Entretien d'actualité n°80 - 09/08/2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse partielle
Le quotidien Les Échos a publié des informations inquiétantes sur la production automobile française. Pouvez-vous nous en dire plus ?
- 18:16OuverteRéponse directe
Vous avez plusieurs fois dénoncé les violences policières et la dérive fascisante du régime d'Emmanuel Macron. Pouvez-vous préciser un peu vos propos ?
- 25:56OuverteRéponse directe
Que pensez-vous de l'éclatement de la coalition gouvernementale en Italie ?
- 47:35OuverteRéponse directe
Vous l'avez déjà rapidement abordé. Mais où en est-on dans notre feuilleton de l'été, le feuilleton du Brexit ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:47Invité politiqueFait
« le dirham marocain est annexé sur un panel de monnaies qui tient compte à 60% du dollar et à 40% de l'euro »
- 5:09Invité politiqueChiffre
« PSA a commencé à annoncer des licenciements de 800 personnes en Allemagne »
- 6:37Invité politiqueFait
« les politiques récessives qui sont constamment imposées aux peuples par l'intermédiaire de la BCE et de la Commission européenne, ces politiques qui visent à diminuer tout le temps les retraites et prélever davantage de taxes, etc., ont un effet concret »
- 7:10Invité politiquePromesse
« nous, lorsque nous arriverons au pouvoir, nous diminuerons les taxations sur les entreprises, ainsi que les cotisations sociales, mais sur les PME »
- 11:06Invité politiqueFait
« le mot de « délocalisation » n'existait pas dans la langue française jusqu'à la fin des années 80 du XXe siècle »
- 19:40Invité politiqueFait
« M. Castaner, sous la pression de l'opinion, avait lancé une demande d'inspection à l'IGPN, l'Inspection générale de la Police nationale, qui a osé conclure qu'il n'y avait aucun rapport entre les forces de l'ordre et le fait que ce monsieur était tombé dans la Loire »
- 22:27Invité politiqueFait
« nous avons demandé que les députés et les sénateurs d'opposition lancent la procédure de destitution d'Emmanuel Macron, en vertu de l'article 68 de la Constitution française »
- 23:10Invité politiqueChiffre
« il suffit de 58 députés et de 35 sénateurs pour lancer cette procédure de destitution »
- 26:41Invité politiqueFait
« ce monsieur explique que malheureusement donc, les gens qui ne sont pas assez intelligents, c'est un problème de naissance, et que donc, il va falloir faire de la thérapie génétique, etc. pour les rendre plus intelligents »
- 55:35Invité politiqueFait
« Pas la presse papier, pas le Daily Telegraph, mais beaucoup des grands médias et la BBC, qui sont contre Boris Johnson et qui sont contre le Brexit. »
- 55:55Invité politiqueFait
« On nous explique que l'indice boursier, le (FTSE 100), voilà, un premier décrochage. »
- 56:15Invité politiqueFait
« Il y a eu un article diffamatoire qui a été lancé contre moi sur Internet : en gros que j'étais un imposteur parce qu'en fait, je militais secrètement pour Boris Johnson parce que c'est un ultralibéral. »
- 56:59Invité politiquePromesse
« Défense des services publics, défense du droit du travail, défense des retraites par répartition, défense de la démocratie, amélioration de la démocratie en favorisant le référendum d'initiative citoyenne. »
- 57:38Invité politiqueFait
« Boris Johnson a été un des leaders de la campagne du Brexit il y a 3 ans et demi, Jeremy Hunt qui était un des anti-Brexit et Jeremy Hunt qui avait annoncé la couleur qu'il voulait reporter aux calendes le Brexit. »
- 58:20Invité politiqueFait
« Quand on est face à un choix entre Boris Johnson qui dit : « Je vais faire le Brexit le 31 octobre », et l'autre, Jeremy Hunt, qui dit : « Je ne le ferai pas », je me contrefous, et tous les membres de l'UPR se contrefichent que Boris Johnson, par ailleurs, tienne des propos libéraux ou ultra-libéraux. »
- 59:02Invité politiqueFait
« Le gouvernement britannique, profitant de l'entre-deux actuel, a décidé la renationalisation de la ligne Londres-Écosse de chemin de fer, ce qui est contraire à tous les principes posés par la Commission européenne. »
- 59:39Invité politiquePromesse
« Nous invitons tous les Français à se rassembler à l'UPR pour le Frexit, que ce soient des Français de droite, de gauche, d'extrême-droite, d'extrême-gauche, du centre, des écologistes, etc. »
- 1:00:21Invité politiqueFait
« L'UPR n'est pas un parti de droite. C'est un mensonge. Nous avons été systématiquement classés comme au-dessus du clivage droite-gauche. »
- 1:02:23Invité politiqueFait
« La réponse cinglante que Trump a faite à Macron sur l'Iran, parce que voilà qu'Emmanuel Macron avait fait des déclarations en indiquant quasiment que les États-Unis avaient décidé ci et ci et ça. »
- 1:03:07Invité politiqueFait
« Quand on est chef d'État, on est chef d'État. Je crois que Macron n'a pas bien compris ce que c'est qu'un chef d'État. »
- 1:04:23Invité politiqueFait
« Macron s'était permis comme ça de dire : « Alors voilà ce que je pense de l'Europe. On va faire ci : défense européenne. On va faire ça. On va faire un impôt européen », nani, nani, nana, nanani, nanani, nanana. »
- 1:05:43Invité politiqueFait
« La position voulue par le Quai d'Orsay, qui est une position qui est quand même... Pour le coup que j'aurais plutôt tendance à soutenir, qui est quand même une position prudente qui évite de jeter de l'huile sur le feu. »
- 1:06:26Invité politiqueFait
« Les États-Unis ont dit qu'ils allaient installer en Asie des missiles allant de 500 à 5 500 km de portée, ce qui fait que d'une part, Vladimir Poutine en Russie a dit que l'ensemble de l'édifice de protection et d'architecture pacifiques du monde est en train de s'effondrer. »
- 1:09:11Invité politiqueFait
« Greta Thunberg dont on a appris il y a quelques jours qu'elle allait maintenant aller aux États-Unis sur un yacht dirigé par un membre de la famille princière de Monaco : Pierre – je crois – Casiraghi. »
- 1:11:16Invité politiqueFait
« Quasiment tous les jours que Dieu fait, eh bien vous avez des tueries de masse aux États-Unis. »
- 1:13:16Invité politiqueFait
« Il est vrai bien entendu qu'on sait qu'il y a une association : la National Rifle Association, la NRA, qui est une association de fabricants d'armes qui est extrêmement puissante aux États-Unis. »
- 1:15:12Invité politiqueChiffre
« Le Parti fédéraliste européen, qui est un tout petit petit parti français, qui propose une Europe fédérale, a fait 0,05% des suffrages aux élections européennes récentes. »
- 1:15:49Invité politiqueFait
« Elle n'avait en fait aucun argument à m'opposer à l'avalanche des contre-arguments que je lui donnais. Les seuls arguments qu'elle avait, c'était : « Oui, mais j'aime bien le croire », « Oui, mais il faut y croire », « Il faut garder espoir », etc. »
- 1:16:30Invité politiqueFait
« Le Conseil d'État qui a été saisi par cette QPC a examiné le dossier. La première information que l'on sait, c'est qu'il a considéré que c'était une information suffisamment substantielle et sérieuse pour que ce soit transmis au Conseil constitutionnel. »
- 1:18:34Invité politiqueFait
« Le Conseil constitutionnel soit décide de rejeter la question au préalable de constitutionnalité et de dire que c'est tout à fait justifié qu'il y ait ce seuil de 5%... Mais à ce moment-là, on va pas pouvoir dire qu'on est en train de bâtir l'Europe. »
- 1:19:14Invité politiqueFait
« Si d'aventure le Conseil constitutionnel se rangeait du côté de cette demande, le Conseil constitutionnel pourrait donc peut-être demander... Du coup, il renverrait ça au Conseil d'État. »
- 1:20:39Invité politiqueFait
« Sachant que nous avons fait – nous – 1,2%, sachant que les partis qui ont fait des pouillèmes de point, eux, ne pourraient pas avoir de parlementaires, peut-être... Ça serait ric-rac, mais peut-être ne serait-il pas impossible eh bien que la liste de l'UPR se voie gratifiée au bout du compte d'un parlementaire européen. »
- 1:21:21Invité politiqueChiffre
« On a appris il y a quelques jours qu'il semble que le nombre de personnes ayant signé a atteint et dépassé les 605 000 signatures. Nous sommes au mois d'août. »
- 1:22:01Invité politiqueFait
« La réforme qui avait été faite de la Constitution française, en fait, c'était se moquer du monde. 600 000 signatures, c'était d'ailleurs à peu près ce que nous, nous avions proposé dans notre programme. Nous, on avait dit 600 000, 700 000 signatures pour avoir un référendum. »
- 1:22:39Invité politiqueFait
« La privatisation d'Aéroports de Paris, c'est la privatisation d'un grand service public. »
- 1:24:06Invité politiqueFait
« Nous, nous arrivons à avoir 1,2% des suffrages dans des conditions épouvantables, alors que les médias font une omerta complète sur notre mouvement politique. »
Temps de parole
- François Asselineau100 %
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
{Bonjour François Asselineau. Et bienvenue dans cet entretien n°80. Nous sommes le vendredi 9 août. Et je commencerai par cette première question. Le quotidien Les Échos a publié des informations inquiétantes sur la production automobile française. Pouvez-vous nous en dire plus ?} Eh bien bonjour à toutes et à tous. Je suis heureux de vous retrouver en plein été. Moi, je prends des congés, notamment dans ma maison de campagne dans la Nièvre. Mais je circule un petit peu en France pour prendre le soleil et aussi pour m'intéresser à ce que me disent mes compatriotes.
J'ai d'ailleurs pu noter que l'UPR et moi-même sommes de plus en plus connus et bien connus dans un certain nombre d'endroits de France, ce dont je me félicite. Voilà. Alors là, c'est le 9 août. On est quasiment au plus creux de l'actualité. Et pourtant, il y a une actualité très importante. C'est la raison pour laquelle je suis revenu comme je l'avais promis pour faire cet entretien. Je vais essayer d'en faire tous les 15 jours. Je suis revenu pour m'entretenir avec vous. Alors effectivement, c'est peut-être l'un des dossiers les plus importants qui passe sous silence, parce que c'est sorti le 6 août. En gros, on n'en parle pas.
Le journal Les Échos a demandé à un cabinet de consultance de faire le point sur la production automobile française et a publié un article sensationnel... Enfin « sensationnel », un article qui a fait sensation dans le petit microcosme. Un article sur la production automobile française, qui va connaître un plongeon de 22% l'année prochaine, en 2020. Il y a une courbe que j'ai publiée. Il y a d'ailleurs une analyse de ce dossier sur le site. Je vous invite à vous y reporter.
Il y a une courbe qui a été présentée par le journal Les Échos qui montre qu'en 2004, il y avait en France 3 66* 000 véhicules produits, c'est-à-dire en gros 3,7 millions de véhicules produits en France métropolitaine en 2004. Et en 2020, on nous en annonce 1,7 million, c'est-à-dire une chute de plus de la moitié en l'espace de 15 ans. Alors face à un tel scénario, il faut quand même bien comprendre ce que ça signifie. Ça veut dire que si la production automobile n'est plus faite en France, elle va être faite ailleurs, puisqu'en fait, il s'agit de délocalisations industrielles pour la plus grosse partie de cette hémorragie. Entrons dans le détail. On a appris...
En tout cas, c'est ce que le journal Les Échos rappelle. Ce sont parfois des décisions qui remontent à quelques semaines voire à quelques mois. On a appris que PSA va délocaliser 98 151... Excusez le détail. À peu près 100 000 voitures 208 qui étaient produites dans son usine de Poissy dans les Yvelines, qui vont désormais l'être dans une usine à Kénitra au Maroc, qui a été inaugurée en grande pompe avec d'ailleurs Sa Majesté le roi du Maroc aux alentours du 21 juin dernier. Alors officiellement, c'est pour mieux pénétrer le marché africain. Officieusement, bien entendu, c'est pas la seule raison. En réalité, ces voitures 208 avaient déjà été en partie délocalisées en Slovénie – je crois –.
Mais avec le Maroc, on va fabriquer des voitures dans une zone qui est hors zone euro. Le dirham marocain est annexé sur un panel de monnaies qui tient compte à 60% du dollar et à 40% de l'euro, ce qui signifie que lorsque le dollar est faible, eh bien le dirham marocain suit plus le dollar que l'euro. Et donc il est beaucoup plus avantageux évidemment de fabriquer là-dedans. Ça n'est que la question monétaire. Bien entendu, il y a aussi la question des coûts sociaux, salariaux et environnementaux. Je ne vous fais pas de dessin. Le niveau de vie au Maroc, les salaires au Maroc, les cotisations sociales au Maroc sont évidemment très inférieures à ce qu'elles sont en France.
On a appris par ailleurs que PSA allait également transférer la fabrication de 146 220 Peugeot 2008 qui sont actuellement produites dans son usine de Mulhouse, qui vont désormais l'être à Vigo. Vigo, c'est en Espagne. C'est tout à fait sur la côte ouest de l'Espagne, juste au nord du Portugal. C'est dans la partie qu'on appelle la Galice. Eh bien il va donc y avoir ces (146 220) voitures qui vont être produites en Espagne. À ceci s'ajoute le fait que Renault a décidé de transférer la fabrication de 41 339 Clio qui étaient produites dans son usine de Flins dans les Yvelines, qui vont être désormais à Bursa en Turquie et à Novo Mesto en Slovénie.
C'est donc la troisième hémorragie, cette fois-ci qui concerne Renault. Et puis on a appris également, toujours par le journal Les Échos, que la production des Opel Grandland X, qui... Vous savez qu'Opel a été racheté par le groupe PSA. Il y a 70 000... Enfin 69 553 – pour être précis – Opel Grandland X qui ont été produites l'année dernière dans l'usine Opel de Mulhouse, et qui vont désormais l'être dans l'usine Opel de Eisenach en Allemagne. Alors cette fois-ci, il ne s'agit pas de bénéficier de coûts salariaux inférieurs ni d'une meilleure évolution de l'euro, comme c'était le cas pour les cas précédents. Là, il s'agit d'autre chose.
Il s'agit simplement que lorsque PSA a racheté le groupe Opel à General Motors, dans la corbeille de la mariée, le groupe PSA avait pris l'engagement de ne pas faire de plan social drastique, de maintenir l'emploi. Or, il y a un an, justement, PSA a commencé à annoncer des licenciements de 800 personnes en Allemagne. Et donc Mme Merkel avait tapé du poing sur la table. Donc en fait, PSA est obligée de transférer de la production dans l'usine Eisenach ex-Opel en Allemagne pour satisfaire les exigences de Mme Merkel et les engagements qui avaient été pris vis-à-vis d'elle. Voilà. Alors tout ceci, ça donne quelque chose comme à peu près 350 000 ou 360 000 véhicules transférés.
Ajoutez à ceci un recul de la production globale française qui est estimé à 102 000 véhicules, et ceci du fait de la mauvaise tenue des commandes. Il y a certains modèles qui marchent mieux que d'autres. Mais globalement, le marché est assez faible. Il est faible en France. Il est faible en Allemagne. Il est faible aux États-Unis. Mais le marché automobile européen est particulièrement touché. Et pourquoi ? Tout simplement parce que les gens ont de moins en moins d'argent.
Les politiques récessives qui sont constamment imposées aux peuples par l'intermédiaire de la BCE et de la Commission européenne, ces politiques qui visent à diminuer tout le temps les retraites et prélever davantage de taxes, etc., ont un effet concret. Pas seulement les manifestations des gilets jaunes : les Français qui voient leur niveau de vie décroître, mais lorsque le niveau de vie des gens décroît, ils achètent moins. On en arrive ici à un point absolument fondamental que beaucoup de nos responsables politiques ont oublié. Quand je dis « beaucoup », c'est la quasi-totalité d'entre eux.
C'est que c'est très gentil de dire : « Voilà, il faut supprimer les charges pesant sur les entreprises », « Il faut les diminuer », etc. C'est vrai que sur un certain nombre de PME, les charges sont excessives. D'ailleurs, nous, lorsque nous arriverons au pouvoir, nous diminuerons les taxations sur les entreprises, ainsi que les cotisations sociales, mais sur les PME.
En revanche, les très grands groupes qui – eux – dégagent des profits absolument mirobolants et qui s'ingénient par le système des vases communicants et des transferts d'écriture permis par les mouvements de capitaux à faire apparaître des bénéfices très faibles en France pour ne pas être taxés à l'impôt sur les sociétés, celles-là, eh bien nous les ferons payer. En attendant, puisque les classes moyennes en France et dans le reste de la zone euro ont de moins en moins d'argent, il est normal qu'ils achètent moins de véhicules. Résultat : la France voit ses carnets de commandes baisser. Pas sur tout. Il y a un modèle, le modèle Zoé par exemple, qui marche bien.
Il y en a d'autres – la Nissan Micra – qui ne marchent pas bien et qui étaient fabriqués en France. Voilà. Le résultat de tout ça, c'est quoi ? C'est que la France va à peu près perdre la production de 500 000 voitures dans l'espace d'un an en 2020. Alors il y a un moment à partir duquel il faut prendre de la hauteur de vue. J'ai posté un article, un dossier sur le site internet et sur nos pages Facebook. J'ai vu un certain nombre de personnes qui étaient un petit peu narquoises en disant : « Oui, mais tout ça, c'est... Si les voitures françaises étaient de meilleure qualité... », gnagni, gnagna. Non ! C'est pas du tout vrai.
Le mythe selon lequel les voitures françaises seraient de mauvaise qualité est un mythe. Je ne dis pas que les voitures françaises sont forcément toujours du top qualité. C'est vrai que certaines berlines allemandes – de Mercedes ou de BMW pour ne pas les citer – ont meilleure réputation du point de vue de la solidité. Mais je rappelle quand même que la France... La production française a fait des très très gros progrès. Que d'ailleurs on a des équipementiers automobiles qui vendent des équipements pour à peu près tous les fabricants d'automobile mondiaux. Que les modèles sont souvent des modèles composites venus de différents endroits.
Et donc c'est un peu un mythe que de dire que les voitures françaises seraient mauvaises. Et puis de toute façon, ça n'est pas la question. La question n'est absolument pas là. La question, ce n'est pas qu'on ferme les usines parce qu'on n'arrive pas à vendre les modèles. La question, c'est qu'on délocalise les usines qui marchent très bien. La 208 ou la 2008 ou ce qu'on appelle les modèles SUV, qui sont des faux 4x4, tout ceci marche particulièrement bien. Mais on les délocalise pourquoi ? On délocalise ça en Slovénie, en Turquie, en Espagne ou au Maroc parce que les salaires sont évidemment beaucoup plus bas, ainsi que les cotisations sociales.
Et pour des pays comme la Turquie ou le Maroc qui sont en dehors de la zone euro, il y a en plus le facteur monétaire qui joue dans le même sens. Pourquoi ça ? Vous le savez. Je l'ai dit depuis des années et des années. Et je le redis de nouveau. Parce que nous autorisons les entreprises à délocaliser leurs industries. Et depuis quand ? J'ai vu un commentaire sur la page Facebook, commentant ce dossier, qui disait : « Oui. De toute façon, l'Europe n'y est pour rien. Ça fait belle lurette que les capitalistes délocalisent leur industrie », etc. Non, non, non, non, non.
Ne tombez pas dans le panneau de certains partis de gauche ou d'extrême-gauche qui veulent faire croire aux Français que tout ce qui nous arrive serait de la faute du capitalisme et que tant qu'on resterait dans une société capitaliste, il n'y aurait rien à faire. Je peux comprendre que les gens veuillent sortir du système capitaliste. Ça s'appelle le communisme. Très bien, je peux le comprendre. Mais dire que c'est parce qu'il y a le capitalisme que les entreprises font des délocalisations, c'est faux ! Pendant des décennies entières, il n'y avait pas de délocalisations, et pourtant, nous étions en régime capitaliste. Il suffit de remonter avant les années 1986. Pourquoi ? Parce que...
Je l'ai dit dans plusieurs conférences. Mais je le redis ici, parce que je vois que beaucoup de gens ne comprennent pas, ne comprennent pas ce qui se passe ! Ça n'est pas nouveau que les salaires sont plus chers en France que ce qu'ils sont en Inde ou au Vietnam ou au Maroc. Ça n'est pas nouveau. Ça fait des décennies. On peut même dire que ça fait au moins un siècle et demi ou deux siècles que ça dure. Ce qui est nouveau, c'est que l'on autorise les entreprises françaises à aller faire travailler des salariés dans ces pays à très bas coûts de salaire pour y faire des productions qui, ensuite, vont être importées en France. C'est ça qui est nouveau. Ça, ça s'appelle les délocalisations.
Et renseignez-vous. Le mot de « délocalisation » n'existait pas dans la langue française jusqu'à la fin des années 80 du XXe siècle. C'est quoi, les délocalisations ? C'est autoriser une entreprise à sortir de France des capitaux par centaines... Ou voire par milliards de francs à l'époque, d'euros maintenant pour construire des usines. Parce que l'usine de Kenitra au Maroc que PSA vient d'inaugurer, elle n'est pas sortie d'un chapeau. Il a fallu que le groupe PSA sorte de France des centaines et des centaines de millions d'euros pour construire cette usine.
Eh bien jadis, naguère, puisque ceci était valable jusqu'en 1986, PSA n'aurait pas pu le faire s'il n'avait pas obtenu l'autorisation des pouvoirs publics, parce qu'il y avait ce qu'on appelait un contrôle des changes. Et les pouvoirs publics auraient certainement dit non, sauf à prouver que la production des 208 au Maroc était destinée uniquement au marché marocain voire au marché d'Afrique du Nord ou d'Afrique centrale. Mais si c'étaient des voitures qui étaient destinées à une réimportation en France, le gouvernement français aurait dit non.
D'ailleurs, l'usine de Vigo dont je parlais pour fabriquer les 2008 de Peugeot, on a appris que Peugeot PSA a fait un investissement de 500 millions d'euros, et d'ailleurs que l'Espagne a versé à Peugeot (20,7) millions d'euros dans la corbeille de la mariée pour favoriser cet investissement en Espagne. Donc là où le bât blesse, là où est l'origine des problèmes, ça n'est pas dans le capitalisme. Oh oui, bien sûr, on peut dire : « C'est la loi du profit maximal ». Bien entendu. Mais le capitalisme peut être régulé. Il était régulé dans les années 40, 50, 60, 70 et 80 du XXe siècle.
Il y avait un État qui était souverain et qui imposait les règles du jeu que l'initiative privée n'avait pas le droit de franchir. Désormais, avec l'article 63 du TFUE dont j'ai souvent parlé... Je sais bien que certains ricanent. Mais c'est l'origine du problème. Avec cet article 63, désormais, la France ou le gouvernement français ne peut plus interdire à PSA d'investir 500 millions d'euros en Espagne dans son usine de Vigo pour y fabriquer des 2008 et pour virer la fabrication de ces voitures qui étaient fabriquées à Mulhouse, au détriment des salariés de Mulhouse. Est-ce que c'est clair ? Alors il y a quelque chose qui m'agace profondément dans toute cette affaire. C'est que...
Bon, ça, c'est l'exemple de la production industrielle automobile. Mais on pourrait le dire... Pfff, la production industrielle à peu près dans tous les secteurs. Que ce soit la papeterie, que ce soit la mécanique, que ce soit l'aéronautique, etc., vous savez que l'industrie française est en train d'être détruite progressivement par ce système. Et pourquoi ? Parce que nous avons le cumul de plusieurs décisions : la libre circulation des mouvements de capitaux qui permet aux entreprises d'aller investir dans des pays à très bas coûts de salaire, deuxièmement les Français... Parce que depuis 150 ans, il y a eu des luttes sociales en France, il y a une couverture sociale.
Les Français ont globalement une bonne couverture sociale et des salaires qui étaient satisfaisants par rapport à d'autres. Donc évidemment, à partir du moment où on autorise de faire travailler des gens beaucoup beaucoup moins cher, la loi du profit fait que les gens vont aller là où c'est moins cher. Et puis la troisième raison, c'est la question monétaire. C'est que l'euro est surévalué et est trop cher. Et donc je voudrais insister ici sur l'aspect le plus fondamental.
J'en ai assez, et je crois que tous les adhérents de l'UPR en ont assez de voir que notre pays, mois après mois, semestre après semestre, année après année, perd ce qui est à l'origine de la richesse collective, c'est-à-dire d'abord et avant tout la production industrielle. On pourrait d'ailleurs le dire malheureusement de la production agricole. Donc nous ne prenons pas... Depuis maintenant plusieurs décennies, les autorités publiques qui devraient avoir ce problème-là en lettres de feu dans leurs bureaux, dire : « Je dois absolument arrêter l'hémorragie industrielle en France »... Eh bien ils le savent. Et pourtant, ils ne bougent pas d'un iota.
Et ils poursuivent dans l'idée qu'il faut rester dans le système de l'UE avec les traités, et de l'euro. Et ce qui est le plus agaçant, encore plus que tout... Quand je dis « agaçant », c'est pour ne pas dire ce qu'il y a de plus à mettre en colère et hors de soi. C'est de constater que les partis prétendus d'opposition comme le RN, DLF, la FI, l'extrême-gauche : LO, le NPA, etc., et j'en passe, que tous ces partis prétendus d'opposition qui sont là pour défendre l'emploi en France et l'emploi industriel... Parce que là, il va y avoir des gens qui vont être licenciés à Flins dans les Yvelines, qui vont être licenciés à Mulhouse.
Il va y avoir des centaines de personnes, des centaines de familles qui vont être encore plongées dans le désarroi. Et vous avez des partis d'opposition qui sont là et qui vont dire : « Oui, c'est une honte ». Ils vont manifester. Mais la solution de leur problème, qui consiste à sortir des traités européens, à dénoncer les traités européens, à sortir de l'UE, à rétablir le contrôle des mouvements de capitaux, à imposer s'il le faut un certain protectionnisme ici ou là pour protéger l'emploi en France, à bénéficier également d'une monnaie qui se sera dépréciée d'environ 5% à 10% pour redonner de la compétitivité...
Ce sont les mesures absolument essentielles pour maintenir l'emploi, pour empêcher cette hémorragie industrielle. Eh bien ces partis d'opposition ne le proposent pas. J'aurai un mot en particulier pour M. Montebourg, dont on a vu il y a quelques temps... J'en parlais déjà la dernière fois. On a vu il y a quelques temps que M. Montebourg est le premier – le premier – à avoir dit au Sénat, où il était interrogé en sa qualité d'ancien ministre du (Redressement productif)... Il a été le premier à dire que l'Europe, ça ne fonctionne pas, que l'Europe nous nuit, que l'Europe est en train de détruire l'industrie et qu'il faut en revenir aux nations. Je ne l'ai pas rêvé.
On vous l'a montré dans l'EA79, il y a 15 jours. Et M. Montebourg, il en tire quoi comme conclusion ? Qu'il faut rester dans l'UE et dans l'euro. Voilà. Maintenant, vous savez tout. Il faut que les Français comprennent, qu'ils aient le courage de comprendre, le courage de réfléchir par eux-mêmes, qu'il faut qu'ils arrêtent d'écouter les médias, les partis dits d'opposition qui ne s'opposent à rien du tout, et que les Français comprennent que c'est désormais une question de survie non seulement de notre niveau de vie collectif, mais même une survie de notre nation en tant qu'entité souveraine. Voilà ce que je voulais dire sur cette question. {Question n°2.
Vous avez plusieurs fois dénoncé les violences policières et la dérive fascisante du régime d'Emmanuel Macron. Pouvez-vous préciser un peu vos propos ?} Eh bien écoutez, toutes les personnes qui suivent nos entretiens d'actualité peuvent témoigner que ça fait des mois que nous avons tiré la sonnette d'alarme sur les violences policières, notamment à partir de l'affaire des Gilets jaunes, que nous avons présenté véhémentement contre notamment les personnes qui ont été mutilées à vie, qui ont perdu une main ou perdu un œil. Nous avons également lancé un dossier pour demander la destitution d'Emmanuel Macron pour violations nombreuses et répétées...
On avait pointé 13 violations nombreuses et répétées de la Constitution française, notamment sur le droit de manifester. Et puis nous avons également demandé récemment la démission de M. Castaner, du ministre de l'Intérieur, notamment suite à ces nouvelles violences policières qui ont eu lieu à Nantes lors des manifestations suite au décès de ce pauvre jeune homme Steve, qui a fait partie de 14 ou 15 personnes qui sont tombées dans la Loire lors (de la fête de la musique du 21 juin), et qui avait disparu de la circulation et dont on a retrouvé le cadavre malheureusement il y a quelques jours. Sachant que M.
Castaner, sous la pression de l'opinion, avait lancé une demande d'inspection à l'IGPN, l'Inspection générale de la Police nationale, qui a osé conclure qu'il n'y avait aucun rapport entre les forces de l'ordre et le fait que ce monsieur était tombé dans la Loire. Il ne savait pas nager, semble-t-il. Il avait une vingtaine d'années, un peu plus. Et il en est mort. C'est absolument ahurissant. C'est absolument ahurissant ! Normalement, devant une telle affaire, le ministre de l'Intérieur aurait dû présenter sa démission.
Je rappelle que pendant les événements de mai 1968, qui avaient été autrement plus importants en termes de mobilisation sociale, puisqu'il y avait eu quasiment 24 ou 25 millions de grévistes... À la fin de mai 68, sur l'ensemble de la période mai 68, on a compté 3 morts. C'étaient 3 morts de trop, bien sûr. Mais pendant... La plus grande période, c'était plutôt à la fin, d'ailleurs. C'était plutôt fin de mai 68. Mais il y avait quand même eu une certaine – une certaine – retenue. Désormais... Et on n'avait surtout pas compté des personnes blessées à vie par dizaines et dizaines. On a l'impression – c'est pas une impression, c'est une certitude – que Macron et Édouard Philippe...
Ne l'oublions pas, parce que le Premier ministre, il essaie de se cacher un petit peu, mais il est parfaitement coresponsable de l'affaire. Ont demandé à M. Castaner de taper sur les manifestants, de faire preuve d'actions qui sont extrêmement violentes. Alors on en a eu une nouvelle illustration il y a donc quelques jours. Lors des manifestations qui ont eu lieu suite à la découverte du cadavre de Steve à Nantes, on a vu que... Non pas des CRS ni des policiers. Enfin c'étaient des membres de la BAC, qui ont la main lourde. On a vu une photo qui a fait le tour d'Internet. Il y en a d'autres, d'ailleurs. C'est une photographe de talent.
Mais une photo où l'on voit un homme qui a un certain âge, qui s'est révélé avoir 51 ans, qui est par terre et avec un policier de la BAC qui est en train carrément de l'étrangler. Voilà, de l'étrangler. On a vu également sur BFM TV un journaliste qui a été pris de court parce qu'il y avait des images retransmises en direct où on voyait des gens qui manifestaient, enfin qui étaient là paisibles, semble-t-il. Et d'un seul coup, on voit des policiers de la BAC qui arrivent et qui commencent à les bombarder de gaz lacrymogène. Alors oui, nous avons dénoncé les violences. Et nous allons continuer à le faire.
Nous avons demandé que les députés et les sénateurs d'opposition lancent la procédure de destitution d'Emmanuel Macron, en vertu de l'article 68 de la Constitution française. Je rappelle que seuls les députés et les sénateurs ont le pouvoir de lancer une procédure de destitution. Le public n'a pas ce pouvoir. Ce sont les députés et les sénateurs. Il faut qu'il y ait 58 députés et 35 sénateurs pour le faire. Je rappelle que le dossier que nous avons mis en ligne présente depuis plus de 8 mois les 13 griefs qui peuvent fonder en droit le lancement d'une procédure de destitution d'Emmanuel Macron.
Je rappelle que nous avons, nos adhérents, nos sympathisants, nombreux sont ceux qui ont écrit à leur député et à leur sénateur. Il suffit de 58 députés et de 35 sénateurs pour lancer cette procédure de destitution. Et je rappelle qu'au moment même où je parle, aujourd'hui, le 9 août 2019, il n'y a toujours qu'un seul député, M. Franck Marlin, député (qui n'est plus LR mais qui est encore apparenté LR) de l'Essonne, qui a accepté de signer le lancement de cette procédure. Il manque encore 57 députés et 35 sénateurs. Alors je prends ici à partie et je dis à tous nos adhérents et sympathisants qu'ils réfléchissent bien à ce qui se passe !
La France est en train de subir des dérives de plus en plus fascisantes d'un pouvoir en fait aux abois qui sait qu'il est fragile. Et vous avez des partis qui sont prétendus d'opposition qui ne lèvent pas le petit doigt alors qu'ils ont le pouvoir de lancer une procédure de destitution. Ni les députés du RN : Mme Le Pen et sa clique, ni M. Dupont-Aignan, ni M. Jean Lassalle, ni les députés du PS, ni les députés du PCF, ni les députés de FI : M. Mélenchon, M. Quatennens, M. Corbière, M.
Bernalicis, etc., aucun n'a voulu lancer cette procédure de destitution, le motif allégué étant qu'elle n'avait pas beaucoup de chances de réussir parce qu'il y avait une majorité à l'Assemblée nationale pour soutenir Macron. Et alors ? À ce moment-là, ça ne sert à rien non plus de lancer une motion de censure contre le Premier ministre, parce qu'elles ont toutes été retoquées. À cette aune-là, ça ne sert à rien non plus de lancer des amendements à des projets de loi, puisqu'ils vont être retoqués par la majorité. À ce moment-là, ça ne sert plus du tout d'ailleurs d'aller à l'Assemblée nationale, puisque la minorité étant la minorité, elle se fait toujours retoquer.
Mais que les Français comprennent bien ce qu'il se passe. Imaginez que 58 députés, 60 députés et 37, 38, 40 sénateurs lancent une procédure de destitution de Macron pour violation répétée de la Constitution française et notamment de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui fait partie du bloc de constitutionnalité – comme disent les spécialistes –, puisqu'il en est fait mention dans le préambule de notre Constitution. Imaginez l'impact médiatique que cela aurait et l'impact international que cela aurait. Mme Le Pen, les députés du RN, M. Mélenchon, les députés de FI, M. Brossat, les députés du PCF (Brossat n'est pas député), M. Faure, les députés du PS, M.
Dupont-Aignan, M. Lassalle, qu'est-ce que vous attendez pour lancer cette procédure de destitution ? Je voudrais préciser par ailleurs que la dérive fascisante du régime de Macron donne des fruits de plus en plus vénéneux.
J'ai diffusé sur notre site internet une conférence faite par un certain Laurent Alexandre, qui a ses entrées dans les allées du pouvoir, qui possède 25% de La Tribune, et qui lors d'une conférence à Polytechnique il y a quelques mois, s'est permis de dire que finalement, le problème des sociétés contemporaines, c'est qu'il y avait des crétins, en gros, que les gens n'étaient pas compétents, qu'il y avait des bêtes, des gens qui étaient bêtes, et donc que ces gens qui étaient bêtes, c'était un problème génétique de naissance, et donc que les gilets jaunes faisaient partie de cette catégorie qu'il appelle les inutiles ou les substituables, rien moins.
Et s'adressant devant un parterre d'étudiants évidemment conquis à Polytechnique en disant : « Vous, vous êtes les dieux de demain. Vous êtes ceux qui savez ce qui se passe ». Alors le propos est tellement ahurissant que j'ai regardé à plusieurs fois. Alors il est vrai que dans la même conférence, avec beaucoup de viciosité, ce monsieur explique que malheureusement donc, les gens qui ne sont pas assez intelligents, c'est un problème de naissance, et que donc, il va falloir faire de la thérapie génétique, etc. pour les rendre plus intelligents. Bon.
Ce monsieur s'est déjà illustré pour avoir fait des articles notamment dans L'Express en 2018 pour brosser sur ce thème, et qui avaient d'ailleurs suscité une levée de boucliers. Vous avez plusieurs dizaines de scientifiques, notamment le père du bébé-éprouvette, vous avez des généticiens de renom comme M. Axel Kahn qui ont tiré la sonnette d'alarme en disant que c'était du scientisme, que ça n'avait pas de valeur scientifique, ce qu'il racontait, et qu'en revanche, – ce que dit Axel Kahn – ça ressemble furieusement aux dérives eugénistes qui ont eu lieu aux États-Unis dans les années 1920 puis en Allemagne dans les années 1930. Voilà. Eh bien ça, ce genre de discours...
Je suis au regret de le constater. Moi, je commence à avoir un petit peu de bouteille. Je me rappelle très bien la France des années 70, des années 80. Un tel discours public eût été inimaginable, inconcevable dans la France des années 70 et des années 80, puisqu'on y voit quand même la trace de quelque chose comme une marque d'eugénisme. Alors autre preuve de cette dérive fascisante : eh bien des déclarations... Il n'y a pas que celles de Laurent Alexandre. Il y a des déclarations qui poussent au crime.
On se rappelle qu'au mois de janvier dernier, – et je l'avais épinglé – l'ancien ministre de l'Éducation Luc Ferry s'était permis – rappelez-vous – de dire que face aux gilets jaunes, il y en avait marre. Enfin il avait tenu des propos même pas de comptoir, même pas d'alcoolique au comptoir. Il avait dit des propos absolument incroyables sur le thème qu'il y en avait assez de ces manifestants et qu'il fallait appeler l'armée et que les policiers puissent faire usage de leurs armes pour tirer dans le tas ! Rappelez-vous. Ça avait fait un tollé.
Ça n'a pas avancé d'un pouce, d'ailleurs, puisqu'il y a 2 jours, il y a eu un nouveau tollé, un peu moins important, parce que la personne en question, qui est une journaliste dont j'ignorais l'existence jusqu'à ce moment-là, qui s'appelle Hélène Pilichowski, qui intervient sur LCI... Et sur LCI, commentant les violences policières, a dit que : eh bien s'il faut en arriver à des morts, malheureusement, c'est bien dommage, mais faudra peut-être en passer par là : en arrivant à des morts. Écoutez ça. {— ...répréhensible. C'est quand même grave, si vous voulez. On se dit maintenant : « Il y a des jeunes comme ça qui sont révoltés. Est-ce que pour autant, ils doivent être descendus ?
Mais cela dit, peut-être que le policier était en légitime défense, ses collègues aussi. Enfin tout ça... — Il y a une enquête. — Il y a une enquête qui va l'expliquer. — Donc il n'y aura pas le retour de la peur de la police et du gendarme. À un moment donné, on aura... — Voilà. Mais est-ce qu'il faut passer par des morts ? C'est ça. Peut-être, peut-être. Faut se le dire, même si c'est regrettable. — On renvoie au rapport parlementaire : le malaise dans la police et la gendarmerie.} Alors quand on est dans une situation dans laquelle on est, dans cette situation, tous les feux sont maintenant à l'orange vif, pour ne pas dire au rouge.
Ça veut dire que plus le temps passe et plus il y a une espèce de levée obscène des inhibitions et que des gens, maintenant... Enfin si ça continue comme ça, dans 3 mois, on va vraiment avoir des gens qui manifestent en demandant de tirer dans le tas, d'instaurer la loi martiale et d'interdire toute manifestation en France. La situation, elle est grave, elle est réellement très grave, ne serait-ce que parce que cette petite musique qui rappelle vraiment des épisodes de notre histoire qui sont épouvantables, cette petite musique, on commence à la voir se développer un petit peu partout, et par des sources qu'on jugeait jusque-là au-dessus de tout soupçon.
Je voudrais terminer ce point en disant que la France – vous le savez – avait été pointée du doigt par Mme Michelle Bachelet, ancienne présidente de la République du Chili, aujourd'hui responsable de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, qui siège à Genève. C'était il y a quelques mois, où elle avait tiré la sonnette d'alarme sur la situation des droits de l'homme en France. Et en particulier, la France avait été quasiment ravalée... Enfin son cas avait été examiné entre celui de Haïti et celui du Zimbabwe, ce qui en dit long sur la patrie des droits de l'homme. Mais comme l'audace et l'inconscience, pour ne pas dire le délire de M.
Macron sont sans bornes, lui et son gouvernement se sont permis il y a quelques jours, par la bouche du ministère français des Affaires étrangères, de dénoncer les arrestations excessives qu'il y avait eu à Moscou lors de manifestations qui d'ailleurs avaient été interdites par la préfecture de Moscou. Il y avait eu un certain nombre d'arrestations arbitraires. Et la France faisait la fine bouche en disant qu'elle était préoccupée par la situation du régime de Poutine. Bien le régime de Poutine, lui, n'a pas tardé à répondre, à envoyer dans les gencives qu'il était très préoccupé par la situation du régime de Macron en France. Et les Russes... Que je ne dédouane pas par ailleurs.
Enfin en Russie, ils ont fait des arrestations. Oui, ils ont parqué les gens dans des paniers à salade pour des relevés d'identité. C'est ce qu'on fait dans tous les pays du monde, à commencer par la France. Sauf que ce qu'ont dit les Russes, c'est qu'ils ont dit que eux, lors des manifestations, ils n'utilisaient pas de flashballs, ils n'utilisaient pas de grenades lacrymogènes, ils n'avaient pas utilisé de grenades de désencerclement comme c'était le cas dans les pays de l'UE, et en particulier en France. Il n'y a pas eu dans les manifestations à Moscou des dizaines de personnes éborgnées ou qui ont perdu une main.
Alors l'outrecuidance de Macron qui ose donner des leçons de droits de l'homme à d'autres pays alors que la France est désormais le pays qui préoccupe le plus dans le monde entier de voir que le pays de la Révolution française, le pays de la Déclaration des droits de l'homme, le pays de la révolution de 1830, le pays de la révolution de 1848, le pays de la Commune de 1871, le pays de Clemenceau, le pays de la Libération de 1944, le pays de Charles de Gaulle... Eh on en est réduits aujourd'hui à être ravalés à ce stade.
J'insiste sur l'importance qu'il y a à ce que toutes les personnes qui m'écoutent se mobilisent, se mobilisent et disent autour d'elles : « Arrêtez de vous accommoder de quelque chose qui est absolument inacceptable », de la même façon qu'il ne faut pas accepter les dérives de plus en plus liberticides des lois, comme notamment la loi Avia, de cette députée de En marche qui, d'ailleurs, s'était surtout fait connaître pour avoir mordu un chauffeur de taxi une nuit parce qu'elle n'avait pas les moyens de le rémunérer. Cette députée de En marche, voilà, a poussé un projet qui en fait vise à réduire la liberté d'expression. Il faut absolument se mobiliser.
Et la meilleure façon de se mobiliser, j'allais le dire : c'est d'adhérer à un parti comme le nôtre, parce que des mouvements politiques qui ont lancé la procédure de destitution de Macron, qui ont voulu le faire... Mais nous, on n'a pas de députés et de sénateurs. Des mouvements comme le nôtre qui demandent également la démission de Castaner, il n'y en a pas tant que cela. Vous devez vous mobiliser.
Le tout dernier mot que je dirai, c'est qu'à propos de ces violences, j'aurai un mot, un message de condoléances attristé pour le maire de Signes qui a fait la une des journaux hier et aujourd'hui, qui est un petit village, un maire qui était maire depuis – je crois – 1983, qui avait – je crois – 76 ans et qui est décédé lors de, si j'ai bien compris... J'ai pas bien compris, d'ailleurs, mais une espèce d'algarade avec quelqu'un qui conduisait un camion avec des déchets dont il voulait se débarrasser. Donc paix à son âme. Nous présentons évidemment nos excuses à la famille du défunt. C'est une mort épouvantable d'un maire qui se dévouait pour sa commune.
Mais ce que je voudrais dire, c'est que ce maire qui décède ainsi, c'est un peu la partie émergée de l'iceberg. Mais nous sommes dans une société violente, de plus en plus violente, et dans une société où on a un problème avec l'autorité. Voilà. Le problème avec l'autorité vient de ce qu'une autorité n'est pas respectable. Si elle n'est pas respectable, elle n'est pas respectée. Pour respecter l'autorité, pour respecter le chef de l'État, pour respecter le chef du gouvernement, pour respecter le ministre de l'Intérieur... Et moi, je suis le premier, étant un ardent défenseur et serviteur de l'État... Je l'ai été toute ma carrière.
Je pense que l'État est là pour protéger le peuple français, pour être son représentant, pour défendre les Français. C'est l'honneur du chef de l'État. C'est l'honneur des membres du gouvernement que d'être les porte-parole... Et pas seulement les porte-parole, les défenseurs du peuple français, et parmi le peuple français des plus démunis des Français. Si le peuple français a le sentiment que le gouvernement n'est pas le défenseur des plus démunis mais est le défenseur des plus riches, à ce moment-là, l'autorité n'est plus respectable. Et c'est l'ensemble de la chaîne de commandement – j'allais dire –, l'ensemble de toute personne ayant une once d'autorité qui dégringole.
Nous sommes au bord de l'anarchie, pour ne pas dire d'une dérive virant à la guerre civile. Il est grand temps, très grand temps d'arrêter cette dérive. {Que pensez-vous de l'éclatement de la coalition gouvernementale en Italie ?} Oui, alors on a appris il y a quelques heures l'éclatement de la coalition gouvernementale en Italie. M. Salvini a fini par déclarer qu'il ne voulait plus faire de coalition avec le Mouvement 5 étoiles. En fait, c'était depuis le début le mariage de la carpe et du lapin, puisque le mouvement de M. Salvini, la Lega, qui est de droite conservatrice... Voilà.
Moi, les gens qui qualifient ça d'extrême-droite, à mon avis, se moquent du monde, puisque je n'ai jamais vu – moi – dans les propos tenus par M. Salvini ce qui est – me semble-t-il – la caractéristique de l'extrême-droite, c'est-à-dire des propos racistes, antisémites, des propos à coloration – voilà – violente, des propos pour un gouvernement antidémocratique, suppression des élections, etc. Ça, c'est à mon avis d'extrême-droite. En revanche, un gouvernement de droite conservatrice très conservatrice et très ferme sur un certain nombre de sujets comme la défense des frontières, l'immigration, etc., là, on peut dire que c'est le cas de la Lega.
Et puis ce mouvement était lié avec un autre mouvement, comme vous le savez : le Mouvement 5 étoiles, qui lui, était un mouvement beaucoup plus composite, on pourrait dire un mouvement protestataire, puisque dans le Mouvement 5 étoiles créé par l'humoriste Beppe Grillo, qui avait ensuite d'ailleurs quitté ce mouvement et qui maintenant est dirigé par M. Di Maio, eh bien il y a des gens venus de la gauche, beaucoup, mais aussi des gens venus de la droite. C'est un mouvement un peu protestataire, mais qui n'a pas la même colonne vertébrale programmatique que celle de la Lega et qui n'a pas non plus la même colonne vertébrale humaine que la Lega, puisque M.
Salvini, qui a 46 ans – je crois –, est un vieux de la vieille... C'est déjà un vieux routier politicien. Il a été conseiller municipal à Milan – je crois –. Il a été député européen. Il est dans la politique depuis plusieurs années, depuis même plus d'une vingtaine d'années, alors que Luigi Di Maio faisait pas vraiment le poids, n'avait pas la même expérience. Force est de constater, depuis que cette coalition est arrivée au pouvoir : M. Salvini et son mouvement, et notamment ses prises de position fermes sur la question des migrants venus de Méditerranée, où il a été le premier à souligner... Pas le premier, mais il a été le premier chef de...
Enfin vice-chef de gouvernement à souligner le rôle des ONG qui sont derrière ces phénomènes migratoires : des ONG dont les financement sont plus que suspects.
Dans un entretien d'actualité antérieur, je montrais que selon des informations venues de Frontex, c'est-à-dire des services officiels de contrôle aux frontières de l'UE – on peut pas faire mieux –, je vous avais fait présenter des vidéos qui avaient été tournées en hélicoptère où l'on voyait des passeurs financés par les mafias tunisiennes, marocaines et italiennes, des passeurs qui passaient des pauvres gens qui avaient payé très cher leur passage depuis un beau bateau sur une espèce d'embarcation de fortune pour les envoyer vers l'île de Lampedusa en faisant croire ainsi qu'ils risquaient leur vie.
Donc derrière tout ça, – j'ai déjà eu l'occasion de le dire, et j'y reviens – il y a aussi la mafia. On sait que notamment, la 'Ndrangheta calabraise, la mafia de Calabre, emploie plusieurs centaines de milliers de personnes dans tout le sud de l'Italie qui sont en fait des migrants en situation... Sans avoir de papiers, et qui sont évidemment hyper exploités. Eh bien M. Salvini a tapé du poing sur la table sur ces questions. Et il a drastiquement réduit l'arrivée des migrants sur le sol italien, ce qui d'ailleurs comme par hasard, comme par miracle, a fait chuter l'arrivée de cette crise migratoire qui était en fait très largement orchestrée.
Ceci lui vaut évidemment une très grande popularité en Italie. Pas tout le monde. Il y a aussi des gens qui sont hostiles, bien entendu. Mais il a dépassé largement le Mouvement 5 étoiles, qu'il a même laissé devant de telle sorte qu'aujourd'hui, les sondages donnent le mouvement de M. Salvini en première position avec quelque chose comme 34% ou 35% des suffrages. M. Salvini, voulant profiter de l'aubaine, a donc décidé de casser la coalition gouvernementale. Alors je ne suis pas un expert des institutions italiennes.
Mais j'ai cru comprendre que s'il ne le faisait pas maintenant, pour des questions d'agenda, de calendrier parlementaire, etc., il n'aurait pas pu avoir un débat et de nouvelles élections avant 6 ou 7 mois. Donc là, M. Salvini veut organiser des nouvelles élections en Italie. Dans quel objectif ? L'objectif eh bien de lancer – c'est d'ailleurs son programme – un programme qui, cette fois-ci, n'aurait plus à composer avec le Mouvement 5 étoiles. Il espère avoir sans doute la majorité au Parlement italien, et donc devenir le président du Conseil italien. Je rappelle qu'actuellement, il n'est que le vice-président du Conseil italien, à égalité avec M. Luigi Di Maio.
Donc ce sont deux co-vice-présidents, sachant que le président du Conseil italien, M. Giuseppe Conte, c'est un professeur d'université, il pèse une plume dans tout ça. Il n'a pas derrière lui l'appareil politique. Donc en fait, ce que M. Salvini veut, c'est désormais se dégager et de Giuseppe Conte et de Di Maio pour obtenir le siège de président du Conseil. Il faut voir que le président de la République italien M. Mattarella, qui n'a pas les mêmes pouvoirs du tout que le président de la République française... C'est plutôt un président style président de la IIIe ou IVe République en France. C'est quelqu'un qui supervise l'exécution mais qui n'a pas vraiment de pouvoir réel.
Il n'est pas dénué de pouvoir non plus. On se rappelle que M. Mattarella, au moment de la constitution de la coalition gouvernementale en Italie entre Di Maio et Salvini, avait retoqué la nomination d'un ministre de l'Économie et des Finances dont on savait qu'il nourrissait le projet de faire sortir subrepticement l'Italie de la zone euro. Et M. Mattarella avait écarté cette nomination en disant : « La sortie de l'euro par l'Italie est un choix fondamental. L'Italie est un des pays fondateurs du marché commun dès 1957. La sortie de l'euro est une chose trop importante pour que ça soit fait en catimini, sachant qu'il n'y a pas eu de débat lors des élections ». Alors nous allons voir si M.
Salvini va avoir gain de cause, si donc il va y avoir des nouvelles élections. Et nous allons voir ce qu'il va faire pendant sa campagne électorale. Il semble qu'actuellement, il lance sa campagne sur le thème de diminuer les impôts sur les Italiens, ce qui évidemment est une campagne qui ne peut pas être très impopulaire. Ça ne peut qu'être assez populaire. Mais bien entendu, si Salvini devient président du Conseil avec une majorité au Parlement italien et qu'il commence à baisser les impôts sur les Italiens, il est possible, il est possible qu'il y ait un problème de bouclage budgétaire. Ça n'est pas sûr. Vous savez, il y a ce qu'on appelle la courbe de Laffer.
C'est-à-dire que certains économistes estiment que lorsqu'il y a une trop grande pression fiscale, les rentrées fiscales diminuent, surtout dans un pays comme l'Italie où il y a quand même un certain nombre de travail au noir ou de fraude fiscale, qui (sont assez significatifs). Je ne jette pas la pierre sur les Italiens. Il y en a aussi en France. Mais disons qu'on a un peu tendance à penser que plus on va dans le sud de l'Europe et plus on trouve ce genre de comportements.
Et donc certains économistes disent : « Contrairement à ce qu'on pourrait penser, si on baisse les impôts, eh bien en fait, on aura une augmentation des rentrées fiscales, parce qu'il y aura de moins en moins de gens qui travailleront au noir, parce qu'ils se diront : « Finalement, le risque n'en vaut pas la chandelle », ils préféreront déclarer les activités, par exemple. Et donc on peut avoir une amélioration des rentrées fiscales ». En attendant, ça n'est pas du tout ce qui est demandé par la Commission européenne. Et si Salvini... Alors il y a beaucoup de « si » dans mon histoire. 1) Il faut qu'il y ait des élections générales. 2) Il faut que la Lega remporte la majorité des sièges.
3) Il faut donc que M. Salvini devienne à ce moment-là président du Conseil. 4) Qu'il mette bien en œuvre ce programme de baisse fiscale. Et à ce moment-là, eh bien la Commission européenne sera devant un problème très embêtant, puisqu'elle devra s'opposer à un gouvernement qui vient d'être élu par le peuple italien pour baisser les impôts alors qu'elle demande tout le contraire. En attendant, pour l'instant, je n'ai pas vu M. Salvini manifester si peu que ce soit sa volonté d'avoir un programme de sortie de l'UE et de l'euro. Je rappelle...
J'avais eu l'occasion de le dire il y a quelques temps, au moment de l'élection de Mme von der Leyen : que le Mouvement 5 étoiles avait voté en faveur de Mme von der Leyen, et que si les députés du Mouvement 5 étoiles n'avaient pas voté en faveur de Mme von der Leyen à la présidence de la Commission européenne – je parle des députés européens –, Mme von der Leyen n'aurait pas été élue. C'eût été une gifle cosmique, une gifle extraordinaire vis-à-vis de Mme Merkel et de M. Macron. Ça aurait été très beau. Eh bien le Mouvement 5 étoiles, en fait, avait trahi son électorat, en jouant en fait le jeu de l'oligarchie. Je note que M.
Salvini n'avait pas lancé la cassure de la majorité à ce moment-là. Il semble qu'il l'a fait là, ces jours-ci, pour les raisons de calendrier que j'évoquais et aussi parce qu'il s'est opposé au Mouvement 5 étoiles au sujet de l'affaire du Lyon-Turin, puisque les députés italiens du Mouvement 5 étoiles se sont opposés à ce projet Lyon-Turin dont j'ai décrit dans un entretien d'actualité antérieur que, de notoriété publique, c'est un éléphant blanc qui va coûter jusqu'à la fin des temps des sommes faramineuses et qui est complètement contre-productif et est extrêmement polluant, alors que la Lega de Salvini a voté en faveur. On dit ici ou là...
Je ne mettrais pas ma main à couper que c'est faux. On dit ici ou là que derrière ce Lyon-Turin, il y a des très gros intérêts industriels, notamment d'entreprises du BTP, et notamment d'entreprises italiennes du BTP qui malheureusement, comme un certain nombre de grandes entreprises en Italie, en tout cas dans le BTP, ont des liens avec des réseaux mafieux. Et peut-être, peut-être, peut-être, peut-être, sans vouloir m'avancer trop, il est possible que ces grandes entreprises du BTP aient aussi leurs entrées auprès de M. Salvini. Après tout, on sait très bien que des entreprises françaises de BTP ont aussi leurs entrées auprès d'un certain nombre de partis politiques. Voilà.
En attendant, et pour clore sur cette affaire italienne, c'est une clôture provisoire, parce que ça veut dire que le feu brûle en Italie. Le feu brûle au Royaume-Uni. Le feu brûle en Italie, parce que si d'aventure, au mois d'octobre, novembre, on a à la fois le Brexit d'un côté, et deuxièmement, on a l'Italie qui fait un pied de nez à la Commission européenne en prenant des mesures qui n'ont rien à voir avec les GOPÉ, puisque l'Italie, comme la France, bénéficie elle aussi de son propre rapport des GOPÉ. Et si l'Italie fait un bras d'honneur à la Commission européenne, eh bien ça va s'apercevoir que les tensions à l'intérieur de l'UE vont encore grimper d'un ou deux ou trois crans.
Et je pense que la Commission européenne n'a de pouvoir que celui qu'on lui accorde, en réalité. Comme auraient dit les Chinois du temps de la révolution culturelle de Mao Zedong : « Ce ne sont que des tigres de papier ». Et si un puis deux puis trois gouvernements font un bras d'honneur à la Commission européenne, c'est le projet même européen qui sera désormais sur la table. Le temps va venir – ne vous en faites pas – où de plus en plus de Français vont comprendre que la seule solution pour la France, c'est le Frexit. {Vous l'avez déjà rapidement abordé.
Mais où en est-on dans notre feuilleton de l'été, le feuilleton du Brexit ?} On pourrait non seulement parler d'un feuilleton de l'été, mais ça fait trois ans et demi qu'il y a un feuilleton avec le Brexit. Alors on en est un petit peu à ce que j'avais dit. Donc ça nécessite de faire un point. Qu'est-ce que l'on peut dire ? Ce que j'avais dit, c'était que Boris Johnson, normalement, fera le Brexit pour le 31 octobre. J'ai toujours dit que je n'en étais pas sûr et certain. J'ai dit que normalement...
Il s'est tellement engagé vis-à-vis de l'opinion publique britannique, il a tellement dit qu'il le ferait que si d'aventure, au dernier moment, 15 jours avant, il faisait volte-face en disant : « Non, on va renégocier un report », je pense que sa crédibilité personnelle s'effondrerait, et celle du Parti conservateur avec. Et je crois qu'on ne serait pas loin d'élections générales. Or, si élections générales il y a, l'état d'esprit de l'opinion publique britannique est tel qu'on ne sait pas où on va. Mais très probablement, très probablement, c'est le Parti du Brexit de Nigel Farage qui emporterait la mise et qui aurait les sondages... C'est même pas les sondages, c'est les élections.
Aux élections européennes qui ont eu lieu récemment, le parti de Nigel Farage avait obtenu 34%, c'est-à-dire d'ailleurs le même score que les sondages donnent à Salvini. Et Nigel Farage fait valoir que s'il y avait des élections générales, son parti arriverait largement en tête, ce qui est possible. Il faut savoir qu'au Royaume-Uni, le système électoral est très particulier. C'est-à-dire : celui qui arrive en tête remporte le siège. Il n'y a qu'un seul tour des élections. C'est un système couperet incroyable.
C'est-à-dire que si vous avez pour une élection législative 5, 6, 7, 8, 10 candidats, celui qui arrive en tête, même s'il fait 32% des suffrages dans une circonscription électorale, il arrive en tête, il a le siège. Donc évidemment, c'est un système qui pousse aux rapprochements et aux fusions. C'est un système qui favorise le bipartisme. D'où la prééminence depuis un siècle, plus d'un siècle et demi de cette dichomotie Parti conservateur et Parti travailliste. Sauf que là, si M. Boris Johnson faisait pas le Brexit, peut-être il signerait la fin du Parti conservateur. Et le Brexit pourrait lui succéder.
Mais Nigel Farage a fait des déclarations récemment dans la presse britannique en disant qu'il se méfiait de Boris Johnson. Il se méfiait encore plus de l'un de ses proches conseillers : Dominic Cummings, qu'il soupçonne d'avoir des arrière-pensées et de préparer un Brexit qui n'en serait pas un, de refaire du Theresa May.
Je ne sais pas si c'était une véritable analyse de Nigel Farage ou si c'était une façon pour Nigel Farage de faire de la politique intérieure, puisque Nigel Farage peut estimer – il aurait pas forcément tort de le penser – que si Boris Johnson met en œuvre – he delivers, comme on dit en anglais, s'il délivre – en effet le Brexit le 31 octobre, il retirera du parti de Nigel Farage le tapis sous les pieds. C'est-à-dire que Nigel Farage et son Parti du Brexit n'auront plus grand-chose à dire.
Donc comme Nigel Farage entend sans doute sauver ses troupes qui lui ont fait confiance, Nigel Farage ne cesse de faire des appels du pied pour avoir une grande coalition Parti du Brexit - Parti conservateur qui, lors d'élections générales, s'il y avait cette grande coalition... Il estime sans doute à juste titre que cette coalition obtiendrait très largement la majorité. Et donc il y aurait une écrasante majorité au Parlement de Westminster.
Et – fait valoir Nigel Farage – si tel n'est pas le cas, eh bien à ce moment-là, il pourrait y avoir, selon ce système dont je parlais à l'instant où il suffit d'arriver en tête pour avoir une circonscription, il pourrait y avoir certains cas où le Parti du Brexit ferait un moins bon score aux élections nationales qu'aux élections européennes, mais il ferait quand même un score important, qu'il prendrait des voix au Parti conservateur, qu'il y aurait le Parti libéral dans un coin, etc., et qu'en fait, celui qui arriverait en tête, ça pourrait être le Parti travailliste. À ce moment-là, ça voudrait dire que c'est Jeremy Corbyn le travailliste qui arriverait au pouvoir.
Alors là, on est repartis pour la loi qui ferait peut-être un deuxième référendum, ce qui briserait... Alors là, je sais pas vraiment où va le Royaume-Uni, parce que je vois dans la presse française, dans les médias français, qui sont complètement partisans d'une façon absolument incroyable, que tout le monde tape sur Boris Johnson... Je l'avais d'ailleurs dit. J'avais dit : « Vous allez voir, ils vont taper dessus ». Ils continuent à taper dessus. Et que tout le monde considère que finalement, ça serait tout à fait normal de faire un deuxième référendum, parce que – paraît-il – les Britanniques auraient largement changé d'avis tellement gla-gla-gla, ils auraient peur. Ça n'est pas vrai.
Les élections européennes ont montré le contraire, ont montré que le Parti du Brexit de Nigel Farage était arrivé largement en tête. Mais ce que ne disent pas les médias français, c'est que si d'aventure effectivement Jeremy Corbyn arrivait au Downing Street, au 10 Downing Street, Premier ministre, si effectivement il faisait un deuxième référendum, on ne sait pas où... La société britannique, elle pourrait voler en éclats, vraiment voler en éclats, parce qu'il y a une majorité quand même de gens qui ont voté pour le Brexit et qui sont « infuriated », comme on dit en anglais, qui sont fous furieux qu'au bout de 3 ans et demi, leur choix n'ait toujours pas été respecté.
Alors on continue à taper, à taper sur M. Boris Johnson. Je voyais ces jours-ci... Là, on a annoncé que pour la première fois depuis je sais pas quoi, 2012, le PIB britannique se serait réduit de -0,2% au premier trimestre de cette année – je crois –, ou au deuxième trimestre de cette année 2019. Je note au passage que si c'était en France, j'ai un peu des doutes sur le fait que l'Insee aurait balancé dans une telle conjoncture politique un mauvais chiffre. Je vois dans ces statistiques... Parce que bon, c'est pas au vieux singe qu'il faut apprendre à faire la grimace. Les statistiques de PIB, on les connaît. L'Insee publie les statistiques d'évolution du PIB au bout de quelques mois.
Et puis après ça, quelques mois après, ils en publient les statistiques affinées, puis affinées, puis affinées. Puis à la fin des fins, on s'aperçoit que les statistiques de départ ont été complètement démenties. C'est déjà arrivé qu'on passe du plus à du moins. On croyait qu'on avait fait +0,2%. En fait, on a fait -0,3%, parce que paraît-il, il faut faire tourner les machines. Moi, je trouve que la rapidité avec laquelle on a annoncé qu'au deuxième trimestre de cette année, le PIB britannique se serait réduit de -0,2%, j'y vois plutôt la marque de l'oligarchie, qui tient beaucoup de choses. Il faut savoir en ce moment qu'au Royaume-Uni, vous avez la BBC par exemple, les grands médias...
Pas la presse papier, pas le Daily Telegraph, mais beaucoup des grands médias et la BBC, qui sont contre Boris Johnson et qui sont contre le Brexit. C'est à peu près comme en France. Il y a quand même une plus grande liberté de parole au Royaume-Uni. Donc tout est bon pour essayer... On nous explique que l'indice boursier, le (FTSE 100), voilà, un premier décrochage. Donc il faut penser que plus on va avancer vers la date du 31 octobre et plus il va y avoir des pressions de toute nature pour éviter le Brexit. Voilà. Voilà où l'on en est.
Pour ce qui nous concerne, nous espérons toujours que le Brexit va avoir lieu le 31 octobre, comme je continue à penser que c'est ce qui est le plus probable, sauf alors à ce que le Royaume-Uni verse dans des problèmes politiques intérieurs extrêmement graves. Je voudrais conclure cette affaire en disant que j'ai vu ici ou là des critiques apparaître en France sur le fait que M. Boris Johnson serait un ultra-ultra-libéral, que ce serait un scandale.
Il y a eu un article diffamatoire qui a été lancé contre moi sur Internet : en gros que j'étais un imposteur parce qu'en fait, je militais secrètement pour Boris Johnson parce que c'est un ultralibéral, parce que je voudrais démolir le droit du travail, et ci, et ça sous couvert de Brexit. Alors que les choses soient très claires : alors les gens qui croient ça, ce sont des gens qui sont soit totalement ignorants de ce que j'ai pu dire... Pas seulement moi mais toutes les personnes qui nous ont reçus, de tout ce qu'on a pu dire et écrire depuis plus de 12 ans.
Je renvoie toutes les personnes à notre programme : défense des services publics, défense du droit du travail, défense des retraites par répartition, défense de la démocratie, amélioration de la démocratie en favorisant le référendum d'initiative citoyenne, amélioration de la démocratie en préservant le niveau des communes, etc., etc., protection des travailleurs. Enfin on ne peut pas faire plus que ce que j'ai dit. Bon. Donc ce sont des gens qui sont soit totalement ignorants, soit malveillants. Mais pourquoi est-ce que nous soutenons Boris Johnson ? Parce qu'il y a un truc qu'il faut que les Français se mettent dans la tête. Ça s'appelle la hiérarchie de priorités.
C'est pas moi, c'est pas vous, c'est pas nous qui sommes au Royaume-Uni. Il se trouve qu'au Royaume-Uni, le système politique est tel que le nouveau Premier ministre était forcément du Parti conservateur, puisqu'il n'y avait pas eu de nouvelles élections générales et que c'est le Parti conservateur qui a le plus grand nombre de députés à Westminster.
Et il se trouve que par un système d'élections internes, au bout du compte, les deux derniers finalistes, c'étaient Boris Johnson et Jeremy Hunt, Jeremy Hunt qui était un clone de Mme Theresa May, qui était un anti-Brexit alors que Boris Johnson a été un des leaders de la campagne du Brexit il y a 3 ans et demi, Jeremy Hunt qui était un des anti-Brexit et Jeremy Hunt qui avait annoncé la couleur qu'il voulait reporter aux calendes le Brexit. Donc dans ce genre de situations, comme avait dit – je crois – Louis XV au moment de la cession des colonies françaises du Canada... C'est pas la meilleure chose qu'il ait faite d'ailleurs.
Mais enfin il avait eu cette phrase – dit-on – : « Quand le feu est au château, qui se soucie des écuries ? ». Voilà. Eh bien là, quand on est face à un choix entre Boris Johnson qui dit : « Je vais faire le Brexit le 31 octobre », et l'autre, Jeremy Hunt, qui dit : « Je ne le ferai pas », je me contrefous, et tous les membres de l'UPR se contrefichent que Boris Johnson, par ailleurs, tienne des propos libéraux ou ultra-libéraux. La réalité, c'est qu'il faut le Brexit. C'est beaucoup trop important pour l'avenir du continent.
Je précise d'ailleurs qu'il faut quand même une certaine audace pour expliquer que ça serait très mal d'avoir le Brexit avec Boris Johnson et rester dans l'UE qui est par essence ultra-ultra-libérale. Parce que même si Boris Johnson est un ultralibéral, l'important est qu'il fasse le Brexit, que les Britanniques reprennent leur souveraineté nationale, que ce soient eux qui décident de leurs lois. Et rien ne les empêchera, si une majorité de gauche arrive au pouvoir ultérieurement, de prendre des mesures de gauche.
D'ailleurs, je rappelle quand même que le gouvernement britannique, profitant de l'entre-deux actuel, a décidé la renationalisation de la ligne Londres-Écosse de chemin de fer, ce qui est contraire à tous les principes posés par la Commission européenne, de la même façon qu'en France, nous, nous invitons tous les Français à se rassembler à l'UPR pour le Frexit, que ce soient des Français de droite, de gauche, d'extrême-droite, d'extrême-gauche, du centre, des écologistes, etc. On les appelle à se rassembler pour récupérer notre souveraineté nationale. Et ensuite, eh bien ce seront les Français eux-mêmes qui décideront s'ils veulent une politique plus libérale, une politique plus dirigiste.
Mais ça sera nous qui déciderons. C'est quand même tellement évident. Et de ce point de vue-là, je voudrais mettre en garde ceux qui croient certains prophètes de... Les faux prophètes de l'opposition qui disent : « Ouh là là, là là, là là, il faut pas aller à l'UPR parce que c'est un parti de droite ». L'UPR n'est pas un parti de droite. C'est un mensonge. Nous avons été systématiquement classés comme au-dessus du clivage droite-gauche. C'est comme les gens qui auraient dit que le Conseil national de la Résistance de 1944 eût été un mouvement de droite parce qu'il était présidé par Charles de Gaulle.
Non, c'était un mouvement de large rassemblement national pour récupérer ce qui est le plus important de nos trésors collectifs : notre souveraineté, notre indépendance nationale, c'est-à-dire notre capacité à nous, le peuple français, de décider souverainement de ce que l'on veut et de ne pas dépendre du président de la BCE – de la présidente aujourd'hui –, du président de la Commission européenne, de tel ou tel commissaire européen. Voilà. Les gens qui vous disent : « Oh là là, moi, je ne veux pas aller à l'UPR parce que je veux un Frexit de gauche », c'est à peu près aussi malin que si... J'ai déjà employé cette image. C'est comme si nous étions 28... Enfin pas 28.
On est 65 millions dans une prison. Et puis nous, l'UPR, on dit : « Voilà, il y a un moyen de s'en sortir : si on déplace ce bloc ». Ce bloc, ça s'appelle l'article 50. Il faut qu'on tire tous pour en sortir. Une fois qu'on aura fait un trou dans le mur de la prison, on pourra sortir. Et vous avez des gens qui disent : « Ah non, moi, je ne veux pas tirer ce bloc, parce que je voudrais d'abord savoir si, quand on sortira, on va tourner à gauche ou tourner à droite ». Voilà, c'est exactement ça. C'est pour ça qu'il y a des gens qui nous reprochent... Des gens de droite qui disent : « Oui, l'UPR n'est pas assez à droite ! », et puis d'autres : « Non, l'UPR n'est pas assez à gauche ! ».
Mais nous nous glorifions d'être au-dessus de ça. Nous, nous nous battons pour la France, nous nous battons pour nos enfants, les gens que nous aimons, notre conjoint, nos amis, nos parents. Nous nous battons tout simplement pour garder la liberté, la souveraineté, l'indépendance de la France, notre démocratie, nos libertés publiques. Je renvoie à ma question sur les violences policières de tout à l'heure. {Très bien. Avez-vous d'autres sujets à aborder ?} C'est la question balai comme d'habitude à chacun de nos entretiens d'actualité. Il y a évidemment à chaque fois 50 000 questions qu'on laisse de côté. Mais j'en retiendrai trois, venues toutes les trois des États-Unis d'Amérique.
La première, c'est la réponse cinglante que Trump a faite à Macron sur l'Iran, parce que voilà qu'Emmanuel Macron avait fait des déclarations en indiquant quasiment que les États-Unis avaient décidé ci et ci et ça. Décidément, Macron ne manque pas d'air. En fait, en fait... Bon. Non, franchement. Quand on est Macron, face à quelqu'un par ailleurs qui est assez soupe au lait et qui a une forte personnalité qui est Donald Trump, Donald Trump d'ailleurs qui caracole avec des taux d'approbation dans l'opinion publique qui le laissent très très loin derrière Macron. Quand on a un sens du poids respectif des deux pays, on ne s'amuse pas à parler au nom des États-Unis d'Amérique.
D'ailleurs, c'est stupide, parce que Macron, en se donnant un peu l'impression de rassembler l'opinion de tout le monde, y compris des États-Unis d'Amérique, risquait ce qui lui est arrivé, c'est-à-dire une réponse cinglante de Trump, qui lui a dit en substance... Je me rappelle plus les mots exacts. Enfin les mots de Trump, c'était : « Bon, j'aime bien Emmanuel Macron. Tout le monde le connaît ». Je crois qu'il a dit ça. « Tout le monde le connaît », c'est pas forcément très gentil. « Je connais bien Emmanuel Macron. Mais personne n'a le droit de parler au nom des États-Unis d'Amérique. Ce sont les États-Unis d'Amérique, eux et eux seuls, qui parlent en leur nom ».
Voilà, c'est-à-dire un aller-retour... Voilà. C'est mérité. D'ailleurs, jamais, jamais un chef d'État digne de ce nom – tout le monde a à l'esprit Charles de Gaulle – se serait permis de parler au nom des États-Unis d'Amérique, au nom de la reine d'Angleterre, au nom du Soviet suprême d'Union soviétique ou au nom du roi du Tonga. Enfin ça ne va pas. Quand on est chef d'État, on est chef d'État. Je crois que Macron n'a pas bien compris ce que c'est qu'un chef d'État, en fait. Je crois qu'il n'a toujours pas très très bien compris. C'est comme lorsqu'il avait fait son discours à la Sorbonne, vous savez, son premier discours sur la réforme de l'UE, l'UE de ce qu'il voulait. C'était fin 2017.
Il avait fait venir à la tribune de la Sorbonne tous les drapeaux des autres pays d'Europe. Un chef d'État n'a pas le droit de faire ça. Le chef d'État français n'a pas le droit de parler devant des drapeaux d'autres pays qu'il a réunis pour sa propre initiative. Oui, il peut le faire aux Nations unies, ou il peut le faire dans une réunion justement des chefs d'État et de gouvernement de l'UE. Si là, il y a les 28 avec les 28 drapeaux et qu'ils prennent la parole à tour de rôle, là, il a le droit de le faire, puisque tout le monde est représenté. Mais Macron s'était permis comme ça de dire : « Alors voilà ce que je pense de l'Europe. On va faire ci : défense européenne. On va faire ça.
On va faire un impôt européen », nani, nani, nana, nanani, nanani, nanana. (Bruit de bouche). En réalité, les autres chefs d'État et de gouvernement, ils ont regardé ça comme ça. Et puis après, ils ont éteint le poste. Ils ont dit : « Bon, allez, on change de sujet ». Et puis voilà, rien. Les déclarations qu'il avait faites, qui avaient été reprises dans les journaux, les journaux... Deux jours après, ça servait à emballer les œufs sur les marchés. Tout le monde s'en fichait. Voilà. Eh bien Macron a cru pouvoir faire la même chose avec Trump. D'où la baffe de Donald Trump.
Ce que je dis là doit être disjoint de la position actuellement de Macron sur l'Iran, qui est la position voulue par le Quai d'Orsay, qui est une position qui est quand même... Pour le coup que j'aurais plutôt tendance à soutenir, qui est quand même une position prudente qui évite de jeter de l'huile sur le feu et qui voudrait que les États-Unis reviennent un petit peu au bon sens sur l'affaire iranienne, parce qu'actuellement, les États-Unis... C'est quelque chose dont on ne parle pas assez, mais les États-Unis, avec Trump, ont démoli à peu près tous les traités de contrôle des armements nucléaires avec la Russie. Il n'y a plus que le dernier (New Start) qui existe.
Mais il n'y a plus qu'un seul traité, maintenant, qui fonctionne. Le résultat, c'est que les États-Unis ont dit qu'ils allaient installer en Asie des missiles allant de 500 à 5 500 km de portée, ce qui fait que d'une part, Vladimir Poutine en Russie a dit que l'ensemble de l'édifice de protection et d'architecture pacifiques du monde est en train de s'effondrer, ce qui a valu également au président Trump la réaction extrêmement courroucée des Chinois, qui ont dit qu'ils ne laisseront pas les États-Unis installer en Asie-Océanie des missiles qui viseraient directement le territoire de la République populaire de Chine.
République populaire de Chine dont le budget maintenant militaire avoisine au moins les 20% du budget américain en matière d'armée. Les Russes comme les Chinois mettent un paquet énorme en ce moment sur la rénovation et la progression de leur force militaire. Trump joue avec le feu sur ces histoires.
Donc de ce point de vue-là, plutôt que Macron qui se permet de parler face à Trump, un vrai chef d'État – en tout cas c'est ce que j'aurais fait si j'avais été élu –, sur l'affaire iranienne, aurait défendu une ligne voisine de celle de Macron et des questions européennes, c'est-à-dire tout faire pour maintenir les liens avec l'Iran et pour maintenir l'accord qui avait été obtenu sur l'affaire de l'enrichissement avec l'Iran, et donc de ne pas pousser à la guerre comme le veulent les États-Unis d'Amérique.
Mais par ailleurs, un chef d'État français digne de ce nom devrait demander, réunir à la limite au Conseil de sécurité des Nations unies, prendre à témoin l'opinion publique mondiale sur le fait que l'ensemble de l'architecture pacifique internationale de tous ces traités qui, dans les années 70, à partir de la détente lancée en 1966 par Charles de Gaulle, les années de détente : Nixon, Kissinger, etc., les années 70, 80 qui avaient abouti aux négociations SALT 1, SALT 2, etc. de limitation des armements nucléaires, tout ça est en train de voler en éclats. Et ça, c'est extraordinairement inquiétant. Deuxième information venue des États-Unis : l'affaire du bœuf américain.
On a appris ces jours-ci que non seulement nos parlementaires français – comme vous le savez – ont accepté de ratifier le CETA, donc l'accord avec le Canada pour faire venir en France en fait du bœuf aux hormones, etc., enfin des viandes dont on ne pourra pas garantir qu'elles n'ont pas eu des traitements aux hormones ou nourris aux OGM, enfin j'en passe, et des pires... J'ai déjà eu l'occasion – je crois – de le dire. Je le rappelle.
Tout ça au même moment qu'on faisait venir le sketch de cette Greta Thunberg dont on a appris il y a quelques jours qu'elle allait maintenant aller aux États-Unis sur un yacht dirigé par un membre de la famille princière de Monaco : Pierre – je crois – Casiraghi, qui est un des membres de la famille princière et qui est un des fils – je crois – de Caroline de Monaco et de son premier mari Stefano Casiraghi, qui était mort dans un accident de bateau, que ce navire est sponsorisé par le Yacht Club monégasque, est sponsorisé par BMW, qui est quand même une entreprise automobile spécialiste quand même des grosses cylindrées, etc.
Enfin bon, tout ça, ça tourne à la pantalonnade générale, cette affaire Greta Thunberg. Je ferme cette parenthèse sur l'affaire Greta Thunberg, qui était là... En réalité, c'était la Greta qui cache le CETA. Mais en réalité, poussez la Greta, en fait, c'était le CETA, qui est un accord totalement contradictoire avec les principes de défense de l'environnement. Et ce qu'il faut savoir – ça a été assez discrètement fait –, c'est que l'UE a augmenté – je crois – les quotas de bœuf américain justement aux hormones, tout ça, qui vont pouvoir arriver dans l'UE, tout ça dans le plus grand silence de M. Jadot, dont je rappelle que M.
Jadot a fait une percée aux élections européennes, et que des Français, des électeurs ont eu la naïveté d'aller voter Jadot parce que Jadot disait des choses sympathiques : « Et voilà, il faut défendre l'environnement ». Maintenant que Jadot est député européen, qu'est-ce qu'il fait pour l'environnement ? Rien ! Il ne peut rien faire. Il a validé auprès des Français le principe qu'il faudrait rester dans l'UE, qui valide et qui certifie... Enfin qui valide le CETA, qui valide le bœuf américain, etc., etc.
Et puis la troisième chose qui nous vient des États-Unis : je voudrais dire un mot assez ému sur ces nouveaux mass shootings, comme on dit en américain, c'est-à-dire tueries de masse, qui ont eu lieu récemment à El Paso au Texas et à Dayton dans l'Ohio, à 9 heures d'intervalle. Il me semble que j'en avais déjà parlé il y a peut-être 8 mois ou 1 an dans un entretien d'actualité précédent. La situation aux États-Unis des tueries dépasse l'imagination. Vous avez sur Internet des sites internet qui comptabilisent, qui précisent toutes ces tueries de masse qui ont lieu aux États-Unis, sur le territoire américain, jour après jour.
Parce que contrairement à ce qu'on pourrait penser en regardant les médias français ou les médias internationaux... On a l'impression qu'une fois tous les 6 mois, il y a quelqu'un qui est pris d'un acte de folie. Mais pas du tout, pas du tout. Quasiment tous les jours que Dieu fait, eh bien vous avez des tueries de masse aux États-Unis. Alors les sites en question... Je me rappelle avoir vu un site : il considère une tuerie de masse à partir du moment où il y avait 3 morts. C'est-à-dire : en dessous, s'il n'y a que 1 mort ou 2, bon, c'est pas grave, c'est du tout-venant. C'est dingue ! Bon. Donc même avec 3 morts et je sais pas combien de blessés, eh bien on était dans le système...
On en a au moins 1, 2, 3 par jour. Si j'ai bien vu, en 2018, l'année dernière, si j'ai bien lu la statistique, il y a eu 40 000, je dis bien 40 000 Américains qui sont morts par arme à feu. 40 000 Américains morts par arme à feu. Voilà. C'est comme si en France, comme la population française est à peu près cinq fois moins nombreuse, c'est comme si en France, il y avait à peu près 8 000 morts par arme à feu chaque année. Donc 8 000 morts divisés par 365, ça fait à peu près 22. Voilà.
S'il y avait des tueries de masse en France comme il y a aux États-Unis, ça veut dire que tous les jours en France, il y aurait 22 morts de gens qui tomberaient sous des coups de feu, c'est-à-dire 1 par heure, nuit et jour. 1 par heure nuit et jour : c'est ça, les États-Unis d'Amérique que l'on nous présente comme modèle à suivre. C'est une plaisanterie, c'est une sinistre plaisanterie. Alors il est vrai bien entendu qu'on sait qu'il y a une association : la National Rifle Association, la NRA, qui est une association de fabricants d'armes qui est extrêmement puissante aux États-Unis.
Et il est vrai aussi que c'est dans la mentalité américaine depuis les assassinats de masse des Amérindiens, puisque la nation américaine s'est quand même fondée sur quasiment un génocide des Amérindiens, qui ont été refoulés. Quelques-uns, ils restent dans des réserves. Et donc il y a eu des tueries de masse aux XVIIe, XVIIIe, XIXe siècles contre les peuples premiers en Amérique du Nord. C'est inscrit dans les gènes – si l'on peut dire – de la nation américaine. C'est qu'ils considèrent comme une liberté fondamentale le fait de pouvoir avoir des armes. Voilà.
Le problème, c'est qu'avoir des armes avec un peuple qui est encadré par des valeurs transcendantes, s'il y a un très grand poids de la religion, etc... C'est pas bien. L'exemple de la conquête de l'Ouest le montre. Enfin on pouvait estimer à la limite qu'il y avait un certain encadrement. Mais s'il n'y a plus l'encadrement de la morale publique, de la religion, de ci ou de ça et que c'est le chacun-pour-soi généralisé et l'individualisme forcené, on en arrive à des sociétés qui versent dans la folie. Il y a de plus en plus de dingues, voilà, aux États-Unis comme d'ailleurs en Occident de façon générale, et puis des gens qui tirent dans le tas. Voilà.
Il faut bien comprendre ce que ça veut dire. Si nous avions le même score qu'aux États-Unis, je répète : il y aurait quasiment une personne qui se ferait tuer par arme à feu toutes les heures, jour et nuit, en France. Voilà ce que serait la société française. Alors avant de terminer, encore, parce que ça, c'étaient les questions concernant les États-Unis, j'ai quand même deux petites choses encore à dire. Premièrement, une information qui est un peu passée inaperçue mais qui est tombée il y a quelques heures, et sur laquelle je voudrais attirer l'attention.
C'est que le Parti fédéraliste européen, qui est un tout petit petit parti français, qui propose une Europe fédérale, a fait 0,05% des suffrages aux élections européennes récentes. Mais c'est un parti qui a... Moi, je le lui rends hommage. Je pense 100% du contraire de ce que pense ce Parti fédéraliste européen. Mais je lui reconnais une chose, parce que je me rappelle avoir débattu une fois avec sa vice-présidente. C'est que ce sont des gens honnêtes et sincères. C'est que ce sont des gens qui croient honnêtement et sincèrement dans la possibilité d'avoir une Europe fédérale, voilà. Il y a un petit côté très bisounours.
Voilà, je me rappelle avoir débattu avec la vice-présidente il y a 2 ans, ou je sais plus quoi. Elle n'avait en fait aucun argument à m'opposer à l'avalanche des contre-arguments que je lui donnais. Les seuls arguments qu'elle avait, c'était : « Oui, mais j'aime bien le croire », « Oui, mais il faut y croire », « Il faut garder espoir », etc., c'est-à-dire elle vivait un petit peu dans un monde idéal. Elle vivait dans un monde de bisounours. Mais au moins, ce sont des gens honnêtes, ce sont des gens sincères.
Figurez-vous que ce Parti fédéraliste européen a eu l'idée de saisir le Conseil d'État pour ce que l'on appelle une question préalable de constitutionnalité, une QPC, au sujet du seuil de 5% imposé lors des dernières élections européennes, puisque pour avoir un député au Parlement européen, il fallait avoir 5% des suffrages. On en sait quelque chose, puisqu'il y a des pays où il n'y a pas... Il y a des pays où c'est 3%, des pays où c'est 1%. Il y a des pays où il n'y a rien, il n'y a pas de seuil. C'est en particulier le cas de l'Allemagne. Et donc la répartition se fait à la moyenne... Au plus fort reste ou à la plus forte moyenne. Je ne sais pas comment ça se passe.
Eh bien le Conseil d'État qui a été saisi par cette QPC a examiné le dossier. La première information que l'on sait, c'est qu'il a considéré que c'était une information suffisamment substantielle et sérieuse pour que ce soit transmis au Conseil constitutionnel. C'est-à-dire que désormais, le Conseil constitutionnel français vient de se voir transmettre... Ce qui n'est pas rien. Ça n'est pas tout. Mais ça n'est pas rien. C'est un premier pas. Le Conseil constitutionnel vient de se voir saisi officiellement par le Conseil d'État. C'est la seule façon actuelle pour des particuliers ou pour un groupe de particuliers de saisir le Conseil constitutionnel.
Il ne peut pas le faire directement comme ça serait le cas en Allemagne avec le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe. Nous, on ne peut pas le faire. Mais on peut saisir le Conseil d'État qui va – lui – juger s'il doit saisir d'une QPC le Conseil constitutionnel. Et le Conseil constitutionnel a maintenant sur sa table le fait de décider si c'était bien conforme à la Constitution française, le fait d'avoir un seuil de 5% et d'interdire aux partis politiques ayant fait moins de 5% d'être représentés à Strasbourg. Alors là où ça se pimente, c'est que ce seuil de 5% était celui que l'Allemagne voulait imposer.
Or, un certain nombre de personnes ont saisi justement le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe, c'est-à-dire l'équivalent du Conseil constitutionnel en Allemagne, lequel avait tranché en disant : « Ce seuil de 5% doit être supprimé. Il ne doit pas y avoir de seuil ». Donc le Conseil constitutionnel français va se retrouver maintenant devant une situation assez savoureuse, et que nous allons regarder – et vous avec nous sans doute – à la loupe. C'est que le Conseil constitutionnel soit décide de rejeter la question au préalable de constitutionnalité et de dire que c'est tout à fait justifié qu'il y ait ce seuil de 5%...
Mais à ce moment-là, on va pas pouvoir dire qu'on est en train de bâtir l'Europe, puisque l'équivalent du Conseil constitutionnel allemand, il y a quelques mois, avait dit exactement le contraire. On peut pas à la fois vanter le mérite du couple franco-allemand : « Toujours, toujours plus proche », et sur un sujet de cette nature prendre une décision radicalement opposée. Ça fera mauvais genre. Ça fera mauvais genre. Bon.
Mais l'autre hypothèse, c'est que le Conseil constitutionnel dise : « Oui, en effet, nous allons comme nos collègues d'outre-Rhin considérer que ce seuil de 5% est nul et non avenu, ne serait-ce que parce qu'il y a d'autres pays au sein de l'UE qui ne l'ont pas appliqué, et ne serait-ce que parce qu'il y a des partis politiques en France qui ne sont pas négligeables qui n'ont pas pu avoir de représentation au Parlement européen ». Si d'aventure le Conseil constitutionnel se rangeait du côté de cette demande, le Conseil constitutionnel pourrait donc peut-être demander... Du coup, il renverrait ça au Conseil d'État. Ça serait la décision qui serait prise. Et... On peut toujours rêver.
Peut-être que le Conseil d'État ferait en sorte d'annuler la décision qui avait été prise de mettre un seuil de 5% à ces élections. Si tel est le cas... Alors là aussi, c'est comme Salvini tout à l'heure, ça fait beaucoup de « si » les uns après les autres. Mais si le Conseil constitutionnel renvoyait avec un avis effectivement au Conseil d'État comme quoi cette question préalable est judicieuse et si le Conseil d'État annulait la décision gouvernementale, ça voudrait dire que peut-être, – peut-être – l'État français serait obligé de revoir sa copie et de modifier la composition des députés au Parlement européen qui ont été élus en mai dernier.
Ça veut dire au passage eh bien que des partis politiques qui ont obtenu moins que 5% pourraient avoir des députés. Alors on n'en est pas là. Mais sachant que nous avons fait – nous – 1,2%, sachant que les partis qui ont fait des pouillèmes de point, eux, ne pourraient pas avoir de parlementaires, peut-être... Ça serait ric-rac, mais peut-être ne serait-il pas impossible eh bien que la liste de l'UPR se voie gratifiée au bout du compte d'un parlementaire européen, lequel serait le n°1 de la liste. Je vous laisse deviner qui ce serait. Ça serait votre serviteur. On n'en est pas là. Je pense que la probabilité reste quand même très faible.
Mais c'est quand même quelque chose d'assez intéressant à suivre et qui montre en tout cas que même au Conseil d'État et au Conseil constitutionnel, on n'en mène pas large sur cette décision profondément en fait injuste qui a été faite, et dont je rappelle quand même que l'UPR a fait un score qui... Si nous étions en Allemagne, je serais député européen. Et puis alors pour terminer définitivement cet entretien, c'est que je voudrais dire un mot sur l'affaire du référendum concernant la privatisation d'Aéroports de Paris. On a appris il y a quelques jours qu'il semble que le nombre de personnes ayant signé a atteint et dépassé les 605 000 signatures. Nous sommes au mois d'août.
Alors je voudrais dire quelque chose là-dessus. La première chose, c'est que je rappelle qu'il faut (4,7) millions de signatures pour obtenir le référendum. C'est inaccessible, en fait. La réforme qui avait été faite de la Constitution française, en fait, c'était se moquer du monde. 600 000 signatures, c'était d'ailleurs à peu près ce que nous, nous avions proposé dans notre programme. Nous, on avait dit 600 000, 700 000 signatures pour avoir un référendum. On y est. Demander (4,7) millions, 10% du corps électoral, c'est se moquer du monde. Donc c'est la première chose.
C'est que la réforme constitutionnelle qui avait été faite sous Nicolas Sarkozy visant – avec des grands coups de violon – à moderniser, démocratiser, c'était en fait ce que l'on appelle une fausse fenêtre : un truc tellement difficile à obtenir qu'on ne pouvait pas l'obtenir. Voilà. Ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est que je voudrais quand même que les Français se regardent dans la glace. La privatisation d'Aéroports de Paris, c'est la privatisation d'un grand service public. Il y a eu une mobilisation de l'opinion publique sur le sujet.
Derrière ce référendum, si un référendum avait lieu sur la privatisation d'Aéroports de Paris, à mon avis, il est probable, sinon quasi-certain que la privatisation serait rejetée par les Français. Ça donnerait un formidable coup d'arrêt aux privatisations. Et ça mettrait le gouvernement dans une situation impossible vis-à-vis de Bruxelles et de la Commission européenne. Il est donc absolument fondamental que le maximum de Français se mobilisent pour apporter leur signature sur ce référendum. Beaucoup... Il y a des millions de Français qui, si référendum il y avait, voteraient contre la privatisation. Et ce qui est tragique... Et c'est là où je voulais en venir.
C'est qu'il n'y a que 600 000 personnes qui ont signé. Ça fait quand même maintenant plusieurs semaines. Nous, nous avons appelé... On n'est pas les seuls. Il y a quand même un certain nombre de forces politiques qui ont appelé à signer en faveur de ce référendum. Nous en sommes à 600 000. Il en faut (4,7) millions. Il en manque encore (4,1) millions. Donc là, je voudrais attirer l'attention de mes compatriotes sur le fait que chacun est responsable de la situation telle qu'elle est, et que ceux qui s'apprêteraient à voter contre la privatisation et qui ne signent pas le référendum sont coupables. Ils sont coupables, en fait.
C'est eux qui sont responsables, puisqu'ils ne permettent pas que ce référendum ait lieu. Et je voudrais ici en revenir sur un débat qu'on a eu ici ou là : des gens qui reprochent à l'UPR de faire des scores modestes, et que ci, et que ça, et que l'on ne s'y prendrait pas comme ci et pas comme ça. Mais nous, nous arrivons à avoir 1,2% des suffrages dans des conditions épouvantables, alors que les médias font une omerta complète sur notre mouvement politique, alors qu'on a mis dans la tête des Français que le Brexit serait synonyme d'apocalypse, etc., etc. Eh bien beaucoup de Français, malheureusement, ont suivi les médias.
Eh bien je suis désolé de dire, mais le référendum se heurte au même problème que nous. Pourtant, le RN, la FI, le PCF, des forces sociales, tel ou tel parti politique, pas seulement l'UPR ont demandé de signer. Eh bien ça ne suffit pas. C'est ainsi que je voudrais terminer. Nous avons affaire à un combat de longue durée, de très longue durée. Et les personnes qui baissent les bras ne comprennent pas la difficulté de l'enjeu de la période que nous traversons. Ce qu'il faut, c'est tenir, faire preuve d'opiniâtreté, parce que ça peut durer des années, mais au bout du compte, c'est nous qui gagnerons si nous restons fermes et solides sur nos convictions.
Pourquoi l'UPR est-elle sortie de l'anonymat ? Pourquoi quand je vais au bord de la mer, à la montagne, en province, à la campagne, en banlieue, etc., de plus en plus de gens commencent à me reconnaître, et toujours de façon très gentille ? Parce que ça fait plus de 12 ans, plus de 12 ans. Et donc je voudrais ici rappeler à tout le monde que dès la rentrée, nous allons lancer les élections municipales. Nous allons reprendre le fardeau et poursuivre notre marche en avant, parce que forcément, un jour ou l'autre, notre ténacité finira par payer, tout simplement parce que nos analyses sont les bonnes et que la construction européenne, qu'on le veuille ou pas, finira par exploser.
Vive la République et vive la France. Le TFUE stipule que toute restriction aux mouvements de capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers est interdite. — Alors t'es contre l'UE. — Non. — Alors t'es pas contre les délocalisations. Dans l'UE, les délocalisations, c'est automatique. Si vous avez un doute, parlez-en avec votre médecin, ou consultez les analyses de François Asselineau sur « upr.fr ».
François Asselineau