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interviewLCP - Assemblée nationale· 2 septembre 2025 19 min

Raphaël Glucksmann : "il n'y a pas de confiance à accorder et de chèque en blanc à signer"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On est d'abord venu ici parce que on ne refuse pas la discussion, on ne refuse pas la possibilité d'échanger avec le premier ministre de la France. Euh aussi parce que nous euh nous avions dit depuis le début que nous étions prêts à une négociation, que vu qu'il n'y a pas de majorité dans euh l'assemblée, euh il y a la nécessité de négocier de manière sérieuse. Quand la copie a été présentée en juillet, on a dit qu'on était très très loin d'une copie acceptable pour nous, que nous allions travailler à des contrepropositions et qu'ensuite commenceraient des négociations et qu'il pouvait y avoir un chemin si le premier ministre et le gouvernement accepit qu'ils n'ont pas de majorité et que donc ils doivent construire un compromis.

L'annonce du vote du 8 septembre a cassé la possibilité de ces négociations et donc c'était à prendre ou à laisser la confiance, l'enveloppe, la dimension de l'enveloppe, tout cela était à prendre où elle fait. Nous ne signons aucun chèque en blanc. Et du coup, en faisant cette annonce, le premier ministre a rendu tout le processus qui est un processus de dialogue et bien compromis.

Donc nous nous avons dit une chose simple déjà, pourquoi ? Pourquoi ? Parce qu'on comprend pas.

Et c'est la première question qu'on a posé au premier ministre. Pourquoi avoir fait cela ? Et je peux vous dire que je ne comprends toujours pas. qui vous a répondu ?

Ouais. C'est quoi ces explications ? Qu'il fallait euh un geste fort pour placer les gens face à leur responsabilité, que le mur de la dette exigeait une telle démarche.

Mais ce qui est nécessaire quand on fait face à un problème grave, c'est d'apporter une solution qui est réaliste et crédible. Et ça suppose une capacité à accepter un fait simple mais qui ne semble toujours pas être accepté par les dirigeant de ce pays. C'est qu'il n'y a pas de majorité et que donc ce qui est réaliste, c'est d'être capable de construire un processus de négociation pour obtenir une majorité pour un budget.

Ça veut dire que vous êtes obligé de prendre ce que réclame, exige vos oppositions. Et donc ça supposait un processus au courant du mois de septembre qui aurait pu aboutir soit à un compromis, soit à une censure, mais en laissant la chance à la discussion, au dialogue, au rapport de force et à la démocratie parlementaire. Mais il vous a dit que c'était les Français qui étaient responsables de la dette.

Il l'a pas dit là, il l'a dit dans les médias. Nous, il nous a pas dit, il nous a pas dit que c'était les Français qui étaient sur la tête. Encur voilà, en l'occurrence nous par contre on a rappelé que 1000 milliards de dettes de plus et que c'était pas à destination des Français les plus pauvres toujours qu'il y avait des mesures qui grévaient les finances publiques puisque ceux qui ont le plus bénéficié des h dernières années, il est évident que c'est ceux qui avaient déjà le plus.

Donc nous la position elle est très simple. S'il y a un vote 8, il n'y a pas de confiance à accorder et de chèque en blanc à signer. C'est impossible.

C'est impossible. Donc si le Premier ministre veut qu'il y ait une négociation, et bien il faut venir devant vous là maintenant là et dire bah c'était une erreur, il n'y a pas de vote le 8, on ouvre un processus de négociation et on verra à la fin. Mais on ne peut pas exiger de nous qu'on signe un chèque en blanc alors même que la copie qui est présenté en juillet et je laisserai Aurore en parler dans le détail mais sur les questions sur la question de l'enveloppe générale du 44 milliards ou sur la manière dont est réparti l'effort inacceptable pour nous et que nous l'avions dit tout en disant aussi que nous étions prêts à négocier.

Nous ne voulons pas le chaos. Ce que nous voulons, c'est que la France ait un budget et nous voulons que ce budget soit à la fois réaliste, qu'il prenne en considération la gravité de la dette, mais qu'il soit aussi juste. Juste parce qu'en fait à la fin, c'est la justice qui est réaliste.

Lors de votre rendez-vous, est-ce que François Bou a tenté de vous faire une dernière proposition pour Il n'a pas encore fait dans les médias pour d'avoir vos votes ? il a dit qu'il était ouvert à discuter, mais le problème c'est que la discussion elle ne peut pas durer 1 heure ou une semaine. Elle doit être un processus de négociation.

C'est ce que nous avons rappelé et que donc du coup et bien on se retrouve dans une situation où tout le monde dit qu'il est ouvert à discuter mais la vérité c'est que il y aura pas de négociation s'il y a un vote le 8 qui exige un chèque en blanc sur quelque chose que nous nous rechons à la fois sur la dimension de l'efforts et sur la répartition de l'eff. La décision, elle est irrévocable aujourd'hui de voter contre. Est-ce que vous dites aussi ce mot irrévocable ?

Mais ce qui est ce qui est certain, c'est que si il y a un vote 8 maintenu, c'est une porte fermée à un processus de négociation. Donc il y aura pas de confiance. C'est c'est aussi simple que ça.

Il n'y aura pas de confiance lui. Par contre, il peut y avoir ben un premier ministre qui arrive et qui vous dit "Je lance un processus de négociation qui aboutira ou pas à une censure, mais ce qui suppose de ne plus se présenter un chèque en blanc le 8. En particulier du premier ministre, est-ce que vous soutiendrez un gouvernement de gauche ?

Est-ce que vous soutiendrez un gouvernement de gauche ou qui peut venir du socle communalement ? Moi, j'ai dit la même chose. Nous avons dit la même chose depuis le 7 juillet 2024.

Des fois, j'ai l'impression sérieusement que je n'exprime pas en français. Peut-être pourriez-vous certifier que la langue que je parle devant vous et bien le français, celle que j'ai apprise depuis mon plus jeune âge qui est la mienne. Il me semble que mon français est assez clair.

Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, nous le répétons. Donc nous nous voulons et nous espérons d'ailleurs que à un moment il y ait une majorité de gauche. Nous voulons et nous espérons que la personne qui sera chargée si jamais il y a plus de gouvernement Dairou dans le 8 soit de gauche.

Et ce que nous voulons surtout, c'est que il y ait un dialogue qui s'installe et qu'en fait on essaie réellement d'avoir un budget pour ce pays. Parce que pour les Françaises et les Français, ce qui se passe, c'est que l'incapacité de la classe politique à agir de manière responsable et rationnelle, à prendre en compte la réalité désormais des rapports de force à l'Assemblée et bien produit des conséquences catastrophiques. Parce que ce que ce que vous savez, c'est que l'instabilité politique, c'est pas simplement un sketch qu'on peut commenter, ça a des conséquences concrètes immédiates. pour les entreprises, pour les Françaises et les Français sur la consommation, sur la confiance qui nous est accordée par les partenaires européen.

Vous savez, si la France a une classe politique et pas capable de produire un budget, là dans les semaines qui viennent, il y aura pas d'alternative à un retour aux urnes. C'est une évidence absolue avec tous les risques que ça comporte, avec l'instabilité que ça produit, avec l'incertitude que cela crée et donc tout cela a des conséquences. Donc nous ce que nous disons c'est que nous viendrons à une table de négociation avec nos propositions et elles sont gauche mais que nous savons qu'il n'y aura pas une majorité soudaine sortie du chapeau de gauche.

Donc on narrivera pas à mettre en place les grandes transformations, les grandes réformes, les projets pour le pays, ils seront tranchés au moment des élections nationales. ce sera ça. En attendant ces élections pour les préparer dans la dans les conditions les moins dures possibles, il faut voir si on arrive à avoir une stabilité avec une absence de majorité.

Et dans ce cas-là, nos propositions, elles seront réalistes. Elles seront fondées sur un esprit de justice, de prise en compte de ce qu'est la dette, de la nécessité d'être sérieux. Mais sur ce fait simple qui semble être oublié par le gouvernement, c'est que la seule manière d'être sérieux, c'est d'être juste.

Vous avez l'impression que monsieur Berou a ses compétences. Vous avez l'impression que monsieur ses compétences. Un tout petit point pour juste un tout petit point pour rappeler que ce qu'on a dit au premier ministre, c'est ce qu'on va dire d'ailleurs à toute la classe politique, c'est qu'il faut arrêter avec les discours catastrophiques sur la dette.

D'accord ? Oui, on a un problème d'endettement. Ce problème, il est parfaitement gérable et à force d'entendre des punchlin tout et n'importe quoi sur la dette, on va se créer de vrais problèmes.

Donc ce qu'on a dit au Premier ministre, c'est on a besoin de stabilité politique. On a besoin d'arrêter avec les discours qui font peur à tout le monde, qui font peur aux Français, qui font peur aux entreprises, qui font peur au marché financier et qu'on a besoin d'un contrat de stabilité. D'accord ?

On doit se mettre d'accord sur 120 milliards sur 5 ans. On n pas besoin de 44 milliards. Et je le dis en tant que présidente de la commission des affaires économique et monétaire du Parlement européen.

D'accord ? On n pas besoin là tout de suite de 44 milliards. On a besoin d'une trajectoire en revanche qui soit crédible et sérieuse et juste.

C'est ça dont on a besoin. En fait le problème de la France au niveau européen aujourd'hui, c'est sa perte de crédibilité au niveau de la parole politique. Pourquoi ?

Parce que soit on dit que tout va bien façon Bruno le maire et à la fin des fins on découvre que tout va mal, soit on dit qu'on va faire 60 milliards d'économies façon Marnier et en fait on se rend compte que non pas du tout. Donc là, on a besoin d'un peu de sérieux et 44 milliards, je suis désolée, ça n'est pas sérieux et on doit pouvoir on doit pouvoir le négocier. On sent qu'il y a pas trop trop de marge de négociation de ce point de vue là, mais c'est ça dont on a besoin aujourd'hui déjà.

Pouvoir négocier le montant et pouvoir négocier les principes qui aujourd'hui dans ce pays peut faire cet effort ? On doit faire un effort ensemble. Qui peut le faire ?

Et ben, ceux qui ont profité de l'air Macron. Qui sont-ils ? Ce sont les ultra riches, ce sont les grandes entreprises.

En revanche, les salariés, les classes moyennes, on doit les protéger parce qu'ils ont perdu en pouvoir d'achat. C'est ça qui doit guider aujourd'hui les principes de négociation. Et à partir de ce moment-là, nous on est ouvert.

On peut augmenter la flat taxe, on peut aller dans la technique, on peut faire la taxe duman, on peut trouver d'autres solutions, on peut revenir à l'ISF que tu es après tout une très bonne taxe. On est ouvert à la négociation mais il faut qu'on parte pour le coup sur un constat partagé et on sent que c'est là que ça bloque et on a aussi besoin d'avoir une ouverture du côté du premier ministre, savoir s'il est prêt à négocier ou pas. Comme l'a rappelé Raphaël Luxman, un geste vis-à-vis du 8 septembre serait le bienvenu.

Est-ce que la dissolution est inéluctable pour vous ? Attendez, il y a le premier ministre et il y a aussi le président de la République parce que ce qui semble clair désormais, c'est que les marges de manœuvre laissé au premier ministre, quel qu'il soit doivent être très clair. Il n'y aura pas de compromis possible sur un budget sans revenir sur la politique fiscale qui a été menée ces h dernières années.

Je veux dire, c'est une évidence. Si on dit la dette est un problème grave, si on dit il faut de la justice et de l'efficacité, si on dit il faut du sérieux, alors cela supposera de changer la politique fiscale qui a été menée. Or ce qu'on entend, c'est que à l'Élysée, ça semble être très compliqué à admettre.

Mais ce qu'il faut admettre, c'est que ça fait désormais très longtemps qu'il n'y a pas de majorité pour appliquer une politique macroniste. Donc ça veut dire que les politiques doivent changer. C'est pas être un opposant pavlovien que de dire ça, c'est être réaliste.

Vous ne pouvez pas espérer continuer la même politique sans avoir de majorité à l'assemblée. Pourquoi est-ce que soudainement les gens qui n'étaient pas d'accord avec cette politique viendraient en soutien sous finalement le seul motif qu'ils ne veulent pas de crise ? Si on parle de responsabilité, il faut que ça vienne d'abord de la tête de l'État et la première des responsabilité et bien c'est de prendre en compte la réalité politique qui est d'ailleurs produite par un acte totalement irresponsable qui est la dissolution du 9 juin 2024.

Préparez l'après est-ce que vous répondez favorablement à cet appel ? Je l'ai dit, c'est pareil, j'ai l'impression de parler français. Je l'ai dit une fois, deux fois, trois fois.

Je vais le répéter. Je peux le dire aussi en italien, en allemand, en espagnol si vous préférez. Mais pour nous, il n'y a pas de possibilité ni de gouverner ni d'aller proposer un projet commun au Français avec la France insoumise.

J'ai vu les aimants, j'ai vu les démonstrations physiques, mais je vous le dis, elle a plus d'alct communs qu'on œuvre pour obtenir dans des négociations qui doivent avoir comme but d'avoir une majorité, ce que la gauche n'a pas hein au moment où on se parle, et bien pour obtenir le maximum de réforme juste pour les Français, y compris dans la constitution de ce budget. budget de dire que nos principes c'est ceux de la justice. Là, on peut avoir des initiatives communes.

Mais encore une fois, pour nous, la situation est très claire parce que j'entends les appels à l'Union. Ce que je dis et j'entends même la critique sur les égos des uns et des autres. Moi ce que je dis et ce que je répète c'est qu'en fait quand il y a des visions qui sont antithétiques avec la France insoumise et bien il faut qu'on ait une clarté stratégique totale.

Mais non s'il y a à la fin la possibilité que finalement n'y ait pas notion de confiance 8 septembre àer cette possibilité. Écoutez-nous ce qu'on a dit c'est que s'il y a une motion de confiance ou un vote le 8 septembre et bien le résultat il est absolument limpide et clair. Et pourquoi ? parce que c'est une invalidation d'un processus de négociation et que dans ce pays on ne sait pas négocier et par ailleurs on s'assoit sur le dialogue social et que ça a fait pendant 8 ans ça a fait quoi ?

Ça a brutalisé les institutions et qu'on arrive à un bout de cycle. La vérité c'est qu'on arrive à un bout de cycle à la fois dans la verticalité institutionnelle, la concentration des pouvoirs et aussi dans une classe politique où on a l'impression que tout le monde veut son moment de Gaulle. Participer au gouvernement de coalition ?

La question, elle est absolument pas là pour moi. Je vous le dis, je vous le dis très très clairement. Vous avez l'impression que c'est un passage en force constamment.

Oui, mais c'est ça la politique en France, c'est qu'en fait on a l'impression qu'à chaque fois on veut pas même quand c'est condamné à l'échec. Je g moi je j'ai un petit garçon qui est en train d'apprendre le calcul. Je fais beaucoup de maths, hein, pas des maths super compliqués hein.

Truc 1 + 16 + 9 + 11 plus machin, je regarde et je vois hein. Bah franchement, c'était sûr que ça allait se passer comme ça. Tu de compter.

Donc cette négation du réel est vraiment quelque chose d'occident. Avec Aurore, on a l'habitude des négociations difficiles au Parlement européen, mais au moins, même quand il y a une forte confrontation idéologique avec la droite, au moins on a l'impression que chacun part de la réalité politique qui peut conduire à un accord ou pas. Compte les voix.

On compte les voies et ensuite on est dans le rapport de force. Ici, c'est pas ça. Il va falloir Non, mais il va falloir des changements institutionnels et ça on les portera devant les Français.

Lesquels ? des changements institutionnels sur la verticalité du pouvoir, sur la présidentialisation extrême de euh la vie politique française, mais des changements donc de refondation institutionnelle et de refondation démocratique, mais aussi, je vais vous le dire et très calmement, une révolution mentale dans la manière dont les politiques approchent les choses. On a l'impression que tout le monde devient dingue sur l'élection présidentielle et que à chaque moment où vous avez des caméras devant vous, les gens se disent "Pourquoi pas moi ?" Hein ?

Pourquoi pas moi ? Là, si je fais un geste d'éclat et ben c'est mon destin. Mais arrêter quoi.

Enfin à un moment on a un pays qui s'appelle la France et c'est son destin à ce pays qui devrait être notre préoccupation principale. Et ce destin, honnêtement, il est mal parti au moment où on se parle. On est dans un pays où les gens ont le sentiment justifié d'être en déclin, de subir l'injustice, de pas arriver à finir le mois. où ils ont l'impression qu'il y a plus de projet collectif qui nous unit, où on a de la tension partout et dans tous les sujets.

Alors à un moment en fait quand on est dans une situation historique aussi grave pour son pays mais pour l'Europe en général et pour la démocratie en général à travers le monde et bien un peu moins de dessin grandiose personnelle et un peu plus d'humilité de capacité ou pas à produire un dialogue. Le renberger à vous avez pu échanger avec non merci à vous. Au revoir.