Fonderie de Bretagne : Aurélie Trouvé dénonce les "fonds vautours" et réclame la nationalisation de l'usine
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 60 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:45OuverteÉludée
Ça ne vous surprend pas ? Vous saviez-vous qu'Europlasma était lié à ces fonds prédateurs ?
- 1:47RelanceRéponse directe
Comment est-il possible qu'on sache tout ça et que néanmoins l'État aide ce genre d'entreprise à racheter la fonderie de Bretagne ?
- 3:25OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous a dit Europlasma quand vous les avez auditionnés à la commission d'enquête parlementaire ?
- 5:02OuverteRéponse directe
Et d'un mot encore contre ces gangsters de la finance, comme vous les avez appelés tout à l'heure, quelle est la solution ? Vous vous dites, il faut nationaliser l'usine, la fonderie de Bretagne.
- 6:45FerméeRéponse partielle
Vous savez qui sont les trois repreneurs, vous ou pas ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueFait
« Tout le monde sait qu'Europlasma est une forme de société écran qui est en réalité entièrement financée et portée par un fonds financier gangster qui a été condamné plusieurs fois par la justice et qui est un fonds vautour, vous voyez, qui s'appelle Alpha Blue Océan. »
- 1:09Invité politiqueFait
« grâce auquel d'ailleurs il y a des golden boys richissimes comme Pierre Vanineuse qui se sont enfuis au Bahamas et qui se font beaucoup, beaucoup d'argent sur le dos de centaines et de centaines d'ouvriers »
- 2:20Invité politiqueFait
« Ce que j'ai découvert, c'est qu'il y avait eu l'autorisation par Bercy, par le gouvernement et l'administration de la vente des fonderies de Bretagne à Europlasma, alors que Europlasma avait déjà été condamné. »
- 2:51Invité politiqueFait
« parce que vous savez qu'en plus, Forces de Tarnes, Val d'une et Fonderie de Bretagne sont des usines qui sont vouées, consacrées à l'armement »
- 5:37Invité politiquePromesse
« la responsabilité de ce gouvernement, maintenant, c'est de nationaliser à très court terme l'effonderie de Bretagne »
- 6:06Invité politiqueFait
« La banque publique d'investissement, c'est l'argent des Français. Aujourd'hui, la banque publique d'investissement sert surtout à financer des fonds financiers plutôt que d'aider nos entreprises en difficulté. »
Temps de parole
- Aurélie Trouvé73 %
- Présentateur23 %
- Présentateur 22 %
- ?2 %
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Car on parle de la fonderie de Bretagne, Sébastien Paour, ce matin avec notre invité. Ah oui, la fonderie de Codan, dans l'Homorbihan, qui est en redressement judiciaire depuis le mois de juin. Bonjour Aurélie Trouvé.
Oui, bonjour.
Merci d'être en ligne ce matin sur l'antenne d'ici Brésil. Vous êtes député à la France Insoumise de Seine-Saint-Denis et vous êtes rapporteur de la commission d'enquête sur la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs et c'est pour ça qu'on vous a invité. Parce que les repreneurs de la fonderie avaient jusqu'à vendredi dernier pour déposer leur dossier. Ils sont trois, on le sait maintenant. Le tribunal de commerce de Lorient rendra sa décision le 15 octobre. 250 salariés sont menacés. Europlasma, qui les a rachetés l'an dernier, n'a investi qu'une toute petite partie des 15 millions d'euros qu'il avait promis sur trois ans, malgré les aides de l'État.
Ça ne vous surprend pas ? Vous saviez-vous qu'Europlasma était lié à ses fonds prédateurs
? Bien
entendu. Tout le monde sait qu'Europlasma est une forme de société écran qui est en réalité entièrement financée et portée par un fonds financier gangster qui a été condamné plusieurs fois par la justice et qui est un fonds vautour, vous voyez, qui s'appelle Alpha Blue Océan, grâce auquel d'ailleurs il y a des golden boys richissimes comme Pierre Vanineuse qui se sont enfuis au Bahamas et qui se font beaucoup, beaucoup d'argent sur le dos de centaines et de centaines d'ouvriers parce que ce n'est pas seulement les fonderies de Bretagne
qui
sont accaparées, pillées et saccagées par ce fonds vautour, c'est aussi Val-d'une ou encore les forges de Tarbes. Donc tout le monde sait en réalité qu'Europlasma est derrière Europlasma Alpha Blue Océan, et bien tout le monde sait que ça allait détruire les fonderies de Bretagne, malheureusement.
Comment est-il possible qu'on sache tout ça ? Vous avez auditionné Europlasma, je crois, en commission d'enquête parlementaire, en tout
cas
vous avez travaillé sur ce sujet, et comment est-il possible qu'on sache ça et que néanmoins l'État aide ce genre d'entreprise à racheter la fonderie de Bretagne
? Eh
bien ça, il faut le demander à M. Macron et à tous ses ministres et ses premiers ministres puisque, effectivement, moi je suis allée faire d'ailleurs dans le cadre de la commission d'enquête parlementaire une saisie de documents à Bercy, puisque j'en ai le droit en tant que députée en commission d'enquête. Ce que j'ai découvert, c'est qu'il y avait eu l'autorisation par Bercy, par le gouvernement et l'administration de la vente des fonderies de Bretagne à Europlasma, alors que Europlasma avait déjà été condamné, alors que, pardon, pas Europlasma, Alpha Blue Océan,
je
précise,
avaient déjà été
condamnés, voilà, et qu'on savait déjà parfaitement qu'ils étaient en train de saccager, de piller deux autres usines, que sont Val d'une et les Forces de Tarnes, avec des centaines et des centaines de salariés menacés, mais pas seulement, surtout notre souveraineté économique et de la défense, parce que vous savez qu'en plus, Forces de Tarnes, Val d'une et Fonderie de Bretagne sont des usines qui sont vouées, consacrées à l'armement, et donc ça veut dire qu'en fait, la promesse de M. Macron d'avoir, vous vous souvenez, il avait dit, dans la défense, on doit avoir une souveraineté française de A à Z, ben en fait, c'est complètement faux.
Et dans le même temps, en réalité, eh bien, ils ont autorisé des ventes à des fonds de vautour d'usines absolument stratégiques et sensibles pour notre défense nationale.
Qu
'est-ce que vous a dit Europlasma quand vous les avez auditionnés à la commission d'enquête parlementaire ? Vous avez auditionné qui, d'ailleurs
? Eh
bien, j'ai auditionné M. Garnache, qui est le PDG, mais aussi M. Collé-Billon, qui est l'un des associés, qui gagne beaucoup, beaucoup, beaucoup d'argent grâce à Europlasma. Savez-vous qui est M. Collé-Billon ? En fait, c'est l'ancien directeur général des armées, vous voyez, dans l'administration, c'est-à-dire le monsieur le plus élevé en termes de pouvoir sur la défense nationale.
Donc, par ailleurs, moi, ça me pose beaucoup de questions, en fait, le rôle que joue ce type de personne qui, voilà, quelque part, pantoufle, vous voyez, de la grande administration à des sociétés comme celle-ci, en se faisant plein, plein d'argent, en utilisant les réseaux qu'ils ont construits en tant qu'aux fonctionnaires, aujourd'hui, ils l'utilisent pour, voilà, pour leur propre richesse et fortune, tout en détruisant, parce que c'est ce que fait Europlasma, tout en détruisant des usines. Donc, voilà, moi, je dis qu'il y a un énorme problème aujourd'hui. Et, voilà, vous savez, il n
'y
a jamais eu de commission d'enquête, rien, aucun rapport public, administratif sur ces fonds prédateurs, ces fonds vautours. Voilà, la commission d'enquête que j'ai menée et que la France Insoumise, mon groupe parlementaire, a demandé et a mené, eh bien, cette commission d'enquête, enfin, elle lève le voile, elle fait la lumière sur des désastres, en réalité, qui viennent enrichir des fonds prédateurs, des fonds financiers.
Et d'un mot encore contre ces gangsters de la finance, comme vous les avez appelés tout à l'heure, quelle est la solution ? Vous vous dites, il faut nationaliser l'usine, la fonderie de Bretagne, que vous connaissez bien, vous êtes venue plusieurs fois à Codan.
Oui, je suis venue plusieurs fois à la rencontre des salariés qui se battent. D'abord, moi, je vais avoir une pensée pour ces centaines de salariés qui ont un savoir-faire formidable. Ça fait vivre tout un bassin d'emplois. Ils sont vraiment d'un engagement pour leur usine. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point. Enfin, voilà, vous les avez sans doute rencontrés.
Bien sûr.
Ce que je veux dire, c'est que, oui, là, l'État, les gouvernements, à très court terme, a une immense responsabilité, puisque c'est eux-mêmes qui ont mis dans les mains d'Europlasma et d'un fonds vautour cette usine. Donc, la responsabilité de ce gouvernement, maintenant, c'est de nationaliser à très court terme l'effonderie de Bretagne, parce que, malheureusement, c'est dans un tel État que nous sommes obligés de le faire aujourd'hui. Évidemment, pour qu'ensuite, par exemple, il puisse y avoir une reprise à terme par les salariés qui peuvent le reprendre avec des fonds financiers. Je pense à la banque... Pardon, pas avec des fonds financiers, justement, avec des fonds publics.
Je pense, par exemple, à la banque publique d'investissement, qui ne joue absolument pas son rôle. La banque publique d'investissement, c'est l'argent des Français. Aujourd'hui, la banque publique d'investissement sert surtout à financer des fonds financiers plutôt que d'aider nos entreprises en difficulté. mais c'est quand même ahurissant. Et donc, par exemple, il pourrait y avoir une reprise par les salariés avec la banque publique d'investissement à terme. Et d'ailleurs,
c
'est dans le programme de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon, vous savez, c'est justement de transformer la BPI en banque publique des besoins productifs. Donc, ce que je veux dire, c'est qu'on peut sauver, bien entendu, les fonds
de
Ries de Bretagne. Encore faut-il la volonté politique derrière.
Il nous reste très peu de temps, mais d'un mot. Vous savez qui sont les trois repreneurs, vous ou pas
?
Alors, oui. Non, je ne les connais pas, justement. Évidemment, j'ai ouïe dire.
Mais
donc, comme je... Enfin, voilà, je ne
veux
pas...
Bon, si on n'a pas d
'informations, on n'en donne pas.
D'accord.
Je me demandais si en tant que député, vous le saviez, mais on ne
va
pas faire des hypothèses
sans avoir d'infos.
Non, puis ce que je veux vous dire, c'est que ce qui est ahurissant, c'est que les salariés savent très, très, très peu de choses. Et ça aussi, c'est un problème dans la commission d'enquête.
Ce
qu'on a remarqué, c'est que les salariés n'ont quasiment aucune information, aucun contrôle sur leur propre usine, quoi.
On leur en a donné ce matin. Je suis obligé de vous interrompre, mais je vous remercie, Aurélie Trouvé, député de Seine-Saint-Denis, rapporteur de cette commission d'enquête sur la prédation des capacités productives françaises par des fonds spéculatifs. On verra, mi-octobre, quel est le sort réservé désormais à la Fondrie de Bretagne.
Il
est 7h53, merci d'être avec nous, ici Boris Izel,
avec
Yann Muller, les oies sauvages dans la...
Aurélie Trouvé