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interviewyoutube.com· 28 août 2016

Invités : Yannick Jadot, Robert Rochefort, Delphine Batho & Bruno Beschizza - Le 22H (16/02/2012)

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir et bienvenue à vous en direct sur Public Sénat. Voici les titres de votre édition du 22h ce soir. Offensif et combatif pour son premier meeting à Annecy, le candidat Sarkozy a sorti les griffes.

Il a accusé sans le nommer François Hollande de mentir matin, midi et soir. Devant les militants UMP, il a fustigé ceux qui veulent affaiblir la France, tandis que lui revendique le changement encore et toujours. Puis sur un mode plus personnel, il a reconnu des erreurs durant son quinquennat, tout en assurant avoir tenu le coup, y compris lors de moments de douleur personnelle.

Et puis la réponse du candidat socialiste n'a pas tardé. François Hollande balait d'un revers. Demain ce soir, les critiques de Nicolas Sarkozy l'accusent en retour de falsifications, caricatures et manipulations.

Il fustige aussi l'homme de la crise, tandis que lui veut être le président de la sortie de crise. La bataille s'engage donc frontalement. Débat à suivre ce soir dans le 22h entre des fines bateaux, porte-parole du candidat PS, Robert Rochefort, il est député européen à Modem, Yannick Jadot, d'Europe Ecologie Les Verts, et Bruno Béchisa, secrétaire national UMP, c'est tout à l'heure.

Et puis nous parlerons aussi dans ce journal de l'actualité internationale, avec le régime syrien qui continue de s'acharner sur les villes de Homs et de Dera, tandis que les tractations se poursuivent ce soir à l'ONU sur un projet de résolution qui prévoit notamment la mise à l'écart du président Bachar al-Assad. Voilà pour le sommaire de votre 22h. Merci d'être entre compagnie ce soir.

Plus de 2000 personnes réunies au meeting à Annecy, un candidat bien décidé à mener une campagne pied au plancher. Au lendemain de l'annonce de sa candidature, Nicolas Sarkozy s'est livré un réquisitoire contre son concurrent socialiste, qui sur un mode plus personnel, il a reconnu avoir fait des erreurs, tout en soulignant avoir maintenu le cap, y compris dans des moments de douleur personnelle. On écoute ces extraits préparés par Aurélien Romano.

Quand on dit à la presse anglaise qu'on est libéral, et quand on vient expliquer aux Français que l'ennemi c'est la finance, on ment, on ment. On n'est pas à l'honneur de celui qui le professe. J'ai commis des erreurs, mais je me suis toujours efforcé d'être juste, d'être sincère, et de donner tout ce que je pouvais, tout ce que je pouvais, quand les souffrances personnelles étaient présentes.

Et la réponse de François Hollande n'a pas tardé ce soir. Moins d'une heure après la fin du meeting d'Annecy, le candidat socialiste sur le plateau du 20h de TF1 a balayé d'un revers de main les critiques de Nicolas Sarkozy, sans oublier de lui lancer quelques pics bien incisives. On l'écoute.

Moi, je ne veux pas rester sur des pugilats, sur des phrases, sur des invectives. J'ai entendu les propos. On vous fait bonne mine dans l'émission et on fait des attaques qui, à mon avis, n'ont pas de sens quand il y a en plus falsification, caricature, manipulation.

Donc moi, je veux rester à un niveau digne. Ne vous remontez pas du matin au soir, comme il vient de le dire à Annecy. Voilà.

Vous faites bien de rappeler ses propos pour conforter exactement ce que je viens de vous dire. Il est finalement l'homme de la crise. Moi, je dois être le président de la sortie de crise.

Et vous le voyez, la bataille s'engage donc plus rapide et plus violente. Les candidats vont, bien sûr, enchaîner les meetings, ainsi que les traditionnelles visites, notamment chez les commerçants. C'était le cas pour Nicolas Sarkozy.

Aujourd'hui, en Haute-Savoie, un bain de foule, des poignées de main et un candidat qui veut jouer la proximité avec les Français, Jérôme Rabier. Bain de foule, balade en centre-ville et nuée de caméras, c'est le programme de la première journée du président désormais candidat. Ici, en Haute-Savoie, département largement acquis à la droite, il se sent chez lui et ne cache pas sa joie d'enfin entrer en scène.

Vous voyez, apparemment, c'est commencé. Ça fait plaisir. Voilà, ça fait du bien.

Un dispositif forcément moins lourd qu'à l'accoutumée, car désormais effectué sans les moyens de l'État. Escorte réduite, voiture de location, Nicolas Sarkozy joue la proximité. Après la visite de boutique, une petite pause déjeuner Savoyard commentée en direct sur Twitter, une photo dévoilée, l'occasion d'investir également la toile.

Son site internet de campagne est lui aussi lancé, un outil indispensable à l'heure du numérique. Son slogan La France Forte s'y affiche désormais et l'affiche de campagne est dévoilée. Le combat est bel et bien lancé.

La bataille s'engage aussi sur Public Sénat avec le débat politique du 22h ce soir, avec de nombreux invités, de nombreuses sensibilités ce soir. Delphine Bateau, bonsoir. Bonsoir.

Bienvenue à vous, députée socialiste et de Sèvres, et porte-parole, bien sûr, du candidat socialiste. Avec nous également, Yannick Jadot, bonsoir. Bonsoir.

Député européen Europe Ecologie Les Verts et conseiller politique encore et toujours. Toujours. Robert Rochefort également avec nous, bonsoir.

Bonsoir. Député européen Modem, bien sûr, engagé aux côtés de François Bayrou et Bruno Béchisa. Bonsoir Bruno.

Bonsoir. Secrétaire national UMP et membre de la cellule Riposte de la majorité. Alors vous venez de le voir, tandis que la campagne s'accélère, l'affrontement se fait plus violent.

A Annecy, Nicolas Sarkozy parle des mensonges de François Hollande. Et en retour, le candidat socialiste le qualifie d'homme de la crise. Delphine Bateau, est-ce que c'est le ton qui va durer pendant les deux mois, cette campagne ?

On va avoir ce ton-là. C'est le ton agressif de Nicolas Sarkozy qui propose une forme de continuité avec la brutalité de son quinquennat. Et la volonté de François Hollande, c'est de ne pas tomber dans ce pugilat.

C'est d'élever le niveau du débat politique. C'est de ne pas céder à la facilité qui serait de faire campagne simplement sur le rejet de Nicolas Sarkozy qui est très profond dans le pays puisqu'il a été le président des riches, des privilégiés, de l'oligarchie financière. La volonté de François Hollande, c'est de faire campagne sur le redressement, sur la justice, sur la jeunesse, sur l'éducation.

Nous ferons campagne sur notre projet, sur nos propositions parce que ce que nous voulons soulever, c'est un vote d'adhésion. Ce que nous voulons soulever, c'est une confiance nouvelle dans tout le potentiel qu'a notre pays, qui est un grand pays et qui a les moyens de sortir de la crise actuelle. Bruno Bouchisa, vous avez entendu la phrase de François Hollande ce soir.

L'homme de la crise, c'est Nicolas Sarkozy. Il est donc responsable de cette situation ? Malheureusement, encore une fois, beaucoup d'arrogance.

Mais c'est ce qui caractérise malheureusement François Hollande. Depuis qu'il est vainqueur des sondages, il n'a plus besoin des électeurs. Et du reste, pour lui, la crise n'existe pas.

La crise, c'est Nicolas Sarkozy. Ce qui a traversé le monde, ce qui a traversé l'Europe, ce qui traverse la France depuis 2008, 2009, non, ça n'existe pas. C'est effectivement Nicolas Sarkozy.

Mais on le voit quand il explique sa conception de la politique étrangère ou si ça va mal avec les Chinois, c'est Nicolas Sarkozy. Quand lui sera président de la République, il ira expliquer au président chinois comment on fait. Donc, on est encore dans cette posture.

Moi, je ne suis pas d'accord avec le terme de brutalité. On peut être en désaccord sur des arguments. Quand Nicolas Sarkozy parle de mensonge, on reviendra peut-être tout à l'heure sur la non-précision encore ce soir sur TF1 de François Hollande, par exemple, sur les 1 000 postes par an, police, gendarmerie, intérieure.

On parlera peut-être, encore une fois, du flou sur les 60 000 postes. La réponse de Delphine Bateau sur ce point important...

C'est très précis. Écoutez, la droite a supprimé près de 13 000 postes dans la police et la gendarmerie. Et François Hollande propose de créer 1 000 postes par an de policiers, gendarmes et de magistrats et de greffiers dans les tribunaux.

C'est financé. Cela coûte à la fin du quinquennat 2,5 milliards. C'est à peu près l'équivalent du coût annuel des cadeaux fiscaux de l'UMP.

Donc les choses sont très précisées. Robert Rochefort, on a l'impression que tout se cristallise. Que c'est un duel annoncé entre François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Mais ça, ce n'est pas acceptable. Ce n'est pas acceptable. Pourquoi ce n'est pas acceptable ?

La faute probablement au décalage qu'il y a entre tous ceux qui sont dans la campagne, c'est-à-dire la classe politique, les médias et les Français qui n'y sont pas encore. Les Français, regardez les sondages, ils n'y sont pas encore. Oui, mais il y a une cristallisation de l'opinion aussi quand même.

Ceux qui nous regardent...

Non, non, non. Si vous regardez la cristallisation...

Non, ce n'est pas exact ce que vous dites. Non, non, non. Si vous regardez, si vous fondez sur les sondages, c'est parce qu'il y a une variation de deux points sur les sondages...

Sur quoi vous appuyez, vous, dites-nous ? Non, je vous dis simplement la chose suivante. Mais vous, vous...

Non, je m'appuie sur les sondages. Mais ce que je veux dire, c'est que la variation qui est en cours depuis quelques semaines et qui fait dire que d'un seul coup, ça y est, on est déjà au second tour de la présidentielle entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, ce n'est pas la réalité. Il n'a pas dit ça.

Personne ne dit ça. Du moins, l'UMP ne dit pas ça. C'est ce qu'on voit sur les écrans depuis deux jours.

Et d'ailleurs, vous-même, vous dites, Nicolas Sarkozy, François Hollande lui répond. Ce que je veux simplement dire...

Vous décrivez les faits. Vous permettrez, en tout cas, de vous affirmer la chose suivante. Il y a d'autres propositions politiques pour cette élection.

Il y a un premier tour. Il y a François Bayrou qui propose autre chose. Et d'ailleurs, la façon dont vous avez lancé le sujet tout à l'heure a bien montré qu'on est dans l'invictive.

On est dans quasiment la façon...

François Bayrou n'est pas dans la tendresse non plus quand il qualifie les deux candidats. Non, non, simplement, on n'est pas actuellement sur les propositions. Et je trouve dommage que lorsque le président de la République pose soi-disant le débat sur le thème des valeurs, ce soit une façon...

Justement, on va en parler. Ce soit une façon de passer sous silence le bilan de ce qui a été fait depuis cinq ans et finalement de peu évoquer les propositions pour l'avenir, sauf à parler du référendum qui est une martingale, qui n'est pas une proposition en soi. On a dit aussi que ce serait une campagne sur les valeurs.

Il y a une valeur que tout le monde s'arrache. C'est le travail. Est-ce que votre candidate aussi incarne cette valeur ou est-ce que c'est une valeur monopolisée par la droite, la gauche et pas forcément votre candidat écologiste ?

Je crois que quand Eva Joly propose de manière extrêmement chiffrée un million d'emplois d'ici 2020 à la fois sur l'économie verte, la reconversion d'un certain nombre d'industries, d'évolution d'un certain nombre d'industries et de services, je crois qu'on est complètement dans l'emploi. La question est de savoir à un moment donné, est-ce qu'on attend de la croissance, une croissance hypothétique, pour créer des emplois et faire évoluer notre système économique où on considère que de toute façon, si on veut sortir de la crise, c'est par l'évolution de notre système économique et par des réorientations industrielles. Moi, j'entends le président de la République citer Gramsci qui dit qu'il y a crise quand le vieux monde ne veut pas mourir et que le nouveau monde ne peut pas naître et que quand il parle de politique industrielle, le président de la République, il cite le général de Gaulle.

Donc on voit bien à quel point il est dans sa vision d'une économie et de l'emploi du XXIe siècle aux antipodes de ce qu'il faudrait faire. Mais moi, je voudrais quand même insister sur un point par rapport au discours du président de la République ce soir. Alors son côté, je vais faire la rupture de la rupture de la rupture.

Je pense que tout le monde a compris que c'était plus du sujet. Le point, c'est quand il parle du peuple. Moi, j'étais outré des propos du président de la République.

Pourquoi ? Quand il a fait son Perronne, son Chavez ou son Orban, il répète...

Vous n'êtes pas dans l'exé, là ? Non, non, non, écoutez bien ce qu'il a dit. Il a dit la démocratie est accaparée et volée par tous les corps intermédiaires et notamment les syndicats.

Moi, je veux parler au peuple. Et les élites. Et je vais donner...

Et les élites qu'il a réunies le soir même de son élection. D'ailleurs, son affiche, je me demande si elle n'est pas prise du bateau de chez Bolloré. Mais simplement...

Non, de l'hôtel particulier de la région de France. Non, non, non, juste...

Non, non, non, mais très sérieusement, parce que ça, c'est extrêmement sérieux. Bon, ça vous choque, ces références ? Non, non, non, parce que là, c'est toute la conception de la démocratie.

Redonner la parole au peuple, ça n'est pas organiser des référendums pour taper sur des minorités, taper sur une partie de la population dans une logique populiste. Il faut bien passer la parole. Il faut bien passer la parole.

Il faut bien passer la parole, oui. Redonner, si on veut renforcer la démocratie dans ce pays, c'est redonner le pouvoir aux citoyens. Pas la parole au peuple.

Écoutez, justement, ce qu'a dit François Hollande ce soir, il est d'accord sur certains. Il est d'accord. Et là, Eva Joly propose que les salariés soient représentés à 50% dans les conseils d'administration et qu'on fasse des class actions.

La démocratie dans ce pays, c'est redonner le pouvoir aux citoyens. Tout le monde n'est pas contre les référendums. François Hollande est pour des référendums sur les institutions et sur l'Europe.

Donc c'est une bonne idée quand même de donner la parole au peuple d'Elphine Bateau sur certaines conditions. Mais c'est ce qui est prévu par notre Constitution. C'est ce que Nicolas Sarkozy n'a pas fait, ni sur le traité de Lisbonne, ni lorsqu'il y a eu un changement du statut de la poste.

Vous vous souvenez, il y a eu plusieurs millions de personnes en France qui ont signé une pétition pour qu'il y ait un référendum. Il n'y en a pas eu. Ni sur la réforme des retraites.

Sur cette réforme du statut de la poste, nous avions proposé à l'Assemblée nationale une motion référendaire qui a été rejetée. Donc Nicolas Sarkozy, tout au long du quinquennat, a été enfermé dans sa tour d'ivoire. Il a été le président des privilégiés.

Il a été le président de l'oligarchie financière. Il a été le président qui n'a pas fait la réforme bancaire, qui n'a fait aucune des réformes de structure liées à ces phénomènes de spéculation qui nous ont jetés dans la crise actuelle. Et il vient là dire que ce qu'il n'a pas fait, il ne l'a pas fait.

Et surtout, ça démontre quoi ? Non, ça démontre quoi ? Il n'a pas de projet aujourd'hui.

On discute, par exemple, des propositions de François Hollande sur le redressement économique, sur la politique industrielle par rapport à ce qui a été dit, sur la croissance verte, sur l'éducation. On discute des 60 000 postes. Quel est le projet de Nicolas Sarkozy aujourd'hui ?

Il n'en a pas. C'est de dire, je ferai des référendums. Excusez-moi, mais ce n'est pas un programme.

La réponse, j'ai quand même l'impression, depuis tout à l'heure, vous savez, dans ces jeux, on a les petits panonceaux et tous les mots qui devaient être prononcés, on est sur, depuis tout à l'heure, les clichés qui sortent un par un sur les sparras d'un qu'on doit mettre sur Nicolas Sarkozy. Bolloré, on l'a dit, alors il ne faut pas parler de tout le reste et je ne vais surtout pas justement en dire...

Je ne vais surtout pas...

Je ne vais surtout pas...

L'importance des syndicats dans une démocratie. Rappelons peut-être ce qui s'est passé le 18 janvier. Dans ce cas-là, si vous parlez, effectivement, de discussion, de relation avec les syndicats et de dire qu'à un moment donné...

Et c'est le seul message que j'aimerais faire passer ce soir. Quand François Hollande, ce soir, on se dit, il en est sûr, je serai le président de la sortie de la crise. Moi, j'ai beaucoup d'humilité.

En 2007, personne ne prédisait aujourd'hui la période dramatique que nous sommes en train de traverser. Donc aujourd'hui, qu'un président de la République qui s'apprête à garder les manettes francs se dise, je dois me mettre en capacité. Dans l'article du Figaro Magazine, il n'est pas dit qu'il va systématiquement faire application du référendum.

Si la discussion ne réussit pas, je me dote d'outils au cas où le système est bloqué. Ça ne me paraît pas anormal. Robert Rochefort.

Alors, excusez-moi, la question n'est pas de savoir s'il faut utiliser ou pas le référendum. La question, c'est que Nicolas Sarkozy, dans son interview au Figaro Magazine de la semaine dernière, a précisé deux sujets. La question du statut et du traitement des chômeurs et la question des immigrés.

Et ça, excusez-moi, c'est quelque chose qui est, à mon avis, à l'opposé même de ce qu'on peut appeler une valeur, qui est une valeur de démocratie. Ce n'est pas faire appel au peuple. C'est stigmatiser des groupes de population.

C'est mettre la France dans une situation quasi de guerre civile intérieure. Quand on dit que l'on va...

Mais non, non, non, non. Les mots ne sont pas dans la situation. Alors, justement, justement, justement, justement, si vous permettez...

La grippe aviaire, c'est Nicolas Sarkozy. Tout le monde le sait aussi. Alors là, les téléspectateurs ne vont plus rien comprendre.

C'est aussi Nicolas Sarkozy. Est-ce qu'il est possible de terminer une phrase, monsieur ? Il est possible.

Surtout sur Public Sénat, on a le temps de parler. Je voulais dire cette chose-là. C'est que ça, c'est quelque chose qui est absolument incompatible et qui est opposé avec nos valeurs citoyennes et nos valeurs républicaines.

Alors, vous dites, effectivement, il faut éviter le cas de la Grèce. Et moi, je dis simplement à tous les Français qui ne veulent plus de Nicolas Sarkozy, qui ne veulent pas un deuxième mandat de Nicolas Sarkozy, qu'effectivement, on a l'air de leur dire...

Nicolas Sarkozy part, la crise se termine. On a l'air de leur dire...

La crise se termine s'il part. Pardon ? La crise sera terminée si Nicolas Sarkozy part.

Évidemment, non. Et elle ne sera pas solutionnée par les propositions telles qu'elles sont aujourd'hui formulées par François Hollande, qui sont des propositions, finalement, assez classiques de la gauche, qui sont des propositions consistant à dire « On va faire des dépenses publiques, on va créer des postes et des fonctionnaires » dans différents endroits. Je l'ai encore écouté tout à l'heure au journal de TF1.

Il a précisé d'ailleurs les ministères, il y en avait trois, dans lesquels il propose des créations d'emplois. Moi, j'aimerais bien qu'on crée des emplois de fonctionnaires. Le problème, c'est qu'on n'a pas cessé de créer des emplois de fonctionnaires.

On est arrivé à un niveau de dette publique qui est absolument considérable et qui fait justement qu'il faut que nous échappions au cas de la Grèce par un programme qui soit d'abord un programme de recréation d'emplois, de mobilisation de l'économie et qui doit partir par la base, pas par des décisions qui sont prises d'en haut par un président qui serait une sorte de magicien, mais par les PME, par les TPE, par la capacité de produire l'éfrance et de réindustrialiser. Les dépenses, c'est très important pour la crédibilité d'un candidat sur François Hollande. Non, d'abord, moi, je ne veux pas consacrer mon précieux temps de parole à parler d'un faux référendum qui consiste à s'en prendre aux plus faibles.

Je considère que le courage, c'est de s'en prendre aux plus forts, qui sont responsables de la crise dans laquelle nous sommes. Effectivement, la crise est arrivée en 2008. Le problème, c'est que vous aviez affaibli l'économie française avant avec le bouclier fiscal.

Je peux dire quelques chiffres. Je sais qu'il y a l'envolée du chômage. Je vais vous répondre tout de suite.

En ce quatrième trimestre, on fait mieux que l'Allemagne. Est-ce qu'on pouvait dire parfois qu'il y a de bons chiffres ? Quand il y en a.

Mais c'est un bon chiffre. Le problème, c'est que la dégradation. La dégradation des comptes publics de la France a été beaucoup plus rapide que dans les autres pays d'Europe également confrontés à la crise.

Pourquoi ? Parce que le gouvernement n'a pas affronté la crise. Il a dilapidé l'argent pour les donner aux plus riches. 2 milliards d'euros viennent d'être donnés en réduction d'impôts de solidarité sur la fortune quand dans le même temps, 200 000 contribuables sont devenus imposables alors qu'ils ne l'étaient pas.

Et contrairement à ce que disait le représentant du MoDem, le projet de François Hollande est parfaitement financé. Et vous voyez, il propose entre 2012 et 2017 de ravener le niveau de la dépense publique de 56,5% aujourd'hui à 53,9%. Donc tout est précis, financé et parfaitement écrit.

Yannick Jadot, grave de redressement. Yannick Jadot. Je vais peut-être avoir un accord avec M.

Rochefort sur le fait que cette croissance improbable qu'il faut agir, même aujourd'hui, sans attendre la croissance. Très clairement, pour nous, aujourd'hui, le président de la République a par exemple mentionné la question de Fessenheim. Il a dit que les ouvriers de Fessenheim...

Il a parlé de vos négociations sur le tapis vert. Tout à fait. C'est vrai.

Mais c'est intéressant quand même d'avoir...

Est-ce qu'une négociation qui se fait 6 mois avant une élection, dont le résultat est public, est-ce que c'est une négociation sous le tapis vert ? Et est-ce qu'une négociation, quand on donne des circonscriptions aux gens de chez Mme Boutin, aux gens de chez M. Morin, pour éviter qu'ils se présentent, ça, c'est la démocratie ?

Non. Nous avons fait le pari de l'intelligence devant les Français, qui est de dire, oui, les écologistes et les socialistes sont différents, mais ils veulent construire ensemble une majorité, et nous le ferons dans telle et telle condition. Ça me paraît être un exercice assez sain de démocratie.

Mais encore une fois, moi, je veux bien qu'on parle des ouvriers de Fessenheim. Je veux dire, nous avons un projet...

C'est un cri, ce soir, apparemment, ce que dit Nicolas, sur les ouvriers de Fessenheim. Oui, mais c'est un cri, mais simplement, il fait moins...

J'aurais aimé qu'il fasse le même cri quand M. Besson a sacrifié 14 000 emplois dans le photovoltaïque, simplement pour défendre quelques emplois dans le nucléaire. Nous avons un plan sur l'énergie qui va créer des emplois.

Vous savez, en 1998, quand la coalition rouge-verte en Allemagne a proposé la sortie du nucléaire, le patronat et les syndicats disaient qu'il va y avoir 125 000 chômeurs supplémentaires, l'industrie allemande va mourir et tout ça. Qu'est-ce qu'on a eu ? On a eu 400 000 emplois créés en plus et on a une industrie qui est innovante, fondée sur des PME et qui est compétitive.

Je vais laisser...

Bruno, je suis à répondre, je voudrais juste votre réaction ce soir, à vous aussi, Nick Jadot, sur un sondage, c'est le dernier qui vient d'arriver, IFOP Paris Match, vous allez le voir s'afficher, qui indique que l'écart se resserre au premier tour. Nicolas Sarkozy serait donc crédité de 26,5% des intentions de vote contre 29,5% pour François Hollande. L'ère de la campagne, le réussit, semble-t-il.

Il faut avoir beaucoup d'humilité comme les sujets qu'on aborde ce soir. Vous savez, les vérités des sondages, on ne peut pas un jour dire qu'il s'en faut parce que ça n'allait pas forcément très bien pour l'EMP et là, pour dire, il y a une embellie merveilleuse. On se trompe.

Et là, je rejoins mon voisin sur aujourd'hui la prise de conscience nécessaire de ne compâtrer pas. Il n'y a pas d'axe, j'aime pas ce mot-là. Vous savez, on a vu les axes François Hollande qui tient un discours ici avec ses alliés du Front Gauche et quand il est à Londres il y a un autre discours sur les communistes.

Vous ne pouvez pas s'en expliquer tout à l'heure. Vous voyez ça. Vous vous répétez les mentions de Nicolas Sarkozy.

C'est vous qui n'en sais une plaisanterie. Parce que dans ma culture personnelle la notion d'axe est connotée. Voilà.

Donc effectivement, je n'attendais pas de votre part ce type de réflexion tout simplement entre le candidat Beyrou et le candidat Nicolas Sarkozy. Il y a aussi un élément très important. Je vais faire un tour de table Robert Rochefort.

Il y a aussi une fracture, une grande différence sur l'État, le constat sur l'État de la France. Nicolas Sarkozy parle, lui, il a parlé à l'indicite d'une France forte qui a résisté mieux que les autres, mieux que l'Italie, mieux que l'Espagne alors que les socialistes disent que la France est affaiblie. Que dit le modem ?

La France est effectivement affaiblie. Mais par rapport à qui ? Par rapport à ses voisins qui sont encore plus faibles ?

Attendez, attendez, attendez. Quand la droite dit que la France s'en sort mieux que les autres pays, c'est tout simplement parce que nous sommes partis, nous sommes rentrés dans la crise avec un niveau de chômage déjà tellement élevé qu'effectivement, l'accroissement relatif paraît beaucoup plus faible que dans les pays qui avaient un taux de chômage beaucoup moins élevé que le nôtre. Mais évidemment, regardez les publications la semaine dernière du chiffre du déficit du commerce extérieur. 70 milliards.

Ou est-ce que vous noircissez pas un peu le temps ? Non, non, non. Est-ce que vous savez que l'ensemble du déficit de l'Union européenne, ça a été 7 milliards ?

C'est-à-dire que la France, elle toute seule, a fait 10 fois plus que le déficit cumulé de l'Union européenne. Donc évidemment, la France ne va pas bien. Mais la France a du potentiel.

La France a la capacité de rebondir. Mais vous voulez tous qu'elle a mieux. Mais ce que nous pensons, excusez-moi, je voudrais terminer simplement.

Ce que nous pensons, c'est que justement, pour rebondir, il faut quelque chose de courageux qui consiste à dire que ce n'est pas dans l'affrontement entre la droite et la gauche que ça se fera. Et si on prend l'exemple de l'Allemagne qui n'est pas le modèle absolu, mais rappelez-vous qu'en Allemagne, quand Gerhard Scholler a fait des réformes, il les a faits avec un esprit quand même qui était un esprit pas extraordinairement fermé et partisan du SPD. Et ensuite, quand Mme Merkel a pris la succession au début, elle l'a fait avec une grande coalition qui alliait les deux camps.

Et c'est pour cela que l'Allemagne s'en est sortie. Donc il faut une ouverture, il faut travailler avec tous les partis. Il faut incontestablement arriver à réunir les gens qui aujourd'hui sont à peu de choses prêts à partager, comment dire, un certain nombre de valeurs communes.

Donc à droite et à gauche. Malheureusement, ce n'est pas comme ça. Pourquoi tous les téléspectateurs qui ont fait leur choix qu'on prenne à droite et à droite ?

Oui, des gens qui sont entre droite, des gens qui sont entre gauche, un certain nombre d'écologistes. Il y en a d'ailleurs déjà derrière François Bayrou. Mais en tout cas pas de la façon de Nicolas Sarkozy s'y prend où on voit bien que lui, sa conception du rassemblement, c'est plutôt à droite et à droite extrême.

Delphine Bateau, le choix de 2012, ce ne sera pas seulement, sûrement pas seulement, un choix d'hommes. Est-ce que ce sera un choix de société, un choix de vie, une autre France finalement ? Ce sera un choix de projet parce qu'il faut changer de président mais il faut aussi changer de politique.

Donc il faut, c'est peut-être ça le débat qui n'a pas lieu ce soir, ce dont il faut débattre, c'est de ce dont on propose, ce qu'on propose pour redresser notre industrie avec le contrat de relocalisation, ce qu'on propose pour sortir l'éducation nationale de la situation actuelle. On est aujourd'hui dans une situation où il y a quand même 40% des enfants qui arrivent au collège qui ne maîtrisent pas les fondamentaux en matière notamment d'écriture, de mathématiques. Donc il y a une dégradation aujourd'hui, il y a une montée de la pauvreté, il y a beaucoup de difficultés.

Donc le débat de l'élection présidentielle, c'est un débat sur les solutions. C'est un débat aussi sur la République et sur les valeurs. Et moi, je partage l'idée que dans une élection présidentielle, il faut rassembler les Français.

Il ne faut pas être agressif comme l'est Nicolas Sarkozy. Il ne faut pas cliver, il ne faut pas diviser, désigner les immigrés, les chômeurs comme étant responsables de la situation. Et ce que veut François Hollande, c'est en effet rassembler les Français sur des valeurs de gauche, mais sur des valeurs républicaines.

Dominique Jadot et puis Bruno Béchissard. Je crois que la présidentielle a deux travers. C'est l'ultra-personnalisation.

Pourquoi vous avez un candidat alors ? Parce que c'est le...

Non mais on s'adapte aux institutions. On passe un accord avec les socialistes parce qu'il n'y a pas de proportionnel. Ben oui.

C'est ça la responsabilité politique. Si vous voulez changer les choses...

Mais c'est pratique quand même, vous avez un candidat. C'est-à-dire qu'à partir du moment où c'est l'élection maîtresse dans ce pays, il faut être là si vous voulez faire passer des idées. Je pense que c'est la base de la démocratie et je crois que si il n'y avait pas un candidat écologiste, une candidate écologiste, personne ne parlerait d'écologie.

Donc ça, c'est le jeu démocratique dans lequel on est obligé. Maintenant, je pense que ce n'est pas sain. La France intéresse beaucoup aux personnes et il y a une forme de national-présidentialisme où on a l'impression que l'homme ou la femme qui va être élu va à peu près tout résoudre et va à peu près tout résoudre dans les frontières de la France.

Je crois qu'il y a un sujet éminent sur lequel on est plongé en permanence c'est la question de l'Europe. Comment on fait évoluer l'Europe ? Comment une France qui veut retrouver la capacité à porter des valeurs doit le faire à travers l'Europe ?

Et que là, on a l'impression que le combat, il est la France contre toutes les autres. Et je trouve ça dommage parce que ça n'est pas la réalité dont nous parlons. Dernière question, au fond, c'est un second mandat.

Pourquoi ? Pourquoi n'a-t-il pas fait ce qu'il propose lors de son premier mandat ? Parce que je vous ai dit, on ne peut pas comparer 2012 à 2007 compte tenu de la période dramatique que traverse le monde.

Ce n'est pas la France et que pour moi, il est le seul à pouvoir proposer. Et moi, il y a une question de société aussi puisque nous ne sommes pas sûrs, il faut le dire à nos téléspectateurs, que dans un an, nous serons sortis de la crise et qui sera capable de nous faire traverser cette période. Merci beaucoup.

Merci Robert Rochefort. Merci Bruno Béchisard et Madame, merci Delphine Bateau, bien sûr. Merci beaucoup Yannick Jadot.

La suite du 22h, tout de suite, c'est le tour de l'info. Il est préparé par Cécile Sicsou. Vous allez voir, nous allons parler évidemment de la situation en Syrie avec les bombardements qui s'intensifient ce soir sur Homme Cédéra et puis on vient de l'apprendre.

Il y a eu donc une résolution à l'ONU qui a été votée pour condamner la répression en Syrie. On regarde tout cela. c'est préparé par Cécile Sicsou. 19 personnes massacrées ce soir à Idleb.

L'armée syrienne continue de s'attaquer aux villes rebelles, toujours sous les bombes. Deux figures de la révolte ont été arrêtées par les forces gouvernementales. Le journaliste Mazen Darwish et la blogueuse Razan Ghazawi.

Au même moment, l'Assemblée générale de l'ONU doit se prononcer ce soir sur un projet de résolution qui condamne la répression. 10 000 euros d'amende et trois mois de prison avec sursis. Rejugé en appel, Jean-Marie Le Pen a une nouvelle fois été condamné en cause de ses propos sur l'occupation allemande.

Pas particulièrement inhumaine, selon lui, l'ancien président du Front National a annoncé qu'il allait se pourvoir en cassation. Interdire les licenciements boursiers dans les entreprises qui se portent bien, c'est l'objectif du texte discuté ce matin au Sénat. Il a été rejeté par un Sénat à majorité de gauche.

Pourtant, c'est une proposition de loi communiste. Mais quel fiasco cette PPL ! Mais quel fiasco !

La majorité de gauche du Sénat s'est pris les pieds dans le tapis. Un couac provoqué par les radicaux de gauche qui se sont abstenus sur le texte. La France forte, on connaît désormais le slogan et l'affiche de campagne de Nicolas Sarkozy.

Une lettre modifiée ou une image enlevée très vite sur le net. Les parodies ont fleuri par dizaines. Petit fleurilège.

Et voilà, c'est la fin de ce journal. Merci beaucoup de nous avoir suivis. Restez avec nous sur Public Sénat.

Tout de suite, un reportage sur un thème de campagne important, la désindustrialisation. Je vous souhaite une très belle soirée. Il y a trois semaines, la direction américaine et l'entreprise de Molex a décidé de déposer le bilan de la filiale française de Villemur-sur-Tar.

L'histoire de Molex a fait la une des journaux. Le bras de fer avec la direction a été tendu. Au final, les salariés ont obtenu des indemnités mais perdu leur combat contre la fermeture de leur usine.

On a compris que c'était la loi de la finance qui commandait par rapport à tout le reste. C'est vraiment pour faire davantage de fric mais que rien n'a été prouvé là-dessus. Avec ses 300 salariés licenciés, l'usine Molex est un des exemples d'une industrie malade.

En 10 ans, le secteur a perdu du 5 à 700 000 emplois en France. Face à ce constat, des sénateurs veulent comprendre pourquoi et avancer des solutions. La mission sénatoriale a rendez-vous sur l'un des sites d'Airbus à Toulouse, la vitrine de l'industrie française.

Autour de la table, des patrons et des syndicats de l'aéronautique. Martial Bourquin dans le sénateur de l'Union président de la mission. Le Sénat a décidé une commission d'information sur les problèmes de désindustrialisation, réindustrialisation.

L'idée est simple, c'est de venir sur le terrain, vous écouter. Quel est votre diagnostic concernant ces phénomènes de désindustrialisation ? Martial Bourquin est le président socialiste de cette mission où toutes les couleurs politiques sont représentées.

A sa droite, le rapporteur, un rapporteur UMP, Alain Chatillon. Pendant près de six mois, ils vont enchaîner auditions au Sénat et des déplacements en région pour des discussions sans tabou, à commencer par la question des délocalisations. Ça suppose, me semble-t-il, qu'on ait une vision industrielle claire qui soit de ne pas s'arc-bouter systématiquement sur les productions dont on sait qu'elles ne sont plus compétitives en Europe.

C'est une erreur fondamentale de le faire car on perd en compétitivité et en faisant ça, finalement, c'est l'ensemble des pans d'industriels qui disparaissent. Ce n'est pas le premier rapport consacré à cette question. L'Elysée a lancé quelques mois plus tôt des états généraux pour faire le point et dégager des solutions.

Alors cette nouvelle initiative suscite du scepticisme. Qu'est-ce qui nous ferait dire aujourd'hui plus que ce qu'on a pu voir jusque-là que la commission dont vous êtes en charge et qui est ici devant nous amènera son plus par rapport aux états généraux de l'industrie et peut-être par rapport à ce qui a déjà existé par le passé ? C'est bien que le gouvernement ait ses initiatives mais c'est bien aussi que le Parlement, le Sénat notamment, qui est la représentation des collectivités territoriales, des élus, puissent plancher et apporter sa singularité, ses propositions et qu'ensuite, nous ayons la possibilité d'avoir une vraie politique industrielle en France.

C'est impressionnant. Tu as vu le manche ? À côté de toi.

C'est avec ça. Sous-titrage Société Radio-Canada