LES TROIS COUPS DE FORCE DE MACRON - Mélenchon à République
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Quand 55% des électeurs et des électrices décident de ne pas aller voter, on n'a pas le droit de dire qu'ils sont fatigués ou indifférents. Ils manifestent une volonté politique qui se résume en un mot : « Dégagez ! » »
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« Personne n'a demandé, à part le MEDEF, que la priorité, ce soit de détruire le code du travail. »
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« Ce message, quand le président de la République parle, avant que le premier ministre ne l'ait fait lui-même devant l'Assemblée, il se passe quelque chose d'important dans l'ordre institutionnel. »
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« Nous sommes convoqués en session extraordinaire, pour voter qu'on va abroger le code du travail par ordonnances. »
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« Une ordonnance, c'est un texte extrêmement général où on donne au gouvernement, le pouvoir de faire la loi à la place du parlement. »
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« L'état d'urgence prolongé sans fin est une victoire de l'ennemi, car l'ennemi, lui, voudrait une société où il n'y a pas de liberté. »
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« Dans 90% des assignations à résidence et des interpellations, il s'agit de syndicalistes et d'écologistes qui ne sont nullement des terroristes. »
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Mes amis m'ont confié le soin de résumer en quelques mots la situation dans laquelle nous nous trouvons, et l'appréciation que nous en avons. D'abord, je voudrais vous remercier, au nom du groupe des parlementaires "La France Insoumise, de votre réaction rapide à notre appel, même si nous savons que c'était un peu bricolé, que vous soyez si nombreux à être venus. (Applaudissements de la foule) Dorénavant, il faut que vous vous prépariez, mes chers amis, à agir en interaction avec vos parlementaires.
Car nous sommes bien décidés à ce qu'il y ait une sorte d'osmose et de relation permanente entre le mouvement de masse et la représentation politique que nous sommes, car nous nous considérons comme la représentation politique du nombre que vous êtes là et non pas comme des personnes à qui vous auriez délégué, pour toujours, un pouvoir dont, au demeurant, nous ne voudrions pas. ( Applaudissements. On entend quelques bravos. ) Des événements d'une exceptionnelle gravité politique sont en train de se dérouler.
Et il appartient à cette partie, la plus éclairée, la plus intéressée à la compréhension des événements, d'en tirer toutes les leçons. La première est que, quand 55% des électeurs et des électrices décident de ne pas aller voter, on n'a pas le droit de dire qu'ils sont fatigués ou indifférents. Ils manifestent une volonté politique qui se résume en un mot : « Dégagez ! » ( Applaudissements ) Et lorsqu'ils n'ont pas le moyen de le faire, parce qu'il leur semble qu'ils sont enfermés... ( la foule scande : Dégagez !
Dégagez ! ) dans des oppositions factices, entre un "La République En Marche" et un LR, alors les gens ne vont pas voter. C'est ça que nous avons vu.
Il y a donc dans ce pays une immense tension, une immense attente. Personne n'a demandé, à part le MEDEF, que la priorité, ce soit de détruire le code du travail. Personne ne l'a fait !
C'est le MEDEF qui l'a demandé ! Et c'est pour obéir au MEDEF, qu'a été convoquée cette session extraordinaire. Premier coup de force que je vous demande de bien comprendre.
Nous ne sommes pas, pas allés à Versailles, parce que le président de la République y prenait la parole. C'est un droit constitutionnel dont il dispose depuis que M. Sarkozy a proposé et fait adopter, en son temps, cette réforme de la constitution.
A l'époque, nous avions été très nombreux à protester contre cette institution d'un discours du président qui vient, parle et s'en va, et ensuite les parlementaires, qui ne sont même pas rangés par groupe politique, c'est à dire comme une image de la représentation des opinions qui traversent le pays, mais éparpillés par ordre alphabétique dans l'hémicycle, comme une sorte de troupeau, et qui écoute, et ensuite est prié d'acclamer. Ce n'est pas pour cela seulement. Si ce n'était que cela, nous y serions allés, parce que, sinon, on n'irait nulle part.
Nous n'y sommes pas allés, parce que... nous avons parfaitement compris le message.
Ce message, quand le président de la République parle, avant que le premier ministre ne l'ait fait lui-même devant l'Assemblée, il se passe quelque chose d'important dans l'ordre institutionnel. Pourquoi ? Parce que quand le premier ministre fait son discours et sollicite la confiance de la représentation du peuple français, il attend le vote des députés.
Et c'est le vote des députés qui lui donne l'autorité d'être le premier ministre. Voilà pourquoi l'ordre républicain, si l'on s'y réfère, aurait voulu que d'abord le premier ministre parle, l'Assemblée nationale vote, puis, s'il le voulait absolument, le chef de l'État fasse connaître sa vision d'ensemble. Là, nous avons été placés dans une situation qui est celle de la monarchie et de rien d'autre.
J'ajoute qu'il n'est pas correct (Dans la foule : "Ah, ça ira, ça ira !") Exactement ! Ça ira, ça ira !
Vous avez intérêt à apprendre toute cette période parce qu'il y a beaucoup à savoir dessus ! La preuve : c'est qu'à la première fois que j'ai ouvert la bouche dans l'hémicycle, il y en a un qui a dit : «On sait où ça mène Robespierre.» Figurez-vous que je le prends comme un compliment. ( Applaudissements ) C'est le premier coup de force...
C'est le premier coup de force. Je vous demande, mes amis, par ce pacte particulier qui nous lie, qui vous lie à ceux-ci, vos députés, d'expliquer ces choses autour de vous, à des gens qui ne les comprennent pas forcément, et qui, des fois, peuvent se dire : « le président parle, il faut l'écouter. » Bien sûr qu'il faut écouter la personne qui parle, mais il faut bien se rendre compte de la signification du message politique qui est envoyé.
Premier coup de force ! Deuxième coup de force : Nous sommes convoqués en session extraordinaire, pour voter qu'on va abroger le code du travail par ordonnances. La plupart des gens ne savent pas ce qu'est une ordonnance.
C'est un texte extrêmement général où on donne au gouvernement, le pouvoir de faire la loi à la place du parlement. Mais de quoi parle-t-on ? On n'est pas en train de parler du code de la route !
On est en train de parler de 150 ans de luttes sociales, consignées dans les pages du Code du travail. (applaudissements) Eh bien, nous ne reconnaissons pas, à ce président, le droit de l'abroger, sans que nous ne puissions discuter une seule ligne, un seul mot, un seul de ces mots qui ont coûté tant de peine et tant d'efforts à ceux qui nous ont précédés dans la lutte : nos mères, nos pères, nos anciens, qui ont mené les combats, page à page, pour obtenir la réduction du temps de travail, et le droit d'être protégés par la loi contre l'absolutisme, qui faisait que Jean Jaurès disait : « La grande révolution a fait les Français rois dans la cité, elle les a laissés serfs dans l'entreprise. » Et c'est à cette servitude, à ce déséquilibre du rapport de forces, qu'il veut nous renvoyer.
Voilà pourquoi nous ne l'acceptons pas. (applaudissements) C'est un coup de force politique, suivi d'un coup de force social, et qui se prolonge par un coup de force contre les usages de la démocratie. Danièle vous l'a dit il y a un instant... (larsen dans le micro) Quand le chef de l'État, lui-même, dit : « À l'automne, je libérerai les Français de l'état d'urgence », c'est qu'il comprend parfaitement que l'état d'urgence prolongé sans fin est une victoire de l'ennemi, car l'ennemi, lui, voudrait une société où il n'y a pas de liberté, l'ennemi voudrait une société où il n'y a que des monarques !
La liberté, c'est la première des choses qu'un peuple républicain doit défendre en toutes circonstances, parce que c'est sa victoire contre l'ennemi que de protéger la liberté, de la respecter scrupuleusement, de se sentir plus fort parce qu'on est libre. Enfin, qu'on ne vienne pas nous dire que ça ne s'appliquerait qu'aux cas de terrorisme, parce que l'état d'urgence, jusqu'à présent, on nous avait aussi dit qu'il ne s'appliquerait qu'aux cas de terrorisme, mais dans 90% des assignations à résidence et des interpellations, il s'agit de syndicalistes et d'écologistes qui ne sont nullement des terroristes. Alors, nous ne vous croyons pas ! ( Applaudissements ) Et nous croyons... qu'il faut libérer les Français dès maintenant.
Ce n'est pas que nous ne comprenions pas les nécessités particulières de la lutte contre les formes particulières du crime, que sont ces actes terroristes. Nous le comprenons. Mais les spécialistes, eux-mêmes, vous disent que ça ne sert à rien, un état d'urgence permanent !
L'état d'urgence, ça doit être circonstancié, limité au moment où les évènements ont lieu, de manière à donner comme... ... une sorte de coup de pied dans la fourmilière.
Mais quand c'est tout le temps, ça ne sert à rien ! Ça ne sert strictement à rien d'autre qu'à faire peur à tous les autres qui peuvent, eux, aller en assignation de résidence ou être interdits de circuler au motif que l'état d'urgence permet de le faire contre des syndicalistes ou des écologistes. Alors, voilà les trois coups de force qui sont en train de se produire, qu'il faut prendre au sérieux !
Non, M. le président de la République ! Ce n'est pas du sectarisme de refuser de révérer le prince !
Or, ce que vous avez fait, à part cette dissertation, du niveau d'une chambre de commerce, (Gloire aux chambres de commerce, si ça vous amuse!) que vous nous avez infligée pendant une heure et demie car si je n'étais pas à Versailles, j'étais devant mon poste de télévision, comme tous mes collègues, pour savoir, bien sûr, quel était <le contenu de ce discours, dont nous aurons, demain, une laborieuse répétition par le collaborateur du président de la République. Mais, quand même, vous avez entendu ?
Il dit qu'il va diminuer le nombre de députés. Vous vous souvenez de ces matins où vous vous êtes réveillés en vous disant : « Il est temps de diminuer le nombre de députés, car je vois bien que la démocratie... ... est un problème avec autant de députés ! » Ne vous laissez pas intimider, les gens, par ce populisme démagogique du chef de l'État !
Vous n'avez pas trop de députés ! Vous n'avez pas trop de communes ! Vous n'en avez pas assez !
Voilà la vérité ! Et vous n'avez pas ceux qui vous représentent ! Voilà la vérité !
Faites attention ! Faites attention à la démagogie anti-parlementaire ! Vous l'avez entendu dire aux parlementaires : « Si vous ne cédez pas, je le ferai par referendum. » Vous l'avez entendu comme moi.
C'est une menace qui est faite, d'un plébiscite, dans les traditions les plus détestables que nous avons connues dans l'histoire de notre patrie ! Oui, c'est une menace qui a été faite ! Eh bien, s'il veut faire un referendum, il en a un tout trouvé : « Peuple français !
Veux-tu, oui ou non, convoquer une constituante qui décidera quels sont les pouvoirs du parlement et le nombre des députés ? » ( Applaudissements ) Nous sommes convoqués en session extraordinaire et il n'y a pas de limite à cette convocation ! Alors voilà les grands faiseurs de bla-bla sur « Faire de la politique autrement », qui vous convoquent en plein été.
Mais qui croyez-vous que nous soyons ? Nous sommes des êtres humains ! Nous avons des familles Nous avons des engagements de famille.
Nous ne sommes pas à la libre disposition du prince pour rester enfermés dans une assemblée tout l'été ! On nous dit : « On ne peut pas donner de date, parce qu'on ne sait pas combien de temps ça va prendre, la circulation des textes. » Eh bien, si vous ne le savez pas, alors ne nous convoquez pas !
Et si vous ne le savez pas, alors ne mettez pas autant de textes ! Ne cherchez pas des prétextes pareils, car nous savons pourquoi le président de la République fait ça avec son premier ministre. Il le fait pour que nous soyons sous la pression des gens qui sont dans l'Assemblée, et qui, tous, ont des familles et diront : « Mais comment, mais comment, Mme Autin, M.
Corbière, etc., vous allez nous prendre la tête pendant combien de temps ? Vous comprenez, il faut qu'on rentre chez nous. » Et le personnel aussi, dira ça !
C'est une manière de nous mettre sous contrainte, de nous obliger à nous auto-censurer. Eh bien, je vous préviens : sur le Code du travail, il y a 132 amendements. Ils seront discutés 132 fois par 17 personnes ! ( Applaudissements.
Résistance ! Résistance ! ) Est-ce que vous avez entendu... ( Résistance !
Résistance ! ) ...cette chose incroyable qu'il a osé dire ?
Il a dit : « Les forces adverses... -- on se demande de qui il parle -- ( Rires ) ...les forces adverses... sont dans la tête de chacun d'entre nous ! » Et quoi ?!
Nous allons faire une séance de divan à l'échelle du pays entier pour extraire ce qui est dans la tête de chacun d'entre nous et qui ne convient pas au prince ?! C'est lui qui dit que nous sommes tous des cyniques !
Il entend cyniques, au sens de gens qui ne respectent rien. Dans ce cas, il s'est trompé d'adresse si c'est à nous qu'il parle ! C'est le contraire !
Nous, nous respectons absolument et totalement les vertus républicaines et les principes du combat socialiste et écologique ! Nous avons des principes, et pour eux, souvent, il est arrivé que les nôtres en meurent. Alors, nous n'avons pas de leçon à recevoir et nous ne voulons pas être scrutés dans nos cerveaux.
Nous avons le droit de penser ce que nous voulons et nous reconnaissons aux autres le droit de penser ce qu'ils veulent (Applaudissements) Ce n'est pas pour rien que nous avons choisi le symbole de notre présence au pied de la République ! Mes amis, on se reverra. J'ai déjà un rendez-vous à vous donner.
Le 12 juillet, a lieu le vote du texte. Le 12 juillet, nous nous retrouverons dans la rue parce que c'est notre devoir, à nous parlementaires, d'être là, sans cesse, à vous rendre des comptes et à vous appeler à nous aider et à porter la parole que nous portons en votre nom à l'Assemblée nationale. Le 12 juillet, vous avez rendez-vous, pour vous autres, les Parisiens, ici-même, Place de la République.
Et tachez de venir 10 fois plus nombreux que là ! ( Applaudissements ) Rappelez-vous que la grande révolution de '89 a commencé, elle a commencé le 12 juillet et le 13, le peuple de Paris s'est attaqué aux barrières de Paris, et il a fichu le feu à 21 d'entre elles. Il ne faut pas que je dise ça, on va croire que j'appelle à foutre le feu aux barrières.
Non ! Il n'y a plus de barrières, alors... donc, ça ne craint plus rien...
Mais si je vous parle de ça, c'est parce que, en instaurant ce nouveau régime -- parce que c'est ça qui est en train de se passer : c'est un nouveau régime. C'est pourquoi nous parlons du « régime » quand nous le dénonçons, par différence avec le système productiviste, capitaliste, -- mais le régime, c'est le régime Macron. Vous avez vu cette soirée initiatique, où il passait devant la pyramide et vous autres, mauvais esprits, vous avez dit : « Tiens, voilà Toutânmacron ! » ( Rires ) Eh bien, non, on ne fait pas des plaisanteries comme ça !
Mais vous voyez bien que vous avez eu le nez creux : ça a été un franchissement. C'est un franchissement de seuil qui est en train de se faire. Alors nous, on fait comme on peut pour rappeler aussi une autre image.
Il y a là devant quelqu'un qui est venu avec une cravate sous la forme d'un Phi ( Acclamations et applaudissements ) Eh bien, nous, on n'a pas dit qu'on était contre les cravates ! On a dit qu'on voulait être libres d'en mettre ou de ne pas en mettre suivant qu'on le décide ! On m'a dit : « Il faut une tenue convenable. » Eh bien, j'ai dit : « Nous sommes convenables.
Allez, marquez dans votre règlement que je dois mettre une cravate et des chaussettes ! Vous arriverez à obtenir ça ! Mais je vous préviens d'une chose : quand vous, dans le règlement, vous allez en passer aux femmes, le code vestimentaire des femmes, ça n'a jamais été qu'une histoire de code vestimentaire; ça a toujours été beaucoup plus !
Alors si vous arrivez à comprendre qu'il est absolument ridicule de vouloir imposer aux femmes un code vestimentaire, vous devez comprendre qu'il en va de même pour les hommes et que, d'une façon générale, notre camp n'a jamais accepté les codes vestimentaires que le prince leur assignait. ( Applaudissements ) Nous mettons les habits qui nous semblent convenables. » J'en profite pour vous rappeler notre passé dans ce domaine... -- Tiens, elle l'a mis comme cravate, la Clémentine ! -- Ça a commencé avec la première assemblée : les États généraux.
Les nôtres n'ont pas voulu mettre la tenue que le roi voulait leur faire porter, qui était un machin tout noir, où on devait voir qu'ils n'étaient que des... « sous-quelque chose » !
Ça a continué quand le premier député ouvrier a été élu C'était le maire de Clamecy -- c'est ça ? -- Commentry, pardon, de Commentry. C'était un socialiste.
A l'époque, il n'y avait qu'un parti. Et le gars, il est venu avec une blouse. On lui a fait enlever sa blouse.
Et, contrairement à ce qu'a dit un jeune homme mal instruit, Jean Jaurès se préoccupait des codes vestimentaires parce qu'il a écrit une brochure qui s'appelle L' Ouvrier à la blouse, pour parler de ce député qui est venu avec sa tenue de travail à l'Assemblée nationale. Et un jour, une femme est arrivée en pantalon et les huissiers ont voulu l'arrêter à la porte. Ils lui ont dit : « Madame, ici, les femmes ne sont pas en pantalon. » Et vous savez ce qu'elle a fait, la fille ?
La seule réponse intelligente qu'on pouvait faire : elle lui a dit : « Ok, je l'enlève ! » ( Rires, acclamations, applaudissements ) Alors il a laissé tomber ! ( Applaudissements ) Voilà ce que ça veut dire, cette histoire de code vestimentaire !
Et j'en vois qui disent : « C'est pas une bataille. » Bien sûr que non, mais ça fait parler et c'est fait pour ça. C'est fait pour qu'on réfléchisse, qu'on s'intéresse à l'Histoire et au sens des symboles que nous posons, nous, parce que eux, ils en posent, quand il va à Versailles, qu'il parle tout seul et que les autres sont en rangs à applaudir en cadence.
Ils posent des symboles. Eh bien nous aussi, nous en posons et je viens de vous dire lesquels. Alors, après, ne viens pas nous faire la leçon d'Histoire !
M. Macron, vous avez eu le mauvais goût de dire que Sieyès et Mirabeau, eux, n'auraient pas pas fait leur travail. Nous, nous faisions notre travail cet après-midi, en n'étant pas à Versailles et en écrivant nos amendements. ( Acclamations, applaudissements. ) Et je finis là-dessus : ( Acclamations, applaudissements. ) Si vous voulez donner des leçons d'Histoire, vous êtes tombé sur vos maîtres, en ce qui concerne la grande révolution.
Sieyès est l'homme qui a transformé le tiers état en Assemblée nationale. Eh bien, nous, nous sommes le tiers état et nous sommes à l'Assemblée nationale. ( Acclamations, applaudissements. ) Quant à Mirabeau, qui, comme Sieyès, n'a pas eu la meilleure des fins ni le meilleur des comportements, il est resté célèbre dans notre Histoire.
Lorsque le marquis de Dreux-Brézé, représentant Louis XVI, -- Louis XVI -- leur dit qu'il faut rentrer à la maison et alors, Mirabeau fait cette réponse magnifique, qui est de dire : « Nous sommes ici par la volonté du peuple, et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes. » ( Acclamations, applaudissements. ) Eh bien, ( Acclamations, applaudissements. ) à notre tour, nous nous faisons l'écho : nous sommes ici par la force de ceux qui n'étaient rien, et de rien que nous n'étions, nous appelons depuis la chanson L'Internationale : « Nous ne sommes rien, soyons tout ! » ( Acclamations, applaudissements. ) Alors, ( applaudissements ) il a le droit de nous citer les séances des états généraux devant Louis XVI, si c'est à Louis XVI qu'il veut s'identifier.
Nous lui souhaitons une meilleure fin. ( Acclamations ) Mais le peuple souverain a fait entendre ce grondement terrible des élections législatives, et je suis persuadé qu'il va faire encore entendre sa voix. Voilà, chers amis, ce qu'il y avait à dire ce soir : les uns à Versailles, les autres Place de la République, chacun dans son monde ! ( Acclamations, applaudissements. ) Résistance !
Résistance ! Résistance !
Jean-Luc Mélenchon