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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 12 janvier 2026 18 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEurope & internationalSécurité

Jean-Philippe Tanguy : "Le RN votera les motions de censure contre le gouvernement !" (France 3)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 84 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous y croyez, vous, à cette dissolution de l'Assemblée nationale ?

  • 1:37RelanceRéponse directe

    Est-ce que Sébastien Lecornu pourrait tomber sur cette motion de censure ? Ou là, vous n'y croyez pas non plus ?

  • 2:03OuverteRéponse partielle

    Et donc, comment ça passe ?

  • 3:39OuverteRéponse directe

    Si vous voulez une dissolution, c'est pour qu'il y ait des législatives. Vous pensez que vous pourriez les gagner aujourd'hui ?

  • 4:23OuverteRéponse directe

    Le Mercosur, c'est une étape importante. Cette semaine, des agriculteurs sont montés à Paris en tracteur. Est-ce que ce genre de discours que les agriculteurs attendent ?

  • 4:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pensez que c'est ce genre de discours que les agriculteurs attendent ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « Ils sont tous paralysés. Ils n'ont pas d'idée, pas d'idée d'économie, pas d'idée pour réformer l'État. »
  • 1:46Invité politiquePromesse
    « Nous, on votera les deux motions de censure. On votera la motion de la gauche, on votera évidemment la motion que Marine Le Pen dépose. »
  • 2:26Invité politiqueFait
    « Il fallait suspendre la participation financière de la France. Il fallait faire la politique de lâcher le vide. »
  • 9:52Invité politiqueChiffre
    « On arrive à 5,6% de déficit. On ne devait pas dépasser les 5, on devait même être à 4,7%. »
  • 10:00Invité politiqueChiffre
    « Un point de déficit en plus, c'est 30 milliards de dettes. »
  • 10:09Invité politiqueChiffre
    « Ils augmentent les impôts de 20 milliards. Et l'année dernière, ils ont augmenté de 24 milliards. »
  • 12:32Invité politiqueChiffre
    « L'endettement par trimestre, c'est 70 milliards d'euros. »
  • 13:50Invité politiqueFait
    « Je sais qu'elle est innocente. »
  • 14:06Invité politiqueFait
    « Je ne comprends pas comment cette condamnation a été possible. »
  • 17:47Invité politiqueFait
    « Le Groenland, c'est un territoire souverain du Danemark et donc au sein de l'OTAN, au sein de l'Union européenne. »

Temps de parole

  • Jean-Philippe Tanguy74 %
  • Présentateur19 %
  • Invité4 %

2,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

J'accueille tout de suite donc Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, bonjour. Figure du groupe RN à l'Assemblée nationale, spécialiste des finances. Les Français pourraient être amenés à voter pour leur maire et leur député en mars prochain. En cas de censure, Sébastien Lecornu prépare en effet l'administration et les Français à l'idée d'une dissolution de l'Assemblée nationale que vous demandez depuis longtemps. Est-ce que vous y croyez, vous, à cette dissolution de l'Assemblée nationale ?

0:23
Jean-Philippe Tanguy

Sincèrement, j'ai du mal à y croire, M. Lettelly. On a l'impression que c'est un énième coup de pression sur les députés LR et PS qui ont peur de retourner devant les électeurs. Nous, M. Lecornu sait très bien que Marine Le Pen et Jordan Bardella veulent retourner, vous l'avez dit, devant les électeurs pour proposer un programme de redressement. Parce que moi, j'étais encore en commission des finances depuis trois jours. Ils sont tous paralysés. Ils n'ont pas d'idée, pas d'idée d'économie, pas d'idée pour réformer l'État. Les seules idées qu'ils ont, c'est des impôts. Vous ne croyez pas à cette histoire de dissolution de l'Assemblée nationale ? J'aimerais y croire.

J'aimerais y croire parce que sincèrement, je pense que c'est la seule solution pour notre pays. Mais vous dites non, c'est du bluff. Je pense que c'est du bluff. Je pense que c'est, évidemment, pour, comment dire, stresser les députés qui ont peur de rendre des comptes. Mais vous voyez ce qui est impressionnant ? C'est vraiment qu'avoir peur de son bilan, qu'on est Macroniste, c'est normal. Mais aujourd'hui, ils ont aussi peur, finalement, du programme qu'ils devraient proposer aux Françaises et aux Français s'ils se retrouvaient devant eux. Parce qu'ils ont tellement encore mal dépensé de l'argent depuis deux ans.

Notre pays est dans de telles difficultés qu'ils n'ont plus rien à proposer aux Français. Donc, ils ont peur d'eux-mêmes, finalement. Et c'est dommage, puisque c'est les Français qui font...

1:26
Présentateur

Il va y avoir un premier test, parce que Sébastien Lecornu dit « S'il y a une motion de censure et que je suis minoritaire, alors il y aura dissolution de l'Assemblée nationale ». Premier test, ça va être la motion de censure sur le Mercosur. Vous en avez déposé une, et les filles en ont déposé une aussi. Est-ce que Sébastien Lecornu pourrait tomber sur cette motion de censure ? Ou là, vous n'y croyez pas non plus ?

1:42
Jean-Philippe Tanguy

Mais il devrait. C'est-à-dire qu'il devrait, mais ça ne dépend pas du Rassemble national. Nous, on votera les deux motions de censure. On votera la motion de la gauche, on votera évidemment la motion que Marine Le Pen dépose. Mais les Républicains, à toutes les élections, les élections européennes, les élections nationales, ont dit qu'ils étaient contre le Mercosur. Les socialistes, à toutes les élections, ont dit qu'ils étaient contre le Mercosur.

2:03
Présentateur

Et donc, comment ça passe ?

2:04
Jean-Philippe Tanguy

Ben oui, mais le problème, c'est qu'ils ne sont pas clairs, puisque les rumeurs de couloirs que j'ai entendues en tout cas hier à l'Assemblée nationale, puisqu'on travaillait, c'est qu'ils ne vont pas la voter. Ni LR, ni PS, vous voulez. Oui, parce que soi-disant, M. Macron a voté contre. Enfin, c'est trop facile, quand on est président de la France, de voter contre en sachant qu'on n'a rien fait pour pas que ça passe. Parce que, qu'est-ce qu'il fallait faire pour pas que ça passe, le Mercosur ? Il fallait suspendre la participation financière de la France.

Il fallait faire la politique de lâcher le vide, comme l'avait fait le général de Gaulle, quand la PAC, déjà à l'époque, un sous-général de Gaulle, il faut que ceux qui nous écoutent le sachent, à l'époque, pourquoi le général de Gaulle avait fait la politique de lâcher le vide, c'était déjà sur la politique agricole commune et la politique commerciale.

2:42
Présentateur

Revenons à l'avention de censure, sur le Mercosur, ça va être la première à être dépêtu. Nous vous dites aujourd'hui, elle ne sera pas adoptée.

2:50
Jean-Philippe Tanguy

J'espère qu'elle sera adoptée. Mais vous n'y croyez pas. C'est-à-dire que je suis tellement habitué, vous savez, moi je viens de l'UMP, il y a très longtemps, c'était il y a 20 ans, certes, mais quand même, je les connais un peu. Malheureusement, je connais surtout leurs défauts, c'est pour ça que je suis parti. Et notamment, il faut bien le dire, la lâcheté. Donc écoutez, on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. Ce sont des députés, c'est vrai souvent, les Républicains de zone rurale.

Donc peut-être que la mobilisation des agriculteurs que je salue, quel que soit le syndicat d'ailleurs, va leur donner du courage, non pas aux agriculteurs qui en ont, mais aux députés LR, pour censurer sur quelque chose qui est très grave. Parce qu'on se rend compte de quoi, M. Letellier, vous suivez ces affaires depuis très longtemps. C'est qu'on a l'impression vraiment que la France n'est plus souveraine. On a l'impression qu'on a un Parlement croupion, qui s'agite, qui blablate, mais qu'il ne se passe rien, quand la France décide quelque chose à Bruxelles. On est comme un pays fondateur, et on est le deuxième pays le plus contributeur aux finances de l'Union Européenne.

3:37
Présentateur

Si vous voulez une dissolution, c'est pour qu'il y ait des législatives. Oui. Dans l'idée, vous, vous pensez qu'aujourd'hui vous pourriez les gagner,

3:44
Jean-Philippe Tanguy

alors que vous ne les aviez pas gagnés en 2024. Ah mais ça, on ne sait jamais. Il faut toujours rester très modeste devant le choix des électeurs. Ce que je sais, c'est que nous avons un programme avec Jordan Bardala et Marine Le Pen, qui est sérieux, qui est capable de convaincre, je pense, les électeurs sur un programme de redressement. Mais ce ne serait pas partie gagnée d'avance pour vous ? Bien sûr que non. Les élections, ce n'est jamais gagné d'avance. Il faut toujours se battre. Il faut toujours convaincre nos compatriotes, qui sont dans une période extrêmement difficile.

On a vu les problèmes de pouvoir d'achat, évidemment, au fait où les gens ont quand même eu de mal à se faire des petits plaisirs. Des problèmes de salaire, les problèmes de santé, avec la grève des médecins qui est très grave. Les problèmes de sécurité et des migrations, qui sont toujours aussi importants. Donc il y a un programme de redressement à proposer. Il faut convaincre.

4:23
Présentateur

Le Mercosur, on en reparle, c'est une étape importante, a été franchie avec la signature de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et des pays d'Amérique latine, malgré l'opposition de la France. Mais ça ne suffit pas à bloquer le texte. Cette semaine, des agriculteurs sont montés à Paris en tracteur, soutenus par la coordination rurale. D'autres actions ont été menées par la Confédération paysanne. Ce matin, l'un des points de blocage reste le port du Havre, où les agriculteurs contrôlent les camions et la provenance des marchandises. Marine Le Pen, vous l'évoquiez un peu, estime qu'en retour, la France devrait suspendre sa contribution au budget de l'Europe.

Sauf que l'essentiel du budget de l'Europe, c'est la politique à l'école commune. Est-ce que vous pensez que c'est ce genre de discours que les agriculteurs attendent ?

4:56
Jean-Philippe Tanguy

Oui, en tout cas, c'est notre position à nous. Vous savez, nous, on n'en est pas... Oui, il n'y a plus d'argent de la PAC dans ce cas-là. Oui, si, parce qu'on donne 30 milliards. Là, on va voter, je sais que vous recevez la ministre des Comptes publics. Juste ça. On a décidé, on va décider, malheureusement, je crains, de verser 30 milliards d'euros. On reçoit 9 milliards d'euros de la PAC. Donc, si je vous donne 3 000, M. Le Tellier, et que vous me rendez 900, je ne fais pas une très bonne affaire. Vous en conviendrez. Voilà, en tout cas, c'est une bonne affaire pour vous, qui incarnez l'Union européenne, je suis désolé.

Ce n'est pas une bonne affaire pour moi, qui incarne les agriculteurs, là, tout de suite. Voilà, bon, donc, il faut arrêter de brandir cette menace qui n'est pas sérieuse. Il faut un rapport de force. Vous savez, les Allemands, qui sont les premiers contributeurs, ils obtiennent ce qu'ils veulent. D'ailleurs, donc, eux, ils obtiennent toujours ce qu'ils veulent. Et nous, il faut bien le dire, avec ces gouvernements, on est un peu les pigeons de l'Union européenne. Il y a aussi des pays qui ont changé d'avis. L'Italie,

5:47
Présentateur

par exemple, Georgia Mélonie s'opposait au Mercosur avec la France. Elle a changé d'avis.

5:52
Jean-Philippe Tanguy

Est-ce que vous le regrettez ? Oui, l'Italie défend l'Italie. C'est tout. Ça vient pour soi. C'est comme ça que fonctionne en fait l'Europe. Mais c'est ça aussi un peu. Vous savez, moi, je suis souverainiste. J'ai toujours été dans le combat contre l'Union fédérale parce que c'est un mensonge. Les États existent. Le général de Gaulle disait les États, ce sont des œufs durs et on ne fait pas une omelette au sein de l'Europe. Donc, il n'y a que les macronistes qui croient que... Mais en fait, les macronistes pensent que quand la France sacrifie ses intérêts, les autres vont le faire. Ben non, la France sacrifie ses intérêts et les autres ne le font pas. Mme Mélonie, elle a bien négocié.

Moi, je le regrette pour mon pays. Mais Mme Mélonie a négocié pour l'Italie. Parce que pour Jordan Bardella,

6:24
Présentateur

par tronc de votre parti, Georgia Mélonie, c'est un exemple. C'est un exemple jusqu'au jour où elle contrevient aux intérêts des Français.

6:30
Jean-Philippe Tanguy

Mais c'est un exemple dans le sens où elle défend l'Italie. C'est-à-dire, nous, il n'est pas trinote.

6:34
Présentateur

C'est-à-dire qu'à un moment, il faut choisir son camp.

6:35
Jean-Philippe Tanguy

Mais notre camp, c'est les Françaises et les Français. On n'a jamais... Bon, Mme Mélonie, d'ailleurs, n'est pas notre alliée. Non, je n'ai pas dit ça. On n'est pas contre elle, mais elle n'est pas dans notre même groupe au Parlement européen. M. Trump a dit qu'il défendrait l'intérêt des États-Unis avant tout, sous toutes ses formes d'ailleurs, et il défend l'intérêt des États-Unis. Et nous, on est là avec M. Macron qui est bénévolent avec tout le monde, qui fait des chèques en blanc au monde entier et qui n'obtient jamais rien pour les Françaises et les Français.

7:09
Présentateur

Il y a un autre sujet d'inquiétude chez les agriculteurs en ce moment, c'est la dermatose nodulaire contagieuse. Marine Le Pen s'est contentée de dire jusqu'à maintenant à propos de la question de l'abattage systématique des troupeaux, il faut trouver un accord entre les scientifiques et les agriculteurs. Oui, mais les agriculteurs, ils disent qu'ils sont contre l'abattage systématique. Est-ce que vous les soutenez

7:27
Jean-Philippe Tanguy

sur cette proposition précise ? Il y a plusieurs positions au sein du monde agricole. Moi, je le vois bien dans la Somme. Les agriculteurs ne sont pas d'accord là-dessus. Mais il y a un moment, vous savez, les hommes et les femmes politiques ne savent pas tout. C'est ça aussi le sens de la démocratie. Donc là, vous vous en remettez au gouvernement. Non, pas au gouvernement. C'est de faire confiance aux corps intermédiaires, aux représentants des agriculteurs, aux représentants de la science, des vétérinaires. Mais ils sont divisés.

7:49
Présentateur

Donc il faut choisir là aussi. Est-ce que vous faites confiance à la FNSEA qui dit qu'il ne faut pas abattre ou à la Confédération Paysanne et la Confédération Générale qui disent qu'il ne faut pas abattre ? Mais le problème,

7:56
Jean-Philippe Tanguy

c'est qu'il n'y a pas eu de consultation en amont, M. Le Tellier. Et vous savez, par exemple, Julien Rancoule, député Rassinion nationale de l'Aude, avait prévenu le 28 octobre qu'il fallait vacciner l'ensemble des départements du Sud-Ouest, l'Aude, les Périnées-Orientales, l'Ariège. Ça n'a pas été fait, on ne nous a pas écoutés. En fait, derrière ça c'est quoi, les consultations ? Ce n'est pas juste réunir des gens autour d'une table. C'est écouter vraiment les gens qui viennent vous voir, qui ont des propositions. Et les agriculteurs et les scientifiques, ils peuvent arriver à un accord. Ils y sont toujours arrivés. Mais vous ne prenez pas position sur ce sujet-là ?

Oui, parce que moi je ne sais pas. Je ne sais pas aujourd'hui quelle est la meilleure solution. J'entends les agriculteurs, j'entends les vétérinaires. Ils ne se sont pas mis d'accord. Et c'est le travail aussi en démocratie d'arriver à un accord. Regardez sur la grippe aviaire, il y a eu un accord. Donc beaucoup n'ont pas réussi sur la dermatose nodulaire. Ce qu'ils ont réussi sur la grippe aviaire, c'est qu'ils n'ont pas en fait dialogué avec les agriculteurs.

8:46
Présentateur

En tout cas, c'est reparti pour un tour sur le budget 2026. Le gouvernement va essayer de trouver une voie de passage pour le faire voter avant la fin du mois en espérant rallier les républicains et les socialistes. Les uns défendant l'idée de dégainer le 49-3 quand les seconds ne s'y opposent pas.

8:59
Invité

Il faut que le gouvernement arrête de faire des transactions avec le parti socialiste, engage le 49-3 pour que la France ait un budget rapidement mais pas n'importe quel budget. Ça ne sert à rien d'avoir un mauvais budget si ce budget-là accroît les dépenses publiques et accroît la fiscalisation notamment de l'économie française. Si la motion de censure, nous verrons ce que nous ferons à ce moment-là en fonction de ce que sera la copie du gouvernement. Moi, mon problème, ce n'est pas de savoir quelle est la modalité d'adoption. Ma question, c'est de savoir ce qu'il y aura dans la copie. Si la copie est mauvaise, nous censurerons.

9:30
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, pour vous au RN, est-ce que le 49-3 est évitable ?

9:34
Jean-Philippe Tanguy

Je ne sais pas s'il est évitable mais on va dire que je m'enfile le 49-3 parce qu'en fait, le 49-3, c'est ce qu'il y a dans le budget. S'il y a des impôts et de la dette comme ils ont fait sur le PFCS 149-3, ça n'a aucun intérêt. Or, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? On en est où de la dette, de l'endettement, du déficit et des impôts dans la copie qui est sur la table. On arrive à 5,6% de déficit. On ne devait pas dépasser les 5, on devait même être à 4,7%. Donc ça veut dire quoi pour les gens qui nous écoutent et qui s'entendent plein de chiffres ? Un point de déficit en plus, c'est 30 milliards de dettes.

Et 30 milliards de dettes, c'est forcément des impôts qui arriveront d'une manière ou d'une autre. Et en plus, ils aggravent la dette et l'endettement alors qu'ils augmentent les impôts de 20 milliards. Et l'année dernière, ils ont augmenté de 24 milliards. Donc pourquoi les gens n'en peuvent plus ? Pourquoi ils n'ont plus d'argent pour faire leur course de Noël ou faire plaisir à leurs enfants ? C'est que les impôts, ça tape, ça tabasse tout le temps

10:21
Présentateur

sur tous les domaines. Si le gouvernement sort le 49-3, vous déposez une nouvelle motion de censure contre le budget ? Bien sûr. Mais pas parce que ce sera le 49-3. Parce que le budget est mauvais. Donc ça veut dire que même s'il n'y a pas le 49-3, vous sortez une motion de censure contre le budget ? Sans doute, oui.

10:35
Jean-Philippe Tanguy

Si ça part dans le décor, c'est Marine Le Pen et Jordan Bardella qui décideront. Mais vous, vous partez de ce principe. Parce que ça dépend de ce qu'il y a. Je ne sais pas ce qu'il y a. Je ne vais pas m'engager. Non mais vous avez dit déjà un peu les grandes lignes. Parce qu'effectivement, c'est vers là. Donc c'est motion de censure quoi qu'il en soit pour vous ? Non mais ce n'est pas motion de censure quoi qu'il en soit, c'est faire barrage à un mauvais budget, à des hausses d'impôts, à des hausses de dépenses. Ça fait un an que M. Pendant un an, M. Berrou nous a dit c'est dramatique, il faut faire des économies. Les dépenses augmentent de 18 milliards. Bon, de 28 milliards pardon.

Et là, le groupe réfléchira à une motion de censure. C'est Marine Le Pen et Jordan Bardella qui décide. Qui dit 49-3 ou pas ? Il est évident. Mais parce qu'une fois de plus, le 49-3, ça c'est un truc des socialistes. D'ailleurs, vous l'avez vu, au début, il ne fallait pas de 49-3 sinon ils censuraient. Maintenant, ils appellent François Hollande et un certain nombre de socialistes appellent à un 49-3. Donc tout ça, c'est n'importe quoi. C'est juste qu'en fait que les LR qui ont eu le pouvoir au Sénat, parce que les LR sont majoritaires, à M. Rotaillot qui faisait le malin. Ils sont majoritaires au Sénat. Qu'est-ce qu'ils ont fait au Sénat ? Ils ont aggravé le déficit.

Donc en fait, ce sont des gens qui prétendent être sérieux parce que les sénateurs ont quand même une grande prétention depuis des années à savoir mieux que tout le monde ce qu'il faut faire et ils ont encore aggravé la copie des socialistes. Et donc en fait, M. Rotaillot a fait pire que les socialistes. Par exemple, il faut quand même que j'en finirai là-dessus, M. Rotaillot a accepté une hausse de l'impôt sur le revenu de 1,5 milliard sur les classes moyennes alors qu'il avait dit le contraire une semaine avant.

11:58
Présentateur

On a entendu en tout cas la motion de censure quoi qu'il en soit. Autre possibilité, c'est de faire passer le budget par ordonnance. Est-ce que ce ne serait pas

12:04
Jean-Philippe Tanguy

la meilleure solution ? Moi, en tout cas, c'est sûr. D'ailleurs, je crois que j'ai été sur votre plateau un des premiers qu'il avait dit précédemment que c'est ce qui se préparait depuis le début. C'est quoi les ordonnances ? C'est on passe au-dessus du Parlement et on applique le budget qu'on voulait depuis le début. Et ce serait une mauvaise solution ou une bonne solution ? Non, ce n'est pas une bonne solution puisque ça veut dire que c'est un budget avec 20 milliards de hausse d'impôt, 19 milliards exactement, et des dépenses en roue libre. Donc, c'est encore un aggravement de l'endettement de la France.

Il faut quand même remarquer qu'en ce moment, l'endettement par trimestre, c'est 70 milliards d'euros. Donc, un endettement de 70 milliards d'euros par trimestre avec des taux d'intérêt de 4%, je vous laisse faire le calcul, c'est 2 milliards d'intérêt.

12:41
Présentateur

Jean-Philippe Tanguy, donc si je vous comprends bien, si c'est 49,3, ce n'est pas la bonne solution, si c'est des ordonnances, ce n'est pas la bonne solution, il y a peu de chances qu'il y ait une majorité, ou en tout cas, c'est compliqué pour l'instant, on va dire, donc c'est l'impasse totale.

12:51
Jean-Philippe Tanguy

L'impasse, on en revient à la dissolution, M. Le Tellier. Il faut revenir devant les Français. C'est ça qu'a prévu la Constitution de la Ve République. Quand il y a blocage ou quand il y a des incapables, qu'est-ce qui s'est passé aux dernières élections législatives ? Vous avez les macronistes, les LR, les socialistes qui ont dit aux Français et aux Français « Ah, on a compris le message, on a compris votre colère, cette fois, vous allez voir ce que vous allez voir, on va s'entendre pour résoudre les problèmes. » Et en bout de 18 mois, qu'est-ce qu'ils ont résolu comme problème ? Rien. Tout est au rouge.

13:16
Présentateur

Même les médecins, ils sont en graines. Seule vraie réponse pour vous, c'est la dissolution de l'Assemblée ? Bien sûr. En ce début d'année 2026, Marine Le Pen va retrouver le chemin du tribunal, toujours dans le cadre de l'affaire des emplois d'assistants parlementaires européens. On va accueillir Nathalie Moret, reporter politique chez Ebra Presse qui est avec nous aujourd'hui pour en parler. Bonjour Nathalie.

13:30
Invité

Bonjour Francis. Bonjour Madame. Parce que c'est important dans l'agenda. Absolument. Dans 48 heures, débutera donc le procès en appel de Marine Le Pen devant la Cour d'appel de Paris. En première instance, je rappelle qu'elle a été condamnée à 4 ans de prison dont de ferme et à 5 années d'inéligibilité avec exécution provisoire. Jean-Philippe Tanguy, êtes-vous inquiet ?

13:50
Jean-Philippe Tanguy

Non, parce que je sais qu'elle est innocente. Je sais qu'elle est courageuse, je sais qu'elle est combative.

13:54
Invité

Elle a été condamnée en première instance ?

13:55
Jean-Philippe Tanguy

Oui, ça n'empêche pas de savoir moi qu'elle est innocente. C'est ma conviction, mon intime conviction comme disent certains juges. Je ne suis pas juge, mais je connais bien Marine Le Pen, je connais le dossier et je ne comprends pas comment cette condamnation a été possible. Donc Marine Le Pen est très combative, très courageuse. Je pense que les Françaises et les Français, même ceux qui ne la soutiennent pas d'ailleurs, lui reconnaissent ses qualités et donc elle va aller prouver son innocence et celle de nos amis parce qu'elle n'est pas seule à être injustement... Juste une seconde, est-ce qu'elle va changer de stratégie de défense ? Ça lui appartient.

Écoutez, moi je n'ai pas de commentaire à faire, je ne sais pas, parce que Marine Le Pen dissocie totalement son rôle de chef politique à l'Assemblée nationale et en France de ce procès. Et vous avez eu d'ailleurs nos positions ne sont pas du tout altérées par ce procès. On va en motion de censure, Marine Le Pen est présidente de groupe et il y a le procès en même temps. Donc vous voyez, elle est capable de mener tous les frais.

14:41
Invité

L'enjeu c'est de savoir si elle sera votre candidate en 2027, vous y croyez encore ?

14:45
Jean-Philippe Tanguy

Bien sûr que j'y crois, oui.

14:46
Invité

D'accord. Si jamais elle devait être à nouveau condamnée, ce serait Jordan Bardella qui serait votre candidat pour l'élection présidentielle, est-ce qu'il est à la hauteur de Marine Le Pen qui elle a déjà trois présidentielles derrière elle ?

15:00
Jean-Philippe Tanguy

Mais il est évident que si Jordan Bardella était candidat, ce serait d'autres qualités, ce serait un autre parcours, ce serait une autre proposition pour la France. Ils ne sont pas interchangeables. Marine Le Pen a une expérience unique, a fait ses campagnes présidentielles, a un lien avec les Français qui est différent de celui de Jordan qui lui-même a gagné deux campagnes législatives et a failli de Premier ministre l'année dernière. Donc on a la chance dans notre famille politique d'avoir, il faut bien le dire, deux personnes très populaires, très reconnues par les Français pour leurs compétences mais qui sont différentes. Oui, vous dites pas interchangeables.

Interchangeables, c'est pas flatteur.

15:30
Invité

Ça veut dire plombé ? Comment ? Ça veut dire plombé, pas interchangeable ?

15:33
Jean-Philippe Tanguy

Mais plombé, c'est un côté, comment dire, désagréable pour Jordan Bardella. Mais vous dites vous-même,

15:36
Invité

ils ne sont pas interchangeables.

15:37
Jean-Philippe Tanguy

Oui, ils ne sont pas interchangeables, ils sont différents. Ce serait ridicule de dire que ce sont des clones, ils ne le sont pas, ils ont tous des qualités différentes. Par contre, n'oublions pas que Jordan Bardella a rejoint et est venu en politique pour le programme de Marine Le Pen. Il le dit régulièrement dans ses livres, dans ses interventions et donc il est totalement dans la ligne, dans la fidélité à ce qu'a fait Marine Le Pen. C'est son premier soutien d'ailleurs.

15:56
Présentateur

D'accord. Merci, Nathalie. On va s'arrêter là pour l'instant. Vous y avez parlé de choses. On reparlera des municipales un peu plus tard. On aura l'occasion. Jean-Philippe Tanguy, toujours à propos du procès dont vous parliez tout à l'heure, Marine Le Pen s'en était prise au juge à l'époque. Est-ce qu'aujourd'hui, ce sera un discours un peu plus édulcoré ?

16:11
Jean-Philippe Tanguy

Sincèrement, Marine Le Pen s'en était pas prise au juge. C'est plutôt, par exemple, moi qui m'en étais un peu prise au juge. On a 48 heures pour maudire ces juges. Voilà, Marine Le Pen a toujours respecté l'institution judiciaire. Donc, vous, par exemple, vous changerez un peu de discours par rapport à la justice ? Non, mais moi, si vous voulez, à l'époque, j'ai pris la défense de Marine Le Pen au nom du groupe parce que j'estimais que ce qui arrivait à Marine Le Pen était particulièrement injuste. On est aussi des êtres humains. On vit les événements, on vit les émotions. Puis vous savez, il y a beaucoup de Françaises et de Français qui s'interrogent sur, comment dire, le certain magistrat.

Voilà, vous connaissez le rôle du syndicat de la magistrature. Le substitut du procureur pendant la réquisition avait quand même dit devant quelqu'un un des accusés envers lequel il n'avait rien à lui reprocher et dit ça me ferait mal que vous acquittiez un des accusés, une des personnes qui était avec Marine Le Pen au procès. C'est quand même une prise de parole qui était inacceptable. Évidemment, respect pour l'institution judiciaire mais aussi, vigilance.

17:09
Présentateur

Vous restez donc sur votre ligne de défense. Un dernier mot sur la situation internationale parce qu'il devrait y avoir un débat bientôt à l'Assemblée nationale sur le sujet après l'intervention des États-Unis au Venezuela et Donald Trump qui revendique toujours le Groenland. Pour vous, est-ce que Trump est un danger,

17:21
Jean-Philippe Tanguy

une menace ? Ce n'est pas que c'est un danger. Je vous l'ai dit tout à l'heure, Donald Trump a été élu sur un programme clair. Il a plein de défauts au monde.

17:29
Présentateur

Mais dans le programme, il n'y avait pas la capture de Maduro

17:32
Jean-Philippe Tanguy

et il n'y avait pas l'annexion du Groenland. Il y avait la défense, quoi qu'il arrive, des intérêts avec une vision offensive du monde. M. Trump, ce qu'il fait, franchement, je ne vois pas qui ça peut étonner par rapport à la campagne électorale. Mais est-ce que ça vous choque quand il revendique le Groenland ? Mais il n'a absolument pas à revendiquer le Groenland, évidemment. C'est un danger. Le Groenland, c'est un territoire souverain du Danemark et donc au sein de l'OTAN, au sein de l'Union européenne. Voilà. Donc, évidemment, le Rassemblement national n'accepte aucune atteinte à la souveraineté des États. D'ailleurs, on ne va pas pleurer sur le sort de M.

Maduro, mais par contre, on est contre une intervention d'un pays envers un autre, une intervention quand même militaire. Parce que dans ce cas-là, il n'y a plus de limites. Donc, moi, je comprends les Françaises et les Français qui sont contents de se débarrasser d'un dictateur. On l'est aussi. Mais le problème, c'est qu'on ne sait jamais comment ça commence et on ne sait jamais comment ça finit. Et la France a une voix différente respect de la souveraineté des États. Sous-titrage ST' 501

Jean-Philippe Tanguy : "Le RN votera les motions de censure contre le gouvernement !" (France 3) — Jean-Philippe Tanguy · Pourquijevote