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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 30 décembre 2019 20 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalOutre-mer

Procédure d'Impeachment contre Trump : à quand le tour de Macron ?

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Chapitres

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    « Donald Trump avait été élu avec une majorité de grands électeurs, mais avec une minorité de voix, puisque sa challenger Hillary Clinton avait obtenu plus de voix mais moins de grands électeurs. »
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    « Le Président Obama avait nommé comme son vice-président Joe Biden, qui a des chances d'être le candidat démocrate aux élections présidentielles américaines en 2020. »
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    « M. Macron a violé à plusieurs reprises la Constitution française. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mes chers compatriotes. Je voudrais vous parler de cette affaire qui nous vient des États-Unis, qui est le lancement de la procédure d'impeachment contre le président des États-Unis Donald Trump. C'est la troisième fois, dans l'histoire américaine, qu'un Président fait l'objet d'une telle procédure, où la Chambre des représentants vote la mise en accusation du président des États-Unis, cette mise en accusation étant ensuite transférée au Sénat, qui est la chambre haute qui va juger le Président.

C'est la troisième fois, donc, que ça arrive, parce que...

La démission du Président Richard Nixon en 1974, dans le cadre de l'affaire du Watergate. Il avait été menacé d'impeachment, mais la Chambre des représentants ne s'était pas encore prononcée jusque-là. Et si Richard Nixon avait été mis en examen, mis en accusation par la Chambre des représentants, probablement que le Sénat aurait voté en effet la déchéance du président des États-Unis.

Et c'est ça que Richard Nixon n'avait pas voulu encourir. Alors la question qui se pose sur cette affaire, c'est qu'elle est quand même assez ténébreuse et nébuleuse. De quoi s'agit-il ?

Il s'agit en réalité du fait que les démocrates n'ont jamais avalé l'élection de Donald Trump comme président des États-Unis. Je rappelle au passage que Donald Trump avait été élu avec une majorité de grands électeurs, mais avec une minorité de voix, puisque sa challenger Hillary Clinton avait obtenu plus de voix mais moins de grands électeurs, puisque ce sont les grands électeurs État par État qui élisent le président des États-Unis. Alors dès le début, les démocrates ont tout fait pour essayer de saper l'autorité de Donald Trump.

Lequel est un personnage que tout le monde connaît, qui est un personnage avec ses qualités et ses défauts, qui a tenu des propos à l'emporte-pièce, racistes, misogynes, etc., etc., mais en faisant à chaque fois des volte-face.

Cela étant, c'est aussi un Président qui a contre lui une grande partie de l'establishment américain, et un Président qui essaye de lutter contre les effets dévastateurs aux États-Unis aussi des politiques de libre-échange généralisé, des politiques de mondialisation qui ont pour effet de détruire l'industrie américaine et de faire baisser le niveau de vie des classes moyennes américaines. À peine avait-il été élu que Donald Trump, donc, a dû faire face à des accusations de connivence avec la Russie. Paraît-il que c'était ses accointances avec les Russes qui auraient mené à son élection.

Voilà. Tout ça n'était pas très sérieux. Et finalement, la procédure a fini par être abandonnée.

Mais en 2018, lors des élections de midterm, comme on le dit, les démocrates ont remporté la majorité à la Chambre des représentants. En revanche, les Républicains ont une majorité solide au Sénat. Alors les démocrates se sont emparés d'un nouveau dossier il y a quelques mois, qui est celui de l'affaire dite ukrainienne.

Alors si vous n'avez pas compris de quoi il retourne, vous êtes excusable, parce que ça n'est pas très compréhensible. J'essaye de résumer très simplement. Le Président Obama avait nommé comme son vice-président Joe Biden, qui a des chances d'être le candidat démocrate aux élections présidentielles américaines en 2020, l'année prochaine.

Le Président Obama l'avait nommé – donc le vice-président – comme étant son représentant spécial en Ukraine. Et dans le cadre des relations qu'il entretenait avec l'Ukraine – il s'y était rendu de nombreuses fois –, il se trouve que le (vice-président) Joe Biden a un fils : Hunter Biden, qui avait été propulsé un petit peu comme par magie au conseil d'administration d'un conglomérat de sociétés ukrainiennes qui s'appelle Burisma, ce conglomérat de sociétés étant dans le domaine de l'énergie. Alors de quoi s'agit-il ?

Eh bien il s'agit que le vice-président Joe Biden serait intervenu pour faire virer un procureur ukrainien qui enquêtait justement sur cette société Burisma, où ça n'avait pas l'air d'être des enfants de chœur, et tout ceci pour protéger notamment son fils. Or, Donald Trump, sachant que Joe Biden avait des chances d'être peut-être candidat à l'élection présidentielle en 2020...

Le Président Trump a eu une discussion récemment avec le président ukrainien par téléphone, qui aurait été captée par les services de renseignement. Et donc il y a un lanceur d'alerte, émanant des services secrets américains, qui aurait balancé l'information selon laquelle le Président Trump, en conversation téléphonique avec le président ukrainien, aurait dit au président ukrainien d'enquêter un petit peu sur cette affaire, éventuellement sur l'affaire Hunter Biden et sur l'affaire...

Voir s'il n'y aurait pas matière, dans toute cette affaire, à mettre en cause Joe Biden et son fils pour corruption. C'est assorti d'un soupçon comme quoi Donald Trump aurait freiné, aurait empêché le versement d'une subvention de 400 millions de dollars à l'Ukraine justement tant que le président ukrainien n'aurait pas obtempéré à sa demande. Alors ça, c'est ce que disent les accusations des démocrates.

Le Président Donald Trump, qui a écrit une lettre au vitriol à Nancy Pelosi, qui est justement, dans la Chambre des représentants, la tête de file des démocrates...

Qui lui a écrit donc...

Donald Trump lui a écrit une lettre au vitriol en disant que tout ça était absolument faux. La conversation a été balancée, a été rendue publique. Enfin un truc...

Un grand déballage à l'américaine. Il n'en demeure pas moins que les démocrates sont allés de l'avant, et donc ont décidé de soumettre au vote. Et comme il y a une majorité de démocrates à la Chambre des représentants, eh bien le lancement de la mise en accusation de Donald Trump est effectif.

Donald Trump fait l'objet d'une procédure d'impeachment. Alors quels sont les enseignements qu'il faut tirer de cette affaire ? Premier enseignement : cette procédure, probablement, n'ira pas à son terme, puisque maintenant, cette procédure va être transférée au Sénat.

Or, – je l'ai dit tout à l'heure – les Républicains sont majoritaires au Sénat. Or, le Président Donald Trump est assez populaire aux États-Unis. Il a même des sondages qui montrent qu'il y a 45% des Américains qui sont pour l'impeachment, mais 45% qui sont contre, à égalité donc totale.

Et en fait, Donald Trump...

Même si les grands médias français et occidentaux, de façon générale, présentent toujours Donald Trump de façon négative, comme ils ont toujours présenté Boris Johnson de façon négative, il se trouve que Donald Trump est populaire aux États-Unis et qu'il a une probabilité non nulle d'être réélu en 2020. Donc de toute façon, Donald Trump tient bien le Sénat. Et donc de toute façon, la procédure d'impeachment va certainement se terminer par un refus du Sénat de destituer le président des États-Unis, exactement d'ailleurs comme ça s'était produit avec l'affaire concernant Bill Clinton, où le lancement de la procédure n'avait pas été ensuite avalisé par le Sénat.

Donc ça, c'est la première chose. Cette affaire, probablement, ne va pas aboutir à la destitution de Donald Trump. Deuxième chose à noter : pendant cette opération, Donald Trump, on l'entend beaucoup moins.

Il est quand même très ennuyé. Comme c'est un homme qui a beaucoup le souci de l'image qu'il va laisser de lui dans l'Histoire, le fait d'être le troisième président des États-Unis à faire l'objet d'une telle procédure ne lui plaît pas, l'a mis dans une colère noire. Et pendant ce temps-là, pendant qu'il s'occupe de ces questions de politique politicarde interne aux États-Unis d'Amérique, on voit bien qu'il est beaucoup moins présent sur la scène internationale.

On entend moins parler de lui. Il est quand même embarrassé par cette affaire. C'est le deuxième enseignement.

Le troisième enseignement, c'est que compte tenu du rapport des forces politiques aux États-Unis, où le Président Donald Trump est populaire et notamment très populaire dans son électorat, celui qui l'avait élu à la Maison-Blanche, il est tout à fait possible que cette opération se retourne en fait contre ses initiateurs et que Donald Trump apparaisse comme un homme persécuté par des démocrates mauvais joueurs. Parce que quand on regarde le fond du dossier, c'est quand même pas...

Il n'y a quand même pas mort d'homme. D'abord, les pièces justificatives sont quand même assez peu nombreuses. Il n'y a pas grand-chose, en fait, dans le dossier, si ce n'est que l'assurance de tel ou tel.

Mais les pièces matérielles ne sont pas très nombreuses. Il semble, quand on regarde les enregistrements, qu'il n'a jamais été fait mention par Donald Trump de l'affaire des 400 millions de dollars qu'il retiendrait sous le coude tant que le président ukrainien n'aurait pas obtempéré. Le président ukrainien, d'ailleurs, a dit que tout ça était totalement faux.

Enfin bref, ça manque de preuves. Et donc il est possible que l'électorat de Donald Trump soit chauffé à blanc par cette affaire et lui offre une réélection brillante en 2020. C'est-à-dire que ça se retournerait contre les démocrates.

C'est le troisième enseignement de toute cette affaire. Et puis il y a un quatrième enseignement, qui est un enseignement français. Parce que quand on voit ce qui est reproché à Donald Trump : d'avoir par téléphone demandé à un président étranger de voir s'il ne pouvait pas lancer une enquête judiciaire au bout de laquelle eh bien il apparaîtrait que son challenger démocrate, en fait, serait corrompu...

On pourrait d'ailleurs trouver que c'est assez normal, au passage, de voir si quelqu'un qui va se présenter à la présidence des États-Unis n'est pas quelqu'un de corrompu. Mais enfin bon, c'est quand même pas quelque chose...

Il n'y a pas mort d'homme. C'est pas des guerres illégales. Ce n'est pas une violation de la Constitution.

Ce sont des choses qui sont...

J'allais dire...

C'est presque péché véniel quand on compare ça à la situation de la France. Parce que c'est là où je voudrais en venir. C'est que outre-Atlantique, qui paraît-il est la démocratie par excellence que l'on nous montre en modèle toute la journée...

Il y aurait pourtant beaucoup de choses à dire sur cette démocratie-là : démocratie qui est tenue par le pouvoir de l'argent. Mais si l'on compare la minceur des reproches contre Trump à la lourdeur des reproches à faire à Macron, on est confondus par le fait que les parlementaires français tardent à lancer la procédure de destitution de Macron. Je rappelle que Macron a piétiné la Constitution, s'est livré à des violations nombreuses de la Constitution, que j'avais dressées dans un dossier qui avait été remis il y a un an, notamment à de nombreux parlementaires, tous les (députés) et les sénateurs.

On avait lancé une procédure de destitution, en citant toute une série de violations de la Constitution. Alors sur tel ou tel point, certains pouvaient trouver que peut-être, c'était allé un peu loin. Mais finalement pas allé plus loin que les Américains.

Sur d'autres, en revanche, il n'y avait pas photo, comme on dit. M. Macron a violé à plusieurs reprises la Constitution française.

Et ce ne sont pas les derniers développements qui vont me démentir. Je rappelle que cet été, on a appris qu'une partie d'une commune des Hautes-Pyrénées, du territoire, avait été donnée à la principauté d'Andorre alors que le maire et la population ont protesté de ne pas avoir été au courant. Ce qui viole ouvertement un article de la Constitution, qui précise que toute cession, tout échange de territoire de la République française ne peut se faire qu'avec l'accord des populations concernées.

M. Macron s'est assis sur cette disposition. M.

Macron, également...

Lorsque il y a quelques jours, on a appris la démission de M. Delevoye, le haut commissaire chargé des retraites, eh bien on a appris que tout simplement, le décret signé par Macron, contresigné par le Premier ministre Édouard Philippe, le décret du 3 septembre 2019 nommant M. Delevoye au gouvernement, en fait, a été fait en toute inconstitutionnalité, puisqu'un membre du gouvernement ne peut pas avoir d'autres fonctions ailleurs, et notamment pas de fonction rémunérée.

Or, il était de notoriété publique que M. Delevoye avait des quantités de participations dans des conseils d'administration : 13 ou 14 – on finit par ne plus savoir –, qu'il avait une rémunération. Il l'avait même d'ailleurs déclaré en 2017 à la HATVP.

Et pendant 2 mois, M. Delevoye a été ministre de...

Enfin rang de ministre de la République avec des rémunérations, contrairement à l'article 23 de la Constitution. Or, ça, c'est directement Emmanuel Macron qui en est responsable et qui le savait. Eh bien ça, par exemple, aux États-Unis, ça vaudrait immédiatement le lancement de la procédure d'impeachment, comme d'ailleurs toutes les mesures qui ont été listées dans le dossier dont je parlais et que nous allons rediffuser avec une actualisation.

Voilà ce que je voulais dire. Alors je sais bien qu'un certain nombre de parlementaires français auquel nous nous sommes adressés, notamment les parlementaires de la prétendue opposition, nous ont fait valoir que de toute façon, ça ne changerait rien, puisque le résultat : on ne pourrait pas destituer Macron. J'ai déjà eu l'occasion d'expliquer maintes fois que cette excuse n'en est pas une, puisque ça revient à considérer que le travail de l'opposition ne sert à rien.

Lorsque la FI ou le RN ou DLF ou M. Jean Lassalle ou le PCF ou le PS...

Lorsqu'ils déposent des amendements à un projet de loi gouvernemental, si ça ne plaît pas au gouvernement, c'est systématiquement balayé. Pourtant, ils le font. Sinon, ils ne feraient plus rien.

Lorsque l'opposition lance une motion de censure contre le Premier ministre, c'est la même chose. À chaque fois, ils se heurtent à la majorité En marche à l'Assemblée nationale, mais néanmoins, ils le font ! Et ils ont raison de le faire, parce que l'ancienne procédure de motion de censure contre le Premier ministre, ça a un impact politique et psychologique.

Et puis c'est la même chose pour le président de la République française. Et lorsque je vois que dans l'opposition, des parlementaires nous disent : « Non, non, non, nous n'allons pas lancer la procédure de destitution, parce qu'elle n'arriverait pas à son terme », c'est un véritable scandale ! Regardez ce qui se passe aux États-Unis.

L'opposition démocrate n'hésite pas à lancer une procédure d'impeachment contre Donald Trump, sur d'ailleurs des motifs qui sont vraiment risibles par rapport aux violations nombreuses commises par Macron de notre Constitution. Mais si les démocrates le font, c'est bien pour essayer d'affaiblir politiquement le Président Donald Trump. En refusant de faire subir à Emmanuel Macron une procédure d'impeachment à la française, comme pourtant les démocrates le font subir à Donald Trump, les députés, les sénateurs de la prétendue opposition, en fait, soutiennent Macron.

S'ils avaient lancé cette procédure il y a 1 an comme nous l'avions demandé, ça aurait considérablement affaibli le pouvoir de nuisance de Macron. Dans l'ensemble des chancelleries du monde, toutes les ambassades accréditées à Paris auraient câblé à leur gouvernement respectif que le Président Macron faisait l'objet d'une procédure de destitution, après même pas 2 ans de mandat. À travers le monde entier, on aurait vu l'image de Macron très affaiblie.

Pas seulement dans le monde, mais aussi au niveau national, parce que si l'opposition : sénateurs et députés, déposaient officiellement le dossier que nous avons préparé...

Ils ont le droit de l'enrichir, de le modifier à leur guise, bien entendu. C'était cadeau. Actualisé comme je l'ai dit et si c'était mis sur la place publique, à ce moment-là, TF1, France 2, France 3, France Inter, France Info, Europe 1, RTL, BFM TV, CNews, etc., etc., France 24, seraient obligées d'en parler !

Parce que notre dossier sur la destitution de Macron et tous les griefs contre Macron, eh bien l'écrasante majorité des Français n'en ont jamais entendu parler. Si les députés et les sénateurs de la prétendue opposition : RN, M. Lassalle, M.

Dupont-Aignan pour ce qui concerne la droite, LR, qui font partie de l'opposition, théoriquement, mais aussi le PCF, le PS – on sait pas s'il est dans l'opposition ou pas –, le parti de la FI...

Si tous les députés et les sénateurs qui se reconnaissent dans ces partis avaient lancé la procédure de destitution de Macron, nous n'en serions pas là, et l'ensemble du peuple français, en tout cas des millions de Français auraient pris connaissance de notre dossier et se seraient dit : « Bon sang, mais c'est vrai que Macron piétine la loi fondamentale du peuple français ! ». En refusant de le faire, ils se font donc les complices de Macron, ils se font les complices de tous ceux qui veulent laisser le peuple français dans l'ignorance de la réalité juridique du comportement de notre Président.

Il reste maintenant une chance. C'est que désormais, avec le nouveau dossier de destitution de Macron, enrichi comme je l'ai dit préalablement, les députés, les sénateurs de l'opposition, mais aussi ceux des Républicains, du PS, se ressaisissent et décident en effet de lancer cette procédure de destitution. L'exemple des États-Unis devrait leur ôter tout scrupule en la matière.

Vive la République et vive la France.