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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 23 janvier 2022 25 min

Eric Zemmour, immigration, parrainages de Marine Le Pen... Le "8h30 franceinfo" de Laurent Jacobelli

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Le 8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Jean-Jérôme Bertolus. Bonjour. Chef du service politique de France Info. Notre invité ce matin est le porte-parole du Rassemblement National et de Marine Le Pen. Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Hier soir, Éric Zemmour était à Cannes pour un meeting où il a présenté ses nouvelles recrues, notamment Gilbert Collard sorti de Vauran. Et il a également appelé à l'Union des Droites. Je voudrais qu'on l'écoute ensemble.

0:26
Locuteur non identifié

C'est l'appel des victoires. C'est l'appel à abolir ce fameux et funeste cordon sanitaire. Supprimons entre nous les frontières virtuelles. Nous sommes d'accord sur l'essentiel. A vous, à vous électeurs du Front National qui n'en pouvez plus de perdre. A vous électeurs des Républicains qui n'en pouvez plus de voir vos dirigeants trahir vos idées. Unissons nos forces.

0:52
Présentateur

Alors, Laurent Jacobelli, en politique, on dit que les idées sont plus importantes que les personnes. La dynamique n'est pas dans votre parti, mais chez Éric Zemmour. Quand allez-vous le rejoindre, vous aussi ? Jamais.

1:05
Marine Le Pen

Voilà, je vous le dis très clairement. Moi, je suis fidèle à Marine Le Pen et pour une raison très simple. D'ailleurs, on vient de voir dans votre reportage quel manque d'ambition chez Éric Zemmour. L'union des droites. Mais qu'est-ce que c'est que ce candidat gagne petit ? Aujourd'hui, c'est l'union de tous les Français qu'il faut et c'est ce que propose Marine Le Pen. Aujourd'hui, on voit des candidats qui veulent faire, qui veulent diriger avec les vaccinés contre les non-vaccinés, avec ceux qui en emploient contre ceux qui en recherchent, contre le peuple de droite contre le peuple de gauche, le peuple de gauche contre le peuple de droite.

Mais l'insécurité est au maximum, l'immigration est au maximum, le pouvoir d'achat diminue. Aujourd'hui, il faut l'union de tous les Français pour remettre ce pays sur pied. Ce pays, la France, il appartient à chacun d'entre nous, les 67 millions de Français. Et aujourd'hui, il faut s'unir pour le sauver. Et Marine Le Pen a une vision beaucoup plus haute, beaucoup plus noble de la politique, une vision réellement nationale et pas partisane.

1:58
Invité

Alors peut-être, effectivement, plus d'ambition du côté de Marine Le Pen, c'est ce que vous rétorquez, Eric Zemmour, sur l'union des droites. Mais qu'est-ce que vous dites en termes de dynamique ? C'est vrai que vous avez eu des défections importantes cette semaine. Et est-ce qu'aujourd'hui, la dynamique n'est pas dans le camp d'Éric Zemmour et pas dans le vôtre ?

2:16
Marine Le Pen

Écoutez, si j'en crois les études d'opinion et les sondages, qu'il faut toujours regarder avec beaucoup de distance, effectivement, Éric Zemmour a trois électeurs de plus, de ce qu'il a été piqué, j'allais dire, chez les l'air et chez vous ? Mais écoutez, honnêtement, aujourd'hui, Marine Le Pen, malgré tout ça, s'affirme de plus en plus dans les sondages comme la principale opposante à Éric Zemmour. Il y a eu sur son... Ah, Éric Zemmour, pardon, au président Macron. Oui, je les confonds. C'est un lapsus intéressant, parce que qui est votre principal adversaire aujourd'hui ? C'est Emmanuel Macron ou Éric Zemmour ?

Oui, c'est Emmanuel Macron, mais je crois qu'Éric Zemmour est finalement le cheval de troie du système à l'intérieur du camp patriote, parce qu'il l'a dit lui-même d'ailleurs, il est là pour faire baisser Marine Le Pen et pour permettre éventuellement à Valérie Pécresse et au second tour, pour que les Français aient le choix entre un représentant du système contre une représentante du système. Nous, on voit les choses autrement. Il vous affaiblit ? C'est ce qu'il veut faire, en tout cas, il est là pour ça. Mais, très honnêtement, vous parliez de trois ou quatre débauchages. Est-ce que c'est important ?

Est-ce que les Français vont changer leur vision de la politique, vont changer leur intention de vote ?

3:22
Invité

Débauchages ou ralliements, plutôt.

3:24
Marine Le Pen

Comme vous voulez, parce que M. Rivière ou M. Collard ont changé de camp. Il y a des aventures indivisées. Et demain, c'est qui ? C'est Stéphane Ravier, par exemple ? Mais je ne crois absolument pas que Stéphane Ravier, je le connais bien, c'est quelqu'un de fidèle.

3:35
Présentateur

En tout cas, Laurent Jacobelli, dans la série de ceux qui hésiteraient à passer chez Zemmour, est-ce que vous avez des nouvelles de Marion Maréchal Le Pen ?

3:43
Marine Le Pen

Aucune. Vous savez, je ne la connais pas, donc je ne vais pas avoir de nouvelles. Mais je veux bien qu'on fasse la liste...

3:49
Présentateur

Que pensent-elles les soucis de sa tente en ce moment ?

3:51
Marine Le Pen

Je vais me permettre de vous répondre. Je veux bien qu'on fasse la liste de toutes les personnalités qui veulent plus de lumière, plus de responsabilité, plus de titres, comme certains qui viennent de changer de parti. Je veux bien, mais ce n'est pas intéressant. Au moment où on est dans la France, au moment où on en est dans les problèmes à résoudre, on a aujourd'hui un recul de nos libertés à cause de la crise sanitaire. On le voit, les chiffres de l'économie sont alarmants, les chiffres de la sécurité sont alarmants.

4:19
Présentateur

Mais si Marion Maréchal Le Pen soutenait Éric Zemmour, ce serait intéressant, Laurent Jacobelli.

4:23
Marine Le Pen

Je veux bien qu'on commente des choses qui ne sont pas arrivées, qui arriveront peut-être, et dont on ne sait même pas si elles sont crédibles.

4:28
Présentateur

Je vous demandais si vous aviez des nouvelles.

4:30
Marine Le Pen

Mais très honnêtement, je vous le dis honnêtement, et ce n'est pas du tout contre vous, ça ne m'intéresse pas, et je ne suis pas sûr que ça intéresse les Français.

4:36
Invité

Un petit mot, vous parliez effectivement du match quand même entre Marine Le Pen et Éric Zemmour. Le 5 février prochain, il y aura le congrès d'investiture de Marine Le Pen, plus exactement le meeting, ce sera à Reims. Le même jour, Éric Zemmour a prévu de son côté également un grand meeting. Donc il y a quand même un match dans le match à la droite de la droite.

4:58
Marine Le Pen

C'est ce que veut Éric Zemmour. En primaire, quoi. Non mais évidemment, c'est ce que veut Éric Zemmour et c'est ce que veut le système. Mais vous savez, je ne pense pas qu'en parasitant des événements, qu'en essayant d'imposer une candidature qui affaiblit le camp patriote, on fait l'union. Moi j'ai toujours un peu de curiosité, un peu d'étonnement, et je dois le dire, un peu d'incompréhension face à ces gens qui veulent faire l'union en divisant, qui se prétendent les seuls à pouvoir gagner alors qu'ils sont en queue de peloton dans les sondages.

Tout ça, honnêtement, c'est beaucoup de bruit politique, beaucoup de bruit médiatique, mais je pense que les électeurs qui ont la France au cœur, sincèrement patriotes, ne se laisseront pas avoir par ce phénomène qui, je crois, est organisé par le système pour affaiblir le camp patriote.

5:40
Invité

Aujourd'hui, dans le JDD, Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, revient un petit peu sur le bilan d'Emmanuel Macron en matière de sécurité, mais il juge que Marine Le Pen est la personne la plus dangereuse pour le pays et que si jamais vous arriviez au pouvoir, ce serait la discorde nationale puis la guerre civile.

5:59
Marine Le Pen

Qu'est-ce que vous lui répondez ? Écoutez, ce ne serait pas aussi grave comme propos, j'aurais presque envie de rire. Il nous parle de discorde nationale. M. Darmanin, ministre de M. Emmanuel Macron, M. Emmanuel Macron qui a mis les Français dans la rue régulièrement depuis qu'il est élu, depuis les Gilets jaunes. M. Macron, avec son équipe dont fait partie M. Darmanin, qui a voulu emmerder les Français non vaccinés alors qu'il n'avait rien fait d'illégaux, celui qui passe son temps à diviser, celui qui aura fracturé la société française comme jamais, vient donner des leçons. Et il parle de dangerosité de Marine Le Pen.

Mais, excusez-moi, il devrait, je crois, être un peu plus décent dans ses propos. Aujourd'hui, le danger et l'insécurité, c'est lui, c'est lui qui est incapable de les contrôler. Les chiffres sont sortis, ils sont terrifiants. 2 000 agressions par jour en France, augmentation du nombre d'homicides de 12%. 69% des Français, ce sont vos collègues du JDD qui le disent aujourd'hui, pensent qu'Emmanuel Macron est incapable de rétablir la sécurité en France. Oui, il y a aujourd'hui un danger en France, mais il ne s'appelle pas Marine Le Pen. Il s'appelle Emmanuel Macron, tout simplement parce qu'en termes de sécurité, il a raté et parce qu'en termes d'immigration, les chiffres explosent.

Et vous le savez, l'immigration d'aujourd'hui, c'est l'insécurité de demain.

7:12
Présentateur

On va faire une pause dans cette discussion, Laurent Jacobelli, pour le fil info avec Diane Ferschit, 9h moins 20.

7:16
Invité

La loi instaurant le pass vaccinal est publiée ce matin au journal officiel. Le pass vaccinal entre en vigueur demain. Il sera obligatoire pour tous les plus de 16 ans pour accéder aux bars, aux restaurants, au cinéma ou encore aux transports de longue distance. A noter que pour ceux qui vont aller faire leur toute première injection avant le 15 février, ils pourront bénéficier d'un pass valide immédiatement, à condition de s'engager à recevoir une deuxième dose sous un mois et deux, présenter des tests négatifs. Le pass vaccinal qui a faiblement mobilisé contre lui hier. 38 000 personnes dans les rues, selon le ministère de l'Intérieur.

A Perpignan, des manifestants s'en sont violemment pris aux députés. La République en marche romain gros. Ils ont attaqué sa permanence. Le député dit avoir reçu un coup de poing. Il va porter plainte. Martin Hirsch dénonce un acte contraire à la déontologie. Qui met en cause le secret médical ? Le patron de la PHP va saisir le conseil de l'ordre et faire un signalement à la justice après la mise en vente d'une radio d'une victime de l'attentat au Bataclan, mise en vente sur un site d'enchères par un chirurgien. A deux semaines du début des Jeux olympiques en Chine, la ville de Pékin annonce qu'elle va faire dépister tous les habitants d'un quartier après la découverte d'un foyer épidémique.

La capitale chinoise a signalé la semaine dernière un tout premier cas du très contagieux variant Omicron. L'Open de tennis d'Australie et la victoire de Rafael Nadal face à Adrian Manarino. L'Espagnol se qualifie donc pour les quarts de finale. À suivre ce matin, l'autre Français du jour à Melbourne, Gaël Monfils, opposé au Serbe, Myomir Kekmanovic.

8:46
Présentateur

C'est le porte-parole du Rassemblement National et de Marine Le Pen qui est l'invité de France Info ce matin, Jean-Jérôme Bertolus.

8:52
Invité

Alors Laurent Jacobelli, on parlait juste avant de s'interrompre pour les titres de l'immigration. Effectivement, le ministère de l'Intérieur a donné les chiffres de l'année 2021. 104 577 premières demandes d'asile enregistrées l'année dernière. C'est plus qu'en 2020, mais c'est beaucoup moins qu'avant la crise du Covid. Mais est-ce que pour vous, effectivement, c'est encore trop ?

9:19
Marine Le Pen

Oui, c'est encore trop pour une bonne raison. Beaucoup des demandeurs de droit d'asile ne seront pas reconnus comme ayant le droit à l'asile. Le problème, c'est que quand ces deux tiers de demandeurs vont être déboutés de leur droit d'asile... C'est d'abord des Afghans, et compte tenu de la crise, effectivement, de la crise de pouvoir du taliban... J'ai bien compris, mais les chiffres que je vous donne sont justes.

9:37
Invité

Je ne dis pas qu'ils sont faux, je dis juste qu'il y a, effectivement, parmi ces demandeurs d'asile.

9:41
Marine Le Pen

Qu'il y ait des vrais demandeurs d'asile dans le lot, je vais être très clair avec vous, des gens qui souffrent dans leur pays, des gens qui ont besoin d'un abri pour les protéger de persécutions politiques ou autres, nous ne remettons pas ça en cause avec Marine Le Pen. Ce que nous remettons en cause, ce sont les faux demandeurs de droit d'asile qui se servent de cette filière-là pour arriver en France de manière indue et y rester à vie. Parce que le problème, ce n'est pas celui du nombre. Le problème, c'est qu'on ne renvoie pas chez eux ceux qui n'ont pas le droit d'être en France.

Le nombre de renvois à la frontière autoritaire, j'allais dire, en fonction des décisions de justice, a été divisé par deux en un an. Le vrai problème, il est là.

10:19
Invité

10 000 renvois, 10 000 expulsions l'année dernière.

10:22
Marine Le Pen

Ce qui est ridicule par rapport aux 600 000 ou 700 000 nombres d'étrangers illégaux dont parle M. Gérald Darmanin. Il faut rappeler quand même que le nombre de migrants qui sont arrivés pour regroupement familial a augmenté de 18% en un an.

10:36
Invité

Alors que le regroupement familial a été durci dans ses règles, dans son application.

10:40
Marine Le Pen

Non, absolument pas. En tout cas, pas dans la pratique. Pire encore, le nombre de naturalisations a augmenté de 53%. 100 000 à peu près. 53% d'augmentation. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que chaque année supplémentaire d'un gouvernement Macron, c'est l'affaiblissement de la nationalité française. On donne la nationalité française à tout le monde et je dois dire aussi à n'importe qui. Il faut rétablir un certain nombre de règles. Et Marine Le Pen a fait une proposition très claire aux Français d'un référendum sur l'immigration qu'elle a proposé, qu'elle a écrit avec toute une équipe, avec un projet de loi, un projet constitutionnel précis qu'on va proposer aux Français dès avril.

11:18
Invité

Et pourquoi Marine Le Pen maintenant se prononce avant, quand elle s'est lancée dans la présidentielle pour la deuxième fois en 2016, elle était contre la binationalité. Elle souhaitait interdire les binationaux. Ça n'est plus le cas aujourd'hui. Donc ça veut dire, par exemple, Laurent Jacobelli, on peut être Français et Marocain en même temps ? Bien sûr, mais je vais vous répondre.

11:38
Marine Le Pen

Dans ce référendum que je citais il y a quelques instants, il y a une réforme qui propose la fin du droit du sol. Une réforme de la nationalité française qui va limiter, voire supprimer le regroupement familial. Des mesures très précises sur le fait qu'un étranger ne pourra plus toucher un certain nombre d'allocations sociales, que les Français finalement bénéficieront de la priorité nationale.

12:03
Invité

Et donc sur la binationalité, parce que ce qui est vrai, c'est que les deux ralliements à Éric Zemmour dont on parlait mettent au cœur l'identité française et le grand remplacement du côté d'Éric Zemmour.

12:11
Marine Le Pen

Très bien, mais ils font une double erreur. D'abord, Marine Le Pen, dans ce référendum, a très clairement dit qu'elle ne touchait pas à la binationalité. Et pour une raison très précise. Aujourd'hui, tous ceux dont on nous dit qu'ils étaient Français en même temps qu'ils étaient terroristes, regardez bien, ils ont une double nationalité. Et cette double nationalité, c'est une voie de sortie pour nous. C'est-à-dire, c'est l'occasion de leur dire, vous n'êtes plus Français, vous êtes déchu de votre nationalité et vous retournez chez vous. Et voilà. Et donc, si vous voulez, c'est un élément de gestion concrète, intelligent, au-delà des effets de tribune.

Mais être présidente de la République, c'est se préparer à gérer le pays. C'est pas simplement à vociférer derrière un micro.

12:50
Présentateur

Laurent Jacobelli, la campagne présidentielle, dans ce cas-là, le plus concret, justement, les 500 parrainages nécessaires. Où en êtes-vous ? Est-ce que vous êtes optimiste ? Est-ce que ça vous semble très compliqué ?

13:01
Marine Le Pen

Nous sommes optimistes par nature et aussi parce que nous ne pouvons pas imaginer que Marine Le Pen, qui a rassemblé 11 millions de Français au second tour de la dernière présidentielle, puisse être empêchée d'être candidate à cette élection présidentielle. Donc, pas l'inquiétude. Mais c'est difficile. Je ne vous le cache pas. Vous avez combien de parrainages aujourd'hui ? Je ne vous le dirai pas, mais nous n'avons pas l'ensemble de nos parrainages. Quel étiage souhaitez-vous atteindre en termes de promesses ? Aujourd'hui, nous avons fait le calcul qu'il fallait à peu près 600 promesses de parrainage pour qu'au final, il y ait 500 promesses concrètes déposées au Conseil constitutionnel.

Mais on est aujourd'hui face à un scandale démocratique. Aujourd'hui, la première candidate de l'opposition à Emmanuel Macron, Marine Le Pen, a du mal à financer sa campagne. Parce que des banques lui refusent des crédits, des prêts qui seraient automatiquement remboursés. C'est inacceptable. La réforme, d'ailleurs, avec la banque de la démocratie qu'avait proposé Emmanuel Macron, n'a jamais vu le jour. Aujourd'hui, les parrainages sont publics, c'est-à-dire qu'un maire qui parraine Marine Le Pen, tout simplement parce qu'il a la démocratie au cœur et qu'il veut qu'une candidate représentative puisse se présenter à la présidentielle, peut avoir demain des menaces d'un petit baron local.

14:06
Invité

Tout cela, ce sont des entraves à la démocratie. Pour que chacun comprenne bien, Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, mais aujourd'hui, les chiffres sur la table en disant qu'il y a quand même 42 000 élus en France qui peuvent apporter 500 parrainages, soit à peu près 1,2% de tous ces élus. Est-ce que c'est un objectif inatteignable ?

14:25
Marine Le Pen

C'est un objectif difficile, je vous le dis, parce qu'imaginez que demain, quand vous sortez de l'isoloir, après avoir voté, le contenu de votre bulletin apparaisse en haut de l'isoloir, vous voterez de manière un peu différente, peut-être, ou peut-être même n'irez-vous pas voter. Aujourd'hui, les maires se retrouvent exposés à toutes les vindictes, si jamais ils parrainent tel ou tel. L'argument de M. Ferrand, on voit bien qu'il vient du PS, il a des vieux réflexes de dinosaures de gauche, avec ça, vous avez aujourd'hui une Mme Hidalgo qui représente à peu près 2% des intentions de vote et qui a eu ses 500 signatures en une heure.

Ce système est aberrant, anachronique, inefficace, anti-démocratie.

15:06
Présentateur

Ce système-là, pour vous, est-ce que c'est le même que vous vous accusez d'être responsable du phénomène Zemmour ? C'est ce que vous disiez tout à l'heure.

15:13
Marine Le Pen

Non, là, je parle d'un système, non pas en tant que gouvernement, je parle d'un système... Ce que vous dites, on vous empêche, grosso modo. On nous rend la tâche extrêmement difficile. Et je vais vous dire pourquoi, parce que pendant qu'une équipe recherche un financement, recherche des parrainages, eh bien, elle a l'esprit occupé. On voit bien, d'ailleurs, que tout cela ne nous atteint pas. Marine Le Pen est sereine, elle continue, elle trace sa route. C'est ça ma question. C'est le gouvernement, là aussi ? Mais évidemment, quand François Hollande a pris la décision en 2010, pardon, avant 2017, que les parrainages seraient publics... 2016. Il l'a pris de manière consciente.

C'était pour empêcher un certain nombre de candidatures. Donc, aujourd'hui, ce que l'on demande, avec un certain nombre d'autres leaders politiques d'ailleurs, c'est que les parrainages, qui est un bon système en soi, ne soient plus publics. Quand le général de Gaulle a imposé ce système, c'était pour éviter, vous savez, la candidature de M. Barbu à l'époque. Je ne sais pas si vous vous souvenez de ce candidat improbable. C'était une candidature fantaisiste. Et le général de Gaulle a dit, bon, c'est sérieux la présidentielle. Maintenant, il faut un filtre. Très bien. Mais un filtre, ce n'est pas un barrage qui empêche l'opposition de se présenter.

16:17
Invité

Une dernière question en matière politique, avant d'aborder effectivement la crise sanitaire. Quels vont être les thèmes ? Vous parliez de l'immigration, la sécurité. Ça va être vraiment les thèmes dominants pour vous de cette campagne et vous le souhaitez ? Ou au contraire, par exemple, vous allez mettre l'accent sur le pouvoir d'achat, alors que les carburants flambent, que les fruits et légumes flambent également sur les étals ?

16:38
Marine Le Pen

Vous savez, il y a quelques mois, quand Marine Le Pen a lancé sa campagne et qu'elle a parlé de pouvoir d'achat, et qu'elle a fait un certain nombre de propositions, comme par exemple la baisse de la TVA sur les produits énergétiques, en passant de 20% à 5,5%, pour que les Français qui doivent prendre leur véhicule pour aller travailler, qui veulent se chauffer, qui veulent tout simplement d'ailleurs faire la cuisine quotidiennement, puissent le faire, notamment les plus fragiles. On lui a dit, ah, mais vous abandonnez les grands thèmes, vous parlez de sujets qui n'intéressent pas les Français. On s'est aperçu aujourd'hui que c'était un sujet crucial.

On est dans un pays où les Français sont en proie à toutes les insécurités. L'insécurité civilisationnelle avec l'immigration. L'insécurité physique avec l'explosion des chiffres de la délacance. Et puis l'insécurité financière quotidienne qui fait qu'aujourd'hui, les Français ne savent même pas comment ils vont finir la fin du mois. Eh bien, il faut répondre à toutes ces insécurités. Et Marine Le Pen veut être la présidente qui règle tous les problèmes et qui protège les Français dans tous les domaines.

17:27
Présentateur

Laurent Jacob, elie invité du 8.30 France Info. On reprend cette discussion après le fil Info, puisqu'il est 9h10. Voici Diane Ferschit.

17:33
Invité

Un député La République En Marche, agressé lors d'une manifestation anti-passe hier à Perpignan, Romain Gros a insulté, tout comme le conseiller parlementaire du garde des Sceaux qui était présent à ses côtés. Le député a reçu un coup de poing. Il annonce sa volonté de porter plainte. Les manifestants se sont dispersés après que les deux hommes ont réussi à s'exfiltrer à l'étage. Dans tout le pays, faible mobilisation des anti-passe hier. Alors que le pass vaccinal entre en vigueur, demain, il devra être présenté dans les établissements recevant du public. Les transports inter-régionaux dans les établissements de santé.

En revanche, il sera toujours possible de présenter le résultat d'un test. L'adjoint au maire de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, mis en examen soupçonné de viol sur mineurs, accusé par deux femmes des faits qui auraient eu lieu entre 2020 et 2021. Il est placé sous contrôle judiciaire. Le maire de Saint-Denis lui demande de démissionner du conseil municipal. La crise à la frontière de l'Ukraine et Londres accuse Moscou de chercher à installer un dirigeant pro-russe à Kiev et d'envisager d'occuper l'Ukraine. Des absurdités pour la Russie. Mais ces accusations sont jugées profondément préoccupantes par les Etats-Unis.

On ignore encore les circonstances exactes de la mort du navigateur Jean-Jacques Savin. Son corps a été retrouvé dans la cabine de son canot. Il tentait de traverser l'Atlantique à la rame. Ses proches étaient sans nouvelles de lui. Depuis vendredi, il avait activé ses balises de détresse au large des Açores. Jean-Jacques Savin avait 75 ans. France Info

18:57
Présentateur

Laurent Jacobelli, porte-parole du RN et de Marine Le Pen et l'invité du 8.30 France Info ce matin. On va parler maintenant de la crise sanitaire. Le pass vaccinal entre en application demain. Ça vous fait déjà sourire. On va écouter ensemble ce que disait le Premier ministre jeudi soir à propos de cette stratégie. Et vous allez réagir ensuite.

19:16
Invité

Si nous avons pu traverser ces dernières semaines avec des centaines de milliers de contaminations chaque jour et des hôpitaux qui ont tenu, ce n'est pas le fruit du hasard. C'est parce que nous avons pris les bonnes décisions, parce que nous sommes massivement vaccinés et que nos vaccins restent extrêmement protecteurs.

19:40
Présentateur

Alors, pression pour la vaccination. Vous allez nous dire ce que vous en pensez dans un instant. D'abord, est-ce que vous condamnez l'agression du député de la République en marche, Romain Gros, hier dans une manifestation antipasse, justement, qui avait lu à Perpignan ?

19:54
Marine Le Pen

Mais évidemment, et d'ailleurs je me permets de le saluer et de lui apporter tout mon soutien, toute agression d'un député, d'un politique ou même d'un Français ou de qui que ce soit est condamnable. Et rien ne le justifie. Rien ne le justifie, je veux être très clair.

20:12
Présentateur

Bien, ça c'est extrêmement clair. Alors, la pression du gouvernement pour la vaccination, vacciner, vacciner, vacciner encore, disait Jean Castex. Est-ce que c'est la bonne stratégie d'appeler ?

20:21
Marine Le Pen

Non, clairement, parce que jamais un pays n'a été autant vacciné, je crois, avec 93% des Français qui sont vaccinés. Et pourtant, l'épidémie, jusqu'à ces derniers jours, a continué à flamber, avec 400 000, 500 000 personnes atteintes chaque jour. Pourquoi aujourd'hui continuer avec le tout vaccinal ? Ceux qui ne sont pas vaccinés aujourd'hui, il y a deux catégories, à peu près, pour faire simple. Ceux qui ne veulent pas, ceux qui sont réticents, ce n'est pas en les contraignant, ce n'est pas en les insultant qu'on y arrivera. Au contraire, on va les enfermer dans leur logique. Et puis, il y a ceux qui me permettent de terminer. Non, d'ailleurs, je parle de ciment d'incitation à leur égard.

Je me permets de terminer.

20:54
Invité

D'ici le 15 février, ils pourront avoir le pass vaccinal s'ils rentrent dans un schéma de vaccination.

20:57
Marine Le Pen

Oui, mais vous savez, je pense que la politique de la croquette ne marchera pas non plus. De l'autre côté, vous avez des Français qui sont isolés des structures sanitaires, qui vivent parfois dans des conditions précaires et qui n'ont pas un accès direct au vaccin. Là, très peu a été fait pour les contacter personnellement, pour leur envoyer un médecin ou une infirmière à domicile, discuter avec eux. Donc, toutes ces solutions sont complètement ridicules, à côté de la plaque. Et je dois le dire, on est en train de mettre en danger la liberté quotidienne des Français pour un pass vaccinal qui ne servira à rien.

21:29
Invité

Donc, vous incitez vos sympathisants, les électeurs potentiels de Marine Le Pen à descendre dans la rue chaque semaine, à rejoindre en quelque sorte les anti-pass et les anti-vax ?

21:39
Marine Le Pen

Mais pas du tout. Moi, je les incite à voter pour Marine Le Pen, tout simplement, parce qu'en avril, elle supprimera le pass vaccinal. L'idée, je vais vous dire, c'est d'en finir avec cette pandémie. Je pense que là-dessus, on est tous d'accord. C'est qu'il y ait le moins de Français possibles qui souffrent de cette maladie. Mais pour ça, les vraies mesures, il faut les prendre et elles ne sont pas prises. L'année dernière, 5700 lits d'hôpitaux ont été encore supprimés. On a dépensé pour les tests, à peu près ces derniers temps, 1 milliard par jour. L'argent n'est pas dépensé là où il faudrait.

Ce gouvernement n'arrive pas à gérer cette crise et il veut en faire payer le prix par des efforts aux Français.

22:15
Invité

Il faut un changement radical de politique. Laurent Jacoby, pour qu'on comprenne bien, vous contestez par exemple le fait que quand on est vacciné, on a quand même 4 fois moins de risques de transmettre, d'être contaminé, de transmettre le Covid. Vous contestez le fait que lorsqu'on a un schéma vaccinal complet, on a 20 fois moins de risques de se retrouver dans un service de réanimation. Vous vous trompez d'interlocuteur. Non mais ça, c'est les chiffres.

22:39
Marine Le Pen

Non mais d'accord, mais je vais vous répondre. Je ne suis pas anti-vax. Voilà. Oui, bien sûr, il faut se vacciner. Oui, bien sûr, ça diminue le risque individuel. Oui, bien sûr, ça permet d'éviter les formes graves pour chacun et notamment les plus fragiles. Il n'est pas question de nier ça. Ce que je dis aujourd'hui, c'est que de vouloir atteindre 100% de la population vaccinée avec un vaccin qui n'empêche pas la contamination.

23:03
Présentateur

Sous les formes les plus graves, si.

23:06
Marine Le Pen

Pas la contamination. Sous les formes les plus graves. Pas la contamination. Désolé. Il empêche.

23:09
Présentateur

Désolé, les formes graves se transmettent infiniment moins entre les personnes vaccinées.

23:13
Marine Le Pen

Écoutez, moi j'ai bien ce que vous voulez. C'est la réalité. 93% de la population est vaccinée. Le virus continue de se propager. Si c'était le Deus ex machina, ça serait. Le chiffre est moins dans un schéma vaccinal complet. En revanche, excusez-moi de permettre, le métro sans doute pour s'arrêter en milieu de raisonnement, parce que si les propos sont mal interprétés, ça peut être ensuite très délicat, même d'une question sanitaire. Il faut aujourd'hui prendre des vraies mesures. Voilà. Vouloir imposer le vaccin partout et tout le temps, ça ne sert à rien. Mais comme d'autres mesures, porter le masque en extérieur, encore heureux, ça va s'arrêter.

Ça ne sert à rien, tout le monde le savait. Boire un café debout, interdit, alors qu'assi autorisé, ça ne sert à rien. Tout ça, ce sont des mesures qui sont des mesures d'affichage. Et je vais vous le dire, la crise sanitaire aujourd'hui, elle est gérée de manière politique et non pas sanitaire. Le calendrier, il sert à l'annonce de la candidature d'Emmanuel Macron et non pas à la santé des Français. Mais la conférence de presse de M. Castex et de M. Véran la dernière fois était à ce sujet extrêmement limpide.

24:08
Invité

Et très vite, parce que malheureusement, on n'a plus beaucoup de temps. Vous saluez quand même, effectivement, le desserrement des contraintes, puisque vous jugez que ces contraintes ne servent à rien. Donc vous saluez, effectivement, l'arrêt du port du masque à l'extérieur, le fait de pouvoir consommer debout, ou le fait, effectivement, qu'il n'y ait plus de jauge dans les salles ou à l'extérieur.

24:24
Marine Le Pen

Je critique surtout que ça ait été mis en mesure. Vous savez, la logique, elle est claire. On restreint les libertés. Et puis, quelques jours avant l'élection, le président de la République arrive en sauveur et dit « Je vous libère, je supprime les contraintes pour essayer d'avoir un regain de popularité. » Je vais vous dire, cette instrumentalisation d'une crise sanitaire à des fins politiques est, à mon avis, pas du tout à la hauteur de ce qu'on attend d'un président de la République.

24:46
Invité

Et ça veut dire que la campagne présidentielle va véritablement pouvoir commencer avec le desserrement de ces contraintes ?

24:51
Marine Le Pen

Mais c'est une nécessité. On ne peut pas mettre sous le tapis des sujets aussi importants que la sécurité, l'immigration et le pouvoir d'achat. Sujets portés aujourd'hui par Marine Le Pen.

24:59
Présentateur

Merci beaucoup, Laurent Jacobini, porte-parole de Marine Le Pen et du Rassemblement National, invité du 8.30 France Info ce matin.