"Personne ne débranchera Glucksmann" : Raphaël Glucksmann face à Thomas Sotto sur RTL
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:21OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous avez dit quand vous avez découvert cette une ?
- 1:23OuverteRéponse directe
On s'interroge sur votre motivation profonde : envie d'exercer le pouvoir ou peser sur les débats ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Pour être entendu des Français, il faut aller les voir, aller au contact. Vous aimez ça ?
- 3:48FerméeRéponse directe
Est-ce que vous êtes prêt à participer à une primaire de la gauche non-mélenchoniste ? Oui ou non ?
- 5:06FerméeRéponse directe
Faudra-t-il un front républicain face au RN pour les municipales ?
- 5:15OuverteRéponse directe
C'est quoi les frontières de votre front républicain ? RN et LFI ou strictement RN ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« personne ne débranchera Glucksmann »
- 0:36Invité politiqueFait
« une lutte qui vise à éviter que la France bascule dans le camp d'Orban, de Poutine, de Trump en élisant un président du Rassemblement National »
- 1:53Invité politiquePromesse
« nous n'avons pas le droit de rater le rendez-vous avec 2027 »
- 2:51Invité politiqueFait
« un policier dans les Yvelines me dit qu'il a interdit à ses enfants de dire qu'il était policier à l'école pour éviter qu'ils subissent des brimades »
- 2:57Invité politiqueFait
« un agriculteur en Ardèche me confie qu'il a fait jurer à son enfant de ne pas reprendre l'exploitation familiale pour ne pas vivre sa vie de fatigue et de misère »
- 5:27Invité politiqueFait
« il n'y aura pas d'accord avec la France insoumise. C'est impossible »
- 6:16Invité politiqueFait
« On a fait le choix en France de surtaxer le travail et de moins taxer le capital, les retraites, l'héritage. Eh bien, c'était une erreur fondamentale »
- 6:32Invité politiqueFait
« Et des accords de branches qui permettront d'augmenter les salaires en échange de cette baisse »
- 9:03Invité politiqueFait
« quand vous avez l'ensemble des services de sécurité européens qui vous disent qu'une guerre arrive sur le sol de l'Union européenne potentiellement dans les années qui viennent, il faut les prendre au sérieux »
- 10:07Invité politiqueFait
« il y a un rapport des services secrets qui vient de sortir qui montre à quel point ils instrumentalisent le conflit à Gaza, la guerre à Gaza pour monter les Juifs contre les musulmans dans notre pays »
Temps de parole
- Raphaël Glucksmann74 %
- Présentateur19 %
- ?6 %
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Il est 7h42. Thomas Soto, RTL Matin. Il est député européen et co-président de place publique Raphaël Glucksmann, et donc l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL.
Bonjour Thomas Soto.
La vie politique est décidément bien cruelle. Il
y
a quelques jours encore, vous étiez la star montante de la gauche anti-Mélenchon. Un débat raté sur LCI plus tard, vous faites la une de l'hebdomadaire Marianne avec ce titre « Faut-il débrancher Glucksmann ? » Qu'est-ce que vous avez dit quand vous avez découvert cette une
? Je
me suis dit que vraiment tout ça n'était pas au niveau et je me suis aussi dit que personne ne débranchera Glucksmann, personne ne me débranchera de la lutte que j'ai lancée, une lutte qui vise à éviter que la France bascule dans le camp d'Orban, de Poutine, de Trump en élisant un président du Rassemblement National, une lutte contre l'extrême droite. Vous savez, il y en a beaucoup, alors chez mes adversaires politiques, mais aussi certainement dans ma famille politique, qui passent leur temps à taper sur moi. Moi je passe mon temps à lutter contre l'extrême
droite. Et je ne me trompe pas de priorité. Mais
personne ne
me débranchera de cette quête
d'une France qui renoue avec sa grandeur, qui renoue avec son esprit de liberté et de conquête, qui fait face à ses responsabilités historiques et qui retrouve un destin.
On
est dans un moment de bascule. Et il faut que chacun soit à la hauteur de ce moment. Et moi je ne me débrancherai pas, personne ne me débranchera.
Vous ne cochez pas les codes habituels de la politique, Raphaël Lusmane, c'est peut-être ça ce qui dérange, à force d'être obstinément différent. On s'interroge, et aussi vos amis politiques, sur votre motivation profonde. Est-ce que vous avez envie d'exercer le pouvoir ou simplement de peser sur les débats
?
Moi ce que je veux, c'est que la France renoue avec sa grandeur. Et je ne
m
'épargnerai
rien. Comme ça il y a plein
de gens qui veulent que la France renoue avec sa grandeur, et qui
ne
seront pas candidats à la
présidentielle.
Vous savez,
on
ne sait pas encore qui sera candidat à la présidentielle. Mais ce qui est certain, c'est que nous n'avons pas le droit de rater le rendez-vous avec 2027. Moi ce que je veux, c'est que mon espace politique, la sociale,
la
démocratie et l'écologie, soit la digue qui empêche la bascule. Parce qu'on n'a pas le droit de basculer aujourd'hui, pas en ce moment, pas alors qu
'il y a la guerre en
Europe. De basculer vers le camp de Trump et de Poutine. C'est ça qui nous pend au nez. Et vous savez, moi je ne me résoudrai jamais à ce que la France fasse cela. Parce que nous sommes une nation qui a un destin immense. Et ce destin c'est de défendre la liberté, c'est d'être une voix à part
dans la scène mondiale. Et cela nous ne pouvons pas le
perdre. Pour
être entendu par les Français, il faut aller les voir,
il
faut aller les toucher,
il
faut aller tâter le cul des vaches, comme disait Jacques Chirac. Vous aimez ça aller au contact ?
Et moi je passe aujourd'hui mon temps à faire cela. Et vous savez,
ce
qui me choque, ce qui me perturbe, ce qui m'ébranle et ce qui m'obsède, ce n
'est
pas les phrases des uns et des autres dans la presse. Le plus souvent d'ailleurs de manière anonyme et en off. Moi ce qui m'ébranle,
c
'est quand un policier dans les Yvelines me dit qu'il a interdit à ses enfants de dire qu'il était policier à l'école pour éviter qu'ils subissent des brimades. C'est quand un agriculteur en Ardèche me confie qu'il a fait jurer à son enfant de ne pas reprendre l'exploitation familiale pour ne pas vivre sa vie de fatigue et de misère. Moi c'est ça qui me choque, c'est l'état de notre école, c'est l'état de notre hôpital.
C'est le fait qu'on ait un
immense déclassement. Mais
vous
savez,
notre
pays est une série de cocottes minutes aujourd'hui. Toutes prêtes à imploser.
Et
il y a la nécessité de prendre la mesure de cela. Et c'est ça qui m'habite moi. C'est ce que me racontent les Françaises et les Français sur l'état de leur pays, sur leur tristesse aussi face à ce qui est devenu la France. Et rien, rien ne compte plus que cela à mes yeux.
Bon, mais pour tout ça, il faudra être élu, que ce soit vous ou quelqu'un d'autre de votre famille ou d
'une
autre famille, en 2027. On va être très concret, très précis. Est-ce que vous êtes prêt, le cas échéant, à participer à une primaire de la gauche non-mélenchoniste ? C'est
-à
-dire en gros des écologistes socialistes. Oui ou non ?
Non.
Ça c'est non. Fermement définitivement.
Mais c'est non définitivement. Je l'ai dit 50 000 fois. Déjà, pour une raison simple, c'est que le périmètre de cette primaire n'est pas du tout clair. Quand vous consultez les gens qui sont pour, ils vous expliquent que oui, pourquoi pas Jean-Luc Mélenchon ? Moi je vous le dis très simplement. Je ne
suis
pas un menteur. Je ne
suis
pas un politique comme les autres. Je ne signe pas un bout de papier pour ensuite trahir. Donc, si vous acceptez que Jean-Luc Mélenchon participe à une primaire, ça veut dire que vous acceptez
que vous pouvez vous ranger derrière. Là, je n'ai pas eu une primaire
sans Mélenchon. Et derrière, ensuite, ce qu'il faut, ce n
'est
pas que la gauche démocrate sans Jean-Luc Mélenchon se parle à elle-même constamment. C'est ça qu'elle fait tout le temps. Et donc quoi ? Ça veut dire que Jean-Luc
Mélenchon... Vous n'êtes quoi ? Vous n
'êtes
ni de gauche ni de droite
? C'est le nouveau
Macron, Glucksmann ? Moi, je vous parle depuis la gauche, mais
je
vais vous dire. Jordan Bardella, donc à l'automne, là, Jordan Bardella fera campagne et parlera aux Français. Jean-Luc Mélenchon fera campagne et parlera aux Français. Et nous, qu'est-ce qu'on fera ? S'il y a cette primaire, on se parlera entre nous. Ce n
'est
pas la bonne solution. Moi, ce que je veux,
c'est que nous soyons,
non pas premiers à
gauche, mais que nous soyons
au
second tour
pour lutter contre l'extrême droite et que nous puissions exercer les
responsabilités, gagner les élections
et prendre le pouvoir. Prendre le pouvoir pour redresser la France et changer
la vie des Français. C'est ça qui
compte.
Pour les municipales,
c
'est dans 100 jours, comme nous le rappellent ce matin, la Montagne ou encore le Télégramme. Faudra-t-il un front républicain
?
Oui ou non
?
Face au RN ? Oui. Quand il y
aura
un deuxième tour face au RN, oui, il faudra un front républicain.
C'est quoi les frontières de votre front républicain ? C'est RN et LFI ou c'est strictement RN ?
La menace, c'est la prise du pouvoir par l'extrême droite. Moi, j'ai toujours été extrêmement clair depuis deux ans, je le répète tous les jours, il n'y aura pas d'accord avec la France insoumise. C'est impossible.
Mais en cas de deuxième tour, RN et
LFI, vous voterez LFI
?
Déjà, il n
'y
aura pas de deuxième
tour. Si, il y a des municipales, il y
aura des... De toute façon, je voterai contre le Rassemblement national. Mais si c'est la droite qui est face au Rassemblement national, je voterai pour la droite. D'accord. Donc en fait, moi, je voterai contre l'extrême droite tout le temps. Tout le temps.
C
'est
aussi simple que ça. C'est la droite
qui est contre LFI. Je ne
sais
pas où. Bah si. Dites-moi, dites-moi.
Il y a 36 000 communes.
Enfin, ce qui est certain, c'est que moi, je ne ferai pas d'accord avec LFI. Je peux le répéter 50 000 fois pour que ce soit clair pour tout le monde. Bon.
La préoccupation du quotidien des Français, c'est le pouvoir d'achat. À quelques semaines des fêtes de Noël de fin d'année, comment redonner du pouvoir d'achat aux Français ? C'est quoi la méthode Glucksmann
? C
'est les salaires. En France, les salaires sont trop bas. On a fait le choix en France de surtaxer le travail et de moins taxer le capital, les retraites, l'héritage. Eh bien, c'était une erreur fondamentale. Il faut à nouveau qu'en France, on puisse vivre dignement de son travail. Donc, l'enjeu numéro un, quel que soit le camp qui gagne les élections, c'est de faire en sorte que les salaires augmentent.
Donc, moins de charge
sur les salaires et peut-être plus d'impôts pour compenser de l'autre côté ?
Et des accords de branches qui permettront d'augmenter les salaires en
échange de
cette baisse.
Plus d'impôts d'un côté pour ceux qui peuvent, pour les plus fortunés, et moins de charges sur les salaires ?
Oui, et pas simplement pour ceux qui peuvent. Déjà, en commençant par ceux qui peuvent, mais ensuite, en posant les questions de, par exemple, les retraites.
Et
il faudra une réforme des retraites, soyons très clairs. Mais, ce que je veux dire là, c'est que l'enjeu numéro un, ce qui fait la faiblesse de notre démocratie aujourd'hui et de toutes les démocraties occidentales, ce qui explique la montée du populisme, c'est le fait que la grande promesse qui avait assuré le progrès dans nos démocraties n'est plus tenue. C'était la promesse d'améliorer ses conditions de
vie
par le travail. Ça doit être ça, notre obsession.
Vous évoquez le mot retraite. Aujourd'hui,
il
va y avoir un vote important sur le volet recette du budget de la Sécu. Si le budget de la Sécu n'est pas voté, il n
'y a
pas de suspension de la réforme des retraites. Sur le budget de la Sécu, sur le PLF, sur le loi de finances, qu
'est
-ce que vous dites ? Il faut un budget coûte que coûte, même s'il ne nous plaît pas, mais il faut un budget. C'est votre ligne, ça ou pas
?
Sur le PLFSS, c
'est
-à
-dire
sur la Sécu, il y a un compromis qui s'exquise. Et moi, vous savez, je sais que c'est un gros mot en France, le compromis, mais je suis pour que ce compromis fonctionne. Et je salue d'ailleurs ce que font les députés socialistes et places publiques qui entrent dans cette logique de compromis pour essayer de faire en sorte que les dépenses de santé ne soient pas la variable d'ajustement.
Il faut voter ce PLFSS. Et donc, il
faut
le voter. Et le PLF,
il
faudra le voter aussi ? S'il y
a
un accord, alors là, franchement, c'est bien trop tôt. On est déjà dans une situation complètement instable à cause de beaucoup de jeux de posture des uns et des autres sur le PLFSS, mais il y a un chemin. Et je pense qu'en fait, la France doit apprendre à faire des compromis. Vous savez, moi, le soir du 7 juillet 2024, quand il y a eu le résultat des élections législatives, je me suis fait tomber dessus par tout le monde parce que j'ai dit une chose simple. Personne n'a la majorité. Personne n
'a
la majorité. Donc, il va falloir faire des compromis. Et dans n'importe quel autre pays européen, eh bien, il y aurait eu depuis longtemps des compromis établis. Et en France, on n'arrive pas à le faire. Donc, j'en viens, moi, parfois à me dire que les Français ont raison quand ils pensent que leur classe politique est le principal problème de leur nation.
Je voudrais qu
'on
se dise quelques mots du service militaire. Est-ce qu'on est au bord de faire la guerre en France et en Europe ? La voix du Nord titre, en Europe, le grand retour du service militaire. Vous êtes favorable, vous, à ce qu'a annoncé Emmanuel Macron, mais est-ce qu'il ne
faut
pas le rendre obligatoire, ce nouveau service militaire
?
Déjà, il faut prendre la mesure de la gravité de la situation. Vous savez, quand vous avez l'ensemble des services de sécurité européens qui vous disent qu'une guerre arrive sur le sol de l'Union européenne potentiellement dans les années qui viennent, il faut les prendre au sérieux. Donc, oui. Donc,
il y a un vrai risque de
guerre.
Oui, il y
a
un risque de guerre. Oui, il y
a
un risque que Vladimir Poutine envahisse un pays membre de l'Union européenne et de l'OTAN. Et donc, ça, il faut le dire et il faut en prendre conscience.
Il
ne
faut
pas mettre la tête dans le sable. Il y en a marre du bal des autruches. Donc, tout ce qui permet de renforcer la défense de la France, je prends. Donc, oui au
service militaire.
Oui au service militaire.
Obligatoire ou
pas ? Oui au service militaire volontaire proposé par Emmanuel Macron. Mais ce n'est pas assez. Parce que nos ennemis exploitent d'abord une chose. Une chose. La faiblesse de notre cohésion nationale. Et donc, ce qu'il faut, c'est un service civique obligatoire et universel pour que chaque jeune Français puisse donner de son temps et de son énergie à la nation entière. Ça, si les Russes attaquent, ce n
'est
pas le service civil qui va nous défendre. Mais vous savez comment les Russes attaquent ? Ce n
'est
pas simplement des tanks dans les rues de Strasbourg. Ce n
'est
pas ça la menace immédiate. La menace immédiate, c'est les attaques qu'on appelle hybrides. C'est-à-dire la tentative de déstabilisation de notre nation. Ils identifient les failles de notre pays et ensuite, ils mettent du sel dessus et ils tentent de le déstabiliser. C'est ce qu'ils font. Là, il
y
a un rapport des services secrets qui vient de sortir qui montre à quel point ils instrumentalisent le conflit à Gaza, la guerre à Gaza pour monter les Juifs contre les musulmans dans notre pays. Et donc, ce qu'il faut, c'est qu'on refasse nation. Donc la guerre n'est pas seulement une question de militaire aujourd'hui, ce que vous dites. Non, c'est une question citoyenne et c'est la cohésion d'une nation qui permet sa résistance. Vous savez, quand un jeune qui naît à Trappes, dans les Yvelines et un jeune qui naît dans le 7e arrondissement de Paris et un jeune qui naît à Montgobert dans l'Aisne ne se croise jamais dans leur existence, vous ne faites pas nation. Évidemment, mon obsession,
mon obsession, c
'est que nous fassions nation à nouveau. C'est qu'on fabrique à nouveau des citoyens dans notre pays. C'est qu'on reprenne le métier à tisser de la France, Thomas Soto.
Merci beaucoup, Raphaël Glucksmann, d'être venu ce matin.
Sous
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MFP.
Raphaël Glucksmann