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InterviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 17 août 2026 9 minAutoproduitActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSécurité

"L'État ne doit pas être dans le déni" : sur RTL, le président de la Gironde demande un système préventif plus puissant contre les incendies

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 40 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:56Invité politiqueFait
    « Je pense que nous avons passé le 15 août, que les températures quand même nocturnes, malgré tout, et l'hygrométrie sont un peu plus en faveur de l'arrêt de ces incendies. »
  • 1:27PrésentateurFait
    « Ça représente des dizaines de familles. »

Temps de parole

  • Jean-Luc GLEYZE67 %
  • Présentateur33 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Et notre invité à 7h47 avec ce sujet dont on vous parle beaucoup, on va en parler toute la journée, l'état au chevet de la Gironde, le Premier ministre Sébastien Lecornu. Six membres du gouvernement sont attendus dans les minutes qui viennent sur place. La Gironde, département en partie ravagé par les flammes, évidemment cet été, on le rappelle, ce chiffre terrible. 42 000 hectares de forêts et de végétation ont disparu dans ces terribles incendies, principalement autour des communes du Porges et de l'Eche-Cap-Ferret. Invité de RTL donc ce matin, Jean-Luc Glaisse, bonjour à vous. Bonjour. Vous êtes le président du conseil général de la Gironde.

D'abord, un point de la situation sur le terrain, tous les feux sont éteints, contrôlés, maîtrisés, mais ils sont toujours actifs, pas très loin de chez vous, dans les Landes. On semble sortir en Gironde de cette rude période. Est-ce que vous avez le sentiment, Jean-Luc Glaisse, que le cauchemar s'éloigne, en tout cas pour cette année ?

0:56
Jean-Luc GLEYZE

Oui, peut-être maintenant, même si nous avons vécu 2022 avec deux feux qui se sont succédés. Je rappelle l'Andiras 1, l'Andiras 2 à l'époque, à quelques semaines d'intervalle. Je pense que nous avons passé le 15 août, que les températures quand même nocturnes, malgré tout, et l'hygrométrie sont un peu plus en faveur de l'arrêt de ces incendies. Je resterai très prudent, parce que l'été peut être encore long, il peut encore y avoir des reprises de feu.

1:22
Présentateur

Un mot aussi des Girondins, des Girondines qui ont perdu leur maison dans ces incendies. Ça représente des dizaines de familles. Je pense aussi à celles qui ont dû évacuer leur domicile dans l'urgence. Au niveau du relogement, du retour à la maison, ça se passe comment ?

1:36
Jean-Luc GLEYZE

Alors nous avons, nous départements, mis en place précisément, aux côtés de l'État, une cellule de relogement. Et nous avons reçu bon nombre de ces familles qui ont besoin d'un relogement à long terme. Certaines avaient trouvé des solutions à très court terme, mais il faut évidemment imaginer plusieurs mois, voire peut-être deux années avant de retrouver une habitation. Et donc tout ce travail-là est effectué avec une grande sensibilité, notamment des accompagnements psychologiques aussi, parce que le traumatisme est très important. Quand on perd une maison, on perd les pans entiers de sa vie et on perd aussi une partie des souvenirs qui étaient à l'intérieur.

C'est donc terrible et dramatique pour ces familles.

2:11
Présentateur

Ça passe aussi sans doute par des aides, notamment des aides financières. Est-ce que ça fait partie des choses dont vous allez parler tout à l'heure avec le Premier ministre Sébastien Lecornu ?

2:21
Jean-Luc GLEYZE

Alors nous verrons quels sont les sujets qui seront abordés. J'aurai personnellement un rendez-vous quasiment tête-à-tête avec lui, mais pour parler peut-être des sujets plutôt liés aux enseignements à tirer des incendies. En tout cas, la question des aides est évidemment importante. Il y a d'abord le sujet des assurances. Il faut que les assurances jouent le jeu rapidement, qu'elles permettent une indemnisation à la hauteur des besoins des personnes. Et évidemment, il y aura sans doute des aides, en tout cas auprès des communes et des collectivités locales, c'est certain, mais aussi sans doute auprès des habitants qui en ont forcément énormément besoin.

2:52
Présentateur

Jean-Luc Glaze, cette visite du Premier ministre et d'une partie du gouvernement, on rappelle, six ministres l'accompagnent. Mais concrètement, vous en attendez quoi ? J'ai entendu ce week-end que c'était une visite sous tension. Est-ce que vous avez une idée de l'ambiance, de la manière dont ça peut se passer tout à l'heure ?

3:09
Jean-Luc GLEYZE

Écoutez, il y a différentes choses. Il y a d'abord les sinistrés eux-mêmes qui sont effectivement à la fois dans le post-trauma qu'ils ont vécu, souvent avec beaucoup de colère par rapport à la situation et par rapport aux besoins qui sont les leurs aujourd'hui. Donc, je pense qu'ils sont plutôt dans un moment effectivement colérique, qui est compréhensible et qu'il faut entendre et qu'il faut écouter. Je pense qu'il est important de parler avec eux. Ensuite, il y a les besoins qui vont être ceux des enseignements attirés, notamment des moyens aériens.

J'aurai l'occasion, et ce sera consécutif aux deux courriers adressés au Président de la République la semaine dernière, de réclamer à nouveau ce que nous réclamions en 2022, c'est-à-dire une base aérienne présente de Canadair sur place sur le massif des Landes de Gascogne. On ne peut plus concevoir d'avoir un massif d'un million d'hectares qui est le plus grand massif de résine d'Europe, qui est dépourvu de moyens lourds, puissants en permanence. Il faudra les faire évoluer d'ailleurs, ces moyens. Les Canadair c'est bien, les Dach aussi, mais il existe d'autres moyens.

On a vu le Chinook intervenir sur les Landes, et nous faisons des propositions au Président de la République, à mes collègues des Landes et du Lot-et-Garonne, pour demander des moyens plus puissants qui puissent notamment larguer en nocturne.

4:24
Présentateur

Le Premier ministre a un petit peu bousculé son programme. Il était dès hier soir, dès hier en Gironde. Il a rencontré notamment les habitants et les élus autour du Porche, qui est une des communes, une des régions en Gironde, qui a le plus souffert. Ce n'était pas forcément prévu, ce contact avec la population. Vous pensez que petit A, il fallait le faire, et que petit B, c'est susceptible de calmer aussi un peu la colère, le ressentiment des habitants ?

4:50
Jean-Luc GLEYZE

Je ne suis pas certain que la visite suffisait à calmer, mais en tout cas, elle me paraît importante. Je l'ai dit à un de vos collègues hier matin, je ne savais pas que le Premier ministre viendrait rencontrer éventuellement des sinistrés, mais j'indiquais qu'il me semblait nécessaire quand même que la parole des sinistrés soit entendue au plus près, parce que c'est cette parole-là qu'il faut recueillir, aussi difficile soit-elle à entendre.

Et il faut, à partir de là, prendre les actions, les mesures qui sont en réponse aux attentes, pour faire en sorte de sortir, notamment la commune du Porges, qui est effectivement la plus touchée, de la situation catastrophique dans laquelle elle se trouve. C'est aujourd'hui, évidemment, des maisons brûlées. C'est aussi tout un paysage qui a été dévasté. Et ce sont des élus locaux, des bénévoles qui se sont beaucoup engagés et qui fatiguent. Il faut donc que le relais soit pris. Il y a eu des mesures, déjà, qui ont été mises en place, mais il faut aller beaucoup plus loin. Et je pense que la parole des sinistrés doit être entendue.

5:41
Présentateur

Au-delà de la réparation des dégâts de cet été terrible, il faut aussi parler du prochain, donc l'année prochaine, 2027. J'imagine qu'avec les élus, Girondins, les maires, la région, peut-être le gouvernement, vous vous y préparez déjà. Est-ce que ça passe notamment par la prévention ? C'est un volet important aussi, ça ?

5:57
Jean-Luc GLEYZE

Oui, c'est un volet important, évidemment. L'incendie le plus facile à maîtriser est celui qui ne se répand pas, qui s'est à peine déclaré que l'on a réussi à coiffer immédiatement. Et donc, je le dis, sur les moyens aériens, il y a un travail de prévention important qui peut être fait, notamment avec des groupes aériens armés qui peuvent circuler préventivement et qui peuvent immédiatement éteindre tout départ de feu. On a eu des exemples, pendant l'incendie de Somos, de feux qui ont été éteints par des largages du Canadair, enfin, en tout cas, qui ont été atténués par des largages du Canadair et éteints par les zones au sol. Et donc, on voit l'utilité de la présence des moyens aériens.

Encore une fois, on ne peut pas laisser la situation en l'état. Dans notre massif, il doit y avoir des moyens aériens présents en permanence dès que le risque s'annonce sévère. Et puis, il faut améliorer aussi le financement des services départementaux d'incendie et de secours. Nous le réclamons depuis 2022. Je suis co-rédacteur d'un rapport de département de France à l'époque sur le sujet. Il nous faut une part de la taxe spéciale sur les conventions d'assurance plus importantes, parce que tout bien sauvé, c'est un bien qui n'est pas besoin d'être indemnisé par le régime assurantiel.

7:01
Présentateur

Jean-Luc, Sébastien Lecornu est donc chez vous, dans votre département en Gironde aujourd'hui. Le président de la République lui était venu fin juillet. On était alors au cœur des incendies. Est-ce que là, avec un tout petit peu de recul, d'après vous, l'État a été au rendez-vous et a pleinement pris conscience de ce qui s'est passé ?

7:18
Jean-Luc GLEYZE

L'État a déployé une cellule d'aide aux victimes qui a évidemment été utile. L'État a amené un certain nombre de moyens aériens assez conséquents, y compris de moyens au sol avec des militaires, etc. Mais le vrai sujet, c'est celui que vous venez d'évoquer, c'est la question de la prévention en amont. Nous devrions pouvoir éviter qu'un incendie comme celui-ci prenne l'ampleur qui a été la sienne. Or, ce que nous savons, c'est que le temps nécessaire aux moyens aériens avant qu'ils arrivent est trop tardif et qu'il faudrait impérativement qu'ils puissent intervenir très vite.

L'incendie actuel sur les Landes est un incendie qui a relativement évolué rapidement, mais qui a pu quand même être un peu contenu parce que les moyens aériens étaient présents sur le massif des Landes de Gascogne. Donc, moi, je reste convaincu que la question de la prévention est fondamentale et qu'il faut, à ce titre, que l'État ne soit pas dans le déni, mais constate qu'il n'y a pas suffisamment de moyens aériens en France et qu'il faut qu'ils soient beaucoup plus puissants et qu'ils puissent larguer en nocturne.

8:13
Présentateur

D'un mot, la canicule, la sécheresse, les méga-feux, on le sait, malheureusement, ça va se répéter à l'avenir. L'an prochain, on vote pour la présidentielle. Est-ce que ce dossier du réchauffement climatique doit enfin être au cœur du débat des programmes ? François Hollande était en Gironde il y a quelques jours. Il sera possiblement candidat l'année prochaine à l'Élysée. Il faut que ces questions soient vraiment au cœur de ce qu'on va nous promettre pour l'an prochain ?

8:38
Jean-Luc GLEYZE

Écoutez, c'est l'ouverture du courrier que nous avons adressé au président de la République avec mon collègue Deslandes et ma collègue du Lot-et-Garonne. Ce que nous disons, c'est que nous sommes déjà dans le monde d'après, c'est-à-dire le monde des canicules, le monde des incendies, des méga-feux, le monde des inondations aussi. Je rappelle que nous avons connu d'importantes inondations en février dernier. C'est le monde aussi des tempêtes exceptionnelles, 99, 2009, deux tempêtes qui ont marqué le massif des Landes de Gascogne. Oui, nous sommes dans le monde d'après.

Et oui, la question évidemment des transitions environnementales est aujourd'hui un sujet qui doit être au cœur d'une campagne présidentielle parce que nous ne pouvons pas éviter ce sujet-là qui aujourd'hui met en péril des biens et des personnes.

9:15
Présentateur

Merci Jean-Luc Glez.