Michel Onfray : "Il y a une jeune génération biberonnée à la haine du nom Le Pen"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1. Bonjour Michel. Bonjour L'Anse.
Ravi de cette émission avec vous. L'actualité de la semaine a été marquée, vous le savez, par l'annonce de la candidature de Marine Le Pen, malgré sa seconde condamnation dans l'affaire des parlementaires européens du Rassemblement National. La décision de se pourvoir en cassation suspend la mise en place d'un bracelet électronique qui l'aurait empêché de se présenter.
D'après elle, elle est aussi redevenue éligible. On va revenir avec vous Michel Onfray sur cette décision de justice et les incertitudes qui planent néanmoins sur cette affaire. Certains estiment qu'il s'agit d'un coup de poker judiciaire.
On reviendra aussi sur les conséquences politiques pour la présidentielle 2027. In fine, les juges ont décidé que le dernier mot devait revenir aux électeurs et donc au peuple français. Qu'en pensez-vous ?
Je m'en doute un peu, on vous entendra. Le premier déplacement de Marine Le Pen sur le terrain avec Jordan Bardella dans la Sarthe a été marqué par une manifestation d'opposants d'extrême gauche avec de nombreux drapeaux de la France insoumise. L'affrontement entre le RN et la France insoumise est-il inévitable selon vous ?
Aujourd'hui, les deux parties sont en ordre de marche avec à leur tête des leaders expérimentés ayant déjà fait chacun trois campagnes présidentielles. Il s'agira donc de leur quatrième candidature pour l'un et l'autre. Qu'est-ce qui va caractériser cette élection 2027 selon vous ?
Sur quel thème civilisationnel la campagne va-t-elle s'articuler ? Qui portera la bannière du camp anti-Mastrichtien ? Pas grand monde à mon avis, c'est ce que vous allez nous dire.
Nous évoquerons aussi, Michel, pour cette dernière émission de la saison, l'état du monde alors que l'été commence et que les grands équilibres géopolitiques sont en plein mouvement. Assistons-nous au retour des empires, on l'a déjà évoqué, Chine, Russie, Etats-Unis. Que pèse l'Europe aujourd'hui ?
Quel avenir pour le vieux continent en panne économique et en panne démographique ? Vous nous raconterez aussi, Michel, et ça c'est un petit cadeau que vous nous faites, votre séjour sur le porte-avions Charles de Gaulle, une expérience inoubliable de quelques jours qui vous a permis de côtoyer ceux qui nous défendent, l'armée française, qui sera bien sûr à l'honneur lors du défilé du 14 juillet. Enfin, le point philo, vous nous conseillez cette semaine les Essais de Montaigne, un livre qui les contient tous.
C'est votre recommandation pour l'été et puis quand même, on aura aussi quelques autres livres à recommander à nos auditeurs et téléspectateurs. Et on va commencer, Michel, par Marine Le Pen, condamnée, mais candidate. Elle a décidé de se présenter malgré la décision de la Cour d'appel dans l'affaire des parlementaires européens.
Elle a été condamnée à trois ans de prison, dont un an sous bracelet, 100 000 euros d'amende, 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, ça veut dire que les 15 mois restants ont déjà été couverts. Et donc, la Cour de cassation, avec ce pourvoi, lui rend son éligibilité. Est-ce qu'elle joue la montre ?
C'est ce que disent certains de ses détracteurs. Écoutez ce qu'elle a répondu lors d'un premier déplacement de campagne dans la Sarthe. Non, je ne joue pas la montre.
Je suis une citoyenne qui use de ses droits, des droits que l'état de droit, que mes adversaires ont souvent à la bouche, offre à tout justiciable. Et par conséquent, j'effectue un pourvoi car je suis innocente des faits qui me sont reprochés et que je saisis l'accord de cassation pour lui soumettre un problème juridique qui est un problème juridique extrêmement sérieux. Mais je vous rappelle que la Cour d'appel m'a rendu mon éligibilité.
Elle m'a rendu mon éligibilité. Je suis donc aujourd'hui éligible. Voilà pour Marine Le Pen.
Qu'est-ce que vous en pensez, Michel, sur cette affaire d'éligibilité, de jouer la montre et finalement, que ce soit au peuple français, de prendre la décision de savoir si Marine Le Pen peut se présenter ou pas ? Oui, il y a plusieurs niveaux de lecture, bien sûr. C'est-à-dire qu'il y a une vraie culpabilité.
On l'a bien vu avec Mélenchon, on l'a bien vu avec Bayrou. C'est un peu compliqué quand on fait de la politique de dire « Là, quand je fais de la politique, c'est pour l'Europe. Là, quand je fais de la politique que je fais, c'est pour le Rassemblement National.
Mais c'est Paris. Là, c'est pour… » etc. Ce sont des gens qui sont des militants, c'est-à-dire qui travaillent 10 heures par jour.
Tous partis confondus, entendons-nous bien là-dessus. Et c'est assez difficile de pouvoir dire « Il y a un ticket de déjeuner, vous avez rencontré quelqu'un, vous avez une facture et vous dites « Oui, j'ai parlé, mais vous avez parlé de quel sujet et quand et combien de temps dans la totalité. » On voit bien que là, c'est un peu compliqué d'aller chercher des poux dans la tête de chacun pour essayer d'en faire un justifiable, faire de telle sorte qu'on puisse le tenir.
En disant « Pour certains, c'était pas bien, mais vous pouvez continuer. » Pour d'autres, c'est « On n'a rien vu, on siffle en l'air, la tête en l'air. » Et puis pour d'autres, on dit « Ah, mais ça, on va vous interdire d'être proprement candidat. » Ça, c'est une chose.
Donc on voit bien qu'il y a des traitements différents des justiciables et que le traitement, il est politique. Mais enfin, ça, c'est pas nouveau. Je n'accable pas la justice française en le disant.
C'est comme ça depuis que la justice est justice. Depuis qu'il y a des avocats, depuis qu'il y a Cicéron, depuis qu'en France, c'est comment tout ça fonctionne. Vous pouvez, avec votre rhétorique, votre sophistique, votre parole, embarquer des affaires, condamner des innocents et puis innocenter des coupables.
Donc ça, c'est aussi vieux que le monde. Donc il n'y a pas de raison de dire qu'aujourd'hui, ça aurait disparu. Donc qu'il y ait de la politique politicienne, ça me paraît évident aussi.
Les juges n'en sont pas moins hommes et femmes avec leurs avis, leurs idées. Il y a eu jadis des gens qui étaient formés à l'ancienne, à la Romaine, je dirais, avec le sens de l'intérêt général et du bien public, et qui étaient capables de décider d'une chose contre leur intérêt personnel, mais simplement, c'était l'intérêt de la France, c'était ainsi. Ça, le moule est cassé et il n'y a plus beaucoup de gens comme ça.
Donc on voit bien qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel chez Marine Le Pen, que c'est de la tambouille de politique politicienne où vous avez des fiches de salaire, où on n'arrive pas forcément à faire la part dans le pâté d'alouette, de l'alouette et du cheval. Ça, c'est l'affaire, effectivement. Ça, c'est l'affaire.
Après, évidemment, c'est « ira, ira pas ». Il y a des gens qui ont dit « bien sûr qu'elle n'ira pas », et puis je n'aurai pas la cruauté de donner les noms. Je n'aurai d'ailleurs pas la cruauté parce que j'aurais fait partie de ceux qui l'auraient dit.
Ah oui, oui, oui. Et donc, aujourd'hui, on se dit… Parce qu'il y a un alléa judiciaire quand même. C'est-à-dire qu'il y aura quand même une décision de justice qui interviendra avant la présidentielle avec la Cour de cassation.
Oui, mais la justice est au service de l'idéologie. Donc, on verra bien qui fera comment et de quelle manière. Donc, il y a des gens qui ont intérêt.
Parce que contrairement aux éléments de langage, je l'ai dit sur votre plateau il y a quelques jours, mais les éléments de langage du Rassemblement national qui nous dit « non, il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de cigarette entre Marine Le Pen et Jordan Bardella ». C'est faux. C'est faux.
Il y a une aile droite et une aile gauche. Et cette aile droite et cette aile gauche, c'est malin de sa part de dire d'abord qu'il n'y a pas d'aile droite et il n'y a pas d'aile gauche, qu'il n'y a pas de courant. Mais c'est une façon de ratisser large en termes de politique.
Vous avez, on l'a bien vu, le MEDEF était intéressé par Jordan Bardella. Un certain nombre de patrons, d'entrepreneurs, ils sont sur cette logique d'une ligne libérale. Libérer le travail, etc.
C'est une option. Donc, ce n'est pas la même chose pour voir Jordan Bardella et Marine Le Pen ? Ce n'est pas du tout la même chose.
L'Assemblée nationale a intérêt à dire que c'est la même chose, mais c'est faux. C'est la même chose qu'entre Rocard et Chevènement, si vous voulez. Il y avait dans le Parti Socialiste un Rocard à l'aile droite, un Chevènement à l'aile gauche, un Mitterrand au centre, etc.
Elle a pris le parti intéressant pour elle, je dirais, de dire que c'est exactement la même chose. Sauf que ce n'est pas la même chose. Et d'ailleurs, on voit bien Éric Zemmour ou quelques autres qui nous disent qu'elle est socialiste, que son programme est socialiste.
Certains disent que son programme est communiste. Pour l'économie, en tout cas. On voit bien que ce n'est pas du tout la même chose.
Donc, évidemment, on a intérêt à choisir, le système a intérêt à choisir quelqu'un qui s'appelle Le Pen, d'abord. C'est le nom du diable, Marine Le Pen, depuis 50 ans. D'accord.
Quand vous dites le système, c'est quoi ? C'est un certain nombre de gens qui ont intérêt à ce que ça continue, comme ça fonctionne actuellement. Les gens qui sont au pouvoir, de droite et de gauche, ceux que j'appelle, ça vous fait sourire, les maastriciens.
Ceux qui ont intérêt à ce que le système fonctionne comme il fonctionne. En disant, l'élection a eu lieu, ce sont les mêmes qui dirigent le service public. Et il faut que rien ne change, voilà.
Il faut que rien ne change pour qu'on puisse continuer à dire, ça va, on a eu, je ne sais pas compter, mais depuis 1983 que Mitterrand fait son virage libéral, on est au pouvoir depuis 1983, il faut que ça dure. Ce sont les apparatchiks d'un régime qui ne veulent pas que ça bouge et qui se disent, le peuple nous gêne, le peuple nous embête, le peuple nous ennuie. Donc, Marine Le Pen, elle est intéressante parce qu'elle est clivante.
Elle est clivante par son nom et elle est clivante par son projet politique. Jordan Bardella l'était moins parce qu'on voyait bien que les sirènes du côté de Retailleau pouvaient faire une alliance avec Retailleau, cette droite-là. Puis d'autres individus qui, peut-être, républicains, peut-être François-Xavier Bellamy, auraient pu dire, après tout, finissons par s'entendre puisqu'un jour il va falloir qu'on s'entende.
Et on aurait eu peut-être une Marion Maréchal qui, etc. Peut-être aussi Éric Zemmour, je ne sais pas. C'est-à-dire que des unions de la droite étaient possibles ou pensables, peut-être même avant le premier tour, de sorte que la puissance était encore plus forte.
Et il fallait casser cette puissance. Donc déjà, agresser le nom en disant « elle est la fille de son père », « son père, c'est la va-fanessesse », on connaît le manque d'intelligence de ceux qui nous disent que « si ce n'est toi, c'est donc ton père », et elle a pu changer le nom du parti, changer les options du parti sur la question de l'homosexualité, sur la question d'Israël, sur la question de la politique étrangère, etc. C'est-à-dire exactement le contraire de son père, avoir mis son père à la porte du parti, elle est de toute façon coupable de ça.
Et donc, le nom est intéressant. On va pouvoir ressortir la poupée, les aiguilles, en disant « une Le Pen, encore une Le Pen, une quatrième fois Le Pen, et puis quatrième fois pour elle, plus le père ». Donc vous ajoutez, vous dites « mais regardez, ils sont aux élections depuis tant d'années ».
Tout ça, ça va faire partie des arguments. Et il y a une jeune génération qui est biberonnée à la haine du nom de Le Pen. Tous ces gens qui ont les cheveux verts, bleus, etc. et qui ont dansé le jour de la mort de Jean-Marie Le Pen.
Pour eux, Le Pen, c'est l'élimination de la désolation. C'est le nom de Satan, c'est le nom de Belzébute, etc. Pour s'arrêter, se calmer en disant « expliquez-nous pourquoi ».
Là, ce serait un peu compliqué. C'est comme être capable de dire si l'État palestinien est à l'est ou à l'ouest du Jourdain pour Mme Pannot. Il ne faut pas demander trop de culture à des gens qui n'en ont pas.
Donc il y a le nom qui va être utile. Il y a cette idée qu'on va pouvoir taper sur la gauche de Marine Le Pen, en disant « si cette dame arrive au pouvoir, oh là là, les milieux d'affaires vont s'effondrer, c'est catastrophique ». Et donc, il y a un choix politique, c'est-à-dire que vous choisissez vos ennemis.
Moi, je ne donnerai pas le nom de quelques intellectuels connus, qui sont de gauche, qui étaient allés voter aux primaires de la droite pour choisir leur candidat. Ils me disent « tu n'y vas pas, je ne suis pas de droite, je ne vais pas choisir mon candidat à droite, mais il faut choisir le meilleur pour la gauche. Je ne dirai pas qui, je ne dirai pas comment, etc. » Il y a des gens qui se sont trouvés propulsés à droite par les voix de la gauche.
Donc c'est ça le jeu de la politique. Et c'est de la politique politicienne. Évidemment, on est loin du général de Gaulle qui nous dit « l'horizon, c'est la France, l'horizon, c'est l'intérêt général et le bien public ».
Là, on se dit « mais les petites magouilles font que si on peut gratter un demi-point par là, deux points ici, puis vous verrez arriver les écologistes qui vont peut-être aller chez Mélenchon, et puis d'autres qui peut-être, etc. » Roussel, Salon, Fabien Roussel, qui lui, résiste à cette espèce de déconstructionnisme, oui, ce déconstructionnisme de Mélenchon, il dit « non, il y a un vieux PC à l'ancienne, etc. » Lui, il pourrait impulser une espèce de révolution dans ce parti en disant tout ce que les partis ont fait.
Je rappelle que, oui, il y a eu des gens, des militants de la collaboration chez Jean-Marie Le Pen au départ, mais il y avait aussi des résistants. Et puis il y a eu du pacte germano-soviétique chez les communistes. Et puis il y a eu chez les Verts un René Dumont qui, lui, faisait l'éloge de l'agriculture productiviste, des nazis, etc., si on va chercher dans le passé de chacun.
Donc il y aurait tout un travail à faire de mise à plat, parce qu'il y a quand même beaucoup à voir entre M. Retailleau qui a été ministre de Macron, M. Attal qui a été Premier ministre de Macron, M.
Edouard Philippe qui a été ministre de Macron. Ils ont tous été ministres de Macron. Ils s'en viennent tous nous dire que « non, Macron, c'est pas bien, qu'il faut faire autre chose autrement. » Les gens qui ont un peu l'esprit gaullien ont compris qu'il y avait beaucoup de tambourine politique dans cette affaire.
On est en face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1. Michel, vous l'avez évoqué. Il y a aussi Jean-Luc Mélenchon qui est aujourd'hui un candidat extrêmement sérieux, redoutable.
Quatrième candidature pour lui comme pour Marine Le Pen. Tout est en ordre, on l'a déjà évoqué dans son parti La France Insoumise. Est-ce que l'affrontement est inéluctable selon vous ?
On va écouter un petit extrait des manifestations d'extrême-gauche qui se sont déroulées lors du premier déplacement sur le terrain de Marine Le Pen. C'était à Flèche dans la Sarthe. Un concert de casserole avec des slogans hostiles à Marine Le Pen.
Et puis on se posera la question de à quoi va ressembler cette campagne a priori assez mouvementée. Voilà, c'était à la flèche dans la Sarthe. Il va y avoir ça pendant toute la campagne Michel ?
Oui bien sûr. Tout le temps en fait ? Oui, c'est pourquoi je n'ai pas...
Mais est-ce qu'on va avoir un débat sur le fond ou on va continuer à lancer des invectives comme ça ? D'abord il y aura des insultes, je vous dis. Le nom de Le Pen, vous êtes une voleuse, mais vous êtes aussi un voleur.
Vous avez fait ceci, je vous rappelle que dans le camp de... etc. etc.
Il va y avoir tout ça. Et puis les oppositions, regardez, plus ça grimpe, les débats d'entre les deux tours sont des débats hyper techniques. Je suis très admiratif de vous voir quand vous animez ce genre de débat.
Ils ont un nombre de chiffres dans la tête auxquels les Français ne comprennent rien. Ou alors on finit par dire, mais Madame Royal, combien y a-t-il de sous-marins en France ? Elle sait, elle ne sait pas, si elle ne sait pas, c'est grave, etc.
Alors elle ne savait pas, elle a donné un chiffre, c'était une erreur. Elle se dit, mais est-ce que ça se joue là-dessus, véritablement ? Non, il faut vraiment des projets de société qui sont des projets civilisationnels.
Et il y en a. Mélenchon a un projet qui s'en est un. On va juste l'écouter un instant et justement je passe la parole sur ce que dit Jean-Luc Mélenchon.
Chaque voix compte dès le premier tour. Et je le dis bien fort, bien net. Ayant fait ma partie du devoir, ceux-ci ayant fait la leur, vous autres ayant fait la vôtre, je m'adresse à tous ceux qui s'interrogent comme il est légitime qu'on le fasse avant une élection.
Je leur dis, qui que vous soyez, dans quelque partie que vous soyez, surtout si c'est de gauche, vous ne pourrez pas dire, si malheur arrive, je ne savais pas. Voilà pour Jean-Luc Mélenchon, le 7 juin 2026, à Saint-Denis. Là, il développe un vrai projet, Michel.
Oui, oui, moi j'ai plaisir à voir sur l'image des gens qui voyagent en première classe en avion, des gens qui se prélassent, se cierrent des voiliers, etc. Et qui tiennent les discours qu'ils tiennent. Mélenchon a dit quelque chose de très important, il dit, premier tour d'abord.
Alors ça paraît une évidence, mais premier tour d'abord. Ce que font tous ceux qui choisissent les candidats dont nous parlions précédemment. C'est-à-dire qu'on a intérêt à voir celui-ci plutôt que celui-là.
Dans les jeux d'alliance, on sait très bien qu'une alliance peut se faire ici, elle ne pourra pas se faire là. Si elle se fait ici une alliance, elle peut permettre de gagner un point, deux points. Et Jean-Luc Mélenchon sait qu'il est susceptible d'être au second tour pour une question de un point ou deux points.
Donc il va falloir effectivement ratisser l'âge, ramasser. Il a été extrêmement clivant. La campagne n'est pas commencée.
Il va y avoir les vacances. Il va y avoir une rentrée scolaire. Oui, l'équivalent de la rentrée scolaire, mais enfin une rentrée en septembre.
Et puis à un moment donné, on aura tous les candidats. Et là, il y aura une véritable campagne. Et on le verra, aller chercher encore un point, encore un point.
Il sait qu'il faut aller les chercher comme ça. Il sait que globalement, il a perdu le point communiste. Il sait qu'il peut gagner le point écologiste.
Il sait qu'il peut gagner, il a gagné déjà le point du NPA. Le nouveau parti anticapitaliste n'y va pas. Donc on sait très bien.
Alors peut-être que d'ailleurs, Nathalie Arthaud, lutte ouvrière, n'ira pas non plus. Et que là, pour le coup, il gagnerait encore un point. Quand vous faites un point, un point, un point, etc., vous avez les quatre points et vous êtes au second tour.
Le ticket du second tour. Vous êtes au second tour. C'est pour ça que le choix des candidats est extrêmement important.
Parce que le choix des candidats, c'est le choix des alliances. Les alliances de Marine Le Pen, d'ailleurs, quelles seraient-elles en dehors de...
De l'UDR d'Éric Créty et éventuellement de Marion Maréchal. Et on voit bien que ce jeu d'alliances, il sait, il fait de la politique, c'est son métier. Il n'a fait que ça dans la vie.
Il sait très bien qu'il faut attirer, il faut détester, attirer, faire le travail en même temps. Un travail dialectique et dynamique. Et il fait ça très bien.
Et il sait très bien qu'au second tour, si ça se fait à 200, 300 000 voix, il aura suffi peut-être de quelques phrases, de quelques appels du pied, quelques renoncements pour des postes ministériels, pour des nominations ici, là ou ailleurs. Ça se joue comme ça. Mais un second tour, Michel Onfray, RN et les filles, aujourd'hui, les sondages disent que Jean-Luc Mélenchon est battu à pleine couture.
Mais on est très tôt, enfin, c'est très tôt par rapport à la présidentielle qui est dans un an. Est-ce qu'on peut croire à ça ? Est-ce qu'il n'y a pas quand même une fenêtre de tir pour Jean-Luc Mélenchon ?
Avec le front républicain dont vous avez parlé, avec l'antagonisation de la campagne, la bordélisation, pardon, du mot, du scrutin. – Oui, mais personne dans la classe politique n'a tiré de leçon du macronisme. Macron, il s'est constitué des républicains et des socialistes, il les a aspirés, et ceux qui sont partis ont fait une carrière, d'ailleurs on oublie, il y a toutes les vedettes du macronisme, regardez un peu sur Wikipédia d'où ces gens là viennent, pas mal des socialistes et pas mal des républicains.
Puis ceux qui sont restés prétendument pour garder la maison en disant ça ne va pas durer, et puis voilà. Mais ils sont solidaires de ces fuites-là, c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu d'exclusion. D'ailleurs, qu'est-ce que ça veut dire une exclusion ?
Et il n'y a surtout pas eu de refondation du parti. Qu'est-ce que le parti socialiste aujourd'hui ? Et qu'est-ce que sont les républicains aujourd'hui ?
Est-ce que c'est les républicains, est-ce que c'est Copé ? Est-ce que c'est Xavier Bertrand qui appelle, ou même monsieur le maire du Havre qui dit « moi je vote Édouard Philippe, je vote communiste ». Est-ce que c'est ça ?
Ou est-ce que c'est autre chose et autrement ? Alors évidemment, il nous parle tous du général de Gaulle. Donc il y a un défaut de travail chez les politiciens de profession, parce qu'ils ont juste envie d'avoir des postes, alors qu'on devrait pouvoir créer un corpus.
Jadis, Jacques Chirac, je ne voudrais pas être vulgaire, mais enfin un enfant dans le dos au général de Gaulle, mais il y avait toujours la croix de Lorraine, le général de Gaulle, il arrivait en faisant des gestes, etc. Bon, et puis Mitterrand faisait exactement la même chose avec Jaurès, et puis on y avait droit et les gens y croyaient. Mais il faut recréer des mythologies, et elles ne sont pas recréées.
Et là on a juste des histoires de gens qui ont fait des carrières. J'ai été un petit peu ministre chez Macron, mais je l'étais sans l'aide tout en ne l'étant pas, ça s'appelait une cohabitation. Mais j'ai fait un maximum de choses, on ne le dit pas, j'ai été extrêmement utile, etc.
Non, ça ne peut pas marcher longtemps comme ça, les gens ont juste envie d'individus qui n'auraient pas mis les mains dans le sac depuis longtemps. Donc c'est R.N. et les fils que vous nous décrivez.
Eh oui. Mais avec un projet de rupture pour l'un ou pour l'autre ? De rupture avec ?
Avec le système. Ah oui, eux ils ont un système à remettre en place. Pensez bien que si Mélenchon arrivait en place, au pouvoir, la police, l'armée, la justice, etc.
Je ne parle pas de la fiscalité, des impôts, je ne parle pas de la presse, de la fermeture d'un certain nombre de médias. Ils le disent en plus. Ah oui, c'est assuré.
Si les gens veulent effectivement une caporalisation ou une maréchalisation de la société en disant, faisons de telle sorte que nous se disons vraiment, lui, ça ne le gênerait pas de dire, nous allons virer machin, machine bidule, un tel, etc. Et nous allons nommer des commissaires politiques. Il faut imaginer un certain nombre d'individus qu'on voit aujourd'hui faire des émissions pour commenter l'actualité, à la tête de certains organismes.
Vous auriez là, qui serait ministre de l'Intérieur, qui serait ministre des armées, et avec quel type de proposition, quel type de relation avec le Hamas, avec l'Iran, avec la Syrie d'aujourd'hui, etc. Qu'est-ce qui se passerait ? C'est ça qu'il faut penser aussi.
Là, tout le monde nous fait peur avec la Russie. Mais pourquoi est-ce qu'on n'aurait pas autant peur, voire plus peur avec l'Iran ? La Russie ne nous menace pas, nous personnellement.
L'Iran nous menace personnellement, menace l'Occident. Donc, à un moment donné, où ces gens-là arrivent en pouvoir, ils changeraient les têtes, ils changeraient la politique, il y aurait évidemment un autre projet de société. Alors après, ça dure le temps que ça dure.
C'est Mitterrand, c'est pas compliqué, mai 80, mars 83. Et en mars 83, s'il y avait un bon projet, il est formidable, c'était le projet de qui ? Valéry Giscard d'Estaing, c'est très bien, et ça va être le nôtre.
Et c'est comme ça depuis 83, la fameuse ouverture de la parenthèse. Donc ça, c'est la politique. C'est-à-dire, on annonce des choses, on arrive au pouvoir, on se dit, je ne savais pas que les caisses étaient autant vides, je ne savais pas qu'il y avait autant de résistance, je ne savais pas que le pouvoir, c'était réellement ça, et puis voilà.
Et d'ailleurs, on aura un exemple de ça avec Mélenchon, qui, d'ici le premier tour, va arrondir les angles, et va nous jouer le père de la patrie, le sauveur. D'ailleurs, on voit bien que quand il est à Saint-Denis, il y a des drapeaux bleu, blanc, rouge en quantité. Et il faut un plan large, il faut vraiment un plan large pour qu'on aperçoive des drapeaux palestiniens.
Absolument. Et en tout cas, il n'y a pas de candidat anti-Maastrichtien, on est d'accord. Alors, quand on les écoute, ils font tous les malins en disant, je ne peux pas jouer le candidat anti-Maastrichtien, si, il y a M.
Dupont-Aignan, mais ils savent très bien que ça n'est pas porteur, il y a toujours cette espèce d'idéologie que le Brexit a été une catastrophe. La preuve reste à faire. Je ne sais pas pourquoi, ce serait une catastrophe, tout se passe bien, sauf que quand vous recouvrez votre souveraineté, si c'est pour n'en rien faire, ça ne sert à rien de l'avoir, si vous étiez tout aussi bien dans la vassalisation précédemment, ce qui s'est passé avec l'Angleterre.
Mais ils disent tous, oui, mais il y a un mouvement, des peuples en Europe, et on va changer l'Europe parce que les peuples voudront un autre type d'Europe, donc pas besoin de la changer, il y a cette hypothèse-là. Il y a l'hypothèse du bras de fer, on ne fera rien. Ils nous demanderont, on ne fera pas, et qu'est-ce qui va se passer ?
Ils ne vont pas nous envoyer leurs troupes, etc. Mais c'est une façon de contourner le problème. Donc il y a des gens qui sont assez anti-Maastrichtiens, qui ne le diront pas clairement, mais qui ont une théorie du contournement de l'Europe.
Moi, je pense qu'on doit pouvoir être plus radicalement anti-Maastrichtiens, ce qui n'empêche pas d'avoir évidemment des alliances avec les autres nations, de fabriquer des Europes diverses et multiples. On peut faire une Europe de la défense, on peut faire une Europe de l'économie, on peut faire une Europe de la culture, sans qu'on soit pieds et poings liés à Mme Ursula von der Leyen, et puis à l'Europe maastrichtienne. L'Europe, c'est une belle idée qui ne doit pas être confisquée par les européistes.
Allez, une petite pause face à Michel Onfray, on se retrouve. On évoquera les grands thèmes de la campagne 2027, qu'est-ce qui va arriver en tête selon vous. On évoquera aussi votre séjour sur le porte-avions Charles de Gaulle, une expérience incroyable que vous allez nous raconter à tout de suite.
On se retrouve dans Face à Michel Onfray pour la seconde partie sur CNUS et sur Europe 1. On a évoqué les candidats, Michel, pour cette campagne 2027, les grands thèmes de campagne. Est-ce que les Français auront le débat de fond qu'ils souhaitent, parce qu'ils souhaitent qu'on leur parle de pouvoir d'achat, qu'on leur parle de leur vie, de la sécurité des grands thèmes régaliens ?
Par exemple, sur le pouvoir d'achat, est-ce que quelqu'un va prendre le sujet des dépenses publiques à bras-le-corps et dire, voilà, il va falloir couper là, là, ou est-ce qu'on va encore avoir des tonnes de démagogie ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Non, il y a des projets politiques.
Il y a des gens comme Jean-Luc Mélenchon qui nous disent que la dette, ce n'est pas important, et que s'endetter si c'est pour avoir des projets, et financer des projets qui rendent possible des investissements qui rapporteront de l'argent par la suite, c'est tout à fait ce qu'on est capable de faire, nous, dans les familles, quand on investit dans une voiture pour pouvoir, etc. Donc, il n'est pas contre le fait qu'il y ait la dette. Après, vous avez des intégristes de la dette, qui sont des européistes, et qui nous disent, non, il faut absolument qu'on arrête tout ça.
Et puis, vous avez les solutions, elles ne sont pas très nombreuses. C'est-à-dire que vous avez de l'argent, on en dépense trop, il faut en économiser. Voilà, il faut couper.
Et après, vous allez vous poser la question qui fâche, c'est, on coupe où ? Demandez aux écologistes, ils vous disent, on arrête l'armée, c'est fini, il n'y a plus de dissuasion nucléaire, et puis, on va taxer les avions, on va taxer les voitures, enfin bon, voilà, on trouve de l'argent comme on peut. Vous avez Mélenchon qui dit, les riches, les riches, les riches, on les taxe, etc.
Et puis, vous avez d'autres qui disent, on va commencer par taper, alors ça, c'est plutôt le cercle maastrichien, les gens simples et les gens modestes, donc les gens retraités, les gens qui travaillent, les gens qui consomment modestement, et qui, quand ils vont faire leur course, paient des impôts, et là, taxe sur ceci, taxe sur cela, et taxe encore, et taxe encore. Et vous avez Sarah Knafou qui, elle, dit, ah mais moi, j'ai des chiffres dans la tête, je peux vous dire, ça, ça coûte tant, ça, ça coûte tant, ça, ça coûte tant, on enlève ceci, on enlève cela, ça, ceci, etc. Je trouve la démarche beaucoup plus intelligente et beaucoup plus intéressante, de dire, alors soit on fait rentrer de l'argent en allant voler les riches, je ne sais pas ce qu'ils le méritent bien, puisqu'ils sont riches, soit effectivement, on dit...
C'est le projet de la gauche. Pardon ? C'est le projet de la gauche.
Oui, voilà, ça n'est que ça. La gauche arrive et avec ses taxes, on va taxer, on va taxer, on va taxer, d'accord, très bien, mais il y a un moment donné où l'argent étant ce qu'il est, on peut aller le placer ailleurs en disant, vous n'avez plus rien taxé parce qu'il est dans des paradis fiscaux, parce qu'il est investi ailleurs, et on n'allait pas taper dans ma caisse, ma caisse, elle n'est plus en France, donc c'est fini. Donc il faut évidemment entretenir des relations saines avec les gens qui travaillent, à la base, mais aussi avec les entrepreneurs, ne pas leur pourrir la vie.
À des patrons pêcheurs, à des paysans, à des commerçants, à des bistrotiers, etc. Oui, et rencontre l'enfer qu'ils vivent. Moi aussi, je suis rentré dans un resto l'autre jour à 21h10 et on m'a dit, est-ce qu'il est possible de dîner ?
Oui, bien sûr, vous allez prendre un dessert. Je ne sais pas, moi, je rentre là, j'ai faim, peut-être, je ne sais pas. Ah mais non, je dois savoir, moi, si vous prenez un dessert, ça va me ramener au-delà de 22h, et au-delà de 22h, je change d'équipe, je ne peux plus vous servir le dessert.
Si vous me dites que vous ne prenez pas de dessert, je vous prends, mais de toute façon, vous allez me dire, j'en prends pas, puis après, vous allez m'en demander un, je vais pouvoir vous mettre à la porte. Je dis, je rêve ou quoi ? C'est-à-dire, on est en France, à 21h, pas même 15h, on ne peut pas rentrer dans un restaurant sans s'entendre dire, allez-vous prendre un dessert, parce que moi, je ne peux pas assurer une équipe pour un point.
Donc, évidemment, il faut détendre le droit du travail, faire de telle sorte qu'il ne soit pas léonin et seulement aux avantages de ceux qui emploient, mais que les employés aussi aient des droits, mais que les patrons aient aussi des droits. Et ça, c'est à penser. C'était jadis le projet de la social-démocratie.
C'était le projet de la flexi-sécurité des modèles scandinaves, où on disait, vous allez lâcher ça, mais on lâche ça aussi. Peut-être qu'on va être un peu plus souple sur le temps de travail, mais en même temps, on va être aussi plus souple avec vous sur la qualité du travail, sur votre possibilité de choisir, etc. Mais que fait M.
Glucksmann ? Que fait M. Hollande ?
Que font M. Valo-Belg...
Valo ? Valo. Que fait l'ancien Premier ministre qui dit, je suis tellement preneur, aidez-moi, je ne retrouve pas son nom, mais l'ancien Premier ministre socialiste...
Bernard Cazeneuve. Cazeneuve. Qui dit, aimez-moi, je suis partant, j'ai envie, demandez-moi, etc.
Ça ne marche plus, ça ne marche pas. Il y a aussi le régalien, il y a aussi toute la vie quotidienne des Français, sécurité, identité, immigration. Là aussi, il y a des projets qui vont s'affronter.
Et ça va aller dans le fond. Sauf que l'Europe ne nous le permettra pas. L'Europe ne nous permet pas.
L'Europe impose une feuille de route, et le chef de l'État, soit il téléphone tous les jours pour demander ce qu'il faut faire. Soit il a intégré, et il a été choisi parce que c'est l'homme de la situation, ils ont fait des économies de téléphone, ils ne téléphonent pas parce qu'il dit, on va faire ceci, on va faire cela, on ne peut pas faire ceci, on peut faire cela. Sur les retraites, l'Europe nous demande ça.
Sur la défense, on nous demande ça. À une époque, la défense, il fallait la partager avec l'Allemagne. L'Allemagne partage tout avec les États-Unis, et pas avec la France.
Et nous voulions tout leur donner, etc. Donc ça, ce sont des sujets qu'il faut aborder pendant la campagne. Mais ça va être perdu dans des invectives, dans des attaques à Dominem, dans des trucs sur le passé.
Vous êtes l'héritière de la Waffen-SS. D'autres diront oui, mais le prétendien. Mais les Français veulent ce débat.
Bien sûr, mais en même temps, les Français ne veulent pas tant d'un débat qu'un certain nombre de choses. On n'a pas besoin aujourd'hui d'aller chercher très loin. On sait ce qu'ils veulent, les Français.
Ils veulent de la sécurité, ils veulent de la liberté, ils veulent de la possibilité d'entreprendre, ils veulent que leurs enfants puissent sortir en boîte de nuit et rentrer sans risquer de se faire violer par des gens dont on dira qu'ils ne savaient pas trop que le viol, ce n'était pas une pratique habituelle et civilisationnelle ici, etc. On sait très bien ce que les gens veulent. On n'a pas besoin de faire des sondages.
Quand Macron dit « je fais un tour de la France, finalement j'ai compris ce que voulaient les Français », je dis « mais c'est terrible que quelqu'un qui est le chef de l'État ait eu besoin de faire un tour de France après avoir été élu pour dire « je vois ce que la France veut ». Si tel avait été le cas, il eût été préférable de n'en parler et de ne rien dire. C'était un aveu de « je n'ai rien compris à la France jusqu'à aujourd'hui ».
Je ne suis pas sûr d'ailleurs quand il a dit qu'il avait compris, il avait véritablement compris. Mais il y a eu, je vous le rappelle et je le rappelle à tous ceux qui le savent déjà, qu'il y a eu des États généraux et qu'il y a eu une mobilisation des Français qui y ont cru, qui y ont cru vraiment à ça et qui ont pris leur papier, leur crayon et qui ont rédigé. On dit ceci, cela, etc.
Ces cahiers de doléances, ils sont où ? On en a fait quoi ? Il y a un projet dans ce cahier de doléances ou alors on ne demande pas aux gens.
On sait très bien que Macron demande et dit « je vous pose la question, si vous me faites une bonne réponse, je la valide, si vous me faites une mauvaise réponse, je la jette à la poubelle ». Et il a fait ça à chaque fois qu'il a perdu aux élections, c'est-à-dire toutes sauf les deux présidentielles. Et il a dit « ah, vous avez voté contre moi aux législatives après la dissolution, eh bien tant pis, je vais choisir ceux qui sont arrivés les derniers, etc. » Mais allez chercher ces documents qui sont formidables et qui sont les résultats des États généraux des Français sollicités et puis faites le programme si vous voulez être vraiment démocrate, c'est-à-dire au sens étymologique, estimer que la souveraineté, elle est dans le peuple.
Michel Lompré, vous, vous avez fait un voyage extraordinaire que vous allez nous compter à présent, un passage sur le porte-avions Charles de Gaulle. Incroyable. Qu'est-ce que vous avez vécu sur place ?
Une expérience extraordinaire. D'abord, je remercie les deux amis dont je ne donnerai pas le nom qui aient rendu possible cette expérience extraordinaire. C'est une vraie expérience existentielle, vraiment.
C'est-à-dire que c'était il y a deux ou trois ans avec des amis à qui j'avais dit « Oui, j'adorerais ». Ils m'ont dit « Bon, on va essayer de mettre ça sur pied. » Point.
Et puis, il y a 8-10 jours, il me dit « Tel jour, telle date, telle heure, à l'aéroport, tel endroit, en Crète, on viendra en hélicoptère, vous cherchez, d'où ça vient, etc. » Ça, c'est l'armée française. D'abord, les deux amis en question, elles sont des amis de l'armée française.
C'est-à-dire qu'on n'a pas besoin de dire dix fois quelque chose pour ne pas tenir sa parole. On l'a dit une fois, ça vaut par le donner. Voilà.
C'est-à-dire, s'il se passe deux ans, c'est simplement que pendant deux ans, ça a été fait, ça en a travaillé. Il a fallu le mettre en place. Donc, on arrive sur un autre monde.
D'abord, on arrive là, il y a quelques individus qui sont au garde-à-vous. C'est toujours très impressionnant. Je n'ai pas l'impression de mériter des garde-à-vous, mais ça m'honore.
Et simplement, je pense que ces gens qui me saluaient étaient plus à saluer que moi-même à être salué. Et puis, on découvre une république. Il y a presque 2000 personnes qui sont là.
On m'a fait tout visiter, je vous assure, des cuisines jusqu'aux états-majors et au PC décisionnel, des endroits où les guerres se décident, du lieu même où le contre-amiral dit « Le chef de l'État a demandé la bombe atomique, on y va, et moi, je mets en place ce qu'il faut faire pour que la bombe atomique explose là où, etc. » Et donc, on a un fragment de souveraineté nationale. D'abord, il y a des...
Je suis très fétichiste avec le général de Gaulle. J'aime bien les affiches du général de Gaulle. Il y en a partout.
Pas partout. Il y en a beaucoup. Aux bons endroits.
D'abord, ça s'appelle Charles de Gaulle. Mais ensuite, effectivement, dans l'endroit où nous avons pris nos petits déjeuners, nos déjeuners, nos dîners, etc., il y avait effectivement statut du général de Gaulle bleu, blanc, rouge, etc.
Enfin, tout ça me touche beaucoup. Et je me dis, effectivement, l'esprit du général est là. Le contre-amiral me dit « Je ne fais pas de politique.
Nous ne ferons pas de politique, etc. » Donc, nous, on n'a pas fait de politique. Mais on a parlé de politique.
Géopolitique, géostratégie, souveraineté nationale, engagement de la France dans les conflits étrangers. Vous pensez bien qu'ils n'ont rien dit que je pourrais utiliser contre eux. Ce sont des gens qui ont le sens des valeurs perdues, de l'honneur, la fidélité, la loyauté, de l'État, bien sûr, de la France, de la nation, etc.
Et puis, le contre-amiral m'a fait l'amitié. C'est vraiment très important pour moi dans ma vie. On s'est trouvé sur une partie du porte-avions qui doit avoir un nom, mais une espèce de passerelle, probablement.
Et on était tous les deux...
Il y avait quelques militaires, évidemment. Mais sous la voie lactée, à assister aux appontages et aux catapultages. Vous avez des rafales qui, quand ils sont en post-combustion, ont des flammes qui font 3 mètres de long sur chaque tuyère.
Je vous assure que vous avez, en plus de ça, le système de catapultage. L'ensemble du porte-avions bouge et tremble. C'est-à-dire que quand je suis arrivé, il y portait à 8h du matin, quelque chose comme ça.
On est allé prendre un petit déjeuner, d'un seul coup...
On entend quelque chose. Il se passe quoi ? Ah là, c'est votre premier appontage.
Donc ne vous inquiétez pas. C'est un avion qui vient juste de décoller. Et donc, il m'expliquait que les avions s'écrasaient plutôt qu'autre chose.
Vous imaginez, ils arrivent à 250 à l'heure et ils ont l'équivalent de...
Alors d'abord, c'est une tête d'épingle. Ensuite, c'est un timbre. Et puis après, quand vous arrivez à 250 à l'heure, c'est l'équivalent d'un terrain de tennis.
Et il faut vous poser là. Vous arrivez à 250 et il faut freiner tout ça. Et vous avez des brins.
Et il faut que vous puissiez être arrêté par le premier, le deuxième ou le troisième brin. Et donc, quand on se retrouvait sous la voie lactée, qu'on discutait de Clausewitz, de la guerre, etc., il y avait des appontages, réussis ou ratés.
Et il y a des lumières qui vous disent « Voilà, vous avez un angle extrêmement précis. Si l'angle est le bon, vous avez une lumière verte. Si ce n'est pas bon, vous avez des lumières rouges. » Et à ce moment-là, ils remettent les gaz.
Ils repartent. Ils vous passent sur la tête comme ça. Vous n'imaginez pas dans quel état physique vous êtes.
En philosophie, on appelle ça le sens du sublime. C'est-à-dire, c'était le sublime naturel. Vous êtes un petit personnage et vous avez l'immensité de la voie lactée.
D'abord, on l'avait, le contre-amiral et moi-même. Vous avez l'immensité de la mer, vous avez l'immensité du volcan, etc. Là, c'est un sublime avec des instruments fabriqués par les hommes.
Je vous assure que quand vous remettez des gaz et que vous avez peut-être 4, 5 mètres au-dessus de votre tête des rafales qui passent et qui sont des armes de guerre, je le rappelle. Et on voit là ce qu'est la souveraineté nationale, ce qu'est la France, ce qu'étaient les valeurs de la France. C'est-à-dire, c'est un morceau de France qui reste là, qui est à toute allure.
Je vous assure qu'ils font 1000 km par jour. Le Charles de Gaulle fait 1000 km par jour. C'est incroyable.
Quand vous êtes sur les flots comme ça, le bateau, gîte, tangage, houle, etc. C'est-à-dire que quand vous arrivez avec votre avion, il faut que vous vous posiez sur un terrain de tennis qui bouge dans tous les sens. Et vous avez là des pilotes qui sont des gens extraordinaires qui garantissent notre sécurité.
Donc l'idée de dire, et là pour le coup on va faire un peu de politique, mais que tout ça pourrait être offert à l'Allemagne et partagé avec l'Europe, on s'est dit...
Ça ne vous va pas. Non. On est face à Michel Onfray sur CNews d'Europe 1.
Michel, on va écouter le général de Gaulle. On ne va pas terminer cette saison sans l'écouter, évidemment. Il parle justement de la dissuasion nucléaire.
Non, le portavion Charles de Gaulle est le fer de lance. Écoutons ce qu'il disait en 1965. Notre indépendance exige, à l'ère atomique où nous sommes, que nous ayons les moyens de dissuader nous-mêmes un éventuel agresseur, sans préjudice de nos alliances, mais sans que nos alliés tiennent notre destin dans leurs mains.
Or, ces moyens, nous nous les donnons. Sans doute nous impose-t-il un méritoire renouveau, mais il ne nous coûte pas plus cher que ce qu'il nous faudrait fournir à l'intégration atlantique, sans être sûrement protégé pour autant, si nous continuions de lui appartenir comme auxiliaires subordonnés. Nous en venons au point où aucun État du monde ne pourrait porter la mort chez nous sans la recevoir chez lui, ce qui est certainement la meilleure garantie possible.
Voilà pour le général de Gaulle. Évidemment, il y a une hauteur de vue que nous apprécions, Michel, et surtout quand on voit l'État du monde aujourd'hui, on se dit, voilà, ces équilibres géostratégiques, ces plates technologiques qui bougent entre les empires, la Russie, la Chine, les États-Unis, l'Europe, qu'on aurait besoin de quelqu'un qui ait une telle hauteur de vue ? Oui, d'abord, le général peut reposer en paix avec les hommes du Charles de Gaulle.
S'il y avait un deuxième porte-avions, ça a été annoncé par Emmanuel Macron, et qu'il s'appelle en plus de sa France libre, ce serait bien qu'il soit aussi à la hauteur. Et ce ne sera plus Emmanuel Macron qui sera chef de l'État quand ce bâtiment serait mis à l'eau. Mais tout est dit avec le général de Gaulle.
C'est-à-dire que vraiment, il y a ceux qui à gauche pensent que l'homme est naturellement bon, et que c'est la société qui est méchante, et qu'il faut changer la société, etc. Et puis, je ne suis pas rousseauiste. Et ceux qui pensent comme Hobbes, philosophe anglais du siècle précédent, le XVIIe, qui disent « L'homme est un loup pour l'homme. » Et l'homme est un loup pour l'homme.
Et si vraiment tout le monde était gentil, bien sûr, on n'aurait pas besoin d'armée, de police, de prison, des dissuasions nucléaires, etc. Or, là, on est dans la cage des grands fauves, où vous avez affaire à des gens qui veulent votre mort, votre fin, votre disparition. Alors, certains, plus ou moins, certains avec l'économie, veulent vous vassaliser comme les Américains le souhaitaient en 1944, et puis d'autres sont prêts éventuellement à utiliser le feu nucléaire.
Je pense justement que le feu nucléaire iranien était un danger, pas seulement pour Israël, mais pour tout le monde occidental, et pour tous les autres mondes qui n'auraient pas été dans l'obédience religieuse de cet islam iranien, de cet islam chiite. Donc, il faut effectivement qu'il y ait une défense qui soit dissuasive, cette façon de dire « Nous avons les moyens de vous détruire si vous avez décidé de nous détruire nous-mêmes. » Alors, évidemment, tout ça suppose que vous ayez des conducteurs qui vous permettent d'être le premier sur l'objectif, d'où les fameux métaux rares.
C'est pourquoi, d'ailleurs, tout le monde se bat pour avoir des métaux rares. Si vous gagnez quelques nanosecondes...
D'où la puissance de la Chine aussi. C'est ce que j'allais vous dire, en disant « Si vous gagnez quelques nanosecondes, eh bien, même si votre matériel est moins performant, s'il est plus rapide, c'est vous qui avez gagné. » Donc, la Chine est, pour l'instant, celle qui gagne la guerre nucléaire.
Si guerre nucléaire, il y a. Nous l'avons perdue avec les fameux métaux rares. Et c'est ce qu'a bien compris Trump, qui, lui, dit « Mais moi, je regarde la carte du monde. » Et d'abord, il fait de la géologie, Trump, avant de faire de la géopolitique, de la géostratégie.
Il fait de la géologie. Il dit « Il y a quoi ici, là ? Vous avez des métaux rares, vous avez du pétrole, vous avez... » Et tous les gens qui savent comment fonctionne le pétrole savent ce que les mystères de la géopolitique et de la géostratégie enseignent ensuite.
C'est-à-dire, vous avez bien compris qu'il n'y a aucun souci des peuples, Trump. Quand il dit « Les Iraniens continuent à vous faire tuer, nous arrivons, le temps d'amener le matériel sur place. » Et puis après, il dit « Bon, poisson d'avril ? » Parce que finalement, on a trouvé un truc, peut-être qu'on va pouvoir s'entendre avec le pétrole.
Et ce n'est que ça. Et il faut effectivement des bâtiments quelque part partout sur la planète. Vous avez des sous-marins, nucléaires, lanceurs d'engins, tactiques, etc.
Vous avez des porte-avions, puis vous avez des drones. Vous travaillez aussi avec des drones pour assurer une politique nationale française en disant « Ça n'empêche pas, c'est ce que dit le général de Gaulle, les alliances. » Mais si on veut sauver un peuple, sauver une population, sauver une civilisation, il faut tout ça.
Et il faut aussi un point philo, Michel. Et cette semaine, vous nous conseillez « Les Essais de Montaigne ». Alors pour vous, c'est le livre qui les contient tous.
Expliquez-nous. Oui, c'est un livre de vacances. Enfin, pas les vacances au sens, encore que, on peut lire ça en maillot de bain, si on veut.
Oui, oui, avec une édition que vous me permettrez, j'y ai contribué, mais...
Avec une préface de Michel Lompré. Vos éditions bouquins à Robert Laffont, c'est ça. Et Mola, oui, tous les deux.
Et Bernard Combeau, qui était mon ami qui est décédé, a fait une édition lisible. C'est-à-dire le français du XVIe siècle n'est pas facile à lire. C'est pas simple.
Là, vraiment, ça a été lissé et ça a été fait extrêmement intelligemment. Il avait fait la même chose avec Lucrèce pour une traduction du latin. Notre cher Bernard, qui n'est plus là.
Mais c'est un livre que Montaigne écrit quand il a perdu son ami de la Boétie en disant « Il me manque ». Ce compagnon à qui je parlais, avec lequel je m'entretenais, à qui j'envoyais des lettres, etc., il est mort, jeune, une trentaine d'années.
Et on en a parlé déjà, l'auteur du discours sur la servitude volontaire, livre fameux. Et il écrit ce texte pour lui dire « Je continue à te parler » sur tous les sujets. C'est ça qui est intéressant.
L'amour, la mort, l'amitié, le sens de l'honneur, la vanité. Et il parle de sa vie. Il dit « Ah, mais j'ai une moustache, j'ai une barbe, je mange, mais j'en mets partout, je ne suis pas très doué à monter à cheval.
Mais enfin, je peux monter longtemps, mais je ne suis pas doué de mes mains. Il faut qu'on scelle mon cheval pour moi, etc. » Je vois un paysan qui est en train de travailler méchant et il a perdu son enfant la veille au soir.
Il est là avec une espèce de sérénité, etc. Il a perdu lui-même des enfants. Il ne sait pas combien il y en a perdu.
Il nous dit « Je ne sais plus combien j'en ai eu. » Enfin, il y a un portrait de lui-même. Il y a un portrait de l'époque.
Il dit « Sexuellement, je ne suis pas terrible, j'ai un petit zizi, j'ai perdu de l'efficacité sexuelle, j'ai 50 ans, je suis un vieux monsieur. » Donc, il y a toutes ces choses-là qui sont vraiment une autobiographie, une biographie de son époque, une biographie de la condition humaine de partout, je veux dire, de la planète entière. Et puis, c'est un homme qui restaure les Romains, les penseurs Romains, et les penseurs Grecs, mais plutôt les penseurs Romains.
Il a une bibliothèque de 1000 livres, sa librairie, dit-il. Et moi, j'avais repéré que trois fois dans les essais, j'ai lu plusieurs fois la totalité des essais, mais trois fois, il dicte les essais. Il ne les écrit pas.
C'est-à-dire, il prend un bouquin, il prend plus tard qu'il y a une phrase, il commente la phrase, et puis il y a quelqu'un qui est là, qui transcribe. Et c'est le livre de toute une vie. Et c'est un livre qui évolue.
C'est-à-dire, sur la fin, il y a trois livres. Le troisième livre est extraordinaire. Il y a des fameuses pages sur l'amitié, des pages sur la mort, il y a des pages sur la façon de se comporter, sur l'hédonisme, sur la jouissance.
Et puis, c'est surtout quelqu'un qui laïcise la pensée. Et il y a une ligne de fracture, vous avez un peu plus de dix siècles, de philosophie catholique et religieuse. Il faut se demander comment la Sainte Trinité est possible, comment la virginité de Marie était possible, pourquoi est-ce qu'avec une hostie, on a le corps du Christ, etc.
Et lui, d'un seul coup, il dit, on ouvre la fenêtre. Oui, Dieu existe, mais arrêtez de nous embêter avec ça. Et c'est la vie qui est importante.
Vivre à propos. Il dit, le grand et glorieux chef-d'œuvre, vivre à propos. C'est-à-dire que, oui, d'accord, on croit en Dieu, oui, on fait ses prières, oui, on va à l'église, d'accord, mais ce n'est pas ça qui est important, c'est comment vivre dans cette vie pour ne pas être malheureux.
Et c'est la première fois que...
Et là, j'ai fait une professe substantielle, enfin, quand je dis substantielle, en quantité de textes, où je montre qu'il invente presque tout ce qui va fabriquer la modernité sur le rapport aux étrangers, qu'on appelle les barbares, sur le rapport aux femmes. Il dit, oui, les femmes sont inférieures, mais parce qu'elles sont éduquées comme telles. Elles ne sont pas naturellement inférieures.
Si vous les éduquez autrement, elles seront égales aux hommes et supérieures, même s'il le faut. Et il le dit sur le rapport aux enfants. Il y a des choses sur l'éducation et la pédagogie.
Les enfants ne sont pas des petits adultes, mais en même temps, voilà comment il faut travailler à la tête bien faite plutôt que bien pleine. Et donc, c'est quelque chose qu'on doit pouvoir lire toute une vie. C'est pour ça que je dis démarrez avec les vacances.
On peut partir en vacances. Vous continuerez ensuite. Alors, on peut partir en vacances sur la plage.
Puis on peut aussi méditer. Et quand on a perdu quelqu'un qu'on aime, sur les réflexions sur la mort, c'est utile. Quand on veut penser la question du suicide, c'est utile.
La question de la lecture, c'est utile. Tous les sujets sont abordés avec beaucoup d'humour. On le recommande.
Et puis, on recommande aussi peut-être vos ouvrages qui vont venir. Mon cher Michel, il y en a deux qu'on va citer. Un De Gaulle-Malraux, passionnant, qui va sortir, je crois, à la fin de l'année 2026, c'est ça ?
À la rentrée, là. À la rentrée. Ça s'appelle « Une nouvelle chevalerie » et qui est sous-titré « De Gaulle-Malraux et la civilisation ».
Bon. Et le deuxième, ce sera en 2027, là, si j'ai bien compris ? Janvier, théoriquement.
Janvier. Le peuple providentiel. Vous avez co-écrit avec Maxime Lenagar et l'IA, l'intelligence artificielle.
Racontez-nous en un mot, il nous reste une minute. Oui, j'utilise l'intelligence artificielle pour des usages techniques, c'est-à-dire des usages d'index. Par exemple, quel père de l'Église a traité la question de l'Eucharistie au VIe siècle ?
Là, vous demandez, et vous avez une réponse. Parfois, vous avez passé un temps fou à chercher, et là, vous cherchez. Ça ne vous dispense pas de lire.
Donc, un jour, je me suis dit, mais quel serait le programme politique des présidentielles de Michel Onfray ? Et là, j'ai été stupéfait des résultats. D'abord, c'est pas des...
Qui sont bons ou pas ? Oui, oui. Ah bon, d'accord, ok.
Et pas du tout d'extrême droite, de droite, raciste, je ne sais pas quoi, en fait, l'espèce de polémique habituelle, mais juste vraiment les propositions politiques que j'ai pu faire. Et j'ai dit à Maxime Lenagar, qui est notre rédacteur en chef, qui est un garçon formidable, j'ai dit, on pourrait peut-être faire un projet comme ça, parce que mon éditeur, Albin Michel, m'avait demandé un livre de politique. J'ai dit, j'en ai de trophées là-dessus, puis je n'ai pas envie maintenant, Emmanuel Macron s'en va, je ne vais pas refaire un livre contre lui, c'est terminé, tout ça.
Et je lui ai dit, je préférerais être positif. Et j'ai réfléchi, en me disant, mais comment est-ce qu'on pourrait faire avec l'équipe entière ? C'est compliqué, ils veulent bien, ils ne veulent pas, ils voudraient, mais ils ne veulent pas forcément tous être associés à mon nom, etc.
Ce que je comprends, ils sont prudents. Et là, j'ai dit, mais c'est peut-être une solution. On sollicite l'intelligence artificielle, on fait une proposition en disant, sur le principe de Michel Onfray, que serait un ministère de la Culture ?
Et là, on a des options. Et puis moi, je commente, d'accord, pas d'accord. Et pour le coup, ce que j'ai vu, c'est assez bluffant.
Alors évidemment, il y a des endroits sur lesquels je suis nul et où l'intelligence artificielle n'aura rien à dire, c'est Michel Onfray et le budget, et l'économie. Donc on verra bien, et à ce moment-là, je développerai moi des choses. Un programme présidentiel.
Mais c'est un...
D'abord, moi je suis contre les gens qui disent, alors il faut y aller, il faut voter pour qui ? Je dis, mais arrêtez avec l'homme providentiel. Et je crois au peuple providentiel.
Donc ça, c'est le titre. Et puis un projet politique, un programme pour les présidentielles. Non pas, je le dis dès à présent, je n'ai pas l'envie d'y aller, je n'ai pas envie de soutenir un candidat, je n'ai pas envie...
J'ai envie que ça puisse être utile et que ça puisse être utile à la France. Merci beaucoup Michel Onfray. C'était un bonheur cette saison passée en votre compagnie.
Moi aussi. Les spectateurs et nos auditeurs aussi. On vous retrouve d'ailleurs tout l'été avec des rediffusions des meilleurs moments de Face à Michel Onfray. et on se dit à la rentrée.
À la rentrée. Merci à vous tous.
Marine Le Pen