ce, à plusieurs reprises, que ce calendrier n'était pas le bon, non pas sur son doigt mouillé ou sur son avis personnel, parce qu'elle avait elle-même consulté les parties prenantes depuis de longues semaines.
Vous avez voté un agenda que vous ne souhaitez pas ?
Non, on a voté une mesure. Nous avons voté une mesure.
Et de fait, dans le cadre d'un agenda, et trois jours plus tard, quand ça prend feu, vous dites que l'agenda n'était pas bon.
Mais nous l'avons dit. Si vous voulez, Marine Le Pen, c'est une responsable politique de premier ordre, c'est la chef de l'opposition. Quand elle a des informations, quand elle a fait des consultations, qui lui donnent un certain nombre d'informations, qui peuvent être d'ailleurs différentes ou complémentaires de celles du gouvernement, parce qu'évidemment, les parties prenantes ne s'adressent pas de la même façon au gouvernement, aux autorités en place, qu'à la chef de l'opposition. M. Darmanin aurait dû les prendre en compte. Ils ne prennent jamais en compte ce que l'on dit, que ce soit sur la situation en Nouvelle-Calédonie, sur la situation sociale en France.
Par exemple, moi, je l'avais alerté. Alors, c'est différent, mais ça prouve le mépris de ce gouvernement, son indifférence à ce que lui disent les oppositions. Je l'avais alerté, par exemple, très précisément sur la crise agricole, sur l'effet qu'aurait sur nos paysans la hausse du GNR, qui a aussi dégénéré, évidemment, avec beaucoup moins de gravité, dans une crise nationale importante. Donc, en fait, ils n'écoutent jamais ce que disent les oppositions, dans le cadre démocratique aussi, que ce sont les discussions informelles que nous avons. Il y a les votes, les votes finaux, mais ces votes, c'est la fin d'un processus démocratique. C'est la fin d'une consultation.
Ce n'est pas du tout le début. Et donc, le fait que ce gouvernement n'écoute jamais les corps intermédiaires, n'écoute jamais les forces d'opposition, c'est un problème qui, malheureusement, peut aboutir à une situation aussi grave que celle de la Nouvelle-Calédonie.
Donc, Marine Le Pen a prévenu, vous dites, Gérard Darmanin par téléphone, mais elle a gardé le silence pendant trois jours, excepté une condamnation Marine Le Pen. Mais là, elle est sortie du silence et de façon assez surprenante, puisqu'elle propose un nouveau référendum en Nouvelle-Calédonie dans 40 ans sur l'indépendance, donc qui appelle un accord global, institutionnel et économique. C'est-à-dire que vous renoncez à une position historique de votre parti.
Écoutez, il n'est pas une position historique de notre parti. En tout cas, c'est la position de Marine Le Pen. Elle est fondée sur plusieurs éléments importants qui caractérisent le marinisme, aussi bien sur la forme que sur le fond. C'est déjà le respect de tous les Français et de toutes les parties prenantes. Quand vous aspirez à diriger la République, à présider au destin de la France, vous n'opposez pas les uns aux autres. Vous ne visez pas une partie, même si elle est majoritaire, à une minorité. Quand vous présidez, vous présidez le destin de tout le monde et vous devez vous assurer que tout le monde se sente dans la République ou puisse avoir un avenir dans la République.
Donc, prendre en considération la position de la partie Kanak, qui n'est pas anecdotique, est loin de là. En Nouvelle-Calédonie, c'est une force importante. Elle ne représente pas seulement 5 ou 10% de la population. D'ailleurs, on devrait en tenir compte, même s'ils ne représentaient que 5 à 10%. Donc, donner cette perspective dans 40 ans, ça laisse, une fois encore, la Nouvelle-Calédonie... Pourquoi 40 ans ?
Oui, pourquoi ?
Pour laisser le temps au processus qui vient de se clore, de prospérer. Pour 23 ans, 25 ans, 20 ans... Une perspective. Madame Le Pen, Marine Le Pen n'a pas donné le chiffre de 40 ans comme un totem. C'est la base d'une négociation. Si c'est 35 ou si c'est 45, ça peut s'entendre. Mais on donne une perspective. Marine Le Pen a une perspective à ce territoire, à toutes les parties prenantes, et une perspective politique. À partir du moment où vous fermez définitivement la solution politique, comment dire, pour les partis Kanak, malheureusement, vous laissez à une partie de cette partie prenante la violence comme seule échappatoire. Vous trouvez que 40 ans, c'est une perspective politique ?
Les victimes, évidemment, la violence n'est jamais acceptable. Mais il faut faire avec la réalité... 30 ou 40 ans, c'est une perspective politique ? C'est une perspective, comment dire, politique pour la partie minoritaire. Nous, on souhaite évidemment le maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France. Nous sommes du côté de ceux qui ont voté pour que la Nouvelle-Calédonie reste dans la France.
Ce n'est pas parce que nous soutenons une position, parce que nous sommes un soutien indéfectible en maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la République, que nous méprisons, que nous voulons écraser la partie adverse, que nous ne respectons pas leur histoire, leur perception des choses, leur vécu, leur tradition. C'est ça qui est très important, je pense, dans l'interview qu'a donnée Marine Le Pen. C'est vraiment comment elle conçoit aussi son rôle de président. C'est anticiper les choses, c'est comprendre les situations, c'est entendre toutes les Françaises et toutes les Français, et de chercher toujours une voie pour un destin commun.
Et pour analyser cette situation, justement, en Nouvelle-Calédonie, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, accuse l'Azerbaïdjan d'ingérence sur l'archipel. Vous en pensez quoi ?
Comme l'a dit Marine Le Pen, on n'a aucune raison de douter de ces informations. Dans le cadre de la commission d'enquête sur les ingérences étrangères que j'avais présidée, nous avions eu quelques informations sur ce sujet. Malheureusement, nous n'avions pas pu enquêter en détail sur ce sujet, parce que, pareil, la Macronie étant obsédée par ses propres problèmes, et obsédée par les ingérences de la Russie qui existent, mais qui ne sont pas les seules,
Le rapport de cette commission, d'ailleurs, pointait du doigt une ingérence russe ?
Oui, pointait du doigt une ingérence russe et chinoise qui existe, mais malheureusement, à force d'être obsédée par un seul sujet de manière déraisonnable, nous n'avons pas pu traiter les autres. Et le problème de ce gouvernement, de M. Darmanin en particulier, c'est qu'il met beaucoup d'énergie sur un certain nombre de problèmes avec des enjeux qu'il estime électoraux, et il n'a pas mis de moyens, c'est évident, sur les autres ingérences que la France subit, visiblement, en particulier l'Azerbaïdjan.
Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National de la Somme, on vous retrouve dans un instant, juste après le fil info de Mathilde Romagnon, il est 8h41 sur France Info.
A Rouen, ce matin, un homme armé a été tué par la police devant une synagogue. Les forces de l'ordre étaient appelées pour un départ d'incendie devant le lieu de culte. Le ministre de l'Intérieur salue la réactivité et le courage des policiers. La situation est plus calme en Nouvelle-Calédonie, grâce à l'instauration de l'état d'urgence, selon le haut représentant sur place, mais à Nouméa, le contrôle de certains quartiers n'est plus assuré, selon lui. Un millier de policiers et gendarmes arrivent en renfort dans l'archipel. Une école et deux entreprises ont été incendiées la nuit dernière. Damien Abad, mis en examen pour tentative de viol par le parquet de Paris.
L'ancien ministre des Solidarités est poursuivi pour des faits susceptibles d'avoir été commis en 2010. Deux autres femmes l'accusent de viol, cette fois ce qu'il nie fermement. Le sélectionneur Didier Deschamps a choisi 25 joueurs dans l'équipe de France pour l'Euro de football, avec deux surprises, Bradley Barcola, joueur du PSG de 21 ans, et Golo Kanté, champion du monde 2018. Premier match des Bleus le 17 juin prochain en Allemagne contre l'Autriche. France Info
Jean-Philippe Tanguy est notre invité député du Rassemblement National de la Somme.
On apprend ce matin qu'un homme armé à Rouen a été abattu par la police après avoir mis le feu à une synagogue. Ce sont des faits antisémites présumés pour l'instant. On va en savoir plus dans les heures à venir. On est toujours en alerte maximale alors que le conflit continu se poursuit à Gaza, dans un contexte de conflit à Gaza. Vous regrettez cet acte-là ? Vous pensez que la situation devient très préoccupante ?
Oui, bien sûr. Je ne peux que le déplorer. Le niveau des actes antisémites en France, qu'il s'agisse d'insultes, d'agressions envers les personnes ou d'attaques contre les lieux, se sont hélas multipliées depuis l'horrible attaque qu'a subie Israël le 7 octobre. Mais n'oublions pas qu'il s'était déjà à un niveau très élevé auparavant, car le cancer de l'antisémitisme frappe de nouveau la France depuis...
Comment lutter contre ces faits ?
Plusieurs choses. C'est d'abord une lutte au quotidien contre ces agressions, ces insultes et ces violences. Comment ? Le gouvernement, je pense, essaie au quotidien de lutter. Par contre, il ne s'attaque pas à la racine profonde de ce nouvel antisémitisme qui est l'islamisme politique. Et tant que, comme le proposent Marine Le Pen et Jordan Bardella, nous n'aurons pas déclaré l'islamisme politique comme un adversaire de la République, une idéologie sédicieuse qui doit être interdite sur toutes ses formes, nous n'arriverons pas à lutter contre l'antisémitisme puisque c'est la racine profonde.
Donc, il faut déclarer l'islamisme comme une idéologie sédicieuse, interdite en République, avec interdiction d'en faire la propagande, interdiction de...
Vous faites un lien, du coup, avec l'islam et ses faits...
Non, l'islamisme. Antisémitisme. L'islam comme religion n'est pas en lui-même antisémite, évidemment. C'est l'islamisme comme idéologie politique, notamment l'islamisme qui a ressuscité avec la révolution iranienne où le régime iranien nourrit un antisémisme systémique fondamental qui lui sert de carburant pour tenir sa tyrannie et oppresser son propre peuple. Et on voit bien que le régime des mollahs en Iran utilise l'islamisme comme un carburant pour diffuser ses idées et son influence et que tant qu'on ne l'aura pas interdit sous toutes ses formes, nous ne pourrons pas protéger correctement nos concitoyens de confession juive.
Jean-Philippe Tanguy du Rassemblement National. Autre chiffre, autre information de la matinée, ce sont les chiffres du chômage. Ils sont stables, 7,5% au premier trimestre. On est dans un contexte économique qui est très compliqué au niveau mondial, au niveau européen, avec des pays en récession autour de nous. Finalement, un chômage stable, 7,5%, on ne s'en sort pas si mal ?
Moi, si les Françaises et les Français ne se trouvent pas au chômage, je ne peux que m'en réjouir. Je ne suis pas dans la politique du pire, mais plusieurs choses. D'une part, nous sommes très loin du plein emploi qui a été non seulement promis par Bruno Le Maire et d'autres, mais qui est même parfois réclamé. C'est-à-dire qu'ils se revendiquent d'une situation de quasi plein emploi. Je le redis à ceux qui nous écoutent. Évidemment, à plus de 7% de chômage. Et en plus, tous ceux qui sont radiés du système depuis des années, nous sommes très loin, malheureusement. L'objectif, c'est 2027 pour les 5%. Même avant, en 2022, quand on était autour de 7%, il revendiquait le plein emploi.
Non, le plein emploi, dans les autres pays occidentaux, c'est 2 à 3% maximum. Donc, on a toujours été très loin du plein emploi, et notamment la réindustrialisation, contrairement à ce que raconte une fois plus Bruno Le Maire, a été très faible. Ils ont créé seulement 100 000 emplois depuis 7 ans. La désindustrialisation depuis 2008, c'était 2 millions d'emplois qui avaient disparu. Donc, on est très loin des objectifs et de la politique qu'il faudrait mener. Et nous, évidemment, Marie Lappel la mettra en place.
Dans le détail, malgré tout, quand même, il y a le taux d'emploi. Il y a un record pour le taux d'emploi des 50-64 ans qui est à 67,7% pour être très précis. C'est un taux qui n'avait jamais été atteint depuis que l'INSEE mesure cela. Est-ce que ça ne dit pas aussi quelque chose quand même de l'état de l'emploi en France et finalement qu'il y a des emplois et que les seniors peuvent travailler ?
Alors là, pour le coup, ça ne dit absolument pas ça. À partir du moment où vous décalez, vous voyez la tranche d'âge que vous avez choisie qui va jusqu'à 64 ans. À partir du moment où vous décalez par le haut l'âge de la retraite de 60 à 62 ans puis de 62 à 64 ans, forcément, vous augmentez mécaniquement le taux d'emploi. Et ça valide la réforme du gouvernement ? Non, ça ne valide pas du tout économiquement la réforme. Ça en prend acte. À partir du moment où vous augmentez... Non, que les fonctionnaires, par exemple.
Si les fonctionnaires travaillent plus longtemps, ce n'est pas que ça crée des emplois, c'est qu'ils travaillent deux ans entre 60 et 62 ans puis encore deux ans entre 62 et 64 quand la réforme sera pleinement active. Donc là, c'est un effet mécanique d'une réforme. Ça peut avoir des effets économiques favorables sur les cotisations, mais ça en a aussi des effets défavorables que malheureusement, nous verrons et surtout que les Français subiront. C'est quoi ? Ce sont les maladies chroniques. C'est les gens qui s'abîment au travail quand le métier est difficile ou physiquement éreintant.
Que vous soyez, par exemple, sur une chaîne d'usine difficile dans le BTP, mais aussi si vous vous occupez, par exemple, des personnes âgées, que vous devez évidemment au quotidien les porter, les aider, ça peut avoir des atteintes sur votre physique. Donc attention, ça peut créer à court terme des effets économiques visibles comme vous le faites ce matin, mais à long terme, ça peut fortement dégrader non seulement la santé des gens, mais les comptes sociaux. Aussi, par exemple, le compte sur les personnes en situation de handicap ou d'invalidité. Et c'est d'ailleurs ce qu'avait montré l'adresse sur la réforme Fillon, qui avait passé de 60 à 62 ans.
On avait vu une grande dérive, un accroissement du coût, des invalidités, des maladies chroniques, parce que les gens, malheureusement, une partie des Françaises et des Français s'abîment au travail, ont un travail difficile et on l'oublie trop souvent, à part, il faut bien le dire, l'Assemblée nationale.
On en parle aussi pendant cette campagne des Européennes. C'est quoi exactement l'Europe du XXIe siècle que veut bâtir votre candidat Jordan Bardella ? Une Europe à la carte ?
Oui, mais c'est une Europe à la carte, mais dans un sens positif, qui croit dans la coopération, qui croit au projet concret, qui croit que, évidemment, l'unité dans la diversité, l'idée sur laquelle s'est fondée l'Union Européenne, est forte quand on fait des choix concrets. Qu'est-ce qui a fonctionné en Europe depuis 50 ans ? C'est Airbus, c'est Ariane Espace, c'est Erasmus, ce ne sont que des projets qui fonctionnent avec le mode de fonctionnement que propose Jordan Bardella, c'est-à-dire la coopération volontaire, la coopération policière, la coopération économique, l'euro.
C'est différent, mais là, les coopérations qui ont fonctionné, que revendiquent sans cesse les macronistes, ce sont des coopérations qui fonctionnent avec notre modèle. Ça n'a jamais fonctionné avec leur modèle fédéraliste. Par exemple, Ariane Espace, quand la Commission a commencé à se mêler des affaires d'Ariane Espace, ils ont pris beaucoup de retard et vous savez que Ariane 6 a deux ans de retard, notamment à cause de la bureaucratie.
Vous voulez détricoter l'Union Européenne ? C'est votre projet ?
On veut la réformer considérablement, on veut par exemple que la Commission redevienne un secrétariat allégé qui aide les États à coopérer et qui n'impose pas son propre agenda. Mais ça ne revient pas un peu à un Brexit finalement, changer les règles de l'intérieur ? Pas du tout, on revient en fait à un mode de fonctionnement qui était celle du général de Gaulle, compromis de Luxembourg, à savoir que les États défendent leur intérêt vital, qu'il est hors de question de sacrifier les intérêts majeurs d'un pays à un dogme européen, que la Commission reste à sa place au service des États. Ce n'est absolument pas un Brexit.
Regardez l'accord qui a été pris aux Pays-Bas où par exemple ils ont obtenu, en tout cas ils vont demander alors que c'est un pays fondateur, une clause dite apt-out sur l'immigration et sur le droit d'asile.
Il peut prendre quelques années.
Oui mais on n'a jamais dit que c'était une baguette magique. Le Brexit, ça peut être une baguette magique pour certains qui disent que tout est simple avec le Brexit. Mais si on sortit de ces dispositifs-là... Attendez, ça prouve bien que sans changer les traités puisque les Pays-Bas sont un membre fondateur, on peut négocier et sans doute obtenir quelque chose de très important à savoir une dérogation sur le droit d'asile ou sur l'immigration. Le Danemark a aussi une clause de out-out.
Non, puisque le Danemark c'était au début des... Oui mais c'est quand même une clause... Oui enfin c'est-à-dire que c'était au moment où notamment Schengen a été signé et donc ça n'est pas du tout le même contexte. Rien ne dit aujourd'hui que le Pays-Bas pourrait y accéder. Non, le sens de ma question c'était...
Vous reconnaîtraz que la France a plus d'affluence que le Danemark.
La question qui était derrière ça c'est finalement une question à la carte, une Europe à la carte, ça veut dire que typiquement est-ce qu'on continue à donner de l'argent à l'Union Européenne ? Est-ce qu'on continue de recevoir les subventions de la PAC ? Est-ce qu'on continue de recevoir l'argent issu du plan de relance 40 milliards, etc. Est-ce que finalement cette Europe à la carte à la fin ce n'est pas finalement une Europe où on n'a plus les retours aussi économiques de l'Europe ? Mais la liste que vous venez de faire
ce ne sont pas des retours gratuits pour la France. La France c'est positif quand même. Gratuit pour la France, bien sûr que c'est positif.
Les agriculteurs qui vous écoutent
peuvent être surpris
en entendant ça.
Mais les agriculteurs qui suivent beaucoup ce sujet savent très bien que la France verse cette année 24 milliards d'euros à la politique européenne plus 2 milliards d'euros qui viennent des frais douaniers. Il y a seulement 50% à peine qui est renvoyé donc 9 milliards de la PAC donc nous versons toujours au moins 12 milliards d'euros en perte à l'Union Européenne. Il ne s'agit pas de tout refuser. Il s'agit de négocier un rabais. Tous les pays européens contributeurs ont obtenu un rabais notamment encore il faut bien le dire les Pays-Bas. Nous on veut récupérer 5 milliards d'euros sur ces 26 milliards.
Donc vous voyez bien que ce n'est pas du tout disproportionné contrairement à la caricature qu'elle s'est de faire croire à la Macronie. Du temps de Jacques Chirac nous perdions seulement entre 2 et 4 milliards d'euros et pas entre 8 et 12 milliards d'euros et la PAC était plus forte qu'aujourd'hui. Donc il faut moi j'aimerais et ce n'est pas ce que vous faites aujourd'hui c'est ce que fait la Macronie mettre le débat sur les réalités qu'on puisse avoir un débat projet contre projet réalité contre réalité qu'on compare par exemple la facture européenne et que les français choisissent mais eux ils ne parlent pas de la facture qu'ils veulent présenter aux français.
On en parle dans un instant en tout cas de votre projet européen juste après le fil info il est 8h51 Mathilde Romagnon.
Des opérations de ravitaillement prévues aujourd'hui en Nouvelle-Calédonie après 4 nuits d'émeute les routes vont être dégagées pour laisser passer les convois de réapprovisionnement alimentaire et de médicaments le calme est revenu la nuit dernière mais des incendies et des pillages ont toujours lieu un millier de policiers et gendarmes sont attendus dans l'archipel 7,5% le taux de chômage est stable au premier trimestre en France selon l'INSEE 6000 chômeurs supplémentaires ont été enregistrés dans les 3 premiers mois de l'année il y a au total 2 300 000 demandeurs d'emploi sur le territoire fini l'édition papier du journal gratuit 20 minutes en septembre le quotidien sera disponible uniquement en version numérique 20 minutes était le dernier journal gratuit distribué en France après l'arrêt de Métro News en 2015 puis de CNews en 2021 et attention aux fortes averses dans l'est de la France aujourd'hui le Barin et la Moselle sont placés en vigilance orange pluie inondation jusqu'à 16h France Info
le 8.30 France Info Victoria Koussa Jean-Rémi Baudot
Le député du Rassemblement National de la Somme Jean-Philippe Tanguy est avec nous sur France Info votre groupe RN au sein du Parlement européen vous êtes dans le groupe ID, Identité et Démocratie qui est un parti ostracisé d'un point de vue européen qui ne pèse presque rien concrètement à quoi ça sert de voter pour le Rassemblement National aux européennes ?
Écoutez, si ce que vous analysez était juste le débat européen ne serait pas sur l'ensemble des thèmes du Rassemblement National je vous mets au défi de trouver aujourd'hui un seul débat qui se tient sur les termes de M. Macron de 2017 que ce soit l'immigration la politique industrielle l'agriculture le commerce extérieur
D'autres groupes qui pèsent plus
portent ce débat Tous ces thèmes aujourd'hui on est sur les thèmes du Rassemblement National on est sur le contrôle des frontières et l'immigration on est sur le retour du patriotisme économique et la planification industrielle on est sur la coopération renforcée et pas sur le fédéralisme et d'ailleurs le discours de M. Macron sur le fédéralisme a fait un flop retentissant il a été battu dans tous les médias par les péripéties les difficultés de M. Kelschirac quand vous êtes dans la République et que votre discours est mis en minorité par les aventures de Kelschirac
c'est quand même un problème Le sens de la question de Victor Yacusa c'est que finalement aujourd'hui au niveau européen vous siégez donc au groupe ID sauf que ni la droite le PPE ni l'autre partie d'extrême droite ECR ne souhaitent travailler avec vous les deux sont en train de travailler ensemble et réfléchissent à travailler ensemble ne faites pas comme si c'est quand même très théorique vous aussi la coopération entre le PPE et l'ECR vous avez eu un groupe particulièrement nombreux en 5 ans vous n'avez pas fait bouger une seule ligne parce qu'en réalité et vous le savez très bien et les auditeurs pourront vérifier le groupe ID n'est ni rejoint par le groupe ECR ni rejoint par le PPE donc aujourd'hui effectivement ce que dit Victor est exact le groupe ID est ostracisé à Bruxelles donc la question qui est derrière ça c'est finalement voter pour le Rassemblement National est-ce que c'est un vote national ou est-ce que c'est un vote européen mais c'est les deux mais quand vous dites
oui on est ostracisé par les institutions par ceux qui ont échoué le coi le coi le coi le coi le coi le coi sont largement ostracisés au quotidien c'est que comme il y a un ou deux gouvernements qui étaient présents
Ursula von der Leyen discute avec ECR avec Georgia Meloni
elle l'a annoncé et d'ailleurs ça a eu quoi pour conséquence ça a eu pour conséquence que le groupe de monsieur Macron a fait un communiqué commun avec les insoumis pour dire qu'ils avaient les mêmes valeurs européennes justement contre nous donc la réalité aujourd'hui c'est que d'une part nous nous félicitons contrairement à ce que vous semblez dire de ne pas avoir coopéré avec le PPE puisque le PPE de monsieur Bellamy c'est la submersion migratoire c'est la faiblesse face à la concurrence chinoise et américaine c'est la dérive des comptes publics de l'union européenne bref le PPE de monsieur Bellamy c'est l'ensemble des décisions que rejettent les français et que le rassemblement national a combattu par contre je vous le redis et je vous m'en décie de montrer un seul sujet où l'influence du rassemblement national n'a pas été telle que tous les débats se font sur nos solutions nos propositions tout le monde est obsédé par le rassemblement national en particulier monsieur Macron qui raconte n'importe quoi et ne veut pas affronter la réalité et qui aimerait débattre
avec Marine Le Pen la patronne de votre groupe pour rassemblement national
c'est mettre en minorité monsieur Macron
Emmanuel Macron le chef de l'état aimerait débattre avec Marine Le Pen elle conditionne ce débat à sa démission à la démission du chef de l'état est-ce que c'est pas un peu ce défilé en quelque sorte ?
mais pas du tout c'est la jurisprudence du général de Gaulle quand le président de la république sort de son rôle d'arbitre de la nation au-dessus des partis ce que monsieur Macron a beaucoup de mal à faire j'en conviens il doit mettre dans la balance soit sa démission personnelle son mandat de président de la république soit la dissolution c'est exactement ce qu'a fait et comme ça qu'a conclu le général de Gaulle c'est quoi le rapport avec un débat ?
parce que quand vous rentrez dans un débat vous n'êtes plus président de tous les français vous devenez le chef à nouveau de la Macronie et vous remplacez une candidate aux élections à savoir madame Hayé vous n'avez jamais vu le général de Gaulle rentrer dans une élection en dehors des référendums où quand il les perdait et malheureusement il en a perdu un le dernier il a démissionné dans la journée donc les institutions de la 5ème république ont été faites comme cela mais le général de Gaulle ne participe pas aux élections intermédiaires monsieur Macron aujourd'hui il veut absolument rentrer dans cette élection puisque madame Hayé n'arrive pas à percer et dévise dans les sondages s'il rompt avec son rôle de chef de l'état il doit mettre quelque chose dans la balance c'est évidemment ce que veut dire Marine Le Pen et il ne s'agit absolument pas de se défiler Marine Le Pen fait de la politique depuis 15 ans elle n'a jamais refusé un seul débat
un dernier mot il nous reste une minute les blocages se poursuivent pardonnez-moi devant certaines prisons dont l'indignation l'indignation des fonctionnaires de l'administration pénitentiaire après l'attaque d'un fourgon en Normandie la mort de deux agents est-ce que la réponse de l'état est à la hauteur ? non pas du tout la pénitentiaire souffre
énormément depuis des années cet acte abominable montre à quel point ils ne sont pas protégés à quel point on les a exposés des transferts dangereux justement dans les pistes du ministère et surtout que les prisons sont des gruyères où on peut faire toutes les vilainies où on peut malheureusement discuter par téléphone ou par d'autres moyens avec des voyous et des criminels et j'espère qu'on saura la vérité sur ce qui s'est passé pour l'honneur et la mémoire des agents qui sont tombés au service de la France pour la sécurité de tous rappelons-le dans des conditions de travail très difficiles et je les salue et je crois qu'au-delà des clévages politiques on peut vraiment penser à nos agents pénitentiaires qui font un métier très difficile au service de tous
Dans les pistes avancées par le garde des Sceaux il y a la limitation de ces convois dangereux que faut-il de plus concrètement ?
Mais déjà effectivement le fait qu'ils aient eu ces convois a été fait contre leur volonté sans assurer leur sécurité et moi je vois à la prison d'Amiens il y a un centre de visioconférence qui permet d'éviter ces transferts donc je ne m'explique pas pourquoi dans ce cas-là on le saura sans doute un jour ce choix n'a pas été fait ce qui est sûr c'est que nos agents n'ont ni les moyens ni comment dire la protection pour se livrer à ce genre de mission très difficile très périlleuse et notamment une fois plus au sein des prisons l'ordre ne peut pas être assuré et monsieur Dupond-Moretti incarne ce laxisme qui fait que quand vous êtes un voyou vous pouvez parler au téléphone dans une langue étrangère avec des criminels sans qu'il y ait de contrôle ni de surveillance
Jean-Philippe Tanguy député Rassemblement National de la Somme merci beaucoup d'avoir été
l'invité du 830 France Info
Jean-Philippe Tanguy