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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 5 août 2022 25 min

Mondial au Qatar, tenues vestimentaires des députés et non-cumul des mandats... Le "8h30 franceinfo" de Karl Olive

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bienvenue si vous nous rejoignez sur France Info, la radio ou sur France Info, canal 27. Et comme chaque matin, je salue Jean-François Akili qui est à mes côtés. Bonjour Jean-François.

0:07
Invité

Bonjour Céline.

0:08
Présentateur

Et bonjour Karl-Olive. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Ancien maire de Poissy, député Renaissance des Yvelines et député en vacances, on peut le préciser, puisque la session parlementaire...

0:19
Karl Olive

Quelques rendez-vous aujourd'hui en circonscription ?

0:22
Présentateur

Pas dans l'hémicycle en tout cas, puisque la session parlementaire s'est arrêtée hier soir. C'est ce que je voulais préciser et rappeler aussi que les débats ont été encore tendus hier pour cette dernière journée, notamment sur un sujet qui a divisé les députés. La France doit-elle aider le Qatar à assurer la sécurité lors du mondial de football ? Un accord de partenariat a été adopté, soutenu d'ailleurs par le groupe Renaissance. Des experts de la police et de la gendarmerie de France devraient donc être envoyés sur place, malgré l'opposition de la gauche. Je vous propose d'écouter Olivier Faure, c'est le premier secrétaire du Parti Socialiste.

0:58
Invité

6500 ouvriers surexploités sont morts sur les chantiers pharaoniques nécessaires à un tel événement. 6500 indiens, pakistanais, bangladais, sri-lankais sont décédés selon les chiffres fournis par leur pays d'origine. Chers collègues, sous chaque pelouse, il y a un cimetière. Voulons-nous que la France soit associée à cette organisation qui a pour seul objet d'assurer la promotion du régime qataris ?

1:32
Présentateur

Carl Olive, est-ce que vous n'avez pas le sentiment de cautionner ainsi des méthodes contestables avec cet accord de partenariat entre la France et le Qatar ?

1:39
Karl Olive

D'abord, il ne s'agit pas d'être né ambassadeur du Qatar, mais pas plus procureur à charge du Qatar. Évidemment qu'on doit avoir des accords qui soient des accords exigeants, c'est le sens de la diplomatie française, des accords exigeants en matière d'environnement, en matière des droits de l'homme, en matière de lutte contre les discriminations et des minorités. Et c'est le cas. Ce qui a été voté hier, c'est une coopération, vous l'avez dit. Je trouve dommage que M. Faure ait la mémoire qui flanche un peu, puisque ça date depuis 2006, cette coopération avec le Qatar, sur l'ensemble des championnats ou des organisations mondiales.

2:15
Présentateur

On a appris quand même beaucoup de choses sur l'organisation de ce mondial. On peut se questionner aussi sur la pertinence écologique, d'organiser une compétition dans des statuts climatisés. En tout cas, on n'est pas obligé de participer à cette organisation-là.

2:28
Karl Olive

À ce moment-là, il ne faut pas envoyer l'équipe de France. On peut aussi dire qu'il faut boycotter, mais toutes celles et ceux qui sermonnent aujourd'hui, qui donnent, c'est le cas de le dire, des leçons de morale, à ce moment-là, il ne faut pas non plus qu'ils se déplacent au Parc des Princes.

2:39
Présentateur

Sauf que boycotter une compétition, ce n'est pas de la responsabilité des députés. Or, cet accord de partenariat, ça l'est.

2:44
Karl Olive

Oui, et il a été voté. Je dis simplement que cet accord qui date de 2006 maintenant sur ses coopérations, en 2015, par exemple, il y avait les championnats du monde d'athlétisme, en 2016, il y avait les championnats du monde de cyclisme, mais Olivier Faure, à l'époque, qui faisait partie du gouvernement, on l'a un tout petit peu moins entendu. Il faut qu'on ait vraiment, je pense, un respect très exigeant pour continuer justement à faire avancer les droits de l'homme. J'en sais un tout petit peu quelque chose, puisqu'à Poissy, vous le savez, on a le futur centre d'entraînement du Paris Saint-Germain qui vient s'installer.

C'est 250 millions d'investissements, c'est 1000 emplois pendant la durée des travaux. On n'a jamais eu autant d'exigences en matière environnementale. C'est exemplaire par rapport à ce qui est demandé.

3:24
Invité

Vous dites quoi, Tant pis pour les droits de l'homme ? Le football, c'est devenu un objet de réel politique ?

3:29
Karl Olive

Non, je ne dis absolument pas. Je dis simplement qu'il ne faut pas confondre et mélanger ce qui n'a pas à être mélangé. À ce moment-là, on va aussi rappeler que lors de la construction de la tour Eiffel, malheureusement, il y a eu plus de 300 morts. Je ne cautionne absolument pas, évidemment, les morts, et beaucoup trop qu'il y a, et aussi les sujets de discrimination qu'on peut rencontrer au Qatar. Je pense simplement qu'il ne s'agit pas d'aller se coucher en faisant cela. Il s'agit simplement de permettre aux gendarmes, aux policiers, aux forces de sécurité, d'apporter leur contribution parce que nous autres nous sommes vus comme un véritable savoir-faire dans le monde entier.

D'ailleurs, j'ajoute que, pour votre information, mais vous le savez peut-être, que la production du signal international de toutes les compétitions mondiales, y compris celle du Qatar, est régie par une société française qui est basée à Boulogne-Biancourt. Et voilà, c'est des choses aussi qui nous permettent d'aller le faire savoir.

4:23
Présentateur

Bon, on n'assume pas ça autre chose, c'est ça ?

4:25
Karl Olive

On assume parce qu'il ne faut pas, encore une fois, ne pas mélanger ce qu'on n'a pas mélangé.

4:30
Invité

Alors, Carl Olive, c'est chose faite. Le projet de loi pouvoir d'achat, le budget rectificatif, ont définitivement été adoptés au Parlement, Emmanuel Macron a tweeté la chose suivante. Il dit, en responsabilité, je vous lis, en bâtissant des compromis comme les Français l'ont souhaité, les députés et les sénateurs ont adopté des mesures d'urgence pour le pouvoir d'achat. Ça y est, c'est désormais la règle. Désormais, pour chaque texte, chaque loi, il va falloir se bagarrer pied à pied. Comment vous le vivez ?

4:55
Karl Olive

Alors moi, je vais vous dire, je vis plutôt bien. Vous êtes sûr ? Moi, je vous le garantis, parce que c'est ni plus ni moins que ce que nous connaissons dans nos conseils municipaux. Quand nous sommes maires, vous savez, dans les conseils municipaux, on a différentes sensibilités. Parfois, on a des idées qui viennent de l'opposition. Si elles sont bonnes pour la collectivité, alors tout le monde s'en félicite. D'abord, rappelons que le président de la République a été réélu. C'est une première dans la cinquième république, sans cohabitation. Que les Français ont choisi un nouveau mode. Ils ont amendé le programme du président de la République. On n'espérait pas ça.

On a pris une claque, il faut le dire. On n'a pas suffisamment été, je pense, sur le terrain à un moment donné. Mais pour autant, aujourd'hui, on a un hémicycle qui vit. Ce n'est plus une caisse d'enregistrement. Et il faut aller, effectivement, vers des voies nouvelles, de méthode. Il faut s'en féliciter. Aujourd'hui, quels sont les grands vainqueurs de ce qui s'est passé depuis 4 semaines, avec ces 20 milliards qui ont été réinjectés ? Il n'y a qu'un vainqueur. Ce sont les Français, au-delà des étiquettes politiques.

5:48
Présentateur

Et en même temps, quand Gérald de Darmanin, le ministre de l'Intérieur, annonce dans le Figaro que la loi immigration qu'il devait défendre, au mois d'octobre, allait être reportée, et pour laisser le temps, justement, de mieux discuter, d'échanger avec les parlementaires. Est-ce que ce n'est pas la preuve que ce qui s'est passé ces dernières semaines, la majorité ne veut pas du tout que ça se reproduise ?

6:07
Karl Olive

Je pense que c'est surtout les Français qui se satisfont pleinement de ce nouveau mode de... Vous pensez ? Ah oui, je pense qu'il y a 7 Français sur 10 qui se satisfont pleinement de ce qui s'est passé. Allait demander aujourd'hui aux Français, à la grande majorité des Français, moi je viens du terrain, s'ils ne sont pas satisfaits des mesures du pouvoir d'achat qui ont été prises depuis 4 semaines maintenant. Là, on disait que ça allait être l'enfer, qu'on allait avoir du déclassement avec un gouvernement empêché. C'est exactement le contraire de ce qui s'est passé.

On ne peut pas aujourd'hui s'offusquer d'aller dans la concertation, d'aller dans l'échange avec ce grand débat annoncé par Gérald Darmanin et validé par Elisabeth Borne, sur le fait de pouvoir discuter avec le plus grand nombre pour derrière dégager peut-être un consensus. C'est un peu le contrat social de Jean-Jacques Rousseau, 1762, c'est les citoyens qui font la ville, là c'est exactement et je pense que les Français seront aussi au rendez-vous.

6:55
Présentateur

On va y revenir justement sur l'adoption des mesures en faveur du pouvoir d'achat dans un instant, Carl Olive, député Renaissance des Yvelines. Ça sera juste après le Filinfo à 8h40, ce qu'il faut retenir de l'actualité de ce vendredi. Louise Buyens.

7:09
Invité

58 000 tonnes de maïs ukrainien ont quitté ce matin les ports d'Ukraine. Trois bateaux sont en route vers le Royaume-Uni, l'Irlande et la Turquie. Ils suivent le premier chargement parti lundi en direction du Liban. Taïwan dénonce un voisin malveillant. Les intimidations chinoises continuent autour de l'archipel. Hier, certains missiles sont tombés dans la zone économique exclusive japonaise, selon Tokyo, qui appelle Pékin à arrêter immédiatement ses exercices militaires. Face à une situation historique et une sécheresse exceptionnelle, la première ministre Elisabeth Borne ouvre une cellule de crise interministérielle.

elle va permettre de centraliser les informations des préfets et de coordonner les mesures prises dans les départements concernés. Ce matin, 9 départements de l'Est restent en vigilance orange, canicule. Lyon reçoit Ajaccio en ouverture de la première journée de reprise de Ligue 1 de foot. L'OL qui a fini 8e la saison dernière affronte le Promucorce. Rencontre à suivre sur France Info à partir de 21h.

8:10
Présentateur

Avec toujours à nos côtés, Carl Olive, député Renaissance des Yvelines. Alors vous vous félicitiez, il y a un instant, de l'adoption des mesures en faveur du pouvoir d'achat, après quelques semaines bien agitées dans l'hémicycle. Est-ce que ça aurait été possible sans le soutien des Républicains ? On a le sentiment que sans eux, vous n'auriez pas pu faire grand-chose quand même sur ce texte. Ils sont devenus un peu votre allié.

8:38
Invité

Alors on va certainement passer... C'est votre ancienne famille politique. Oui.

8:41
Karl Olive

Vous venez de l'UMP et des Républicains. Oui, que j'ai quitté parce que je trouvais que c'était une dérive droitière qui était pour moi compliquée à assumer. Moi qui suis un enfant des quartiers dans une droite sociale, humaniste et populaire. Enfin, pas seulement les Républicains. On a une collègue, Mme Pires-Bône, qui est une collègue députée de gauche qui a proposé, socialiste, qui a proposé un amendement justement pour les compensations bloc communale et qui a été votée.

9:07
Présentateur

C'est un peu l'exception qui confirme la règle. Je pense que l'opposition des Républicains vous a été plus utile que l'opposition de gauche.

9:13
Invité

Les Républicains, ils ont quand même obtenu la prolongation de la restauration sur les carburants, les RTT en salaire, la défiscalisation des heures subs, c'est un peu les mesures phares de LR.

9:21
Karl Olive

Oui, enfin, rappelons quand même que la majorité relative, c'est celle de la majorité présidentielle. On ne va pas se tromper. Ce sont des alliés ? Ce sont des alliés, mais comme, je vais vous dire, comme M. Aquili, comme tous les partenaires de cette Assemblée de l'Arc républicain peuvent être des alliés. Je prenais l'exemple de la socialiste de cette collègue, mais je pourrais aussi prendre l'exemple de ce qui a été voté sur une initiative du groupe Horizon, sur l'aide pour les Français pour le FIU, la hauteur de 230 millions d'euros. Encore une fois, ce n'est pas de savoir qui a tort ou qui a raison.

Moi, ce que je constate ce matin, c'est que là, on disait qu'on allait avoir encore une fois un gouvernement qui allait être empêché, on allait avoir un hémicycle qui allait être bloqué. Alors certes, il y a un certain nombre du numéro de claquettes, on va peut-être y revenir. Pour autant, ce matin, je pense qu'il y a un grand vainqueur, ce sont les Français. Et on va continuer sur ce sujet, vous le disiez tout à l'heure, Mme Asselot, sur la loi sur l'immigration, on va continuer sur la loi sur les retraites, sur les allocations chômage, le droit au chômage. Et je pense que c'est une nouvelle mode. Les Français l'ont voulu ainsi.

Et on ne pourra plus dire que l'Assemblée nationale est une caisse d'enregistrement. C'est devenu le véritable cœur de la démocratie. Quand vous dites numéro de claquette, vous pensez à qui, quoi ? Ah non, mais moi, je me suis pincé, M. Aquilly, quand je suis arrivé dans cette Assemblée. Attendez, on est sur une institution où on représente, on est dans la représentation nationale députée de la République. Enfin, je veux dire, ce n'est pas une discothèque, ce n'est pas interville. Il y a un minimum à respecter. Moi, je suis élu à Poissy. J'aimerais bien qu'un certain nombre de collègues députés puissent voir un peu comment ça se passe dans les conseils municipaux.

Excusez-moi, on ne rentre pas dans cette Assemblée. Pardon de le dire, je ne suis pas pour celui qui va arriver en smoking systématiquement avec les chaussures qui brillent de plein feu. Mais quand je vois les codes vestimentaires, pardonnez-moi, des huissiers, des agents de l'Assemblée nationale, tout simplement exceptionnels, et de l'autre côté, parfois des gens qui vont arriver presque en jean, troués ou en tennis, je pense notamment à la France insoumise.

11:25
Présentateur

Mais c'est plus représentatif peut-être des Français. Est-ce que vous êtes sûrs sûrs que ça choque finalement les électeurs

11:31
Karl Olive

de voir un député qui ne porte pas de cravate ? Évidemment que ça choque. Mais alors à ce moment-là, demain, les huissiers de l'Assemblée nationale ont qu'à venir en bras de chemise, ont qu'à venir avec aussi une paire de tennis, et on ne dira rien. Madame Asselot, on est à l'Assemblée nationale. On n'est pas dans un meeting politique. On n'est pas dans une discothèque estivale. On est à l'Assemblée nationale. Il ne faut pas se demander pourquoi derrière, en caisse de résonance sur le terrain, nos gamins ne respectent plus les professeurs, qu'on ne respecte plus les forces de sécurité, qu'on ne respecte plus les pompiers.

12:00
Invité

Vous en avez parlé à la Présidente de l'Assemblée nationale ? Qu'est-ce qu'elle dit sur les codes vestimentaires ?

12:05
Karl Olive

J'ai simplement saisi la Présidente de l'Assemblée nationale pour expliquer qu'il fallait qu'il y ait un minimum de respect malgré tout. Mais elle me dit, bien sûr, vous avez raison, et elle fait en sorte que ce soit effectivement le cas. Mais enfin, pardonnez-moi, on n'est pas systématiquement dans un meeting politique simplement adressé à ses militants. On n'est pas simplement dans une posture où on va derrière aller capturer des vidéos pour devenir des séquences virales sur les réseaux sociaux. Parce que c'est ça qui se passe.

J'ai assisté en pleine nuit, pendant quasiment deux heures, systématiquement, avec des gens de la France insoumise qui demandaient de la compensation pour les villes, pour les départements, pour les universités, à chaque fois une prise de parole différente, pour les enseignants, jusqu'aux pompiers, alors que les pompiers, ce n'est pas une compétence de l'État. On en a même dans la caricature. Pardon, mais moi ça me choque. Je suis un enfant de la République, ça me choque.

12:57
Présentateur

Ce n'est pas très nouveau monde. Ce que vous dites quand même, non ? Pardon ? Ce n'est pas très nouveau monde.

13:00
Karl Olive

Alors c'est ce qu'on m'a dit. On m'a dit, mais ça s'est toujours passé comme ça. Et alors, il faut qu'on continue, qu'on accepte, excusez-moi l'expression, le bordel ambiant dans l'Assemblée nationale. Demandez aux Français ce qu'ils pensent de ce qui se passe. Quand on est jusqu'au boutiste, moi j'aime les échanges en diablés, il n'y a aucun problème. Passionné, il n'y a aucune difficulté. J'ai fait 110 réunions publiques à Poissy entre 2014 et 2022. On en prend plein la figure. Mais il y a un minimum de respect. Ici, on est dans la représentation nationale. On n'est pas, je le disais, dans des endroits où on peut rentrer tranquillement.

13:33
Invité

Karl-Oliv, puisque vous évoquez la France insoumise, une question sur l'actualité de ce matin. Une parenthèse. Vous avez lu le tweet de l'ambassade de Chine, en France, qui remercie Jean-Luc Mélenchon pour son soutien constant à la politique d'une seule Chine. Le leader de la France insoumise, rappelle qu'il a qualifié de provocation sur son blog, le déplacement de la présidente de la Chambre des représentants des Etats-Unis, Nancy Pelosi, à Taïwan, affirmant à Jean-Luc Mélenchon qu'il n'y a qu'une seule Chine. Nous sommes en pleine tension internationale. Qu'est-ce que vous dites de ce soutien appuyé du leader de la France insoumise à la Chine de Xi Jinping ?

14:08
Karl Olive

Je dirais que le leader Massimo Mélenchon a encore raté une occasion de se taire. Ça faisait une semaine qu'on n'ait pas entendu parler de lui. Donc il y a un besoin confusif d'exister, d'être sur la toile, d'être sur les médias. C'est exactement cela. Après sa tournée en Amérique du Sud, le voilà qui, dès la première possibilité de s'extirper de l'actualité que nous connaissons ici dans notre beau pays. On a eu les mêmes propos, d'ailleurs, il y a quelques années en arrière. Ce qui est bien, c'est qu'on n'a pas la mémoire immanente. C'est qu'il avait dit à peu près la même chose de la Russie après avoir fait appel, contre-appel, double axel. Et là, c'est exactement la même chose.

Disons les choses. Le voyage de Mme Pelosi à Taïwan est quelque peu maladroit. C'est même ce que pense le président des Etats-Unis. Pour autant, la séparation des pouvoirs fait qu'elle a décidé, c'est son choix, d'aller rendre visite à Taïwan comme elle était sur la place Tiananmen en 1991. Est-ce qu'il faut jeter un peu plus d'huile sur le feu ? Je ne le pense pas.

15:06
Présentateur

Il y a une autre déclaration qui a été remarquée cette semaine, c'est celle du secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, qui appelle solennellement les pays a taxé les grands groupes pétroliers qui sont profiteurs de crise, dit-il, profiteurs de la crise en Ukraine et puis qui font peser évidemment une menace très importante en matière d'émissions de gaz à effet de serre. Est-ce que vous n'avez pas raté dans l'hémicycle, il y a quelques semaines, une occasion de le faire ?

15:30
Karl Olive

Alors, déjà, on va dire qu'on peut se satisfaire que les grandes entreprises françaises aient des résultats à nul autre pareil. Ça, c'est la première chose parce que pour moi, c'est l'occasion aussi d'embaucher, c'est l'occasion d'aller vers le plein emploi. On parle de Total, on pourrait parler d'Air France, on pourrait aussi parler de la SNCF et tant mieux. Moi, je me félicite de voir les résultats de la SNCF à un peu plus de bénéfices, un peu plus de 600 millions depuis le début de l'année. Ça, c'est la première chose. Où je rejoins ce qui a été dit, c'est qu'il y a deux solutions. Soit vous prenez la posture de taxer, donc de créer un impôt. C'est possible.

Ça donne des produits financiers dans quelques mois dans les caisses de l'État. C'est ce que propose le patron de l'ONU. C'est ce que propose le patron de l'ONU. Sauf que le patron de l'ONU, il n'est pas président de la République. Et ici, en France, on a aussi le choix d'avoir des sujets divers qui, aujourd'hui, nous montrent que le fait d'avoir des entreprises qui investissent massivement en France nous permet d'aller vers le plein emploi. On est à 7,2%. Nous permettent aussi d'avoir une inflation qui est deux points de moins par rapport à l'ensemble de l'Europe. Pour autant, on a à se poser des questions. Et moi, je souhaite que Total, comme d'autres, aille plus loin sur ce sujet.

Comment ça peut se passer ? Est-ce qu'on ne peut pas imaginer qu'il y ait des fonds d'investissement en direction de l'écologie ? Qu'il soit une écologie positive, pas punitive. Est-ce que Total ne peut pas investir massivement dans les bornes de recharge électrique sur l'ensemble de notre beau pays ? Ça va dans ce sens-là.

16:52
Présentateur

On incite ou on oblige ?

16:53
Karl Olive

Alors moi, je pense que dans un premier temps, c'est ce qu'a fait Bruno Le Maire, il faut inciter. Il y a 500 millions qui ont été accordés pour la rentrée à l'occasion de ces 30 centimes d'euros de moins sur le prix de l'essence qui fera 50 centimes à l'arrivée. Pour autant, c'est peut-être aussi à l'échelle de l'Europe qu'il faut voir cela. Parce que pourquoi aujourd'hui, Total ne paie pas d'impôts en France ? Tout simplement parce que ses activités globales bénéficiaires sont à l'étranger. Je le regardais en Angola, au Nigeria, et en Norvège.

17:20
Invité

Vous avez quand même du raffinage massif en France.

17:22
Karl Olive

Oui, mais encore une fois, de deux choses d'une, soit vous créez un impôt, c'est exactement le contraire.

17:27
Invité

C'est compliqué, Carl Olive, c'est compliqué d'expliquer aux Français qu'une entreprise majeure française ne paie pas d'impôts en France. Non, mais moi, je ne veux pas me cacher derrière mon petit doigt C'est difficile.

17:36
Karl Olive

C'est contre-intuitif, vous comprenez. Oui, mais je ne veux pas me cacher derrière mon petit doigt sur ce sujet-là. Je reprenais ce que j'ai dit à Malmas Lowe, je pense que c'est quelque chose qui doit être vu à l'échelle européenne avec, pourquoi pas, effectivement, un prélèvement qui soit un prélèvement stable sur l'ensemble des opérations qui sont faites sur ces pays par ces profiteurs. Alors, je ne dis pas profiteurs de crise ou profiteurs de guerre. En tout cas, ces grands bénéficiaires. Sauf que ça a été proposé par le président de la République qui a refusé. Il y a un seul pays qui a refusé. La Hongrie. Monsieur Urban. C'est là où il faut aller.

Il faut aller sur l'échelle européenne sur ce sujet-là. Mais je pense qu'il faut aller plus loin et il faut qu'on ait un partage de valeurs qui soit un peu plus équilibré.

18:13
Présentateur

Karl-Olive, député Renaissance des Yvelines en poursuit cet entretien dans un instant, 8h51. Le fil d'info tout de suite, c'est Louise Bugens.

18:22
Invité

Après des débats acharnés et des compromis avec les sénateurs de droite, le projet de loi sur le budget rectifié est officiellement voté. Les parlementaires se sont notamment accordés sur le rachat des RTT et sur l'élargissement de la prime exceptionnelle de rentrée. Sur France Info, le député Renaissance des Yvelines, Karl-Olive, défend une nouvelle méthode de gouvernance à l'Assemblée. L'hémicycle n'est plus une caisse d'enregistrement, dit-il. Les créations d'emplois en hausse au deuxième trimestre, plus 0,5% selon l'INSEE qui vient de publier ces chiffres. Moscou accepte de discuter avec Washington pour un échange de prisonniers impliquant la basketteuse Brittany Greener.

Elle est condamnée par un tribunal russe à 9 ans de prison pour trafic de drogue. Une peine inacceptable, selon le président Joe Biden. La colère de Volodymyr Zelensky après un rapport d'amnestie internationale qui met en cause l'armée ukrainienne. Les frappes tirées depuis des zones peuplées mettent les civils en danger, affirme l'ONG. Elle tente d'amnestier l'état terroriste de Russie, dénonce le président ukrainien. Préparez-vous à un week-end encore chargé sur les routes. Aujourd'hui, c'est orange dans le sens des départs. Demain, ça se complique. Bison futé voie rouge pour les départs. Ce sera même noir en Auvergne-Rhône-Alpes et sur l'arc méditerranéen.

19:42
Locuteur non identifié

France Info

19:43
Présentateur

Le 8.30 France Info Jean-François Aquili Céline Asselot

19:49
Invité

Avec notre invité Karl Lolliv député Renaissance des Yvelines là je m'adresse à l'ancien maire de Poissy. J'imagine que vous avez eu un petit moment d'émotion quand vous avez rendu l'écharpe puisque vous êtes devenu député. C'est ça l'idée ?

20:00
Karl Olive

Oui, alors c'est un choc culturel puisque lorsque vous êtes maire on est vraiment dans l'opérationnel à 100%. Là on est plus dans la prestation intellectuelle. Je vais vous dire c'est parfaitement complémentaire.

20:10
Invité

Et vous, vous avez signé une tribune dans le JDD, le journal du dimanche pour demander de revenir sur la règle du cumul des mandats. Vous voudriez voir revenir le député maire ou le sénateur maire ?

20:21
Karl Olive

Oui, et ça fera partie d'un projet de loi que je proposerai aux collègues et à l'Assemblée. Proposition de loi ? Proposition de loi, oui. Parce que cette loi organique qui date du 14... Vous la déposez quand ? Je travaille dessus actuellement et c'est un travail collectif. C'est ce qu'on dit. Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. Je pense qu'il n'y a pas d'incompatibilité loin de là entre être maire et député. et je le prends bien dans ce sens-là. C'est pour moi très complémentaire. Ce n'est pas une histoire de cumul d'indemnités évidemment telle que ça avait été présenté à l'époque. C'est un cumul d'expérience. Les gilets jaunes, qui vient-on voir à l'époque des gilets jaunes ?

Qui le président de la République appelle-t-il au moment des gilets jaunes ? Il appelle les maires ? Moi j'ai eu la chance d'en avoir fait partie pour derrière enclencher le grand débat. Et puis quand on est dans nos petites républiques, quand on est fantassins encore une fois de notre beau pays, on est en prise directe avec nos administrés. Donc on ne peut pas se planter sur le fait d'avoir de bonnes ou fausses idées. Je vous donne juste un exemple. À Poissy, nous avons donné deux heures de sport aux agents dans le cadre du temps de travail par semaine. Amélioration des conditions de travail, baisse de l'absentéisme. 750 jours en un an, 100 000 euros d'économie, on a réinvesti 50%.

On pourrait le généraliser à l'échelle nationale. Pourquoi on pourrait le généraliser ? Parce que ça fonctionne. Donc c'est les idées qui viennent du terrain, d'abord sont validées par les citoyens et donc on ne peut pas encore une fois se planter et être déconnecté par rapport à ces idées.

21:44
Présentateur

Mais vous y passez du temps sur le terrain puisque vous nous disiez tout à l'heure vous-même que vous alliez passer votre journée dans votre conscription. Donc les députés ne passent pas 7 jours sur 7 dans l'hémicycle enfermés sans voir le jour.

21:53
Karl Olive

Mais l'expérience de maire elle est pour moi à nul autre pareil Mme Asselot. Elle est vraiment à nul autre pareil parce qu'on est encore une fois dans l'opérationnel, on est sur le fonctionnement de nos collectivités, de nos petites républiques, on est ces maillons qui sont indispensables au pays. Je ne dis absolument pas et loin de moi de stigmatiser les collègues députés qui n'ont pas d'ancrage. En revanche, je le dis... Ils sont hors sol ? Non, je ne dis pas ça. Je dis simplement que quand on est député, pour moi, il faudrait qu'il y ait une très grande majorité députée qui puisse avoir au moins un mandat local.

Pas forcément celui de maire mais peut-être conseiller municipal, peut-être conseiller départemental. Ça permet de connaître les rouages de l'administration, les rouages du terrain

22:31
Invité

et donc d'être moins déconnecté. Au président Emmanuel Macron, je rappelle que ça a été voté en 2014 sous François Hollande. 14 février.

22:38
Karl Olive

Emmanuel Macron est d'accord avec vous ? Il me semble que ça va plutôt dans le bon sens, et puis il n'y a pas que le président de la République. J'ai aussi testé auprès de collègues des Républicains, un certain nombre de collègues non inscrits. Je crois que ça va effectivement dans le bon sens. Mais voyez-vous, on s'est offusqué de voir que depuis quelques années, il y a effectivement une déconnexion entre le sommet de l'État et le terrain.

23:01
Présentateur

Mais on va rappeler aussi peut-être aussi les raisons pour lesquelles il n'y a plus ce cumul des mandats. D'abord, effectivement, vous le disiez pour les indemnités, ensuite pour éviter que tous les mandats soient concentrés dans une poignée d'élus peu nombreux et puis aussi parce que c'est compliqué de tout faire à temps plein. Député, par exemple, si vous voulez faire des propositions de loi, être en commission, vous investir vraiment, ça prend du temps. Vous avez le temps de tout faire.

23:21
Karl Olive

On n'est pas toujours en session extraordinaire à travailler jour et nuit.

23:26
Présentateur

Ces dernières semaines, on a quand même prouvé que c'était des grosses journées,

23:29
Karl Olive

voire des grosses nuits. C'est une grosse journée pendant un mois et très honnêtement, on ne va pas s'en plaindre parce qu'encore une fois, les Français sont les grands gagnants. Vous y mettrez une jauge, c'est-à-dire ville de tant d'habitants ? Je vais vous dire, ça se discute. Je vais vous dire, ça se discute. Il n'y a pas la science infuse sur le sujet. Est-ce qu'il faut 10 000 ? Est-ce qu'il faut 40 000 ? Ça se discute. Et ça se discute avec l'ensemble des partenaires. Mais très honnêtement, testez, comme vous le dites dans votre beau métier, les micro-trottoirs. Vous allez voir

24:00
Invité

rentrer à l'automne. On travaille. Vous risquez une forme d'impopularité. Vous savez, la défiance des publics à l'égard des politiques, ça fait participer un peu de cette décision en 2014.

24:08
Karl Olive

Monsieur Aquilly, moi je peux vous garantir que dans nos circonscriptions sur le terrain, en revanche, quand on avait un sujet de déconnexion par rapport au sommet de l'État, j'en ai beaucoup plus entendu parler que quand on parle de complémentarité entre le maire, le député ou le sénateur. Il faut dire les choses, entre 2017 et 2019, aucun contact avec le sommet de l'État. Ce que j'avais dit au Président, vous décidez et nous exécutons. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.

24:32
Présentateur

Ça veut dire que vous seriez le premier bénéficiaire de cette réforme si elle passait ?

24:36
Karl Olive

Non, je dis non. Non, je n'en serais pas le premier bénéficiaire.

24:40
Présentateur

Vous n'auriez pas envie de reprendre votre achat de maire ?

24:41
Karl Olive

Je n'en serais pas le premier bénéficiaire. Je ne le fais pas pour moi. Je le fais, il me semble, pour apporter une petite pierre à l'édifice de notre beau pays qu'on doit faire grandir et avancer. Et les idées de terrain, pour moi, sont désignées en or massif parce qu'elles sont validées par les habitants.

24:54
Présentateur

On vous laisse retourner dans votre circonscription puisque c'est le programme du jour. Direction la fourrière,

24:58
Karl Olive

la SPA, parce qu'on a malheureusement de plus en plus d'animaux abandonnés. Il faut soutenir les bénévoles, les associations qui y viennent.

25:04
Présentateur

Merci beaucoup, Karl Olive, d'avoir accepté notre invitation ce matin, député Renaissance des Yvelines. Merci à vous, Jean-François Aquilly. On se retrouve lundi.

25:12
Invité

Avec plaisir.

25:12
Présentateur

En attendant, restez avec nous, bien sûr, sur France Info. Merci à vous.