Face à Face : François Bayrou - 10/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Serez-vous celui qui créera aussi l'alliance du centre et de la droite ?
- 0:25OuverteRéponse directe
Vous aimeriez que ça aille jusqu'à la gauche ?
- 0:31ComplaisanteRéponse directe
Ce matin, j'ai eu un auditeur sur RMC à qui je posais les questions du pouvoir d'achat, avec la hausse des prix du carburant.
- 1:17RelanceRéponse directe
Est-ce que vous vous dites, un an après avoir quitté Matignon, la situation pour les Français est intenable ?
- 2:33RelanceRéponse directe
Vous vous rendez compte, entre aujourd'hui et le moment où j'ai quitté le ministère de l'Éducation, le niveau des élèves s'est dégradé de plus de deux ans pour chaque élève ?
- 3:29OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est tenable ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« Hier, le gouvernement a annoncé qu'il n'y aurait ni plafonnement des prix, ni baisse des taxes. »
- 3:34Invité politiqueChiffre
« record d'un côté à la pompe, 2,30€ ce matin pour le litre de gasoil, 2,12€ pour le sans-plomb »
- 3:40Invité politiqueFait
« le gouvernement qui, hier soir, annonce qu'il n'y aura ni plafonnement, ni baisse des taxes. »
- 5:12Invité politiqueFait
« la Commission Européenne a renoncé, a dit non, il n'y aura pas d'enquête sur les marges des raffineurs au niveau européen. »
- 6:00PrésentateurFait
« On n'a pas toutes les cartes en main, on n'a pas tous les leviers en main, et c'est un mensonge de prétendre qu'on pourrait intervenir pour régler tout ça. »
- 15:09Invité politiqueChiffre
« Ça rapporte normalement 8 milliards d'euros cette année. »
- 18:54PrésentateurFait
« Mélenchon dit on va mettre la dette à la poubelle. »
- 19:10PrésentateurFait
« à ce moment-là, on verrait le crédit de la France disparaître. »
- 19:24PrésentateurFait
« On ne pourrait plus payer les retraites des fonctionnaires et les salaires des fonctionnaires et les retraites. »
Temps de parole
- Présentateur64 %
- François Bayrou28 %
- ?6 %
≈ 29,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez RMC. RMC jusqu'à 9h.
Apolline Matin.
Jour
pour jour, vous quittiez Matignon,
vous étiez Premier
ministre. Un an après, la bataille du budget, la bataille des présidentielles, la bataille des primaires, serez-vous celui qui créera aussi l'alliance du centre et de la droite ? Vous aimeriez que ça aille jusqu'à la gauche ? Je vous pose ces questions dans un instant, mais ce matin, j'ai eu un auditeur sur RMC à qui je posais les questions du pouvoir d'achat, avec la hausse des prix du carburant. Hier, le gouvernement a annoncé qu'il n'y aurait ni plafonnement des prix, ni baisse des taxes.
Et
au fond, semble-t-il, c'était la décision de trop. Je voudrais que vous écoutiez les propos de Thomas. Thomas, il vit en Seine-Maritime, il fait 120 km par jour pour aller travailler. Et il dit, j'espère que ça va péter. Écoutez.
On
rogne sur d'autres dépenses. Au restaurant, ça fait des années avec ma femme qu'on n'en a pas fait. Les courses, on achète du premier prix. Pour mon fils, on a acheté des kiwis, parce qu'il aime bien les kiwis. 1,20€, le kiwi. Moi, j'ai l'intime conviction, et je l'espère fortement, qu'un jour ou l'autre, ça va péter.
Cette colère,
est
-ce que vous l'entendez ?
Et
est-ce que vous vous dites, un an après avoir quitté Matignon, la situation pour les Français est intenable
?
Je l'avais dit à la tribune. La situation profonde du pays
fait
que les moyens d'action, les marges d'action, comme on dit, la possibilité d'intervenir massivement sur tel ou tel secteur à tel ou tel moment n'existent pas, n'existent plus. Pourquoi ? Parce qu'on s'est laissé entraîner dans une situation de surendettement, je ne vais pas insister, tel
qu
'aujourd'hui, l'année prochaine, la totalité de l'impôt sur le revenu que vous payez, que paie tous ceux qui nous écoutent, que je paie, ne suffira pas à payer les intérêts de la dette. Et donc, vous voyez que vous êtes asphyxiés d'une certaine manière. On a refusé de regarder ce problème. Mais il y a d'autres problèmes, et votre auditeur a tout à fait raison de le dire. On a besoin d'une réorganisation profonde du pays. Pardonnez-moi, je vais ajouter un souci. On a vu hier sortir, vous êtes une maman, on a vu hier sortir les chiffres PISA, les chiffres...
Évidemment,
qui sont dramatiques,
on n
'a
jamais été aussi mauvais, c
'est ça ? ...du
système éducatif. Vous vous rendez compte, entre aujourd'hui et le moment où j'ai quitté le ministère de l'Éducation, il y a un bail, le niveau des élèves
s
'est dégradé de plus de deux ans pour chaque élève.
Deux
ans
en
ces quelques années. Et alors, vous allez avoir partout l'affirmation que c'est une question de moyens. Mais présenter des choses comme si c'était seulement une question de moyens, ça veut dire qu'on ne comprend pas qu'il faut une réorganisation profonde, et peut-être on en parlera.
Alors justement, on est dans ce moment aussi du budget, et c'est ce qui justifie, d'après le gouvernement, le fait de ne pas faire d'aide, notamment sur le carburant. Et je voudrais qu'on commence par le carburant, parce qu'hier, ça a été ce moment, en quelque sorte, de rupture, record d'un côté à la pompe, 2,30€ ce matin pour le litre de gasoil, 2,12€ pour le sans-plomb, et le gouvernement qui, hier soir, annonce qu'il n'y aura ni plafonnement, ni baisse des taxes. Est-ce que c'est tenable ?
Mais
vous avez vu qu'un certain nombre de
compagnies
pétrolières ont dit qu'ils allaient faire des efforts eux-mêmes pour limiter le prix à
un niveau acceptable. Total dit qu'ils vont continuer
à plafonner.
À plafonner à 2€, et ils ont raison de le faire. Il faut le noter, parce que c'est tout
de même... Mais
il y a
deux totales, pardon. Il y a le total distributeur qui dit qu'il va plafonner à 2€, mais il y
a
aussi le total raffineur, et c'est visiblement là que le bas blesse. C'est les raffineurs qui ont, par spéculation, augmenté aussi considérablement leurs marges.
Moi, il
y
a une chose que je ne ferai pas, c'est cibler une entreprise française au bénéfice de ses concurrents étrangers. Si
on demande des efforts à total...
Il faudrait au contraire demander les mêmes efforts aux concurrents étrangers plutôt que de cibler la seule compagnie nationale qui nous permet d'intervenir
dans ce sujet. Mais les filles disent que ce sont
des profiteurs de crise
?
Profiteurs de guerre
? Oui,
ce sont des mots que je ne
veux
pas utiliser. Vous voyez bien passer des mots qui conduisent autant que ce qu
'ils veulent,
c'est un affrontement
généralisé. Ils veulent un affrontement généralisé ? On
dit aux Français, un, il faut s'adresser à toutes les compagnies pétrolières, pas seulement françaises, mais étrangères, pour leur dire qu'elles ont une responsabilité. Mais l'Europe dit non. Ce
matin,
on l'a appris, et c'est une information RMC, alors que le gouvernement avait demandé, en grande pompe, avait dit, nous avons demandé à l'Union Européenne de faire une enquête sur les marges des raffineurs, la Commission Européenne a renoncé, a dit non, il n'y aura pas d'enquête sur les marges des raffineurs
au niveau européen. Eh bien, il
ne faut pas accepter les décisions qui vont à l'encontre de la vie quotidienne des gens.
Mais comment on fait
pour ne pas l'accepter, pardon ?
Comment on fait ?
On dit à l'Union Européenne, on le fait quand même ?
On désobéit ? Il faut un pays présent à l'Union Européenne, capable d'influencer, de pousser aux décisions de l'Union Européenne. La seule chose qui soit interdite, c'est de baisser les bras. C'est de dire, ah non, mais c'est de leur faute, nous, on n'y est pour rien, on est responsable de la situation. On n'a pas toutes les cartes en main, on n'a pas tous les leviers en main, et c'est un mensonge de prétendre qu'on pourrait intervenir pour régler tout ça. Mais la vérité est que la France n'a pas aujourd'hui l'influence qu'elle devrait avoir, parce qu'elle a des fragilités internes. Et vous voyez bien que tout ça est lié.
Des fragilités internes, on va revenir sur la dette, mais on est à quelques mois désormais de l'élection présidentielle. Ce qui m'a frappé aussi dans le témoignage de Thomas, tout à
l
'heure, qui réagissait sur RMC, l'auditeur, c'est qu'il dit, je lui posais la question,
je
lui disais, mais il va y avoir des élections. Est-ce que c'est le moment pour vous, justement, de pouvoir exprimer, et donc la vie démocratique répond-elle à votre colère ? Et il disait, non, je ne ressens pas ça comme ça, j'espère juste que tout va péter, dans une logique plus de gilets jaunes que d'électeurs. Est-ce que vous estimez que les réponses démocratiques, les candidats qui sont aujourd'hui en lice, répondent à toutes ces attentes et à l'urgence ? Non,
je ne veux pas être péremptoire, parce que je sais les difficultés, mais non, vous voyez bien la campagne. Qui peut dire quels sont les projets qui sont présentés devant les Français ?
Pas
moi. L'amour que vous faites est une réponse. Moi, je ne vois pas, si, je vois très bien les projets de LFI, je vois très bien ce que Mélenchon dit, il fait une campagne qui est une campagne charpentée, dramatique pour l'avenir de la France. Mais charpentée, l'extrême droite a un socle très puissant, mais c'est dramatique aussi pour l'avenir de la France. Et sur le grand espace démocratique, républicain, réformiste, humaniste, enfin, vous avez tous ces mots-là qui signifient qu
'il
y a en effet des millions de citoyens
qui
voient l'avenir avec la même crainte sur les deux extrêmes. Ces gens-là, ils n'arrivent pas à faire ce socle-là, n'arrivent pas à faire apparaître
des
projets et des personnalités.
Vous appeliez à une forme de primaire, vous disiez ceux qui ont en commun de vouloir écarter ces deux extrêmes doivent pouvoir se mettre d'accord et dire nous appartenons au même ensemble républicain. Edouard Philippe, hier, vous a invité à une rencontre avec Gabriel Attal, avec Bruno Retailleau, à la Toussaint. Est-ce que vous l'acceptez
?
Non mais, vous voyez bien, tout le monde essaie de faire la même chose en disant, je suis le chef, je suis investi,
par
qui
?
Pourquoi est-ce que les sondages sont si catastrophiques et le sentiment que votre auditeur exprimait qu'il n'y a pas de réponse du monde politique, pourquoi ? Parce qu'il n'y
a
pas de légitimité.
Pour vous, Edouard Philippe n'a pas de légitimité, il dit je suis le mieux placé, ça ne
suffit pas. Il dit je, et il ne
faut
pas dire je, il faut dire nous. Et vous voyez bien que ce n
'est
pas par simplement l'affirmation d'une personnalité dont je ne connais pas le projet.
C
'est peut-être...
Au fond, votre problème, c'est que vous dites je ne connais pas le
projet d'Edouard Philippe.
Je ne connais pas seulement le projet d'Edouard Philippe, le projet des autres.
Non mais je veux
dire, si c'était lui,
pourquoi ce ne serait
pas lui d'ailleurs ? Pourquoi pas ? Est-ce que, si vous voulez bien qu'on réfléchisse à ce qu'était l'élection présidentielle, il y avait un tour, le premier tour,
qui
était le tour qui sélectionnait le candidat, qui allait au deuxième tour, au tour du Quai dans les tranchées du destin du pays. Le premier tour n'existe plus.
Oui, il
y a
une sorte de premier, premier tour. Non,
ça va rendre nécessaire un tour de sélection.
Donc en fait, vous dites à Edouard Philippe,
moi
je ne
viens
pas à
cette rencontre,
je
veux une primaire.
Personne ne veut aller, personne n'a dit oui. Pour une raison très simple, c'est que quand on invite, il faut avoir une légitimité pour inviter. On ne peut pas dire, c'est moi qui m'instaure en rassembleur, protecteur. Non. La nécessité, c'est qu'on dise,
on
a besoin d
'un
espace, une majorité de mains, un ensemble qui soit le plus large possible.
Et
moi, je ne veux pas limiter cet espace, sauf à une condition. Appartiennent à cet espace, tous ceux qui disent que les extrêmes nous conduisent au drame. Et nous ne ferons jamais, ni avec les uns, ni avec les autres. Ça, ça délimite un espace. Mais
ça veut dire que vous voulez
inclure également, notamment un Raphaël Glucksmann, par exemple.
Mais je pense que sa place aurait dû être là. Et je vois bien qu'il va avoir des difficultés sur l'espace d'IPS qu'il a choisi.
Mais ça veut dire, François Bayrou, on l'a bien compris, vous refusez cet appel d'Edouard
Philippe. Je ne sais
pas, je dis, écoutez, ça n'est pas la question
prioritaire.
La question prioritaire, c'est de choisir un candidat qui sera capable d'aller au deuxième tour et de proposer
à
la France un destin différent. Parce que je crois profondément
qu
'il y a un besoin d'ouvrir un nouveau cycle, avec un nouveau projet qui sera avalisé par les Français. Autrement, on va se retrouver exactement... Vous vous rappeliez qu'il y a un an, à la tribune de l'Assemblée nationale, les oppositions avaient refusé même le constat. Ils avaient refusé même qu'on dise voilà où on en est. Et donc, demain, il faut un ensemble large pour soutenir une démarche de refondation
du pays. Mais
François Bayrou, en 2017, votre soutien à Emmanuel Macron avait été décisif pour son élection. Vous prendrez position cette fois-ci
?
Vous le ferez aussi ? Sans aucun doute.
Sans aucun doute. Est-ce que vous avez renoncé à être vous-même candidat ou est-ce que vous vous dites qu'il faudra peut-être y aller ?
Je ne serai pas candidat.
Donc ça,
c'est clair. Je ne serai pas candidat. Vous soutiendrez quelqu'un.
Pourquoi ? Pour une raison très précise. Si les propos que je tiens étaient ceux de quelqu'un qui pense à lui-même, vous ne m'écouteriez pas, vous diriez « Cause toujours,
tu
m'intéresses, je comprends très bien ce que tu es en train de faire. Tu es en train de me vendre ta salade. » Et moi, je pense qu'il est nécessaire qu'il y ait des voix... Ce n
'est
pas faux. Oui, ce n
'est
pas faux. C'est bien. Votre sincérité vous honore, Apolline de Malherbe.
Et
donc...
Mais ça veut dire
que cette fois-ci, vous avez été candidat à de nombreuses reprises. Vous vous êtes retrouvé troisième homme dans un moment où ça a été aussi décisif. Vous avez, la dernière fois, été celui qui, à un moment, a fait basculer Emmanuel Macron dans la possibilité d'être élu. Mais cette fois-ci, vous dites quoi ? Il faut une primaire.
S
'il n
'y
a pas de primaire, on ne jouera même pas ce jeu-là ?
Mais s'il n'y a pas de primaire, s'il n'y a pas de sélection d'un candidat que tout le monde, et les Français, s'accordent pour soutenir, eh bien, c'est très bien. Vous aurez un deuxième tour Mélenchon-Le Pen. Et François
Hollande ?
Le deuxième tour Mélenchon-Le Pen, c'est une catastrophe.
Et
François Hollande ? François Hollande, il peut tout à fait, si chacun de ceux qui veulent se présenter
mesure
le drame au bord duquel nous sommes et dont vous avez donné avec votre auditeur un exemple, eh bien, on se présente dans ce grand ensemble-là. Ça aura une vertu. En fait, vous dites à François Hollande « Venez dans cette
grande... » Je ne dis rien à
personne. Je dis à tous ceux
qui
voient venir avec terreur l'élection présidentielle en disant « Mais
qui
y a-t-il
? » Et
que nous propose-t-on
?
Qui y a-t-il ? Les Français ont le sentiment qu'il n'y a pas de réponse à cette question et que nous propose-t-on ? Alors là, ils sont certains que personne ne propose en tout cas la grande reconstruction profonde dont le pays a besoin. Je vous dis pourquoi la grande reconstruction profonde. Toutes les crises qu'on est en train d'énumérer, pas seulement la dette, mais l'éducation, mais les crises de sécurité, mais la question de la distribution des produits pour le pouvoir d'achat à des prix qui soient acceptables. Tout ça impose une politique affirmée nouvelle. Quelle est cette politique ?
Alors, la moitié des candidats, les trois quarts des candidats, les quatre cinquièmes des candidats vont dire «
On
va vous donner des moyens supplémentaires. » «
On
va vous donner de l'argent.
»
Ils mentent. Personne aujourd'hui n'est capable de mobiliser dans un pays dans la situation financière qu'on disait l'argent nécessaire. Il faut donc dire la vérité. Et si on n'a pas de moyens supplémentaires, alors il faut
une organisation différente. Le gouvernement est
en ce moment même en train de décrire ce qu'il espère être un projet de budget. Ça semble complexe. On a d'un côté Sébastien Lecornu qui hier a écrit au patron pour les rassurer en leur disant qu'il n'y aurait pas, qu'il y aurait même une baisse de la surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des entreprises. Ça rapporte normalement 8 milliards d'euros cette année. Ça ne sera pas reconduit dans les mêmes proportions l'an prochain. Il dit qu
'il
n'y aura pas non plus de taxes supplémentaires. De l'autre côté,
ils
ont dit qu'il n'y aurait pas non plus de désindexation des retraites. Où aller ? Où aller trouver l'argent si à chaque fois on referme les
portes ?
Vous mettez le doigt précisément sur le défaut incroyable de la situation dans laquelle nous sommes.
Il
n'y aura pas de réponse si on cible telle ou telle catégorie particulière pour la faire payer ou lui donner des avantages. Donc il faut faire payer tout le monde ? Il faut une approche globale, générale, universelle, j'allais dire, des efforts à faire et des priorités qu
'on
choisit.
Mais des efforts en termes de recettes ou en termes de dépenses ? Est-ce qu'il y a des choses auxquelles il faut renoncer ? Est-ce qu'il y a une générosité de l'État à laquelle il faut renoncer ?
Qui pense le contraire ? Est-ce que vous connaissez quelqu'un dans son fort intérieur connaissant la situation du pays qui pense de bonne foi qu'on peut s'en tirer sans une reconfiguration complète ? Mais
en attendant, dans la mesure où il va y avoir une élection présidentielle et où on
imagine que ça fera partie et on espère du programme des 1 et des autres ? Est-ce qu'en attendant, il faut tout geler ? L'année blanche, vous aviez évoqué une année blanche, est-ce que ça serait
pour vous un minimum ?
Ça sera nécessaire.
Ça
sera nécessaire, il faudra
le faire.
J'avais proposé un effort supplémentaire en termes de jours de travail dans l'année.
Vous aviez parlé de la suppression de deux jours fériés le 8 mai et le lundi de Pâques. Non, les
dates n'ont jamais été arrêtées. Mais vous persistez à penser qu'il faut supprimer deux jours fériés
?
Je ne dis pas deux jours fériés, je dis qu'il va falloir travailler plus. Je sais bien que ce n
'est
pas la mode de le dire. Je sais bien que toutes les démagogies du monde se réunissent pour dire qu'il ne
faut
rien changer à notre modèle, simplement, il faut faire payer les autres. Les uns disent qu'il faut faire payer les immigrés et qu
'il
faut faire payer l'Europe et d'autres disent qu
'il
faut faire payer les patrons ou les riches ou les entreprises. Tout cela, c'est du mensonge. Les politiques mentent aujourd'hui
?
C'est-à-dire les politiques pensent à eux-mêmes. Ils sont candidats à une élection et ils essaient de trouver les affirmations qui vont les rendre populaires auprès des électeurs pour monter dans les sondages en espérant que les sondages vont leur permettre d'écraser les autres.
Mais
vous n'avez pas le regret il y a un an de vous être dit justement je vais jouer sur l'honnêteté des uns et des autres. Vous avez mis en cause votre propre mandat en disant j'active cet article de la Constitution qui fait qu'on doit tous à un moment ou à un autre prendre ses responsabilités. Ça a raté
?
Non, ça n'a pas raté.
De fait, ça a raté pour vous.
Vous avez
perdu.
Ça a entraîné la chute du gouvernement.
Mais
la défaite aurait été de mentir, de ne rien dire. Vous préfériez
partir que de mentir ? Oui, exactement.
Et aujourd'hui, vous avez le sentiment qu'il préfère rester et mentir ?
Non, je ne veux pas dire ça. Je ne suis pas là pour critiquer tel ou tel effort. Et je préfère soutenir quand il faut. Mais vous voyez bien la situation. Tout à l'heure, vous avez dit c'est pire qu'il y a un an. Indiscutablement.
Parce
qu'on a dégradé les choses. et seuls la vérité j'avais écrit ça lorsque nous avons fait cette grande annonce.
La
vérité permet d'agir.
Aujourd
'hui, le monde politique n'accepte pas la vérité et prétend au contraire que la vérité n'existe pas. Quand Mélenchon dit on va mettre la dette à la poubelle. Je l
'ai
une partie de la dette. Oui, on va la mettre à la poubelle. C'est ce qu'il a dit. C'est son expression, je crois, juste. C'est un mensonge. Ce n
'est
pas vrai. Parce qu'à l'instant même où le pays ferait ça, à ce moment-là, on verrait le crédit de la France disparaître. Plus personne ne ferait confiance dans ce monde économique. Et à cet instant précis, on ne peut plus assumer les charges de l'État. On ne pourrait plus payer les retraites des fonctionnaires et les salaires des fonctionnaires et les retraites.
François Bayrou, vous parlez de la question de la confiance. J'ai encore une question à vous poser sur la question de la confiance dans la police. Vous avez entendu ce policier municipal à Carcassonne enregistré à son insu par sa propre caméra qui profère des propos abjects, racistes, xénophobes, sexistes, misogynes. Est-ce qu'il y a une rupture de confiance avec la police ? Est-ce qu'on peut avoir confiance dans nos policiers, dans leur exemplarité
? On peut avoir confiance dans nos policiers.
Ils
font le métier le plus difficile du monde parce qu'ils défendent l'essentiel pour tous les Français qui sont sans défense et on les cible
pour
cette raison.
Et
ils ont l'impression d'être assiégés par la détestation, par la haine, par les mots violents, et très souvent par la violence physique. donc on peut leur faire confiance et on doit leur faire confiance. Mais quand il y a des personnes qui visiblement sont sorties du cadre, sont parties ailleurs et dans des attitudes personnelles qui sont ignobles, vous avez dit, eh bien il faut les sanctionner sans aucune faiblesse. C'est je pense ce qui va être fait. mais si l'on rend cette confiance-là aussi, on a des problèmes avec l'éducation,
on
a des problèmes avec la santé, et on a des problèmes avec la sécurité, il faut que le lien de confiance l'emporte sur tout, autrement on n'y arrivera jamais. Et vous voyez à quel point, c'est vous-même qui employez les mots, ce mouvement de confiance dont nous avons besoin, il faut le reconstruire pour tous les aspects de la société. Et
vous comptez bien y prendre votre part. Merci François Bayrou d'avoir répondu à mes questions ce matin. Vous êtes ancien Premier ministre évidemment et président du Modem. Il est 8h50 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV.
François Bayrou