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InterviewLCP (sur YouTube)· 24 novembre 2024 12 minComplaisantPortrait personnelInstitutions & électionsSolidarités & familleImmigration & asileSécurité

Ersilia Soudais, députée La France insoumise de Seine-et-Marne | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Bonjour, Ersilia Soudais.

  • 1:08OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut faire de la politique en se laissant porter ou en se laissant emporter par ces émotions ?

  • 1:52OuverteRéponse directe

    c'est allé trop loin pour vous ? Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?

  • 2:33RelanceRéponse directe

    Quand on entend ces mots que vous employez, ça donne un peu l'impression qu'il y a le camp du bien, le vôtre et le camp du mal, celui de vos adversaires. Est-ce qu'on peut débattre dans ces conditions-là ?

  • 3:17OuverteRéponse directe

    On va remonter un peu le fil de vos engagements. Votre tout premier engagement, il était syndical. Vous étiez enseignante dans un collège à Chelles, je crois, prof de français. Et vous êtes mobilisée contre la réforme des ZEP. Vous avez été prise en photo par une journaliste de Franceinfo.fr à l'époque. C'est votre rejet du bilan de François Hollande qui vous a politisé, qui vous a amené à vous engager ?

  • 4:42OuverteRéponse directe

    Vous avez dit que vous êtes politisée avant. Il faut dire que vous avez grandi dans un environnement assez politisé avec votre père qui est journaliste engagé à gauche, Michel Soudais. Et votre première rencontre, si on peut dire, avec la politique, c'est un mauvais souvenir, c'est même un traumatisme, on peut dire, puisque votre père a été agressé par des militants d'extrême droite alors qu'il couvrait ce qu'on appelait, à l'époque, la fête bleu-blanc-rouge. C'était la fête du Front National. C'est quelque chose qui a joué dans votre construction politique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26Fait
    « Chers collègues, êtes-vous orgueilleux ou êtes-vous des monstres ? Votre modèle du travailleur idéal, c'est Stakhanov, cette allégorie du sacrifice personnel et de l'émulation entre travailleurs. Relisez "La ferme des animaux". Stakhanov est mort comme un chien. »
  • 1:52Fait
    « Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y avait, certes, la violence du débat en lui-même, déjà, et il y avait la violence aussi des députés qui m'entouraient pendant ma prise de parole. »
  • 3:17Fait
    « C'est vraiment une extrême violence que de prendre la parole dans l'hémicycle quand on est une femme comme moi, en fait. »
  • 3:58Fait
    « il y a eu effectivement la réforme des collèges, il y a eu aussi la déchéance de nationalité, il y a eu la loi travail. Et en fait, je me suis dit que, certes, je n'attendais pas grand-chose de François Hollande, mais je ne pensais pas que ce serait aussi terrible. »
  • 6:03Fait
    « il m'a semblé indispensable, au fur et à mesure de ma construction, de défendre un contre-projet. Et c'est pour ça, finalement, que... Pour pouvoir lutter contre l'extrême droite, il m'a semblé indispensable de lutter contre le racisme. »
  • 6:46Fait
    « dans mon message, ce n'est pas que je condamne ou que je ne condamne pas. En fait, là, ce que j'ai voulu surtout condamner, c'était l'aveuglement des gens et l'aveuglement, notamment, de mon propre pays. »
  • 8:14Fait
    « des connaissances que j'ai de Ahed Tamimi, il n'y a rien qui prouve qu'elle ait réellement tenu ces propos. C'est en tout cas ce que défend clairement sa famille. »
  • 9:24Fait
    « je pense qu'il y a confusion entre le fait de rejeter une politique colonialiste et l'antisémitisme. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:01

C'est une députée qui ne laisse pas indifférent. Ses prises de position ont tendance à cliver, que ce soit pour défendre la cause palestinienne ou pour combattre l'extrême droite. Elle siège au sein du groupe La France Insoumise à l'Assemblée. Générique

0:26

Bonjour, Ersilia Soudais. -Bonjour. -Le débat sur la réforme des retraites qui a eu lieu début 2023, a un peu enflammé l'hémicycle. Il y a eu des échanges très tendus. On va revoir un extrait d'une de vos prises de parole à cette occasion. -Chers collègues, êtes-vous orgueilleux ou êtes-vous des monstres ? Votre modèle du travailleur idéal, c'est Stakhanov, cette allégorie du sacrifice personnel et de l'émulation entre travailleurs. Relisez "La ferme des animaux". Stakhanov est mort comme un chien. Bref, la vie ne se résume pas au travail sous prétexte qu'il faut travailler pour vivre, alors que le plus important dans la vie, c'est de vivre. -Dans cet hémicycle, il y a des parlementaires qui ont été élus par les Français. Il n'y a pas de monstres.

1:08

Tumulte -Ce qui m'a marqué dans cet extrait, c'est d'abord la dernière image de vous hors micro. On vous sent presque submergé par vos émotions. Est-ce qu'on peut faire de la politique en se laissant porter ou en se laissant emporter par ces émotions ? -Je pense qu'il est important de garder ses émotions quand on fait de la politique. Sinon, on ne peut pas faire de la politique de façon sincère. Après, bien entendu, il faut en faire quelque chose. On ne peut pas juste être porté par la colère. Il faut transformer cette colère. Et je pense que c'est ce que j'ai appris à faire progressivement. -Est-ce que ce jour-là,

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c'est allé trop loin pour vous ? Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? -Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y avait, certes, la violence du débat en lui-même, déjà, et il y avait la violence aussi des députés qui m'entouraient pendant ma prise de parole. Pendant que je parlais, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais ma voix progressivement, je suis même obligée de changer de ton, ça veut dire que je descends d'un coup d'un d'octave. J'avais ma voix qui était complètement couverte par le brouhaha des députés de droite et d'extrême droite. -Parce que sur le fond, vous employez des mots, vous vous placez dans le camp de la justice et de la vertu, ce sont les mots que vous employez, face à ce que vous qualifiez de "société immonde" de vos adversaires

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et vous vous interrogez donc sur leur monstruosité. Quand on entend ces mots que vous employez, ça donne un peu l'impression qu'il y a le camp du bien, le vôtre et le camp du mal, celui de vos adversaires. Est-ce qu'on peut débattre dans ces conditions-là ? -Je pense qu'on peut débattre, mais je pense, cela dit, que l'hémicycle n'est pas le lieu le plus propice au débat. Cette violence, je l'ai ressentie dès ma première prise de parole. Là, vous en montrez une pendant les retraites, mais dès le début, j'ai ressenti beaucoup de violence. J'ai senti qu'on estimait que je n'étais pas, là, à ma place, que moi, du fait que j'étais une femme, que j'étais de gauche, que j'avais une voix aiguë, etc., j'étais perçue comme quelqu'un qui n'avait pas à être là, qui n'avait pas à prendre la parole.

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Et je tiens vraiment à souligner ça. C'est vraiment une extrême violence que de prendre la parole dans l'hémicycle quand on est une femme comme moi, en fait. -On va remonter un peu le fil de vos engagements. Votre tout premier engagement, il était syndical. Vous étiez enseignante dans un collège à Chelles, je crois, prof de français. Et vous êtes mobilisée contre la réforme des ZEP. Vous avez été prise en photo par une journaliste de Franceinfo.fr à l'époque. C'est votre rejet du bilan de François Hollande qui vous a politisé, qui vous a amené à vous engager ? -Alors, politiser, je ne dirais pas cela parce que je suis politisée depuis mon plus jeune âge. Mais, effectivement, ça m'a fait franchir le pas

3:58

de l'engagement. A l'origine, mon métier de professeur, je l'ai choisi aussi par engagement. Mais je me suis rendue compte que ça ne suffisait pas. Et en fait, il y a pas mal de lois sous le quinquennat Hollande qui m'ont choquée, qui m'ont mise en colère. Donc il y a eu effectivement la réforme des collèges, il y a eu aussi la déchéance de nationalité, il y a eu la loi travail. Et en fait, je me suis dit que, certes, je n'attendais pas grand-chose de François Hollande, mais je ne pensais pas que ce serait aussi terrible. Et en fait, je me suis dit : "Il faut que la gauche retrouve des couleurs." Et c'est pour cela que je me suis engagée. -Et vous vous êtes tournée vers Jean-Luc Mélenchon, vers la France insoumise.

4:42

Vous avez dit que vous êtes politisée avant. Il faut dire que vous avez grandi dans un environnement assez politisé avec votre père qui est journaliste engagé à gauche, Michel Soudais. Et votre première rencontre, si on peut dire, avec la politique, c'est un mauvais souvenir, c'est même un traumatisme, on peut dire, puisque votre père a été agressé par des militants d'extrême droite alors qu'il couvrait ce qu'on appelait, à l'époque, la fête bleu-blanc-rouge. C'était la fête du Front National. C'est quelque chose qui a joué dans votre construction politique ? -Complètement. C'est vrai que comme j'étais très jeune... -Là, on voit votre père sur un plateau télé. -Voilà. Comme j'étais très jeune, j'avais un souvenir un peu flou, mais je me souvenais très bien

5:21

que c'était l'extrême droite qui s'en était pris à lui, qu'il avait fini à l'hôpital, etc. Donc j'avais vraiment une peur bleue de cette extrême droite et je pense que c'est ce qui a vraiment cimenté mon engagement. Parce que ce qui est resté au coeur de mon engagement, c'est la lutte contre l'extrême droite. Je ne voulais pas que mon engagement se limite à être contre quelque chose, bien entendu. C'est pour ça qu'il m'a semblé indispensable, au fur et à mesure de ma construction, de défendre un contre-projet. Et c'est pour ça, finalement, que... Pour pouvoir lutter contre l'extrême droite, il m'a semblé indispensable de lutter contre le racisme. Ca, c'était assez net. Et d'ailleurs, même mon engagement en tant que professeure, c'était un engagement, entre autres, contre le racisme

6:03

et contre le déterminisme social. Au fur et à mesure, je me suis rendue compte qu'il fallait que l'antiracisme soit une proposition en soi et pas juste une réaction à l'extrême droite. -Alors, il y a un autre combat qui compte beaucoup pour vous. C'est la cause palestinienne, combat pour la création d'un Etat palestinien. Le 7 octobre 2023, vous avez réagi à l'attaque terroriste du Hamas contre Israël en postant un message sur Twitter. Et il y a une phrase qui a choqué beaucoup de gens. Vous avez écrit : "La haine attire la haine." 1 200 Israéliens venaient d'être assassinés, des civils pour l'essentiel, des femmes, des enfants. Et vous n'avez pas condamné cette attaque. Pourquoi ? -Alors, dans mon message, ce n'est pas que je condamne ou que je ne condamne pas. En fait,

6:46

là, ce que j'ai voulu surtout condamner, c'était l'aveuglement des gens et l'aveuglement, notamment, de mon propre pays. -Mais alors que tout le monde était dans l'émotion du moment, avec cette phrase, vous avez pu donner le sentiment de comprendre cette attaque, voire de la justifier. Ce n'était pas une justification, vraiment. Mais par contre, je voulais que les gens comprennent. Et j'étais moi-même dans l'émotion, quelque part, j'étais dans la colère. J'étais dans la colère parce que ça faisait longtemps que j'étais engagée sur la cause israélo-palestinienne. Ca faisait longtemps que j'alertais. Et d'un coup, j'ai eu le sentiment que les gens découvraient brusquement que quelque chose n'allait pas. Et comme ça fait longtemps qu'on alerte... -C'était le temps

7:29

pour dire cela ? Est-ce que c'était le moment pour le dire ? Parce que là, il n'y a pas de mots de compassion pour les victimes dans votre message, donc ça choque. -Quand tu dis que les gens semblent découvrir que les civils sont toujours les premières victimes de la guerre... Peut-être que les gens n'ont pas compris qu'il y avait de la compassion pour les victimes, mais moi, si. Dans cette phrase, pour moi, il y a de la compassion. Mais il y a de la compassion, non pas seulement vis-à-vis de ce que leur ont fait subir le Hamas, mais vis-à-vis de... comment dire, de ce qu'ils ont subi du fait de l'aveuglement, en fait, de l'ensemble de la scène internationale. -Votre défense de la cause palestinienne vous a amené à soutenir aussi la militante palestinienne

8:14

Ahed Tamimi. Après son arrestation en Israël, arrêtée pour incitation au terrorisme, arrêtée pour avoir expliqué qu'elle comptait, je cite : "Massacrer les colons israéliens, boire leur sang et manger leur crâne." Là aussi, ça a choqué de votre part que vous souteniez quelqu'un qui tient de tels propos, alors que vous êtes aussi vice-président du groupe d'études sur l'antisémitisme à l'Assemblée. -Alors en fait, moi, des connaissances que j'ai de Ahed Tamimi, il n'y a rien qui prouve qu'elle ait réellement tenu ces propos. C'est en tout cas ce que défend clairement sa famille. Après, moi, ce que j'observe quand je défends Ahed Tamimi, ce n'est pas Ahed Tamimi en soi que je défends, c'est simplement tous ceux qui subissent l'autoritarisme israélien

8:57

qui met en prison un nombre considérable de prisonniers politiques. Et donc, c'était dans ce sens-là que je défendais Ahed Tamimi. -Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui vous accusent de dissimuler une forme d'antisémitisme derrière votre combat contre la politique de l'Etat israélien, la politique du gouvernement Netanyahou, en tout cas, aujourd'hui ? -C'est extrêmement dangereux. Je pense que c'est extrêmement dangereux parce que... En fait, je pense qu'il y a confusion

9:24

entre le fait de rejeter une politique colonialiste et l'antisémitisme. Et en fait, je pense qu'à force d'accuser tout le monde d'antisémitisme, on finit par affaiblir la lutte contre l'antisémitisme parce qu'on transforme une forme de racisme... L'antisémitisme, à ce moment-là, n'est plus une forme de racisme mais une sorte d'opinion politique. C'est-à-dire que finalement, on perd le sens de ce qu'est l'antisémitisme initialement. Dans ces conditions-là la lutte contre l'antisémitisme perd de son sens alors que c'est un combat extrêmement important. Et c'est d'ailleurs ce que défendent des organisations comme l'Union juive française pour la paix, qui sont vent debout

10:08

contre cette instrumentalisation de l'antisémitisme, parce qu'ils disent que les juifs sont les premiers à pâtir de cette confusion. -On arrive au terme de cette émission. On va la conclure avec notre quiz traditionnel. L'idée, c'est que vous allez devoir compléter des phrases que je vais vous proposer. "Chaque menace ou chaque insulte que je reçois..." -Me rend plus forte. -Vous en recevez beaucoup ? -Oui, beaucoup. Depuis le début de mon mandat, c'est parti crescendo. Ca arrive jusqu'au point où j'ai des menaces de mort. Mais... j'ai décidé d'en faire ma force. -"Quand j'étais petite, Jean-Luc Mélenchon, c'était pour moi..."

10:52

-En fait, petite, ça dépend à quel âge on en entend, quand j'étais vraiment petite, pour moi, c'était personne, je ne le connaissais pas. Après... -Après, votre père a écrit un livre avec lui. -Oui, c'est vrai, mais j'étais plus si petite que ça. A ce moment-là, je faisais mes études. Et à ce moment-là, c'était celui qui m'empêchait de passer des vacances avec mon père. -Enfin : "Entre la K-pop et la J-pop,..." c'est comme ça qu'on dit ? -J-pop. -"...je choisis." Ah, c'est difficile. Elle rit -K-pop, c'est la pop coréenne et J-pop, c'est la japonaise. Vous êtes passionnée des deux ? -Oui, oui, oui. En fait, j'aime beaucoup les musiques joyeuses parce que ça permet, justement, de contrecarrer un peu l'atmosphère un peu étouffante de notre quotidien et ça permet d'être plus fort,

11:36

après, pour mener des combats. -Donc, vous ne choisissez pas. -Je ne choisis pas. -Merci à vous, Ersilia Soudais, d'être venue dans "La politique et moi. -Merci. Générique