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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 10 septembre 2026 21 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSécuritéÉducation & rechercheInstitutions & élections

Face à Face : François Bayrou - 10/09

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Serez-vous celui qui créera aussi l'alliance du centre et de la droite ?

  • 0:25OuverteRéponse directe

    Vous aimeriez que ça aille jusqu'à la gauche ?

  • 0:31ComplaisanteRéponse directe

    Ce matin, j'ai eu un auditeur sur RMC à qui je posais les questions du pouvoir d'achat, avec la hausse des prix du carburant.

  • 1:17RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous vous dites, un an après avoir quitté Matignon, la situation pour les Français est intenable ?

  • 2:33RelanceRéponse directe

    Vous vous rendez compte, entre aujourd'hui et le moment où j'ai quitté le ministère de l'Éducation, le niveau des élèves s'est dégradé de plus de deux ans pour chaque élève ?

  • 3:29OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est tenable ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Invité politiqueFait
    « Hier, le gouvernement a annoncé qu'il n'y aurait ni plafonnement des prix, ni baisse des taxes. »
  • 3:34Invité politiqueChiffre
    « record d'un côté à la pompe, 2,30€ ce matin pour le litre de gasoil, 2,12€ pour le sans-plomb »
  • 3:40Invité politiqueFait
    « le gouvernement qui, hier soir, annonce qu'il n'y aura ni plafonnement, ni baisse des taxes. »
  • 5:12Invité politiqueFait
    « la Commission Européenne a renoncé, a dit non, il n'y aura pas d'enquête sur les marges des raffineurs au niveau européen. »
  • 6:00PrésentateurFait
    « On n'a pas toutes les cartes en main, on n'a pas tous les leviers en main, et c'est un mensonge de prétendre qu'on pourrait intervenir pour régler tout ça. »
  • 15:09Invité politiqueChiffre
    « Ça rapporte normalement 8 milliards d'euros cette année. »
  • 18:54PrésentateurFait
    « Mélenchon dit on va mettre la dette à la poubelle. »
  • 19:10PrésentateurFait
    « à ce moment-là, on verrait le crédit de la France disparaître. »
  • 19:24PrésentateurFait
    « On ne pourrait plus payer les retraites des fonctionnaires et les salaires des fonctionnaires et les retraites. »

Temps de parole

  • Présentateur64 %
  • François Bayrou28 %
  • ?6 %

29,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Vous

0:00
Invité

écoutez RMC. RMC jusqu'à 9h.

0:06
Présentateur

Apolline Matin.

0:08
Locuteur

Jour

0:08
François Bayrou

pour jour, vous quittiez Matignon,

0:11
Locuteur

vous étiez Premier

0:12
François Bayrou

ministre. Un an après, la bataille du budget, la bataille des présidentielles, la bataille des primaires, serez-vous celui qui créera aussi l'alliance du centre et de la droite ? Vous aimeriez que ça aille jusqu'à la gauche ? Je vous pose ces questions dans un instant, mais ce matin, j'ai eu un auditeur sur RMC à qui je posais les questions du pouvoir d'achat, avec la hausse des prix du carburant. Hier, le gouvernement a annoncé qu'il n'y aurait ni plafonnement des prix, ni baisse des taxes.

0:40
Locuteur

Et

0:41
François Bayrou

au fond, semble-t-il, c'était la décision de trop. Je voudrais que vous écoutiez les propos de Thomas. Thomas, il vit en Seine-Maritime, il fait 120 km par jour pour aller travailler. Et il dit, j'espère que ça va péter. Écoutez.

0:55
Locuteur

On

0:55
Auditeur

rogne sur d'autres dépenses. Au restaurant, ça fait des années avec ma femme qu'on n'en a pas fait. Les courses, on achète du premier prix. Pour mon fils, on a acheté des kiwis, parce qu'il aime bien les kiwis. 1,20€, le kiwi. Moi, j'ai l'intime conviction, et je l'espère fortement, qu'un jour ou l'autre, ça va péter.

1:15
François Bayrou

Cette colère,

1:16
Locuteur

est

1:17
François Bayrou

-ce que vous l'entendez ?

1:19
Locuteur

Et

1:19
François Bayrou

est-ce que vous vous dites, un an après avoir quitté Matignon, la situation pour les Français est intenable

1:24
Locuteur

?

1:26
Présentateur

Je l'avais dit à la tribune. La situation profonde du pays

1:34
Locuteur

fait

1:35
Présentateur

que les moyens d'action, les marges d'action, comme on dit, la possibilité d'intervenir massivement sur tel ou tel secteur à tel ou tel moment n'existent pas, n'existent plus. Pourquoi ? Parce qu'on s'est laissé entraîner dans une situation de surendettement, je ne vais pas insister, tel

1:55
Locuteur

qu

1:56
Présentateur

'aujourd'hui, l'année prochaine, la totalité de l'impôt sur le revenu que vous payez, que paie tous ceux qui nous écoutent, que je paie, ne suffira pas à payer les intérêts de la dette. Et donc, vous voyez que vous êtes asphyxiés d'une certaine manière. On a refusé de regarder ce problème. Mais il y a d'autres problèmes, et votre auditeur a tout à fait raison de le dire. On a besoin d'une réorganisation profonde du pays. Pardonnez-moi, je vais ajouter un souci. On a vu hier sortir, vous êtes une maman, on a vu hier sortir les chiffres PISA, les chiffres...

2:33
François Bayrou

Évidemment,

2:33
Locuteur

qui sont dramatiques,

2:34
François Bayrou

on n

2:35
Locuteur

'a

2:35
François Bayrou

jamais été aussi mauvais, c

2:35
Locuteur

'est ça ? ...du

2:36
Présentateur

système éducatif. Vous vous rendez compte, entre aujourd'hui et le moment où j'ai quitté le ministère de l'Éducation, il y a un bail, le niveau des élèves

2:48
Locuteur

s

2:50
Présentateur

'est dégradé de plus de deux ans pour chaque élève.

2:55
Locuteur

Deux

2:55
Présentateur

ans

2:56
Locuteur

en

2:57
Présentateur

ces quelques années. Et alors, vous allez avoir partout l'affirmation que c'est une question de moyens. Mais présenter des choses comme si c'était seulement une question de moyens, ça veut dire qu'on ne comprend pas qu'il faut une réorganisation profonde, et peut-être on en parlera.

3:18
François Bayrou

Alors justement, on est dans ce moment aussi du budget, et c'est ce qui justifie, d'après le gouvernement, le fait de ne pas faire d'aide, notamment sur le carburant. Et je voudrais qu'on commence par le carburant, parce qu'hier, ça a été ce moment, en quelque sorte, de rupture, record d'un côté à la pompe, 2,30€ ce matin pour le litre de gasoil, 2,12€ pour le sans-plomb, et le gouvernement qui, hier soir, annonce qu'il n'y aura ni plafonnement, ni baisse des taxes. Est-ce que c'est tenable ?

3:47
Locuteur

Mais

3:48
Présentateur

vous avez vu qu'un certain nombre de

3:50
Locuteur

compagnies

3:52
Présentateur

pétrolières ont dit qu'ils allaient faire des efforts eux-mêmes pour limiter le prix à

3:59
Locuteur

un niveau acceptable. Total dit qu'ils vont continuer

4:00
François Bayrou

à plafonner.

4:01
Présentateur

À plafonner à 2€, et ils ont raison de le faire. Il faut le noter, parce que c'est tout

4:07
François Bayrou

de même... Mais

4:08
Locuteur

il y a

4:08
François Bayrou

deux totales, pardon. Il y a le total distributeur qui dit qu'il va plafonner à 2€, mais il y

4:12
Locuteur

a

4:12
François Bayrou

aussi le total raffineur, et c'est visiblement là que le bas blesse. C'est les raffineurs qui ont, par spéculation, augmenté aussi considérablement leurs marges.

4:21
Présentateur

Moi, il

4:21
Locuteur

y

4:21
Présentateur

a une chose que je ne ferai pas, c'est cibler une entreprise française au bénéfice de ses concurrents étrangers. Si

4:30
Locuteur

on demande des efforts à total...

4:33
Présentateur

Il faudrait au contraire demander les mêmes efforts aux concurrents étrangers plutôt que de cibler la seule compagnie nationale qui nous permet d'intervenir

4:41
Locuteur

dans ce sujet. Mais les filles disent que ce sont

4:42
François Bayrou

des profiteurs de crise

4:42
Locuteur

?

4:43
François Bayrou

Profiteurs de guerre

4:44
Locuteur

? Oui,

4:46
Présentateur

ce sont des mots que je ne

4:48
Locuteur

veux

4:48
Présentateur

pas utiliser. Vous voyez bien passer des mots qui conduisent autant que ce qu

4:54
Locuteur

'ils veulent,

4:55
Présentateur

c'est un affrontement

4:56
Locuteur

généralisé. Ils veulent un affrontement généralisé ? On

4:59
Présentateur

dit aux Français, un, il faut s'adresser à toutes les compagnies pétrolières, pas seulement françaises, mais étrangères, pour leur dire qu'elles ont une responsabilité. Mais l'Europe dit non. Ce

5:11
Locuteur

matin,

5:12
François Bayrou

on l'a appris, et c'est une information RMC, alors que le gouvernement avait demandé, en grande pompe, avait dit, nous avons demandé à l'Union Européenne de faire une enquête sur les marges des raffineurs, la Commission Européenne a renoncé, a dit non, il n'y aura pas d'enquête sur les marges des raffineurs

5:28
Locuteur

au niveau européen. Eh bien, il

5:28
Présentateur

ne faut pas accepter les décisions qui vont à l'encontre de la vie quotidienne des gens.

5:33
François Bayrou

Mais comment on fait

5:34
Présentateur

pour ne pas l'accepter, pardon ?

5:35
Locuteur

Comment on fait ?

5:36
François Bayrou

On dit à l'Union Européenne, on le fait quand même ?

5:38
Présentateur

On désobéit ? Il faut un pays présent à l'Union Européenne, capable d'influencer, de pousser aux décisions de l'Union Européenne. La seule chose qui soit interdite, c'est de baisser les bras. C'est de dire, ah non, mais c'est de leur faute, nous, on n'y est pour rien, on est responsable de la situation. On n'a pas toutes les cartes en main, on n'a pas tous les leviers en main, et c'est un mensonge de prétendre qu'on pourrait intervenir pour régler tout ça. Mais la vérité est que la France n'a pas aujourd'hui l'influence qu'elle devrait avoir, parce qu'elle a des fragilités internes. Et vous voyez bien que tout ça est lié.

6:21
François Bayrou

Des fragilités internes, on va revenir sur la dette, mais on est à quelques mois désormais de l'élection présidentielle. Ce qui m'a frappé aussi dans le témoignage de Thomas, tout à

6:31
Locuteur

l

6:31
François Bayrou

'heure, qui réagissait sur RMC, l'auditeur, c'est qu'il dit, je lui posais la question,

6:35
Locuteur

je

6:35
François Bayrou

lui disais, mais il va y avoir des élections. Est-ce que c'est le moment pour vous, justement, de pouvoir exprimer, et donc la vie démocratique répond-elle à votre colère ? Et il disait, non, je ne ressens pas ça comme ça, j'espère juste que tout va péter, dans une logique plus de gilets jaunes que d'électeurs. Est-ce que vous estimez que les réponses démocratiques, les candidats qui sont aujourd'hui en lice, répondent à toutes ces attentes et à l'urgence ? Non,

7:03
Présentateur

je ne veux pas être péremptoire, parce que je sais les difficultés, mais non, vous voyez bien la campagne. Qui peut dire quels sont les projets qui sont présentés devant les Français ?

7:15
Locuteur

Pas

7:16
Présentateur

moi. L'amour que vous faites est une réponse. Moi, je ne vois pas, si, je vois très bien les projets de LFI, je vois très bien ce que Mélenchon dit, il fait une campagne qui est une campagne charpentée, dramatique pour l'avenir de la France. Mais charpentée, l'extrême droite a un socle très puissant, mais c'est dramatique aussi pour l'avenir de la France. Et sur le grand espace démocratique, républicain, réformiste, humaniste, enfin, vous avez tous ces mots-là qui signifient qu

7:52
Locuteur

'il

7:53
Présentateur

y a en effet des millions de citoyens

7:55
Locuteur

qui

7:56
Présentateur

voient l'avenir avec la même crainte sur les deux extrêmes. Ces gens-là, ils n'arrivent pas à faire ce socle-là, n'arrivent pas à faire apparaître

8:05
François Bayrou

des

8:06
Présentateur

projets et des personnalités.

8:07
François Bayrou

Vous appeliez à une forme de primaire, vous disiez ceux qui ont en commun de vouloir écarter ces deux extrêmes doivent pouvoir se mettre d'accord et dire nous appartenons au même ensemble républicain. Edouard Philippe, hier, vous a invité à une rencontre avec Gabriel Attal, avec Bruno Retailleau, à la Toussaint. Est-ce que vous l'acceptez

8:26
Locuteur

?

8:26
Présentateur

Non mais, vous voyez bien, tout le monde essaie de faire la même chose en disant, je suis le chef, je suis investi,

8:33
Locuteur

par

8:33
Présentateur

qui

8:34
Locuteur

?

8:36
Présentateur

Pourquoi est-ce que les sondages sont si catastrophiques et le sentiment que votre auditeur exprimait qu'il n'y a pas de réponse du monde politique, pourquoi ? Parce qu'il n'y

8:46
Locuteur

a

8:46
Présentateur

pas de légitimité.

8:47
Invité

Pour vous, Edouard Philippe n'a pas de légitimité, il dit je suis le mieux placé, ça ne

8:51
Présentateur

suffit pas. Il dit je, et il ne

8:54
Locuteur

faut

8:54
Présentateur

pas dire je, il faut dire nous. Et vous voyez bien que ce n

8:58
Locuteur

'est

8:58
Présentateur

pas par simplement l'affirmation d'une personnalité dont je ne connais pas le projet.

9:05
Locuteur

C

9:05
Présentateur

'est peut-être...

9:06
Locuteur

Au fond, votre problème, c'est que vous dites je ne connais pas le

9:08
Invité

projet d'Edouard Philippe.

9:09
Présentateur

Je ne connais pas seulement le projet d'Edouard Philippe, le projet des autres.

9:12
Locuteur

Non mais je veux

9:13
Invité

dire, si c'était lui,

9:15
Locuteur

pourquoi ce ne serait

9:15
Présentateur

pas lui d'ailleurs ? Pourquoi pas ? Est-ce que, si vous voulez bien qu'on réfléchisse à ce qu'était l'élection présidentielle, il y avait un tour, le premier tour,

9:24
Locuteur

qui

9:25
Présentateur

était le tour qui sélectionnait le candidat, qui allait au deuxième tour, au tour du Quai dans les tranchées du destin du pays. Le premier tour n'existe plus.

9:36
Invité

Oui, il

9:37
Locuteur

y a

9:37
Invité

une sorte de premier, premier tour. Non,

9:40
Présentateur

ça va rendre nécessaire un tour de sélection.

9:44
François Bayrou

Donc en fait, vous dites à Edouard Philippe,

9:45
Locuteur

moi

9:45
François Bayrou

je ne

9:45
Locuteur

viens

9:45
François Bayrou

pas à

9:45
Locuteur

cette rencontre,

9:46
Présentateur

je

9:46
Locuteur

veux une primaire.

9:49
Présentateur

Personne ne veut aller, personne n'a dit oui. Pour une raison très simple, c'est que quand on invite, il faut avoir une légitimité pour inviter. On ne peut pas dire, c'est moi qui m'instaure en rassembleur, protecteur. Non. La nécessité, c'est qu'on dise,

10:11
Locuteur

on

10:12
Présentateur

a besoin d

10:13
Locuteur

'un

10:14
Présentateur

espace, une majorité de mains, un ensemble qui soit le plus large possible.

10:20
Locuteur

Et

10:21
Présentateur

moi, je ne veux pas limiter cet espace, sauf à une condition. Appartiennent à cet espace, tous ceux qui disent que les extrêmes nous conduisent au drame. Et nous ne ferons jamais, ni avec les uns, ni avec les autres. Ça, ça délimite un espace. Mais

10:38
Locuteur

ça veut dire que vous voulez

10:38
François Bayrou

inclure également, notamment un Raphaël Glucksmann, par exemple.

10:42
Présentateur

Mais je pense que sa place aurait dû être là. Et je vois bien qu'il va avoir des difficultés sur l'espace d'IPS qu'il a choisi.

10:51
François Bayrou

Mais ça veut dire, François Bayrou, on l'a bien compris, vous refusez cet appel d'Edouard

10:56
Locuteur

Philippe. Je ne sais

10:57
Présentateur

pas, je dis, écoutez, ça n'est pas la question

11:00
Locuteur

prioritaire.

11:01
Présentateur

La question prioritaire, c'est de choisir un candidat qui sera capable d'aller au deuxième tour et de proposer

11:09
Locuteur

à

11:10
Présentateur

la France un destin différent. Parce que je crois profondément

11:15
Locuteur

qu

11:15
Présentateur

'il y a un besoin d'ouvrir un nouveau cycle, avec un nouveau projet qui sera avalisé par les Français. Autrement, on va se retrouver exactement... Vous vous rappeliez qu'il y a un an, à la tribune de l'Assemblée nationale, les oppositions avaient refusé même le constat. Ils avaient refusé même qu'on dise voilà où on en est. Et donc, demain, il faut un ensemble large pour soutenir une démarche de refondation

11:47
Locuteur

du pays. Mais

11:47
François Bayrou

François Bayrou, en 2017, votre soutien à Emmanuel Macron avait été décisif pour son élection. Vous prendrez position cette fois-ci

11:56
Locuteur

?

11:56
Présentateur

Vous le ferez aussi ? Sans aucun doute.

11:58
François Bayrou

Sans aucun doute. Est-ce que vous avez renoncé à être vous-même candidat ou est-ce que vous vous dites qu'il faudra peut-être y aller ?

12:03
Présentateur

Je ne serai pas candidat.

12:05
François Bayrou

Donc ça,

12:06
Locuteur

c'est clair. Je ne serai pas candidat. Vous soutiendrez quelqu'un.

12:08
Présentateur

Pourquoi ? Pour une raison très précise. Si les propos que je tiens étaient ceux de quelqu'un qui pense à lui-même, vous ne m'écouteriez pas, vous diriez « Cause toujours,

12:18
Locuteur

tu

12:18
Présentateur

m'intéresses, je comprends très bien ce que tu es en train de faire. Tu es en train de me vendre ta salade. » Et moi, je pense qu'il est nécessaire qu'il y ait des voix... Ce n

12:26
Locuteur

'est

12:26
Présentateur

pas faux. Oui, ce n

12:27
Locuteur

'est

12:27
Présentateur

pas faux. C'est bien. Votre sincérité vous honore, Apolline de Malherbe.

12:32
Locuteur

Et

12:32
Présentateur

donc...

12:33
Locuteur

Mais ça veut dire

12:34
François Bayrou

que cette fois-ci, vous avez été candidat à de nombreuses reprises. Vous vous êtes retrouvé troisième homme dans un moment où ça a été aussi décisif. Vous avez, la dernière fois, été celui qui, à un moment, a fait basculer Emmanuel Macron dans la possibilité d'être élu. Mais cette fois-ci, vous dites quoi ? Il faut une primaire.

12:52
Locuteur

S

12:53
François Bayrou

'il n

12:53
Locuteur

'y

12:53
François Bayrou

a pas de primaire, on ne jouera même pas ce jeu-là ?

12:55
Présentateur

Mais s'il n'y a pas de primaire, s'il n'y a pas de sélection d'un candidat que tout le monde, et les Français, s'accordent pour soutenir, eh bien, c'est très bien. Vous aurez un deuxième tour Mélenchon-Le Pen. Et François

13:09
Locuteur

Hollande ?

13:09
Présentateur

Le deuxième tour Mélenchon-Le Pen, c'est une catastrophe.

13:11
Locuteur

Et

13:11
Présentateur

François Hollande ? François Hollande, il peut tout à fait, si chacun de ceux qui veulent se présenter

13:19
Locuteur

mesure

13:19
Présentateur

le drame au bord duquel nous sommes et dont vous avez donné avec votre auditeur un exemple, eh bien, on se présente dans ce grand ensemble-là. Ça aura une vertu. En fait, vous dites à François Hollande « Venez dans cette

13:32
Locuteur

grande... » Je ne dis rien à

13:33
Présentateur

personne. Je dis à tous ceux

13:36
Locuteur

qui

13:36
Présentateur

voient venir avec terreur l'élection présidentielle en disant « Mais

13:39
Locuteur

qui

13:41
Présentateur

y a-t-il

13:41
Locuteur

? » Et

13:42
Présentateur

que nous propose-t-on

13:43
Locuteur

?

13:44
Présentateur

Qui y a-t-il ? Les Français ont le sentiment qu'il n'y a pas de réponse à cette question et que nous propose-t-on ? Alors là, ils sont certains que personne ne propose en tout cas la grande reconstruction profonde dont le pays a besoin. Je vous dis pourquoi la grande reconstruction profonde. Toutes les crises qu'on est en train d'énumérer, pas seulement la dette, mais l'éducation, mais les crises de sécurité, mais la question de la distribution des produits pour le pouvoir d'achat à des prix qui soient acceptables. Tout ça impose une politique affirmée nouvelle. Quelle est cette politique ?

Alors, la moitié des candidats, les trois quarts des candidats, les quatre cinquièmes des candidats vont dire «

14:28
Locuteur

On

14:28
Présentateur

va vous donner des moyens supplémentaires. » «

14:31
Locuteur

On

14:31
Présentateur

va vous donner de l'argent.

14:32
Locuteur

»

14:32
Présentateur

Ils mentent. Personne aujourd'hui n'est capable de mobiliser dans un pays dans la situation financière qu'on disait l'argent nécessaire. Il faut donc dire la vérité. Et si on n'a pas de moyens supplémentaires, alors il faut

14:48
Locuteur

une organisation différente. Le gouvernement est

14:49
François Bayrou

en ce moment même en train de décrire ce qu'il espère être un projet de budget. Ça semble complexe. On a d'un côté Sébastien Lecornu qui hier a écrit au patron pour les rassurer en leur disant qu'il n'y aurait pas, qu'il y aurait même une baisse de la surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des entreprises. Ça rapporte normalement 8 milliards d'euros cette année. Ça ne sera pas reconduit dans les mêmes proportions l'an prochain. Il dit qu

15:15
Locuteur

'il

15:15
François Bayrou

n'y aura pas non plus de taxes supplémentaires. De l'autre côté,

15:17
Locuteur

ils

15:17
François Bayrou

ont dit qu'il n'y aurait pas non plus de désindexation des retraites. Où aller ? Où aller trouver l'argent si à chaque fois on referme les

15:25
Locuteur

portes ?

15:25
Présentateur

Vous mettez le doigt précisément sur le défaut incroyable de la situation dans laquelle nous sommes.

15:32
Locuteur

Il

15:32
Présentateur

n'y aura pas de réponse si on cible telle ou telle catégorie particulière pour la faire payer ou lui donner des avantages. Donc il faut faire payer tout le monde ? Il faut une approche globale, générale, universelle, j'allais dire, des efforts à faire et des priorités qu

15:50
Locuteur

'on

15:50
Présentateur

choisit.

15:51
François Bayrou

Mais des efforts en termes de recettes ou en termes de dépenses ? Est-ce qu'il y a des choses auxquelles il faut renoncer ? Est-ce qu'il y a une générosité de l'État à laquelle il faut renoncer ?

16:01
Présentateur

Qui pense le contraire ? Est-ce que vous connaissez quelqu'un dans son fort intérieur connaissant la situation du pays qui pense de bonne foi qu'on peut s'en tirer sans une reconfiguration complète ? Mais

16:17
Locuteur

en attendant, dans la mesure où il va y avoir une élection présidentielle et où on

16:21
François Bayrou

imagine que ça fera partie et on espère du programme des 1 et des autres ? Est-ce qu'en attendant, il faut tout geler ? L'année blanche, vous aviez évoqué une année blanche, est-ce que ça serait

16:29
Locuteur

pour vous un minimum ?

16:30
Présentateur

Ça sera nécessaire.

16:32
Locuteur

Ça

16:32
François Bayrou

sera nécessaire, il faudra

16:33
Locuteur

le faire.

16:33
Présentateur

J'avais proposé un effort supplémentaire en termes de jours de travail dans l'année.

16:39
François Bayrou

Vous aviez parlé de la suppression de deux jours fériés le 8 mai et le lundi de Pâques. Non, les

16:45
Présentateur

dates n'ont jamais été arrêtées. Mais vous persistez à penser qu'il faut supprimer deux jours fériés

16:50
Locuteur

?

16:50
Présentateur

Je ne dis pas deux jours fériés, je dis qu'il va falloir travailler plus. Je sais bien que ce n

16:56
Locuteur

'est

16:56
Présentateur

pas la mode de le dire. Je sais bien que toutes les démagogies du monde se réunissent pour dire qu'il ne

17:04
Locuteur

faut

17:04
Présentateur

rien changer à notre modèle, simplement, il faut faire payer les autres. Les uns disent qu'il faut faire payer les immigrés et qu

17:12
Locuteur

'il

17:12
Présentateur

faut faire payer l'Europe et d'autres disent qu

17:14
Locuteur

'il

17:14
Présentateur

faut faire payer les patrons ou les riches ou les entreprises. Tout cela, c'est du mensonge. Les politiques mentent aujourd'hui

17:21
Locuteur

?

17:22
Présentateur

C'est-à-dire les politiques pensent à eux-mêmes. Ils sont candidats à une élection et ils essaient de trouver les affirmations qui vont les rendre populaires auprès des électeurs pour monter dans les sondages en espérant que les sondages vont leur permettre d'écraser les autres.

17:37
Locuteur

Mais

17:37
François Bayrou

vous n'avez pas le regret il y a un an de vous être dit justement je vais jouer sur l'honnêteté des uns et des autres. Vous avez mis en cause votre propre mandat en disant j'active cet article de la Constitution qui fait qu'on doit tous à un moment ou à un autre prendre ses responsabilités. Ça a raté

17:54
Locuteur

?

17:54
Présentateur

Non, ça n'a pas raté.

17:56
François Bayrou

De fait, ça a raté pour vous.

17:58
Locuteur

Vous avez

17:59
François Bayrou

perdu.

17:59
Présentateur

Ça a entraîné la chute du gouvernement.

18:02
Locuteur

Mais

18:02
Présentateur

la défaite aurait été de mentir, de ne rien dire. Vous préfériez

18:06
Locuteur

partir que de mentir ? Oui, exactement.

18:08
François Bayrou

Et aujourd'hui, vous avez le sentiment qu'il préfère rester et mentir ?

18:11
Présentateur

Non, je ne veux pas dire ça. Je ne suis pas là pour critiquer tel ou tel effort. Et je préfère soutenir quand il faut. Mais vous voyez bien la situation. Tout à l'heure, vous avez dit c'est pire qu'il y a un an. Indiscutablement.

18:28
Locuteur

Parce

18:29
Présentateur

qu'on a dégradé les choses. et seuls la vérité j'avais écrit ça lorsque nous avons fait cette grande annonce.

18:40
Locuteur

La

18:41
Présentateur

vérité permet d'agir.

18:44
Locuteur

Aujourd

18:44
Présentateur

'hui, le monde politique n'accepte pas la vérité et prétend au contraire que la vérité n'existe pas. Quand Mélenchon dit on va mettre la dette à la poubelle. Je l

18:58
Locuteur

'ai

18:58
Présentateur

une partie de la dette. Oui, on va la mettre à la poubelle. C'est ce qu'il a dit. C'est son expression, je crois, juste. C'est un mensonge. Ce n

19:04
Locuteur

'est

19:04
Présentateur

pas vrai. Parce qu'à l'instant même où le pays ferait ça, à ce moment-là, on verrait le crédit de la France disparaître. Plus personne ne ferait confiance dans ce monde économique. Et à cet instant précis, on ne peut plus assumer les charges de l'État. On ne pourrait plus payer les retraites des fonctionnaires et les salaires des fonctionnaires et les retraites.

19:30
François Bayrou

François Bayrou, vous parlez de la question de la confiance. J'ai encore une question à vous poser sur la question de la confiance dans la police. Vous avez entendu ce policier municipal à Carcassonne enregistré à son insu par sa propre caméra qui profère des propos abjects, racistes, xénophobes, sexistes, misogynes. Est-ce qu'il y a une rupture de confiance avec la police ? Est-ce qu'on peut avoir confiance dans nos policiers, dans leur exemplarité

19:57
Présentateur

? On peut avoir confiance dans nos policiers.

20:00
Locuteur

Ils

20:00
Présentateur

font le métier le plus difficile du monde parce qu'ils défendent l'essentiel pour tous les Français qui sont sans défense et on les cible

20:10
Locuteur

pour

20:10
Présentateur

cette raison.

20:12
Locuteur

Et

20:12
Présentateur

ils ont l'impression d'être assiégés par la détestation, par la haine, par les mots violents, et très souvent par la violence physique. donc on peut leur faire confiance et on doit leur faire confiance. Mais quand il y a des personnes qui visiblement sont sorties du cadre, sont parties ailleurs et dans des attitudes personnelles qui sont ignobles, vous avez dit, eh bien il faut les sanctionner sans aucune faiblesse. C'est je pense ce qui va être fait. mais si l'on rend cette confiance-là aussi, on a des problèmes avec l'éducation,

20:51
Locuteur

on

20:51
Présentateur

a des problèmes avec la santé, et on a des problèmes avec la sécurité, il faut que le lien de confiance l'emporte sur tout, autrement on n'y arrivera jamais. Et vous voyez à quel point, c'est vous-même qui employez les mots, ce mouvement de confiance dont nous avons besoin, il faut le reconstruire pour tous les aspects de la société. Et

21:13
François Bayrou

vous comptez bien y prendre votre part. Merci François Bayrou d'avoir répondu à mes questions ce matin. Vous êtes ancien Premier ministre évidemment et président du Modem. Il est 8h50 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV.