IL FAUT RÉTABLIR L'ISF - Mélenchon
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 25 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00MélenchonChiffre
« dans toute Europe c'est 1000 milliards de fraude qu'il y a en plus »
- 5:30MélenchonChiffre
« dans notre pays c'est 85 milliards et bien si tout le monde payait la part d'impôt prévu il n'y aurait pas de déficit du budget de la France »
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Ma présence à cette tribune sur ce texte veut d'abord exprimer le soutien le plus complet du mouvement des insoumis, du groupe parlementaire insoumis à la proposition de loi présentée par nos camarades communistes. Et nous saisons toutes les occasions comme nous l'avons fait notamment avec la proposition du groupe socialiste pour rétablir l'impôt sur la fortune.
J'ai été deux fois le candidat à l'élection présidentielle des communistes et je me reconnais totalement dans la proposition qu'il dépose aujourd'hui puisque c'est celle que nous défendions en commun dans ces élections et tenez compte du fait qu'elle a connu une faveur populaire qui mériterait que on la traite mieux que de balayer dans revers de main cette idée comme étant absurde comme étant démagogique j'ai entendu encore d'autres tout à l'heure. C'est pourquoi à cet instant je ne vous ferai pas de rapport chiffré ? Je l'ai déjà fait à cette tribune et mes camarades communistes viennent de le faire en épuisant tous les arguments sur le sujet.
Je voudrais rappeler qu'une société ne peut fonctionner qu'à la condition que ceux qui en partagent le destin et le sort, comme c'est le cas dans la patrie républicaine, s'identifie les uns aux autres et le sentiment que tous participent aux mêmes efforts. Ce n'est donc pas une question technique que celle de l'impôt. Ce n'est donc pas une question subsidiaire qu'il faudrait faire figurer sur la marge des comptes des entreprises pour savoir si ça va mieux ou si ça va moins bien. Non, ce n'est pas le sujet. Nous vivons ensemble, donc nous devons partager l'effort. Voilà ce que se disent les Français depuis 1789 et même bien avant.
C'est pourquoi ils ont ressenti comme choc la suppression de l'impose sur la fortune. Si vous aviez supprimé l'impose sur la fortune au moment où le chômage aurait baissé de manière spectaculaire, si vous l'aviez supprimé au moment où la pauvreté ne toucherait plus 9 millions de personnes, peut-être qu'il l'auraient compris autrement, mais ils ont eu le sentiment qu'au moment de la pire peine, ont trouvé le temps et le moyen de soulager l'effort de ceux qui n'en fournissent guerre pour les autres. Vous ne pouvez passer à côté de ce choc et ne dites pas que la mesure va améliorer la situation. Dans un instant, je rappellerai pourquoi cela est impossible.
Les Français ont su quel était l'équivalent de cette somme parce que nous nous sommes chargés, comme c'est notre devoir de le leur dire. Ne dites pas que ce n'est rien que l'impô sur la fortune supprimée. C'est 75000 logements sociaux qu'on ne peut pas faire. C'est 70000 places en crèche, c'est 60 c'est 60000 enseignants et c'est 50 hôpitaux. Ce n'est pas rien. C'est une somme considérable. Et elle est arrivée au moment le pire, c'est-à-dire au moment où vous demandiez aux gens de payer davantage pour se transporter d'un endroit à l'autre en augmentant les taxes sur les carburants. Or, l'accès au service qui dépend de cette mobilité revenait à être rendu plus difficile et donc plus coûteux.
Et donc les gens savaient qu'ils avaient à arbitrer entre l'essence qu'ils mettraient dans leur réservoir ou bien la nourriture qu'ils achèteraient ou bien ou bien ou bien voilà à quel moment l'impôt sur la fortune a été supprimé. Le pire qu' soit. On ne demande pas un effort supplémentaire aux plus pauvres quand on est en train de cajoler les plus riches qui eux ne renvoient jamais l'ascenseur sur la masse des Français. J'ajoute que les Français savent comprennent qu'il y a un contexte qui conduit à une situation vraisemblable dans toute l'Europe dont on ne parle pas assez à cette tribune.
que compte tenu du dumping fiscal qui existe en Europe, méthodiquement organisé parce que comme on n' pas assez de fonds structurel, on pense que chaque pays va s'offrir les investissements dont il a besoin en attirant à lui des entreprises et des fortunes et en baissant le niveau de l'imposition qui s'exerce sur ces entreprises et sur ses fortunes.
si bien que mécaniquement partout les taxes explosent celle qui pèse qui est l'impôt que tout le monde paye comme l'a très bien rappelé mon camarade Jean-Paul Dufrain tout à l'heure avec la TVA qui est l'impôt le plus lourd et le plus injust sur le grand nombre et que progressivement les impôts qui pèsent sur le revenu ceux qui sont progressifs ceux qui pèsent sur les sociétés reculent. C'est un mouvement spectaculaire. En 1986, dans ce pays, l'impôt sur les les sociétés était de 45 %, il va être de 25. C'est-à-dire qu'en en 30 ans, 40 ans, 20 points de moins de prix sur la richesse produite par les travailleurs.
Est-ce que vous avez le sentiment que depuis il y ait plus d'emploi, plus d'entreprises, plus d'industrie ? Je retourne l'argument. Non, c'est le contraire parce que globalement cette méthode économique a asphyxié production, l'économie et l'échange. À cette comparaison, les Français savent aussi que il y a quelque chose d'insupportable et pour ainsi dire d'arrogant et de blessant à voir qu'on supprime l'impôt sur la fortune au moment même où on apprend que dans toute l'Europe, c'est 1000 milliards de fraudes qu'il y a en plus qui est fait sur l'argent que tous ces gens devraient donner qu'il ne donnent pas et c'est en vol. Et dans notre pays, c'est 85 milliards.
Et bien si tout le monde payait la part d'impôts prévu, il n'y aurait pas de déficit du budget de la France et nous serions excédentaires. Les voyou, les voleurs sont ceux qui trichent avec le fisque et plongent la patrie républicaine dans les difficultés dans lesquelles nous dépétrons aujourd'hui. Mes chers collègues, il y a une spécificité française sur la question de l'impôt bien sûr et de longues dates.
On se souvient de du 14 juillet 1789 à cause de la Bastille, mais la vérité c'est que la grande révolution a commencé la veille et la veille sur les 50 barrières de Paris auxquelles ont payé l'octroit, les gens qui se trouvaient de l'autre côté, c'est-à-dire à l'intérieur, ont foutu le feu à plus de la moitié d'entre elles. La grande révolution a commencé par la question de l'impôt et de la justesse de sa répartition. Réfléchissons-y. Les Français sont ainsi fait que ils se battent moins pour la répartition du revenu primaire dans l'entreprise en se syndical en se syndicant et en bataillant pour les pour les augmentations de salaires.
Ils pensent que ça souvent ils se disent "Bon tout ça c'est des affaires qui s de plus, ils n'ont pas moyen de faire autrement." La criminalisation de l'action syndicale, la destruction du code du travail, l'individualisation des rapports sociaux ont affaibli la capacité des travailleurs et des salariés à obtenir dans l'entreprise une plus juste répartition des fruits de leur travail, si bien qu'ils comptent sur l'impôt pour rétablir la justice et légale répartition. On le trouve dans tous les cahiers de revendication des États généraux de 1789.
Toujours les Français ont préféré compter sur l'impôt, c'est-à-dire sur la vision qu'ils se font qu'à un moment donné, au-delà des rapports individuel dans le travail, il y a l'intérêt général et que cet intérêt général, c'est par la loi, c'est par l'impôt qu'il se manifeste. Et bien, cet état d'esprit républicain, profondément républicain, c'est-à-dire révolutionnaire, il vit encore dans notre peuple.
Et ayez bien garde, prenez bien garde que si vous empêchez aussi la vapeur de l'émotion populaire et de ses attentes de s'exprimer à travers la revendication fiscale, vu que vous l'avez déjà empêché dans l'entreprise, vu que vous l'empêchez dans la rue par la force, à la fin, vous ferez tout sauter et ce sera bien fait et normal. Pour ma part, je souhaite les issues civilisées, celles qui passent par la loi, celles qui passent par la le débat et nous sommes à cet instant de notre histoire. Cesser de favoriser toujours les mêmes. Ayez un peu de compassion, de compréhension pour ce que pâtisse le très grand nombre dans ce pays.
La thèse économique sur laquelle repose le refus de l'impôt sur la fortune est que l'argent qui s'accumulerait de cette manière retournerait dans la production. C'est absolument faux et contredit par tous les chiffres dont nous disposons la suppression de l'impôt sur la fortune ou l'augmentation de l'accumulation du capital quel qu'en soit le moyen, c'est-à-dire notamment cette année par une pluie de dividende 57 milliards d'euros répartis dans le 440. Ne s'est pas retrouvé dans l'investissement.
Si vous voulez que les bénéfices se retournent dans l'investissement, taxer les bénéfices qui sont distribués en dividendes bien davantage que ceux qui sont réinvestis dans les entreprises en machines, en outil et en personnel qu'on embauche. Cela ce n'est pas fait. Donc ce n'est pas crédible. Vous n'attendez pas. Vous ne pouvez pas espérer le ruissellement. Toute la mécanique du capitalisme financier de notre époque montre que l'accumulation du capital et sa rentabilité est plus grande dans la sphère financière qu'elle nous dans les échanges réels.
Raison pour lesquelles les échanges réels au niveau mondial sont 4000 fois moindres en valeur réelle, en objet réel que ne l'est dans la sphère financière. Cette leçon, c'est celle du capitalisme de notre époque. La thèse fiscale que vous développez ne fonctionne pas. C'est la vieille thèse d'après laquelle le capital travaillerait. Le capital n'a jamais travaillé. Seul le travail produit de la richesse. Tout à l'heure, vous vous êtes vous vous êtes étonnés qu'on dise il faut du capital pour démarrer l'investissement. Pas du tout. L'emprunt il suffit largement.
Et la preuve c'est que le banquier central n'a cessé de déverser de l'argent sur les banques privées avec l'espoir qu'elle réinvestisse. 2800 milliards donnés par le banquier central aux banques privées pour qu'elle réinvestisse dont nous n'avons pas eu 1 € dans la production réelle et ceci depuis 2 ans. J'achève notre thèse fiscale Notre thèse fiscale est qu'il faut que tout le monde contribue à proportion de ces moyens. qui a beaucoup paye beaucoup, qui a peu paye peu. Les taxes doivent être moins importantes que les impôts progressifs. Mes camarades développent la thèse de neuf tranches d'impôts. Pour ma part, je porte 14.
Mais l'idée est la même et que la dernière soit très hautement taxée. La dernière tranche, pas la totalité, la dernière tranche. Alors, nous entendons des indignations qu'on n pas entendu à l'époque où la dernière tranche en France était à 65 %. Voulez-vous rétablir l'impôt révolutionnaire qui avait lieu sous monsieur Jacques Chirac ? Ce serait une très bonne idée. Voulez-vous rétablir l'impôt révolutionnaire qui avait lieu dans ce paradis du communisme que sont les États-Unis d'Amérique où sous le président Roosevelt c'était 90 % pour la dernière tranche ? Il n'y a jamais trop. Il faut savoir répartir.
Celui qui a moins dès qu'il a quelque chose l'investit par ses dépenses, par le bien et le bonheur qu'il essaie d'apporter à sa famille. Mon dernier mot sera pour vous dire que les politiques absurdes qui comptent sur l'investissement privé et le jeu mécanique des intérêts particuliers pour concourir au bien général sont précisément la raison pour laquelle il n'y a aucune économie écologique possible aujourd'hui. L'intérêt général commande la collectivisation du plus grand nombre possible des moyens. Merci monsieur le président [applaudissements] Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon