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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 28 janvier 2022 26 min

Croissance, pouvoir d'achat et situation en Ukraine : le "8h30 franceinfo" de Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Bonne nouvelle ce matin. Les chiffres de la croissance sont tombés il y a une heure à peine et la France signe sa plus forte croissance depuis 52 ans. 7% pour l'année 2021. Ça veut dire que la politique d'Emmanuel Macron a fonctionné ?

0:14
Yannick Jadot

Ça veut dire que l'économie française a les capacités d'un rebond. On était une des économies qui avait le plus plongé au début de la pandémie. Donc on revient d'une certaine façon à la période pré-pandémique. Tant mieux. Ça veut dire qu'encore une fois, il y a de la créativité, il y a de la puissance, il y a de l'énergie dans notre économie. La question c'est qu'est-ce qu'on en fait ?

0:38
Invité

Non mais c'est aussi c'est grâce à qui ? C'est la question qu'on vous pose.

0:40
Yannick Jadot

Mais c'est grâce aux Françaises et aux Français. C'est grâce aux entrepreneurs. C'est grâce aux salariés qui, malgré les difficultés, sont allés travailler. Malgré les difficultés, assument leurs charges. C'est grâce à toutes celles... C'est pas grâce au quoi qu'il en coûte. Ah ben incontestablement. Non, vous savez, j'ai jamais critiqué le soutien qu'il y avait aux entreprises pour éviter les faillites, ni au chômage partiel pour éviter les licenciements. Ça a été de bons outils, très largement utilisés dans l'Europe et dans le reste du monde. Tant mieux.

1:13
Invité

Donc c'est aussi grâce à Emmanuel Macron ce qui se passe aujourd'hui ?

1:16
Yannick Jadot

Non mais si vous voulez me faire dire que le chômage partiel, le soutien aux entreprises ont été des outils utiles pour faire face à la crise, oui. Maintenant, la France est aussi le pays qui est record man des dividendes. Ça veut dire qu'aujourd'hui, on sait que cette croissance, cette économie, elle produit beaucoup de dividendes pour les actionnaires. 68 milliards devraient être distribués cette année. 68 milliards. On sait que la fortune des milliardaires a explosé. En gains. On dit qu'il faut partager. En gains.

Donc on sait que cette croissance est très inégalement répartie et malheureusement, on sait que la croissance soutenue par Emmanuel Macron n'est pas une croissance qui réduit nos émissions de gaz à effet de serre, qui réduit l'usage de nos pesticides, n'est pas une croissance qui nous met aujourd'hui sur les secteurs très porteurs de l'économie mondiale.

Les énergies renouvelables, l'économie circulaire, celle qui réduit le gaspillage, l'agriculture bio, celle qui crée des emplois et évite de détruire l'environnement, la mobilité durable dont les Français ont tellement besoin au moment où il y a une explosion des prix des carburants, la rénovation des logements au moment où il y a l'explosion de consommation de gaz et d'énergie à la maison.

2:37
Invité

Elle ne profite pas à tout le monde. Alors qu'est-ce qu'on fait ?

2:39
Yannick Jadot

Elle ne profite pas à tout le monde et elle ne permet pas de lutter contre les grands défis qui sont devant nous, le climat, la biodiversité et, comme vous l'avez dit, la justice sociale.

2:52
Présentateur

Alors qu'est-ce qu'on fait ? On amène cette croissance ? Bien sûr. C'est ce qu'on en fait, l'important. Bien sûr.

2:57
Invité

Vous étiez hier dans les manifestations pour réclamer plus de pouvoir d'achat, des augmentations de salaires. Vous, vous êtes candidat à l'élection présidentielle. Qu'est-ce qu'on fait de cette croissance ? Qu'est-ce qu'on fait pour redonner du pouvoir d'achat aux Français ?

3:06
Yannick Jadot

Alors, ce sont deux questions différentes. Pour redonner du pouvoir d'achat aux Français, dans l'urgence, je maintiens la proposition d'un chèque énergie de 400 euros pour les 6 millions de ménages qui sont les plus touchés, les plus implactés, les plus vulnérables dans notre société. Donc 400 euros. Ça, c'est un chèque. C'est un chèque, c'est un chèque de compensation pour faire face à l'augmentation des prix des carburants et de l'énergie en général à la maison. Et pour les salaires ? Deuxième chose, 100 euros pour les 15 millions de familles au-dessus.

Après, le meilleur bouclier énergétique pour les familles, c'est évidemment d'investir sur l'isolation de leur logement pour faire en sorte qu'ils consomment, ils économisent 5, 600 euros, 700 euros par an de chauffage, d'électricité. C'est quand même la réponse la plus structurelle. Je mets en place pour la première année le covoiturage gratuit. Qu'est-ce que ça veut dire le covoiturage gratuit ? Quand vous habitez, en moyenne, par exemple, si vous habitez à 30 kilomètres de votre boulot, vous prenez votre voiture, ça coûte 2000 euros par an. Nous voulons évidemment un covoiturage, par exemple, à deux personnes. Vous êtes déjà à 1000 euros.

Nous, ce qu'on veut mettre en place, c'est le forfait mobilité durable. Vous savez, ça existe déjà de manière optionnelle dans les entreprises, de manière obligatoire dans la fonction publique, dans l'administration. Et donc, on veut porter ce forfait mobilité durable à 1000 euros. Et de toute façon, s'il y a un surcoût, l'État compensera.

Je veux que pour les personnes qui n'ont pas accès à des transports collectifs, et vous savez l'urgence d'investir sur les transports collectifs, ce que ne fait pas ce gouvernement, eh bien, pour ceux qui n'ont pas accès à des transports collectifs, je veux qu'ils puissent être soutenus, accompagnés, dans d'autres façons de se déplacer, notamment le covoiturage. C'est bon pour le pouvoir d'achat, c'est bon pour le climat, c'est bon pour la pollution de l'air, et donc c'est bon pour l'ensemble des défis que nous devons affronter.

5:16
Invité

La principale revendication du moment, c'est l'augmentation des salaires sur ce sujet.

5:20
Yannick Jadot

Oui, alors sur l'augmentation des salaires, dans le public, très clairement, il faut dégeler le point d'indice. C'est choquant que depuis 10 ans, au fond, il y ait une perte de pouvoir d'achat, de salaire des fonctionnaires, par rapport au coût de la vie. Et donc, on dégèle le point d'indice. Sur des secteurs aujourd'hui absolument essentiels, comme l'hôpital, comme l'école, on est sur une augmentation des salaires d'environ 20%. Évidemment, ça dépend des types de personnel, et ça dépend des moments de la carrière. C'est une moyenne sur le quinquennat ? Absolument. On voit bien que sur l'école, il faut mettre le paquet aujourd'hui sur les débuts de carrière et les milieux de carrière.

Ça ne veut pas dire que les fins de carrière sont confortables, mais la priorité, c'est les débuts de carrière, les fins de carrière.

6:11
Invité

Et vous voulez augmenter le SMIC aussi ?

6:13
Yannick Jadot

On veut augmenter le SMIC. On augmente le SMIC de 10% à notre arrivée. Ça porte le SMIC à à peu près 1 400 euros net et 1 500 euros net à la fin du quinquennat. Mais attention, ce n'est pas simplement le SMIC qu'il faut bouger. C'est l'ensemble des bas salaires. Parce qu'on voit aujourd'hui, moi j'en vois partout sur le territoire, des personnes qui, au bout de 10, 15 ans d'expérience, en ayant toujours travaillé, sont toujours au SMIC ou juste un peu au-dessus du SMIC. Mais ça, ça ne se décrite pas, Yannis Ado. C'est profondément humiliant, dégradant pour les personnes qui travaillent. Et ça n'est pas payé la réalité de l'expérience et de la montée en compréhension.

6:53
Auditeur

Mais comment vous faites pour inciter les patrons à augmenter les salaires ? On l'entend bien depuis plusieurs mois, Bruno Le Maire, dire au patron qu'il faut augmenter les salaires.

6:58
Yannick Jadot

Sauf que Bruno Le Maire n'utilise pas. C'est toujours pareil. C'est-à-dire que dès qu'il s'agit de faire quelque chose de bien avec ce gouvernement, c'est aux entreprises de prendre l'initiative. Et vous, vous faites quoi alors ? Eh bien, moi, je conditionne, vous savez, si on prend par exemple ce qu'on a appelé les métiers invisibilisés, invisibles, tous ces métiers qui nous ont fait tenir pendant la pandémie, les caissières, les aides à domicile, les livreurs, les éboueurs, les métiers de l'alimentation, tous ces secteurs où les salaires sont très bas, les statuts sont souvent précaires et les conditions de travail très difficiles.

Eh bien, nous imposons à toutes ces branches une négociation avec revalorisation des salaires, amélioration des statuts, amélioration des conditions de travail.

7:44
Présentateur

Vous le mettez à l'ordre du jour, mais c'est à eux ensuite de se mettre d'accord.

7:47
Yannick Jadot

Ils se mettront d'accord, mais avec une obligation de résultat. Vous savez que tous ces secteurs fonctionnent avec la commande publique. Ces secteurs-là répondent à des marchés publics. Ils bénéficient parfois du crédit impôt recherche, ils bénéficient d'exonérations sur beaucoup d'éléments. Donc ça veut dire que s'ils n'augmentent pas les salaires ? Eh bien, nous conditionnons chaque euro public, ça c'est le principe de mon projet, chaque euro public à la justice sociale dans les entreprises, là pour augmenter les salaires et particulièrement les bas salaires. Et nous conditionnons évidemment chaque euro d'argent public au climat comme à l'égalité femmes-hommes dans les entreprises.

8:26
Présentateur

Yannick Jadot, candidat écologiste à la présidentielle, dévoile son programme sur France Info. On jette juste un coup d'œil sur le fil Info à 9h moins 20, c'est avec Diane Ferschit. Le ministre de l'Éducation nationale reçoit à la mi-journée les syndicats enseignants au sujet des épreuves de spécialité du baccalauréat. Épreuve prévue en mars pour les syndicats, le Covid a engendré trop de retard dans la préparation des élèves. Ils souhaitent que ces épreuves soient reportées de quelques mois. Rebond vigoureux de l'économie en France en 2021, plus 7% de croissance selon l'INSEE. Et c'est plus que les prévisions du gouvernement et de la Banque de France.

Pour faciliter la vaccination anti-Covid dans les territoires d'outre-mer, ils recevront en priorité le vaccin Novavax. Il ne contient pas d'ARN messager, annonce de l'Elysée, alors que 7 départements et collectivités d'outre-mer sont en état d'urgence sanitaire. La crise en Ukraine au cœur d'un entretien téléphonique ce matin entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine. Face au risque d'une offensive russe, les Américains menacent de bloquer l'ouverture du gazoduc Nord Stream 2. Washington qui réclame une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. Les demi-finales de l'Euro de Handball, l'Espagne fera face au Danemark. Puis les Bleus affronteront la Suède.

Coup d'envoi de cette rencontre à 20h30.

9:35
Invité

Toujours avec Yannick Jadot, candidat écologiste à la présidentielle, les donations, les successions sont l'un des sujets qui s'imposent dans la campagne. La plupart des candidats ont déjà expliqué ce qu'ils voulaient faire, mais pas vous.

9:53
Yannick Jadot

Nous ce qu'on veut faire, c'est très simple, c'est qu'on va avoir un système où on va corriger tout ce qui ne marche pas dans le système actuel. Qu'est-ce qui ne marche pas dans le système actuel ? C'est que les milliardaires, globalement, les gens très riches, payent très peu d'impôts sur les successions. C'est d'ailleurs la note du Conseil d'analyse économique qui précise à quel point les très riches arrivent à s'affranchir, à s'exonérer de la juste redistribution, y compris intergénération.

10:22
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, votre rival à gauche, il dit au-dessus de 12 millions d'euros, je prends tout.

10:25
Yannick Jadot

Pour moi, c'est abattement jusqu'à 200 000 euros, y compris sur les successions aux petits-enfants. Parce qu'en fait, aujourd'hui, vous transmettez et vous avez l'abattement sur les enfants. Mais au fond, ce qui serait beaucoup plus dynamique dans notre société, c'est d'avoir le même abattement sur les petits-enfants. Parce qu'au fond, c'est les petits-enfants qui ont plus besoin aujourd'hui de l'héritage que les enfants. Et puis, on supprime toutes les exonérations sur les très riches. Vous savez, aujourd'hui, vous avez une fortune importante. Dans l'esprit, vous devriez, sur la succession, être prélevé à hauteur de 45%. Quand vous êtes multimillionnaire, quand vous êtes milliardaire.

Et ils arrivent à échapper à l'impôt en ne payant que 10% de prélèvement. Et donc, nous allons rétablir la justice, nous allons rétablir l'éthique. La société française est une des sociétés les plus clérosées aujourd'hui en matière de transmission.

11:28
Invité

Mais est-ce que vous dites comme Jean-Luc Mélenchon jusqu'à 12 millions d'euros d'héritage ? Je viens de vous dire ce que je faisais. Oui, mais vous parlez aussi des très riches. Vous parlez aussi des très riches. Vous dites des très riches, il faut les taxer plus.

11:39
Yannick Jadot

Bien sûr, mais en évitant toutes les dérogations, toutes les exonérations dont ils bénéficient. Et comme je vais le faire sur toute la fiscalité, impôts sur la fortune rétabli, impôts sur les sociétés, TVA, il y aura du bonus et du malus en fonction de la contribution ou pas au dérèglement climatique. L'urgence absolue de cette élection présidentielle. C'est de mettre du climat partout, partout, partout. Eh bien, y compris sur l'impôt sur les successions, nous rétablirons la juste solidarité. C'est une évidence. Et nous intégrerons la question du climat. Enfin, un dernier point. Tous les bénéfices supplémentaires de ce prélèvement, quand il redeviendra juste, iront vers la dépendance.

On ne peut pas maltraiter nos anciens, nos aînés de cette manière. Il faut assurer plus d'accompagnement, plus de soins, plus de personnel dans les maisons de retraite, dans les EHPAD. On voit la catastrophe de la privatisation. Eh bien, nous flècherons les 8 à 9 milliards supplémentaires que nous avons sur les successions.

12:45
Invité

C'est-à-dire que vous, président, il n'y aura plus d'EHPAD privé ?

12:48
Yannick Jadot

On arrêtera les autorisations sur les EHPAD privés, cette privatisation des services. Les établissements installés continueront. Ils seront contrôlés, surveillés. Mais nous favoriserons les établissements publics ou les établissements à but non lucratif, de type mutualiste ou autre. Mais cette privatisation et cette maltraitance organisée de nos aînés, nous y mettrons fin.

13:13
Présentateur

L'autre urgence, c'est la crise sanitaire et la gestion du coronavirus. Une question a été soulevée ces derniers jours par Martin Hirsch, le président des hôpitaux de Paris. Il estime que les personnes non vaccinées devraient payer de leur poche leur passage en réanimation. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette proposition ? Il pose la question, oui.

13:30
Yannick Jadot

Écoutez, je trouve cette proposition stupéfiante et scandaleuse. Profondément scandaleuse, surtout pour le patron de la PHP. Je veux dire, il devrait être le cœur, au fond, et le porteur absolu de l'accès de toutes et de tous à la santé. Parce qu'avec des logiques comme ça, si vous fumez, vous n'avez plus le droit à la sécu. Si vous buvez de temps en temps un verre de vin, vous n'avez plus le droit à la sécu. Si vous avez un accident...

13:59
Invité

C'est que les Français ont à disposition un vaccin gratuit.

14:01
Yannick Jadot

Non, non, mais attendez. C'est une mesure préventive et malgré tout, il le refuse. Martin Hirsch est censé défendre un principe absolu que les précédents gouvernements ont remis en cause. C'est l'accès de toutes et de tous à la santé, et notamment à l'hôpital. Ces précédents gouvernements, comme l'actuel, ont voulu faire de l'hôpital une entreprise rentable. C'est aberrant. Ils ont maltraité les personnels qui, aujourd'hui, partent. On n'arrive plus à recruter dans les hôpitaux. Les personnels qui tiennent sont souvent épuisés, lassés de ce mépris de celles et de ceux qui nous dirigent.

Nous remettrons l'hôpital public et nous redonnerons les moyens à l'hôpital public pour qu'il fonctionne bien et que tout le monde puisse accéder à la santé.

14:48
Invité

La question de fond, dans la question que pose Martin Hirsch, c'est la responsabilité des Français qui refusent de se faire vacciner. Vous-même, vous étiez pour la vaccination obligatoire.

15:00
Yannick Jadot

C'est quand même extraordinaire. Moi, je suppose qu'on ait une campagne de vaccination efficace. Mais vous étiez pour le vaccin obligatoire. C'est tout le cas. Non, moi, si vous voulez, j'écoute ce que disent les spécialistes des campagnes de vaccination. Ils disent convaincre plutôt que contraindre. Moi, ma seule boussole, c'est la science. Et le président de la République, on l'a vu ces dernières semaines, au fond, il veut trouver un bouc émissaire au problème de la France. C'est les non-vaccinés comme Le Pen veut trouver un bouc émissaire au problème des Français. C'est les immigrés comme Zemmour. C'est les musulmans.

Ce qu'attendent les Françaises et les Français, c'est des solutions à leurs problèmes du quotidien, comme au grand défi du climat, de la biodiversité, de la nature. Mais vous savez, quand vous parlez de la responsabilité des uns et des autres, j'étais il y a quelques jours à Saint-Rogatien. C'est un petit village à côté de La Rochelle. Vous avez six cas de cancer pédiatrique dans les dix dernières années. Vous allez à Sainte-Pazanne, juste à côté, dans les pays de la Loire, vous avez une explosion des cas de cancer pédiatrique. Et le soupçon le plus fort, le soupçon le plus fort, c'est que ça vient des pesticides, c'est que ça vient des usines.

C'est qu'on met aujourd'hui nos enfants dans des environnements qui les rendent malades. On a une épidémie de cancer pédiatrique comme une épidémie de cancer et de maladies chroniques liées à ces pollutions environnementales.

16:27
Présentateur

Ça reste pour l'instant inexpliqué.

16:28
Yannick Jadot

Non, parce que personne ne veut chercher. C'est scandaleux dans notre pays que Santé Publique France ne se donne pas les moyens de chercher et de donner des réponses à ces mères et à ces pères qui voient leurs enfants malades atteints de cancer. Ce que les spécialistes disent, c'est l'exposition à plusieurs types de molécules chimiques qui sont considérées officiellement comme cancérigènes, avéraient possibles, suspectées. Le glyphosate, par exemple. Et que la France est un des rares pays où on ne porte pas des réponses aux parents et on ne se donne pas les moyens de combattre l'explosion des maladies chroniques dans toute la société.

Et vous avez un gouvernement qui, hier encore, refuse de distancer les épandages de pesticides des maisons là où les enfants courent dans les jardins. C'est criminel ce que fait ce gouvernement sur les pesticides.

17:25
Invité

Il n'y a aucune règle.

17:27
Yannick Jadot

Puisque le gouvernement reporte, le Conseil d'État a cassé les propositions du gouvernement sur les distances d'épandage. On parle de 3 mètres, vous vous rendez compte ? Les tracteurs qui sont totalement protégés, quand ils ne sont pas protégés, vous avez les agriculteurs qui épandent, qui sont habillés comme des tortues ninja pour ne pas être contaminés parce que souvent, c'est les premières victimes des pesticides. Et on laisse les enfants courir dans les jardins ?

17:51
Présentateur

Il faudrait quoi, 100 mètres ?

17:52
Yannick Jadot

Aujourd'hui, si vous voulez, ce qu'avaient proposé beaucoup de maires pour protéger leur population sur la base des études scientifiques, c'est effectivement 50, 100 mètres, parfois 150 mètres du fait de la volatilité des pesticides. Et on laisse les Françaises et les Français et les agriculteurs devenir malades simplement parce que le lobby de la chimie, à table ouverte, au ministère de l'Agriculture, à l'Elysée, et bien les écologistes au pouvoir réduiront massivement les pesticides dans notre pays. On interdira le glyphosate, les néonicotinoïdes et ces fameux fongicides, SDHI, je ne rentre pas dans les détails, mais tout ça est cancérogène, mutagène, réprotoxique.

Et donc, il nous faut de la responsabilité et que ce gouvernement, comme les responsables de la médecine dans notre pays, devrait s'interroger sur ce qui tue en France, plutôt que d'essayer de blâmer les Français en permanence.

18:48
Présentateur

Yannick Jadot et votre programme candidat écologiste à la présidentielle, dans un tout petit instant, d'abord le fil info à 8h52, c'est avec Diane Ferschit. C'est la plus forte croissance française depuis 52 ans, plus 7% pour l'année 2021. Après une récession record l'année précédente, un rebond spectaculaire de l'économie française, réagit le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Après des accusations de grave dysfonctionnement au sein du groupe Orpea, Orpea, une inspection est menée par l'agence régionale de santé à la maison de retraite tenue par le groupe Anneuilly. Sur scène, c'est une information France Info. Certains salariés sont revenus sur place pour être entendus.

Au lendemain de la découverte du corps d'un enfant de 10 ans dans une valise en Seine-et-Marne, sa mère toujours recherchée ce matin par les enquêteurs. À leur domicile, des taches de sang ont été découvertes. Après que le père a donné l'alerte, le corps de l'enfant porte plusieurs traces de coups de couteau. Les Etats-Unis demandent une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU face à la situation en Ukraine et la menace d'une attaque de Moscou. Emmanuel Macron lui s'entretient ce matin au téléphone avec Vladimir Poutine. À Melbourne, Raphaël Nadal accède à la finale de l'Open de tennis d'Australie. Il a battu ce matin l'italien Matteo Berrettini.

Raphaël Nadal qui tentera de décrocher un 21ème titre record de grand chlème.

19:58
Invité

Toujours avec Yannick Jadot, le candidat écologiste à la présidentielle Emmanuel Macron doit s'entretenir ce matin avec Vladimir Poutine, le président russe, au sujet de la crise ukrainienne. Est-ce qu'il doit lui tendre la main ?

20:18
Yannick Jadot

Je ne sais pas ce que ça veut dire lui tendre la main. Ça fait maintenant 4 ans et demi que le président de la République tend la main à Vladimir Poutine et qu'il gifle l'Europe. Je pense que ce n'est pas le rapport de force que nous devons construire avec Vladimir Poutine. Il l'a reçu à Versailles, il l'a reçu à Brégançon. Ça a créé le trouble immense et ça a divisé les Européens dans la relation avec la Russie. Moi ce que je demande au président de la République aujourd'hui, évidemment il faut parler avec Vladimir Poutine. Mais l'essentiel c'est d'afficher notre unité et notre soutien à l'Ukraine.

La proposition que j'ai faite c'est que le président de la République qui préside l'Union Européenne aujourd'hui organise un sommet à Kiev en Ukraine avec tous les dirigeants européens pour montrer que l'Europe est unie dans la défense de l'intégrité territoriale et de la démocratie en Ukraine. Je trouve que dans le débat politique...

21:14
Invité

La Russie aujourd'hui se sent menacée...

21:16
Yannick Jadot

Menacée par qui ? On est quand même dans un élargissement de l'OTAN. Ça c'est le bullshit, pardonnez-moi, de tous les pro-russes en France. Mais qui menace la Russie aujourd'hui ?

21:27
Invité

C'est ce que dit la Russie.

21:28
Yannick Jadot

D'accord, c'est ce que dit la Russie. Mais c'est ce que relaie Zemmour, c'est ce que relaie Le Pen, c'est ce que relaie Mélenchon, c'est ce que relaie... C'est parce qu'il n'y a pas de demande de l'Ukraine de rejoindre l'OTAN. On est quand même... Mais voilà, il n'y a pas de demande de l'Ukraine de rejoindre l'OTAN, il n'y a pas de demande de l'Ukraine de rejoindre l'Union Européenne, il y a un partenariat particulier qui a été développé avec l'Union Européenne. Ce que demande l'Ukraine, c'est qu'on protège leur démocratie et qu'on protège leur sécurité.

Vous avez 100 000 soldats russes à la frontière ukrainienne, et quand on entend les responsables politiques français, on a l'impression qu'ils sont en classe verte et qu'ils sont en train de s'amuser, qu'il n'y a aucun risque.

22:01
Invité

Non, c'est la Russie qui menace l'Ukraine. Comment on fait pour permettre de la désescalade ?

22:06
Yannick Jadot

C'est le dictateur Vladimir Poutine. qui fascine tellement la classe politique française, qui menace la démocratie en Ukraine. Eh bien, nous affichons notre unité en soutien à l'Ukraine en se déplaçant à Kiev. Le président de la République française n'a jamais été à Kiev en 5 ans.

22:25
Invité

Il a reçu le président ukrainien 3 fois à l'Elysée. Vous dites comme la droite qui... Non, mais c'est important d'aller sur place.

22:30
Yannick Jadot

Mais concrètement, concrètement... Effectivement, les menaces, on maintient les menaces, et puis surtout, on arrête le fameux pipeline de gaz Nord Stream 2, qui doit contourner l'Ukraine, donc fragilise l'Ukraine dans sa situation géopolitique.

22:45
Présentateur

Qui n'est pas encore entrée en service.

22:46
Yannick Jadot

Et qui n'est pas encore entrée au service. Et puis, structurellement, la réponse, la meilleure réponse à la Russie, à son chantage, c'est évidemment, comme sur le pouvoir d'achat des Français, d'investir massivement dans les économies d'énergie, rénover les logements, rénover les logements...

23:05
Invité

Vous avez Vladimir Poutine au téléphone, vous lui dites quoi ? Vous lui dites, on va envoyer des troupes par exemple, ou est-ce qu'on va armer l'Ukraine ou pas ?

23:11
Yannick Jadot

L'Union Européenne est unie, l'Union Européenne sanctionnera l'oligarchie corrompue russe qui tient ce pays, qui tient ce pays contre ses opposants.

23:24
Invité

Est-ce que la France doit envoyer des armes aux Ukrainiens ?

23:26
Yannick Jadot

Non, à ce stade, je préfère que la France, encore une fois, ait une initiative politique. Souvenez-vous, Mitterrand était allé à Sarajevo. C'était un signe de paix. Et Nicolas Sarkozy était allé en Géorgie en 2008. C'est ce que souligne la droite aujourd'hui. Eh bien exactement, qu'on ait un président de la République. Vous savez, tous ces dirigeants complaisants vis-à-vis de la Russie en France, ces élus politiques, y compris les plus nationalistes et les plus souverainistes, vous voyez à quel point ils racontent leur amour de Poutine quand vous écoutez ? Et leur détestation de l'Union Européenne, qu'est-ce qu'ils veulent ?

En fait, ils veulent une France forte dans notre pays, mais dure avec les faibles dans notre pays. Et ils veulent vassaliser la France vis-à-vis de la Russie parce qu'ils rejettent l'Union Européenne. Eh bien, pour être fort vis-à-vis de la Russie, il faut une Union Européenne forte, il faut une Union Européenne unie. Et le geste que doit faire le président de la République, Macron, aujourd'hui, c'est d'aller à Kiev avec d'autres dirigeants européens pour dire « la démocratie, nous la soutenons, l'intégrité territoriale de l'Ukraine, nous la soutenons ».

24:35
Présentateur

Yannick Jadot, une dernière chose très rapidement. 467 000 Français sont en train de voter à la primaire populaire. Est-ce que vous allez suivre le résultat ? Je précise que vous avez refusé que votre nom soit parmi les participants, mais c'est bien le cas. Ils peuvent voter pour vous s'ils le souhaitent.

24:48
Yannick Jadot

Oui, écoutez, il y a plus de 460 000 participants. Dans l'esprit, cette primaire populaire, c'était de dire « il faut réduire le nombre de candidatures et il faut pour porter l'écologie et la justice sociale ». L'hypothèse la plus probable, c'est que ça ajoute une candidature. Celle de Christiane Taubira. Et que ça mette de côté l'écologie. Eh bien, écoutez, pour toutes ces personnes qui se sont inscrites avec sincérité pour défendre l'écologie et la justice sociale, il y a un projet, il y a une candidature qui met l'écologie et la justice sociale comme priorité absolue. Vous les appelez à voter pour vous, en quelque sorte. C'est le projet écologiste et c'est ma candidature.

25:34
Invité

Juste une dernière information, puisque vous parliez de votre volonté qu'Emmanuel Macron aille sur place à Kiev. Le ministère des Affaires étrangères nous annonce ce matin que c'est Jean-Yves Le Drian et son homologue allemand qui va se rendre sur place très bientôt.

25:48
Yannick Jadot

Est-ce que les Russes connaissent seulement Jean-Yves Le Drian ?

25:53
Présentateur

Quand même. C'est des Affaires étrangères. Pour un moment, il était déjà en place, je vous le rappelle.

25:57
Yannick Jadot

Oui, ça fait longtemps qu'il est en place. La question, c'est le président Macron et notamment Olaf Scholz, l'allemand, et puis d'autres dirigeants européens aujourd'hui. Il faut faire de la politique, il faut faire de la diplomatie avec fermeté et unité.

26:13
Présentateur

Yannick Jadot, merci beaucoup. Bonne journée à vous.