«Le général Mandon n'a fait que dire une vérité», assure Jean-Louis Thiériot
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
11 sur Europe 1 Dimitri Pavlenko. Vous recevez ce matin le député LR de Smar, spécialiste de la défense Jean-Louis Tiot. Bonjour Jean-Louis Tierriot.
Bonjour. Bienvenue sur Europein. Vous êtes en effet membre de la commission de la défense et des forces armées de l'Assemblée, ancien ministre délégué euh auprès du ministre des armées et des anciens combattant sous Michel Barnier.
Alors, il est question plutôt ce matin que d'anciens combattants des potentiels futurs combattants puisque Emmanuel Macron devrait annoncer tout à l'heure à Vars devant les troupes françaises de montagne le rétablissement du service national. Le spécialiste des questions de défense que vous êtes, qu'en pensent-il Jean-Louis Tiot ? il en pense beaucoup de bien.
Euh, on a un problème, on a décidé au moment des dividendes de la paix de supprimer le service national parce qu'on avait une besoin d'une armée d'actives très opérationnelles qui pouvait avoir un format limité. Aujourd'hui, on voit bien que l'ampleur des menaces fait que ce n'est plus possible. On a besoin de masse.
La masse évidemment des militaires d'actives qui ont un long entraînement, c'est aussi disposer de ressources en homme. Ce service militaire volontaire dont on a presque euh le cadre euh autour de 40000 hommes lorsqu'il atteindra euh sa maturité en quelques années. Donc 10 % d'une classe d'âge à peu près de moins une classe d'âge c'est 800000.
Donc on est plus près de 5 %. Qui est volontaire ? qui sont des gens qui seront formés formation de base initiale pendant un mois, qui ensuite seront susceptibles d'être utilisés sur le territoire national y compris dans des missions opérationnelles type sentinelle.
Ça peut à la fois soulager l'actif, permettre de faire des choses qu'on ne faisait pas et en cas de difficulté, ça deviendra ensuite de la réserve puisqu'en sortant, il rentre dans la réserve. Et donc là où aujourd'hui on a une force opérationnelle terrestre de 77000 hommes, ça veut dire qu'à terme entre ça et les réserves, on peut avoir une masse qui atteindra 150 ou 200000 hommes. Ça change totalement le visage.
Alors, alors on parle d'une formule volontaire après 18 ans, éventuellement rémunérée entre 900 et 1000 € par mois. C'est pas un peu une sorte d'emploi jeune défense ? Louis Tioto, le cadre qu'imagine Emmanuel Macron là, c'était le format du service national avant avec une solde euh plus élevée.
L'emploi jeune quand pendant un mois vous faites le parcours du combattant à vous cayer à beach, c'est plus vraiment un emploi jeune. Ah ben ça va, ça ressemblerait à ça quand même. Il y aurait une formation aux armes.
Ah, il y a une formation. Ce qui est très intéressant par rapport au SNU don tout le monde constate que ça n'a pas marché, c'est qu'il y a un seul ministère qui pilote les armé. Il y a une seule fonction, c'est de donner des soldats.
Ils auront la même formation initiale que les engagés volontaires de l'armée de terre et ils pourront être engagés en opération type sentinelle. Donc on est vraiment dans un outil d'efficacité militaire. On n'est pas là pour faire du social et créer une grande colonie de vacances qui fasse de la cohésion sociale.
Alors, on a eu la semaine dernière la polémique Mandon, hein, les le chef d'état-major des armées qui devant les les maires de France leur exposé euh la situation euh stratégique. Euh un potentiel affrontement avec la Russie sous 3 4 ans, potentiel déploement de force militaire française en Ukraine en cas de cesser le feu dès l'année prochaine. Et donc, il avait parlé d'accepter de la nécessité d'accepter de perdre ses enfants.
Et alors, on a ces ces chiffres qui tombent ce matin. sondage CSA pour EuropDD 83 % des Français et alors le détail est intéressant toutes les classes d'âge toutes les familles politique affiche des scores favorables à ce sondage ce service militaire volontaire entre 75 et 85 % même la France insoumise même les insoumis l'insoumis c'est celui qui refusait de faire son service militaire Jean-Louis Tiot ouais ces chiffres ne m'étonnent pas du tout même si l'ampleur me me surprend quand même. première le moi je suis très surpris personnellement moi je m'attendais à du 70 si vous voulez 60 70 un euh je crois que la polémique autour du général Mandon, c'est vraiment l'écume des choses.
On a eu un énorme effet de trolling russe ou euh de partisans des deux bouts de l'échiquier politique qui ont surfé sur la chose. Le généralement don n'a fait que de dire une réalité mais avec des mots symboliques forts. de dire hommes seront engagés et on en perdra que ce soit de l'active ou que ce soit la réserve.
Et là si on doit le faire et il faut tout faire pour éviter de le faire, on en perdra. Pourquoi je ne suis pas étonné ? Un, il y a un désir d'engagement.
Deuxièmement, dans l'aile gauche de l'opinion, je pense à Lfis en particulier qui passent leur temps à citer Jean Jorès et à rêver de l'armée en masse. Ils sont encore sur des images où finalement l'armée d'actif, c'est pas très bien, c'est pas l'armée de citoyens. Donc ça ne m'étonne pas du tout. professionnelle, c'est les L'armée professionnelle, c'est lesistes.
C'est exactement euh comme ça que c'est ressenti. Donc si vous voulez, ça ça répond à à leur principe. Le désir d'engagement, il est là.
Il y a aussi une nostalgie du vieux service militaire de papa que je crois totalement fantasmé. Moi, je fais partie de la dernière génération qui faisait son service militaire où j'avais fait le choix service militaire comme officier. Mais dans mes camarades de sciences pot, je vais vous dire, j'en avais les tris/4 qui ne le faisaient pas.
C'était pas le brassage social. il faisait des volontariats services économiques, tout ça est très bien, mais c'était pas le vrai brassage social où vous êtes ensemble sur un bateau à être malade quand le bateau secou. Donc le brassage n'y était plus mais il y a cette nostalgie donc nostalgie, nécessité de défendre le pays, conscience aigu la menace plus qu'on évoquait sur LFI, je suis pas plus surpris que ça et je pense que ça marchera.
Mais Jean-Louis Tiot, puisque vous êtes là sur les scénarios de guerre, c'est intéressant quand même parce que le général Mandon nous parle de la nécessité d'accepter de perdre ses enfants, se battre, c'est tuer. C'est ce qu'écrivait le le général Le Coin il y a pas si longtemps que ça. C'est c'est basique, mais c'est pourtant une vérité qu'on tente à oublier.
Et puis on a Emmanuel Macron qui il y a deux jours nous dit que les jeunes n'ont pas vocation à aller mourir en Ukraine. Alors, c'est quoi la menace qui nous panon Jean-Louis Tiario ? une invasion du territoire national, la nécessité d'aller défendre des frontières à l'est de l'Europe.
Non, personne de politiquement sérieux n'a proposé qu'on aille sur le terrain se battre pour l'Ukraine. Les troupes au sol d'Emmanuel Macron, pardonnez-moi, Jean-Lou Tiu, on l'a tous entendu l'année dernière. Non, les troupes au sol dans le cadre d'une coalition des volontaires une fois in cessé le feu ou une un conflit gelé s de casque bleu européen quoi.
Oui, mais c'est pas la même chose. Ça n'a rien à voir si vous voulez. Personne n'envisage que des soldats français se battent pour défendre Cramatorsk que s'il y a accord de paix, on a ou cesser le feu, je sais pas comment l'appeler, on est des troupes françaises, des troupes britanniques, des troupes alliées qui se trouvent pour donner des garanties de sécurité à l'Ukraine, oui, c'est nécessaire et j'insiste, c'est nécessaire pour la sécurité stratégique de l'Europe et de la France.
Ce qui se joue là-bas, c'est notre sécurité. Tant qu'on aura une Ukraine militairement forte, l'aventurisme russe euh aura cette épine dans sa chair et donc risque de ne pas aller plus loin. La vraie menace, ce dont parlait le général Mandon à 3 4 ans sur le le flanc est, c'est qu'on ait des tests de la solidité de l'alliance dans les pays baltes.
Je pense à Narva où il y a une très forte minorité russophone, même histoire que ce qui est arrivé dans le don bas. Risque sur le corridor de Suivolkier, risque en Roumanie. Donc ce à quoi il faut se préparer, c'est à cela si on est dans la guerre conventionnelle classique.
Notre objectif, c'est d'être assez dissuasif et assez fort pour que les Russes ne soient pas tentés. Après la menace sur notre territoire national, évidemment que ça sera pas les chars russes euh sur le rein demain, personne ne croit cela. Mais nous vivons un moment de menace hybride.
Vous avez vu les drones qui survolent nos territoires. Vous avez des attaques informatiques en permanence. Si demain vous avez des prorusses les mêmes qui aujourd'hui font des petites choses avec les mains rouges sur une synagogue, avec les cochons devant des mosquées, si cela demain vous sabote des voies de chemin de fer comme ce qu'on vient d'avoir en Pologne, on va avoir besoin de contrôle de zone, on va avoir besoin de gens sur le territoire et typiquement ces réservistes du service militaire volontaire, c'est le travail qu'ils peuvent faire.
Donc tout ça est cohérent et répond à la menace. Merci beaucoup Jean-Louis Tiariot, spécialiste de la défense, député HR de Sénémar, membre de la commission de la défense et défenses armées de l'Assemblée d'être venu nous voir ce matin sur Europe.
Jean-Louis Thiériot