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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 11 mai 2023 25 min

Démission du maire de Saint-Brévin : “Ce cas est extrêmement grave”, dénonce Aurore Bergé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter. Jérôme Cadet. Le 7-9-30.

0:07
Aurore Bergé

Bonjour Aurore Berger. Vous êtes députée des Yvelines, vous soutenez Emmanuel Macron, vous êtes la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale. Merci d'être avec nous ce matin. Les auditeurs et les auditrices de France Inter peuvent vous interroger dès maintenant 0-1-45-24-7000 ou transmettre leurs questions via l'application France Inter. Aurore Berger, nous sommes interpellés ce matin par une décision, celle d'un élu, d'un maire, le maire de Saint-Brévin en Loire-Atlantique, Yannick Moraise, qui jette l'éponge. Il a annoncé hier sa démission. Voilà ce qu'il écrit sur le réseau social Facebook.

J'ai pris cette décision pour des raisons personnelles, notamment suite à l'incendie criminel perpétré à mon domicile et au manque de soutien de l'État et après une longue réflexion menée avec ma famille. Fin de citation. Il faut savoir que Yannick Moraise, avec son conseil municipal, porte un projet de déménagement d'un centre d'accueil de demandeurs d'asile dans sa commune. Un choix qui lui vaut depuis des semaines des insultes et des menaces et plusieurs mouvements d'extrême droite ont par ailleurs organisé des manifestations dans cette commune de Saint-Brévin. Qu'avez-vous envie de lui dire ce matin ?

1:09
Présentateur

Déjà, j'ai envie de le remercier pour l'engagement qui a été le sien pendant, je crois, près de 32 années au cours desquelles il a servi sa municipalité. Il prend une décision qui n'est de fait pas son choix. Il prend une décision sous la contrainte à cause des menaces qu'il a reçues et de l'incendie, vous l'avez dit, dont son propre domicile a été la cible. La question qui est posée, elle est donc beaucoup plus large. C'est la question de la protection de nos élus. C'est la question aussi de l'habitude qui a été prise à cette forme de violence, ces insultes, ces menaces que malheureusement la quasi-totalité des élus de la République reçoivent.

Et notamment les maires qui sont en première ligne, en vérité, face à leurs concitoyens.

1:51
Invité

Mais justement, il a écrit, Olivier Véran, Yannick Moraes, pour se plaindre du manque de soutien de l'État, d'un manque de protection. Vous l'avez laissé tout seul ?

1:59
Présentateur

Moi, je ne connais évidemment pas, malheureusement, ce maire, cet ancien maire. Donc, si jamais il y avait eu des manquements, évidemment, je pense qu'on saura exactement et précisément ce qui s'est passé. Il faut impérativement, évidemment, que nos préfets soient en soutien, je sais qu'ils le sont, de nos élus. L'intimidation, ça marche en France ? Et c'est ça le sujet, en vérité. Le véritable sujet qui est posé, au-delà de ce cas individuel, qui est extrêmement grave, c'est que la violence n'est jamais gratuite.

Toutes celles et ceux qui raillent les menaces, les intimidations, les insultes, le fait que des domiciles privés puissent être, encore une fois, la cible d'un certain nombre d'opposants politiques, quelles que soient les idées, la violence n'est pas gratuite. La violence vise exactement ce qui vient de se passer. Que des élus renoncent à leur mandat. Et donc, en renonçant à leur mandat, renoncent à des projets qui sont bons pour la République. Parce que permettre qu'un centre de demandeurs d'asile puisse exister, c'est faire vivre les valeurs qui sont les valeurs de la République.

Que des élus, en arrivant à un conseil municipal le soir, en arrivant dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale, aient peur, non seulement pour eux, mais surtout pour leur famille. Et donc ne votent pas en toute liberté. C'est ça qui se passe.

3:13
Aurore Bergé

Si ces projets sont bons pour la République, pourquoi aucun ministre ne s'est déplacé depuis le mois de mars pour soutenir ce maire dans son projet, pour essayer de convaincre, pour l'aider ?

3:22
Présentateur

Moi, je suis parlementaire, donc je peux vous répondre pour les parlementaires. Bien sûr, et je peux vous répondre pour les parlementaires. Je peux vous dire encore une fois la solidarité absolument indéfectible qui doit être la nôtre à l'égard de tous les élus de la République qui seraient menacés. Ici, il a été menacé. Il y a eu des manifestations par des groupuscules d'extrême droite qui ont voulu le faire renoncer à ce projet. J'espère que non seulement il recevra tout le soutien, sa famille recevra tout le soutien qu'elle mérite, mais que ce projet pourra aboutir.

Parce qu'en vérité, au-delà de lui, c'est le projet qu'il portait, qui est encore une fois un projet qui est au cœur des valeurs, en tout cas que nous nous partageons, des valeurs de la République, d'accueil de celles et ceux qui doivent fuir, non pas par choix, mais qui doivent fuir, c'est-à-dire nos demandeurs d'asile.

Et je crois que ce projet, la meilleure des réponses à ce drame, c'est que ce projet puisse exister et qu'encore une fois, chacun prenne conscience que l'effet d'intimidation, l'effet de menace ne sont jamais gratuits et qu'ils visent une seule chose, que les élus renoncent à leur mandat, renoncent à leurs idées ou aient, encore une fois, peur pour leur propre famille quand ils votent. On doit être libre de nos votes et après, on en répond, évidemment, devant les Français.

4:34
Invité

Hier soir, à l'Assemblée, il y a eu un hommage. Les députés présents dans l'hémicycle se sont levés pour applaudir Yannick Mauret, ce maire, pas ceux du Rassemblement National. Comment vous interprétez ça ?

4:42
Présentateur

Je ne peux pas répondre à leur place. J'espère que vous leur poserez, évidemment, et je n'en doute pas la question. Écoutez, il se trouve que des groupuscules d'extrême droite ont intimidé ce maire. Il se trouve que le projet qui a été visé, pris pour cible, est un projet, encore une fois, d'un centre d'accueil pour les demandeurs d'asile. Et tout ça, évidemment, ça vient en contradiction avec les idées, qui sont les idées de l'extrême droite, et donc qui sont les idées du Rassemblement National. À l'Assemblée, dès qu'on les qualifie d'extrême droite, évidemment, ils montent sur leurs grands chevaux, refusent cette qualification. Mais c'est ce qu'ils sont. C'est l'ADN de ce parti politique.

Et on en voit un certain nombre de résurgences, de manière assez régulière, que ce soit à l'Assemblée Nationale, ou que ce soit dans notre pays.

5:27
Invité

C'est le président Emmanuel Macron qui, en septembre, disait qu'il fallait mieux répartir les étrangers sur le territoire, notamment dans les espaces ruraux, qui, eux, sont en train, disait-il, de perdre de la population. Pourquoi ne va-t-il pas défendre sur le terrain ce choix-là ? C'est pour convaincre.

5:42
Présentateur

Déjà, vous savez, quand il a tenu ses propos, qui sont des propos responsables, vous avez vu à quel point ses propos ont été particulièrement attaqués. Donc, je crois qu'il a pris un engagement qui est clair, qui est tout simplement de dire que la France doit garder une tradition, qui est une tradition d'accueil de celles et ceux qui fuient, d'accueil des demandeurs d'asile. C'est tout l'enjeu aussi du projet de loi immigration que nous voulons porter. Ce projet de loi immigration, il dit deux choses qui sont simples et qui devraient, en vérité, réunir assez facilement une majorité si chacun était, comment dire, raisonnable, responsable, et disait la même chose en public et en privé.

Parce que ce que dit ce projet de loi, c'est que ceux qui s'intègrent aux valeurs de la République, ceux qui travaillent dans notre pays, doivent pouvoir être régularisés, que ceux qui enfreignent nos valeurs, enfreignent nos lois, doivent pouvoir être expulsés. Si sur ça, on n'arrive pas à se mettre d'accord, c'est qu'en vérité, certains font de la base politique.

6:36
Aurore Bergé

Ce projet de loi, donc, remis sur les rails par Elisabeth Borne, qui suit donc les consignes données fin avril par Emmanuel Macron, d'en faire une priorité l'immigration de ces 100 jours, mais entre-temps, Elisabeth Borne nous avait expliqué que ça contribuerait à diviser le pays, et puis qu'il n'y aurait pas de majorité à l'Assemblée nationale pour porter un tel texte. Pourquoi autant de revirements, Aurore Berger, sur ce texte ces dernières semaines ?

6:59
Présentateur

Parce que vous le savez, on est en majorité relative. En majorité relative, ça veut dire que, seuls, nous ne pouvons pas faire adopter un projet de loi. Et donc, il faut qu'on ait des partenaires, il faut qu'il y ait des gens raisonnables, responsables dans le pays, qui acceptent, encore une fois, de voter un certain nombre de textes. Ça a été possible sur beaucoup d'entre eux. Mais dès que vous parlez de l'immigration en France, eh bien, tout ce temps, tout est un peu différent. Et, surtout, il y a ce double discours.

Ceux qui viennent vous voir en privé, de gauche comme de droite, pour vous dire que ce projet de loi est un très bon projet de loi, mais qu'en fait, ils ne peuvent quand même pas donner quittus au président de la République et au gouvernement,

7:34
Aurore Bergé

et voter ce projet. Il n'y a qu'un jour, aucune majorité trouvable, et aujourd'hui, en fait, si c'est possible.

7:38
Présentateur

Parce que je pense qu'il faut mettre chacun devant ses responsabilités. Encore une fois, ce projet de loi, il pose, ce que je disais, des principes qui sont simples, et qui devraient être des évidences dans la République française. Oui, nous devons pouvoir intégrer et régulariser ceux qui sont totalement conformes aux valeurs qui sont les nôtres.

7:54
Invité

On a compris, mais c'est le même texte qu'au mois de décembre, en fait. On tourne en rond, non ?

7:56
Présentateur

Mais parce que c'est un bon texte ! Parce que c'est un bon texte ! Moi, j'aimerais que ceux qui veulent s'opposer au texte... Je voudrais que ceux qui souhaitent vraiment s'opposer au texte nous expliquent ce avec quoi ils sont en désaccord fondamental. Qu'ils expliquent aux chefs d'entreprise sur leur territoire qui salarient déjà ces hommes et ces femmes que cela ne mérite pas d'être régularisé.

8:16
Aurore Bergé

Donc, le titre de séjour pour les métiers en tension est toujours présent dans le projet de loi, Aurore Berger ?

8:21
Présentateur

Ça, c'est la discussion, évidemment, qu'on va avoir. Moi, j'entretiens avec le ministre de l'Intérieur aujourd'hui. Moi, je peux vous dire que, pour mon groupe, cette question de la régularisation de celles et ceux qui travaillent, elle est évidemment majeure.

8:32
Aurore Bergé

Que les demandeurs d'asile puissent accéder au marché du travail.

8:35
Présentateur

Ça, c'est encore un autre sujet. C'est faciliter l'intégration par le travail. Aujourd'hui, il y a un délai pendant lequel les demandeurs d'asile ne peuvent pas encore travailler. Le délai qui est celui de l'instruction de leur dossier pour voir s'ils sont éligibles ou pas à la demande d'asile. Donc, ça, c'est encore un autre sujet. Mais déjà, moi, je souhaite que...

8:50
Aurore Bergé

Pour le titre de séjour pour les métiers en tension, vous y êtes favorable. En tout cas, le groupe Renaissance y est favorable. C'est ce que vous direz à Gérald Darmanin et Olivier Dussopt.

8:57
Présentateur

Oui, je le redirais avec Sacha Aulier, avec le groupe Renaissance, tout simplement parce qu'encore une fois, c'est quelque chose qui est à la fois nécessaire pour être fidèle aux valeurs que nous défendons et que nous portons, mais aussi quelque chose qui est nécessaire parce que, moi, j'aimerais qu'on interroge des chefs d'entreprise, qu'ils s'expriment, qu'ils disent comment un certain nombre de nos entreprises, un certain nombre de nos services publics pourraient fonctionner, pourraient fonctionner demain si ces personnes-là n'étaient pas présentes pour travailler.

Et puis, je suis désolée de le dire, mais on a aussi, malheureusement, certaines personnes qui enfreignent des valeurs de la dignité humaine parce qu'ils exploitent aussi ces personnes et le fait de les régulariser permet de mettre un terme à cette forme d'exploitation. Et puis, l'autre volet qui est tout aussi essentiel, évidemment, qui est de dire que ceux qui enfreignent nos valeurs n'ont pas à rester sur le territoire national.

9:45
Invité

Aurore Berger, le président Emmanuel Macron va annoncer aujourd'hui une série de mesures devant 150 chefs d'entreprise et parlementaires réunis dans la salle des fêtes de l'Elysée, annonce sur l'industrie verte. L'idée, c'est de tourner cette page de la réforme des retraites. On a vu que c'était difficile, notamment au moment de la commémoration du 8 mai. Le chômage en baisse, des investissements étrangers en France. Est-ce que vous essayez de mettre en avant des résultats économiques positifs pour mieux masquer cette réforme qui ne passe pas ?

10:10
Présentateur

Vous savez, il n'y a rien à masquer. Cette réforme, elle existe, cette réforme, elle est promulguée. Cette réforme sera en application. Mais il y a surtout des résultats qui existent. Le fait que pour la quatrième année consécutive, la France est le pays le plus attractif d'Europe. Le premier pays dans lequel on a envie d'investir.

10:28
Invité

Vous avez vu les chiffres de l'étude de Ernest & Young. Nous sommes 18e en création d'emplois par projet en Europe.

10:34
Présentateur

C'est la raison pour laquelle, justement, on veut porter cette ambition sur l'industrie vête pour dire deux choses, pour dire qu'on doit faire en sorte d'accélérer les projets qui sont bons pour nos territoires, faciliter leurs implantations, et puis, évidemment, avoir une accélération sur la décarbonation de nos industries. Mais ce qui est vrai, c'est que depuis 2017, on a recréé 1,7 million d'emplois. Le meilleur exemple, c'est le président de la République qui sera demain à Dunkerque. Dunkerque, ça a été une déprise. Pendant 20 ans, ça a été presque 20 000 emplois qui ont été détruits. C'était un territoire qu'on disait finalement, en effet, je veux dire, en déprise.

Eh bien, la réponse, c'est la réindustrialisation. La réponse, c'est l'engagement des élus locaux. C'est l'engagement du président de la République, de notre majorité, et c'est la création d'emplois partout sur le territoire.

11:19
Aurore Bergé

Pourquoi ça n'imprime pas ce discours ? Pourquoi les Français ne font pas le même constat que vous ?

11:23
Présentateur

Je ne crois pas. Moi, je crois que les Français qui travaillent, les Français qui ont retrouvé...

11:26
Aurore Bergé

Ils sont majoritairement satisfaits de l'action économique du président de la République ?

11:29
Présentateur

En tout cas, je pense aux 1,7 million d'emplois qui ont été recréés dans notre pays depuis 2017. Ça veut dire autant de familles qui, potentiellement, sont sorties du chômage. Ça veut dire, potentiellement, autant de parents qui n'ont pas à avoir l'angoisse de se dire « Quel sera l'avenir de mon enfant ? »

11:43
Aurore Bergé

Et donc, ces Français-là, ils devraient soutenir massivement l'action du président, si je vous suis bien.

11:48
Présentateur

Mais la question, elle est beaucoup plus complexe, et vous le savez bien, parce qu'il y a le chômage de masse qui a été une angoisse pour des millions de Français, pour des générations entières. Aujourd'hui, on est en capacité de sortir définitivement de chômage de masse. Tant mieux ! Tant mieux ! On est à 7,2% de taux de chômage, et on peut réussir le plein d'emplois, et on peut réindustrialiser. Mais si, je pense que les Français sont directement concernés et s'en rendent compte, est-ce que ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas aussi d'autres priorités qui existent et qui se percutent avec celles-ci ?

Vous savez, quand vous réglez un problème, forcément, c'est plus lui qui est au-dessus de la pile. Il y a d'autres sujets qui, évidemment, reviennent, eux, au-dessus de la pile, et qui sont prioritaires aussi.

12:25
Invité

Restons sur l'industrie verte, puisque c'est la séquence, comme on dit, qui s'ouvre. Dans son interview au magazine Challenge, le président dit vouloir des procédures hyper simplifiées pour diviser par deux les délais d'une nouvelle implantation d'industrie. Il veut réconcilier, dit-il, industrialisation et non-artificialisation des sols. Est-ce que ça, ça ne se fait pas au mépris de l'environnement ?

12:47
Présentateur

Non, parce qu'on a assumé cette ambition et cette planification écologique sur ce qu'on appelle le zéro artificialisation nette pour 2050. Oui, mais si on accélère et qu'on dévise par deux les délais... On ne gâche pas des territoires qui sont notamment des territoires agricoles, parce qu'on veut garder cette souveraineté alimentaire, protection de la biodiversité. La question, c'est qu'aujourd'hui, vous avez des délais qui sont devenus parfois tellement aberrants que vous avez des entreprises qui renoncent à des projets industriels et qui vont les faire ailleurs.

Moi, je pense qu'il faut que ces projets existent et existent en France, parce qu'ils créent de l'emploi et parce qu'en plus, ce sont des entreprises qui sont innovantes, qui viennent sur notre territoire, ce sont des entreprises qui sont vertueuses aussi sur des enjeux de décarbonation et donc on a besoin de les attirer.

13:26
Aurore Bergé

Comment on fait, Orberger, pour réduire les délais ? Qu'est-ce qu'on enlève comme contrôle ? Qu'est-ce qu'on ne va pas demander à ces entreprises demain ?

13:30
Présentateur

Vous accélérez les procédures. Ce n'est pas ce qu'on leur demande en moins. C'est que vous accélérez les procédures parce qu'aujourd'hui, quand vous voulez implanter une entreprise, vous avez une multiplication de procédures, une multiplication des délais. Donc on va enlever des procédures. C'est un allongement. La question, c'est d'arriver à raccourcir tous ces délais pour faciliter, pour dire aux chefs d'entreprise qui veulent venir s'installer...

13:48
Aurore Bergé

Et pour ça, il faut enlever des demandes.

13:50
Présentateur

Non, mais la question, encore une fois, c'est de dire aux chefs d'entreprise qui veulent s'installer, aux investissements étrangers qui continuent à affluer en France, eh bien, vous avez un intérêt à venir en France. Et l'intérêt, c'est qu'on s'engage aussi sur des délais, qu'on ne vous dise pas écoutez, vous aurez peut-être une réponse dans un an, dans 18 mois, dans 24 mois, parce qu'en fait, c'est beaucoup trop long et ça ne correspond pas au rythme de la vie. Mais qu'est-ce qui ferait

14:10
Aurore Bergé

que ça serait plus rapide demain ?

14:12
Présentateur

C'est la responsabilité de l'État. C'est la responsabilité des préfectures. C'est la responsabilité de tous les services de l'État sur nos territoires, de faciliter, évidemment, l'implantation de ces entreprises. Et c'est ça l'engagement qu'on a pris. C'est ce qu'on a commencé à faire dans le précédent mandat. Donc, il n'y aura pas de normes en moins.

14:27
Aurore Bergé

Il n'y aura pas de normes environnementales en moins, par exemple.

14:29
Présentateur

Il faut qu'on arrive à... Ou sociales. Non, vous savez bien que non. Il faut qu'on arrive à simplifier les procédures, à accélérer toutes les procédures. On a réussi à recréer, encore une fois, 1,7 million d'emplois. Ça veut dire qu'on sait le faire. Ça veut dire qu'on peut le faire. Ça veut dire que les réformes que nous avons faites sur le marché du travail, les réformes que nous avons faites sur les enjeux de simplification administrative ont porté leurs fruits et que la visibilité qu'on donne aux entreprises en matière sociale, en matière fiscale, eh bien, elle permet de redonner à notre pays son attractivité.

14:57
Invité

Tout près de Dunkerque, à Grande-Synthe, cette ville qui a porté plainte, le Conseil d'État lui a donné encore raison hier en disant que vous aviez un an sous peine d'amende pour réduire les émissions de CO2 de la France. Vous allez tenir cet engagement tout en divisant par deux les délais, ce que disait Jérôme, pour construire des...

15:12
Présentateur

On a adopté deux projets de loi qui sont majeurs sur les enjeux de planification écologique et de transition. Un projet de loi sur les énergies renouvelables qui, là aussi, vient accélérer les procédures et qui va permettre des implantations plus faciles de ces énergies renouvelables qui sont absolument essentielles dans un mix énergétique et, évidemment, l'enjeu du nucléaire. Ces deux projets de loi, ils ont été adoptés avec des larges majorités à l'Assemblée nationale.

C'est la meilleure réponse sur les enjeux de transition écologique et énergétique plus un plan majeur de rénovation thermique sur tous les bâtiments, je pense aux bâtiments scolaires en particulier, qui sont, eux aussi, malheureusement, facteurs d'un grand élément de dérèglement climatique.

15:50
Aurore Bergé

Les auditeurs et les auditeurs et les auditrices de France Inter ont des questions pour vous ce matin. Aurore Berger, c'est Olivier qui nous a appelé au 01 45 24 7000. Bonjour Olivier.

16:00
Auditeur

Oui, bonjour à tous. Vous nous appelez de Calais. Oui, j'appelle de Calais. Bonjour à tous. Bonjour Madame Berger.

16:04
Présentateur

Bonjour.

16:06
Auditeur

Oui, alors ma question est simple. N'avez-vous pas peur, vous et l'exécutif, je dis vous, pas seulement l'exécutif, comme vous êtes proche du gouvernement, que cette réforme des retraites reste comme un caillou dans la chaussure de M. Macron et empoisonne le reste de son cinquennat. Malgré l'envie de tourner la page rapidement, je le constate, les 100 jours, etc. Mais les Français ne l'oublient pas et je pense que, pour finir, ils risquent sale temps pour les législatives de 2027 pour votre groupe.

16:42
Aurore Bergé

Merci à vous, Olivier, pour cette question. Robert, je vous réponds.

16:46
Présentateur

En 2027, c'est un petit peu loin. Il peut se passer beaucoup de choses avant cette date. Je crois que si nous n'avions pas fait la réforme des retraites, les commentaires auraient été le jour même ou le lendemain, le quinquennat du président de la République est fini, il démontre qu'il ne s'est pas réformé, qu'il n'a pas la capacité à réformer. Aujourd'hui, je suis interrogée sur le fait qu'on a fait une réforme. Et je préfère être interrogée sur le fait d'avoir fait une réforme, même si elle demande des efforts aux Français, même si elle est difficile, plutôt que d'être interrogée sur le fait qu'on n'ait pas agi. Et je crois que c'est aussi là-dessus qu'on sera jugé.

Et le fait d'avoir fait cette réforme permet maintenant de construire les autres qui sont tout aussi essentiels sur la planification écologique, sur la santé ou sur l'école.

17:25
Invité

Est-ce que vous n'allez pas un peu trop vite, Aurore Berger, parce que les syndicats disent qu'il y a prolongation du match des retraites le 8 juin. Le groupe Liot va déposer une proposition de loi pour abroger la réforme des retraites. Il y a un risque pour vous qu'elle soit abroger cette réforme le 8 juin. Ce vote est lieu. Comment vous allez vous y prendre ?

17:46
Présentateur

Il faut dire quand même plusieurs choses avant de parler de stratégie politique. Oui, c'est très important. La stratégie politique, c'est important. Mais ce qui est important aussi, c'est de dire que cette proposition de loi est un pur mensonge qui est fait aux Français. Parce que le 8 juin, même si cette proposition de loi était adoptée, non, ça ne veut pas dire, et vous le savez bien, que la réforme des retraites serait abrogée. Parce que pour qu'elle le soit, il faudrait que cette proposition soit adoptée à l'Assemblée et au Sénat dans les mêmes termes. Ça n'est pas possible.

Il n'y aura pas de majorité au Sénat, vous le savez bien, puisqu'il y a une majorité au Sénat pour la réforme des retraites. Donc ceux qui proposent ce texte savent pertinemment qu'ils sont en train de faire une fausse promesse aux Français. Ça s'appelle donc un mensonge. Est-ce que vous laisserez les députés voter ce jour-là ? Ils savent aussi que cette coûte...

18:27
Invité

C'est ça la question, Orberger.

18:28
Présentateur

Oui, mais c'est important aussi de parler du fond, quand même, au-delà de la stratégie politique. Cette proposition, elle coûte 15 milliards d'euros. 15 milliards d'euros aux Français. Concrètement, on les paye sur le dos de qui ? Sur le dos de quoi ? Sur des impôts nouveaux ? Sur la dette supplémentaire ? Alors même que, clairement, la dégradation de la note, elle dit quoi ? Elle dit qu'on a eu raison de faire la réforme et elle dit qu'on doit être très vigilant sur les dépenses publiques et que c'est notre responsabilité commune. On le fait sur le dos de nos services publics.

18:54
Invité

Est-ce que vous allez laisser les députés voter le 8 juin ou vous ferez une parade juridique, constitutionnelle ?

18:59
Présentateur

Moi, j'ai dit qu'on prendrait une décision qui serait une décision collective. Je ne prends pas, je ne suis pas la France insoumise.

19:04
Invité

D'accord, mais à titre personnel, vous voulez faire quoi ?

19:06
Présentateur

Je ne prends pas seule des décisions. Et donc, il n'y a pas de... À titre personnel, je suis présidente d'un groupe, d'un collectif. On est 171 députés dans mon groupe. Certains de ces députés, justement, disent peut-être faudra-t-il

19:16
Aurore Bergé

faire de l'obstruction.

19:17
Présentateur

Eh bien, c'est une décision que nous prendrons la semaine prochaine, collectivement et collégialement. Moi, je n'impose pas une décision à 171 députés de mon groupe ni à 250 députés de la majorité parce que c'est une décision qui nous engagera tous. Ce qu'on peut dire, en tout cas, dès maintenant, c'est que cette proposition de loi et ceux qui l'apportent le savent, est un pur mensonge aux Français qu'elle n'est pas financée et que oui, nous, au sein du groupe, nous assumons d'avoir...

19:41
Invité

Donc, il n'est pas sûr que les députés puissent voter une bonne fois pour toutes sur la réforme le 8 juin ?

19:46
Présentateur

Moi, je dis une réponse

19:46
Invité

qui est très claire.

19:48
Présentateur

C'est pas clair ce que vous dites là. Si, je dis qu'on a le droit de faire de la démocratie et qu'un parti politique, ce n'est pas une caserne. Et un parti politique, et un groupe politique, ce n'est pas uniquement le patron qui décide pour tout le monde. Ça, c'est la France insoumise. Mais y aura-t-il un vote ou pas ? Vous ne pouvez pas nous le dire ce matin. Parce que je souhaite qu'on prenne une décision collective. C'est quand même plus sain de se dire que quand on dirige un groupe politique... On va y avoir un à gagner du temps.

Non, je ne gagne pas du temps parce que je vous dis la vraie raison, c'est qu'on aura une réunion en intergroupe avec l'ensemble des groupes de la majorité, Renaissance, le Modem et Horizon la semaine prochaine et que c'est une décision collective, collégiale, démocratique qui l'emportera.

20:22
Aurore Bergé

Un vote qui, celui-là, a eu lieu. Hier soir, votre groupe Renaissance a réussi à faire voter une proposition de loi rendant obligatoire les drapeaux français et européens sur la façade des mairies mais uniquement pour les communes de plus de 1500 habitants. Quelle était l'urgence, Aurore Berger, à faire voter ce texte ?

20:37
Présentateur

Vous savez, la politique, et heureusement, c'est aussi à faire de symboles. Et je crois que le symbole du drapeau européen, dans le contexte, encore une fois, qui est le nôtre, est un symbole qui est important. Ce que ça a révélé, c'est quoi ? C'est l'hystérie absolue et de l'extrême droite et de l'extrême gauche sur ce sujet. Parce que le drapeau européen leur donne de l'urticaire. Parce que le drapeau européen, ils l'ont en horreur.

20:58
Aurore Bergé

Donc c'est ça, vous avez révélé des choses.

21:00
Présentateur

Et je pense que c'est important en politique de dire clairement qui sont nos adversaires. Donc c'était bien sûr.

21:06
Aurore Bergé

C'est la campagne des européennes qui a commencé. Le but, c'était pas de mettre des drapeaux français ou des drapeaux européens en France. Ah mais si, c'est aussi d'afficher nos valeurs. Vous dites d'abord c'est d'afficher nos valeurs. C'est révéler l'attitude des autres groupes.

21:14
Présentateur

Mais ça révèle. C'est un révélateur de fait. Parce que quand on vote sur un texte, on dit clairement la position qu'on a. Et quand ils ont passé des heures et des heures à faire de l'obstruction sur ce texte, à déposer des sous-amendements sur sous-amendements, ils voulaient quoi ? Tout faire pour qu'on n'ait pas le temps de pouvoir voter. On a eu le temps de voter. Mais c'est ça la priorité

21:30
Invité

des Français ? Du quotidien des Français ? Un drapeau au fronton de la mairie ?

21:34
Présentateur

Vous savez qu'on a le droit de passer quand même quelques heures à parler aussi des sujets qui sont importants. Est-ce que c'était la priorité des Français qu'on reconnaisse le groupe Wagner comme une organisation terroriste ? Peut-être que c'est pas la priorité du quotidien des Français. Mais c'est un enjeu majeur de souveraineté pour notre pays, de lutte aussi pour nos valeurs face à des exactions du groupe Wagner. On l'a fait à notre initiative, ça a été adopté à l'unanimité et ce matin, on parlera à notre initiative encore de l'apprentissage qui concerne, grâce aux réformes que nous avons faites aujourd'hui, plus d'un million de jeunes dans notre pays.

Donc oui, on a le droit à la fois d'avoir des symboles politiques qui sont puissants d'attachement à nos valeurs et l'Europe en fait partie. Et oui, ça opère aussi comme un révélateur de l'hystérie que cela provoque à l'extrême droite et à l'extrême gauche.

22:17
Aurore Bergé

Alain nous appelle de Grenoble. Bonjour Alain. Oui, bonjour. Votre question pour Orberger.

22:23
Auditeur

Oui, bonjour. À propos de la question du... Excusez-moi, ça résonne un peu. On vous entend bien, allez-y. D'accord. La démission du maire de Saint-Brévin et de la question des centres d'accueil pour les migrants, on constate que c'est récurrent et que ça se développe. Et je me demandais pourquoi dans ce type de situation, c'est pas les services de l'État qui reprenaient la compétence parce que je pense que les personnes qui intimident les élus locaux n'oseraient pas faire de même avec les services de la préfecture, par exemple.

22:47
Aurore Bergé

Merci Alain pour cette question. Orberger.

22:50
Présentateur

Alors, évidemment, les services de l'État organisent aussi l'accueil des demandeurs d'asile mais on a en plus des communes qui se portent volontaires ou parfois des associations qui le font. Moi, j'ai un centre d'accueil des migrants qui se trouve aussi sur ma circonscription. Ça se passe en vérité très bien parce que les personnes vivent ensemble et on arrive à voir évidemment et heureusement que ça se passe de manière apaisée. Donc, il y a les deux. Il y a à la fois les services de l'État qui accompagnent d'ailleurs financièrement.

L'État soutient financièrement les demandeurs d'asile, soutient financièrement les collectivités locales et puis il y a les collectivités qui sont volontaires pour justement accueillir. C'était le cas et encore une fois, j'espère que la meilleure des réponses à ce drame qui s'est produit, c'est que ce centre puisse exister demain.

23:34
Invité

Jurgi, pour Papendiaï et son plan pour lutter pour davantage de mixité sociale à l'école, plan maintes fois reporté, il n'y a rien de contraignant sur les écoles privées. On sait que parmi les 10% des collèges les plus favorisés de France, plus de 60% sont privés alors que l'État subventionne à 73% sur fonds publics ces établissements privés. Vous le regrettez ou pas ? Rien pour réduire les écarts dans l'accueil des boursiers entre établissements publics et privés.

24:00
Présentateur

Je crois qu'il y a des engagements qui seront pris par les écoles privées, notamment l'enseignement catholique qui est très majoritaire au sein de l'école privée et des engagements qui existent aussi déjà. On a déjà au sein de l'école privée des boursiers qui existent. On a en moyenne d'ailleurs des prix au sein de l'école privée française qui ne sont en rien et des prix d'autres pays. Vous avez en moyenne des tarifs qui sont à peu près entre 860 et 1000 euros par an pour des élèves. On est extrêmement loin évidemment des tarifs qui sont pratiqués par nos voisins européens.

Je crois qu'il faut juste accepter qu'on a deux modèles qui ont le droit de coexister et le choix libre des parents de se dire s'ils veulent mettre leur enfant à l'école publique ou à l'école privée sous contrat.

24:45
Aurore Bergé

Merci à vous Aurore Berger invitée ce matin du Grand Entretien présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Nationale. Bonne journée à vous. Merci.