Aller au contenu
Tous les transcripts
interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 15 septembre 2026 23 min

Pour qui voteront les électeurs du bloc central ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:05

Et à 7 mois de la présidentielle, la difficile équation du bloc central et de ses électeurs sans candidat clairement lancés à droite et chez les sociodémocrates avec un président de la République qui ne se représente pas

0:18

qui ont voté Macron en 2017 et 2022. Pour en parler, nous sommes avec Françoise Degoy. Bonjour, François. – Bonjour, pas trop de souris. – Merci d'être là. – Je me dis qu'est-ce qu'un électeur d'Emmanuel Macron Yves Tréhard, on est ravis de vous retrouver pour cette saison Yves, directeur adjoint de la rédaction du Figaro et Brice Socol, politologue et essayiste. Françoise brûle d'impatience de savoir. Brice, on commence avec vous, les électeurs d Emmanuel Macron. Les électeurs d'Emmanuel Macron, donc ceux qui ont voté pour Emmanuel Macron en 2017 et en 2022, qui se retrouvent donc sans candidat puisqu'Emmanuel Macron ne peut pas se représenter, est-ce qu'ils sont un ensemble homogène, clairement identifiable ? Qu'est-ce qu'on met derrière le terme électeur de Macron ?

1:02

Vous vous souvenez lorsque Emmanuel Macron a lancé sa campagne, c'était et de droite et de gauche. C'est-à-dire que l'électeur qui est allé chercher, les électeurs, ils allaient des sociodémocrates jusqu'aux libéraux. Donc c'est un socle qui était très large en 2017, qui s'a moindri progressivement en 2022. Aujourd'hui, où sont ces électeurs-là ? Vous en avez à peu près dans les sondages d'opinion que l'on fait un petit peu avec Frédéric Dhabi, vous en avez aujourd'hui 35 % qui se disent voter éventuellement pour un candidat du Bloc central. Alors, les héritiers d'Emmanuel Macron, entre guillemets, vous en avez deux, vous avez Édouard Philippe, vous avez Gabriel Attal, après on pourra parler évidemment des nuances. Vous en avez à peu près 23-24 %

1:41

qui se disent tentés par un vote plus à droite, plus traditionnel, c'est-à-dire peut-être un vote revenir de là où ils sont partis, c'est-à-dire chez les républicains, autour de ce que peut représenter M. Retailleau aujourd'hui. Vous en avez 22-23 % qui se disent vouloir absolument voter cette fois pour un candidat social-démocrate. Alors est-ce que ce sera M. Bluxmann ou un autre ou François Hollande, on verra à la fin de l'année. Et puis vous en avez à peu près 15%, 15-16 % qui sont vraiment, eux, les déçus du macronisme, qui se disent, nous, on ne votera ni pour un camp modéré de droite, ni pour un camp modéré de gauche, on aura un vote beaucoup plus radical. – Voilà, et on voit, c'est une étude de la Fondation Jean Jerez qui corrobore, peu ou prouce que ce que vous nous dites,

2:25

évidemment, Brice Socol, sur la répartition des Les électeurs de Macron, 35 % vers le bloc central, 27 % vers la droite, 23 % vers la gauche. Et puis alors il y en a 15 qui se disent désabusés. On va évidemment parler de tout ça avec que vous. Françoise, Emmanuel Macron, il a été élu comme le rappelait Brice sur la promesse du « en même temps », un peu la promesse de Valéry Giscard d'Estaing, rassembler deux Français sur trois. Est-ce qu'aujourd'hui, selon vous, le bilan d'Emmanuel Macron, dix ans après, on est sur un électorat de droite ou un électorat de gauche ? – D'abord, le macronisme, ça n'existe que parce qu'Emmanuel Macron existe. Donc je pense que la réalité, c'est qu'on ne peut même plus parler de macronistes.

3:09

Ensuite, Emmanuel Macron, il a fait la démonstration profonde de ce merveilleux adage que connaît très bien Yves Traer et Brice d'ailleurs de François Mitterrand, le centre n'est ni de gauche ni de gauche, point Donc Emmanuel Macron, dès les premiers instants, est parti sur une politique de droite, de plus en plus de droite, avec des clins d'œil assez affirmés à l'électorat de Marine Le Pen, avec un premier ministre après la La tempête et la folie générale de cette dissolution, c'est un espèce de trou noir dans lequel finalement la politique française a plongé. C'est vraiment la dissolution qui plonge la politique française dans ce trou noir avec tout ce que ça comporte et bien on a même vu son premier ministre dire je comprends

3:50

le sentiment de submersion avec des mots qui appartiennent au rassemblement national Emmanuel Macron je ne sais pas où iront ses électeurs la réalité si vous voulez c'est que tout le monde pense qu'il peut pêcher dans ce rivage là et c'est hallucinant en réalité de voir moi je prends François Hollande que je connais tellement bien et qui d'ailleurs c'est des liens amicaux que j'ai avec ce président que j'ai toujours défendu face à Yves Tréard à l'époque nous faisons des des débats, quand le quinquennat de Hollande se noyait. Je défendais l'indéfendable, il faut quand même le dire. Il avait très souvent raison, Yves Tréhard. Et la réalité, si vous voulez... Quand même, je l'admets, j'ai le droit d'admettre après. Mais la réalité, si vous voulez de François Hollande,

4:27

on a un président de gauche le dernier des présidents socialistes qui part complètement, quasiment à droite TVA sociale, François Fillon retraite à 63 ans parce qu'il pense qu'il peut aller pêcher dans ses électeurs désabusés. Vous avez Raphaël Glucksmann qui fait exactement la même chose. Rapprocher le net du brut, c'est des tabous à gauche. Il le fait parce qu'il dit je vais aller pêcher dans ces électorats-là. Je pense que moi, c'est une erreur. Je pense que chacun va retrouver son camp. Je Je crois que sa famille, je pense que le macronisme nous semble, je finis par Yves, je sais que c'est un peu long, mais nous sommes dans une présidentielle vraiment de rupture parce que nous sommes dans une présidentielle où le président ne peut pas se C'était le cas en 2007,

5:08

c'est le cas désormais en 2027. Je pense que tout le monde va rentrer à la maison. Mais est-ce que du coup, il n'y a pas une forme de paradoxe ? Est-ce qu'après 10 ans d'Emmanuel Macron, le bilan, ce n'est pas une réactivation du clivage droite-gauche, là où il voulait effacer ce clivage. Et dans le même temps, un centre 3 et un centre gauche qui sont, sur certains points, assez solubles. Oui, on va voir. Non mais c'est vrai qu'il y a une réactivation du sang... C'est vrai, l'analyse de François Zéjuste. Le macronisme, c'est-à-dire ce et de droite et de gauche a disparu et disparaît avec Macron. Donc chacun revient, enfin beaucoup reviennent à leurs premières amours, c'est-à-dire la droite républicaine, la gauche républicaine, tout ça. Simplement, aujourd'hui, le paysage est éclaté.

5:53

Est-ce que tout ça va rentrer dans son lit ? Je ne sais pas. Il y a une tripartition du paysage politique français maintenant depuis depuis la dissolution alors c'est beaucoup plus marqué mais depuis on va dire que macron est ici et président de la république est-ce que cette répartition va perdurer ? C'est la grande question. Si cette tripartition continue de la vie politique, on peut dire que la France va continuer à s'enfoncer dans une c'est une crise difficile à régler parce qu'un trouple ça ne marche jamais, un ménage à trois ça ne marche jamais.

6:32

Il y a toujours Yonad Chourin qui, évidemment, est jaloux. Donc, il y a cette incertitude. Est-ce que l'élection présidentielle va permettre au clivage gauche-droite de revenir au centre du jeu, ou pas. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, si on regarde la campagne présidentielle, les deux extrêmes du paysage politique, alors je vais fâcher tout le monde, mais de l'arc républicain, je suis désolé parce qu'ils sont à l'Assemblée nationale et les uns et les autres, eh bien, ils sont très forts. L'extrême-droite est très forte et l'extrême-gauche a une dynamique.

7:16

C'est évident qu'elle a une dynamique. Donc ça réduit la possibilité à ceux qui sont au milieu de pouvoir exister. Et c'est bien le problème. Donc, c'est un bloc central affaibli ? Un bloc central large, c'est-à-dire droite-gauche. Regardez, vous prenez chacun des candidats... Alors, je ne vais pas les prendre tous, parce qu'il y en a beaucoup, et ça serait des obligeants pour eux. Mais disons, on va prendre Glucksmann, Retailleau, Philippe et Attal. Je vois pas tellement de dynamique chez eux, je serai sous votre contrôle. Aucun vrai dynamique. Moi, je partage votre avis, c'est qu'on va revenir dans du droit de gauche. Mais attention parce qu'en fait, dans une droite de gauche, de radicalité. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, moi, je travaille beaucoup sur les récits

8:00

et les deux récits qui imprègnent majorité des Français. C'est la radicalité. C'est le récit de la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon, qui est en campagne depuis 2017. Et c'est le récit de cette France souverainiste de Marine Le Pen, elle aussi en campagne depuis très longtemps. Et donc souvent, quand on regarde les autres pays européens, quand... Vous savez, on dit souvent, on a parlé des coalitions. Coalitions en Allemagne, aux Pays-Bas, en Italie à droite et à gauche. Quand les coalitions centrales, centristes, ont gouverné pendant 10 ans, pendant 15 ans, elles ont laissé place à quoi ? Elles ont laissé place aux radicalités. Parce que le clivage droite-gauche traditionnel des partis que représentaient le Parti Socialiste ou les Républicains se sont étiolés et ont disparu.

8:40

Et vouloir refaire aujourd'hui une politique de bloc en disant pour lutter contre le Rassemblement national et les filles, on va rassembler ce grand bloc central qui d'ailleurs n'ont pas les mêmes valeurs, n'ont pas le même programme n'ont pas les mêmes solutions, ça ne fonctionnera pas. Et souvent, les radicalités gagnent la bataille du récit avant de gagner les élections. Et on le voit bien sur les thématiques, la thématique de l'insécurité, la thématique du pouvoir d'achat, la thématique de l'immigration, la thématique de la dette. Elles sont imposées aujourd'hui à la fois par l'extrême gauche et par l'extrême droite. Et donc on voit bien que c'est… – Vous avez les trois dernières semaines ? – Bien sûr. – Trois dernières semaines, on a commencé avec le port du Boile,

9:17

on a continué avec la Bayard, et là on est avec la préférence nationale. – Oui, et on est avec l'avis cher imposé par Jean-Luc Mélenchon aussi, alors que c'est le premier thème de campagne de Marine Le Pen, je suis tout à fait d'accord avec ce que vous dites, en gros si on devait résumer pour reprendre une phrase célèbre, Jean-Luc et Marine Le Pen, c'est deux TGV lancés à grande vitesse. Et si vous voulez, il n'y a rien au milieu pour faire dérailler les trains. Et c'est ça le sujet, si vous voulez. Le sujet, c'est que ça n'est pas audible. Donc comment arriver à trouver la ligne de partage entre une radicalité demandée par les Français ? C'est-à-dire, en gros, pourquoi est-ce que les Français ne sont pas radicaux pour être radicaux ?

9:54

Ils disent, en gros, les gars, ça fait 40 ans que vous gouvernez sur des compromis. On s'arrange avec la mondialisation, on gère tous les désagréments, on met un peu de rapport de force, mais on est quand même vachement bien élevé. On ne renverse pas la table à Bruxelles. On n'arrive pas en en disant, comme Jacques Chirac, qu'est-ce qu'elle veut ? Sa chair, elle veut mes couilles sur un plateau. Je parle pas, mais c'est le président de la République. – Vous dites Jacques Chirac. – Mais il n'y a plus cela, si vous voulez. Et donc moi, je veux dire par là que devant cette eau tiède, si vous voulez, il y a le besoin d'une eau brûlante. Parce que tous les gens sont comme nous. Les gens sont comme nous, ils se disent. Mais il y a quelque chose qui est intégré, qui n'est Et personne,

10:38

aucun de cela ne peut changer ma vie. Il y a une... La réalité qui traverse ce pays, c'est le caractère impossible, l'impossibilité d'avoir une prise sur la marge du monde de la part des gouvernants qui se sont succédée. Donc, il y a une grande gueule qui s'appelle Jean-Luc Mélenchon avec sa baguette magique. La dette, je la brûle. Les loyers, je les baisse. Les salaires, je les augmente. Ça, c'est Jean-Luc Mélenchon. Et puis vous avez Marine Le Pen. Les immigrés sont responsables de tout. Le budget, la trajectoire budgétaire, crac, j'enlève. La priorité, la préférence nationale, hop, j'enlève. Avec moi, vous allez voir, il n'y aura plus d'immigrés. Et donc c'est deux choses assez C'est le sens de l'étude d'Ipsos-Sevipov.

11:20

Il y a un désir de radicalité aujourd'hui dans la société française. C'est 70 % des Français dans cet étude qui est faite sur 13 000 personnes. 70%, c'est 20 % de plus qu'il y a 5 ans, ce désir de radicalité. Ce qui est intéressant, c'est qu'ils veulent que cette radicalité s'exprime dans les urnes. C'est-à-dire qu'ils veulent un changement radical, mais ils veulent pas casser la vaisselle. Et donc, aujourd'hui... Voilà. Et de merde, l'histoire montre que c'est pas dans les périodes les plus compliquées sur le plan économique et pour la vie quotidienne des gens qu'on se révolte. Parce qu'on a pas les moyens de se révolter, on a pas les moyens de faire grève,

12:03

on a pas les moyens d'abandonner son poste de travail pour aller sur les ronds-points. Je prends une image parce que c c'est celle qui vient souvent. Donc c'est intéressant de voir ça aussi, c'est ce que d'ailleurs Mélenchon appelle la révolution citoyenne. Et ces électeurs... Pardon, on va juste écouter Gabriel Attal, ces électeurs, ces anciens électeurs d'Emmanuel Macron, ils sont évidemment courtisiens. On va écouter Gabriel Attal qui rappelle l'enjeu de ses prochaines semaines pour le Bloc central. Se rassembler et se mettre ensemble pour s'opposer aux extrêmes ça sera pas suffisant pour l'emporter je suis même pas sûr que ça sera suffisant pour être au deuxième tour il y a un monde vous avez un rassemblement de tous les candidats du bloc central

12:44

mais où ce candidat du bloc central pour autant n'est pas au deuxième tour. Parce que le cœur du sujet, ce n'est pas tant la question arithmétique de l'addition du potentiel électoral des uns et des autres, c'est la capacité à créer une dynamique en ayant un projet qui porte un espoir pour les Français. Et moi, ma crainte, c'est qu'à se focaliser sur ces questions d'appareil, ces questions d'arithmétique politique, on en perd de vue le vrai objectif qui est de parler au cœur des Français.

13:13

Moi, c'est un discours que je partage. J'ai écouté François Bayroux qui dit qu'on va refaire de la popole, on va rassembler tout ce qui est au centre, à droite et jusqu'aux socialistes. J'ai écouté Édouard Philippe qui dit qu'on va refaire l'UMP. les français n'attendent pas ça et là où il a raison c'est que les français attendent un récit et le dernier récit de rupture que moi je vois dans l'histoire de la 5ème république c'est François Mitterrand qu'on aime ou qu'on n'aime pas François Mitterrand il a un carné, quand on regardait son programme, à l'époque en 81, c'était une rupture. Et en même temps, vous vous souvenez de son slogan ? Il avait un slogan qui racontait un récit aux Français. On va changer la vie.

13:50

Si vous avez un récit que les Français peuvent comprendre en leur donnant une vision, parce qu'aujourd'hui on vit quoi ? On vit une défiance, on vit une crise de confiance et on vit un manque de projection vers l'avenir. Et je pense qu'aujourd'hui il faut arrêter d'être justement dans ces espèces de petits équilibres institutionnels, partisans, et offrir aux Français une vision thématique. Si je peux me permettre, Pitterrand avait quand même un avantage par rapport à ce qui se passe aujourd'hui, c'est qu'on était dans l'alternance droite-gauche. On avait vécu des années et des années de de gaullisme et puis de giscardisme, si je puis dire. Giscard était un ancien ministre du général de Gaulle. Tout ça, c'était la droite. Et il offrait une alternance.

14:31

Alors qu'aujourd Aujourd'hui, justement, cette alternance droite-gauche n'existe plus, sauf sous la plan de sa radicalité la plus terrible. Et le récit, d'une certaine façon, Jacques Chirac avait un récit, en 1995, la fracture sociale. – Exceptionnelle. En Amigine, en fait, il amorce sa remontée. – Voilà, il n'a pas eu sa promesse après, c'est ça le problème. – Bien Là, le sujet, c'est que le récit est de l'extrême droite et de l'extrême gauche. Moi, je suis désolé, je vais le dire comment je le pense. C'est un récit qui nous emmène dans le mur, de toute manière. Oui, bien sûr.

15:11

Ce qui me fait marrer, c'est de voir Gabriel Attal porter ce genre de discours. Il ne porte rien du tout. C'est intéressant que ce soit lui qui le porte. Je ne dis pas qu qui propose qu'il ait une offre politique intéressante, c'est que néanmoins, il a une observation de la politique intéressante. Tout le monde observe cela, je veux bien qu'on trouve génial... Les autres l'ont pas dit. Ils l'ont pas dit, mais tout le monde observe ceux-là, enfoncer les portes à ce point. Il fait partie, Gabriel Attal. Il a participé de cette comment dirais-je, dégradation de la politique. Excusez-moi de vous le dire. Nous sommes avec une une génération qui n'a jamais travaillé sur le fond. Nous sommes avec une génération...

15:53

Vous avez un jeune homme qui s'appelait Emmanuel Macron qui a complètement, à mon avis, gâché ses changes. Il avait le pouvoir avec ce qu'il était, sa culture, sa vision de tout changer. Il n'en a rien fait. Il s'est entouré de jeunes sabras comme Gabriel Attal. Le macronisme, c'est Gabriel Attal. C'est la com 2 .0. Il n'y a aucun fonds, aucune substance. Moi, je veux bien que Gabriel Attal ait grandi, mais je n'y crois pas une minute. Et d'ailleurs, les Français n'y croient pas une minute. Quelle est la densité ? Venir au 20h et dire « Oh là là, la Bayard », super. Aller sur des bottes de foin quand il est premiers ministres pour dire « Je vais révéler le problème ». La folie générale communicationnelle qu'il a complètement emportée sur ce dont parle Brice, ce dont parle Yves,

16:38

ce dont nous parlons nous tous les éditorialistes politiques. La vision, vous appelez ça le récit ? La vision. Ce truc au moment de voter où vous dites « Je vais où avec cette personne ? » ce moment intime où vous allez voter, cette chose-là, eh bien le Bloc centrale, pas plus que la social-démocratie. Écoutez, j'écoute Raphaël Guzman, je l'aime bien, mais j'ai déjà suivi sa campagne aux Européennes, la République écologique, il faut un cap clair, mais tout le monde s'en fout en fait. Il reste à 10, à Attal est à 8, Édouard Philippe est à 17, François Hollande est à 7. Est-ce qu'ils ne comprennent pas que quand les électeurs d'Emmanuel Macron, aujourd'hui ils n'ont pas de candidat qui porte une vision ? Personne n'a de candidat, même à gauche.

17:19

Demandez à un socialiste, Raphaël Guzman, s'il n'y a que ça en magasin. Quand Yves dit qu'il n'y a aucune aiguille qui bouge, ils devraient tous être alertés sur ce fait qu'il n'y a aucune aiguille qui bouge malgré le torrent de couverture médiatique pour les uns et pour les autres. Non, le problème c'est que, si vous voulez, ils sont tous plombés aussi par leur expérience ministérielle, c'est-à-dire qu'ils ont tous été, de près ou de loin, ils sont considérés par les Français comme des les héritiers d'Emmanuel Macron. Et ceux qui veulent essayer de revenir, ce sont des has-beens, finalement, pour beaucoup de Français. François Hollande, en dépit de tout le talent qu'il a, Ségolène Royal, pareil.

18:01

Elle a un discours très marqué, très incarné. Et à droite, si vous voulez, Bruno Retailleau, personne n'a compris. Il veut re-rompre avec le macronisme, mais il a quand même été un des ministres de Macron. Donc le seul qui, en dehors de... Alors moi, je vais dire celui qui a une offre politique incroyable incroyable non non c'est jean-louis borloo ah oui je suis assez d'accord c'est ça qui est incroyable c'est que c'est quelqu'un qui est loin maintenant du du cercle électoral, je dirais, et qui, lui, a une vision de la France qui est précise. Tout réparer, tout reconstruire, moi j'ai entendu Borloo. On va écouter François Hollande.

18:46

Il était l'invité ce matin de la matinale d'Erkiel. On l'écoute Ça nous manque. J'ai déjà été président, vous l'avez rappelé, j'ai exercé des fonctions dans une période qui était déjà très difficile, mais je ne suis pas dans l'idée de construire une vie politique aujourd'hui dans les 10 ou 20 prochaines années, je rassure les auditeurs. Donc si une candidature, vous évoquez ce qui va se passer dans la primaire, si une candidature émergeait, si elle portait les idées qui sont aujourd'hui celles que j'avance, mais pourquoi serais-je donc candidat ? – Bon, il ne ferme pas non plus complètement la porte. François Hollande, c'est lui à une candidature –

19:29

Ah pas du tout, une candidature à lui, bien sûr. – À lui, bien sûr. – François Hollande. – Non mais c'est quand même lui qui a contribué à fabriquer politiquement Emmanuel Macron, François Hollande. Est-ce qu'aujourd'hui il peut être un recours pour ses électeurs Non, François Hollande, il est merveilleux. C'est quelqu'un qui est considéré comme un très grand stratège. Il est d'une intelligence absolue. Mais c'est quand même quelqu'un à qui tout a échappé toujours. 2006, il met Ségolène Roya dans la primaire pour emmerder Dominique Strauss-Kahn et amphibus, paf, la créature lui échappe. 2016, il met Emmanuel Macron, je me souviens, nous on se succède dans un quand même, c'est Emmanuel Macron, il a quand même beaucoup d'habitants, mais non, vous ne comprenez rien.

20:04

Hop, la créature lui échappe, il ne peut même pas être candidat. Là, il manipule François Hollande. Sa geste politique, c'est toujours d'être l'homme le plus riche du cimetière. Alors la façon gentille, c'est de dire ces deux plus petits dénominateurs communs. La façon réelle, c'est l'homme le plus riche du cimetières généralement un cimetière qui l'a contribué à créer aussi il a à la fois croque-mort il fait des tombes et à la fois il tire le bénéfice je vois bien ce qu'il fait mais c'est en train encore de lui échapper imaginez bien que le 18 ou le 19 octobre que ce soit Raphaël Guzman, Olivier Faure ou Ségolène Royal, la personne qui est désignée a un tel élan vous ne vous rendez pas compte on ricane avec l'EPS mais vous savez ce que c'est

20:44

la machine du parti saliste c'est des centaines d'élits locaux, c'est les maires des plus grandes villes, c'est 70 députés, c'est 40 ou 50 sénateurs, c'est une machine de guerre budgétaire énorme. Vous pensez vraiment que le candidat ou la candidate désignée va dire excusez moi je suis qu'à 8 % passe et viens François t'es tellement plus intelligent ça existe même pas

21:12

ça arrive ? Ah bah oui, une primaire. Je pense que... C'est pas trop tard ? C'est pas trop tard ? Bah ils peuvent pas s'en sortir autrement parce que soit effectivement Edouard Philippe creuse l'écart mais je pense pas qu'un sondage donne une légitimité je crois et je pense qu'il serait beaucoup plus... Il gagnerait justement en persuasion de l'électorat, en profondeur et en légitimité s'il y avait une primaire, même pour lui, Edouard Philippe. C'est ce qu'il n'a pas compris. Et en la refusant, ça veut dire qu'il a peur. Comme François Hollande qui a peur. Un dernier mot. Ce qui est intéressant, c'est qu'en fait, on voit bien que les partis politiques traditionnels sont extrêmement affaiblis, même que ce soit Lepès ou que ce soit les Républicains. Le bloc central n'a

22:05

été hors-partie. Hors-partie, moi je ne l'excuse pas. Vous voyez quand Jean-Louis Borloo s'exprime, quand Xavier Bertrand s'exprime, quand François Hollande s'exprime. Il y a des choses intéressantes. Donc est-ce que le candidat du mois de décembre sera celui que l'on connaît, ceux qu'on connaît aujourd'hui ? Ou Sébastien Le Corne ou Sébastien Le Corne. C'est le pari de François. On aura l'occasion d'en parler. Merci à tous les trois. Merci à tous de nous avoir suivis. Très bonne journée, à