Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 22 novembre 2018 64 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & électionsOutre-mer

Gilets jaunes : Macron durcit le ton #cdanslair 21.11.2018

Source d'origine 8 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 12 %Attaque 51 %Défensif 34 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse partielle

    Bonsoir à toutes et à tous. La sévérité sera de mise. Emmanuel Macron durcit le ton.

  • 0:17OuverteRéponse partielle

    Le gouvernement n'entend pas tolérer de dérapages au cinquième jour de blocage des gilets jaunes.

  • 0:23OuverteRéponse partielle

    Un mouvement qui a déjà fait deux morts et plus de 500 blessés.

  • 0:26OuverteRéponse partielle

    Sur le terrain, des dissensions apparaissent. Des gilets jaunes s'inquiètent de la radicalisation de mouvements avec l'infiltration de casseurs sur certains barrages.

  • 3:45OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ça ne fragilise pas le mouvement ?

  • 5:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que l'opinion pourrait se retourner contre les gilets jaunes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:33PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron à la mi-journée au Conseil des ministres aurait dit « La sévérité sera de mise ». »
  • 3:01PrésentateurChiffre
    « Donc on a vu, de 30 000, on est passé à quelques milliers aujourd'hui. »
  • 4:27InvitéFait
    « Là, face aux gilets jaunes qui sont créés spontanément, pas vraiment de figures identifiées, le gouvernement ne pouvait pas jouer cette carte-là. »
  • 5:16PrésentateurChiffre
    « 50% de Français soutenaient, et 20% avaient de la sympathie sans pour autant soutenir. »
  • 8:21InvitéFait
    « Il est clair qu'il y a un formidable mouvement social qui taraude la société française. »
  • 10:54PrésentateurChiffre
    « 96 blocages aujourd'hui, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. »
  • 12:34InvitéFait
    « Depuis samedi, de nombreux incidents écornent l'image pacifique et bonne enfant des Gilets jaunes. »
  • 19:52PrésentateurFait
    « Je pense qu'il y a une phrase qui est très importante qui a été prononcée par le président de la République, quelques jours avant le 17 novembre, dans son interview accordée sur le porte-avions Charles de Gaulle, quand il a dit « je ne suis pas parvenu à réconcilier les Français avec leurs dirigeants ». »
  • 28:10PrésentateurFait
    « Il suffit de traverser la rue pour trouver du travail. »
  • 28:20PrésentateurFait
    « Quand Emmanuel Macron a parlé du pognon de dingue qui était dépensé dans notre modèle social. »
  • 33:10PrésentateurFait
    « Pas grand-chose, puisque ce que demandent les uns, c'est le contraire de ce que demandent les autres. »
  • 34:58PrésentateurFait
    « J'ai fait beaucoup pour vous au début, maintenant, à vous de faire aussi des très grands efforts. »
  • 35:46InvitéFait
    « C'est tellement protéiforme, tellement changeant tout le temps. »
  • 37:21PrésentateurFait
    « On ne sait absolument pas combien de personnes il y aura et c'est toute la difficulté de pouvoir. »

Temps de parole

  • Présentateur79 %
  • Invité11 %
  • ?4 %
  • Invité 23 %

≈ 26 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. La sévérité sera de mise. Emmanuel Macron durcit le ton. Le gouvernement n'entend pas tolérer de dérapages au cinquième jour de blocage des gilets jaunes. Un mouvement qui a déjà fait deux morts et plus de 500 blessés. Sur le terrain, des dissensions apparaissent. Des gilets jaunes s'inquiètent de la radicalisation de mouvements avec l'infiltration de casseurs sur certains barrages. En tous les cas, tous se donnent rendez-vous samedi prochain à Paris. « Objectif, bloquer la capitale et faire trembler l'Elysée ». C'est le sujet de cette émission de ce «

0:45
Locuteur

C

0:45
Présentateur

'est dans l'air » que nous avons décidé d'intituler ce soir « Gilets jaunes, Macron durcit le ton ». Alors pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Bruno Jeudy, rédacteur en chef du service politique de Paris Match, avec apparaître demain dans Paris Match des portraits de gilets jaunes dans un article intitulé « La France des invisibles ». Nous accueillons Jérôme Fourquet, directeur du département d'opinion de l'institut de sondage IFOP, auteur du Nouveau Clivage, aux éditions Dusserre. Michel Viviorca, sociologue, président de la fondation de la Maison des sciences de l'homme, auteur de « Face au mal, le conflit sans la violence », aux éditions textuelles.

Et enfin, Cécile Cornudet, éditorialiste au journal Les Echos. Votre édito du jour dans Les Echos est intitulé « Les gilets jaunes et la querelle de l'indulgence ». Bruno Jeudy, selon Benjamin Griveaux, Emmanuel Macron à la mi-journée au Conseil des ministres aurait dit « La sévérité sera de mise ». Ça veut dire qu'après avoir joué l'écologie, maintenant, le gouvernement va jouer la carte de l'ordre

1:40
Locuteur

? Oui,

1:41
Présentateur

absolument. Ils ont décidé de dramatiser, de jouer la carte de l'ordre avant la manifestation de samedi. En fait, le gouvernement, le président, qui a été complètement dépassé par ce mouvement citoyen, cette manif 2.0, ce mouvement des gilets jaunes, une vraie colère venue de provinces, venue des petites villes.

2:03
Locuteur

Ils ne l'ont pas vu venir.

2:03
Présentateur

Ils ne l'ont pas vu venir, dépassé par ce mouvement, et au fond qu'ils auraient revenu en boomerang, parce que c'est quelque chose qu'ils n'ont pas vu venir, qu'ils n

2:14
Locuteur

'avaient

2:14
Présentateur

pas anticipé du tout. C'est ça qui paraît assez incroyable. Et bien, après un moment de panique, parce que ce week-end, ils ont vraiment eu très très peur. Un samedi,

2:21
Locuteur

c

2:21
Présentateur

'était quand même le moment où tout le monde au plus haut sommet de l'État a retenu son souffle pendant ce samedi où

2:27
Locuteur

on

2:28
Présentateur

a dit 280 000 personnes. C'est très difficile à vérifier. Moi, j'ai le sentiment sans doute qu'ils étaient beaucoup plus. En tous les cas, que c'était massif en province, massif dans les petites villes. Alors évidemment, on n'en a peu vu à Paris, peu vu dans le centre-ville de Lille, peu vu dans les grands centres urbains, mais c'était massif en province. Le gouvernement sort, dégaine la carte du maintien de l'ordre, avec un ton très dur de Christophe Castaner, on l'a entendu. Déblocage des ronds-points, des raffineries, et petit à petit, un mouvement qui de toute façon décline, parce que ce sont des gens qui ont repris le travail, c'est aussi simple que ça.

Donc on a vu, de 30 000, on est passé à quelques milliers aujourd'hui. Donc c'est un mouvement qui décline. Mais là, en fait, le gouvernement tente de dramatiser, avant la journée de samedi, une manifestation, personne ne sait comment ça peut se passer. De toute façon, elle est interdite, place de la Concorde. Il n

3:16
Locuteur

'y

3:16
Présentateur

a jamais de manifestation, place de la Concorde. Donc qu'est-ce qui va se passer samedi ? Difficile à dire. Mais ce qui est certain, c'est que le gouvernement dramatise pour essayer de faire dégonfler le nombre de participants potentiels à cette manif, où font que ce ne seraient que les « enragés » qui viendraient, ceux qui voudraient en découdre un peu avec le pouvoir, avec les forces de l'ordre. Et donc, ils misent sur une extinction du mouvement, pas sûrs par contre qu'ils éteignent les raisons de la colère.

3:44
Locuteur

–

3:45
Présentateur

Et Cécile, quand on voit des images, enfin, on nous rapporte qu'il y

3:48
Locuteur

a

3:48
Présentateur

des voitures qui ont été bloquées toute la nuit, avec des enfants qui ont dû dormir dans la voiture, quand on voit aussi des péages d'autoroutes incendiées, des casseurs, etc., est

3:58
Locuteur

-ce

3:58
Présentateur

que ça ne fragilise pas le mouvement ? –

4:01
Locuteur

Si,

4:01
Invité

c'est le principal risque, et c'est la bataille de l'opinion qui est en train de jouer le gouvernement. Par rapport à un mouvement classique, si vous voulez, le gouvernement est un peu embêté par le regard positif qu'on a tous su collectivement sur les gilets jaunes. Quand c'est la CGT qui organise une manif anti-SNCF, il y

4:18
Locuteur

a

4:18
Invité

un a priori dans une bonne partie de la population, déjà négatif, on sait qui c'est, on peut construire un discours d'opposant à Martinez, par exemple. Là, face aux gilets jaunes qui sont créés spontanément, pas vraiment de figures identifiées, le gouvernement ne pouvait pas jouer cette carte-là. Il pouvait d'autant moins jouer cette carte-là qu'il y avait un présupposé de déconnexion, on dit toujours qu'ils n'écoutent pas assez les gens. Donc là, ils ont assez vite, dès lundi soir, on a vu qu'il y avait effectivement des débordements, des casseurs sans doute isolés, mais avec des images fortes, sauter sur ces images-là pour dire, attention, il y

4:54
Locuteur

a

4:54
Invité

un danger, ce mouvement, ce n

4:56
Locuteur

'est

4:56
Invité

pas celui que vous croyez, ce ne

4:58
Locuteur

sont

4:58
Invité

pas les gentils gilets jaunes forcément. Il y en a, il faut qu

5:01
Locuteur

'on

5:01
Invité

les écoute, mais il y en a aussi qui peuvent vous faire courir un danger. Donc, sous-entendu, n'allez pas à la manifestation de samedi.

5:08
Présentateur

– Jérôme Fourquet,

5:08
Locuteur

est

5:08
Présentateur

-ce que l'opinion pourrait, ou comment ça se retournait d'ailleurs, contre les gilets jaunes ? – Écoutez, le point de départ, c'est qu'il

5:13
Locuteur

y a

5:13
Présentateur

un mouvement, comme il a été dit, qui était très populaire. 50% de Français soutenaient, et 20% avaient de la sympathie sans pour autant soutenir. Donc ça,

5:21
Locuteur

c

5:21
Présentateur

'était à…

5:21
Locuteur

–

5:21
Présentateur

70% d

5:22
Locuteur

'adhésion. – Voilà, 70

5:23
Présentateur

% d'adhésion ou de soutien. À quelques jours du 17 novembre, on a des enquêtes qui ont été réalisées là ces derniers jours, qui montrent qu'il y a une érosion du soutien, mais qui reste encore très majoritaire, et que donc, si le gouvernement compte

5:37
Locuteur

sur

5:38
Présentateur

le temps qui passe et le pourrissement du conflit pour avoir un retournement ou un basculement de l'opinion, je pense qu'il y a encore un peu de soucis à se faire, parce que pour l'instant, ce n

5:46
Locuteur

'est

5:46
Présentateur

pas du tout ce que nous, on voit dans nos enquêtes. Certes, il y

5:50
Locuteur

a

5:50
Présentateur

eu, bien évidemment, comme dans tout mouvement qui se radicalise ou qui pourrit un petit peu sur le terrain, des débordements ici ou là, des éléments de violence, mais pour les Français, ces images, elles ne sont pas aussi spectaculaires que ce qu'on a pu voir sur d'autres mouvements sociaux, d'une part, et d'autre part, la gêne occasionnée pour la grande majorité de nos concitoyens, il y

6:08
Locuteur

a

6:08
Présentateur

des problèmes dans certains territoires, dans certains départements, mais dans son ensemble, les Français n'ont pas été pour l'instant très fortement influencés négativement par ce mouvement. Donc du coup, la bienveillance n'est pas à la veille de disparaître ou de s'évaporer. Et je suis d'accord avec Bruno, il faudra voir ce qu'il en sera samedi, même si c'est un sacré pari pour des gilets jaunes qui ont des racines très provinciales, de monter à Paris. On a vu la semaine dernière 2000 manifestants en place de la Concorde ou sur les Champs-Elysées. Ce n

6:38
Locuteur

'est

6:38
Présentateur

pas un mouvement parisien par essence, sans jeu de mots, et un mouvement qui se structure contre la hausse des prix des carburants. Des gens qui vont monter de Bretagne ou du Vaucluse faire 500 ou 800 kilomètres pour aller manifester, alors qu'ils sont bloqués sur le périphérif. Ce n

6:55
Locuteur

'est

6:55
Présentateur

pas évident que tout ça soit un succès.

6:58
Locuteur

Néanmoins...

6:59
Présentateur

Ce n'est pas très naturel, c'est anti... C'est contre

7:02
Locuteur

-intuitif. C

7:03
Présentateur

'est contre-intuitif.

7:03
Locuteur

C'est contre

7:03
Présentateur

-intuitif. Je pense qu'ils étaient près de leur base. C'est arrivé près

7:06
Locuteur

de chez

7:07
Présentateur

vous. On est sur le rond-point qu'on connaît.

7:08
Locuteur

C'est un mouvement décentralisé. Et là, il n'y a pas de nature à centraliser.

7:11
Présentateur

Donc ça, c'est compliqué. Le ministre Castaner peut gagner la partie sur le maintien d'ordre et sur les images qu

7:17
Locuteur

'il

7:17
Présentateur

va donner. Donc tout est rentré dans l'ordre. Mais comme disait Bruno, vous ne mettez pas 300 000 personnes sur des ronds-points, peut-être même plus,

7:25
Locuteur

de

7:25
Présentateur

manière totalement désorganisée, sans qu'il y

7:27
Locuteur

ait

7:27
Présentateur

des raisons très profondes à ce mouvement-là. Et tout ce qui est fait depuis quelques jours n'est pas de nature à calmer cette colère. Alors justement, Michel Viviurka, votre regard de sociologue

7:37
Locuteur

sur

7:37
Présentateur

ce cinquième jour de blocage des Gilets jaunes et sur ces raisons profondes qu'évoquait à l'instant Jérôme Fourquet ? Je dirais qu'il faut distinguer une lutte, un moment précis dans une mobilisation et le mouvement en profondeur qui sous-tend cette lutte. Alors oui, la lutte telle qu'on la voit, elle s'étiole, elle se durcit, ce qui ou là, les gens s'en vont parce qu'on ne peut pas, il fait froid, on a d'autres choses à faire, etc. Mais le mouvement en profondeur, lui, reste totalement là. Je veux dire, les problèmes de fond restent posés. Je pense qu'on aura l'occasion d'en discuter. Donc la première remarque que je voudrais faire, ce n

8:10
Locuteur

'est

8:10
Présentateur

pas parce qu

8:10
Locuteur

'il

8:10
Présentateur

n'y

8:10
Locuteur

a

8:10
Présentateur

plus que quelques milliers de personnes devant des bras zéros, sur les routes, évidemment, en ce moment, que le mouvement est terminé. Je ne sais pas du tout si ça durera ensuite, sous l'autre forme, sous les mêmes, mais en tout cas, il est clair qu'il

8:23
Locuteur

y

8:23
Présentateur

a un formidable mouvement social qui taraude la société française. Comment tout ceci va s'exprimer, c'est un autre problème. Et ma deuxième remarque,

8:33
Locuteur

c

8:33
Présentateur

'est que, puisque vous m'interrogez en sociologue, les mouvements sociaux ont toujours deux faces.

8:37
Locuteur

Une

8:37
Présentateur

face de lumière, une face sympathique, une face contre-offensive, des projets, de la générosité. Et puis une face défensive, qui est toujours plus dure, qui peut être parfois même un peu violente. Vous voyez, les deux existent. On a d'abord vu la face positive de lumière, si vous voulez, l'autre face. Mais évidemment, quand les conditions deviennent plus difficiles, c'est la face d'ombre.

9:01
Locuteur

Mais

9:01
Présentateur

il ne faut pas confondre la face d'ombre, un peu violente, un peu radicalisée, avec les casseurs. Ça, c'est un autre phénomène qui vient se poser

9:09
Locuteur

là

9:10
Présentateur

où il peut. Donc un jour, c'est dans les manifs de la CGT contre la loi travail, un autre jour, c'est avec les...

9:15
Locuteur

Enfin, maintenant,

9:16
Présentateur

systématiquement, dans toutes les manifestations, les casseurs viennent ternir et discréditer les mouvements. Les syndicats s'en plaignaient. Oui, parce qu'ils viennent dire quelque chose. Les casseurs, c'est la même chose. Il faut essayer de comprendre ce qu'il y a derrière. Ce n

9:29
Locuteur

'est

9:29
Présentateur

pas simplement la violence pour la violence. Les casseurs, on comprend certaines choses. Il y a un site, par exemple,

9:35
Locuteur

qui

9:35
Présentateur

s'appelle Lundi, j'ai oublié le nom exact, mais il

9:36
Locuteur

y

9:36
Présentateur

a le mot Lundi dans le nom de ce site, où on les voit qui discutent. Pas des casseurs, forcément, mais des gens très radicaux, très pro-violents.

9:43
Locuteur

Ils ne sont pas en gilet

9:43
Présentateur

jaune, qui sont avec des tunics noirs.

9:45
Locuteur

Exactement. Mais ce

9:45
Présentateur

sont des gens qui, eux aussi, viennent dire quelque chose sur le type de société dans lequel on vit. Donc oui, c'est inacceptable. Je ne

9:51
Locuteur

suis

9:51
Présentateur

pas du tout en train de les défendre. Mais leur logique n'est pas la même que celle des gilets jaunes. Mais ils viennent profiter, en quelque sorte. C'est formidable. Je veux dire, il y a une énorme mobilisation. La police, les forces de l'ordre sont un peu débordées ou impuissantes. Évidemment, ce n

10:06
Locuteur

'est

10:06
Présentateur

pas béni, si vous voulez. Comme d'ailleurs, peut-être pour

10:08
Locuteur

d'autres. C'est une occasion à saisir pour manifester. Bien sûr.

10:11
Présentateur

Mais voilà, en tout cas, il y

10:12
Locuteur

a

10:12
Présentateur

un mouvement puissant. Vous me demandez mon sentiment de sociologue. Il

10:15
Locuteur

y a

10:15
Présentateur

un mouvement puissant qui vient d'en bas, qui traduit beaucoup de choses. On en reparlera dans l'émission. De la colère, de l'inquiétude. C'est un mouvement qui n'est pas porté par les plus pauvres.

10:26
Locuteur

Ce

10:26
Présentateur

ne

10:26
Locuteur

sont

10:26
Présentateur

pas les plus pauvres des plus pauvres qui se mobilisent. Il faut au moins avoir une voiture, si je peux dire, et de quoi faire le plein de temps en temps pour se mobiliser. Mais voilà. Et donc, je pense qu'il faudra parler aussi de l'attitude politique. politique, mais traiter sur un mode policier répressif une telle mobilisation, c'est ne pas être à l'écoute de ce qui se passe. Alors justement, cinquième jour de manifestation des Gilets jaunes, des manifestants toujours mobilisés, mais un peu moins nombreux, avec tout de même 96 blocages aujourd'hui, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Prochain rapport de force. On en a parlé. Une grande manifestation prévue samedi à Paris.

Regardez ce sujet de Victoria Rouxel et Michel Bouilly.

11:09
Invité

Alors que le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, prend cet après-midi la parole,

11:15
Locuteur

l

11:16
Invité

'hémicycle s'agite. Le député des Pyrénées-Atlantiques, Jean Lassalle, vient de revêtir un gilet jaune, une entorse au règlement.

11:38
Locuteur 1

Quand

11:38
Invité

la crise des Gilets jaunes perturbe les travaux de l'Assemblée nationale.

11:42
Locuteur

La

11:43
Locuteur 1

séance est suspendue.

11:46
Invité

Colère de Jean Lassalle. En écho à celle des Français qui continuent à bloquer le pays. Bouchons monstres ce matin en Gironde.

11:56
Locuteur

Barrage

11:57
Invité

filtrant à Caen.

11:59
Locuteur

Dépôt

12:00
Invité

de carburant paralysé à Toulouse.

12:03
Locuteur

Au

12:03
Invité

cinquième jour de mobilisation, plus de 90 blocages sont recensés partout en France. Moitié moins qu'hier,

12:11
Locuteur

mais

12:11
Invité

le mouvement s'enracine

12:12
Locuteur

et

12:14
Invité

parfois dérape. Hier soir, le péage de Virsac au nord de Bordeaux est saccagé par des casseurs.

12:25
Locuteur

En

12:25
Invité

quelques minutes, la situation dégénère sous l'œil impuissant des Gilets jaunes. Depuis samedi, de nombreux incidents écornent l'image pacifique et bonne enfant des Gilets jaunes. Deux personnes ont perdu la vie et l'ont dénombre plus de 580 blessés. Une violence condamnée par Emmanuel Macron en Conseil des ministres ce matin, selon des propos rapportés par Benjamin Gréveau.

12:50
Locuteur

Il

12:50
Invité

faut être intraitable sur l'ordre public. La liberté n'existe

12:55
Locuteur

que

12:56
Invité

s

12:56
Locuteur

'il

12:57
Invité

y a l'ordre public.

12:59
Locuteur

La

12:59
Invité

réponse de l'État a été ferme et la sévérité sera de mise comme elle l'a été

13:04
Locuteur

depuis le

13:06
Invité

premier jour.

13:07
Locuteur

L

13:08
Invité

'exécutif fait preuve de fermeté.

13:11
Locuteur

Mais

13:11
Invité

au sein du gouvernement, certaines voix appellent à la prudence face au ras-le-bol des Français.

13:16
Locuteur

Une

13:17
Invité

colère qu'il ne faut pas prendre à la légère.

13:20
Présentateur

Il faut aboutir à cette transition écologique.

13:22
Locuteur

Il

13:22
Présentateur

faut la mener en œuvre. Mais

13:23
Locuteur

il

13:24
Présentateur

faut faire attention en permanence à ce que ce ne soit pas au détriment de certaines catégories sociales.

13:31
Locuteur

Un

13:32
Invité

gouvernement fragilisé par la grogne et une opposition qui n'hésite pas à s'engouffrer dans la brèche.

13:38
Locuteur

Alors

13:38
Invité

qu'une nouvelle mobilisation d'ampleur est prévue samedi à Paris, le président de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, revient sur l'interdiction de manifester place de la Concorde.

13:48
Locuteur

Monsieur

13:49
Locuteur 1

le Premier ministre, permettez que la démocratie sociale et la

13:52
Locuteur

démocratie

13:53
Présentateur

parlementaire se retrouvent. Permettez la manifestation.

13:57
Locuteur

Nous

13:57
Présentateur

n'avons, Monsieur le Président Mélenchon, aucune intention

14:00
Locuteur

de

14:01
Invité

réprimer ou de diminuer en quoi que ce soit la liberté d'expression et la liberté de manifestation. Mais nous voulons, Monsieur le Président Mélenchon,

14:10
Locuteur

que

14:10
Présentateur

cette liberté d'expression et cette liberté de manifestation s'expriment dans le cadre de la loi.

14:18
Locuteur

La

14:19
Invité

volonté des pouvoirs publics, éviter la confusion de samedi dernier dans les rues de Paris, à quelques mètres du palais de l'Elysée. Difficile pour l'instant de savoir combien de gilets jaunes répondront présents ce week-end. Plusieurs événements sur les réseaux sociaux appellent au blocage complet de la ville.

14:38
Locuteur

Alors,

14:39
Présentateur

question téléspectateurs, Macron prône le dialogue, mais où est le dialogue, Bruno Jeudy ? C'est vrai que

14:45
Locuteur

le

14:45
Présentateur

téléspectateur est assez attentif à ce que dit le pouvoir. Il suffit d'écouter le Premier ministre, dimanche soir, qui vient aussi dans cette posture d'écoute, mais qui, dans le même temps, ne donne aucun signe d'ouverture. Il avait détaillé, sans doute, dans son esprit, trois jours, quatre jours plus tôt, des mesures d'accompagnement pour quelques 500 millions d'euros. Depuis, le gouvernement n'a fait aucune autre ouverture pour aider, justement, les gilets jaunes qui attendent une diminution du poids des taxes sur les

15:20
Locuteur

carburants. Parce qu'au

15:20
Présentateur

fond... Vous

15:21
Locuteur

croyez

15:21
Présentateur

que s'ils renonçaient à surtaxer les carburants à la prochaine hausse du 1er janvier, les gilets jaunes rentreraient chez eux et le moment se terminerait ?

15:28
Locuteur

C

15:29
Présentateur

'est difficile à dire. En tous les cas, une partie des gilets jaunes, ce qui est très difficile, c'est que c'est la seule revendication qui apparaisse comme la plus... Celle qui est la moins floue. Après, il y a plein de choses dans les revendications des gilets jaunes. Mais celle qui est la plus précise, c

15:42
Locuteur

'est

15:42
Présentateur

celle qui concerne les taxes sur le carburant. Évidemment que le gouvernement n'est pas prêt à lâcher sur cette question, mais s'il le faisait, parlons dans un scénario fictif, sans doute que certains estimeraient avoir eu gain de cause. Après, les raisons, elles vont sans doute bien au-delà. Mais il ne

15:59
Locuteur

faut

15:59
Présentateur

jamais perdre de vue que la France qui manifeste, c'est cette France qui est un peu à l'euro près. Du coup, ils attendaient peut-être, en tous les cas, un signal d'ouverture dimanche soir qui n

16:07
Locuteur

'est

16:07
Présentateur

pas venu de la part du Premier ministre, qui lui a plutôt parlé déjà de sécurité, qui a pointé les risques d'anarchie, c'est son mot, et des mots qui seront amplifiés le lendemain par Christophe Castaner. En tous les cas, on voit bien que dans la majorité, ça commence aussi à discuter. Les députés, Jean-Yves Le Drian, même les ministres, Jean-Yves Le Drian,

16:26
Locuteur

on

16:26
Présentateur

vient de l'entendre, qui lui pointent cette forme d'injustice fiscale face à la facture de la transition écologique.

16:34
Locuteur

Il y a

16:34
Présentateur

des députés, surtout au Modem d'ailleurs, qui se font entendre sur le même thème. Donc on sent que la fermeté est prônée par le gouvernement, Macron qui prône le dialogue, et puis une partie de la majorité qui voudrait, certains parlent même de grenelle sociale, donc on sent qu'il y a un grand, très désemparé, en fait. C'est ça le mot qui, pour l'instant, qui est parmi les députés qui, jour après jour, viennent sur les députés, viennent à la télé, et sont assez désemparés parce qu'ils ne savent pas toujours trop quoi dire et quoi répondre à vos questions.

Cécile Cornudet, tous les nouveaux députés qui se voulaient de la société civile, de la République en marche, ils ne comprennent pas ce qui leur arrive là ? Parce qu'ils... Tous,

17:11
Locuteur

je ne sais pas, mais il y a des débats.

17:15
Invité

C'est une telle crise qui sont dans une remise en question. Qu'est-ce qu'on a loupé pour nous qui devions être le mouvement proche des gens, on avait fait une grande marche, on était

17:25
Locuteur

partis pour les écouter, on a

17:28
Invité

augmenté leur pouvoir d'achat, qu'est-ce qu'on a loupé ?

17:30
Locuteur

Et c'est vrai

17:30
Invité

que chacun essaye de construire sa réponse dans son coin. Alors, il y a des députés qui, par exemple, essayent de faire pression sur les banques en ce moment pour qu'elles octroient des prêts à taux très, très, très réduits pour les gens qui changeront de véhicule. Donc, il y

17:44
Locuteur

a

17:44
Invité

des démarches comme ça, isolées. Et le gouvernement, notamment François de Rugy, il est en train de réfléchir à quand même faire des tables rondes, des discussions décentralisées avec peut-être des syndicats, des associations, des Français, notamment sur la question environnementale. Parce que ce qui est apparu dans ce mouvement, c'est que le gouvernement n'était pas perçu comme sincère quand il disait «

18:05
Locuteur

je

18:05
Invité

fais ça pour l'écologie ». Or, l'écologie, il faut voir, ça va être un des thèmes majeurs des prochaines élections européennes dans six mois. Donc, le gouvernement a absolument besoin de réconcilier son image avec l'écologie. Donc, comment on peut faire une écologie plus juste sans que ce soit forcément punitif, etc. Il y aura forcément des discussions autour de

18:22
Locuteur

ça.

18:23
Présentateur

Pardonnez-moi, je vous arrête parce qu

18:24
Locuteur

'il

18:24
Présentateur

y

18:24
Locuteur

a

18:24
Présentateur

eu un dernier sondage qui montrait que les gens plaçaient la question du pouvoir d'achat avant l'écologie, maintenant.

18:30
Invité

Il y a les deux. Vous savez qu'on

18:31
Locuteur

est tous un peu schizophrènes, on a envie de sauver

18:33
Invité

la planète.

18:34
Locuteur

Oui, mais d'abord, on pense à son plan d'essence avant de sauver la planète. Oui, mais

18:36
Invité

c'est pour ça, justement, quelles sont les voies pour essayer d'avoir une écologie un peu moins punitive, qui fasse un peu moins mal aux porte-monnaies parce que le gouvernement, de toute évidence, a sous-estimé ça. Il pensait que comme le sentiment environnemental, je ne

18:50
Locuteur

sais

18:50
Invité

pas comment on peut l'appeler, avait progressé faramineusement dans les sondages, du coup, la hausse sur les carburants, ça passerait mieux.

18:55
Présentateur

Mais Jérôme Fourquet, on a l

18:57
Locuteur

'impression

18:57
Présentateur

qu'il n

18:57
Locuteur

'y

18:57
Présentateur

a pas que le gouvernement qui a des difficultés avec ce mouvement. Même les partis politiques sont assez peu audibles et ont du mal à incarner, à s'approprier, alors on pourrait dire à récupérer ce mouvement. Alors, ils ne peuvent pas le récupérer parce qu'ils n'en sont pas à l'initiative et qu'il s'est construit, ce mouvement, justement, en opposition ou en parallèle aux organisations syndicales et politiques.

19:19
Locuteur

À

19:19
Présentateur

partir du moment où un mouvement politique va essayer de mettre la main

19:22
Locuteur

sur

19:23
Présentateur

les gilets jaunes, le château de cartes va s'effondrer parce que ces Français qui manifestent, manifestent aussi, pas uniquement pour le prix de l'essence, dans tous les verbatims qu'on peut entendre, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. C'est un sentiment beaucoup plus large sur le pouvoir d'achat, sur les taxes et ensuite sur le sentiment de dépossession. On n'a plus prise sur notre propre vie quotidienne ni sur notre fonction de citoyen puisque les élites ne nous écoutent pas, etc. Moi, je pense qu'il y

19:52
Locuteur

a

19:52
Présentateur

une phrase qui est très importante qui a été prononcée par le président de la République, quelques jours avant le 17 novembre, dans son interview accordée sur le porte-avions Charles de Gaulle, quand il a dit « je ne suis pas parvenu à réconcilier les Français avec leurs dirigeants ». Je pense que c'est un des nœuds de cette crise et donc ces dirigeants ou ces représentants, ils sont aussi bien sur les bancs du gouvernement que dans l'opposition aujourd'hui. Donc,

20:14
Locuteur

c

20:14
Présentateur

'est plus facile d'être dans l'opposition et on voit quand même que

20:17
Locuteur

Marine

20:18
Présentateur

Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, dans une main de menure, Jean-Luc Mélenchon, parviennent à accompagner ce mouvement, mais il est illusoire de penser qu'ils vont le récupérer, en tout cas…

20:29
Locuteur

Alors, Jean

20:29
Présentateur

Lassalle a essayé cet après-midi à l

20:31
Locuteur

'Assemblée,

20:32
Présentateur

il a enfilé le gilet, bon, ça faisait… Il était un peu seul. Il était un peu seul, mais ça dit quand même des choses, c'est-à-dire… Donc, ce sera très difficile pour ces responsables politiques d'attraper cela. Alors, pour rebondir sur ce que disait Bruno tout à l'heure, il y avait quand même eu une ouverture qui avait été faite de la part de Laurent Berger de la CFDT, qui a dit, voilà, on pourrait faire une table ronde avec des représentants, alors, comment on les désigne, des gilets jaunes, mais les syndicats, le gouvernement, les représentants des gilets jaunes pour voir comment on peut faire.

Le gouvernement a envoyé une fin de non recevoir, même si, on le sait bien, la CFDT n'est pas à l'origine de ce mouvement-là, mais ça pouvait être une ouverture. Mais on voit bien que tout le système est aujourd'hui complètement grippé et ce qui est frappant, c'est qu'Emmanuel Macron est élu, justement, aussi sur cette opposition entre le vieux monde politique et le nouveau monde et on s'aperçoit que le nouveau monde n'est pas plus en capacité que l'ancien monde à résorber les fractures dans la société française et ils sont en train de se prendre ça de plein fouet.

Mais Michel Vivurka, on pourrait dire, il n'a pas de chance, Emmanuel Macron, en écoutant tout ça, parce qu'on se dit, ça tombe sur lui alors que derrière,

21:33
Locuteur

il

21:33
Présentateur

y a 30 ans de rancœur ou 20 ans de rancœur, ce n

21:35
Locuteur

'est

21:35
Présentateur

pas nouveau, non, ce sentiment anti-hérit. On pourrait dire le contraire. Il a eu de la chance au moment où il est arrivé, mais il est arrivé, parce que quand même,

21:43
Locuteur

c

21:43
Présentateur

'était assez bizarre son succès qui est formidable, il est arrivé à un moment où la déstructuration de tout ce qui permet la médiation, le débat, le dialogue tant souhaité, cette déstructuration était très avancée. Mais au lieu

21:58
Locuteur

d

21:59
Présentateur

'essayer, comme le dit Jérôme Fourquet, de construire un nouveau monde,

22:02
Locuteur

c

22:02
Présentateur

'est-à-dire d'aider à ce que se reconstitue des médiations,

22:05
Locuteur

il

22:06
Présentateur

a accentué ce vide. Qu'entendez-vous par médiation

22:09
Locuteur

? Alors, médiation,

22:11
Présentateur

parti politique,

22:12
Locuteur

il

22:12
Présentateur

n'y

22:12
Locuteur

a

22:12
Présentateur

plus rien

22:12
Locuteur

à

22:13
Présentateur

gauche et très peu à droite. Syndicats, CGT, je n

22:18
Locuteur

'ose

22:18
Présentateur

pas parler de force ouvrière en ce moment, vu leur situation terrifiante. La CFDT, qui était le seul syndicat avec lequel ce pouvoir aurait

22:28
Locuteur

pu

22:28
Présentateur

et dû faire quelque chose, on l'envoie balader, c'est quand même ce qui s'est passé, en lui disant on veut des choses concrètes, on ne veut pas de la pure réflexion, comme ça. Bon, donc les partis politiques, les syndicats, les associations, tout ce tissu associatif qui vit quand même en très grande partie de l'aide de l'État, il a beaucoup plus de difficultés, Macron n'est pas seul responsable, mais enfin, tout ce tissu, et surtout ce tissu classique, les grandes associations, genre Ligue de l'enseignement, tout ça, les subsides ont baissé.

Et donc, il est arrivé un moment où tout ça se défaisait, mais ça s'est aujourd'hui encore plus défait, sans qu'à aucun moment il y ait eu l'image d'autre chose qu'un gouvernement qui veut agir de façon verticale, parce que j'ai bien écouté ce qu'a dit le président Macron, il a dit il faut

23:16
Locuteur

le

23:17
Présentateur

dialogue et il faut expliquer.

23:19
Locuteur

Le

23:19
Présentateur

dialogue, on ne

23:20
Locuteur

voit

23:20
Présentateur

pas trop avec qui, et expliquer, ça veut dire faire de la com', ça veut dire communiquer de haut en bas pour justifier. Et donc moi je pense qu'on est à un moment où qu

23:29
Locuteur

'est

23:29
Présentateur

-ce qu'il reste ? Il reste une société qui s'éveille, qui bouge, on peut y trouver beaucoup de choses, ça part un peu dans toutes sortes de direction et qui cette société elle-même n

23:40
Locuteur

'est

23:40
Présentateur

pas structurée. Comment est-ce que vont se passer les venues à Paris samedi ? Si ça avait été le bon temps des grandes manifs genre CGT ou des cars, des trains entiers seraient réservés, tout serait déjà balisé, des services d'ordre, bon,

23:55
Locuteur

on

23:55
Présentateur

voit très bien que tout ça n'est pas à l'ordre du jour ou je pense très très faiblement. Et donc, on a d'un côté un pouvoir qui est arrivé sur les décombres du vieux monde mais qui n'a pas aidé à ce que se construise un nouveau monde de médiation, si vous voulez, et un mouvement qui lui aussi arrive comme ça mais qui vient dire des choses très très fortes. Je dis que

24:16
Locuteur

c'est

24:16
Présentateur

vrai que c'est aussi une claque pour les syndicats. Là, on voit la CGT qui essaye, on ne comprend pas très bien, d'organiser sa journée de la colère le 1er décembre. FO Transport qui propose son aide mais les Gilets jaunes disent non, on ne

24:27
Locuteur

veut

24:27
Présentateur

pas de syndicats, ranger vos banderoles, surtout pas sur les lieux de rassemblement. Donc, c'est aussi une claque pour les syndicats ? Oui, ils sont dans la même situation, peut-être pire même que les partis politiques. En plus, ils ont été, au fond, négligés même de manière assez brutale par le pouvoir et je pense notamment à la CGT, je partage parfaitement ce qui vient d'être dit. Donc, du coup, ils sont dans une situation où eux-mêmes ils ne cherchent pas trop aussi, ils n'ont pas trop de lien avec ce pouvoir. Donc, que peuvent-ils faire sinon observer les Gilets jaunes dans la rue sans pouvoir même accompagner le mouvement ?

C'est vrai que la demande de la proposition de Laurent Berger tombait comme ça comme un cheveu sur la soupe pendant le week-end.

25:08
Locuteur

Faire un

25:08
Présentateur

grenelle de l'écologie. Oui, un grenelle de l'écologie. Elle aurait pu être d'ailleurs reprise en partie par le gouvernement qui aurait pu essayer avec un peu d'imagination de trouver les moyens d'embarquer quelque chose. Mais au fond, Emmanuel Macron récolte aussi ce qu'il a semé. Il n'a pas voulu s'appuyer sur les corps intermédiaires. C'était son choix. Peut-être était-ce une bonne idée. Simplement, il a créé et ça s'est accentué même de manière caricaturale avec ce mouvement des Gilets jaunes. L'expression en direct avec le peuple. Maintenant, il est face au peuple. Et quand la colère, elle n

25:40
Locuteur

'a

25:40
Présentateur

pas de chef. La colère, elle

25:42
Locuteur

n'a

25:42
Présentateur

pas de chef.

25:42
Locuteur

On

25:42
Présentateur

le voit avec les Gilets jaunes. Il n'y a pas de chef. Donc, ils en cherchent un. Ils voudraient quelqu'un ils ne le verront jamais. On ne sait pas ce qui se passera samedi. Mais on voit bien en tous les cas un président de la République qui maintenant, au fond, est en train de se liloquer dans le vide. Mais Jérôme Fouquet, est-ce qu'il

26:02
Locuteur

y a

26:02
Présentateur

un risque ? On parlait beaucoup, c'est la CGT qui voulait réunir les colères. Que d'autres mouvements se joignent à ces Gilets jaunes. On sait qu'il rêve que les transporteurs se joignent aux Gilets jaunes, les ambulanciers, les infirmières, etc. pour crier leur colère contre le gouvernement central à Paris qui n'entend rien. Deux choses. des luttes, pour employer le terme classique, c'est en partie les Gilets jaunes qui l'ont réussi,

26:26
Locuteur

ce

26:26
Présentateur

n

26:26
Locuteur

'est

26:26
Présentateur

pas les syndicats. Là, on voit des salariés, des indépendants, des auto-entrepreneurs, des chômeurs qui se sont mis ensemble pour bloquer les ronds-points. Ça, c'est le premier point. Et puis, le deuxième point, c'est que cet élargissement des luttes et l'agrégation avec d'autres mouvements, pour l'instant, mais on n'en est peut-être qu'au balbutiement, on ne voit pas cela.

On a eu un premier galop d'essai, c'était le mouvement des infirmières qui ont bien pris soin de dire qu'elles défilaient en leur nom propre sur des revendications professionnelles et catégorielles et que même si, à titre de citoyenne ou de citoyen, elles pouvaient avoir un certain nombre de sympathies vis-à-vis de ce mouvement, en aucun cas, il s'agissait de faire front commun, en tout cas, de mélanger les cortèges.

27:08
Locuteur

Ils étaient

27:08
Présentateur

en blouse blanche et

27:09
Locuteur

non pas en gilet jaune.

27:11
Présentateur

Les Gilets jaunes avaient attendu aussi ardemment ce week-end, en tout cas la fin du week-end, que des transporteurs routiers viennent se joindre à ce mouvement-là. On ne les a pas vus pour l'instant. Donc là, il y a un syndicat FO Transport mais qui est le troisième de la profession. Ce n

27:27
Locuteur

'est

27:27
Présentateur

pas forcément énorme. On attendait les ambulanciers qui ne

27:31
Locuteur

sont

27:31
Présentateur

pas venus. Il y

27:32
Locuteur

a

27:32
Présentateur

eu des chauffeurs de VTC ce week-end mais pas les taxis. Et puis, puisqu'on compare souvent ce mouvement avec celui des bonnets rouges, en Bretagne, le mouvement des bonnets rouges avait été puissamment soutenu par les agriculteurs. Le patron de la FDSEA du Finistère était une des têtes de proue de ce mouvement-là. Pour l'instant, hormis quelques cas localisés, il n

27:51
Locuteur

'y a

27:51
Présentateur

pas non plus de mouvement des agriculteurs. Donc tout ça peut, éventuellement, en fonction de l'attitude du pouvoir, vous disiez tout à l'heure, Emmanuel Macron n'a pas eu de chance, il récolte... En

27:59
Locuteur

temps dégreur. Voilà. Ce

28:01
Présentateur

qu'il faut entendre aussi, c'est que le ton employé parfois par Emmanuel Macron, hormis la politique qui est menée, a sans doute aussi déclenché la mèche. C'est-à-dire, il suffit de traverser la rue pour trouver du travail. Sur les ronds-points, beaucoup de gens disent « Mais là, nous, on le fait, ça. On fait 50 kilomètres tous les jours pour aller chercher un travail. » Et donc, on est axé. Quand Emmanuel Macron a parlé du pognon de dingue qui était dépensé dans notre modèle social, je pense qu'il y a eu pas mal de formules comme ça qui ont quand même très fortement tendu et avivé les plaies qui étaient déjà à vif.

Alors, au cinquième jour de la mobilisation, se pose la question des porte-paroles, des chefs de file du mouvement. Compliqué, car sur les ronds-points, on l'a dit, « Les revendications sont diverses

28:42
Locuteur

»

28:42
Présentateur

dans le Vaucluse. Néanmoins, Christophe Chalençon, c'est un artisan de 52 ans, veut unifier les colères.

28:48
Locuteur

Nous

28:48
Présentateur

l'avons interviewé et figurez-vous qu'il a un objectif, vous allez l'entendre, il veut dissoudre l'Assemblée nationale. Voyez ce sujet de Mathieu Lignot et David Lemarchand.

29:00
Locuteur

Il

29:00
Présentateur

me dit, il me dit, « Monsieur Chalençon, vous êtes sûr que ça va aller au bout ? » Il me

29:04
Locuteur

dit,

29:04
Présentateur

«

29:04
Locuteur

Bien

29:04
Présentateur

sûr que ça va aller au bout. » Donc, il me dit,

29:07
Locuteur

«

29:07
Présentateur

Nous, on est avec vous. » Christophe Chalençon a fait de cette boulangerie d'Avignon son quartier général.

29:14
Locuteur

Il

29:14
Présentateur

organise ici la mobilisation des Gilets jaunes du Vaucluse. Depuis samedi matin, il prend des nouvelles d'une cinquantaine de points de blocage et donne ses consignes par téléphone. qui diffuse son information en disant, « Vous êtes avant tout des citoyens, vous pouvez rejoindre le mouvement, pas de problème. » Mais il est hors de question qu'il prenne la parole en tant que représentant syndical. La France insoumise, mais il se dégage pareil. On est hors parti politique. Attends, j'ai le préfet qui m'appelle. En direct avec le préfet, Christophe Chalençon est devenu un interlocuteur privilégié de l'État.

29:50
Locuteur

Bonjour,

29:51
Présentateur

monsieur le préfet, comment allez-vous

29:52
Locuteur

? Il

29:53
Présentateur

est l'un de ceux qui ont déclaré les manifestations de ce week-end.

29:56
Locuteur

«

29:57
Présentateur

Mais s'il faut aller faire une intervention pour essayer de baisser un peu la température, vous me le dites ?

30:00
Locuteur

» Et

30:01
Présentateur

cet après-midi, ça se complique.

30:03
Locuteur

«

30:03
Présentateur

Bon, allez, ça marche. » Les gendarmes ont évacué un barrage près de l'autoroute. Christophe donne un coup de main au préfet et va jouer les médiateurs entre Gilets jaunes et forces de l'ordre. Ce forgeron doit entretenir la flamme de la contestation d'un côté, calmer les plus virulents de l'autre.

30:22
Locuteur

«

30:22
Locuteur 8

Ça cesse de

30:22
Présentateur

monopoliser, de faire avoir que les Gilets jaunes sont présentes sur tout le terrain. Il

30:28
Locuteur

y a

30:28
Présentateur

les endroits où ça bloque de partout. Il s'est passé un petit peu aussi. Il s

30:32
Locuteur

'est

30:32
Présentateur

passé un petit peu et c'est ce qu'on essaie de faire.

30:37
Locuteur

»

30:37
Présentateur

Sur le terrain, Christophe Chalençon demande le déblocage temporaire du barrage. Un jeu de chat et de la souris avec les forces de l'ordre. Après quelques minutes de discussion, mission accomplie et retour au calme. Christophe Chalençon rentre à son QG. Ce soir-là, il a rendez-vous avec la

31:13
Locuteur

télévision

31:16
Locuteur 1

indirecte sur une chaîne d'information.

31:18
Présentateur

« Nous allons abattre parce que nous allons abattre le pouvoir politique et aujourd'hui, nous sommes partis dans la seule revendication que nous avons, c

31:25
Locuteur

'est

31:25
Présentateur

la dissolution de l'Assemblée nationale. Je vous ai dit que nous étions en train de nous structurer. Vous n'en avez pas entendu. » Depuis ce week-end, se montrer dans les médias, il adore ça.

31:34
Locuteur

«

31:35
Locuteur 8

Vous venez de vivre un moment historique. C

31:37
Locuteur

'est

31:38
Locuteur 8

-à-dire ? »

31:38
Locuteur

«

31:38
Locuteur 8

Là,

31:39
Locuteur

à

31:39
Locuteur 8

mon avis,

31:40
Présentateur

dans tous les fauteuils de France, ça a fait combien de

31:42
Locuteur

temps.

31:43
Présentateur

Voilà. Parce que là, ils ont entendu une voix qui est la leur. » Grande gueule charismatique, Christophe Chalençon n'est pas un inconnu dans le département.

31:52
Locuteur

Il

31:53
Présentateur

a été candidat sans éthiquette aux dernières élections législatives de 2016. Porte-parole désigné par 37 référents des Gilets jaunes du Vaucluse, il ne fait pourtant pas l'unanimité sur les barrages. « On ne veut plus de politique, de gens qui cherchent quelque chose. Chalençon, on n'en a rien à faire de Chalençon. On n'en veut pas. Oui, mais je suis le porte-parole. Non, il n

32:13
Locuteur

'est

32:13
Présentateur

pas le porte-parole. Le porte-parole, ça sera... Le porte-parole, c'est chacun du peuple. Le peuple est souverain.

32:22
Locuteur

On

32:22
Locuteur 2

n'a pas besoin de porte-parole. Le but, c'est de déliter ce système auquel tout le monde est habitué, auquel les gens cherchent à s'adresser. En fait, on a toujours l'idée que quelqu'un va porter la parole et qu'on va pouvoir négocier avec. Il n

32:36
Locuteur

'y

32:36
Locuteur 2

a pas de négociation possible.

32:39
Présentateur

La cacophonie, c'est toute la complexité du mouvement des Gilets jaunes arrivé à se faire entendre avec de multiples revendications. Christophe Chalençon, lui, vient de créer un mouvement,

32:51
Locuteur

l

32:51
Présentateur

'Assemblée citoyenne comme il l'appelle, pour tenter de faire de la colère des Gilets jaunes

32:56
Locuteur

une

32:57
Présentateur

force politique.

33:00
Locuteur

Alors,

33:00
Présentateur

question téléspectateurs. Devant le nombre de revendications contradictoires et incompatibles entre elles, qu'est-ce qui est négociable, Michel Viviurka

33:07
Locuteur

? Pas

33:08
Présentateur

grand-chose.

33:09
Locuteur

Pas

33:09
Présentateur

grand-chose, puisque ce que demandent les uns, c'est le contraire de ce que demandent les autres. On vient d'entendre des gens qui disent qu

33:14
Locuteur

'il

33:14
Présentateur

faut se transformer en force politique, d'autres qui disent surtout pas, et puis plus en profondeur, dans les revendications en profondeur. Les uns sont dans des régions désertifiées, ils voudraient plus d'État, plus de présence, des bureaux de poste, des écoles, des choses comme ça, aussi. Bon, d'autres sont plutôt dans des questions de zones périphériques, ils veulent plutôt, oui, payer moins cher l'essence, mais en plus, tous ont des problèmes économiques de redistribution. Donc, si on choisit une mesure ou une autre, elle plaira à certains et pas à

33:48
Locuteur

d

33:48
Présentateur

'autres, et surtout, elle ne touchera pas le fond du problème. Alors moi, je ne vois pas beaucoup de sorties pour le fond du

33:54
Locuteur

problème,

33:54
Présentateur

qui est que le modèle social et économique actuel, la façon de faire la politique actuelle, aujourd'hui, ça passe très mal dans toute la société. Et donc,

34:05
Locuteur

la

34:05
Présentateur

seule réponse, je ne dirais pas le seul résultat d'une négociation, mais la seule réponse consisterait à dire on change de méthode. C'est pour ça que la position de Laurent Berger, on peut évidemment trouver qu'elle vient un peu à contre-temps, ce n

34:17
Locuteur

'est

34:17
Présentateur

pas le meilleur moment pour faire un grenelle de l'écologie. Oui, en même temps, il a tort de parler de Grenelle, parce que quand on dit Grenelle, on pense à 68, et le Grenelle de 68, c'était uniquement social. Tout ce qui était contestation et

34:29
Locuteur

salaire,

34:29
Présentateur

tout ce qui était contestation étudiante était oublié, et tout ce qui était colère ouvrière était oublié aussi. Donc, il y a

34:35
Locuteur

eu

34:35
Présentateur

ensuite beaucoup de ressentiment après le Grenelle. Mais en tout cas, l'idée, et puis faire venir les vieux acteurs pour discuter de l'invention d'un nouveau monde, ce n

34:44
Locuteur

'est

34:44
Présentateur

pas évident. Mais en tout cas, la seule sortie que moi, je verrais par le haut, c'est ça, et latéralement, ce serait que Macron dise quelque chose aux entrepreneurs, aux chefs d'entreprise, du genre, j'ai fait beaucoup pour vous au début, maintenant, à vous de faire aussi des très grands efforts. Mais je n'entends pas beaucoup dire ce genre de choses. C'était surprenant quand même dans le sujet, la colère des gens, pas de porte-parole, etc. D'ailleurs, ça peut marcher, c'est un mouvement sans porte-parole ou c'est une colère stérile ? C

35:15
Invité

'est vrai que qui sont les porte-parole aujourd'hui ? C'est des porte-parole autoproclamées qui passent bien à la télé, qui sont sans doute des grandes gueules et qui disent c

35:22
Locuteur

'est

35:22
Invité

moi le porte-parole parce qu'il y a eu manifestement une élection parmi des référents gilets jaunes. Donc, ils ont organisé une petite démocratie pour les lire lui, mais manifestement, il n

35:33
Locuteur

'y a

35:33
Invité

pas de légitimité chez ces personnes. C'est des gens, voilà. Et donc, du coup, ça va être sans cesse contesté. Il y en a un qui va demander la dissolution de l'Assemblée, à l'autre bout de

35:41
Locuteur

la

35:41
Invité

France, ça va être autre chose. Il n

35:43
Locuteur

'y a

35:43
Invité

pas du tout de cohésion et sans doute que c'est la chance du gouvernement d'ailleurs parce que c'est tellement protéiforme, tellement changeant tout le temps. On a eu la porte-parole Jacqueline Moureau, parce qu

35:53
Locuteur

'on

35:53
Invité

la voyait beaucoup à la télévision, parce que sa vidéo avait fait grand bruit. Et voilà, aujourd'hui, c'est quelqu'un d'autre. Elle

36:01
Locuteur

a refait

36:01
Présentateur

une vidéo, c'est celle qui avait dit

36:03
Locuteur

qu'est

36:04
Présentateur

-ce que vous faites du pognon.

36:05
Invité

Elle

36:05
Locuteur

a refait une vidéo en appelant avant des référents.

36:07
Invité

C'est le quart d'heure warulien de personnes en France qui se sentent porteurs d'un message révolutionnaire. Qu'est-ce que ça peut créer ?

36:19
Locuteur

Donc ça va faire pchit alors.

36:21
Présentateur

C'est la pire des situations pour un gouvernement, quel qu'il soit, de se retrouver face à un mouvement pas incarné. Il n

36:27
Locuteur

'y a

36:27
Présentateur

pas vraiment... Il y a plein de leaders locaux comme ça qui existent. Le routier de Seine-et-Marne, qui était l'un des premiers visages qu'on a vu à la télévision. Ce forgeron du Vaucluse, Jacqueline Moureau, effectivement. Il y

36:41
Locuteur

a

36:41
Présentateur

aussi une femme dans le Val-d'Oise qu'on voit beaucoup. Il y a aussi un élu ex-UMP autour de Toulouse qui est plutôt à droite. Donc il y a un peu toutes sortes de personnages comme ça, mais il n

36:55
Locuteur

'y

36:55
Présentateur

en a pas un ou deux qui émergent. On a pu le voir dans des mouvements, les routiers, il

37:00
Locuteur

y a

37:00
Présentateur

quelques années.

37:00
Locuteur

Il

37:00
Présentateur

y avait eu un fameux

37:01
Locuteur

Tarzan,

37:02
Présentateur

les bonnets rouges, monsieur le Traudec.

37:05
Locuteur

Mais est-ce que Internet

37:06
Présentateur

ne peut pas être le véhicule qui arrive à unifier justement tous ces gilets jaunes sans qu'il y

37:11
Locuteur

ait

37:11
Présentateur

de leaders identifiés

37:12
Locuteur

?

37:12
Présentateur

Rendez-vous tous à Paris

37:13
Locuteur

! Rendez-vous tous ! Est-ce qu

37:14
Présentateur

'Internet n'est pas l'outil qui permet de se passer d'un leader ? Pour l'instant, je crois qu'ils étaient à 8 ou 9 000 inscrits pour la manifestation de samedi. On ne sait absolument pas combien de personnes il y aura et c'est toute la difficulté de pouvoir. En tous les cas, c'est un formidable accélérateur de cette crise politique et crise sociale qui est en train de se combiner et qui met Macron en difficulté parce qu'au fond, Macron, dans le même temps, qui a suscité un formidable espoir avec son élection, avec sa campagne assez horizontale d'écoute, de bienveillance, tout à coup, il arrive au pouvoir et il théorise la verticalité.

Et au fond, 18 mois plus tard, il se retrouve avec ce mouvement, j'allais dire, de contestation horizontale qui reprend les mêmes recettes qu'en marche. Les boucles WhatsApp, les pages Facebook, c'est exactement les mêmes recettes qu'en marche, sauf que cette fois-ci,

38:01
Locuteur

c

38:01
Présentateur

'est de la protestation et c'est directement dirigé contre celui qui a fondé En Marche, l'auteur du dégagisme qui se trouve en quelque sorte maintenant pris dans l'infernal boucle du dégagisme. Alors Michel Vidurca, vous voulez ajouter ? Oui, je veux rajouter une chose. Il y

38:19
Locuteur

a

38:19
Présentateur

un nom qu'on n'a pas prononcé, c'est stupéfiant à ce stade de notre discussion, Rassemblement National, Marine Le Pen. Parce qu'on se demande si ce mouvement peut trouver son unité, on se demande s'il peut trouver un débouché, on se demande s'il peut se structurer et les réponses c'est on ne

38:33
Locuteur

voit

38:33
Présentateur

pas très bien comment il

38:33
Locuteur

dit.

38:34
Présentateur

Mais par contre, moi je suis frappé de voir que le Rassemblement National est

38:38
Locuteur

peu

38:39
Présentateur

présent dans toute cette affaire,

38:42
Locuteur

mais que

38:43
Présentateur

chaque fois qu'il s'exprime, on comprend très très bien qu'il engrange des sympathies. Je ne sais pas s'ils engrangent des nouveaux adhérents, je ne pense pas, mais des sympathies et qu'à l'issue de tout ce que

38:55
Locuteur

l'on

38:55
Présentateur

fait,

38:55
Locuteur

a

38:55
Présentateur

envoyé le Front National dans

38:56
Locuteur

ce qui s'est passé

38:57
Présentateur

depuis samedi. Je vais vous dire.

38:58
Locuteur

Où est

38:58
Présentateur

-ce que vous l'entendez ?

39:00
Locuteur

Alors je l'ai entendu l'autre jour,

39:01
Présentateur

son trésorier, j'ai entendu sur une chaîne de télévision, son trésorier dire des choses très intéressantes.

39:07
Locuteur

Parce

39:07
Présentateur

que d'habitude quand on dit Rassemblement National, on pense immigrés, islam, laïcité, ce genre de choses. Pas du tout, pas un mot sur tout ça.

39:16
Locuteur

Il

39:16
Présentateur

a parlé social. Vous allez rendre

39:18
Locuteur

ça en

39:18
Présentateur

juge. Exactement. Il a parlé social, il a parlé présence de l'État, il a parlé redistribution, les thèmes sociaux qui sont ceux que ce mouvement, dans toute sa diversité, peut entendre et veut entendre. Et donc moi, je pense qu'elle est très peu présente, Marine Le Pen, dans tout ça. C'est pour elle qu'on va chercher sans arrêt. Eh bien, je pense qu'à terme, il y aura deux vainqueurs dans toute cette affaire qui vont capitaliser tout ça. L'un, c'est l'abstention, alors elle capitalisera de façon bizarre, et l'autre, c'est le Rassemblement National. Jérôme Fourquet, au niveau des sondages, on voit déjà des choses qui se passent ?

Oui, dans les sondages pour les intentions de vote pour les élections européennes, donc ils sont encore loin, mais ce qu'on réalise, on voit qu'il y a eu une progression depuis la rentrée

40:01
Locuteur

du

40:01
Présentateur

vote pour le Front National qui est aujourd'hui en tête des intentions de vote pour les élections européennes,

40:06
Locuteur

au

40:07
Présentateur

coude à coude, mais un peu devant La République en marche.

40:10
Locuteur

Ce

40:11
Présentateur

qu'on voit également, ce que disait Michel Vivorca, c'est qu'elle n

40:14
Locuteur

'a

40:14
Présentateur

pas besoin de forcer trop là-dessus, parce qu'il y a toute une grammaire, le mouvement antifiscal, toute une rhétorique un peu poujadiste, pas prise par tous, mais par toute une partie des Gilets jaunes, qui est assez en osmose avec la rhétorique du Front. Le Front National, comme le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan, sont depuis très longtemps sur les thématiques de défense des automobilistes, contre le racket au péage autoroutier, contre les radars automatiques, donc tout ça, les

40:38
Locuteur

80 km heure, tout ça était

40:40
Présentateur

relativement balisé pour eux. Ce qu'on observe aussi dans nos enquêtes, ce sont les sympathisants du Front National ou du Rassemblement National, comme on les appelle aujourd'hui, qui sont les plus en soutien de ce mouvement. Ça ne veut pas dire que

40:50
Locuteur

toutes

40:51
Présentateur

les sympathis, toutes les personnes qui soutiennent ce mouvement sont du FN.

40:54
Locuteur

Pas du tout, parce que sinon,

40:55
Présentateur

vous n'avez pas cette masse de gens, mais c'est eux qui sont le plus à l'aise, bien évidemment.

41:00
Locuteur

Quand

41:01
Présentateur

on entend aussi moins d'impôts, moins de taxes, plus de services publics, ça fait quand même penser aussi à Salvini, au programme de Salvini et Luigi Di Maio, avec la Ligue du Nord qui baisse ses impôts et Luigi Di Maio qui veut le revenu universel.

41:14
Locuteur

Tout

41:14
Invité

à fait.

41:14
Locuteur

Et

41:14
Invité

Marine Le Pen, après son débat raté d'entre-deux-tours, il y

41:17
Locuteur

a

41:17
Invité

eu des débats autour d'elle et une partie au Rassemblement National lui disait « il faut que tu abandonnes la thématique sociale pour que tu te concentres sur l'immigration

41:26
Locuteur

».

41:26
Invité

Elle a dit « non, je veux garder les deux à la fois, le déclassement et la dépossession ». Et aujourd'hui, on voit qu'elle a eu raison de faire ça. Et elle, elle comprend très bien que c'est un mouvement qui est très anti-politique et que si elle montre trop qu'elle le récupère, elle va être dégagée avec les autres. Donc en fait, c'est l'une des seules qui ne va pas dans les manifestations. Vous ne l'aurez pas vue avec un gilet jaune, tout ça. En revanche, elle parle quand même beaucoup et elle met des mots sur ce qui se passe.

Elle dit par exemple « c'est le peuple central, c'est les travailleurs qui sont toujours dessous, les « juste en dessous », c'est-à-dire juste en dessous des minima sociaux mais qui n'ont pas de belle fin de mois. Elle veut, si vous voulez, elle veut se déconnecter du mouvement parce qu'elle sait qu'un mouvement comme ça, ça peut retomber demain. Mais elle veut récupérer les traces que laissera le mouvement et ce qui révèle profondément parce que dans ces mois, il

42:17
Locuteur

y

42:17
Invité

a les élections européennes et effectivement, comme Salvini, elle pense qu'il y a quelque chose à jouer.

42:21
Présentateur

Bruno, je dis, je sais que l'article que vous avez consacré à ces gilets jaunes, d'ailleurs, il y aura un portrait de Chalençon demain. Le titre,

42:29
Locuteur

c

42:29
Présentateur

'est « La France des invisibles ».

42:30
Locuteur

C

42:31
Présentateur

'est vrai qu'on fait le procès, on dit, au fond, il y

42:32
Locuteur

a

42:32
Présentateur

la France des grandes capitales, des grandes métropoles

42:35
Locuteur

et

42:35
Présentateur

derrière,

42:36
Locuteur

il y a

42:36
Présentateur

la France des villes de moins de 100 000 habitants, des ruraux où on est obligé d'avoir… Alors, avec l'étalement urbain, en plus, on habite loin des villes parce que

42:45
Locuteur

l'immobilier est moins

42:45
Présentateur

cher. C'est une problématique qui existait bien avant l'élection d'Emmanuel Macron mais qui, au fond, pour les gens qui habitent dans cette France dite la France périphérique,

42:55
Locuteur

c

42:55
Présentateur

'est oublié un peu qui vivent à l'écart des grandes villes ou qui vivent dans les périphérites de ces grandes villes. Ils ont le sentiment, sans doute, que ça s'est accéléré depuis le début du mandat. Au fond, Emmanuel Macron… La

43:08
Locuteur

start-up nation, elle ne va pas… Oui, s'intéresse aux

43:10
Présentateur

grandes métropoles, qu'il a d'abord plutôt favorisé ceux qui vivent dans les grandes métropoles que ceux qui vivent dans les petites villes. D'ailleurs, ça fait écho aussi avec la colère des maires, notamment les maires des petites villes. Moi,

43:22
Locuteur

j

43:22
Présentateur

'ai assisté à un congrès des maires dans l'ouest de la France, en Mayenne, où c'était essentiellement des villes, des communes de moins de 500 habitants. Ce n'était pas une grogne… Ça ne grognait pas partout, mais c'était une grogne latente, surtout contestant un peu par petits bouts chaque point de la politique d'Emmanuel Macron avec cette phrase « Ce n

43:41
Locuteur

'est

43:41
Présentateur

pas un président pour nous ». C'est

43:42
Locuteur

ce

43:42
Présentateur

que disent les petits élus de ces villes-là. Ils ne se sentent pas du tout concernés par la politique de transformation qui est mise en œuvre et qui semble ne pas correspondre à leurs attentes,

43:53
Locuteur

encore

43:54
Présentateur

moins à celles de leurs administrés. C'est en tous les cas ce que laisse percevoir ce mouvement des Gilets jaunes. Michel Eviorcar ? Oui, j'allais proposer effectivement qu'on regarde cette question des maires. Oui, ils

44:07
Locuteur

sont en ce moment

44:07
Présentateur

qui sont actuellement en congrès. Et tout à l'heure,

44:11
Locuteur

on

44:11
Présentateur

évoquait ce refus des médiations. Écoutez, le président avait promis aux maires de France de venir chaque année à leur congrès. il s'en est sorti par une pirouette mais il n'y va pas. Donc là aussi, si vous voulez, le président n'est pas responsable de la déstructuration de toutes les médiations. Évidemment pas. Il est arrivé dans un contexte où ça allait mal. Mais quand même, les élus locaux, ce sont des gens qui sont nombreux à dire « je ne me représenterai pas ». Il y a de la difficulté à trouver des vocations pour être maire aujourd'hui. Et ils ne se sentent pas encouragés ou soutenus par le pouvoir. Ils ne

44:47
Locuteur

sont

44:47
Présentateur

pas gilets jaunes tous ces maires, peut-être certains d'entre eux. Mais on sent très bien que tout ça s'inscrit dans un même paysage de sentiments que ce pays est gouverné presque exclusivement de haut en bas et que les problèmes ne sont pas traités sur le terrain. Jérôme Fourquet, est-ce que le fait que toute cette colère ait eu pour déclencheur la question de la taxe carbone, est-ce que ça veut dire que dans les mois à venir, la thématique écologique et même les idées, le parti de l'écologie va se tasser ? Est-ce que ça peut se ressentir dans les sondages ? Alors,

45:20
Locuteur

ils

45:20
Présentateur

ne sont pas très hauts déjà les écologistes. Pour l'instant, avant cette affaire, ils étaient autour de 7%. Mais il y avait un vent, un engouement, on le voit dans d'autres pays européens où les écolos ont fait des scores. Ce qui est intéressant, à mon avis, c'est que plus que jamais,

45:34
Locuteur

et

45:34
Présentateur

là encore, vous voyez que les choses se superposent, ces nouveaux enjeux autour de la transition énergétique viennent raviver ces fractures territoriales et sociologiques. On va avoir en caricaturant un électorat écologiste qui est plutôt dans les grandes villes, plutôt diplômé, plutôt urbain, qui pense à la fin du monde alors que beaucoup de gens pensent à la fin du mois. On regarde ce qui s'est passé en Bavière.

45:58
Locuteur

Il

45:58
Présentateur

y a eu des élections récemment. On a déjà eu l'occasion d'en parler ici. Les écologistes, les grunons allemands, ont fait 30% à Munich

46:05
Locuteur

et

46:05
Présentateur

10% dans la Bavière périphérique. On a le même phénomène. Et quelque part, Emmanuel Macron, je pense qu'il sait qu'il est en concurrence dans son cœur électoral avec ses écologistes. Et donc, c'est pour ça qu'il a peut-être décidé de forcer le trait. Et donc, est-ce que ça va faire baisser les écologistes ?

46:18
Locuteur

Ce

46:18
Présentateur

n

46:18
Locuteur

'est

46:18
Présentateur

pas évident. En tout cas, ça va segmenter encore davantage la société. Il y a ceux qui se disent c'est l'enjeu de demain, il faut s'en occuper. Et d'autres qui disent mais en termes de hiérarchie des problèmes, on a d'autres chats à fouetter. Et donc, on voit encore une fois cette polarité de la société française qui se dégage. Alors, ce mouvement des gilets jaunes s'est également exprimé dans les territoires d'outre-mer. Et en Réunion, ça a mal tourné avec des scènes de violence, pillage, voitures brûlées, barrages et raquettes. La préfecture a d'ailleurs décrété le couvre-feu. Les revendications sur l'île de la Réunion dépassent largement la seule question des carburants.

Il faut dire que sur l'île,

46:55
Locuteur

le

46:55
Présentateur

taux de chômage atteint 28%, donc c'est trois fois plus que la moyenne nationale. Et 42% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Voyez ce reportage de Baptiste Galmiche et Christophe Roquet.

47:10
Locuteur

À

47:11
Présentateur

5000 kilomètres de la métropole, des bombes lacrymogènes pour disperser les casseurs.

47:18
Locuteur

Dans

47:19
Présentateur

ce quartier de Saint-Pierre, 16 policiers ont été blessés dont un grièvement par une grenade.

47:25
Locuteur

un

47:26
Présentateur

peu partout sur l'île, des scènes de pillage, comme dans ce magasin, littéralement saccagé.

47:36
Locuteur 7

Désolée,

47:38
Locuteur

c

47:38
Locuteur 7

'est notre petit travail. Et voilà,

47:41
Locuteur

quoi.

47:42
Locuteur 7

On n

47:42
Locuteur

'a

47:42
Locuteur 7

plus de mots à dire.

47:44
Présentateur

Certains commerces doivent fermer. Cette femme affirme avoir

47:48
Invité

été menacée.

47:51
Locuteur 2

Deux gilets jaunes sont venus frapper à la porte, donc je confie.

47:53
Locuteur

Et

47:54
Invité

ils vous ont dit quoi

47:54
Locuteur

? Ben,

47:55
Locuteur 2

il faut partir.

47:56
Locuteur

Donc

47:57
Locuteur 2

j'ai eu un peu peur.

48:00
Locuteur

Vous

48:00
Invité

avez peur de quoi exactement ? Des casseurs, éventuellement ? Ben oui, je suis toute seule, là, je m'en vais.

48:06
Locuteur

Un

48:06
Présentateur

couvre-feu a été instauré hier dans 14 communes de l'île. Interdiction de circuler entre 21h et 6h. Crèches, établissements scolaires, universités, collectivités locales, aéroports, tout est fermé aujourd'hui. L'île est paralysée. Des forces de l'ordre sont arrivées en provenance de Mayotte, en renfort, pour sécuriser une population mise à l'épreuve.

48:32
Locuteur

Il

48:32
Locuteur 5

ne

48:32
Locuteur

faut

48:32
Locuteur 5

pas casser quand même. Il faut faire la grève

48:34
Locuteur

tranquille pour

48:36
Locuteur 5

faire manifester notre coléa, mais pas casser.

48:40
Locuteur

Ces

48:40
Présentateur

casseurs agissent pendant les opérations menées par les Gilets jaunes. Mais le mouvement condamne fermement ces violences. Dommage que la manifestation est entachée par des jeunes qui n'ont rien compris, qui viennent foutre la merde, mettre le bordel, brûler. Ce n

48:56
Locuteur

'est

48:56
Présentateur

pas les Gilets jaunes. Les Gilets jaunes, nous, on manifeste pacifiquement.

49:00
Locuteur

La

49:00
Présentateur

ministre des Outre-mer en appelle à la responsabilité des organisateurs.

49:05
Locuteur

C

49:06
Locuteur 3

'est ce que doit savoir chaque organisateur de manifestation. C'est qu'il y a toujours en marge des risques forts. Et là, on voit, notamment à La Réunion, les risques qui ont été pris et qui ont donné l'occasion à des jeunes casseurs de passer à l'action. La violence, elle est toujours là autour de nous. Et je crois qu'il faut qu

49:24
Locuteur

'on

49:24
Locuteur 3

soit très responsable quand on organise ce type de manifestation.

49:27
Locuteur

L

49:28
Présentateur

'État prend ces violences très au sérieux, alors il fait des concessions. À La Réunion, il existe une taxe spéciale sur la consommation des carburants, l'équivalent de la TICPE en métropole.

49:40
Locuteur

Cette

49:41
Présentateur

taxe va être gelée pendant trois ans alors qu'elle devait initialement augmenter. Une concession éclair obtenue par les élus locaux. Cette décision de la région répond à une urgence. En les gelant, nous répondons à l'attente des manifestants et anticipons également sur les trois prochaines années. Mais pour les habitants, c'est loin d'être suffisant.

50:03
Locuteur

C

50:04
Présentateur

'est déjà un premier pas. Après, par rapport à ce qui est demandé, est-ce que c'est pas un petit peu de la poudre aux yeux aussi ?

50:09
Locuteur 8

Ne plus augmenter pendant trois ans, ça serait déjà bien. Mais après, à côté de ça, il n

50:12
Locuteur

'y

50:12
Locuteur 8

a pas que ça, il y

50:13
Locuteur

a

50:13
Locuteur 8

beaucoup d'autres choses.

50:15
Présentateur

Derrière ces violences, une réalité, un contexte socio-économique très difficile à la Réunion.

50:22
Locuteur

D

50:22
Locuteur 8

'abord,

50:23
Locuteur

le

50:24
Locuteur 8

taux de chômage à 21%, qui est un taux record d'ailleurs pour la Réunion. Le deuxième point, c'est certainement le niveau d'inégalité et de pauvreté qui est très élevé dans cette île et qui entraîne régulièrement des mouvements de protestation.

50:38
Locuteur

Et

50:38
Locuteur 8

puis le dernier point, c

50:41
Locuteur

'est

50:41
Locuteur 8

la question de la vie chère qui est au centre des préoccupations des réunionnais.

50:46
Locuteur

Le

50:47
Présentateur

président du département demande à la ministre des Outre-mer de se rendre sur place. Après cinq jours de blocage, encore 30 barrages sont en place.

50:57
Locuteur

Alors,

50:58
Présentateur

question téléspectateurs, trafic, agression, chômage, des prix indécents pour la nourriture, que fait l'État pour aider la Réunion ? Cécile Cornudet

51:05
Locuteur

?

51:06
Invité

Déjà, il y

51:07
Locuteur

a

51:07
Invité

eu une suspension des taxes sur les carburants pendant trois ans. On voit que ça n'a rien changé parce qu'en fait, le problème à la Réunion, il est nettement au-delà de ce qu'on connaît en métropole. Il y a eu un mouvement, il y a un mouvement des Gilets jaunes tel que celui qu'on connaît ici. Mais c'est greffé dessus, un mouvement de la pauvreté en réalité. Il y a beaucoup de casseurs des jeunes qui viennent des quartiers parce que là, le taux de chômage chez les jeunes, c'est 40%. Il y

51:32
Locuteur

a

51:32
Invité

des inégalités sociales dans la Réunion énormes. Les fonctionnaires, par exemple, ils ont une prime pour la vie chère, ce que n

51:39
Locuteur

'ont

51:39
Invité

pas les salariés du privé. Donc tout

51:42
Locuteur

ça nourrit

51:42
Invité

un ressentiment, une difficulté de vivre, mais décuplé par rapport à ce qui se passe en France, enfin sur la métropole.

51:48
Présentateur

Bruno Jeudy, pourquoi ça craque spécialement à la Réunion et pas, je ne

51:51
Locuteur

sais

51:51
Présentateur

pas, on parlait de la Nouvelle-Calédonie ou dans les Antilles ? Maintenant, c'est chaud sur la Réunion. C'est vrai qu'il y a eu souvent des mouvements assez violents du type qui souvent

52:02
Locuteur

part

52:03
Présentateur

un peu en émeuture baine, comme on a actuellement. C'est déjà arrivé, des mouvements aussi forts, il faut remonter quand même à plus de 20 ans. 2005. À la Réunion. À 2005, ça va être assez chaud. Une quinzaine d'années. N'oublions pas qu'au début de l'année, il y

52:17
Locuteur

a

52:17
Présentateur

eu un mouvement un peu différent, mais qui a aussi été très très fort à Mayotte. Et vous avez eu aussi, sur une autre zone d'outre-mer qui sont les Antilles, des mouvements du même type autour du thème de la vie chère, puisque c'est vraiment le thème central qui agite régulièrement ces territoires des dom-toms en Guadeloupe et en Martinique. On se souvient, c'était sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

52:41
Locuteur

C'est le produit

52:41
Invité

de l'alimentation

52:42
Locuteur

qui coûte très cher.

52:43
Présentateur

Un mouvement qui avait été très difficile à éteindre avec des confrontations très très fortes entre les populations locales et les forces de

52:52
Locuteur

l'ordre. L'île de

52:52
Présentateur

la Réunion qui est très peuplée à IA. Absolument. 850 000 habitants. Saint-Denis de la Réunion, c'est une très très grande ville avec des quartiers en tension très très forts. Et c'est vrai que ce qui est inquiétant pour le gouvernement, et là on est à mon avis dans une problématique qui est un peu différente des Gilets jaunes, je suis assez d'accord avec Cécile Cornudet, c'est que ça peut durer assez longtemps parce que dans ces territoires d'outre-mer, quand ça part, ça peut partir sur plusieurs

53:16
Locuteur

semaines. Le

53:16
Présentateur

carburant

53:17
Locuteur

a allumé la

53:17
Présentateur

mèche des mécontentements. Absolument. Là, c'est le mouvement des Gilets jaunes qui fait exploser d'autres problèmes et ça fait agrégation et puis ça peut durer un certain temps. On voit qu'il y a quand même eu des... Il y

53:30
Locuteur

a

53:30
Présentateur

un

53:31
Locuteur

policier qui a une main arrachée avec une grenade.

53:34
Présentateur

Donc ça peut vraiment partir

53:36
Locuteur

dans des violences

53:36
Présentateur

très fortes. Tous les territoires, Michel Viviur, de façon inégale,

53:40
Locuteur

de

53:41
Présentateur

façon très inégale. Je crois qu'il y a d'une part les zones périphériques, celles qu'étudient les géographes qui font de la géographie électorale et qui montrent que là où les gens doivent faire 50 km pour aller travailler, emmener les enfants, il faut de voitures, ce genre de situation est très fréquente. Et puis, il y a toutes ces zones qui correspondent à une sorte de désert français, le Massif central, quand on va vers l'est aussi, quand on va vers le sud-ouest, les géographes parlent parfois de diagonale pour décrire ces territoires

54:13
Locuteur

de

54:13
Présentateur

mécontentement. Et je discutais tout à l'heure avec un collègue démographe que Jérôme connaît bien, Hervé Lebrasse, il me faisait voir une carte qu'il avait faite. Alors c'était très intéressant. Il avait fait une carte où il prenait la population de chaque département

54:24
Locuteur

et

54:25
Présentateur

il la ramenait au nombre de gilets jaunes recensés par les services préfectoraux. Donc on voyait le nombre de gilets jaunes par rapport à la population de département par département. Et je peux vous dire qu'on voyait très bien cette diagonale qui va du nord-est au sud-ouest. Donc là, Hervé Lebrasse m'avait vraiment scotché parce que c'était très fort. Frasmore Bayonne. En gros, mais en passant surtout par les zones les plus désertifiées. Donc je crois qu'il y a ça veut dire qu'il y a une différence entre le gilet jaune du massif central quelque part, loin de tout, et le gilet jaune de la banlieue lyonnaise.

55:03
Locuteur

Et peut-être même

55:04
Présentateur

du Vaucluse ou du

55:05
Locuteur

Gard. Ça montre bien le côté

55:06
Présentateur

hétéroclite de ce mouvement. Tu as une colère, tu es furieux contre quelque chose, enfile un gilet jaune. Non

55:11
Locuteur

?

55:11
Présentateur

Donc on se demande jusqu'où ça

55:13
Locuteur

peut aller. Ça montre surtout la

55:14
Présentateur

difficulté du gouvernement pour le président à trouver la bonne martingale entre je continue les transformations du pays et j'essaie de tenir compte des problèmes de vie quotidienne des gilets jaunes. C'est toute la difficulté du pouvoir aujourd'hui. Parce que dans le cadre de la Réunion, en plus,

55:32
Locuteur

il

55:32
Présentateur

y

55:32
Locuteur

a

55:32
Présentateur

eu la suppression d'un abattement fiscal de 30% sur l'impôt sur le revenu qui a joué et la hausse des taxes sur le Rhum. Mais vous savez, plus le pouvoir...

55:39
Locuteur

Remarquez,

55:39
Présentateur

ce sont encore

55:40
Locuteur

des ressorts fiscaux.

55:42
Présentateur

Plus le pouvoir lâche

55:44
Locuteur

et

55:44
Présentateur

plus c'est un signe de faiblesse. Et plus on mord... Évidemment, s'il ne lâche rien, vraiment, bon, mais puisqu'il a pu

55:50
Locuteur

lâcher...

55:52
Présentateur

Voilà.

55:52
Locuteur

Donc à vous

55:52
Présentateur

écouter, il ne faut pas qu'il lâche, il faut rester ferme,

55:56
Locuteur

au moins dit.

55:56
Présentateur

Enfin, tout le monde le dit autour de cette table, il est dans une situation impossible ou infernale. Parce que s'il ne lâche pas vraiment, le mécontentement restera identique et même, ce sera amplifié. Mais s'il lâche, il apparaîtra comme ayant fait la même chose que François Hollande avec les bonnets rouges. Donc

56:15
Locuteur

de

56:16
Présentateur

toute façon, il est dans une situation délicate. Allez, tout de suite, on revient à vos questions. Alors, des morts, des blessés, des dizaines de millions d'euros partis en fumée, je ne me sens pas représenté par ces gilets jaunes.

56:33
Locuteur

Est

56:33
Présentateur

-ce qu'à l'inverse, Jérôme Fourquet, il y a aussi un mécontentement qui croit et qui est anti-gilets jaunes ? Est-ce qu'il

56:40
Locuteur

y a

56:40
Présentateur

des gens qui soutiennent mais il y

56:41
Locuteur

a

56:41
Présentateur

aussi de plus en plus de gens qui s'opposent à ce mouvement ? Plus en plus, il y en a plus, on a dit tout à l'heure, le soutien baissait, donc fatalement... Mais ce n

56:48
Locuteur

'est

56:48
Présentateur

pas des gens indifférents, ce peut-être des gens qui sont contre. Oui, il y

56:49
Locuteur

a

56:49
Présentateur

des gens qui sont contre, ils étaient déjà là avant. Vous avez vu que sur les réseaux sociaux où ce mouvement des gilets jaunes a émergé, il

56:55
Locuteur

y

56:55
Présentateur

a eu des contre-pétitions,

56:57
Locuteur

il

56:57
Présentateur

y

56:57
Locuteur

a

56:57
Présentateur

eu des coups de gueule aussi des gens en disant mais si vous ne comprenez pas qu'il faut laisser une planète saine à nos enfants, c'est que vous n'avez rien compris, etc. Et donc on a, on a parlé tout à l'heure des nouveaux clivages, une polarisation dans la société française entre différents groupes sociaux qui n'habitent pas dans les mêmes territoires et des gens qui peuvent considérer que effectivement ça coûte très cher et on a à peu près dans nos enquêtes 20 à 25% de la population qui se dit hostile

57:21
Locuteur

ou

57:22
Présentateur

opposée au mouvement des gilets jaunes. Donc ils existent également et ils se recrutent notamment dans l'électorat qui soutient Emmanuel Macron. Et Bruno, je dis, on attend tous demain avec impatience ce que va dire Nicolas Hulot qui s'exprime sur France 2 à 20h30.

57:37
Locuteur

Qui

57:37
Présentateur

est resté bien silencieux évidemment depuis sa sortie du

57:40
Locuteur

gouvernement il y a à peu près ce jour.

57:42
Présentateur

Déjà, je pense que dans les sphères gouvernementales parmi ses anciens collègues beaucoup se disent ce serait bien qu'il apporte du soutien aux taxes sur les carburants parce que c'est quand même lui qui a initié largement tout ce mouvement. Et beaucoup répètent aujourd'hui Christophe Castaner en tête qu'à l'époque où il fallait aller les défendre, les présenter à l'automne 2017 quand ça a été inscrit dans la trajectoire budgétaire du gouvernement Nicolas Hulot il était un peu aux abonnés absents c'est-à-dire qu'il lui reproche de ne pas avoir beaucoup défendu cette politique de la transition écologique qui repose sur la convergence des prix en gros entre l'essence et le diesel.

Donc il aimerait bien qu'à l'occasion de cette émission télé

58:23
Locuteur

qu'il ne se défile

58:23
Présentateur

pas qu'il ne

58:24
Locuteur

se

58:24
Présentateur

défile pas qu'il le fasse sans barguiner parce que le gouvernement aura sans doute bien besoin de soutien il n'en a pas beaucoup quand même sur

58:33
Locuteur

ce front-là.

58:33
Présentateur

Michel Villorca ? Non je pense à un autre leader de l'écologie Yannick Jadot puisqu'il va être la tête de file des écologies

58:39
Locuteur

s

58:40
Présentateur

'il y avait un conseil que je lui donnerais en sociologue ce serait de parler social et pas seulement écologie puisque le problème qui nous est formulé c'est comment articuler d'une certaine façon les deux registres et donc je pense moi que

58:56
Locuteur

oui

58:56
Présentateur

il

58:56
Locuteur

y

58:56
Présentateur

a les phénomènes qui ont été évoqués par Jérôme Fouquet de vote vert parce qu'on en a marre de la social-démocratie et de la droite classique donc ça il peut jouer espérer jouer là-dessus mais s'il veut vraiment concurrencer le pouvoir il faut qu'il joue sur cette idée que l'écologie a aussi le sens du social je ne sais pas s'il écoutera mon conseil mais ça c'est autre chose Les gilets jaunes ne sont pas des vatanguères mais des braves gens pourquoi ce mépris et ce discrédit insupportable

59:22
Locuteur

?

59:23
Présentateur

Alors en plus c'est François qui est de Paris

59:25
Locuteur

C

59:25
Invité

'est le risque de ces leaders autoproclamés qui ont des revendications incroyables parce que les gilets jaunes de la base risquent de ne pas se retrouver en eux parce que c'est qui les gilets jaunes ?

C'est beaucoup des femmes monoparentales qui ont du mal à faire les fins de mois des retraités qui ont été particulièrement taxés c'est des personnes si vous voulez les sociologues ont vu ça qui sont entre 1300 et 2000 euros par mois donc ce sont souvent des gens qui travaillent mais qui ne vivent pas des minima sociaux mais qui ont du mal à finir les fins de mois donc ceux-là effectivement ils ne comprennent pas que ce mouvement puisse dériver soit vers des violences soit vers des revendications exorbitantes

1:00:10
Locuteur

oui

1:00:10
Présentateur

d'ailleurs c'est vrai que samedi il y

1:00:11
Locuteur

avait

1:00:11
Présentateur

beaucoup de femmes mais là maintenant il y

1:00:13
Locuteur

en

1:00:13
Présentateur

a moins et

1:00:14
Locuteur

d'ailleurs ça dérape parce que

1:00:14
Invité

là on voit que des hommes

1:00:15
Locuteur

et

1:00:16
Invité

je pense que ça c'est c'est

1:00:19
Locuteur

pas les mêmes voilà c'est pas les mêmes et

1:00:20
Invité

c'est pour ça que le regard change un peu sur le mouvement et qu'en tout cas le gouvernement nous montre ce mouvement-là pour le discrediter oui

1:00:29
Présentateur

alors l'attitude du gouvernement elle est j'allais dire de bonne guerre ainsi de dénigrer l'adversaire politique sauf que on rajoute encore une couche dans le ressentiment en disant voilà on nous présente comme des casseurs on nous a présenté comme des pollueurs etc etc et donc c'est perçu aussi on disait ça tout à l'heure comme une forme de mépris social aussi c'est à dire les beaufs les ploucs les ruraux qui occupent les ronds-points etc donc il faut faire très attention avec ça parce que à mon avis c'est un puissant effet de mobilisation et

1:00:59
Locuteur

on se souvient de Benjamin

1:00:59
Présentateur

Griveaux la

1:01:00
Locuteur

France qui clope et qui roule au diesel exactement

1:01:02
Présentateur

et de ce point de vue-là quand le Premier ministre a annoncé comme ça entre deux phrases qu'en plus il faudra changer la chaudière la chaudière au fuel c'était ça a plutôt donné du carburant au mouvement parce que bon il faut changer la voiture il faut changer la chaudière

1:01:16
Locuteur

les

1:01:16
Invité

gens

1:01:16
Locuteur

comprennent

1:01:17
Présentateur

pas

1:01:18
Locuteur

les gens

1:01:18
Invité

mettent de l'essence dans leur voiture 10 euros par 10 euros et la réponse du gouvernement c'est changer de voiture et changer de chaudière c'est vrai que voilà il y

1:01:27
Locuteur

a

1:01:27
Invité

un sentiment d'incompréhension qui est mal vécu

1:01:31
Locuteur

les

1:01:31
Présentateur

deux camps s'obstinent et s'entêtent voir ce défi jusqu'où cela ira-t-il

1:01:38
Locuteur

il y a

1:01:38
Présentateur

eu des violences entre gilets jaunes entre gilets jaunes et automobilistes

1:01:43
Locuteur

on

1:01:43
Présentateur

voit même maintenant apparaître des bloqueurs de bloqueurs sur certaines autoroutes des gens qui bloquent les gilets jaunes ça va pourrir ça va pourrir on voit bien que c'est pas structuré c'est pas organisé il

1:01:52
Locuteur

y

1:01:52
Présentateur

a la fatigue qui s'installe il fait froid on va arriver bientôt si le mouvement perdure à la période pré-fête de noël etc donc les esprits vont s'échapper on a aussi des commerçants

1:02:01
Locuteur

qui

1:02:02
Présentateur

voient leurs recettes s'effondrer dans les zones commerciales parce qu'un samedi ça va mais pendant 3-4 jours donc les choses peuvent se tendre donc il faut sortir de ce mouvement là mais comme il n

1:02:10
Locuteur

'y a

1:02:10
Présentateur

pas de leader et comme le gouvernement comme Michel Vivorca l'a rappelé n'a pas intérêt

1:02:14
Locuteur

à

1:02:15
Présentateur

céder les choses peuvent se déliter encore un

1:02:18
Locuteur

moment c'est du

1:02:18
Présentateur

côté 95 quand même c'était l'hiver c'était le mois de novembre il faisait froid ça a duré comme ça pendant un mois sauf qu'il y

1:02:24
Locuteur

avait

1:02:24
Présentateur

des syndicats c'est ça la différence

1:02:25
Locuteur

qui

1:02:25
Présentateur

organisait le truc et qui qui

1:02:27
Locuteur

le faisait tenir

1:02:28
Présentateur

et qui ont fait le bras de fer qu'ils ont gagné d'ailleurs à l'époque sur une revendication alors que là on est un peu même époque il fait froid ça va pourrir sauf qu

1:02:36
Locuteur

'on

1:02:36
Présentateur

voit pas vraiment le point d'arrivée alors peut-être qu'à un moment on fera un bilan je crois quand même que rétrospectivement la suppression de la taxe d'habitation et la baisse la hausse de la CSG ça apparaîtra peut-être comme une erreur du gouvernement parce que c'est vécu très durement

1:02:53
Locuteur

pour

1:02:53
Présentateur

des raisons diverses par la France d'en bas je

1:02:55
Invité

dirais la baisse de l'ISF

1:02:58
Locuteur

Michel Yviorca vous

1:02:58
Présentateur

voulez ajouter quelque chose j'ajoute le prélèvement à la source qui va relancer les passions

1:03:03
Locuteur

alors là s'il y a un veuve en

1:03:05
Présentateur

janvier autrement dit d

1:03:06
Locuteur

'autant que

1:03:07
Invité

les taxes sur les carburants vont augmenter à nouveau en janvier donc

1:03:09
Locuteur

il y aura le double effet

1:03:10
Présentateur

par conséquent je pense que peut-être que le mouvement tel qu'on l'a connu va s'éteindre mais je pense qu'on est rentré dans une période de turbulence sociale qui n'est pas prête de s'achever

1:03:19
Locuteur

et

1:03:20
Présentateur

bien voilà c'est la fin de cette émission merci beaucoup d'y avoir participé merci de l'avoir suivie elle sera rediffusée ce soir à 22h25 vous pouvez aussi réécouter C'est Nouveau on le rappelle C'est dans l'air en podcast demain vous retrouverez Caroline Roux pour un nouveau C'est dans l'air merci de votre fidélité bonne soirée sur France 5 à suite à suivre c'est à vous