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interviewC à vous· 23 juin 2025 52 min

Frappes américaines : l’Iran menace d’infliger de "lourdes conséquences" aux États-Unis.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.

Heureuse de vous retrouver. On est ensemble en direct jusqu'à 21h. Bonsoir à tous les cinq.

Emilie, votre Choix de l'actu? - E.Tran Nguyen: La difficile position de la France face au conflit Israël-Iran qui s'étend.

Les Etats-Unis ont annoncé avoir bombardé 3 sites stratégiques iraniens. Israël a frappé des sites importants, dont la prison de Téhéran, là où les 2 Français C.Kohler et J.Paris sont détenus.

C'est ce que redoutait sa soeur sur notre plateau. - A.-E.Lemoine: Elle a réagi à ces frappes.

On en parlera avec l'ancien ambassadeur de France en Israël et aux Etats-Unis. - M.Bouhafsi: Samedi soir, plusieurs millions de Français étaient dans les rues pour la Fête de la musique.

Des incidents ont eu lieu en plein Paris. Pour l'extrême droite, cette fête est devenue un désastre. - P.Cohen: Dernière séance du conclave sur les retraites après 4 mois de discussions.

Les syndicats accusent le patronat de torpiller un éventuel accord. La réunion est toujours en cours. Les chances de conclure sont assez minces. - A.-E.Lemoine: Avec quelles conséquences en cas d'échec?

C'est une des questions qu'on soumet à notre invité, l'eurodéputé et coprésident du parti Place publique, R.Glucksmann. Merci de votre présence.

Vous allez présenter votre projet de vision pour la France. "45 chantiers pour changer la vie des Français". On y revient avec vous ce soir. - L.Sénéchal: Les 2 chefs de l'Office anti-stupéfiants de Marseille sont en garde à vue dans le cadre d'une enquête sur la disparition de 400 kg de cocaïne. - P.Lescure: Si vous n'étiez pas parmi les 240 000 fans de Beyoncé au Stade de France, nous vous raconterons le concert. - A.-E.Lemoine: Il a fait le Stade de France, Soprano.

C'est une star du rap. C'est une des personnalités préférées des Français et des plus jeunes. C'est à eux qu'ils s'adressent dans un film au cinéma le 9 juillet, "Marius et les Gardiens de la cité phocéenne".

Soprano y tient son premier grand rôle au cinéma, dans la peau d'un guide touristique marseillais. On est heureux de célébrer la médaille d'or de J.-B.Gaba.

C'est la 1re fois qu'un Français atteint ce niveau. S.Fontanel est tombée amoureuse de la vasque olympique.

Elle a fait son grand retour aux Tuileries samedi soir. Elle nous dira pourquoi elle n'a rien vu d'aussi beau de sa vie. En cuisine, ce soir, on célèbre la volaille française avec le chef de l'association Euro-Toques.

Ce soir, vous nous proposez un filet de canard poêlé avec de la polenta grillée. Tout de suite, l'Edito de P.Cohen.

Le conclave sur les retraites ne devrait pas déboucher sur un accord. - P.Cohen: Ce serait une grande déception pour tous ceux qui croient à la démocratie sociale, à commencer par F.Bayrou, dont c'est l'un des credo depuis longtemps.

Il avait appelé à un conclave entre syndicats et patronat pour amender ou améliorer la réforme Borne de 2023. C'était une concession offerte au PS pour échapper à la censure. F.Bayrou est toujours en place.

La démocratie sociale, pour l'instant, n'a pas beaucoup mieux marché que la démocratie représentative. - A.-E.Lemoine: On reste prudents.

A l'heure où on parle, la concertation n'est pas terminée. - P.Cohen: La réunion est toujours en cours.

La concertation devait être terminée. Le patronat a fait semblant de croire que c'était encore une journée de négociations. Le patronat est arrivé cet après-midi avec une liste de contre-propositions, comme si la discussion allait continuer normalement. - On est dans une logique d'avoir des efforts des entreprises pour permettre d'avoir un accord.

On pense qu'on peut avoir un accord. - P.Cohen: "Un accord à partir de ce qu'on propose", dit la CPME avec le Medef.

L'objet de l'ultime réunion d'aujourd'hui était de se prononcer sur le texte arrêté. Un compromis établi sur la base de 4 mois de discussions qui devait être ratifié ou refusé, mais pas rediscuté, d'où la fureur des syndicats restants, dont la CFDT. - Ce n'est pas normal, juste avant la conclusive, d'organiser de nouvelles propositions qui sortent de nulle part, qui sont juste du réchauffé.

C'est une mise en scène pour torpiller les négociations. La CFDT n'acceptera jamais ça. On a une démocratie fragilisée.

Il faut renforcer le dialogue social. La partie patronale est en train de faire l'inverse. - P.Cohen: "Une manoeuvre patronale pour ne pas endosser la responsabilité de l'échec", voilà la lecture des syndicats.

Ils sont toujours autour de la table. La discussion continue. Ca laisse un espoir. - A.-E.Lemoine: Est-ce qu'ils ont raison de dénoncer une telle manoeuvre du patronat? - P.Cohen: Dès le départ, il y avait dans ces discussions un déséquilibre dans le dialogue.

Les partenaires ne partaient pas d'une page blanche. Le patronat s'accommode très bien de la réforme de 2023. Il n'était pas Partant pour une remise à plat et une remise en chantier.

Au contraire, les syndicats étaient prêts à faire des concessions. CFDT, CGC, CFTC, qui représentent près de la moitié des salariés et qui, moyennant exceptions et aménagements, acceptent pour la 1re fois que l'âge de la retraite atteigne 64 ans...

C'est ce qui était inscrit dans l'accord proposé par Jean-Jacques Marette. C'est un tournant historique. La cheffe de la CFDT disait que son but était de détricoter la réforme des retraites.

Le patronat ne parle que de reconversions. C'était l'un des principaux points d'achoppement dans les dernières discussions. - A.-E.Lemoine: Si l'échec se confirme, quelles pourraient être les conséquences politiques? - P.Cohen: Ce ne serait pas une bonne nouvelle pour F.Bayrou, mais ça ne le condamne pas à brève échéance.

Le Premier ministre pourra dire qu'il a essayé et que ce n'est pas passé loin. - A.-E.Lemoine: Quelle morale vous tirez du potentiel échec de ce conclave?

En France, on a du mal à négocier, on n'y arrive pas? Est-ce qu'il y a des responsables? F.Bayrou?

A-t-il donné un cadre trop contraignant à ces discussions? - R.Glucksmann: Quand on avait poussé pour qu'il y ait ce conclave, notre but était de montrer que la démocratie, le dialogue social, ça peut fonctionner, contrairement à la réforme de 2023, qui a brutalisé la France et les syndicats.

Il y avait à nouveau la possibilité, en France, d'un dialogue social. J'ai soutenu ce conclave depuis le départ. Je dois saluer l'attitude des syndicats, qui ont joué le jeu et qui sont restés.

Ils ont réussi, dans le texte qui était sur la table...

Ce n'était plus une journée de négociation. Il faut le rappeler. La négociation avait déjà eu lieu.

Il y avait un texte écrit par un médiateur, qui prenait en compte les positions des uns et des autres. Il y avait un savant équilibre qui ne donnait pas tout ce que les syndicats voulaient, mais qui permettait que des millions de Français puissent partir plus tôt, sur la base de la pénibilité de leur travail, exactement ce qu'on demande depuis le début. Il permettait à 200 000 femmes, dont les carrières hachées étaient pénalisées, de partir plus tôt.

Je pense à ces Françaises et Français qui auraient pu gagner quelque chose et qui ne vont pas le faire si les négociations échouent à cause du Medef qui, au dernier moment, arrive avec un texte pas soumis auparavant aux partenaires. Cela change les règles du jeu à la dernière seconde en espérant faire porter sur les syndicats, qui refuseront ce que le Medef propose, la responsabilité de l'échec. Ce sera du côté du patronat, qui n'a pas joué le jeu.

Ce serait un très mauvais signal pour ces Françaises et Français modestes, mais aussi pour la démocratie sociale en cas d'échec. En France, on a un problème: on maltraite en permanence le dialogue social. Ce en quoi on croit, le coeur de la démocratie, c'est le dialogue social. - P.Cohen: La démonstration vient d'être faite que c'est très difficile et compliqué. - R.Glucksmann: On ne partait pas d'une page blanche.

Notre méthode serait de confier aux partenaires sociaux d'emblée, avec des directives, un cadre, la négociation. C'est une volte-face du patronat au dernier moment. - A.-E.Lemoine: Le syndicat réformiste accepte l'âge de la retraite à 64 ans.

Vous, vous voulez abroger la réforme. - R.Glucksmann: On explique noir sur blanc qu'on veut abroger cette réforme, proposer une autre réforme. - A.-E.Lemoine: Il faut tout revoir. - R.Glucksmann: Ce n'est pas juste revenir au statu quo.

On sait que le système est menacé et qu'il faut un équilibre. Il doit être basé sur la justice. Le problème de ce débat depuis le début est qu'il s'est focalisé de part et d'autre simplement sur l'âge légal.

En réalité, il faut que les gens qui ont des carrières pénibles puissent partir tôt à la retraite. Leur espérance de vie une fois à la retraite est plus courte que les autres. Quand vous êtes un cadre qui gagnez bien votre vie et qui avez une espérance de vie de 30 ou 40 ans après, vous pouvez partir plus tard.

L'esprit de la réforme qu'on proposerait...

On est dans la spéculation pure. Peut-être que le conclave va déboucher sur quelque chose. On l'espère.

Ce serait une formidable nouvelle démocratique. Ce qu'on veut proposer, c'est une réforme qui pense à l'équilibre de notre système en se basant sur l'idée de justice. Ne pas faire de la reconnaissance des inégalités de parcours le coeur même de ce système, c'est perpétuer l'injustice. - A.-E.Lemoine: Vous avez présenté 45 chantiers lancés avec comme horizon 2027.

Vous précisez à chaque fois que ce n'est pas un programme présidentiel. C'est quoi? C'est histoire de ne pas être démuni en cas de dissolution? - R.Glucksmann: C'est prendre la politique au sérieux.

C'est répondre à une question simple: "Qui êtes-vous, que voulez-vous?" La politique, ce n'est pas que les jeux de billard à 15 bandes ou les discussions stratégiques. C'est tout ce qu'on veut pour notre pays.

Qu'est-ce qu'on veut pour la France? La France est dans une situation où il y a une juxtaposition de cocottes-minutes. Vous allez à l'hôpital, c'est proche de l'implosion.

Vous allez voir les policiers dans les Yvelines à Conflans, ils parlent d'implosion et de ras-le-bol. C'est la même chose avec les agriculteurs en Ardèche que j'ai rencontrés. Nous voulons proposer des transformations. - A.-E.Lemoine: Ce que la gauche n'a pas fait pendant longtemps? - R.Glucksmann: C'est ça.

Il n'y a pas de hasard dans la politique. Quand vous bossez sur une vision, vous vous sentez plus fort. Vous savez ce que vous défendez.

Les gens savent ce que vous défendez. La domination psychologique, politique de La France insoumise sur le reste de la gauche, d'où ça venait? Ils avaient bossé.

En octobre 2024, ce qu'on a fait, c'est qu'on a pris 9 mois pour préparer notre vision. On a impliqué les 11 000 adhérents de Place publique. Il y a eu des centaines de contributions, des dizaines de comités d'expertise, des forums citoyens...

Ca a produit ce document de plusieurs dizaines de pages qui raconte ce qu'on veut pour la France et l'hôpital public, pour que le travail soit à nouveau rémunéré, pour faire en sorte qu'on ait une défense capable de nous protéger face aux menaces de guerre contemporaine... - P.Cohen: Votre espace politique, Celui qui n'a pas fait le boulot, c'est le PS ou les écolos? - R.Glucksmann: On peut pondre des programmes à 15 jours des élections, mais ça ne fait pas un projet et un récit pour la France.

Ca ne répond pas à la question simple de qui on est. J'entends tout le monde parler de stratégie. "Est-ce que vous êtes pour l'union avec machin?" On a pris au sérieux ces questions.

On y a répondu. On a essayé de trouver des cohérences et des liens. Nous sommes profondément écologistes.

La manière dont nous pensons la transformation écologique, c'est à travers la question de la puissance et la souveraineté, comment la France peut redevenir une grande puissance grâce à la révolution écologique. - A.-E.Lemoine: Faire de l'anti-Trump. - R.Glucksmann: C'est pas seulement faire de l'anti-Trump en disant que les populistes ne passeront pas.

C'est ce qu'on va proposer comme transformation. Je suis un défenseur de la démocratie. Défendre la démocratie contre les populismes ne fonctionnera pas.

Il faut régénérer la démocratie. Il faut se poser une question simple: pourquoi ces mouvements populistes triomphent partout dans les démocraties occidentales? Largement parce que la grande promesse que les démocraties occidentales avaient faite à leurs classes moyennes, c'était la promesse d'améliorer leurs conditions de vie par le travail.

Cette promesse n'est plus tenue. Vous ne pourrez pas rétablir la force démocratique sans remettre le travail, les travailleurs... - A.-E.Lemoine: Moins taxer. - R.Glucksmann: Les travailleurs au coeur du contrat social.

On est devenu une société de rentiers, et moins de travailleurs. Ca affaiblit nos démocraties. - E.Tran Nguyen: Il y a un projet sur lequel vous avez travaillé, mais on peut se demander avec qui vous comptez le mettre en oeuvre.

Les ex-insoumis qui ont pris leurs distances avec J.-L.Mélenchon ont appelé leur congrès "L'Association pour la République écologique et sociale".

C.Autain a expliqué les grandes lignes. - C.Autain: J'ai entendu le sentiment de trahison du Nouveau Front populaire.

Je vous invite à ne pas intérioriser une forme d'esprit de défaite, mais au contraire, de voir que dans les moments d'incertitude très grande, en réalité, tout est possible. Dans le "tout est possible", il y a notre victoire. Personne n'est hégémonique à gauche.

Aucune personnalité n'a plié le match. Ce qui va se passer, c'est qu'on va travailler ensemble et qu'on va donner à voir une image chorale, une équipe, mais aussi une capacité à faire vivre la diversité. - E.Tran Nguyen: C'est ça qui va se passer?

Vous allez vous mettre autour de la table? - R.Glucksmann: Nous ne ferons pas d'offre politique commune, d'accord de gouvernement ou de campagne présidentielle avec La France insoumise.

C'est acté. - E.Tran Nguyen: Eux ont pris leurs distances avec La France insoumise. - R.Glucksmann: L'appel qu'ils lancent, c'est un appel au rassemblement de toute la gauche, de Poutou à Hollande.

On doit être sincères. Avons-nous la même vision de la France, de l'Europe et du monde avec La France insoumise? Non.

On a 2 ans pour préparer une élection. Il faut que les visions qui sont opposées soient présentées aux électrices et aux électeurs. C'est ça, la démocratie.

La stratégie gagnante...

C'est éthique de considérer la stratégie comme ça et c'est gagnant. La gauche n'a jamais remporté les élections en présentant une offre unique. - P.Cohen: En 1974. - R.Glucksmann: Ils n'ont pas gagné.

Elle n'a jamais gagné. La raison est que d'en avoir deux, ça permet de lever le plafond de verre de la gauche. Mon obsession est de me dire que s'il y a une gauche à 25 %, elle est perdue.

Il faut qu'on arrive à parler aux Françaises et aux Français qui ne votent plus à gauche et qui vous disent pourquoi. - A.-E.Lemoine: Elle s'est fait rouler dessus, la gauche.

C'est ce que vous dites? - R.Glucksmann: Je veux qu'on défende notre vision de la France et du monde.

Cette voix ne peut pas être compatible avec La France insoumise. Faire une synthèse molle entre pro-européens et anti-européens...

Le Parti socialiste, on a fait ensemble une campagne aux européennes. Elle a créé une dynamique, a suscité de l'enthousiasme. Ce sont nos partenaires.

On travaille tout le temps au Parlement européen avec eux. Il faut construire, sur la base de ce projet clair, d'une vision claire, d'un cap clair, une dynamique politique en étant très ouverts. Les gens qui se reconnaissent dans cette vision pourront nous rejoindre.

On va faire péter les plafonds de verre. On veut proposer une offre de gouvernement qui ne sera pas une défense du statu quo, mais des transformations profondes pour notre société. Ce sera crédible.

Ce ne sera pas juste "cocher les cases", ou jouer à "plus à gauche que moi, tu meurs". Ce sera prendre au sérieux l'état de la France. C'est faire en sorte que le travail paye.

La 2e étape qu'on va faire maintenant, c'est de travailler avec les acteurs de la société française. Pendant un an, on va aller voir les corps intermédiaires, les syndicats, les associations, les citoyennes et citoyens, et même des gens qui ne partagent pas notre vision. On va aller voir les patrons des PME pour voir si ce qu'on propose fonctionne ou si ça les mettrait trop en difficulté. - A.-E.Lemoine: Ca donnera l'acte 2. - R.Glucksmann: On prendra le temps. un programme en 10 jours après la décision de se lancer en mars, et une autre où on avait travaillé pendant 1 an un projet.

Les deux ne se sont pas passées du tout de la même manière. Je n'ai pas été aussi à l'aise. - A.-E.Lemoine: Les résultats dans les urnes n'ont pas été les mêmes. - P.Lescure: Petit focus sur un de vos chantiers.

Vous voulez reprendre le contrôle sur les grandes plateformes numériques en interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et en bannissant TikTok. - R.Glucksmann: On est face à un danger mortel pour nos démocraties.

Les démocrates, chez nous, on joue tout le temps à l'extérieur. C'est comme dans un championnat de foot où vous jouez tout le temps à l'extérieur. Vous jouez sur un terrain, celui des réseaux sociaux.

C'est celui d'E.Musk ou du Parti communiste chinois, via TikTok, qui favorise les positions antidémocratiques. Ca vient d'être prouvé, TikTok a sciemment favorisé un candidat de l'extrême droite en Roumanie, faussant les résultats des élections, obligeant la Cour constitutionnelle à annuler l'élection.

Ca a été alerté par les services roumains. On a été loin en Europe. Le Parlement européen s'est doté de règles pour ces plateformes.

On n'a pas le courage de les appliquer. Nous aurons le courage de les appliquer. Nous ne laisserons pas des milliardaires néo-réactionnaires de la côte ouest américaine ou des communistes chinois fausser le débat chez nous et créer des addictions chez nos enfants, qui sont catastrophiques du point de vue de la santé mentale. - A.-E.Lemoine: Restez avec nous.

On a beaucoup de questions à vous soumettre sur l'actualité internationale. D.Trump a fait mine d'hésiter.

Il a pris une décision qui a fait basculer la guerre au Moyen-Orient dans une autre dimension en bombardant 3 sites stratégiques. L'opération Marteau de minuit, qualifiée de succès militaire spectaculaire par le président américain. Le régime des mollahs crie vengeance.

Israël a mené des frappes sans précédent sur tous les centres névralgiques des pouvoirs iraniens. La prison d'Evin a été touchée, là où sont retenus des otages occidentaux dont les Français C.Kohler et J.Paris. - N.Kohler: C'est ce qu'on redoutait depuis 10 jours, depuis que la guerre a éclaté, que la prison soit bombardée.

On a peur qu'ils meurent. On a peur de ne pas retrouver Cécile et Jacques vivants. Il peut aussi y avoir des émeutes, des mouvements de panique qui peuvent être réprimés de manière violente par les autorités iraniennes si elles sont débordées.

C'est toutes ces choses qui nous terrifient. Notre état d'esprit est que soit ils sont libérés dans les heures qui arrivent, soit on risque de ne plus jamais les revoir. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, G.Araud, ancien ambassadeur aux Etats-Unis.

On entend la grande inquiétude de la soeur de C.Kohler, même si depuis, le ministre des Affaires étrangères a précisé que selon ses informations, les 2 otages français n'auraient pas été touchés par cette frappe. E.Macron la juge inacceptable.

C'est irresponsable de la part d'Israël de se targuer de vouloir s'en prendre aux organes de répression, quitte à faire courir un danger de mort aux réprimés de ce régime? - G.Araud: La vraie question est de savoir quels sont les objectifs d'Israël.

On ne parle plus du programme nucléaire. Ces frappes prennent l'aspect d'un affaiblissement de la République islamique dans l'espoir évident de sa chute. Il y a eu cette frappe dans la prison qui nous intéresse particulièrement à cause des otages, mais il y a eu toute une série de frappes, notamment l'état-major des Gardiens de la révolution en plein centre de Téhéran aussi.

Derrière, l'inquiétude est plutôt le sentiment d'un embourbement de l'opération israélienne, qui a été très spectaculaire dans ses succès au début. Tant que la République islamique résiste, finalement, on ne voit pas vraiment comment tous ces succès tactiques se transforment en une victoire stratégique. C'est un peu la question qu'on peut poser, au-delà de l'Iran.

Quel est le Moyen-Orient que veut Israël? Israël est la puissance dominante de la région. - A.-E.Lemoine: La position hégémonique est renforcée. - G.Araud: Le soutien américain...

Vous avez raison. Quel est l'avenir que veut Israël de la Syrie, de l'Iran, de Gaza? - P.Cohen: Avoir des voisins désarmés qui ne la menacent plus? - G.Araud: Ca ne suffit pas.

Il faut qu'on établisse un pouvoir stable. En Syrie, vous avez A.Al-Charaa, dont la France et le Royaume-Uni pensent qu'il fait de son mieux.

Le président de la Cour européenne de justice est anti-Hezbollah. - A.-E.Lemoine: Officiellement, les Etats-Unis ne font pas la guerre à l'Iran, mais à la "puissance nucléaire iranienne".

C'est comme ça que l'a présenté le vice-président des Etats-Unis. - A.-E.Lemoine: Quelques heures plus tard, D.Trump est beaucoup plus ambigu en affirmant que "parler officiellement de changer de régime", ce n'est pas politiquement correct.

Sur le fond, il n'est pas contre. Il prend des virages politiques plus vite que son ombre, D.Trump.

Tout le monde lui court après, y compris les Occidentaux et l'Europe. - G.Araud: Ce qui est frappant, c'est son incohérence.

Il y a l'incertitude que ça introduit dans les relations internationales. Il avait dit "je veux négocier avec l'Iran", et dans les 15 jours qui viennent, il tape. Ils se sont contredits dans la même journée.

Je pense à la Chine...

Le vrai sujet, c'est la Chine et la question de Taïwan. Est-ce que les Chinois ne vont pas faire des erreurs de calcul face à quelqu'un qui dit tout et son contraire? On ne sait plus où il en est. - A.-E.Lemoine: Il y a quelques semaines, personne n'aurait imaginé qu'il décide de frapper directement l'Iran.

Qu'est-ce qui a changé? Est-ce que c'est un virage durable dans sa politique étrangère? Il s'est fait élire sur une promesse isolationniste. - G.Araud: C'est vrai.

Si vous m'aviez dit cela il y a 15 jours, j'aurais dit non. Dans son incohérence, il a 2 cohérences: le protectionnisme et le fait que ce n'est pas un belliciste. Je connais bien son entourage.

J'étais ambassadeur lorsqu'il était président. Ca tangue, dans son entourage. Les gens au téléphone sont embarrassés, furieux, ne comprennent pas... - P.Cohen: Vous avez vu la tête de J.D.Vance.

Il est rarement souriant. C'est l'annonce de Trump dans la nuit de samedi à dimanche. - G.Araud: Il a fait lui-même un communiqué où il dit: "Je sais bien qu'après 25 ans de guerre, vous ne comprenez pas qu'on s'engage, mais..." Toute une partie de la base ne comprend pas ce virage.

Une partie de l'opinion publique aussi. C'est le retour des néo-conservateurs. - R.Glucksmann: Vous avez dit un truc juste.

Quels sont les objectifs politiques? L'usage de la force, en soi, dans la vie, n'est pas prohibé. Ca doit être au service d'une stratégie politique visible et claire.

Personne ne comprend. Aujourd'hui, B.Nétanyahou fait de la guerre un horizon en soi.

D.Trump n'a produit aucune forme d'horizon. On se retrouve dans une situation extrêmement dangereuse.

Il est clair pour tout le monde qu'il ne faut pas que l'Iran soit doté de l'arme nucléaire. C'est un accord aussi avec tous les Européens sur cette position. - A.-E.Lemoine: Qui voulaient oeuvrer diplomatiquement. - R.Glucksmann: Si l'objectif est la question du nucléaire, il va bien falloir qu'il y ait une matérialisation de quelque chose qui ne soit pas simplement de la bombe.

Là, la guerre devient son propre horizon. L'autre chose que la France et l'Europe devraient pouvoir faire, c'est de dire: "Si vous voulez un Moyen-Orient où Israël n'est pas menacé, il ne faut pas prendre la voix américaine des Accords d'Abraham, qui étaient des accords entre les pays arabes et Israël, mettant sous le tapis la question palestinienne, mais il faut réglementer, avoir un règlement régional qui inclut la question palestinienne et qui fasse en sorte que les Palestiniens aient le droit à un Etat. Ca doit être la voie de la France et de l'UE. - A.-E.Lemoine: La France et l'Europe ont du poids, au Moyen-Orient? - G.Araud: Pour Israël, il y a la rhétorique. "Israël au milieu d'un océan d'ennemis".

Aujourd'hui, tous les pays veulent être en relation directe ou indirecte avec Israël. Il reste 2 questions à résoudre pour Israël au Moyen-Orient. Il y a le problème palestinien.

S'il n'est pas résolu, jamais Israël ne pourra être intégré dans cette région. Le 2e, c'est l'Iran. L'Iran, on ne résoudra pas la question du nucléaire par la force.

Il y avait un accord en 2015 qui marchait. Il était appliqué par l'Iran. Il a été dénoncé par Trump sous la pression de B.Nétanyahou.

On se retrouve dans cette impasse. Il y avait une autre négociation. Israël a attaqué 2 jours avant une rencontre de négociations entre les Iraniens... - A.-E.Lemoine: La Grande-Bretagne et l'Allemagne. - G.Araud: Et les Américains.

Ils ont commencé leurs frappes en tuant le principal négociateur iranien. Le refus de négocier avec les Iraniens, avec les Palestiniens...

Ca nous condamne à un Moyen-Orient qui ne repose que sur la force. - R.Glucksmann: Vous avez demandé ce que peut faire l'Europe.

Très clairement, il n'y a plus de droit international. Ce que l'Europe peut faire, et c'est mon combat quotidien, ce n'est pas d'envoyer des troupes à l'autre bout de la planète pour installer la démocratie. Le débat a été réglé en 2003.

L'Europe peut construire sa propre défense dans un monde où les puissances prédatrices peuvent envahir leur voisin sans avoir aucun égard, sous quelque forme que ce soit, pour le droit international. Aujourd'hui, l'Europe est faible parce qu'elle n'a pas construit les moyens de sa puissance. Il faut doter l'Europe d'une défense crédible, d'institutions efficaces pour qu'on puisse enfin avoir voix au chapitre dans ce monde de plus en plus dangereux. - E.Tran Nguyen: Pour l'instant, c'est aussi la question des représailles de l'Iran.

L'Iran annonce à l'instant avoir frappé Doha, la capitale du Qatar, qui abrite la plus grande base américaine du Moyen-Orient. C'est en riposte aux frappes américaines. Le Qatar a dénoncé une violation flagrante de sa souveraineté.

On se demande s'il peut y avoir des représailles encore plus fortes et violentes des Etats-Unis. - G.Araud: Le régime iranien, malgré sa rhétorique un peu exaltée, est d'un très grand réalisme.

Il n'est pas suicidaire. A plusieurs reprises, il a su battre en retraite face à un ennemi plus grand que lui. Il sait qu'il a en face de lui toute la puissance américaine.

D'un côté, il devait répondre à l'humiliation. Les Américains ont bombardé sa capitale. Il avait déjà prouvé...

Il avait lancé deux salves de missiles sur Israël il y a quelques mois. Ca n'avait rien touché. S'ils l'avaient voulu, ils pouvaient faire mal.

La salve lancée a été entièrement interceptée. Ca ne me surprendrait pas s'ils n'avaient même pas codé les missiles pour permettre leur interception. Ca fait partie du ballet diplomatique.

Ils ont sauvé la face. La 2e étape, c'est: comment va réagir D.Trump?

Va-t-il accepter ce petit côté dentelle diplomatique, "je proteste, tu protestes et on arrête là", ou est-ce qu'il voudra vraiment prouver qu'il est le plus fort? Maintenant, c'est du côté américain que nous allons voir si on arrête là. C'est la preuve que les Iraniens veulent arrêter là. - E.Tran Nguyen: Ils veulent arrêter là...

L'Iran n'est pas seul. Il y a la Chine, voire la Russie. - R.Glucksmann: On sera tous d'accord là-dessus.

L'Iran est un facteur de déstabilisation immense. C'est le soutien à B.Al-Assad et les 500 000 morts en Syrie.

C'est le soutien au Hezbollah et au Hamas, aussi à la guerre de Poutine en Ukraine... - P.Cohen: Et aux actions terroristes à travers le monde. - R.Glucksmann: Tout l'enjeu, c'est comment on affaiblit suffisamment ce régime pour faire en sorte que ce régime, qui peut certes avoir des pratiques réalistes parfois, mais qui est quand même profondément idéologique, ne puisse pas se doter de l'arme nucléaire.

Quand vous avez une théocratie dotée d'une arme nucléaire, vous avez un problème. Même dans des régimes...

Le régime stalinien avait l'arme nucléaire. Staline ne pensait pas aller au paradis si les guerres nucléaire effaçaient son régime de la surface de la terre. Quand vous avez l'arme nucléaire, ça pose un problème majeur.

La question, c'est: comment vous faites pour obtenir ça? La seule force sans objectifs politiques...

A un moment, on fera appel à des gens comme vous, je suppose, pour aller discuter... - A.-E.Lemoine: A la diplomatie. - G.Araud: On avait atteint un accord.

Il faut reprendre la négociation. On pouvait espérer que D.Trump le fasse.

Il l'avait fait. Les Américains sont-ils capables de nouveau de s'asseoir à la table? Avec tout le respect que je porte aux Européens, on ne compte pas.

Les Iraniens sont réalistes. Trump ne veut pas des Européens. B.Nétanyahou ne veut surtout pas des Européens.

De nouveau, la clé du conflit, ce sont les Etats-Unis. Dernier point. On parle beaucoup du monde multipolaire.

D.Trump vient de nous prouver une fois de plus qu'il y a quand même un pôle qui compte beaucoup plus que les autres. - A.-E.Lemoine: Le pôle américain. - R.Glucksmann: C'est pour ça qu'il faut construire l'Europe puissance.

Sinon, on se fera marcher dessus continuellement par des puissances prédatrices. - A.-E.Lemoine: Merci, R.Glucksmann.

Dans un an, vous proposerez l'acte 2 de ces chantiers pour 2027. Je vous garde, G.Araud, pour la Story de M.Bouhafsi. ... - Et comment retrouver le goût de la vie?

Qui pourra remplacer leur besoin par l'envie? - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une soirée réjouissante qui avait tout pour être parfaite.

Samedi soir, Fête de la musique, 43 ans après sa naissance. Des centaines de concerts avaient lieu partout en France. A Paris, l'ambiance était la plus festive.

Tout avait pourtant bien commencé. ... ... ... ... ...

Malheureusement, la soirée a pris une autre tournure dans plusieurs villes en France. 371 personnes ont été interpellées au cours de la soirée, contre 326 en 2024. A Paris, 89 personnes ont été arrêtées.

Elles étaient 103 l'an dernier. Des grands magasins ont été pillés et des actes de vandalisme ont eu lieu. Ce sont surtout des bagarres qui ont émaillé la fin de la nuit. - Patate, à gauche!

Il a chaud! - M.Bouhafsi: Une crainte pesait sur cette soirée: la panique d'une vague de piqûres qui pourrait toucher les fêtards.

Ce phénomène est né en 2021 en Angleterre et a mis moins d'un an à s'implanter en France. Il s'agit de personnes qui piquent volontairement des cibles au hasard lors d'événements en France pour leur injecter des produits psychotropes et créer un vent de panique. 12 suspects ont été interpellés, soupçonnés d'avoir volontairement piqué des jeunes femmes.

A Angoulême, 4 personnes ont été arrêtées. Ils auraient piqué 50 personnes dans la même soirée. - Je vais aux urgences.

Je me suis fait piquer. Aidez-moi à comprendre ce qui se passe dans la tête de ces gens. Elles aimeraient que leur tante, leur soeur, leur mère se fassent piquer?

Avant moi, il y a une fille qui s'est fait piquer. Quand on te dit qu'il y en a tellement eu... - M.Bouhafsi: Les analyses sont toujours en cours sur les prélèvements effectués ce week-end.

Certains ne savent pas faire la fête proprement et calmement. On retiendra les images de ces rues jonchées par les détritus et les bouteilles de verre, ainsi que la lassitude des éboueurs. - Paris, c'est toujours comme ça.

Est-ce que ça vaut le coup de faire des fêtes? Après chaque fête, les éboueurs sont au bout de leur vie. Ca, c'est notre quotidien. - M.Bouhafsi: Cette fête aura entraîné la sortie de plusieurs millions de Français dans la rue, la plupart du temps de manière très calme et dans la fête.

A Marseille, D.Guetta a électrisé le Vélodrome. - D.Guetta: Je vous aime! ... - M.Bouhafsi: On retiendra aussi les sourires des touristes qu'on pouvait croiser dans les artères des grandes villes, notamment les Anglais.

Des milliers d'entre eux voulaient découvrir la Fête de la musique version française. Plus de 20 000 ont fait le déplacement samedi. La plupart sont repartis avec des souvenirs à vie. - M.Bouhafsi: Certaines critiques de l'extrême droite affluent ces dernières heures.

Le préfet de police de Paris a haussé le ton. - L.Nunez: La Fête de la musique a eu lieu à Paris, je vous le confirme.

Ca s'est bien passé. La Fête de la musique à Paris, c'est 800 événements recensés. L'augmentation de ces faits est sans rapport avec la densité des personnes que nous avions sur l'espace public ce soir-là.

Je ne peux pas laisser dire que cette Fête de la musique a été un désastre et un chaos. - M.Bouhafsi: Samedi soir, 18 000 concerts environ ont eu lieu en France.

Plus de un million de musiciens amateurs se sont produits dans notre pays. - A.-E.Lemoine: Quel regard vous avez sur cette fête? - G.Araud: C'est formidable.

La question, c'est tous ces bars qui beuglent de la musique très fort. Peut-être que ça prouve mon âge, mais ce n'est pas totalement l'esprit de la Fête de la musique. C'est quand même celui que chacun puisse faire de la musique, mais voilà... - A.-E.Lemoine: C'est la réflexion de l'ancien ambassadeur de France aux Etats-Unis et en Israël.

Tout de suite, le 5/5. - G.Araud: C'est ce que dit A.Caron. - A.-E.Lemoine: Les 2 chefs de l'Office anti-stupéfiants de Marseille sont en garde à vue. - L.Sénéchal: C'est ce qu'on appelle l'Ofast.

C'est un fleuron dans la lutte contre les narcotrafiquants. C'est dire le séisme provoqué par cette information. Les 2 plus hauts gradés en garde à vue, dans les locaux de l'IGPN, dans le cadre d'une enquête sur la disparition de 400 kg de cocaïne.

La police était au courant de l'arrivée d'une grande quantité de drogue en provenance de Colombie. Il a été décidé de laisser la drogue arriver pour surveiller ensuite son cheminement en France et démanteler un réseau important. Ca ne s'est pas du tout passé comme ça. - Cette marchandise a été transportée dans une camionnette.

Personne n'est venu chercher cette drogue. La police, au lieu d'arrêter l'opération et de détruire la drogue, a voulu faire en sorte de vendre la cocaïne par ses indics. Des indicateurs sont venus chercher petit à petit la drogue dans cette camionnette, hors de tout contrôle.

On n'a arrêté personne. La cocaïne a disparu. - L.Sénéchal: C'est donc un fiasco.

Reste à savoir si c'est dû à de l'incompétence ou à de la corruption. Dans cette affaire, 2 indics et 2 policiers de l'Ofast sont mis en examen, dont au moins un est en détention provisoire. - A.-E.Lemoine: Dans l'Aisne, c'est la piste de la bactérie Escherichia coli qui est confirmée. 6 commerces sont fermés. - L.Sénéchal: Une petite fille est morte.

Le plus jeune des enfants encore hospitalisés a un an et demi. Il est sous dialyse. Ils ont tous été infectés par la bactérie Escherichia coli.

La viande est concernée. Ce sont les boucheries et les rayons boucherie de 2 supermarchés qui ont été fermés. Ils n'ont pas de fournisseurs communs.

Ca rend l'enquête encore plus compliquée. Les autorités sanitaires recommandent de jeter la viande achetée entre le 1er et le 14 juin. Pas de quoi rassurer les habitants de Saint-Quentin. - A.-E.Lemoine: Après un 1er pic de chaleur, un répit sur une grande partie de la France. - L.Sénéchal: Pensée d'abord pour les habitants du Rhône et de l'Isère, toujours en vigilance orange.

A Lyon, la municipalité écologiste a mis une grande ombrière. - Je trouve ça très bien. Ce n'est pas forcément à mon goût, mais c'est très efficace. - Ca fait du bien d'avoir ça.

Ils auraient pu faire un truc un peu plus esthétique, je pense. - L.Sénéchal: Ce qui compte, c'est l'efficacité.

La chaleur doit revenir mercredi pour un nouveau pic. Ce samedi a été le 2e 21 juin le plus chaud jamais enregistré en France. Un enfer pour certaines professions, comme les boulangers à Paris. - Il faut que la pâte soit à une certaine température quand elle sort du pétrin.

Si jamais on est trop chaud...

Le seul paramètre qu'on peut modifier, c'est la température de l'eau. La température de l'air est là, la température de la farine aussi. On modifie la température de l'eau.

On met de l'eau froide ou on peut rajouter des glaçons. - L.Sénéchal: On met des glaçons dans l'eau du pétrin.

Les orages ont fait crever la canicule, avec un impact de foudre qui a même touché le clocher d'une église de l'Aveyron. Ca a brûlé une grande partie de la journée. - C'est le reste de la charpente et du clocher.

C'est tombé. Les pompiers l'ont dégagé pour pas que ça tombe sur quelqu'un. - Dès que j'ai vu les premières fumées, j'ai pleuré.

J'ai pleuré autant que j'ai pleuré pour la flèche de Notre-Dame. - L.Sénéchal: La grêle est de nouveau tombée avec fracas dans le Puy-de-Dôme, avec encore des grêlons d'une taille considérable.

Pendant ce temps, la Grèce brûle. Incendies très impressionnants sur cette île juste en face des côtes turques. Chios compte 30 000 habitants.

Les églises sur place sonnent pour alerter la population, comme ici, pour les pousser à évacuer. En Crète aussi, la saison des feux a commencé, avec aussi des images très impressionnantes. Aux Etats-Unis, un monstre de destruction s'est formé, une tornade gigantesque.

On ne la voit qu'à travers des éclairs. C'est dans le Dakota du Nord, pas très loin du Canada. 3 personnes ont été tuées dans le passage de cette tornade.

La zone est très rurale et très peu peuplée, ce qui a limité le bilan humain et les destructions. - A.-E.Lemoine: Au Royaume-Uni, les passagers d'un train en panne sont parvenus à se faire livrer à boire. - L.Sénéchal: Le réseau ferroviaire britannique est notoirement en mauvais état.

Il vient d'être renationalisé. Là, c'est l'équivalent londonien du RER. Le train est resté à l'arrêt en pleine canicule, en plein milieu des rails.

Les passagers ont réussi à faire venir un livreur, très sympa, très débrouillard. Apparemment, il est bon au baseball ou au javelot. Il a jeté les bouteilles d'eau jusqu'aux clients coincés sur le viaduc ferroviaire.

Brouhaha. - A.-E.Lemoine: Bienvenue en 2025!

Il est habile, ce livreur. - L.Sénéchal: La compagnie a présenté ses excuses.

Les passagers ont fini à pied pour rejoindre la gare la plus proche. - A.-E.Lemoine: Un Français remporte le plus grand championnat de basket au monde. - L.Sénéchal: La NBA.

C'est O.Dieng. Il a joué 6 minutes en tout sur l'ensemble des 7 matchs de la finale.

Bonne pioche, son club a remporté le titre. Le meilleur Français, c'est V.Wembanyama.

Il a regardé le match. Il était à Paris. Il demandait où on pouvait voir ce match décisif.

Il est toujours en convalescence, blessé à l'épaule. Comme il ne peut pas jouer au basket, il s'occupe comme il peut. Dernièrement, il a affronté 100 de ses fans aux échecs.

Ils se sont relayés pour jouer chacun un coup contre V.Wembanyama. Il adore les échecs.

Est-ce qu'il a gagné? - A.-E.Lemoine: Je pense que oui. - L.Sénéchal: Bah oui. - L.Sénéchal: Il ne fait pas seulement des échecs.

Il a fait une retraite aussi discrète que remarquée dans un temple shaolin. Pour la 1re fois, il est revenu sur son expérience. - L.Sénéchal: Wemby est toujours incertain pour l'Euro qui débute le 27 août.

R.Gobert est forfait. - A.-E.Lemoine: On finit avec l'éclosion exceptionnelle d'un phallus de Titan. - L.Sénéchal: On parle d'une fleur.

C'est l'une des plus grandes au monde. Il en existe une à Nancy. Ca ne fleurit qu'une fois tous les 2 ans.

Ca ne dure que quelques dizaines d'heures. 30 000 personnes en 2023 s'étaient réunies au jardin botanique de Nancy pour le même spectacle. Dans les fleurs, ce qui importe, c'est le parfum. - Normalement, ça doit sentir le cadavre.

Pour l'instant, ça sent le fromage. Ce n'est pas plus mal. - Ayant vécu à côté d'une station d'épuration dans ma jeunesse, ça va. - Ca commence à sentir un peu la viande périmée. - Je sors de mes partiels et je suis venu direct pour voir ça. - P.Cohen: C'est pas beau et ça pue? - L.Sénéchal: Mais c'est rare.

Le parfum est assez rare aussi. - A.-E.Lemoine: Merci pour cette explosion de phallus de Titan... - L.Sénéchal: C'est un arôme. - A.-E.Lemoine: Un commentaire, monsieur l'ambassadeur? - G.Araud: Je préfère passer. - A.-E.Lemoine: Merci d'avoir accepté ce soir notre invitation.

C'est toujours un plaisir d'avoir votre regard sur l'actualité internationale. Dans un instant, Soprano à l'affiche d'un film, d'une comédie familiale, "Marius et les Gardiens de la cité phocéenne".

Frappes américaines : l’Iran menace d’infliger de "lourdes conséquences" aux États-Unis. — Raphaël Glucksmann · Pourquijevote