Souveraineté : la Ministre du Numérique et de l'iA nous répond - Anne Le Hénanff
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 66 %Attaque 19 %Défensif 16 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:12OuverteRéponse directe
La France peut-elle vraiment protéger ses intérêts et ses citoyens ou promettent-elle plus qu'elle ne peut tenir ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Quel est le plan pour regagner la souveraineté dans le numérique où on semble accuser tellement de retard ?
- 6:26RelanceRéponse partielle
Est-ce que le nerf de la guerre ce n'est pas les budgets et l'argent mobilisé par les États-Unis ? Où trouve-t-on cet argent en Europe ?
- 9:56OuverteRéponse directe
Sens et Bleu sont des emblèmes de souveraineté, mais ils sont construits sur des technologies américaines. Est-ce notre seule planche de salut ?
- 14:14OuverteRéponse directe
La souveraineté totale est-elle devenue illusoire ? Sur quelle priorité devons-nous nous concentrer ?
- 18:25RelanceRéponse directe
Si les États-Unis coupent l'accès à leurs technologies, qu'adviendrait-il de notre dépendance ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:14Anne Le HénanffFait
« C'est grâce à Donald Trump que il y a cette vraie prise de conscience, non seulement prise de conscience, mais envie de réagir, d'agir. »
- 4:57Anne Le HénanffChiffre
« Les entreprises US ont investi 300 milliards de dollars entre 2020 et 2024. Sur la même période, c'est seulement 62 milliards en Europe, 5 fois moins. »
- 4:57Anne Le HénanffChiffre
« Les États-Unis investissent environ 5,5 % de leur PIB dans les nouvelles technologies en 2023 environ. Et puis en France, c'était seulement 3,2 % pardon dans la zone euro, pas seulement en France. »
- 54:16Fait
« la justice est totalement indépendante »
- 57:06Fait
« il va falloir trouver les bonnes alliances parce que ça semble pas gagné »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
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C'est grâce à Donald Trump que il y a cette vraie prise de conscience, non seulement prise de conscience, mais envie de réagir, d'agir. Difficile quand même de rattraper 20 ans, 30 ans d'équipement numérique, informatique américain principalement et en quelques années, quelques mois de les balayer. Mais ce n'est pas illusoire, ça le deviendrait si on essayait pas. C'est-à-dire, si on se dit c'est comme ça et qu'on était euh finalement euh très fataliste, nous avons la chance d'être en Europe et nous pensons nous la France qui a une 3e voie pour l'IA qui se situe entre les États-Unis et puis celle de la Chine. Cette voix et ben elle tient compte de nos valeurs. L'Europe seule peut en un mot assurer
une souveraineté réelle, c'est-à-dire notre capacité à exister dans le monde actuel pour y défendre nos valeurs et nos intérêts. Trenchtech, esprit critique pour tech. éthique. La Pologne crée une cyber armée. Donald Trump menace de démanteler nos régulations et pendant ce temps, nos données sensibles dorment encore sur des serveurs américains. Salut à toi qui nous regarde ou nous écoutent. Oui, toi qui t'étonne peut-être que pendant ce temps, on continue de parler d'ance, de souveraineté numérique européenne et de cybersécurité à la française alors que la marche du monde semble nous indiquer tout le contraire. Cyril au micro est toujours avec mon cher pas préféré.
Salut Mick, je suis aujourd'hui un cherpa. Bah dis donc, c'est la classe. Salut Cyril. Bonjour à tous. Aujourd'hui, on va parler politique Mick H comme dans à peu près tous nos épisodes finalement. un petit peu et oui parce que la tech c'est systémique. Mais aujourd'hui nous allons vraiment à la source en recevant Anne Leenanf, ministre délégué chargé de l'intelligence artificielle et du numérique. Ancienne rapporteur de la loi visant à sécuriser l'espace numérique, la fameuse, elle est réputée pour sa maîtrise technique des dossiers cyber. nommé au gouvernement en 2025, elle porte une ligne ferme face aux plateformes et défend un investissement massif dans l'IA européenne. Et c'est la deuxème fois qu'on accueille un ministre du numérique en fonction. C'était
Jean-Noël Barreot qu'on avait reçu avant avant Anne aujourd'hui du coup en 2024 ont succédé quelques autres ministres. Donc on est ravi d'avoir Anne aujourd'hui. Effectivement oui, c'est une occasion en or. Tu as raison pour aller au cœur des sujets qui nous animent chez Trenchtech. Souveraineté numérique, cybersécurité. Il y a régulation, vous savez si vous nous suivez qu'on en parle régulièrement. Alors, la France peut-elle vraiment protéger ses intérêts et ses citoyens ou promettent-elle plus qu'elle ne peut tenir ? D'abord sur le front de la conquête de notre souveraineté numérique puis en terme de moyens dont dispose vraiment la France face aux ambitions qu'elle affiche. Bonjour madame la ministre, merci d'avoir accepté notre invitation. Ici, la tradition c'est que tout le monde se
tutoie même avec Jean-Noël. Alors Anne, est-ce OK pour toi aussi ? C'est OK pour moi, je vais vous tutoyer. Parfait. Génial. Bonjour Anne. Bonjour. Alors euh toi de l'autre côté de l'écran, si tu nous suis pour la première fois, sache que dans cet épisode, tu auras également droit à un bonus. En l'occurrence la chronique de l'anguerin, un moment d'égarement et puis le débrief de notre échange avec Anne, juste entre Mick et moi-même les 5 dernières minutes de l'épisode. Je pense qu'on va avoir des choses à se dire. Peut-être qu'on débordera une fois n'est pas coutume. Alors, reste bien jusqu'au bout. Allez, c'est parti pour le grand entretien. Jusqu'où la France peut-elle vraiment peser dans le numérique ? Vous êtes bien dans Trenstech et ça commence maintenant.
Trenchtech, esprit critique pour ta critique. Alors on va entrer directement dans le dur parce que le retour de Trump à la Maison Blanche et la guerre économique qu'il a déclenché a fait l'effet d'une claque à l'Europe et a remis sur le devant de la scène notre ultra dépendance aux technologies américaines. C'était bien connu. Certains comme nous alertons d'ailleurs depuis des années. Je crois que toi aussi. Mais maintenant notre souveraineté devient une cause nationale. Alors Anne, finalement quel est le plan pour la regagner cette souveraineté dans le numérique où on semble accuser tellement de retard finalement ? Alors le plan, c'est d'abord d'en être conscient de cette dépendance et finalement peut-être de ce risque que ça représente pour notre souveraineté, notre autonomie.
Et je dirais que tu introduis avec Donald Trump, bah je dirais qu'un peu c'est grâce à Donald Trump que il y a cette vraie prise de conscience, non seulement prise de conscience mais envie de réagir, d'agir. Donc cette conscience collective, ce réveil stratégique, c'est une bonne chose. Finalement, c'est vrai que moi je me le suis souvent dit que que ça pourrait peut-être effectivement sonner le réveil de la France, le réveil de l'Europe. Bon, néanmoins, il faut pas se mentir, la situation, ça fait 20 ans que l'Europe et la France négligent le numérique notamment par rapport aux US. Quelques chiffres, les entreprises US ont investi 300 milliards de dollars entre 2020 et 2024. Sur la même période, c'est seulement 62 milliards en Europe, 5 fois moins. Dans le même temps, les
États-Unis investissent environ 5,5 % de leur PIB dans les nouvelles technologies en 2023 environ. Et puis en France, c'était seulement 3,2 % pardon dans la zone euro, pas seulement en France. Alors, comment on peut rattraper un tel retard ? Est-ce que la claque et le réveil que tu évoques là vont être suffisants ? Oui. Oui, honnêtement, parce que on a envie de rassembler l'équipe de France, mais aussi l'équipe d'Europe parce que c'est vrai que la France toute seule, elle ne pourra pas répondre à à tous les sujets. Mais au niveau politique, que ce soit le président de la République, que ce soit le Premier ministre Sébastien Lecornu, une feuille de route commune, récupérons trouvons notre puissance. Ça ne veut pas dire être isolé sur nous-même, ça veut pas dire fermer nos
frontières, réduire ses dépendances. Mais ceci dit, il faut qu'on se pose la question pour retrouver cette autonomie, pour être le moins dépendant possible, bah il faut d'abord mesurer ses dépendances. C'est peut-être ce qu'on a pas fait jusqu'à présent. Et autre chose, euh difficile quand même de rattraper 20 ans 30 ans euh d'équipement numérique informatique américain principalement et en quelques années et quelques mois de les de les balayer. Notre objectif c'est de les réduire. Il y a un sujet par exemple euh qui est vraiment un vrai cas d'école pour moi, c'est le cloud. Le cloud, on est très dépendant, on a décidé d'être moins dépendant et donc on met en œuvre une cartographie de ses dépendances dans le cloud. Et notre objectif, la politique, c'est ça, ça sert à ça, c'est de prendre
des décisions pour réduire ces ses dépendances. Mais on pourra pas le faire tout seul, il faut le faire au niveau européen et puis avec tous les acteurs privés qui Ouais. Donc ce que tu nous dis finalement, c'est bon un en cartographie, euh de euh ça va être sur le temps long et 3 on fait des choix de priorité stratégique. Là en l'occurrence le le cloud en étune, mais bon, est-ce que le nerf de la guerre c'est pas quand même les budgets, l'argent et notamment cet argent côté États-Unis. euh qui est mobilisé beaucoup par le privé, par les fonds d'investissement et cetera, qu'on a beaucoup de mal à mobiliser en Europe. Où est-ce qu'on trouve cet argent et comment on arrive à le mobiliser ? Non pas de la dépense publique seulement, on pourra y revenir, mais en tout cas aussi
de ce capital risque notamment. Alors, c'est vrai qu'on n'est pas sur les mêmes échelles, hein, c'est puissance 10, c'est multiplié par 10 les investissements euh américains quand c'est pas largement plus. Donc il faut euh il il faut qu'on trouve les moyens de de finalement de rassembler euh cette mane financière qui nous aide à à à accompagner les entreprises. Alors nous au niveau public, on est au rendez-vous quand même. On a des dispositifs euh sur des secteurs clés stratégiques comme le cloud, la cybersécurité, le quantique. Li bien sûr avec des programmes publics ou en tout cas où on met des finances sur la table. C'est France 2030, c'est la Frenchtech mais ça suffit pas. La commande publique, c'est une autre piste. Et là
avec Roland l'escur et et bien et David Amiel, nous avons établi une doctrine de commande publique quand on et ça c'est la stratégie, on dit du make or buy et c'est la dinum qui est aux manettes. Quand un une solution existe sur le marché, on privilégie la solution privée plutôt que d'inventer un produit qui existe déjà. Donc ça c'est on on veut être exemplaire mais ça ne suffit pas. Pour vous donner un chiffre, pour te donner un chiffre, euh la commande publique sur les produits numériques, c'est 4 milliards d'euros à peu près. En comparaison, les entreprises du 440, c'est 10 fois plus 47 milliards. Donc la commande privée, tu comprendras bien qu'elle est essentielle également. Il
faut donc inciter les boîtes à utiliser leur marché pour porter les les futurs champions français et européens. Et enfin, il faut peut-être qu'on réfléchisse à notre modèle de financement des entreprises. Il faut attirer des capitaux étrangers, européens, mais même extraterritoriaux à partir du moment où ça se situe en France et qu'on met les règles euh notamment sur la protection des données, sur le respect des valeurs, euh sur la lutte contre les les lois finalement extraterritoriales, de les de les évidemment à tout prix de les contourner. Et bien, il faut qu'on appelle des investisseurs. C'est le cas, par exemple avec euh le sommet IA où le président Emmanuel Macron a a annoncé 109 milliards d'euros sur la filière IA. Et ça fonctionne bien. Je peux vous dire
que en 1 an, les investisseurs sont arrivés. Ils sont américains, ils sont des Émirats arabes unis, ils sont Indiens. Donc après, il faut accompagner tout ça évidemment. Et moi je pense, je vous le dis, pendant la campagne présidentielle, c'est clair qu'en 2027, les candidats devront peut-être euh proposer aussi des choses sur le financement des technologies de rupture parce que par exemple les Américains, tu vois, ils ont euh les fonds de pension, nous on n'a pas ça en France. Donc la capitalisation, l'épargne des Français, euh les banques, les assurances, enfin, il y a des pistes quand même. Il faut qu'on réfléchisse sérieusement là-dessus. Alors, c'est c'est évident que on verra ce qui va se passer en 2027 parce que lors des des précédentes élections, on n'a pas très souvent
entendu parler euh du numérique comme un comme un un socle d'un du du programme des des différents candidats. D'ailleurs, euh si on on revient euh sur euh sur ce que tu viens de nous dire, évoquons les solutions euh sens ou bleu encore qui font un peu figure de je dirais de de d'emblèmes de de symboles aujourd'hui. Alors, elles sont certes sécurisées, mais elles ne résolvent pas totalement la question de la dépendance parce qu'elles sont encore construites sur des technologies américaines. Donc, est-ce que c'est notre seule planche de salut ou comment faut-il envisager la suite ? Je comprends très bien ta question, mais ce que je veux te dire pour te rassurer, c'est que toutes les données ne se valent pas. Il y a des données qui sont beaucoup plus sensibles, voire même
critiques. C'est clair que ces données, elles doivent être dans des clouds euh labellisés, qualifier. Secnum Cloud qui est le plus haut niveau de cybersécurité qui n'est certes pas souverain, c'est d'ailleurs pas le rôle de Secnum Cloud, mais malgré tout en tout cas qui soit totalement étanche euh à la fuite vers des territoires en dehors de de la France sur la souveraineté puisque je pense que c'est ça que tu veux me dire derrière tes questions. Sens et bleu, ce sont des clouds qu'on dit hybrides. hybride parce que justement euh avec cette stratégie très forte que nous avons de développer l'IA en France, il faut des lieux pour accueillir toutes ces données. Et toutes
ces données, elles seront dans des data centers, euh dans des clouds euh puisque même si c'est du du cloud, euh il y a bien un endroit physique et nous on choisit euh politiquement que ces data center soient localisés en France. C'est déjà un point de départ essentiel puisque ça veut dire que les data centers situés en France sont éligibles aux lois nationale et notamment la protection des données la le RGPD si c'est un territoire européen et puis une maîtrise beaucoup plus forte de de ces données. Sans et bleu sont des solutions qui sont françaises. pour l'un Orange et Cap Gémini, pour l'autre Talè. C'est
hermétique à l'accord ou en tout cas le contrat qu'ils ont passé avec les solutions et les porteurs américains Microsoft pour l'un et Google pour l'autre. Il y a vraiment une étanchéité entre euh l'opérateur et puis euh euh celui qui va finalement euh gérer et piloter euh le le euh cloud. Donc les deux seront Secnum Cloud, donc totalement euh protecteur des données. Et puis euh au niveau technologique euh et évidemment euh en fonction des de du type de données, il n'y a pas euh de possibilité étant situé euh en France, étant une société française, capital français, il n'y a pas de risque de
fuite de données. La souveraineté, comme je le disais au début de notre entretien, la souveraineté, ça va se faire dans le temps long. Euh on essaie de faire en sorte que ce soit quand même le moins long possible. Euh mais il y a différents types de cloud. Il y a les cloud souverains, il en existe outsale, OVH, ils sont un certain nombre, scaleway et donc on a des clouds souverains et bien sûr, il faut inciter les entreprises et les administrations à déposer leurs données sur les clouds souverains. Il y a des solutions cloud hybrides qui sont quand même protecteurs des lois extraterritoriales et puis il y a les clouds ouverts. Mais je vous dis finalement le rôle de chaque gouvernance qu'elle soit publique ou privée, c'est
de se dire "Ces données, je veux qu'elles soit sauvegardé ou est-ce qu'elles sont sensibles ? Est-ce qu'elles sont stratégiques ?" Ça c'est la priorité effectivement pour revenir un petit peu sur cette notion de seum cloud. Euh donc historiquement, c'était avant tout une protection des données. Puis ça s'est élargi à l'extraterritorialité, c'est difficile à dire, du droit euh notamment américain. Donc la la il y a une nouvelle terminologie avec effectivement ces ces cloud hybrides. Euh qu'est-ce qui fait que finalement aujourd'hui on est plutôt sur des grosses solutions ? on vient de les évoquer, on vient de leur donner enfin d'en donner le nom de de cloud hybride plutôt de cloud totalement souverain. Je pense que c'est important de revenir sur ce que l'on met derrière cette notion de
souveraineté numérique et qui est souvent évoquée, peut-être parfois un peu galvodée. J'aimerais bien que tu nous donnes toi peut-être ta définition parce que c'est une expression qui fait débat notamment dans les milieux autorisés. Il y a beaucoup de gens qui sont plus très à l'aise avec cette notion de souveraineté numérique parce que elle paraît tellement comment dire exagérée compte tenu de la chaîne de dépendance. tu l'évoquais toi-même tout à l'heure. Est-ce qu'il serait pas plus juste de dire que la souveraineté totale finalement est devenue illusoire et si c'est le cas, sur quelle priorité à ce moment là devons-nous nous nous concentrer ? Alors, je suis je enfin je suis totalement d'accord avec toi, c'est que euh la souveraineté numérique, il y a différentes définitions. D'ailleurs
euh souvent quand j'en parle, je vois bien dans les réseaux sociaux, il y a des réactions. Pour moi, la souveraineté, c'est trois choses. C'est d'abord soutenir l'offre française et européenne, c'est-à-dire par des dispositifs, par de la commande privée, de la commande publique. On a des acteurs, on les soutient, on fait en sorte qu'ils grandissent, qu'il puissent développer grâce à leurs chiffres d'affaires, au business qu'ils font, développer des produits qui vont nous permettre de répondre à notre envie et notre objectif de souveraineté et d'indépendance technologique. La deuxième chose, c'est que il faut mesurer ses dépendances pour les J'aurais même dû commencer par ça, mesurer ses dépendances technologiques pour les réduire, c'està-dire que et dire bah ce secteur là, il est pas
couvert. Par exemple, les puces, par exemple certains types de logiciels, on n pas l'offre ni en Europe, ni en France. Donc on sait que c'est un une zone vide et qu'il va falloir remplir. Mais pour ça, il faut l'identifier nos dépendance. Euh sur sur la question des puces, clairement, est-ce qu'on est en mesure de de de remplir ce trou dans la raquette là où on sait que bah il faut pour produire des puces, si on cite ne serait-ce que Nvidia, il faut un accès à des ressources primaires et ressources naturelles qui sont extrêmement cadennaassées, je dirais, notamment par les Chinois. Est-ce que c'est euh euh réaliste de de vouloir remplir ce ce cette lacune de notre côté où est-ce que
il faut faire avec et accepter l'idée qu'on sera pas euh sur une souveraineté totale et c'est pas très grave, mais au quel cas, il faut peut-être arrêter de parler de souveraineté et trouver là aussi une autre terminologie. Bah le fait de ne pas le faire serait une faute. Euh c'est pour ça que je pense aussi que le le ministère en cher de li du numérique est à Bercis. C'est c'est c'est très fort dans la mesure où c'est le ministère de l'économie, il y a les ministères de l'industrie, il y a effectivement les ressources rares qui permettent de développer les les certains produits qui vont contribuer à réduire notre dépendance technologique. Donc de toute façon, il faut le faire. On a des entreprises euh mais Nvidia a a pour
l'instant un quasi monopole. Il faut nous qu'on investisse sur ces entreprises qui sont sur ce marché, les aider à se développer. Ça passe par de la commande, ça passe par la recherche et développement, ça passe euh par des aides publiques. Bon, c'est vraiment dans cette logique là qu'on est pour essayer de rattraper ce retard pour avoir le choix. En fait, c'est ce qu'on souhaite. Mais ce n'est pas illusoire, ça le deviendrait si on n'essayait pas. C'est-à-dire, si on se dit c'est comme ça et qu'on était euh finalement euh très fataliste fataliste et c'est pas notre état d'esprit, on est vraiment combatif sur cette réduction de la dépendance. Par contre, je dois me confier à vous en disant de temps en temps puisque je vois que le le terme souveraineté numérique
que j'ai utilisé dès que je suis arrivée, hein, j'ai été nommé le 12 octobre, le 13 octobre, je le voilà, je je le disais déjà. Euh peut-être que le mot autonomie stratégique serait peut-être plus adapté. Ben alors justement, je voulais te je voulais te demander. Si on prend le terme souveraineté tel que tu l'as défini, ça englobe au sens très large deux choses. La sécurité sécurité de donner y compris l'immunité aux lois extraterritoriales américaines. Le SECNUM Cloud donne cette sécurité là et fait que si c'est hébergé dans un hébergeur secum cloud, les Américains ne peuvent pas y accéder par construction. Et tu l'as dit, c'est l'une des normes où Cyril peut-être je crois les plus exigeantes au niveau mondial si ce n'est la plus exigeante au niveau mondial. Et
puis de l'autre côté, il y a la question de l'autonomie finalement euh qui est le fait de disposer de technologies qu'on a-même construite et donc d'être autonome là-dessus. Et la souveraineté finalement, c'est tout ça sur le sujet de l'autonomie. Du coup, les clouds bleus ou sense, on n'est pas autonome, on est on est sécurisé parce que ils sont en cours ou ils sont labellisés cloud, mais on n'est pas autonome puisque ça repose sur les technologies américaines. Qu'est-ce qui se passerait si demain, et c'est quand même une menace qu'on entend de plus en plus, les États-Unis choisissaient d'augmenter les tarifs drastiquement éventuellement d'accès à ces technologies, voir appuyer sur ce que certains appellent le kill switch, donc fermer tout accès à leur
technologie ou aux mises à jour de leur technologie, ce qui serait à peu près aussi grave dans dans le monde cyber. Qu'est-ce qui se passerait si on faisait ça vu l'extrême dépendance des entreprises mais aussi des administrations publiques à ces technologies américaines ? Admettons que ça arrive dans 6 mois. Alors, espérons que ça n'arrive pas dans 6 mois déjà. Oui, vraiment. Euh justement, c'est que Num Cloud dans son dans ses critères euh il y en a un certain nombre. Euh, il y a notamment l'impossibilité de de couper l'accès à à au cloud, euh labelliser et qualifier Secum Cloud parce qu'il y a un certain nombre de il y a un certain nombre de critères et notamment de capitaux. Il faut que les
capitaux soient euh européens au maximum euh français ou européens. Euh il faut euh également que les euh les actionnaires euh soient français, les salariés également du cloud, je pense à sens et est et est et bleu notamment. Euh il y a euh une volonté quand même dans Secnum Cloud de euh pr de se prémunir de ce risque de coupure. Il y a pas de possibilité sur les données sensibles en tout cas et donc stratégique. C'est pour ça que quand on dépose ces données dans un cloud, il il faut bien choisir le le cloud en se disant si il coupe dans 6 mois, si je perds ces données effectivement parce qu'on a plus accès à internet
bien est-ce que c'est vital pour moi ? Donc déjà tu nous dis bonne nouvelle, pas de pas de kill switch quand on est sur du Sectum Cloud. Génial. Bon néanmoins, si les Américains arrêtent de nous envoyer les mises à jour, dans Windows, on en a à peu près toutes les semaines. Sur les serveurs qui sont dans dans le cloud, c'est à peu près pareil. Ça revient quasi au même. Si on a plus assez aux mise à jour, ça veut dire que on est hyper exposé à des failles de ces logiciels. C'est très ennuyeux aussi. Alors sur Secnum Cloud, euh normalement au niveau technologique, l'opérateur euh est autonome technologiquement, donc il n'est pas dépendant de du fournisseur dans je pense à sens et à bleu. Ils sont autonomes technologiquement et les cloud
seum clown également. Ça fait partie des critères. Je vous rappelle que pour avoir la qualification Snum CL, c'est euh entre 1200 1500 points euh à valider. Il il y a il y a des contrôles, c'est des c'est des jours, des des mois et des années de travail. Ouais. Des années, on peut dire c'est 2 ans de 2 ans, 3 ans de travail. C'est donc beaucoup de mobilisation aux ressources humaines également en terme d'ingénieur. C'est c'est extrêmement important. Donc c'est vraiment euh ça se mérite c'est Knum Cloud. C'est pas je coche quelques cases et on y va. Non, pas du tout. Mais pourquoi ? C'est clair, c'est pas une médaille en chocolat et en plus parce que ça le vaut bien. Ça le vaut bien. On est quand même un peu pr J'aime bien mettre à l'écran le gars qui n'a pas de cheveux à ce moment.
Ah oui, merci merci pour la rêve. Euh on va rester simplement sur ces sur ces idées de faille parce que on vient de voir donc Secum Cloud effectivement bon nous nous prémunit d'un certain nombre de choses. Néanmoins, il y a des acteurs je dirais sur le marché qui se qui qui agissent dans dans l'ombre. Parlons 2 secondes de cybersécurité. Je disais que tu étais particulièrement robuste sur ces sujets. Euh quelques chiffres pour nos auditeurs et nos auditrices. 43 millions de personnes qui ont été exposé sur le Darknet entre 2024 et 2025. 348000 atteintes numériques, c'est plus 74 % pardon en 5 ans. Et ça coûte bah environ 2,2 milliards de pertes pour les entreprises notamment avec les questions de de de randomware et cetera. Bon alors
ça explose. Tu as affirmais récemment dans la presse que la situation n'est pas hors de contrôle. Qu'est-ce qui nous permet de le penser ? Alors déjà LAN précise, le directeur Vincent Schrubel précise que il y a pas une explosion massive. Par contre, il y a une profitialisation professionnalisation des attaques cyber. Elles changent, elles évoluent. On a connu il y a quelques années beaucoup de fishing donc de de mail malveillant. Vous cliquez dessus et et bing, vous perdez vos données et on vous demande une rançon pour les récupérer. Quand vous les récupérez, si vous payez ce que je veux vraiment, ce qu'il ne faut absolument pas faire. Oui, parce que parfois ils ont même pas la la clé pour décrypter, hein. Ils achètent le package sur le darknet et eux-mêmes n'ont pas la clé pour
décrypter derrière. Voilà. Donc, il faut pas tomber dans le panneau, faut pas faut pas être naïf. En tout cas, les cyberattaques deviennent de plus en plus industrialisées, beaucoup plus massives. Il y a des attaques nouvelles qui sont extrêmement dangereuses pour euh pour notre la je dirais pour notre pays tout entier. Ce sont des des ingérences étrangères par exemple. Euh il y a des il y a des cyberattaques qui euh vous l'avez dit, ça coûte énormément d'argent et et il y a des entreprises qui disparaissent tout simplement suite à des cyberattaques. Donc ça vaut le coup quand même d'investir dans sa cybersécurité. L'État évidemment ne regarde pas cela sans rien faire. et et heureusement. Et donc ça se traduit souvent par du règlement, donc des des décisions réglementaires ou des
des évolutions législative. La loi sécurisée, réguler l'espace numérique euh de 2024 l'a permis notamment et on a introduit dans la loi dite SEN euh une notion euh qui s'appelle cloud au centre qui impose euh notamment aux données euh publiques des administrations centrales de déposer toutes les données de l'administration. dans des cloud seum cloud. Donc vous voyez qu'on mesure quand même qu'il faut protéger cela. Euh nous avons également euh des législations européennes qui vont nous aider à rendre plus robuste aussi. Donc c'est le euh le le DSA euh au niveau de de de la Commission européenne de
l'Europe ainsi que la directive de la commande publique. Mais le meilleur moyen pour se protéger grâce à la revue nationale stratégique qui a été éditée en en juin dernier, c'est que finalement tout le monde se sente concerné. Et là où avant c'était peut-être une affaire de spécialistes, de techniciens dans les entreprises, dans les collectivités, aujourd'hui ce n'est plus le cas. La cyber résilience de la nation, c'est l'affaire de tous. Donc de la sensibilisation, de la formation, de l'accompagnement des entreprises, quel que soit leur taille et peut-être même plus euh encore les TPE, les PME qui sont particulièrement vulnérables. Euh c'est c'est la c'est la piste suivie. Et on a aussi une loi qui est en cours d'étude au Parlement qui est la loi qui est une directive européenne, la loi
résilience. Et dans la loi résilience, vous avez le niveau minimum de cybersécurité imposé à 15000 entités en France pour leur permettre d'être plus robuste et plus finalement prête à la cyberattaque. Mais les guides de l'ANC, c'est un une c'est vraiment une vraie mine d'or. On vous invite effectivement à aller sur l'ANC et consulter les guides. Surtout quand vous êtes des petites entreprises, n'hésitez surtout pas, c'est c'est très bien fait. Euh Anne, pour terminer cette première séquence, il y a une question bonus désormais dans Trenchtech cette saison et c'est l'heure de la question bonus. Disons que c'est surprenant que dans une institution qui défend le savoir, une certaine tradition intellectuelle propre à l'Europe continentale et dont l'une des mission
est quand même de défendre le débat démocratique, de recevoir quelqu'un qui se revendique précisément de l'effacement du dépassement de la démocratie puisque on le connaît aussi à travers cette cette maxime he que tout le monde a je pense maintenant entendu hein qui il déclare en 2009 je ne crois plus que démocratie et liberté soit compatible lui entend promouvoir la liberté et donc cette défense de la liberté c'est véritablement la défense du du marché sans aucune entrave. En fait, on est en janvier 2026. Peter donc ex compagnon de route d'on Musk au moment de PayPal Peter Till qui est le fondateur de Palentir qui fournit de la donnée et de la surveillance algorithmique à la NSC, à l'AICI mais aussi à des groupes industriels. Bref, est reçu à l'Académie des sciences
morales et politiques de Paris. euh lui qui incarne une vision de la tech et de la démocratie qui est aux antipodes de des nôtres. Euh que qu'as-tu penser toi de ce passage de Peter Til à Paris et rappelons qu'il est passé très récemment aussi euh euh en Italie euh où il a été un peu un peu boudé ? Alors là, franchement, ce n'est pas du tout ma vision de la tech ni de la démocratie. D'ailleurs, lui, il a il incarne finalement une tech qui est très dominatrice, une une tech de de rupture. C'est c'est quelque chose d'assez même totalement agressif. Là où nous on nous défendons une tech qui est plutôt qui permet l'émancipation,
l'éthique, la souveraineté. Sa vision pour moi, elle n'est pas européenne. Il estime que l'innovation finalement devrait s'affranchir des règles démocratiques, de des contrepouvoirs et de la régulation. Nous pensons exactement et je pense exactement l'inverse. Euh l'innovation, elle n'a de sens que si elle est compatible avec l'état de droit. Euh nous réfutons et je réfute le PH West numérique. Tout à fait. Rappelons à l'audience encore une fois que Peter convoque l'idée de l'antéchrist pour symboliser finalement tous ces états qui cherchent à réguler la tech et sussur aux oreilles des puissants aux États-Unis et notamment de de Donald Trump par la voix de Jedy Event. Bonne ambiance hein chez Peter bonne ambiance. Tiens, à propos de bonne
ambiance, c'est le moment de retrouver notre ami Laurent Guérin et son moment d'égarement qui va se valoir assez savoureux, vous allez voir. Tu bluffes Martony, ton arme n'est pas chargée. Oups, un moment d'égarement. Aujourd'hui, Laurent, j'ai envie de dire une fois n'est pas coutume, tu nous parles d'escroquerie au féminin et d'une certaine Ellisabeth Holmes, fondatrice de Terranos. Depuis que le monde est monde et l'homme est homme avec un grand âge, on s'entend, ce sont les hommes avec un petit qui font la guerre, les dictatures et les arnaques du siècle. Quelques noms au hasard Bernard Madov, Charles Ponzi, Jordan Bfort, Sam Bckmanfright, Adam Neyman, Jérôme Carviel, Nick Lisson, Grégor McGregor, j'en passe et des meilleurs. Mais rassure-toi Falbala, l'arnaque existe
aussi au féminin même si beaucoup moins. Voici quand même une innovation qui se barre en sucette. Voici Elizabeth Holmes de son nom de famille comme Caty Holmes, la brève épouse de Cruise Tom de son prénom. Mais ce n'est point sa sœur à Kathy. Tu suis ? Bon Holmes encore comme Sherlock, ce grand détective anglais qui mit autant de cœur à percer des mystères au grand jour qu'Élisabeth n'encacha des mystères auprès de ses pères. Alors Laurent, j'imagine qu'avec ce nom pareil, elle a dû déduire que le monde de la tech était rempli de pigeon parce qu'on ne parle pas d'une petite arnaque de quartier. Là on est quand même sur du grand art. Oui, nous sommes en 2003 et la petite Ellisabeth Holmes réalise qu'elle n'aime pas les prises de sang. Oh bah alors choupinette, les piqûes,
c'est pas dans sa nature. Alors que c'est bien connu, nous autres les aiguilles, ça nous titille les chakras. Et à défaut de se prendre une intraveineuse, Ellisabeth, elle devient entrepreneuse. Elle commence par imaginer des patchs, mais elle pivote très vite vers une invention révolutionnaire, l'analyse sanguine, sans seringue, sans douleur, sans délai, limite sans sang. Elle emprunte le charisme, le ton de voie et l'école roulée de Steve Jobs, son idole claque un PowerPoint de déglingo et bingo. Ellisabeth lève un demi million de dollars puis 6 millions, puis 100 millions, puis 30, puis 45. Bref, un schéma classique dans la silicone vallée, une bonne idée, une bonne gueule, une grosse chat et tu touches sans patates sans passer par la case modèle économique. Mais alors, comment
ça marche ? On analyse de 100 100. Et ben en fait Ellisabeth commercialise des machines incroyables qui viennent ponctionner quelques gouttes de sang au bout de ton doigt sans faire bobo pauvre chopinette et qui livre une analyse dans la foulée 20 minutes plus tard. Les machines sont même capables de réaliser 200 analyses simultanément 200 100 bon 100 c'est quand même beau le progrès. Wgreens la plus grande chaîne de pharmacie aux US et c'est foué une grande chaîne de magasin signe un contrat avec Terranos. Des centaines de machines sont installées. Ellisabeth en profite pour continuer à lever des fonds, faut bien scaler. Et ce sont 500 millions supplémentaires qui viennent arrondir ces fins de mois. En 2014, la valorisation de Terranos atteint 9 milliards de dollars. Malgré un nom tout
pourri, il faut bien le dire, mais Thermos etos étaient déjà pris. Atos, Mantos et Portos aussi. Et en 2015, Elizabeth Holmes est désignée par le magazine Forbes comme la plus jeune et la plus riche selfmade woman des États-Unis. Évidemment, tu vas nous dire qu'il y a pas que le nom qui était pourri. Je te la fait courte, tout était bidon. Bidon. Les machines, elles marchent pas. Les test, ils sont faux. La promesse du pipo. Plus c'est gros, plus Elizabeth et son complice Sunny Balwani avec qui elle est par ailleurs en relation secrète ont mystifié les investisseurs, les clients, les médias, la silicone vallée, le grand public, les agences santé qui n'étaient même pas officiellement chargé des contrôles pendant 10 ans. 10 ans d'un plan qui se déroule sans accro. Mais quand tuindique
à un patient qu'il est atteint du virus HIV alors qu'il l'est pas, que tu détectes une grossesse là où il y en a pas, pas de cancer, là où il y en a un, tu finis par t'attirer des ennuis. Et oui, on plaisante pas avec la santé aux États-Unis et c'est le Wall Street Journal qui finit par révéler à la supercherie. La chute est brutale pour les bandits. Escroquerie, mise en danger de la vie d'autrui. Sunny and Beth sont au trou depuis 2023. J'ai envie de dire pas de veine. Trchtech, esprit critique pour ta critique. Bien an, on a vu avec le terme de souveraineté numérique que parfois ça pouvait être un petit peu galvodé et qu'il fallait creuser un tout petit peu. Toi, tu parles souvent d'une IA de confiance. Là aussi, il faudrait développer un petit peu en tout cas une
a de confiance qui serait plus respectueuse des valeurs européennes face au modèle américain ou chinois par exemple. Alors moi je suis pour. Je crois que Mic aussi on est on est tous pour en tout cas chez chez Trenchetech mais concrètement euh entre l'aberration écologique des data centers, le scandale social des travailleurs exploités pour entraîner ces ces IA, ce qu'on appelle les data workers et puis le pillage en terme de propriété intellectuelle. Comment fabrique-ton une IA compétitive sans tourner le dos à nos principes ? La base c'est d'avoir une vision. Quel a veux-on finalement ? Et nous avons la chance d'être en Europe. Et en Europe, nous avons des valeurs. Et nous pensons nous, la France qui a une troisième voie pour l'IA qui se situe entre les
États-Unis, celle qui est conçue aux États-Unis et telle qu'elle est portée aux États-Unis et puis celle de la Chine par exemple. Cette voie et ben elle tient compte de nos valeurs et les valeurs c'est pas quelque chose de virtuel, c'est quelque chose de de réel. C'est donc une IA finalement qu'on doit concevoir, je dirais presque by design ou en tout cas dans les usages aussi. euh avec ses valeurs. Ces valeurs, c'est quoi ? C'est l'éthique. Il faut qu'elle soit respectueuse de l'environnement, qu'elle place l'humain au cœur de l'IA et qu'elle respecte la population. Euh c'est donc au service de l'intérêt général. Ça veut dire que ça se conçoit by design. Ça veut dire que il faut se mettre aussi des contraintes de fonctionnement. Ça veut dire aussi que
il y a une adhésion des industriels qui portent euh la technologie IA en en France et en Europe et que finalement on partage avec tous les collègues euh européens cette même vision. Donc c'est le cas, j'ai pu le tester euh à Bruxelles et euh à New Delhi où nous avons porté ce message là avec le président de la République quand nous sommes allés au sommet pour l'IA, on a pu constater que c'était très largement partagé au-delà de l'Europe notamment par les Indiens et par les Canadiens par exemple. Je pense qu'il peut y avoir consensus effectivement sur le principe he sur le papier. Maintenant, comment est-ce que ça veut dire qu'on on doit capable de créer des solutions d'IA qui ne soient pas entraîné avec une labellisation des données reposant sur un travail des fameux data workers qu'on
retrouve plutôt dans le sud global. Ça veut dire qu'on peut créer une IA qui soit suffisamment compétitive face au modèle actuel et qui ne soit pas aussi énergivore avec d'énormes data centers. Pourtant, il y a des projets de d'énormes data center en France. Euh comment on fait en fait véritablement ? C'est une équation compliquée euh mais je pense que il ne faut pas que la régulation freine l'innovation h mais l'innovation ne justifie pas qu'on ne protège pas non plus. Et donc on a pour cela euh au niveau européen un règlement qui s'appelle le RIA euh le règlement sur l'intelligence artificielle ou AI act qui donne les bases de ce que nous acceptons et de ce qu'on n'accepte pas.
On a nous avons par exemple au niveau de l'Europe des discussions sur le marquage. Euh on se pose la question et nous on est assez fan les Français pour dire bah en fait nous on souhaiterait que quand c'est une production entièrement faite par l'IA bah que ce soit indiqué. On souhaite également que il n'y ait pas d'accès à des contenus ou des la génération de contenus illicites dégradants qui qui discrimine dans l'IA que nous voulons au niveau de l'Europe et au niveau de la France. Ce qui amené aux actions contre Grock de de X de de Musque par exemple. Exactement. Et donc là en France nous on avance et on le partage toutes nos réflexions. Le président a demandé de réfléchir sur l'impact de l'IA génératif
sur les populations et sur la démocratie. Euh on on est avec des spécialistes en train de travailler, des spécialistes, des chercheurs euh sont en train de de réfléchir et remettront un rapport au président de la République. En dans le même temps, c'est un message que nous portons au niveau de l'Europe. Nous n'acceptons pas en fait n'importe quoi. Et quand les États-Unis par exemple nous interrogent sur notre ils sont un petit peu moqueurs quand ils nous voi réguler le moins mais en fait la régulation la régulation n'empêche pas l'innovation et vous savez je pense même que l'IA avec les valeurs que nous portons, ça va devenir et ça l' déjà un vrai avantage concurrentiel par rapport à d'autres IA mondial qui ne
tiennent pas compte de l'humain mais qui font que du business. Bon le point clé du coup effectivement c'est la c'est la réglementation. tu l'as dit, il on prome le le RIA en Europe. Néanmoins, en même temps qu'on le prome, d'abord les négociations ont quand même été très complexes et pour le coup, c'est plutôt la France avec Mistral et l'Italie qui ont cherché à affaiblir les hact euh au moment où où il est où il est entré en vigueur. Et puis son entrée en application maintenant, on essaie aussi de l'affaiblir notamment avec le digital Omnibus, cette espèce de de paquet réglementaire qui vient réformer le RGPD mais qui tente de venir réformer aussi les ACT. Je lisais ce matin, je crois, ou que l'application des exigences pour les IA dites à haut risqu donc pour
faire court celle qui expose le plus des humains et qui qui amène le plus de risqu pour des humains dans des domaines RH, par exemple de la sécurité ou des choses comme ça pour le coup en contradiction avec nos valeurs. Ben oui oui, c'est elles sont à haut risque et donc c'est là elle pourrait être l'application de de ces de ces éléments de l'Ac pourrait être repoussé à décembre 2027 alors qu'ils étaient censés entrer en application là en mois d'août 2026. Donc est-ce qu'on va arriver à les faire respecter ces valeurs, à les faire appliquer dans des règlements qui sont constamment remis en question, y compris au sein des 27 ? Déjà comme tu le dis, on est 27 autour de la table, donc c'est compliqué. On n pas tous le même la même vision. Euh nous on veut une IA qui nous ressemble.
On est beaucoup à le partager avec les Allemands, avec les Danois, les pays du Nord, avec euh avec l'Espagne. Mais c'est vrai que 27 autour de la table et parfois avec des pays qui n'ont pas de complexe euh je dirais et ont une vision très atlantiste finalement de de l'IA par exemple, et bien il faut discuter pas à pas. Ce n'est pas simple. la révision euh de l'omnibus numérique enf l'ommibus numérique européen n'a pas pour objectif d'affaiblir notamment une partie qui nous est chère en France, c'est le RGPD. Mais c'est vrai qu'il faut qu'on trouve un juste milieu entre innovation comme je le disais tout à l'heure et régulation et forcer de constater par exemple que le RGBT n'est pas appliqué partout de la même manière en Europe.
Mais tu penses qu' qu'on y est là quand on veut repousser l'application des IA à haut risque à plus d'un an, tu vois, un an et demi quasiment alors queon s'apprête à le faire rentrer en application puisque c'est dans seulement quelques mois. Tu tu crois que là on est dans ce bon juste milieu toi ? Parce que concrètement, excusez-moi, mais c'est pas que une affaire d'être 27 autour de la table, c'est un gros coup de pression de l'administration Trump qui fait un peu rétropédaler sur des mesures effectivement qu'on a mis énormément de temps à mettre en place. Euh donc si on si on est sujet à ces gros coûts de pression de l'administration américaine euh et qu'on repaage le tout et euh finalement c'est une énorme boîte noire à la fin euh ça ça en dit long aussi sur
notre incapacité finalement euh sur un plan géopolitique à tenir nos engagements euh pour euh faire prévaloir nos valeurs. Je précisément alors la France elle est moteur he moteur sur ce RIA. Euh nous on est très engagé, on est clair, on a montré qu'on était euh très clair sur les valeurs, sur le fait qu'on avait pas peur de saisir la justice quand c'est nécessaire et les instances indépendantes, les organismes indépendants, l'affaire Chine, l'affaire euh Grock. On saisit nous dans le droit national euh les instances euh réglementaires euh et de la même manière, on le porte au niveau européen. Ça a quand même donné lieu à une une enquête contre Chine, contre Groc, une sanction contre X. Donc nous on est vraiment moteur et en fait il nous on est enfin je suis confiante sur
l'aboutissement de ce qu'on ce qu'on souhaite mais c'est vrai que ça nécessite d'être quand on est moteur aussi la responsabilité d'amener avec nous d'autres pays parce que plus on est nombreux c'est comme la majorité numérique voyez plus on est nombreux et plus on fait bouger les lignes mais il faut pas être naïf la France n'est plus naïve et nous nous savons qu'il y a des enfin des pression des influences très très fortes des grandes plateformes américaines notamment vraiment à Bruxelles et notre rôle, notre responsabilité c'est au quotidien et c'est ce que font mes équipes ici et c'est ce qu'on fait à Ber et l'ensemble du gouvernement pour rappeler quelles sont les lignes rouges que nous ne souhaitons pas franchir mais c'est vrai que on n'est pas tout seul.
Qu'est-ce que tu souhaiterais toi à Bruxelles ? Je je comprends bien la position que toi tu représentes de la France. Maintenant, si on prend un peu de hauteur, il me semble qu'un des grands enjeux qu'on va avoir et Cyril commençait à l'évoquer, c'est de parvenir à tenir dans un bras de fer qui va certainement être de plus en plus intense avec les États-Unis. On voit Thierry Breton qui qui s'est quand même fait sortir, on peut on peut on peut le dire, de son poste de commissariat européen qui s'est fait bannir des US par ailleurs juste derrière. On voit les pressions quand on inflige des amendes qui sont trop fortes. Une des dernières était était à X au niveau européen justement au titre du DSA si que que tu as cité tout à l'heure si si je me souviens bien. J'ai en tête aussi un
moment lunaire où dans le même temps une conférence de presse du SUA Varan si je me souviens bien elle nous annonce "C'est bon on a un accord pour avoir du gaz américain et au fait c'est bon on a un accord pour échanger nos données européennes avec les Américains." Donc il y a un vrai euh dans la même conférence de presse, tu dis "Non mais c'est pas possible, il y a eu un marchandage, on a on a marchandé du pétrole contre des données. Comment on va tenir et qu'est-ce que toi tu souhaites à l'Europe ou comment tu crois que l'Europe doit s'y prendre pour tenir sur ce bras de fer ? D'abord, il faut qu'on soit solidaire les uns des autres et il faut qu'on soit extrêmement présent au côté de Enaverkunenon en ce qui nous concerne dans notre domaine euh à la Commission européenne parce que euh
je dois moi euh personnellement, je je le pense tirer mon chapeau parce que je peux vous dire que la fonction qui est là, c'est extrêmement difficile. J'ai vu j'ai vu comment euh des des des Américains pouvaient se comporter en pression. Oui. Rappelle-nous quel est son poste à cette personne. Moi je je l'ai pas en fait. Alors euh Ena Verkunen, c'est la vice-présidente de la Commission européenne en charge de tout ce qui est numérique, donc tout ce qui est euh date euh le le DSA, le DMA, tout ce qui régitate, les réseaux sociaux et cetera. Donc elle a elle a énormément de pression hein. Je je je le pense. Je veux bien le croire. Je voilà. Alors, d'abord, il faut que nous, la France, on soit intraitable parce que la France, elle est leader en Europe et
le couple franco-allemand est essentiel. Quand on a fait notre sommet à Berlin, on le sommet la thématique du sommet de Berlin c'était la souveraineté numérique. On avait décidé ensemble avec l'Allemagne et on y est encore en train d'y travailler parce que vous voyez c'est c'est pas à pas hein qu'on avance. Euh nous on a on est assez ferme là-dessus. c'est de définir finalement ce qui est un service numérique européen. Quand on définit ce que est un service numérique européen, ce qu'on accepte ou ce qu'on accepte pas de des grandes plateformes, des réseaux sociaux et qu'on le défend ensemble et que la commission nous suit, ça a été le cas, je vous l'ai dit, sur les affaires et les contenus illicites, bah je dirais que ça bouge les lignes et puis on voit beaucoup en bilatéral
aussi, c'està-dire que quand je me suis déplacée à New Delhi, quand je vais en Allemagne, quand je vais à Bruxelles, ben j'ai des rendez-vous en bilatéral Et il y a aussi des homologues qui viennent ici à Ber me rencontrer. Et il faut donc convaincre que il faut aller dans le même sens dans la solidarité, définir ce qu' un service numérique européen et de dire bah c'est ce service numérique européen qu'on va tous privilégier. le cloud dans la révision notamment le cloud and AI Development Act, il faut qu'on ait une vision commune. Donc ça veut dire être très présent à Bruxelles, être très clair sur notre vision et puis finalement le bras de fer, il ne faut pas en avoir peur. Euh ce n'est pas une
exclusion d'un pays. Ça veut pas dire on exclut et on veut pas travailler avec les Américains. Non, dire on a dire on a des valeurs, vous les respectez. De même que quand nos entreprises vont aux États-Unis, elles respectent les règles américaines, et bien on vous demande à l'inverse en réciprocité quand vous venez en Europe et le marché européen est le plus grand marché mondial, ben que vous respectez nos valeurs. Voilà. Tout à fait. Donc on comprend une fois, on a un poid voilà c'est ça. On a un point finalement c'est c'est la c'est le marché. On sait on sait que c'est ce qui les intéresse effectivement et il faut le faire valoir. Néanmoins, il faut autour de la table des moteurs, tu l'as dit, la France est motrice. Il faut néanmoins pratiquer une forme de diplomatie
à l'échelle du numérique pour s'entendre collectivement. et on sait qu'il y a pas que sur le numérique que les disensions ou en tout cas les accords sont difficiles à comment dire à à formaliser. Revenons 2 secondes sur la France qui joue son rôle à l'échelle de l'Europe. Un sujet piquant mais qui en agace plus d'un forcément. Tu défends un soutien de l'offre de nos champions locaux français en l'occurrence et comment ne pas te suivre dans cette idée ? Pour autant, la France continue d'acheter encore massivement Américains. On en a fait mention tout à l'heure beaucoup de Microsoft entre autres encore récemment au niveau de de comment dire de l'éducation nationale avec un contrat sur 4 ans, 75 millions de d'euros je crois. Bon, c'est quoi la feuille de route pour finalement
justement valider cette préférence nationale ? Alors, on a comme je l'ai dit tout à l'heure au début de l'entretien euh avec Roland l'escur et David Amiel mis en place un une doctrine de l'achat public. Hm hm. euh dont euh la directive, elle est de privilégier les achats euh auprès d'entreprises euh nationales et européennes. En parallèle, le Premier ministre a également rédigé un invadécom sur les données sensibles en donnant des critères très stricts euh d'oréavant des règles applicables par toutes les administrations pour euh le la protection et la sauvegarde des données sensibles, c'està-dire stratégique de l'État. Donc c'estàdire dans des clouds souverains et Secum Cloud. La réalité
c'est que on a pendant des décennies installé des logiciels et des et des et des équipements américains. Euh les utilisateurs, y compris les fonctionnaires, les agents publics euh sont recherchent en fait la le confort dans l'utilisation de tous les jours, la dinume qui dépend de l'État. Et là aussi pour trouver des solutions alternatives et en train de travailler sur une suite euh notamment qui va permettre d'utiliser, c'est un premier pas, des outils collaboratifs euh des visos. Euh donc il faut dans certains cas pour réduire cette dépendance au moins au niveau de l'État être en capacité de proposer des solutions alternative. Et puis nous nous disons au aux acheteurs
publics, il y avait d'ailleurs une rencontre, il y a une rencontre aujourd'hui à Ber acheteurs publics euh de de l'État, tous les ministères confondus euh et puis euh et puis les acteurs euh du numérique. Euh c'est que il faut pas avoir peur euh parce que c'est vrai que quand on parle de Bercis, c'est 10000 agents. 10000 agents. Parfois pour une petite entreprise française, l'acheteur public peut se dire s'il y a la moindre opération de maintenance, si il y a ça demande des capacités énormes et donc il y a ce risque que va-t-il se passer s'il y a un problème ? Bah, il faut faire confiance. C'est-à-dire que petit à petit, faut qu'on prenne cette habitude peut-être pas sur les grandes les grandes suites, je dirais, et les grands service
logiciel, mais par contre sur des API, sur des sur des applications plus pour des plus petits usages, de commencer à prendre ce réflexe, de choisir en priorité des acteurs français. Euh et puis il faut euh puisque le code des marchés publics le permet si on le lit bien, si on le connaît bien euh sans bien sûr il faut être faut respecter la loi hein et le code des marchés publics. Donc sans le trahir euh réussir à à privilégier l'achat euh auprès d'entreprises françaises et européennes. Ah on arrive quasi au terme de notre entretien, mais on veut pas te laisser sans parler aussi des grands sujets qui intéressent directement les Français, qui préoccupent directement euh les Français, tous les sujets et notamment les parents que nous sommes tous les
deux d'ailleurs. Effectivement qui est tous les sujets de la protection notamment des mineurs euh en ligne. Alors, il y a eu notamment l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans qui a fait couler beaucoup d'ancre, qui a valu beaucoup de de débats. Don Jean-Noël Barot nous avait d'ailleurs parlé quand on l'avait quand on l'avait reçu. C'était déjà dans dans les réflexions. On parle beaucoup aussi d'établir une majorité numérique. On parle beaucoup de protéger l'identité numérique sur laquelle d'ailleurs, excuse-moi, il y a pas encore consensus au niveau de l'âge. On sait pas bien si ça va être 15 ans, si ça va être 13 ans. On aimerait quelques quelques éclaircissements. Oui. Ouais. Quelques éclaircissements sur sur la vision et surtout comment on va parvenir à appliquer ça.
C'est toujours la même question finalement. Ouais, bonne nouvelle. C'est applicable en tout cas. Euh on a suffisam Oui, on c'est applicable parce qu'il existe il il existe des outils euh et pour vérifier l'âge de manière euh certaine et juridiquement solide. D'accord. Alors juste une précision, le processus de la majorité numérique à 15 ans, puisque c'est bien 15 ans hein, c'est pas 13 en France, c'est 15 ans, le processus n'est pas terminé puisque c'est en cours d'étude au Parlement. Ça a été voté à l'Assemblée nationale. C'est mardi matin, tous devant vos écrans pour regarder la séance en direct de la du Sénat. C'est c'est mardi matin euh le l'étude du texte sur la majorité numérique et l'interdiction du téléphone portable au
lycée au Sénat et c'est les sénateurs qui vont donc prendre le relais. Précisons qu'on enregistre le 27 mars 2026. Donc mardi matin, ce sera le 31 mars 2026 pour vous qui nous écouterez. et l'épisode ne sera pas encore en ligne. Donc ne vous ne vous jetez pas sur le Sénat mardi matin, vous pourvez être déçu. Par contre, toutes les séances sont en replay sur le site du Sénat, donc vous pouvez la revoir. Voilà, donc à regarder en replay effectivement. Euh donc 15 ans. Euh donc il existe des outils. L'idée c'est de porter faire porter la responsabilité sur les réseaux sociaux, sur les plateformes en disant euh aujourd'hui il y a des risques pour la santé mentale des enfants. Euh il y a de l'addiction, il y a des comportements destructeurs pour eux-mêmes qui peuvent aller
jusqu'au suicide. Il y a un isolement, une envie de rester chez soi face à son écran, mais de plus avoir de copains, il joue au foot dans la rue ou aller dans une association ou ou autre. Donc il y a des effets des des effets vraiment délétaires sans parler de euh du dénigrement vis-à-vis des des filles euh et cetera et cetera. Donc, il est nécessaire de protéger nos enfants. C'est l'unique objectif de cette majorité numérique. Faire porter la responsabilité sur les plateformes, elles doivent contrôler l'âge. Nous ne sommes pas dans le même système que l'Australie. L'Australie, eux, c'est une estimation d'âge qu'ils ont choisi. Mais vous savez, parfois aujourd'hui, quand un jeune est devant un écran, puisque c'est une reconnaissance faciale, euh et
bien entre 15 et 14 ou 16, vous voyez, il peut y avoir des nuances. précis et totalement fiable. Nous, on demande aux plateformes de vérifier l'âge par un tiers de confiance. C'est-à-dire que ce n'est pas un développement qu'ils vont faire eux-mêmes en interne. C'est prenons un réseau social, il va solliciter l'aide et la vérification d'âge auprès d'un tiers de confiance public ou privé. Public, ça peut être par exemple France Connect, France identité. Ouais. euh ou privé puisqu'il y a aussi des entreprises qui sont en capacité de vérifier l'âge. Là, le tir de confiance revient vers la plateforme et lui dit "Oui, cette personne, elle a euh plus de 15 ans, tu peux la laisser rentrer sur
ton réseau social ou non, il a 12 ans, tu ne peux pas." Et ça ça pourrait être mis en place quand Anne ? Tu as tu as tu as un horizon de temps globalement. Bah disons que nous on souhaiterait vraiment que ce soit le plus vite possible parce que plus on attend bah plus il y a des enfants qui sont encore euh enfermés euh à voilà exposés et enfermés dans des algorithmes. Euh mais là tout dépend en fait du Parlement puisque c'est le Sénat et en fonction de la sortie du Sénat, nous allons notifier nous gouvernement à la Commission européenne qui nous dira si c'est conventionnel euh et à l'État français pour dire si c'est constitutionnel. Donc nous on souhaiterait que ce soit la rentrée 2026. C'est ce qu'on a dit depuis le début, mais c'est vrai que là, on est un peu quand même dépendant euh de
finalement du circuit du parcours au Parlement et c'est tout à fait respectable parce qu'on a besoin des parlementaires pour voter la majorité numérique en France. C'est c'est la démocratie. Euh en en un mot simplement, c'est les hasards du calendrier, le le signalement de TikTok euh aujourd'hui euh quelques jours avant justement le mardi 31 mars euh concernant le les les risques euh identifiés quand même pourtant depuis depuis longtemps de de suicide de lié au mo j'ai raté une actuation. Le ministre de l'éducation nationale a a effectué un signalement à la justice concernant TikTok. euh avec son cabinet, ils ont créé un compte un faux compte sur TikTok d'un adolescent de 14 ans et ils ont été exposés dans les 20 minutes qui suivaient euh à des euh à des vidéos
euh dépressives incitant euh euh au suicide et ça ce que l'on sait déjà de depuis longtemps que l'on sait mais mais là ça a été signalé et bien sûr bien sûr. Donc bon c'est signalé, on est le 27 mars, le 31 mars donc il y a une il y a une échéance. Est-ce que c'est juste le hasard du calendrier ou pas tout à fait ? Alors euh nous on est euh enfin la justice est totalement indépendante. Au au mieux nous on la saisit euh on saisit euh Phase quand il y a des des constats euh de contenu illicite euh qui mettent en danger euh la population, les enfants, on signale sur une plateforme qui s'appelle Pharaos qui est très importante. Quand vous constatez des contenus illicites, n'hésitez pas à aller sur PhaOS. Et puis bien sûr, on a saisi la justice, mais la justice fait son travail
indépendamment. Donc c'est un hasard du calendrier. Je noterai juste par contre que vous avez vu qu'aux États-Unis donc là d'où vient d'où viennent ces plateforme ? Il y a une une condamnation d'une plateforme qui a été donc condamnée à avoir mis en danger la vie d'une de adolescentes. Oui, tout à fait. Merci Anne d'avoir été avec nous pour cet épisode. Si je dois résumer en une phrase, l'enjeu est clair. En somme, soit nous construisons un numérique à notre image, bah soit nous finirons par ressembler aux algorithmes que nous nous contentons de consommer. Donc agissons. Merci d'avoir été avec nous. Pour vous qui nous suivez en en audio ou en vidéo, restez encore quelques instants. On va débriefer avec Mick de cet épisode avec Anne Leonf.
Merci madame la ministre. Merci beaucoup Anne. Merci. Merci beaucoup. Au revoir train tech esprit critique pour tech éthique. Bon bien a une bonne nouvelle pour toi qui avait une peur terrible du kill switch. Tu ne finiras pas comme le juge Guillou de la cour pénale internationale démuni de tes moyens de paiement avec ton ordinateur qui ne s'allume plus ou presque. Manifestement si on est sur du secnum cloud pas de kill switch c'est toujours ça pris. Ouais faut-il encore être sur du secnum cloud. Alors, c'était intéressant parce que bon, on a beaucoup de parlé de souveraineté évidemment, c'était je pense le sujet clé de cet épisode très clairement et elle nous a bien rappelé que la souveraineté c'était une notion finalement très large. On dit dans le milieu qu'il y a 50 nuances de
souveraineté, tu vois. Et Minima, elle a replacé quand même deux grandes idées. D'abord dans la souveraineté, c'est avoir la sécurité. Et donc effectivement pour ça, il y a un label qui est obtenu par une certification qui est donnée par LI, l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information et qui donc ce label, c'est un des plus exigents au monde hein, on on l'a dit, permet donc de garantir que les données, les applicatifs qui sont hébergés par ces ces ces ces clouds certifiés sont en sécurité y compris ont une immunité aux lois extraterritoriales américaines, technique et juridique. Elle a commencé par technique et puis ensuite on a rajouté la la brique juridique effectivement. Donc ça c'était sur l'aspect sécurité. Elle nous dit un deuxième point la
souveraineté c'est l'autonomie. Et là l'autonomie c'est donc que nous on gère complètement nos propres applicatifs que tous les logiciels qui soient utilisés et cetera soient français ou européens pour être pleinement autonome et ne pas risquer que les Américains ne veuillent plus nous les livrer, augmentent les tarifs ou ne nous fournissent plus par exemple de mises à jour sur ces sur ces logiciels là. Et là c'est un ça on a bien compris que ça allait prendre du temps tout ça forcément parce que le réveil le réveil est un petit peu récent. Il aurait pu arriver avant clairement. Alors c'est c'est bien déjà de se réveiller. Euh elle nous dit que finalement presque merci Trump hein de nous avoir réveillé d'une certaine manière. Néanmoins, le réveil est
récent, donc il va falloir arpenter un chemin qui est relativement long, d'une part pour industriellement bah proposer des solutions alternatives et puis aussi pour faire valoir nos droits, pour faire valoir nos réglementations qui défendent nos valeurs euh européennes et françaises. Et là, bah 27 autour de la table, il va falloir trouver les bonnes alliances parce que ça semble pas gagner. moins creux. C'est quand même ça que j'entends dans beaucoup de ces réponses. On peut être un pays moteur, d'accord, mais c'est pas gagné parce que on a certains de nos pays partenaires européens qui ont des intérêts, par exemple industriels qui vont les conduire à privilégier bah des accontentances avec les Américains et donc de céder ici pour gagner là. Et là, c'est une autre paire de manches quand
même. C'est toute la difficulté de notre modèle européen et c'est la grande question autour du bras de fer et du fait de est-ce qu'on va arriver l'Europe à tenir le bras de fer ? On a donner quelques convictions intéressantes. He d'abord, la France est parmi effectivement les pays moteurs. Il y a un couple franco-allemand dont on parle beaucoup qui s'exerce aussi là. Et puis elle a quand même indiqué, nous a donné quelques dessous finalement de son activité nous expliquant qu'il y avait des rencontres bilatérales avec ses homologues d'autres pays. C'est pas les plus médiatisés mais je pense que c'est des rencontres qui doivent pouvoir compter aussi dans ces grandes négociations et pour parvenir à à peser dans les votes européens à 27. C'est intéressant de voir cette mécanique.
Ouais. notamment dans ces rencontres bilatérales, moi je retiens l'Inde dont on sait à peu près que ils sont en train d'essayer de travailler sur des modèles plus frugaux et ce qui m'intéresse tout particulièrement parce que lorsqu'on veut défendre donc une IA dite de confiance qui respecte nos valeurs euh concrètement tout le discours d'NE moi j'achète mais j'ai pas pour l'heure suffisamment de concret pour savoir comment on n'installe pas des data center extrêmement énergivor sur notre territoire pour pouvoir justement faire tourner CIA I dans quelle mesure on va pouvoir entraîner ces IA donc sans le travail des des data workers et cetera. Donc tout l'opposé précisément de ces valeurs humanistes que l'on véhicule. Euh techniquement je Bah il y a il y a il y a il y a une
réponse aussi quand même c'est le règlement sur l'IA les act qui notamment alors on n'est pas rentré dans tous les détails hein mais oblige à beaucoup plus de transparence euh à minima sur la consommation qu'elle soit maîtrisée transparente qu' a des communications qui se faites dessus ce qui est le problème numéro 1 de ce sujet c'est qu'il y a aucune transparence de sur la transparence sur les données utilisées sur le droit d'auteur et cetera et cetera mais voilà il va falloirement la question falloir ça se mette en place on a parlé de l'omnibus qui pourrait repousser tout ça notamment Euh tout à fait et la question étant comment réussir à créer des IAS donc qui répondent à tout ça effectivement mais qui sont suffisamment compétitif pour qu'on se retrouve pas
une fois de plus dans le modèle qui est celui dont on hérite aujourd'hui qui est de tourner avec du Microsoft à peu près partout ou du Google ou du AWS parce que finalement les alternatives ne sont pas suffisamment compétitives même si elles respectent un grand nombre de nos critères pour respecter justement c'est là que moi elle m'a donné un chiffre que je rêvais d'avoir. Je lui ai pas demandé mais elle a donné ce chiffre qui qui me turlupine depuis ça c'est rare qu'un politique te dise des choses sans même que tu besoin de quand même c'est je me suis toujours dit tu sais on dit il faut que la commande publique elle s'oriente vers les solutions françaises il faut que ce soit la commande publique qui aide avant tout les solutions françaises et cetera elle
a rappelé la commande publique c'est en en numérique c'est 4 milliards quand la commande privée en numérique c'est 47 milliards on peut se dire bon déjà 10 % c'est pas rien pourquoi pas il faut orienter dessus c'est aussi une valeur d'exemple et puis une valeur d'entraînement ensuite pour les solutions privées. Oui, bien sûr, mais quand j'entends certains penser que c'est un peu la réponse à tout, à mon avis, on se trompe de débat. Trch. Et voilà, merci d'avoir passé ce moment avec nous pour questionner la capacité réelle de la France à peser dans le numérique. On espère que nous vous avons permis d'exercer votre esprit critique pour une tech plus éthique. Et à présent, qu'allez-vous en faire ? À vous de prolonger cet épisode. Partagez-le autour de vous. Faites connaître
Trenchetech en nous mettant 5 étoiles sur les plateformes de podcast ou levez tout simplement un pouce et cliquez sur la cloche pour vous abonner à notre chaîne YouTube. Ça c'est une bonne idée. Et avant de nous quitter, je vous laisse réfléchir à ce que disait De Gaul en 42. La démocratie c'est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave. Portez-vous bien jusqu'à notre prochain épisode. À très bientôt.
Crunchtech. Esprit critique pour saque.
Anne Le Hénanff