VACCIN ET PASS OBLIGATOIRE : POURQUOI ÇA COINCE ? | CEMIL HEBDO #2
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- 5:00CemilFait
« Les églises sont depuis séparés de l’État et la religion de la politique, et dans l’intérêt de tous. »
- 10:00CemilFait
« Nous avons parlé du pass sanitaire et de l’utilisation que le gouvernement pourrait faire de cet outil pour les grands événements. »
- 15:00CemilChiffre
« 1 million et demi de personnes s’étaient jetées sur leur smartphone pour programmer leur vaccination. »
- 25:00CemilFait
« Le changement climatique est là. Et il ne concerne plus seulement les pays du sud. »
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Bonjour à toutes et à tous, ça va bien ? Pas trop difficile cette dernière semaine ? Oui je sais, à ce niveau ça ne pique plus, ça brûle.
Et on va en discuter ici et maintenant. Moi c’est Cemil et voilà mon édito hebdo. Fermez les yeux et imaginez une autre réalité : Marine Le Pen est au pouvoir, confortablement installée à l’Élysée.
Je répète, on l’imagine seulement. Gardez ça en tête pour 2022. Nous sommes le 16 juillet, date anniversaire de l’ignoble rafle du Vél’d’Hiv, et la présidente décide d’aller visiter le sanctuaire de Lourdes, haut-lieu du catholicisme en France.
C’est alors la première fois qu’un chef d’État en exercice s’y rend depuis le maréchal Pétain en 1941. Sur place, saluant les pèlerins, elle joint ses mains, sourit, élève les yeux au ciel, offrant par la même occasion un cliché sensationnel repris dans toute la presse. Affreux cauchemar n’est-ce pas ?
Dans cette réalité parallèle, absolument tout le monde aurait crié au scandale, et à raison. Pourtant, ce fait fictif délirant est bien réel. Sauf qu’en lieu et place de Marine Le Pen, c’est le leader du monde libre Emmanuel Macron qui a fait ce déplacement, ce 16 juillet, au sanctuaire de Lourdes pour une visite alors aussi historique que médiatiquement discrète.
Franchement, Macron semble pouvoir désormais tout se permettre. Les médias dominants lui étant peu ou pas imposés, ni même critiques. Sans surprise vu leur rôle dans l’accès au pouvoir.
Son déplacement à Lourdes est d’ailleurs officiellement présenté comme un soutien au tourisme local fortement touché après la crise du Covid. La ville ayant déjà reçu 77 millions d’euros d’aides diverses, non pas du pape ou de la vierge Marie, mais de la part de l’État en 2020. Mais ça n’a pas suffi : voilà donc maintenant Emmanuel Macron transformé en VRP du pèlerinage catholique, espérant sûrement gratter quelques voix au passage pour 2022.
Mais comment ne pas voir dans ce déplacement présidentiel inédit depuis celui de Philippe Pétain un énorme problème ? Emmanuel Macron est rappelons-le le président de la République française. Cette même République qui, comme l’énonce la loi de 1905 sur la laïcité en France, je cite : Les églises sont depuis séparés de l’État et la religion de la politique, et dans l’intérêt de tous.
Sauf que c’était sans compter sur notre entrée fracassante dans l’ère de la médiocratie où un riche banquier d’affaires a pu être porté à la plus haute fonction du dit État. Fonction qu’il ne cessera alors d’user pour faire profiter du prestige de son titre aux copains en inaugurant leur nouvelle affaire, aussitôt transformée en machine à fric après le passage du monarque présidentiel. C’est ce qu’on appelle un beau retour sur investissement.
Avec Macron, ce n’est pas seulement le clivage gauche/droite qui a explosé. Ce sont aussi des repères et des cloisons traditionnelles mais utiles dans l’exercice du pouvoir, où tout ne peut être mélangé. Il y a des choses qui doivent être dissociées, séparées comme les pouvoirs dans un système démocratique.
Ou comme la religion et la politique dans un État laïc. Mais force est de constater que depuis un petit moment, à l’instar de la devise républicaine, la démocratie et la laicité en France sont en passe de devenir de poussiéreuses reliques, et puis ce n’est pas comme si ça n’avait pas été annoncé. Pour nous retrouver ici ce soir monseigneur, nous avons sans doute vous et moi bravé les sceptiques de chaque bord.
Et si nous l’avons fait, c’est sans doute que nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’église et l’État s’est abimé. Et qu’il nous importe à vous comme à moi de le réparer. Mais Macron n’a toujours pas dit ce qu’il ferait pas, enfin, ce qu’il allait faire après avoir dit le contraire qu’il ferait finalement.
Enfin bref… voyez plutôt. Et je veux aussi être clair ; je ne rendrai pas la vaccination obligatoire. C’était le 24 novembre 2020, il y a seulement un peu plus de 6 mois.
Les promesses du président avaient ensuite été intégrées dans la loi le 11 mai dernier. Nous avons parlé du pass sanitaire et de l’utilisation que le gouvernement pourrait faire de cet outil pour les grands événements. Nous avions souhaité en commission des lois préciser, l’indiquer très clairement dans la loi que toute autre personne ne pourrait pas faire usage du pass sanitaire pour conditionner l’accès à un lieu privé tel qu’un restaurant, un cinéma ou une entreprise à la possession d’un pass sanitaire et la démonstration d’une sérologie négative au covid-19.
Donc je crois qu’il est vraiment important de l’inscrire clairement dans la loi pour que chaque citoyen puisse l’opposer à toute personne privée qui pourrait avoir cette idée saugrenue d’imposer de pénétrer dans son établissement à la possession d’un tel pass sanitaire. Monsieur le rapporteur ? Avis favorable pour cette précision bienvenue.
Monsieur le ministre ? Même avis. Même avis favorable.
Je mets donc aux voix d’amendement favorable, qui est pour ? Contre ? Adopté.
Tout était clair jusqu’à ce que lundi 12 juillet dernier donc, Macron en décide autrement, exprimant sa décision. En complément de la vaccination, nous allons devoir mettre en place de nouvelles mesures pour freiner le virus. Dès le 21 juillet, le pass sanitaire sera étendu aux lieux de loisir et de culture.
Dès août prochain, les personnes n’ayant pas été vaccinées n’auront plus accès à toute une série de lieux communs de consommation, tels le bistrot, les magasins du coin, les cinémas… En un coup de cuiller à pot, Macron trahit encore ses propres propos tenus quelques mois auparavant. Avec une nouveauté ici : il contredit la loi, loi en vigueur qui avait enterré cette idée saugrenue, pour reprendre l’expression de la présidente de la commission des lois. Avoir cette idée saugrenue d’imposer de pénétrer dans son établissement à la possession d’un tel pass sanitaire.
Pour lui, et il en a pris l’habitude apparemment, modifier la loi et les règles, c’est une formalité. À l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes le 19 juillet, et au moment où nous tournons cet édito, nous sommes le 20 au matin. Demain le 21, hier pour vous donc, surgira à l’Assemblée nationale un débat imprévu, voulu et imposé par Macron, pour modifier, je cite "les outils de gestion de la crise sanitaire".
Et si les députés osent refuser de voter dans son sens, le gouvernement exigera sans doute un nouveau vote dans la nuit avec moins d’opposition sur les bancs. Exactement comme il l’avait fait pour le pass sanitaire le 11 mai dernier. Mais oui, pourquoi s’emmerder avec la démocratie quand la 5e République permet de telles facilités.
Tout ça pour imposer le passeport sanitaire, et donc de fait l’obligation de se faire vacciner contre le covid-19. Puisque sans ça, tout sera rendu inaccessible aux "gaulois réfractaires", ou alors pas, mais en se ruinant avec un test PCR désormais devenu payant tous les deux jours. Je ne suis pas anti-vaccins, bien au contraire, j’ai même rendez-vous bientôt chez mon médecin pour me mettre à jour de certains.
Je ne suis pas non plus médecin. Ce que je critique ici n’est donc pas le médicament, mais la stratégie vaccinale, l’aspect politique de la situation. Et la situation, il faut l’admettre, est exceptionnelle, délicate, inédite.
Mais ce gouvernement suffisant a merdé en beauté depuis le départ, se heurtant principalement au non-sens de la libéralisation. Comprenez, de la destruction du service public de santé alors crucial en pleine pandémie, et vitale au quotidien d’ailleurs même sans pandémie. Le "et en même temps" macroniste fait peut-être joli dans les discours de campagne, mais ne fonctionne pas dans le réel.
Et comme après chaque blabla en solo à la télé, ce n’est pas Macron mais ses ministres qui sortent le paquet pour ramer quand on leur demande de justifier les décisions du monarque de fortune. Tout ça et la précipitation dans laquelle on est aujourd’hui, on se souvient qu’Emmanuel Macron, quelques jours avant les élections régionales donnait le sentiment quand même que ça allait mieux, qu’on pouvait faire tomber le masque en extérieur. Vous n’avez donné des messages très contradictoires aux Français quand même ?
Non. Car il y a un fossé entre les désirs de Macron et leur application sur le terrain. Et ce fossé s’appelle la réalité, cette dimension dont l’Élysée semble détachée, mais où enfle la contestation aux mesures jugées liberticides et anti-démocratiques.
À l’image des bistrotiers qui font déjà entendre leur opposition de contrôler leurs clients. Ou encore la police et la gendarmerie qui ont fait savoir eux-aussi qu’ils auront autre chose à faire, craignant en réalité pour leur image déjà bien écornée. Qu’à cela ne tienne, Macron et sa cour sont convaincus d’être dans le juste, d’être pragmatique, responsable, sans idéologie.
C’est ça la réalité mesdames et messieurs les députés, si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici. Et c’est dans cette ambiance que le pouvoir se concentre toujours plus dans les mains d’un seul homme mal élu mais malgré tout rendu messie des deux blocs bourgeois enfin réunis que le pire des projets s’enracine. Celui où les contrôles et donc les conflits menacent d’être partout et permanent.
Je vous rappelle le projet Alicem dont plus personne ne parle mais qui imposera bientôt la reconnaissance facile pour accéder aux services publics français. L’outil GendNote qui permet déjà aux forces de l’ordre de ficher n’importe qui sans fondement, nourrissant alors l’injustice et la répression. Ou encore l’affaire Pegasus qui sort ce jour-ci et qui met à jour un gigantesque réseau de surveillance des journalistes, d’avocats, de politiques, d’opposition, et de militants.
Tout cela forme un projet global de société effrayant pour beaucoup. C’est celui-là même qui a été très largement dénoncé par les foules sorties dans les rues mercredi et samedi dernier. Macron, ton pass, on n’en veut pas.
Macron, ton pass, on n’en veut pas. Alors, il ne s’agit pas de se voiler la face. Oui, il y avait des illuminés par ici, des excessifs par là, mais dire et laisser dire que tous les manifestants et les manifestantes étaient antivax, perchés et platistes, adorateurs de Le Pen et de Lalanne.
Non, c’est faux. Personnellement, là j’y vois même le réflexe un tantinet bourgeois et méprisant que beaucoup ont eu en 2018 avec les Gilets Jaunes. Les porte-voix d’une foule haineuse s’en prennent aux élus, aux forces de l’ordre, aux journalistes, aux Juifs, aux étrangers, aux homosexuels, c’est tout simplement la négation de la France.
Il semble que ce soit cette même foule haineuse qui samedi dernier a choisi de battre le pavé, et de crier "liberté" partout en France, sans gilet fluo cette fois. Et que pour nombre de représentants et même de militants politiques, l’aspect populaire, hors des clous, traditionnel et donc un peu nébuleux, difficilement cernable, est encore une fois déboussolé. Créant alors le parfait terreau pour les médias à la botte du pouvoir, pour y semer les graines de la confusion, et pour le gouvernement d’y récolter les bienfaits de la division.
Je suis vacciné mais je suis contre la certification électronique généralisée, la traçabilité totalitaire qu’ils sont en train de mettre en place. Vous avez été choqué par le discours du président ? Non, parce que qu’est-ce qu’on peut attendre d’autre ?
Ce manifestant du 17 juillet à Paris a raison selon moi d’insister sur le fait qu’il n’y ait rien de choquant en soi. Comme je le soulignais dans le précédent édito d’ici, il y a des limites à la surprise quand un loup se déclare vegan avant d’être dévoré. Macron est un bourgeois, un bourgeois bien né, ex-banquier d’affaire chez Rothschild.
La vraie surprise aurait été qu’il mène une politique sociale. Car il y a un constat à faire : la macronie s’est enfermée dans un cercle vicieux, celui de la violence et du conflit social permanent. Délibérément choisi comme stratégie de gouvernement, et ce depuis le tout début.
Ça fait 4 ans que le pouvoir ment, manipule, se trompe parfois, mais ne le reconnait jamais. Mais surtout méprise et violente toutes les oppositions. On dit que notre mémoire politique passe vite.
Qu’on oublie. Dans les détails sans doute mais je crois que profondément, les marques restent, s’accumulent. Les traumatismes aussi.
Et il y en a eu à la pelle : l’affaire Benalla, les conflits d’intérêts des élus, des ministres, les déclarations de Macron. Traverser la rue pour trouver un job, ceux qui n’sont rien, les t-shirts, les costards, les premiers de cordée, un pognon de dingue pour ces pauvres, pour ces cons de pauvres qui restent pauvres, la répression des Gilets jaunes, les éborgnés, les mains arrachées. Steve, Zineb, Michel Zecler, Cédric Chouviat et d’autres tués par la police devenue milice.
Où pas une semaine ne passe sans scandale retentissant. Et l’IGPN qui est là pour laver plus blanc que blanc. Bref, c’est un torrent de boue continu qui nous tombe sur la gueule depuis bien trop longtemps.
Comment donc Macron pourrait-il ne pas contraindre ? Par son action politique, il y est contraint. Il n’a que cette carte dans son jeu.
Puisqu’il n’a jamais eu dès le départ la capacité à être écouté, à être légitime et donc à convaincre par un dialogue apaisé. Il ne peut pas se pointer et nous dire comme ça, alors oui on a merdé et menti jusqu’ici à gogo. Mais cette fois, promis c’est pas le cas.
Faites moi confiance, on y va, allez hop, ça va le faire. Lol. Contraindre, comme il l’a fait le lundi 12 au soir semble malheureusement s’avérer être la seule stratégie payante dans l’immédiat, pour pousser à la vaccination et faire face au covid.
La matraque, la menace, la peur. À peine Macron l’avait brandi que 1 million et demi de personnes s’étaient jetées sur leur smartphone pour programmer leur vaccination et confirmer que la méthode était la bonne. Animées surtout par l’espoir de passer entre les gouttes, de pouvoir continuer à voyager, et être du bon côté de la barrière, du grillage, du barbelé que Macron promet alors de dresser entre les bons et les mauvais citoyens d’une société d’individus individualisés.
C’est avant tout cela, cette idée dingue et dystopique qui a été rejetée par les manifestants du 17. Ces milliers de personnes partagent le sentiment profond d’être abandonné par un État aux mains de personnes corrompues et méprisantes. L’État qui est souvent incapable d’assurer ses missions sociales de base, ou d’organiser des élections mais qui voudrait les forcer à se faire vacciner.
C’est quand même la recette parfaite pour que ça se passe mal. À côté de ça, je comprends parfaitement et je partage le rejet net de défiler aux côtés d’éléments s’affichant comme clairement fascistes ou racistes par exemple. La convergence a des limites, tout comme le rejet de Macron ne peut être le seul dénominateur commun à partager avec le tout venant.
Quel projet de société désirons-nous ? C’est ça la question de fond. Et trois slogans, aussi percutants soient-ils, ne peuvent en être le socle sérieux.
N’empêche qu’il va bien falloir se parler, nous les riens, nous les premiers de corvée. Car en face, ça continue à avancer leurs pions, pour garder le pouvoir et pour dominer. Tout comme les affaires et les scandales qui s’enchainent à un rythme désormais de croisière.
Et qui semblent en plus quand même leur profiter. Puisque ça vient dégoûter et éloigner des urnes les électeurs les plus motivés à changer les choses. Ce 16 juillet 2020 était particulièrement chargé.
Pendant que Macron était à Lourdes, Darmanin lui était à Montbéliard. Le premier flic de France qui publiait récemment un livre où il loue la politique de Napoléon contre les Juifs de France. Et là, le jour anniversaire de la rafle du Vél’d’Hiv, face à la police nationale créée par Pétain qui a énergiquement participé au massacre parisien.
En protégeant la République, les gardiens de la paix, vous ne protégez pas le gouvernement, ou un parti, ou encore moins des hommes. Vous protégez l’histoire de France, ses institutions et la liberté que chacune et chacun a sur notre sol d’être distingué selon ses mérites et ni selon sa race, ou sa religion. On se pose souvent la question de maitriser l’immigration, mais on se pose jamais la question de savoir pourquoi autant de gens veulent venir chez nous.
Ils veulent venir chez nous parce qu’il y a la République. Et sa liberté qui guide depuis deux ans le peuple Français. Écoeurant.
Mais ce 16 juillet 2021 n’était pas terminé. Il restait un peu de place pour du rab. Et hop, une mise en examen.
Celle d’Éric Dupond-Moretti. Une première pour un ministre de la justice, c’est le quinquennat des records. Il est accusé d’user de sa position de ministre pour régler ses comptes avec des magistrats anti-corruption, avec lesquels il a été en conflit ouvert dans sa précédente vie d’avocat.
On comprend mieux pourquoi Emmanuel Macron veut supprimer la Cour de justice de la République. Macron qui soutient becs et ongles son ministre qu’il maintient au pouvoir malgré sa mise en examen. Cohérent jusqu’au bout quelque part.
Mais là encore, il trahit ses propres propos, cette fois tenus quand il était candidat en 2017. Votre conception des choses, si vous étiez mis en examen, est-ce que vous renonceriez à être candidat ? Oui de la même façon que dans le principe, un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu’il est mis en examen.
Toujours ce même 16 juillet. Décidément, c’était une sorte de jour le plus long. Se déchainait le climat déréglé en Belgique et en Allemagne où des régions entières sont désormais meurtries.
À l’heure où nous tournons, ce sont plus de 200 personnes qui ont perdu la vie. Et le bilan risque de s’alourdir avec la centaine de disparus encore recensés. Le changement climatique est là.
Et il ne concerne plus seulement les pays du sud. Mais les sujets qui squattent de force nos télés et nos cerveaux sont toujours les mêmes : le mythe sécuritaire, l’islam, le voile et le crop-top quand il n’y a plus rien à mâcher. Macron éternue et dans la seconde, tout le monde se met à tousser.
C’est lui qui donne le "la", le "la" repris par la sphère médiatique presque entièrement contrôlée par ses amis milliardaires. Manu est si à l’aise qu’il ose décorer le préfet éborgneur Didier Lallement de la légion d’honneur. En plein 14 juillet.
Ça va, ça passe. Et nul part ou presque sont débattus ou dénoncés les prochaines réformes des retraites et du chômage. Cette dernière pourtant rétoquée par le Conseil d’État tellement elle est injuste et violente.
Que nenni. Le monarque ira jusqu’au bout. Soutenu par un bloc bourgeois fort et uni, protégé par une institution policière tenue en laisse.
Et surtout, épargnée, elle, par ces mêmes réformes. Jusqu’au vaccin et pass sanitaire obligatoire, dont elle sera exemptée. Après tout ça, comment ne pas être en colère ?
Dans tout ce merdier, on a la sensation de se noyer. L’éco-anxiété dont souffre toujours plus de monde épouse alors la dépression politique. Bref, il y aurait de quoi se pendre.
Mais en réalité il y a de plus en plus de raisons de vivre à fond. En tout cas, ne me demandez pas ni comment, ni pourquoi, mais moi c’est ce que je ressens. Une fois sur deux.
C’est peut-être niais mais je pense souvent que c’est grâce à la pluie qu’on apprécie le beau temps quand il arrive enfin. Bon, là il ne s’agit pas de météo mais de politique. N’empêche que tout est cyclique, que l’histoire s’écrit chaque jour, et que nous en sommes collectivement les auteurs.
Que même les démissionnaires comme certains les appellent sont concernés par la politique. Car elle décrit le cadre de l’organisation de notre vie au quotidien. Nous aurions donc bien tort de ne pas nous en mêler d’une manière ou d’une autre.
Certains de meilleurs souvenirs ont pris vie en manifestation. Lors d’actions militantes ou associatives. J’y ai rencontré des personnes merveilleuses avec qui j’entretiens des amitiés formidables.
Des relations qui m’ont tant apporté, comme on en établit ailleurs aussi dans d’autres cercles, dans d’autres situations. Ce que je veux dire par là, c’est que l’engagement dans le collectif, parce que c’est comme ça que je veux voir la politique, n’apporte de loin pas que des soucis. Bien au contraire, il nous rend plus fort et c’est bien cela qui motive les puissants à nous traquer, à nous faire disparaitre.
C’est ça la bonne nouvelle de la semaine. Que nous sommes capables, que nous sommes légitimes. À faire la République, à penser la démocratie, et même à bâtir un média comme celui-ci hors des griffes des puissances dominantes.
Parfaite transition je sais pour vous appeler, si vous avez apprécié mon édito qui se termine là, à le partager, à vous abonner à la chaine du Média et pourquoi pas à le soutenir via un don. Voilà c’est tout pour moi pour cette semaine. Merci de m’avoir écouté, bon courage à toutes et à tous pour la suite et à jeudi prochain.