Nicolas Dupont-Aignan invité de Jean-Jacques Bourdin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse directe
Qu'en pensez-vous de la position de Manuel Valls sur la Corse ?
- 1:24OuverteÉludée
Les leaders nationalistes portent-ils une part de responsabilité dans les incidents d'Ajaccio ?
- 2:39OuverteRéponse directe
Vous êtes inquiet pour la situation du pays ?
- 2:58OuverteRéponse directe
La loi Taubira est-elle trop clémente selon vous ?
- 3:55OuverteRéponse directe
La France est-elle en crise identitaire ?
- 5:31OuverteÉludée
Croyez-vous au pacte républicain contre le chômage proposé par Valls et Raffarin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« 'est que l'État n'a cessé de reculer en Corse, malheureusement, depuis des années. »
- 1:07Invité politiqueFait
« la nation a données à la Corse, aux élus corse, ils en demandent toujours plus. »
- 3:14Invité politiqueFait
« Cela veut dire que ça fait 20 ans qu'on vit dans un système où les délinquants ne vont pas purger leur peine. »
- 6:31Invité politiqueChiffre
« Chiffre officiel, 300 000. Chiffre officieux, 500 000. »
- 9:09Invité politiqueFait
« Ça existe déjà, c'est l'article 25 du Code civil. »
- 12:46Invité politiqueFait
« j'avais parlé de Cayenne, on m'avait traité tous les noms »
- 17:02Invité politiqueFait
« Oui, j'y suis favorable parce que je crois que je suis député maire, j'en suis l'illustration vivante. »
- 18:57Invité politiqueFait
« Moi, je veux couper les fils de ces marionnettes. Leur redonner vie. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan73 %
- Présentateur17 %
- ?10 %
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Notre
invité ce matin, Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour.
Merci d'être avec nous.
Vous êtes président de Boula France, député, maire Nicolas Dupont-Aignan. La Corse, ce matin, Manuel Valls a pris la parole dans Le Parisien Aujourd'hui. Et il est clair, l'État ne reculera jamais en Corse. C'est ce qu'il dit.
C
'est ce qu'il dit. Qu'en pensez-vous
? C
'est que l'État n'a cessé de reculer en Corse, malheureusement, depuis des années. Donc je prends au mot Manuel Valls, mais j'attends de voir. Je pense qu'il faut éviter en Corse deux attitudes. Il y
a
une attitude qui serait de nier l'identité corse, qui est réelle. Et puis il
y
a une autre attitude qui serait d'en demander toujours plus dans une voie d'autonomie fictive. Qu'est-ce que je veux dire par là ? C'est que ce qui m'a toujours surpris, c'est qu'au lieu d'exercer déjà les compétences exceptionnelles
que
la nation a données à la Corse, aux élus corse, ils en demandent toujours plus. Et donc, quand j'ai été en Corse il n
'y a
pas longtemps pour les élections régionales, j'aurais dit « mais déjà exercez vos compétences ». Donc il
y a
une sorte de fuite en avant
pour
finalement fuir les responsabilités qui
sont
déjà les leurs. Vous pensez que dans les incidents qui se sont produits graves, qui se sont produits à Ajaccio, de tous les côtés, l'agression des pompiers, d'un côté, les dégradations qui ont suivi de l'autre, les leaders nationalistes portent une part de responsabilité ? Non, je ne
veux
pas dire ça. Non, je ne
veux
pas
rentrer là-dedans. En revanche, je dis que les incidents des pompiers, c'est partout en France. Oui. Tout le pays. Oui. Tous les jours. Oui. Personne
n'en parle. Ailleurs
aussi ? Partout.
Mais
partout. Dans votre ville ? J'espère
pas dans ma
ville. Oui. En tout cas dans ma circonscription, oui. Tous les jours, l'État n'est pas respecté en France. C'est ça le problème. Premier point. En Corse, ça a pris une autre tournure, mais je ne suis pas sûr que les dégradations scandaleuses qui ont eu lieu n'auraient pas pu avoir lieu, du moins par la pensée, dans d'autres endroits. Par la pensée ? Par la pensée.
Là,
ils sont
passés à l'acte. La différence, c'est
que les Corses
sont passés à l'acte. Certains.
Mais
quand
l'État est faible, c'est ça le problème du pays aujourd'hui, mais depuis d'ailleurs tant d'années, quand l'État est faible, eh bien tout se délite, l'intérêt général est oublié, des petits esprits l'emportent, c'est la loi de la jungle. Et on aboutit à la situation d'aujourd'hui qui est explosive partout dans le pays.
Vous êtes inquiet, là ? Vous êtes
inquiet ? Oui, mais je suis inquiet parce que... Mais ça
fait des années, je le dis. 2005
s'achève, bientôt 2016, vous êtes inquiet ? Oui, je suis inquiet parce qu'on ne traite jamais les problèmes à la source, à l'origine. Et on en rajoute, je pense, à la fameuse loi Taubira. Là, vous savez, vous avez l'application concrète
de
la loi Taubira pendant plusieurs années. C'est-à-dire, 5 ans, vous êtes condamné à 5 ans de prison.
Dans
le système judiciaire français, condamné à 5 ans de prison, c'est une peine pour des faits très graves. Et vous n'allez pas en prison. Il y
a
eu la loi Dati avant, il faut être honnête, 2 ans. La loi Guigou, 1 an. Cela veut dire que ça fait 20 ans qu'on vit dans un système où les délinquants ne vont pas purger leur peine, où il n'y a pas de sanctions réelles.
Voilà
le résultat, c'est tout. Pourquoi en Angleterre ? Est-ce que l'Angleterre est un pays fasciste
? Pourquoi
en Angleterre, des délinquants qui commettent des actes aussi graves qu'une agression d'un pompier, d'un policier, sont dans l'instant en prison ? Sont jugés. Pourquoi jamais en France ? Pourquoi j'ai été obligé de faire déménager des policiers municipaux qui étaient menacés
?
C'est la réalité du quotidien de tout notre pays. Et à quoi sert de commenter s'il n'y a pas d'actes ? C'est tout. Les Français attendent des actes. La France est à cran. Mais la France est à cran parce que
c
'est
l
'injustice, parce que c'est la loi de la jungle. Et puis
c'est le chômage aussi. Et puis
c
'est un repli identitaire. C'est un communautarisme voulu peut-être par, sûrement, par des islamistes extrémistes et voulu aussi par certains extrémistes de droite ou d'ailleurs.
Quand l'État est faible, c
'est
l'anarchie. Et après l'anarchie, il y a la vengeance. Quand est-ce qu'on va comprendre ? Mais attendez, dès qu'on propose une mesure un peu ferme, on est traité de quoi
?
Attends, atteinte aux libertés ? Mais regardez l'esprit ambiant. Écoutez l'esprit ambiant. Donc dès qu'on propose quelque chose de vrai, de juste, de ferme, on est critiqué et on est caricaturé. Et c'est là le problème du pays aujourd'hui.
Donc il
y a des mesures à prendre. On sait ce qu'il faut faire. Mais on sait ce qu'il faut faire. Il y a 80 000 peines qui ne sont pas appliquées. Jean-Jacques Bourdin. J'ai été visiter une prison à Villepinte. Mais si vous aviez vu l'intérieur de la prison, mais c'est une honte. Un quartier de mineurs, ils fumaient du hachiche. C'était un bazar pas possible. Et la directrice, un peu gênée, me dit « Oui, bah oui, on n'y arrive pas. » Des islamistes dangereux au milieu de la prison qui circule en liberté. Donc à partir du moment où l'État n'assume pas son rôle, eh bien un jour, les Français vont l'assumer avec des
dérives.
– Oui, je vais revenir sur la déchéance de nationalité et l'inscription dans la Constitution. Mais j'ai vu les propositions récentes de Manuel Valls qui rejoignaient celles de Jean-Pierre Raffarin. Un pacte républicain contre le chômage. Vous y croyez à ça ou pas ? –
Pas du tout.
Mais pourquoi ?
–
Parce que quand vous
additionnez deux syndicats de faillite… – Pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas
créer… –
Mais
attendez, très bien, un pacte républicain contre le chômage.
Mais
moi, tiens, je vous avais amené parce que je pensais que vous me posiez une question sur le chômage. – Oui, bien évidemment.
Je ne manquerai jamais de poser des questions sur le chômage.
–
J'ai
un petit papier
contre les
entreprises.
–
Oui. – Intérim, la solution pour vos recrutements. Les travailleurs polonais et roumains en intérim. Nous vous proposons la mise à disposition de travailleurs intérimaires polonais et roumains conformément aux droits français, parfaitement légal. Vous n'avez rien à gérer et vous ne paierez pas les charges sociales françaises. Aucune formalité à accomplir. Métier du bâtiment, l'hôtellerie, le bois, le service, métier de bouche, industrie.
–
C'est où ?
–
Ça,
c'est une
entreprise du Havre qui a reçu ça l'année dernière. Mais ils en reçoivent tous les jours sur leur fax.
–
Et ça vient d'où ça ? – Ça vient de sociétés luxembourgeoises qui mettent à disposition des travailleurs détachés. Ce n'est pas qu'ils soient détachés polonais, roumains, espagnols qui me gênent, Jean-Jacques Bourdin. C'est qu
'ils
ne payent pas les charges sociales de
la sécurité
sociale. Vous savez combien ils sont
?
–
Entre
300 et 500 000. Chiffre officiel, 300 000. Chiffre officieux, 500 000. J'ai alerté 15 fois. J'en ai même parlé au président de la République quand je l
'ai
vu.
–
Oui. – À chaque fois. Il suffit d
'un crayon. – Et que vous avez dit ? –
Il
suffit que
c'était un vrai problème. Mais qu
'il
fallait qu'ils demandent à ses collègues européens. C'est une directive européenne.
Il
suffit
d
'un stylo. Jean-Jacques Bourdin à Sainte-Couteur, il
y
a un stylo. Je dénonce cette directive. Je mets les pieds dans le plat à Bruxelles et je dis, je veux bien des travailleurs polonais, roumains, espagnols, mais ils payent les charges sociales en France. Ce sont des dizaines de milliers de faillites de petites entreprises derrière. Ce sont des marchés publics. Des marchés publics. Le centre des impôts ailleurs dans ma ville. Les organismes HLM qui font travailler des travailleurs étrangers qui ne payent pas la sécurité sociale française. Ça, ce n
'est
pas l'anarchie. C'est une forme d'anarchie. C'est une forme de violence contre les chômeurs. Qu'est-ce qu'on fait
?
Alors le pacte républicain de M. Raffarin et M. Valls qui ont signé ces directives ? Le pacte républicain d'incapables qui sont des syndicats de faillite qui ont mis la France dans cet état ? Et on va les unir ? Mais c
'est
l'alliance absurde.
C
'est une alliance de diversion, Jean-Jacques Bourdin.
–
De diversion. – De diversion. – Bien.
–
Pour faire croire aux gens qui vont agir. Mais ce n
'est
pas deux incapables qui vont créer une capacité.
– Bien. La déchéance de
nationalité... – Je ne parle pas des personnes en termes de... – Oui, oui,
j'ai compris. C'est les politiques conduites.
– Ah,
bien évidemment
des politiques.
– La déchéance de nationalité inscrite dans la Constitution, 86% des Français y sont favorables. Vous y êtes favorable. Vous la voterez ? – Je la voterai.
Mais j'ai envie de dire, Jean-Jacques Bourdin, ce
matin,
assez, assez, assez, assez. Nous sommes dans un pays de fous, je vous le dis franchement. – Allez-y. – De fous furieux. Ça fait 15 jours qu'on ne parle que de ça.
–
Oui.
–
Il y en a qui doivent, si ce n'était pas un sujet tragique, bien se moquer de la France aujourd'hui. Vous savez qui ?
Ce
sont les terroristes qui sont là-bas à Daesh. Ils doivent se dire que
c'est
un pays vraiment... –
C'est un
pays démocratique. – Oui.
–
Oui,
la
démocratie.
–
Oui, mais... – Vous n'y croyez plus, la démocratie
? – Bien sûr que j'y
crois,
la
démocratie.
–
Non,
non,
mais
je vous dis ça. – Je plaisantez. – Non, mais
je
vous dis ça. – Vous savez pourquoi je vous dis ça ?
–
Je
vais vous répondre.
– Vous savez pourquoi ? Parce que beaucoup... –
Oui. –
Comment ça ne plus croire à la démocratie ? – Vous croyez qu'on est encore en
démocratie, mais je vous raconterai une histoire après.
–
Oui. – Sur la déchéance de nationalité, c'est un point important, symbolique, très fort. Très fort. Et je la voterai parce qu'on n'est pas français pour avoir des droits. –
On
est français aussi pour avoir des devoirs. Et le premier devoir, c'est de ne
pas
assassiner ses concitoyens et de participer à une entreprise terroriste. Et quand on va jusque-là,
on
perd la nationalité française. Ça existe déjà, c'est l'article 25 du Code civil. Ça existe dans tous les pays qui se respectent. C'est le signe d'un pays qui est capable de se défendre. C'est symbolique. Pour autant... – Oui,
c
'est symbolique.
–
Pour autant...
– Attendez, attendez. – Ça ne
désarmera
aucun terrorisme. Mais ça montre
l'importance de la nationalité. Ce n
'est
pas une pochette surprise, la nationalité.
En
revanche, Jean-Jacques Bourdin, pour assurer la sécurité des Français, qu'est-ce qu'on a fait depuis janvier ? Où sont les mesures contre les 250 djihadistes dangereux dont a parlé Manuel Valls ?
Qui
sont français
et
qui ne sont pas binationaux. Qu'est-ce qu'on fait pour donner des moyens à nos forces de l'ordre ? Qu'on ne pue rien, pas d'équipement. Est-ce qu'on pense à nos forces de l'ordre, gendarmes, policiers,
sur
le terrain ? Qu'est-ce qu'on fait pour contrôler vraiment nos frontières ? Comment on change nos lois judiciaires ? Alors là, on n'en parle plus. C'est cela qui m'agace depuis 15 jours. C'est qu'en fait, on se polarise sur, là aussi, une entreprise de diversion extravagante. D'ailleurs, qui
se retourne.
C'est un calcul
politicien. Non, je
pense que ceux qui ne veulent pas agir... En fait, on a un conflit entre des faux durs
et
des vrais mous. Mais qui est le faux dur ?
Manuel
Valls ?
Ils
sont
durs
en parole. Et les vrais mous, tous les autres, vous les connaissez par cœur. Ça fait 20 ans qu'ils encombrent le paysage politique. Et dès qu'il
y a
une mesure, il ne faut rien faire. Mais
alors, je vais vous
poser une question. D'ailleurs,
vous avez vu, le Front National
fait des propositions, déjà. et dit qu
'il
faut élargir cette déchéance de nationalité à d'autres crimes que les crimes terroristes. Vous êtes favorable à
l'élargissement ? Non, j'ai toujours
été clair. La déchéance de nationalité doit être exceptionnelle. Et si on
avait une justice...
De binationaux nés en France,
je le précise.
Parce que la déchéance de nationalité est possible pour ceux qui ne sont pas
nés en France.
Et encore, il
y
a un autre article qui la rend un peu près possible, mais c'est compliqué. Donc, c'est du bon sens, la déchéance de nationalité.
Être
français, quand on rompt, c'est un crime de haute trahison. Donc, on n'élargit pas d'autres crimes. Non, le crime de haute trahison, point barre. En revanche, il faudrait qu
'il y ait
une justice pour les autres crimes. Et puis, cela pose quand même le problème de la double nationalité.
Et
moi, je pense... Vous
êtes opposé à la double nationalité ? Non, je suis opposé.
Elle existe, de fait. Mais je pense
qu
'à
l'enfant... Il y a des millions de Français
binationaux. Je pense que le système qui existait en Allemagne avant 2014, qui était qu'un enfant à 23 ans pouvait devenir français, mais choisissait sa nationalité, était un bon système.
Maintenant, on n'est pas là, on est
revenu dessus. Mais je crois que... En tout cas, ce qui est très important, c'est qu'on ne parle que de droit. Moi, j'entendais les opposants. En fait, nous sommes dans un pays au-delà de la déchéance de nationalité, où on ne parle que de droit.
Alors,
la vraie question de tout ça, vous savez, le vrai manque. Qu'est-ce que ça veut dire, être français ? Vous savez ce que disait Malraux ? Être français, c'est celui qui veut risquer sa peau pour son pays.
Voilà.
Eh bien, à méditer, et pas seulement pour les binationaux, entre guillemets. Pour tous les
Français,
qu'ils soient de vieilles souches, de Français récents. Et vous savez, souvent, il y
a
des Français récents qui donnent leur vie pour leur patrie.
Il
y a beaucoup de soldats
qui
combattent dans le monde français, qui sont des Français récents. Donc, arrêtons de voir toujours l'origine des gens. Et d'ailleurs, déchéance de nationalité, moi, j'avais proposé une autre mesure à côté,
pour
ne
pas
qu
'il y
ait d'inégalité. Déchéance de nationalité pour les djihadistes de retour de Syrie,
qui
étaient en association de terrorisme. Attendez,
déchéance
de nationalité pour les djihadistes
qui ont commis des crimes ? Bien sûr, qui ont commis des crimes terroristes. Et parallèlement, éloignement, j'avais parlé de Cayenne, on m'avait traité tous les noms, mais je maintiens que les terroristes dangereux, notamment ceux de retour du djihad, devraient être éloignés dans un centre de détention pendant une période limitée sous contrôle judiciaire. Un Guantanamo bisque. Le terme Guantanamo est
un peu excessif.
Oui,
mais dans la vie,
à Guantanamo, sous contrôle judiciaire, ce n
'est
pas la même chose. Le bagne de Cayenne, c'était quoi ? Alors je sais qu'on m
'a
beaucoup critiqué, mais Jean-Jacques Bourdin à la République,
la
République savait se défendre, avec des excès, bien évidemment, qui étaient liés à son temps. Mais je ne vois pas au nom de quoi... Attendez, quelqu'un qui part en Syrie, trancher des gorges, égorger des gens, combattre nos soldats, quelqu'un qui part là-bas, qui revient...
Le Manuel Valls dit...
Parce que tout le monde ne va pas
trancher des gorges lorsqu'il part en Syrie, heureusement. Heureusement, je
n
'ai
pas dit que les milliers qui étaient partis devaient être au bagne de Cayenne demain matin. J'ai dit
que
Manuel Valls nous dit, je l'écoute, j'écoute le Premier ministre, il nous dit qu'il
y
a 250 djihadistes de retour de Syrie qui sont particulièrement dangereux. Il nous le dit.
Et
pourquoi on ne fait rien ?
Qu'est
-ce qu'on en fait ? Il faut les mettre en détention. On peut le faire.
Dites-moi, Nicolas Dupont-Aignan, J'ai l'impression que François Hollande est en train de se mettre, se glisser dans un piège. Parce qu'à gauche,
tout
à l'heure, sur RMC, j'avais Christian Paul qui disait, mais c'est une ligne rouge. Nous ne voulons pas de cette inscription dans la constitution de la déchéance de nationalité. Et puis, j'ai vu qu'aux Républicains, certains préfèrent, par exemple, une peine d'indignité nationale. Par exemple. Donc, il n'y
aura
pas de majorité. Donc, référendum. Et bien, pourquoi pas un référendum ? Vous
n
'êtes
pas bon à un référendum ? Est-ce qu'on
fait un référendum uniquement là
-dessus ? Vous voteriez oui à un
référendum ? Mais moi, je ne me
positionne pas... Est-ce que vous voteriez oui ?
Je ne me positionne pas en fonction d'arrière-pensée politicienne. On a bien vu les autres. Oui. Je me positionne en fonction de ce que je crois être l'intérêt de mon pays. L'intérêt de mon pays. Mais
l'indignité nationale,
ça ne
vous
plaît pas à la place
de la déchéance de nationalité ? Non, je crois que la nationalité,
il faut un geste fort, symbolique. Pour autant, je dis, et c'est cela que je reproche à François Hollande, c'est qu'il ne prenne pas les mesures indispensables pour garantir la sécurité des Français. Je les ai proposées au président de
la
République en janvier dernier. On va arriver au un an du terrible attentat de Charlie Hebdo. Je les ai reproposées à nouveau quand je l'ai vu après le 13 novembre. Ce serait un ensemble de mesures. Il y
a
eu l'état d'urgence ? Oui. Bien. Mais il faut contrôler nos frontières. Il faut donner des moyens à nos forces de police. Il faut
mettre
en détention les plus dangereux des djihadistes qui circulent aujourd'hui en liberté. Et moi, Jean-Jacques Bourdin, la seule chose qui m'importe, au-delà de tout ça, qui n
'est
pas d'autre attentat. Et donc, la responsabilité d'un homme politique, c'est de prendre des mesures pour éviter ces
nouveaux attentats. Vous savez bien que cette mesure de
l'inscription de la déchéance
de nationalité dans la
Constitution... Vous
faites
comme
les
autres, une fixation. Non, je ne fais pas une fixation. J'essaie de vous apporter des arguments. C'est mon rôle. Mais c'est
mon rôle. Je ne partage ni les uns ni les autres. Oui, je le sais. C'est mon rôle. Ne partageons pas,
ne limitons pas le débat public à cette question-là. Cette question, elle est évidente. Quand vous
combattez la France, vous perdez votre nationalité. Quand vous
entendez, par exemple, le Front National qui dit qu
'il
faut élargir la déchéance
de
nationalité à d'autres crimes, est-ce que ça vous inquiète ou pas
?
Je vous pose franchement la
question.
J'y suis hostile parce que je pense que ça ferait un engrenage et qu'il y aurait une différence
entre des Français récents
et des Français plus anciens. Et je n'ai pas envie de faire des différences entre les Français. En revanche, je considère que quand on est coupable de haute trahison, quand on est binational, on voit sa déchéance prononcée et on repart dans son pays. Quand on est Français, on est éloigné du territoire métropolitain et on a de vraies sanctions.
On
n'attend qu'une chose, des devoirs, pas seulement des droits, des sanctions quand cela le mérite.
Nicolas Dupont-Aignan, nous avons parlé de chômage, nous avons parlé de ces questions de terrorisme et de sécurité essentielles. Mais la réforme des institutions, parce que le débat aussi va revenir sur le tapis. J'ai vu qu'aux Républicains ont préparé la suppression de la loi sur le non-cumul des mandats. Vous êtes favorable à la suppression de cette loi ? Oui, j'y suis favorable parce que je
crois que je suis député maire, j'en suis
l'illustration
vivante. Et
si je peux vous parler aujourd
'hui,
en
liberté, c'est-à-dire sans appartenir à un des grands partis, si j'ai pu reconquérir ma liberté politique, c'est-à-dire ma liberté d'analyse et de parole, sans être un mouton dans un élevage ou un poulet dans une batterie, c'est parce que je suis maire de ma ville et que les citoyens m'ont fait confiance depuis un certain nombre d'années à 80% des voix. C'est ma liberté. Et j'estime que la loi telle qu'elle a été votée
transformait
le Parlement en un paratchique des partis politiques. Alors, qu'il faille limiter
le cumul... 91
% des Français sont pour une stricte interdiction du cumul. C'est leur
droit. Oui, c'est leur droit.
Mais je vais vous dire, qu'on dise aux Français la vérité, il y a des cumuls. Par exemple, un maire d'une très grande ville, avoir plusieurs mandats, c'est excessif. Mais un député maire, je ne
vois
pas ce que ça
choque. Vous
mettez les mandats dans le temps ?
Non. Non plus ? Non, parce que le suffrage universel, les Français ont le droit de voter pour qui ils volent. Et j'ajouterais quelque chose. Cette société hypocrite, où vous pouvez être député et avocat d'affaires. Alors, moi, je préfère être maire de ma petite ville et être député, qu
'à chaque avocat
d'affaires.
Ou aux fonctionnaires à vie. Je ne parle pas pour vous. Pour certains. Oui, mais ça,
pourquoi
pas l'enlever ? Ça m'est égal, complètement. Ce que je dis... On démissionne de la fonction publique. Ça m'est égal. Mais ce que je dis, très clairement, c'est que les vrais problèmes politiques d'impuissance publique, parce qu'on tourne autour de quoi depuis ce matin ? L'impuissance publique. On élit des gens qui ne servent à rien.
C
'est ça, la réalité. Et bien, il faut peut-être se poser la question de savoir... Alors, trop ? Pourquoi
?
Il y
a
trop d'élus, alors.
Oui,
ça,
c'est
sûr.
J
'ai proposé 400 députés,
400 députés, 200 députés, 200 députés.
Non, 400 députés, 200 sénateurs, un peu de proportionnel. Mais la vraie question, Jean-Jacques Bourdin, c'est le pouvoir qui est à Bruxelles, qui est à New York, sur les marchés financiers. La vraie question, c'est l'indépendance de la France. Voter pour des gens à condition qu'ils aient le pouvoir. Sinon, ce sont des marionnettes. Moi, je veux couper les fils de ces marionnettes. Leur redonner vie.
Oui,
j
'ai une dernière question qui n'a rien
à voir avec tout ça,
quoi que, qui n'a rien à voir. Mein Kampf va tomber dans le domaine public. Est-ce que vous êtes favorable à une publication ?
Je
ne suis pas favorable à une interdiction. Oui. A
une
réédition, vous êtes favorable
?
De toute façon, on n'empêchera jamais les gens de lire. Il faut au contraire leur montrer l'atrocité,
comment
un écrit a pu aboutir à des abominations. Donc moi, je crois en l'homme et j'ai confiance dans la démocratie, à condition qu'elle existe vraiment. Vous savez, la loi qui a été votée en 12 au mois de décembre ? La seule réponse du gouvernement au tremblement de terre politique des régionales,
ça
a été de limiter l'égalité de parole avant la présidentielle. Il y aura l'équité,
pas
l'égalité de parole. De limiter les parrainages. Ça veut dire que le premier réflexe de cette classe politique, c'est surtout de rester entre eux.
Ils
ont échoué, ils veulent se maintenir. Eh bien, la vraie question de la politique, c'est de proposer une alternative raisonnable, crédible, sérieuse, sereine. C'est ça l'enjeu.
Merci Nicolas Dupont-Aignan d'être venu nous voir. Merci
à vous.
8h56.
Maintenant,
vous
vous devez voir.
Nicolas Dupont-Aignan