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interviewC à vous· 4 octobre 2024 52 min

Michel Blanc, acteur populaire aux choix éclectiques - C à vous : l’intégral - 04/10/2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h avec l'équipe. Mohamed nous rejoint dans un instant.

Il revient sur le conflit du Proche-Orient et sa difficile couverture par les médias du monde entier. On rend hommage à M.Blanc, dont on a appris la disparition brutale à 72 ans.

On traite de politique avec l'édito de P.Cohen. - P.Cohen: Je vais revenir sur une histoire qu'on vous a racontée déjà ici, qui vient de connaître son épilogue: le dernier territoire colonisé de l'océan Indien va être rendu à ses autochtones et à l'Etat mauricien. - A.-E.Lemoine: C'est forcément un sujet qui intéressera notre invité, historien et professeur au Collège de France, P.Rosanvallon.

Vous signez un essai sur les institutions invisibles pour expliquer comment faire fonctionner une démocratie. Ca n'a jamais été autant d'actualité depuis, entre autres, la dissolution, entre un Parlement émietté et un Premier ministre à la situation particulièrement fragile. Merci d'en parler avec nous.

Lorrain? - L.Sénéchal: La Corse a été le chaos depuis plus de 24 heures.

Ca va rentrer dans l'ordre. Une grève surprise autour de l'inquiétude d'une possible privatisation des aéroports et des ports de l'île. - P.Lescure: Je vous emmène à Lyon, la rue du Premier Film, à l'Institut Lumières, à travers le dernier livre de T.Frémaux qui surveille le patrimoine à Lyon et s'intéresse au cinéma d'hier, d'aujourd'hui et de demain à Cannes. - A.-E.Lemoine: Dans la sélection "un certain regard", un film a ébloui les festivaliers.

Il s'agit de "L'Histoire de Souleymane". C'est un travailleur sans papiers...

On nous plonge dans ce quotidien. C'est porté par un comédien formidable qui est lui-même clandestin. S.Vartan est notre invitée ce soir.

Elle fait ses adieux à la scène, où elle a passé l'essentiel de sa carrière. Elle a un culot fou: c'est Marie s'infiltre. Le dîner est préparé par notre chef du jour. - B.Chameroy: Que nous préparez-vous? - Un crémeux de champignons, une tuile végétale, une tuile de parmesan...

J'ai fait un livre de recettes. - A.-E.Lemoine: L'édito de Patrick.

L'île Maurice achève enfin sa décolonisation. - P.Cohen: Evénement extraordinaire 56 ans après l'indépendance de Maurice.

L'ancienne Puissance coloniale britannique concède aux anciens colonisés sa souveraineté sur un archipel, les Chagos. Ce livre parle de ce sujet. Ces îles qui vivaient paisiblement de la pêche et du coprah ont été le décor d'un terrible drame humain dans le début des années 70: l'exil forcé de la population.

Plusieurs milliers d'habitants chassés manu militari à Maurice et aux Seychelles. Une raison: Diego Garcia, une énorme base militaire. Dans le cadre d'un accord secret, les Anglais en ont fait cadeau aux Américains. "C'est à vous".

Les Américains en ont fait une grosse base militaire et navale. Lors des guerres du Golfe et d'Afghanistan, on a beaucoup parlé de cette île parce que c'est de là que partaient les bombardiers. Les Anglais ont fait croire qu'il n'y avait personne.

Ils ont dit qu'il n'y avait pas d'habitants permanents, pas d'autochtones, seulement des saisonniers. En réalité, les Britanniques ont agi de façon épouvantable en essayant d'affamer les habitants, de leur couper les vivres et en organisant leur déportation. Il n'y a pas d'autres mots.

C'était en 72 et 73. 2500 personnes environ ont été sommées d'abandonner leurs maisons, leurs terres, les tombes de leurs ancêtres. Un témoignage a été produit il y a 6 ans devant la Cour internationale de justice de la Haye.

Il a été décisif. C'est une dame qui s'exprime en créole. Elle avait 20 ans quand elle a été arrachée de son île natale en pleine nuit. ... - P.Cohen: Elle a perdu le bébé dont elle était enceinte lors de la traversée de 4 jours qu'il l'a emmenée à l'île Maurice.

L'accord signé hier entre le Royaume-Uni et l'île Maurice prévoit, outre la souveraineté de Maurice, le retour des populations déplacées et de leurs descendants, dont sûrement cette femme. Près de 10 000 personnes sur 2 des 3 îles, Diego Garcia est restée sous le contrôle des Britanniques et des Américains pour le maintien de la base militaire. Dans ce litige, l'Etat mauricien a gagné tous ces combats devant les instances internationales, à l'Assemblée de l'ONU et devant la Cour internationale de justice de la Haye.

Cette parole bouleversante a emporté la décision de la cour. C'est après la décision des juges de La Haye que les Anglais se sont dit que c'était perdu. Il y a eu 2 ans de pourparlers.

Une accélération du processus en juillet avec l'arrivée des travaillistes au pouvoir. Ecoutez la leçon qu'en tire P.Sands, l'avocat de l'Etat mauricien. *-On voit que le droit international, ça peut servir à quelque chose. - P.Cohen: Une victoire historique.

Cet avocat est aussi l'avocat de l'Autorité palestinienne en procès contre l'occupation des territoires par Israël. - A.-E.Lemoine: Une incroyable leçon d'histoire.

Certaines nations ont décidé du sort d'autres pays et d'autres populations. Ils en ont disposé. - P.Rosanvallon: C'est toute l'histoire de la colonisation.

Comme dans la colonisation, comment s'entremêlent ou se séparent les territoires et les populations. C'est ce qui est intéressant. Des territoires et des populations avaient été séparés.

En même temps, cet exemple montre une chose intéressante: si c'était le dernier confetti de la colonisation...

En même temps se multiplient partout les confettis géopolitiques, à savoir la multiplication des bases militaires partout dans le monde sur les petits îlots. Les champions de cela, ce sont les Chinois, actuellement. Ils ne sont pas des colonisateurs.

Il s'agit à peine de quelques rochers qui dépassent de l'océan. Mais ils agrandissent ces rochers pour en faire une base aérienne, un port en eaux profondes...

Après l'âge de la colonisation, on a l'âge de la construction de ces confettis géopolitiques qui vont remodeler le monde dans le siècle qui vient. - A.-E.Lemoine: On revient à la situation politique en France.

Les élections législatives n'ont pas dégagé de majorité absolue. La France est dans une situation inédite. Hier soir, M.Barnier était bien conscient d'être sur un siège éjectable. - M.Barnier: Dans le socle législatif qui est appelé à me soutenir, il y a beaucoup de députés très proches président de la République.

Je n'ai pas de majorité relative sans eux. Il y a aussi ma famille politique qui a accepté de rejoindre. C'est ce qui fait un socle.

Je sais qu'il est minoritaire, mais il est moins minoritaire que les autres socles, celui de la gauche ou de l'extrême droite, du RN. Ce socle me donne une légitimité relative. - A.-E.Lemoine: Ca existe, une légitimité relative? - P.Rosanvallon: Non.

On a parlé de tellement de choses relatives...

La majorité relative, ça n'existe pas. Ca montre bien le sentiment d'être dans une période de flottement, l'emploi de ce vocabulaire, une période dans laquelle des repères ont disparu. Je crois que c'est aujourd'hui ce qu'on doit analyser.

Ce flottement tient aux dysfonctionnements des institutions. Les institutions sont dominées par le suffrage universel. Le suffrage universel peut être capricieux.

Ca montre qu'il ne désigne pas un choix clair. En profondeur...

Et c'est ce qui fait tout l'objet de mon travail...

C'est de montrer qu'on a tout ce qui fait le substrat souterrain des sociétés, à savoir ce qui organise la confiance, ce qui définit la légitimité, ce qui définit l'autorité. Ca fait qu'une société est droit debout et peut fonctionner. On a à la fois des institutions visibles et à la fois les institutions invisibles qui sont flottantes. - A.-E.Lemoine: Cette démocratie, si elle est flottante, c'est parce qu'elle ne s'exprime que lorsqu'il faut départager des prétendants au pouvoir.

Les électeurs ont le sentiment qu'on ne s'intéresse qu'à eux que pour trancher une compétition et qu'on les oublie juste après. C'est là où ça coince? Ca crée des frustrations, des colères et de l'abstention? - P.Rosanvallon: Un rappel historique: pendant la Révolution française, on avait une peur terrible que les élections ne soient que la compétition des ambitions, des prétentions.

L'élection, ça ne peut pas être le bal des ambitieux. Pendant les 10 ans de la Révolution française, il était interdit de se porter candidat à une élection. On pensait que c'est le voeu spontané des citoyens qui devaient désigner l'élu.

Ca a fonctionné, mais difficilement. Dans les années les plus vivantes de la Révolution, les électeurs parisiens de 2e degré votaient 180 jours par an. Tellement il y avait une peur de la procédure qui serait celle des prétentions, c'était très long.

Ca montre bien que dans la démocratie, il y a des institutions et des fonctions. La grande fonction de la démocratie, c'est de représenter le pays. Il n'y a pas que l'élection qui permet de représenter.

Quand des gens prennent la parole, quand des gens manifestent, quand des écrivains s'expriment...

Il y a toute une représentation de la société qui s'opère. Je crois qu'on gagne beaucoup à comprendre que la démocratie n'est pas simplement un jeu d'institutions, mais que c'est aussi des fonctions qu'il faut remplir. - A.-E.Lemoine: Une démocratie qui ne peut fonctionner qu'avec 3 piliers: la confiance, l'autorité, la légitimité.

Le 9 juin, en annonçant la dissolution de l'Assemblée nationale, c'est le mot "confiance" qu'E.Macron met en avant. - E.Macron: C'est avant tout un acte de confiance.

Confiance en vous, mes chers compatriotes, la capacité du peuple français à faire le choix le plus juste pour lui-même et pour les générations futures. Confiance en notre démocratie, que la parole soit donnée au peuple souverain...

Rien n'est plus républicain. Confiance en la France qui fasse à la rudesse des temps...

C'est s'unir, et pour dessiner l'avenir et non se replier ou céder à toutes les démagogies. - A.-E.Lemoine: Il martèle le mot "confiance" pour tenter de retrouver ce qu'il a perdu? - P.Rosanvallon: Les sondages indiquent que 75 % des Français ne lui font plus confiance.

Il a martelé ce mot comme si c'était une espèce d'incantation. Mais il a oublié une chose importante: de rappeler que la confiance est quelque chose qui vient d'en bas. Le problème n'est pas que le chef de l'Etat fasse confiance au pays.

La confiance et la légitimité, c'est la même chose. Personne ne peut dire qu'il est légitime. On est légitime si on est reconnu légitime.

La confiance est quelque chose qui est reconnu d'en bas. Ce sont 2 pouvoirs inaliénables de la société. Ce sont des pouvoirs d'en bas.

Si la société est défiante, ça ne peut pas être réparé d'en haut. C'est d'en bas que ça doit être réparé. Si on déclare qu'une personne peut être à la légalité, mais qui n'est pas ressentie comme légitime, qu'on ne ressent pas qu'elle représente l'intérêt général, qu'elle est au-dessus des partis, il ne suffit pas de son langage pour venir à bout de ce déficit.

C'est ce qui est inaliénable. Le peuple n'a pas simplement le droit de voter tous les 4 ans ou tous les 5 ans. Le peuple a aussi le droit à la défiance, à ne pas reconnaître la légitimité.

Ce sont des fondements du pouvoir social très importants. Un bon pouvoir est celui qui ne compte pas simplement sur le fait qu'il a gagné les élections, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, en l'occurrence, mais qu'il est capable d'avoir reconquis la confiance, la légitimité et qui a une certaine autorité. L'autorité, ça veut dire qu'on reconnaît que vous donnez le bon chemin, que vous êtes celui qui est capable de guider le pays, que vous lui désignez une direction qu'il sent comme une direction essentielle et positive. - M.Bouhafsi: Vous mettez en cause E.Macron.

Dans une enquête publiée par le Cevipof, les Français montrent une défiance envers les politiques. - P.Rosanvallon: Les projecteurs sont braqués sur le chef de l'Etat.

S'il y a un sentiment de confiscation de la démocratie par les partis, c'est justement parce que les partis monopolisent toutes les fonctions démocratiques. Ils disent: "Le représentant, c'est moi. La délibération publique, c'est moi.

Le contrôle, c'est moi. L'enquête, c'est moi." Toutes ces fonctions délibérées, enquêtées, surveillées, contrôlées, représentées, il faut reconnaître qu'elles doivent être poursuivies par d'autres biais.

On vient de dire que la représentation, c'est être capable de mettre sur la table les problèmes vécus par la société. Représenter, ça veut dire qu'on rend présent dans le débat public, on met sur la table ce que vivent les gens. Il n'y a pas que les partis qui peuvent faire ça.

Un très bon film le fait très bien. Un romancier le fait. Une manifestation l'exprime. - A.-E.Lemoine: Une convention citoyenne... - P.Rosanvallon: Nous devons rentrer dans un âge mûr des démocraties qui est un âge des démocraties plurielles.

Il y a la démocratie des partis, insurmontable, la démocratie institutionnelle. Mais il faut aussi élargir l'ensemble des fonctionnalités politiques. Beaucoup d'expérimentations dans le monde vont dans ce sens.

Avant le suffrage universel existaient ces formes de représentation. Un grand auteur du XIXe siècle...

Les ouvriers n'avaient pas le droit de vote. Des poètes ouvriers écrivaient des vers qui se chantaient ou se disaient dans les rues...

Eugène Sue a eu cette phrase merveilleuse: "Les ouvriers ont déjà la représentation poétique." Ca veut dire qu'ils étaient capables de parler d'eux-mêmes. Ils étaient dans le débat.

Ils étaient dans la rue. - P.Cohen: Est-ce qu'il n'est pas trop tard, à vos yeux, pour théoriser sur l'idée de confiance entre le peuple et ses dirigeants, compte tenu de la situation politique que nous avons sous les yeux en France?

Pas seulement depuis l'élection d'E.Macron, mais bien avant, depuis 15 ou 20 ans, où toutes les élections décisives peuvent être analysées comme des réactions de rejet, de refus majoritaire et non pas d'adhésion ou d'enthousiasme à l'égard d'un dirigeant qui aurait suscité une majorité d'adhésion, d'entraînement pour le peuple françai - P.Rosanvallon: Ce qu'apporte l'historien, ce n'est pas qu'il est seulement un joueur de violon...

Il est celui qui fait l'histoire de la défiance. Il explique ce qui produit la rupture de confiance. Et en même temps, ce qui, dans l'histoire, a produit de la confiance.

La confiance est comme l'amour. Il n'y a que des preuves de confiance. - P.Cohen: Il n'y a plus de preuves depuis 15 ans. - P.Rosanvallon: Justement, il faut à nouveau des preuves.

Dans un tout petit domaine, on a mis en place une Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Elle surveille les revenus et le patrimoine du monde politique. Elle surveille les conditions dans lesquelles les gens peuvent passer du public au privé.

Ca y participe. - P.Cohen: Conséquence de l'affaire Cahuzac. - P.Rosanvallon: C'est une épreuve à laquelle sont soumis les politiques qui apportent un début de preuve de proximité.

C'est tout ce qui rapproche. La confiance repose sur le fait qu'on peut faire une hypothèse sur le comportement futur de quelqu'un. On peut faire une hypothèse si on a une information sur la personne.

La proximité est un grand facteur de confiance. Aujourd'hui, on a le sentiment d'un monde politique un peu trop à distance, pas assez proche. C'est ça qui détruit la confiance.

L'histoire montre qu'on a inventé des procédures pour apporter des preuves plus grandes de confiance et qu'il faut militer pour cela. Les citoyens ne doivent pas être prisonniers de leur défiance. Etre dans la prison de la défiance, c'est décourageant.

Quand on essaie de montrer comment on peut reconstruire de la confiance, à ce moment-là, on peut devenir un vecteur positif et on ne subit pas simplement l'histoire comme une punition. - A.-E.Lemoine: Ces solutions, on peut les lire, entre autres, dans votre livre.

Votre essai est paru aujourd'hui. Restez avec nous. Il y a beaucoup d'actualités à vous soumettre.

M.Bouhafsi nous a rejoints. ...

Explosion. ... - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un conflit qui se déroule sous les yeux médusés du monde entier.

Les frappes continuent sur Beyrouth et la guerre entre Israël, l'Iran et le Hezbollah prend de l'ampleur. Les médias nous montrent la réalité du terrain. - On entend les tirs israéliens sur Beyrouth.

Les bombardements de la banlieue sud sont impressionnants. On les entend tous les soirs. Cette banlieue sud...

Explosion. On les entend beaucoup, ce soir. - On va aller laisser Arthur Sarradin... - M.Bouhafsi: Cette scène s'est déroulée hier soir sur la chaîne LCI.

Ce journaliste est un correspondant Proche-Orient de "Libération" et LCI. - On a entendu un boum qu'on n'avait pas entendu depuis l'assassinat du leader du Hezbollah. L'armée israélienne, quelques minutes ou une heure avant, demande aux habitants de quitter les lieux.

Quand ce sont des cibles militaires, ils n'avertissent personne. Personne n'est averti. Tout le monde est surpris. - M.Bouhafsi: D'autres journalistes sont obligés de raconter le récit à travers la vision d'un camp ou de l'autre.

C'est le cas de ce journaliste qui s'est rendu dans les tunnels du Hezbollah avec l'armée israélienne. ... - M.Bouhafsi: Ce ne sont pas seulement les tunnels qui sont difficiles d'accès.

De nombreux quartiers de Beyrouth sont totalement inaccessibles à la presse sans l'accord du Hezbollah. Ca oblige les journalistes du monde entier à suivre l'organisation dans ce qui ressemble à une mise en scène de la misère de temps en temps. - Nous sommes invités à filmer les décombres de cet immeuble.

Selon Israël, les appartements visés sont des caches du Hezbollah. Des accusations que nient les habitants du quartier, encouragés à témoigner. Les chargés de communication de la milice nous pressent.

La menace d'une frappe israélienne est omniprésente. Cette opération médiatique survient au lendemain de l'attaque iranienne sur Tel-Aviv. L'objectif est clair, selon la branche politique du Hezbollah: ne pas laisser s'installer l'idée d'un groupe affaibli. - M.Bouhafsi: Arthur Sarradin n'a pas fait partie de ces poules de journalistes à Beyrouth mais concède une réalité sur le terrain: il est difficile de faire sans. - Il y a une vraie difficulté d'accès à la banlieue sud.

Parmi toutes les entités à qui on doit demander des autorisations, il y a, entre autres, le Hezbollah. Il est suffisamment affaibli aujourd'hui pour ne pas répondre à tous les journalistes ni rouvrir tous les accès. Ils essaient de faire ces poules de journalistes dans certaines villes pour donner des accès partiels et montrer les destructions.

J'avais essayé d'y aller au lendemain de la frappe qui avait tué le leader du Hezbollah. C'était impossible. C'était bouché, même pour des habitants qui voulaient venir chercher des affaires dans les immeubles.

On n'avait pas le droit d'y accéder. - M.Bouhafsi: Se passer du Hezbollah peut s'avérer dangereux. 2 journalistes belges en ont fait l'expérience hier.

Ils ont été pourchassés puis ciblés alors qu'ils tournaient un reportage dans le centre de Beyrouth. Des membres du Hezbollah auraient confondu le flamand avec l'hébreu. - Robin partage cette dernière vidéo sur les réseaux avant de se rendre sur place accompagné de son caméraman.

La situation dégénère. Il reçoit 2 balles. Robin souffre de plusieurs factures au visage.

Ils sont emmenés, interrogés et violentés durant des heures dans une cave, soupçonnés d'être des espions pour Israël avant d'être enfin hospitalisés. - M.Bouhafsi: La presse ne peut toujours pas rentrer à Gaza sans l'accord de l'armée israélienne.

Selon une ONG, les attaques israéliennes ont coûté la vie à près d'une centaine de journalistes, en majorité des Israéliens. - P.Lescure: La campagne américaine... ... - P.Lescure: Dans votre livre, vous écrivez: "Si le nom de D.Trump symbolise jusqu'à la caricature les traits les plus saillants du nouvel âge politique, le basculement peut être observé partout." Vous dites que Trump gagne ou perde, on aura cette vision pendant longtemps... - P.Rosanvallon: Nous sommes dans un nouvel âge de la démocratie.

C'est le populisme exacerbé qui permet de faire des insultes le langage courant de la politique. Ca nourrit les contrevérités les plus évidentes qui ne sont pas susceptibles d'être discutées. Ce qu'il y a de plus mystérieux dans le moment contemporain, c'est qu'on peut dire que des Haïtiens mangent les chats et les chiens sans que ça ne pose de problème.

Pourquoi des gens y croient? Au fond, pour eux, c'est l'image des Haïtiens qui sont des dévoreurs d'identité. Ils disent que c'est peut-être exagéré, mais qu'ils sont des vrais dévoreurs d'identité.

Pourquoi y a-t-il cet écart énorme dans nos démocraties? La raison profonde, c'est qu'il n'y a plus de langage commun. S'il n'y a plus de langage commun, c'est qu'on a le sentiment de ne pas appartenir au même monde.

On a l'impression d'être sur 2 planètes différentes, d'être des peuples totalement étrangers les uns aux autres. Entre le champion de la tech en Californie et le banquier new-yorkais, et le chômeur du Kentucky parce qu'il a perdu son emploi industriel...

Ils ont l'impression d'être sur 2 planètes. Ce qui nourrit au plus profond cette démocratie du langage fou, c'est le fait qu'on n'est plus dans des sociétés qui se reconnaissent comme des sociétés unifiées. C'est pour ça que lutter pour l'unité de la société, c'est la seule façon.

Ce n'est pas la raison simplement. Ce n'est pas l'enseignement, ce n'est pas des preuves. C'est le socle du commun qui fait défaut.

Tant qu'on ne le reconstruit pas, vous ne combattrez jamais efficacement les contrevérités et les pires falsifications, dont Trump est l'exemple typique. - A.-E.Lemoine: C'est une figure du cinéma français qui s'est éteinte cette nuit à 72 ans.

Salué après 4 nominations par un César du meilleur acteur pour un second rôle inattendu dans "L'Exercice de l'Etat". Une performance qui l'avait ému aux larmes, remerciant le public et la profession de l'avoir couronné pour ce rôle. - Allez! - Arrêtez!

Rires. - Regarde! Il a oublié son slip! - Passe la balle! - C'est dégueulasse. - Salut, les filles.

Vous permettez, gentes dames? - Je m'en fous, j'ai tout mon temps...

Rendez-le-moi! C'est plus drôle! - Viens le chercher! - Vous êtes vaches! - A.-E.Lemoine: M.Blanc s'était imposé au fil de sa carrière dans des rôles dramatiques.

Dès son premier film, "Marche à l'ombre", comme réalisateur à succès, mais il reste indissociable du rôle de Jean-Claude Dusse, dont les Français connaissent les répliques par coeur. - Ca me fait chier qu'il soit mort! Regarde!

M.Blanc est parti! Tu te rends compte? - Il avait le même âge que ma mère. - C'est une génération qui s'en va... - Tu as appris la nouvelle? - J'ai vu.

C'est triste. 71 ans... - Pour moi, c'est un grand monsieur... - Discret! - Malheureusement, A.Delon n'a pas tourné avec M.Blanc...

J'aurais bien voulu. - ETOILE DES NEIGES...

MON COEUR AMOUREUX... ... - Après, je me rappelle plus. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, J.Béglé.

On se souvient de cette publication de "Paris Match" qui réunissait la troupe du Splendid pour les 75 ans. Merci d'être aux côtés de J.-P.Lavoignat, journaliste cinéma à "Première".

Vous êtes en train d'apporter la touche finale à votre dernier livre sur le Splendid. Vous étiez régulièrement en contact avec toute la troupe, notamment, encore avant-hier au téléphone avec M.Blanc, dont la disparition est un choc brutal. - J.-P.Lavoignat: Oui.

C'est un double choc. C'est une tristesse infinie. C'est comme si on avait perdu un copain.

Il y a un truc très familier...

Et le 2e, qui est forcément moindre...

Ca fait 3 mois que je passe mon temps avec eux au téléphone, en vrai...

Du coup, c'est très perturbant de se dire que je lui ai parlé avant-hier et qu'il allait bien...

Il a donné les dernières validations pour le livre. Faire ce livre ensemble, ça a renoué les liens. Ils n'ont pas besoin de ça, mais...

J'ai reçu un message de J.Balasko il y a 3 jours qui disait que c'était émouvant de regarder toute leur vie défiler. C'est le sentiment qu'ils ont tous eu.

Encore plus aujourd'hui, forcément. - A.-E.Lemoine: On sent leur désarroi. - J.-P.Lavoignat: Blanc et Jugnot se connaissent depuis 60 ans.

Il n'y a pas 2 ou 3 mois de leur vie où ils ne se sont pas vus, pas parlé...

Clavier, Lhermitte...

C'est depuis 58 ans! Ca ne change pas grand-chose. Cette bande est restée, et c'est unique dans l'histoire du cinéma, tous pays confondus...

Que la même bande fasse des films collectifs qui soient des films cultes dont tout le monde connaît les répliques, et qu'en même temps, ils aient chacun des succès personnels et qu'ils soient tous devenus vedettes...

C'est historique! - A.-E.Lemoine: Leur lien indéfectible crevait les yeux. - J.Béglé: M.Blanc, ça avait été le plus dur à convaincre.

Il était venu. A l'instant où ils se sont retrouvés ensemble, c'était reparti comme s'ils s'étaient quittés la veille. Plein de fois après, publiquement, par mail, comme M.Blanc il y a 3 jours, qui nous a dit: "Qu'est-ce que j'étais content de faire cette séance, de nous retrouver!" Il avait même amorcé un projet qui ne va plus voir le jour, en tout cas comme c'était prévu.

Ils ont grandi ensemble. Ils se connaissent depuis l'âge de 13-14 ans. C'était le lycée Pasteur à Neuilly.

Le Splendid ne s'est jamais engueulé. Ils étaient tous fiers les uns des autres. C'était une amitié indéfectible.

Ils étaient 7. Il y en a 6 qu'on connaît bien, et Bruno Moynot, en plus. - A.-E.Lemoine: Même si, évidemment, M.Blanc ne doit pas être résumé à Jean-Claude Dusse, ce personnage fait partie du patrimoine du cinéma français. - G.Jugnot: On n'a jamais travaillé au club.

On était invités au forum. On allait jouer un spectacle et en échange, on nous offrait nos vacances. - Ca vous a donné l'idée d'écrire "Amours, coquillages et crustacés", qui sont devenus "Les Bronzés"? - M.Blanc: Le personnage principal s'appelle Jean-Claude Dusse.

C'est moi qui le joue. Il est principalement intéressé par la drague. Comme il n'est pas spécialement adroit et qu'il est dans un milieu de gens bronzés, ça ne marche pas très bien. - A.-E.Lemoine: On l'aime tant, Jean-Claude Dusse, car il lui a donné beaucoup d'humanité, de lui, même s'il avait parfois du mal à s'en défaire. - J.-P.Lavoignat: Il ne voulait pas être résumé à ça.

En même temps, ça lui renvoyait une image de lui qu'il n'aime pas forcément et qu'il pensait avoir dépassée. Dans le livre, il dit à un moment donné: "C'est W.Allen qui m'a fait admettre mon physique, avec lequel j'avais beaucoup de problèmes.

Je me suis aperçu que les mots pouvaient compenser le physique, qu'on pouvait jouer de ses failles, de ses névroses et que grâce aux mots, on pouvait séduire, faire rire, même émouvoir. C'est lui qui m'a fait accepter le fait que mon physique était un atout pour la comédie." - A.-E.Lemoine: Pour la comédie et bien d'autres choses, notamment "Tenue de soirée", de B.Blier, tournant extraordinaire dans sa carrière. - Je savais qu'elle allait se tirer, je le sentais...

Pourquoi tu m'abandonnes? - Je suis là, moi. Je vais te consoler.

On sera bien, tous les deux. - Tu vas m'aimer, toi, au moins. - Bien sûr.

Je vais faire de toi une reine. - M.Blanc: Tous les gens qui font du cinéma d'auteur, ils m'ont employé avant "Les Bronzés" dans des petits rôles.

A partir des "Bronzés", plus de nouvelles. "Ah bah non, on va dire que c'est Jean-Claude Dusse!" Après ce film, ils se sont dit que j'étais peut-être un acteur.

C'est ce que m'a dit mon boucher. Le soir où je suis rentré de Cannes, il m'a dit: "Finalement, vous êtes un acteur!" - P.Cohen: Accepter de jouer l'amant de Depardieu... "Tu seras l'amant de Depardieu!" - J.-P.Lavoignat: Il a dit oui tout de suite.

Le lendemain, il a eu des doutes. Il en a parlé à son agent. Il lui a dit: "Il faudrait que tu réfléchisses..." "Le fait que l'agent ait peur, ça m'a donné envie de le faire tout de suite." - J.Béglé: Contrairement à C.Clavier ou G.Jugnot, il voulait une reconnaissance de la part des critiques.

Il aurait voulu avoir plus de prix. Il a été nommé 7 fois aux César... - A.-E.Lemoine: 8 fois! - J.Béglé: Il a le prix d'interprétation à Cannes... - A.-E.Lemoine: Ce qu'aucun autre de la troupe n'a eu. - J.Béglé: C'était très important, cette reconnaissance-là.

G.Jugnot s'en fiche un peu...

Néanmoins, ça lui tenait à coeur. Il a réussi ça aussi. Chapeau. - P.Cohen: C'est un second rôle qui est plus qu'un second rôle.

C'est "L'Exercice de l'Etat". C'est un dialogue avec un O.Gourmet formidable.

Ils sont tous les 2 différents physiquement et psychiquement. O.Gourmet est ministre.

Lui est directeur de cabinet. Une des scènes de "L'Exercice de l'Etat"... - Outre vos qualités, vous aurez La majorité avec vous.

Vous aurez les instituts d'opinion avec vous. Vous aurez place Beauvau pour faire plier la rue. Vous ne pouvez pas échouer.

On parlera de votre réforme comme une date essentielle du quinquennat. Cette réforme sera votre acte de naissance. Après, tout sera possible. - P.Cohen: Ca montre sa palette. - J.-P.Lavoignat: C'était un acteur magnifique, qui avait une palette énorme.

Il avait envie de ne pas être résumé à Jean-Claude Dusse. Il y avait chez lui un côté tourmenté, sombre, qu'il voulait exploiter. Les 2 virages, c'est "Tenue de soirée", mais aussi "Monsieur Hire".

Il devient presque un fantôme. On dirait qu'il sort d'un film allemand des années 30. C'est presque "Nosferatu".

C'est aussi une partie de lui. - A.-E.Lemoine: Vous vouliez ajouter quelque chose? - J.Béglé: Oui.

Il a aussi réalisé des films, fait du théâtre. C'est un acteur complet. Il n'a jamais oublié ses copains du Splendid.

Il fait 20 participations avec tout ou partie du Splendid dans des films comme celui de G.Jugnot. Il a jalonné sa carrière de petits cailloux blancs de la troupe ancestrale. - J.-P.Lavoignat: Il était à la fois dedans et dehors, mais dès le début.

Dès le début, ils vont tous étudier un endroit, et lui se dit...

D'abord, sa grande passion, c'est le piano. Son grand regret est sans doute de ne pas avoir été concertiste. D'abord, il se dit qu'il a envie du classique.

Il fait le conservatoire. Il ne le montre pas. Il dit: "Je reviens tout penaud voir mes copains pour leur dire que je vais venir signer avec eux." Dès qu'ils commencent le café-théâtre, C.Clavier, G.Jugnot et T.Lhermitte, mais lui non...

Il a quand même fait une chanson. A chaque fois, comme ça, il a un pied dedans et un pied derrière. Sur "Les Bronzés font du ski", il refuse de participer à l'écriture, mais il ne peut pas s'empêcher d'avoir le plaisir de jouer.

Du coup, il écrit beaucoup de ses dialogues, dont les fameuses phrases... - A.-E.Lemoine: "Sur un malentendu, ça peut marcher." - J.-P.Lavoignat: Il racontait lui-même qu'il n'en revenait pas du retentissement de cette phrase.

Il m'a montré une photo incroyable, une photo d'un match de football. Il y en avait un à Lens et l'autre à Toulouse. Sur une moitié du stade, il y avait sa tête comme une caricature et "sur un malentendu, ça peut marcher".

Il dit que finalement, c'est rentré dans le langage courant et que c'est un accomplissement. - P.Lescure: Ses débuts comme réalisateur, ça va être un coup de maître avec "Marche à l'ombre", l'écriture et son interprétation.

C'est un bonheur mélancolique. - Pourquoi? - J'ai été attaqué par des renards tout à l'heure. - Il y en a pour un moment... - J'ai du mal à parler car j'ai les dents qui poussent. - Si tu as besoin de quelque chose, tu m'appelles. - Essaie de dormir un peu. - Non, j'ai peur qu'il neige. - S'il neige, je te réveillerai. - Tu promets?

Tu restes là? - Oui. - S'ils viennent, j'ai des comprimés contre les renards dans mon sac. - P.Lescure: Dans tous les autres films qu'il va réaliser, on verra aussi ses faiblesses, sa fragilité, sa personnalité complexe et qui faisaient que, sur le plateau, il expliquait à Babeth combien il détestait assister à ses propres avant-premières. - A.-E.Lemoine: Vous n'allez pas aux avant-premières? - M.Blanc: Je m'enfuis!

J'y vais, je présente, je m'en vais et je vais dans un bistro. - A.-E.Lemoine: Vous vous dites que si vous y allez, vous pouvez tomber sur la salle qui ne rit pas?

C'est dingue! - Il va bloquer sur une réplique sur laquelle ils ne rient pas. Il va se dire que ça ne marche pas. - A.-E.Lemoine: Avant le tournage, en revanche, Michel est calme... - Parfait.

Charmant, délicieux. Pas du tout. Pas inquiet.

En plus, c'est un directeur d'acteurs extraordinaire. - A.-E.Lemoine: On était si heureux de le recevoir à chaque fois à "C à vous", dont il était fidèle.

On a une pensée émue ce soir. On attend avec impatience votre livre, Jean-Pierre. Sortie le 21 novembre prochain. - J.-P.Lavoignat: On l'a terminé hier... - A.-E.Lemoine: C'est l'heure du 5/5 de Lorrain.

Levée de la grève après 24 heures de chaos en Corse. - L.Sénéchal: L'île a été coupée brutalement du monde hier soir après l'esclandre du président exécutif local, qui accusait l'Etat de vouloir privatiser sans autre forme de procès les ports et aéroports de Corse. - Ca veut dire clairement que, du côté de l'Etat, il y a des gens qui ont décidé de faire la guerre à la Corse!

Cette déclaration, c'est une déclaration de guerre. Je vous le redis: pour moi, ce n'est pas négociable. Il n'y aura pas de groupes internationaux qui géreront les ports et aéroports de Corse. - L.Sénéchal: Dans les minutes et heures qui suivent ce coup de sang, les syndicats lancent une grève spontanée, brutale, qui crée le chaos.

Des embouteillages dans les rues d'Ajaccio ou de Bastia, des bouchons aux entrées des 6 ports de l'île...

Aucun bateau n'entre ou ne sort. Des milliers de personnes se retrouvent coincées. Ca provoque tension et colère. - On demande aux préfets qu'ils viennent nous voir! - Non...

Vous ne mettez pas de conditions...

Monsieur, s'il vous plaît...

Ne restez pas là...

Vous gênez. - L.Sénéchal: Le scénario est le même à l'aéroport de Figari.

Des avions cloués au sol sans prévenir. La surprise est totale pour les voyageurs, qui apprennent au dernier moment qu'ils vont devoir rester en Corse. - Je vois avec mon assurance s'ils peuvent me rembourser quelque chose. - Toute l'île est bloquée, ports et aéroports.

Vous ne pouvez pas partir. - Ah d'accord. C'est une blague? - L.Sénéchal: Ce monsieur l'a appris avec les caméras de France 3.

Certains font preuve de philosophie, même si c'est difficile de cacher son agacement. - Je devais rentrer aujourd'hui. C'est l'anniversaire de ma fille demain.

On n'est pas très contents d'être encore ici. On adore Bastia, mais on aimerait bien rentrer. - Il faut attendre que les choses se décantent.

Pour l'instant, on attend un taxi. On espère avoir un hôtel ce soir. - Je téléphone à Air France pour savoir quand je pourrai repartir.

Apparemment, il n'y a pas de vols avant dimanche. - L.Sénéchal: Le plus difficile aura été pour les 2100 passagers coincés en mer dans un des 5 ferries qui avaient déjà pris la mer direction la Corse au moment du déclenchement de la grève.

L'un de ses passagers nous a envoyé une vidéo. Une rotation d'hélicoptère à bord du ferry. Il y a des inquiétudes de pénurie, de nourriture ou de médicaments.

Un autre passager disait son inquiétude que des gens meurent. Il y a des personnes autour de lui dans le ferry, diabétiques, des petits bébés qui n'auraient pas eu accès à du lait...

Ce soir, tout va très progressivement rentrer dans l'ordre. Un accord a été trouvé entre le gouvernement français et l'exécutif local corse. - A.-E.Lemoine: Avec peut-être des blocages. - M.Bouhafsi: Il y a encore des complications sur le port de Bastia. - A.-E.Lemoine: Même après sa mort, la lutte contre le cancer de la journaliste C.Vergnaud continue. - L.Sénéchal: Elle est décédée d'un cancer.

Elle nous avait émus dans "C à vous" en disant la trace qu'elle voulait laisser. - C.Vergnaud: C'est le besoin de laisser une trace.

Ce que j'explique quand je parle de la mort, c'est cette peur qui me saisit. Ca vous saisit dans les entrailles. Très vite, je me dis que j'ai 30 ans, pas d'enfant, que ma carrière professionnelle débute tout juste.

Si je dois mourir dans 3 mois, que va-t-il rester de moi? - L.Sénéchal: Elle a raconté son combat contre la maladie dans un podcast privé, à titre posthume, qui sort aujourd'hui.

Un livre s'appelle "Ma vie façon cancer". Son mari, lui-même journaliste, raconte comment il a lui-même découvert des écrits de sa femme. - En lisant le texte de Clémentine, je me disais: "Pourvu qu'à la page suivante, ça ne se passe pas comme ça va se passer!" On a retrouvé ce qu'elle a écrit, ce que nous avait dit avoir écrit, et ce qu'elle ne nous avait pas dit avoir écrit.

Elle a écrit des textes dans la solitude de sa chambre d'hôpital au cours des derniers mois. On ne le savait pas. Je les ai retrouvés par hasard sur son téléphone.

Elle écrivait avec ce qu'elle avait. C'était des textes que j'ai trouvés très intimes, profonds. - L.Sénéchal: Grégoire est aujourd'hui président du Fonds Clémentine Vergnaud contre le cancer.

Il va permettre de financer du concret. - C'est un récit qui permet aux malades de montrer comment ils vivent les choses, et à leurs proches de mieux les comprendre. Il va avoir le rôle qu'a eu le podcast.

Ensuite, il y avait la dimension de la trace écrite. Quand on disparaît, on devient immatériel. Finalement, c'est la seule trace matérielle d'elle. - L.Sénéchal: C'est aussi l'héritage que laissera C.Vergnaud, un studio baptisé à son nom à franceinfo. - A.-E.Lemoine: La directrice des Ecologistes M.Tondelier honorée par le "Time". - L.Sénéchal: C'est la seule Française à se retrouver dans le top 100 des personnalités qui compteront demain.

La ministre allemande des Affaires étrangères...

M.Tondelier n'y a pas cru au départ. - M.Tondelier: Je n'y ai pas cru tout de suite.

Je suis tombée là-dessus en début de semaine. C'était un truc en anglais. Je me suis dit que c'était du phishing, une arnaque.

Je viens de comprendre que c'était vrai. Je suis honorée. J'ai l'impression que ça sort de nulle part.

Quand je dis ça aux gens, ils me disent "pas du tout". - L.Sénéchal: On parle de sa veste verte signature, dans le texte.

J.Béglé, vous n'êtes pas surpris qu'elle soit honorée à l'international. - J.Béglé: C'est une figure importante des 4-5 dernières années.

Elle a plus de talent que beaucoup d'autres. - P.Cohen: Elle n'a pas de mandat... - J.Béglé: Il ne faut pas rester trop loin de la base Quand même. - A.-E.Lemoine: Tout est dans la nuance. - J.-P.Lavoignat: C'est bien d'être élu quand on veut