Entretien d'actualité n°77 - 26/06/2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Invité politiqueFait
« Nous avions exprimé nos doutes sur la responsabilité de l'Iran face à ces attaques de ces navires dans le détroit d'Ormuz au débouché du golfe Persique, au moment où ils entrent dans la mer d'Oman. »
- 1:42Invité politiqueChiffre
« Je crois : les îles Marshall et le Panama, quelque chose comme ça. Mais l'un était un navire norvégien. L'autre était un navire japonais. »
- 2:24Invité politiqueFait
« Ce sont des drones qui font plusieurs mètres de long, des drones extrêmement sophistiqués. Qui a été abattu par les forces armées iraniennes. »
- 3:52Invité politiqueFait
« Le général iranien s'est payé le luxe – si l'on peut dire – de dire qu'ils auraient pu abattre également le Boeing P-8 américain qui accompagnait le drone. »
- 8:43Invité politiqueFait
« Personnellement, je me réjouis, d'ailleurs. Il faut de temps en temps reconnaître lorsque quelque chose n'est pas mal fait. »
- 10:52Invité politiqueFait
« L'ensemble des musulmans du monde ferait bloc – chiites ou sunnites, peu importe – derrière l'Iran en cas d'attaque. »
- 19:07Invité politiqueFait
« Le secrétaire général de la Commission européenne s'appelle Martin Selmayr. C'est un Allemand. »
- 23:13Invité politiqueFait
« Les Français, quand ils vont à la Commission européenne ou quand ils vont... Ils veulent toujours avoir le n°1, voilà. Sinon, le reste les intéresse pas. »
- 27:24Invité politiqueFait
« Mme Lagarde parle un anglais absolument parfait. Elle a passé toute sa carrière, d'ailleurs, dans un cabinet d'avocats américain : Baker McKenzie, avant d'être nommée au gouvernement français. »
- 29:21Invité politiqueChiffre
« Les 160 000 ou 170 000 adhérents du Parti conservateur qui vont voter dans le courant du mois de juillet. »
- 34:14Invité politiquePromesse
« Nous avons la conviction que ça se passera bien, qu'au bout de quelques semaines ou quelques mois, les choses se passeront très bien. »
- 34:56Invité politiqueFait
« La Cour des comptes en France vient de tirer pour la (n+1)ème fois la sonnette d'alarme quant aux finances publiques françaises. »
- 45:12Invité politiqueChiffre
« Il y a eu au moment où je parle 55 personnels des forces de l'ordre, dont 35 policiers nationaux, mais aussi des policiers municipaux, mais aussi des personnes en uniforme pour telle ou telle police, ou tel ou tel service de sécurité public, 55 personnes qui se sont suicidées depuis le début de l'année ! »
Temps de parole
- François Asselineau100 %
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{Bonjour François Asselineau. Nous sommes le 26 juin. Et je commencerai par la première question : avez-vous des informations sur la situation en Iran ?} Bonjour à toutes et à tous pour cet entretien d'actualité n°77. Je vous remercie d'être fidèle au rendez-vous. La reprise des entretiens d'actualité que nous avons décidée après la campagne des élections européennes... Le dernier entretien que nous avons fait a bien marché. On en est à plus de 80 000 vues au moment où je parle. Il y a une véritable attente.
Et je remercie toutes les personnes qui m'ont envoyé des messages de remerciements, de félicitations, d'encouragements pour ces entretiens d'actualité qui nous permettent de faire le point. Alors sur l'Iran, sur l'Iran, j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer. Nous avons déjà fait un communiqué de presse sur l'Iran, où l'on demandait notamment au gouvernement français de faire preuve de la plus extrême prudence face aux allégations américaines, notamment sur ces affaires d'attaque contre des navires pétroliers battant pavillon de complaisance... Je crois : les îles Marshall et le Panama, quelque chose comme ça. Mais l'un était un navire norvégien. L'autre était un navire japonais.
Je rappelle que nous avions exprimé nos doutes sur la responsabilité de l'Iran face à ces attaques de ces navires dans le détroit d'Ormuz au débouché du golfe Persique, au moment où ils entrent dans la mer d'Oman. Nous avions exprimé nos doutes, parce qu'on voit pas très bien quel était l'intérêt de l'Iran de faire ces attaques, surtout sur un pétrolier, un méthanier japonais – je crois – au moment même où Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, était en visite officielle en Iran, ce qui représentait pour le régime de Téhéran une victoire diplomatique. Donc l'intérêt de Téhéran était absolument nul en la matière. Alors vous avez vu la suite des événements.
C'est-à-dire qu'on a appris que l'Iran a abattu un drone américain. Et puis pas rien. C'est pas un petit drone comme on achète chez nous pour faire des photos de sa maison de campagne vue de haut. (Drone RQ-4 Global Hawk) Ce sont des drones qui font plusieurs mètres de long, des drones extrêmement sophistiqués. Qui a été abattu par les forces armées iraniennes. Le Pentagone, la Maison Blanche ont confirmé qu'un drone américain avait été abattu. Les Américains ont dit que c'est un scandale, parce que ça avait été abattu au sud du domaine international. Les Iraniens ont dit que pas du tout, le drone était entré dans l'espace aérien iranien.
Et force est de constater que les Iraniens ont été en mesure de présenter à la presse internationale les restes de ce drone, ce qui prouve quand même qu'il était probablement soit au-dessus du territoire iranien, soit effectivement dans les eaux territoriales iraniennes, puisqu'il a été facilement repêché. On a appris d'ailleurs au passage que, sauf erreur de ma part, le gouvernement russe a confirmé que le drone américain se trouvait bien au-dessus de l'espace aérien iranien.
Et on a appris également par la voie de l'un des généraux iraniens en question, chargé de la protection du territoire iranien, que – paraît-il – ce drone était accompagné d'un nouvel avion américain, qui est un Boeing P-8, (Boeing P-8 Poseidon) qui remplace les anciens Orion P-3, et que le Boeing P-8, qui est un avion militaire, était le premier avion au monde à être chargé d'accompagner des drones. Et le général iranien s'est payé le luxe – si l'on peut dire – de dire qu'ils auraient pu abattre également le Boeing P-8 américain qui accompagnait le drone. Mais il y avait 35 personnes à bord de cet avion. Et donc les Iraniens n'ont pas voulu une escalade.
S'il y avait eu 35 morts, il eût été certainement très difficile au gouvernement américain de ne pas intervenir militairement si un avion américain avait été abattu avec 35 soldats américains à bord par les Iraniens. Je crois que là, c'eût été un casus belli, comme on dit. Et les Américains seraient intervenus. Or, les Iraniens, qui sont des gens subtils...
Faut jamais oublier que l'Iran, c'est une civilisation qui a 2 500 ans d'âge, et que la diplomatie iranienne, c'est une diplomatie particulièrement subtile, que les forces armées iraniennes sont des forces qui sont très solidement entraînées, que d'ailleurs l'Iran subit – semble-t-il – des cyberattaques depuis des années, et (NDLR : qu'il) les subit vaillamment. Donc au total, les Iraniens ont finalement très bien joué dans cette affaire, puisqu'ils ont abattu le drone américain sans abattre l'avion d'accompagnement, afin de ne pas pousser les États-Unis à intervenir, à faire monter la pression et à intervenir militairement. Alors qu'est-ce qu'on peut en tirer pour l'instant ?
Moi, je ne suis pas dans tous les secrets. Ce que je vois, moi, en tout cas, c'est que si on regarde les choses en face, en fait, les Américains ont quand même subi un échec. Ils ont subi un échec. Ils apparaissent devant le monde entier comme quand même étant un pays provocateur. Que ne dirait-on pas s'il y avait un drone iranien qui était à quelques kilomètres de Washington ou de New York ou au-dessus de l'océan Atlantique ? Là, je vois bien que tout le monde trouverait normal que la chasse américaine attaque et abatte ce drone iranien. Donc là, ils se sont quand même placés dans leur tort... Il me semble. Il me semble que personne ne peut en disconvenir.
J'ajoute que les Américains ont montré qu'ils étaient lents à la réponse. Donald Trump a tempêté. Il a dit que c'était un grand tort qu'avaient fait les Iraniens. Mais enfin... Voilà. Alors les experts se perdent en conjectures. Est-ce que c'est vraiment Donald Trump qui a été à la manœuvre ? Vous savez qu'il a fait savoir qu'il avait donné un ordre d'attaque, et puis que (NDLR : 10 minutes après), il l'avait décommandé. On sait pas si c'est du bluff, si c'est vrai. Enfin dans tous les cas, il n'y a rien eu. Est-ce que c'est Donald Trump lui-même qui était à l'origine de l'attaque ?
Vous savez que certains observateurs considèrent qu'il y a différents centres de pouvoir aux États-Unis d'Amérique et que Trump n'est que l'un des centres de pouvoir, qu'il y aurait une espèce de latitude d'action que se seraient attribués les militaires, la CIA et j'en passe, et qui auraient placé Trump dans une certaine difficulté, et que Trump, faute d'avoir – peut-être, peut-être : c'est une hypothèse – commandité ça, pour ne pas perdre la face au niveau mondial, est obligé d'avaliser quelque chose contre lequel il était. Je ne sais pas. Je ne sais pas. En attendant, en attendant, affaire évidemment à suivre.
Mais on a quand même le sentiment que les États-Unis ne vont pas sortir grandis de cette affaire, que les États-Unis ont montré qu'ils étaient la puissance provocatrice, que les Iraniens ont montré qu'ils étaient capables d'abattre un drone extrêmement sophistiqué des États-Unis. Mieux encore : qu'ils étaient capables de faire une attaque chirurgicale en réponse à l'attaque, et d'abattre le drone sans attaquer l'avion. Les Iraniens ont eu le soutien implicite ou explicite de la Russie et de la Chine. C'est quand même les deux grandes puissances au Conseil de sécurité des Nations unies. Et puis moi, j'observe également le silence, l'extrême prudence des gouvernements européens.
Je n'ai pas beaucoup entendu les gouvernements français, allemand, italien se manifester pour soutenir l'action américaine. Ce qui est une autre gifle, d'ailleurs, vis-à-vis de Donald Trump. Il est vrai que celui-ci a dit que de toute façon, il n'en avait rien à faire de l'avis des Européens. Enfin c'est quand même... Les États-Unis apparaissent dans cette affaire comme en plus de ça assez isolés. Personnellement, je me réjouis, d'ailleurs. Il faut de temps en temps reconnaître lorsque quelque chose n'est pas mal fait. Moi, je me réjouis de voir que le gouvernement français n'a pas embouché les trompettes de la guerre venues de Washington et est resté prudemment.
C'était d'ailleurs ce que nous avions suggéré dans nos communiqués de presse. Dans un article, j'avais même demandé, suggéré que la France prenne l'initiative de convoquer une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur cette affaire, et en demandant d'ailleurs de pouvoir auditionner Seymour Hersh, ce journaliste dont j'avais parlé la dernière fois qui, il y a – je crois – 11 ans, en 2008, avait publié un article dans un journal new-yorkais où il expliquait que selon les rumeurs circulant à la CIA, la CIA avait étudié un projet d'attaque sous faux drapeau de navires franchissant le détroit d'Ormuz.
Cette attaque aurait été faite par les Américains et aurait été imputée fallacieusement aux Iraniens. C'est quand même assez extraordinaire que ce projet ait été dévoilé, publié en 2008 dans ces colonnes d'un journal américain par ce journaliste. J'avais également suggéré que l'on puisse auditionner au Conseil de sécurité l'armateur japonais qui avait complètement démenti la version américaine des faits. Voilà où nous en sommes. Aujourd'hui même, 26 juin, on a quand même le sentiment que l'affaire ne va pas aller beaucoup plus loin, que les Américains vont renforcer les sanctions... Mais renforcer les sanctions... À chaque fois, ils disent qu'ils vont renforcer les sanctions économiques.
Mais bon, ça va quand même avoir une limite. On a l'impression quand même que les Américains n'ont pas envie de se frotter à l'armée iranienne. Ils n'ont pas non plus forcément envie de mettre à feu et à sang... Du moins, il y a – j'espère – dans les allées du pouvoir aux États-Unis des gens qui sont suffisamment raisonnables pour ne pas avoir envie de mettre le Moyen-Orient à feu et à sang, et au passage de... L'ensemble des musulmans du monde ferait bloc – chiites ou sunnites, peu importe – derrière l'Iran en cas d'attaque. Ce serait vraiment un dérapage extraordinairement grave.
Je voudrais conclure en disant qu'il se trouve que le communiqué de presse que nous avons publié n'est pas passé inaperçu. Dans la presse française, bien sûr, les médias français ne l'ont pas repris. Mais nous savons que beaucoup d'entre eux l'ont lu. En revanche, ça n'est pas passé inaperçu dans la presse iranienne. Et la radio-télévision iranienne officielle IRIB est venue m'interroger.
Alors ça a été publié, diffusé dans le journal de grande diffusion sur la chaîne de radio et de télévision iranienne, où ils nous ont passé un petit passage qu'on va voir dans un instant, montrant qu'il y a en France des Français qui essayent de faire prévaloir ce qui est quand même le bon sens et la modération. On va regarder ce passage qui dure – vous allez voir – une trentaine de secondes. (Voix hors champ en persan) {Que les Américains nous ont habitués depuis maintenant au moins un demi-siècle à avoir des informations qui sont de fausses informations.} (Voix hors champ en persan) Bon alors je ne fais pas la traduction. Tout le monde a compris l'iranien, le persan.
Bon, en gros, ce que j'avais dit, c'est... Je reprenais à peu près les termes du communiqué, qui était un communiqué qui était – je pense – très bien équilibré. Nous ne prenons pas parti pour l'Iran contre les États-Unis. Simplement, nous essayons comme toujours à l'UPR de faire prévaloir la justice internationale. Or, je suis désolé, mais la justice internationale, en l'espèce, elle donne plutôt raison à l'Iran qu'aux États-Unis. L'Iran peut légitimement estimer avoir été attaqué. Il y a quand même des preuves tangibles qui sont sur le tapis. Par ailleurs, les témoignages, comme je le disais tout à l'heure, vont plutôt dans le sens de l'Iran.
Et donc nous, nous demandons que la France fasse prévaloir comme d'habitude le droit international, c'est-à-dire par l'intermédiaire des Nations unies. {Que se passe-t-il maintenant avec le nouveau Parlement européen ?} Ah ! Alors nous voici aux affaires européennes. Je rappelle pour ceux qui l'auraient oublié que lorsqu'un nouveau parlement est élu tous les 5 ans, la Commission européenne précédente, son mandat s'achève, et une nouvelle commission doit être nommée. C'est-à-dire ça commence par le nouveau président de la Commission.
Vous savez que le président sortant, c'est Jean-Claude Juncker, de célèbre mémoire, l'ancien Premier ministre luxembourgeois qui a défrayé la chronique par de nombreuses facéties et d'autres choses beaucoup moins drôles. Et en particulier, qui avait aussi défrayé la chronique à cause de ses sciatiques à répétition, sciatiques qui étaient – semble-t-il – d'après la rumeur publique assez largement motivées par une consommation déraisonnable et matinale de Chivas Regal, de whisky. Alors il semble, il semble que la nouvelle Commission... Les chefs d'État et de gouvernement ne veulent plus de Juncker. Voilà. Ils ont pas envie de le voir en double, si j'ose dire. Il a fait un mandat.
Il pourrait être renouvelé. Je rappelle par exemple que Barroso le Portugais avait fait deux mandats de 5 ans. La Commission a été renouvelée. Il y avait eu la commission Barroso I et la commission Barroso II. On avait eu jadis deux fois Jacques Delors. Là, il semble que Juncker une seule fois, ça suffit, et que... Donc les chefs d'État et de gouvernement ont décidé d'avoir un nouveau président de la Commission européenne. Seulement, voilà, qui ? Et alors c'est à ce moment-là qu'apparaît la grande amitié entre les États membres d'Europe. Ça fait penser du temps de l'URSS : on parlait de la franche camaraderie entre les pays du pacte de Varsovie. Tout le monde se détestait là-dedans.
Il y avait Brejnev qui donnait des instructions à Honecker en RDA, Ceausescu en Roumanie, à Todor Jivkov en Bulgarie, etc., etc., Gierek en Pologne. Tout le monde se tirait dans les pattes. Mais les sommets se terminaient toujours par une atmosphère de franche camaraderie. Bah là, l'atmosphère de franche camaraderie... Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle prévaut en ce moment en Europe. En fait, tout le monde a sorti les fusils pour tirer. Pourquoi ? Parce que figurez-vous que Mme Merkel, la chancelière d'Allemagne, se verrait bien avec à la tête de la Commission européenne un Allemand qui est M. Manfred Weber, qui est à la tête du principal groupe au Parlement européen.
Mme Merkel verrait donc bien que le président de la Commission européenne fût un Allemand. Il faut dire qu'il n'y en a pas eu depuis le premier président de la Commission européenne, le célèbre Walter Hallstein, le célèbre Walter Hallstein dont on sait maintenant qu'il était... Enfin vous savez toute cette affaire, qu'il donnait des cours de national-socialisme dans les années 40 aux officiers supérieurs de la Wehrmacht. On aura l'occasion d'y revenir le moment venu. Depuis Walter Hallstein, qui avait dégagé donc en 1966 sous la pression de De Gaulle, eh bien il n'y avait plus de président de la Commission européenne qui soit allemand.
Donc les Allemands voudraient un président de la Commission qui soit allemand, et pourquoi pas Manfred Weber. Ça serait logique, d'ailleurs, que ce soit lui, puisqu'il fait partie de ce système dit des Spitzenkandidaten, c'est-à-dire... « Spitz », c'est la pointe. Les candidats en pointe. C'est un système qui avait été organisé par l'inénarrable François Hollande, qui avait trouvé ça formidable. C'était un progrès de la démocratie. Les groupes au Parlement européen présentaient un candidat. Et les chefs d'État et de gouvernement tombaient d'accord pour retenir le candidat présenté par le groupe le plus étoffé au Parlement européen.
Ça nous avait été présenté en 2014 comme le fin du fin, le progrès, la démocratie, on allait voir ce qu'on allait voir. Patatras ! M. Macron ne veut pas d'un successeur allemand à M. Juncker. Pour le coup, je vais soutenir Macron. Vous allez dire que, décidément... Oui, lorsque Macron fait des choses qui sont bien, je vais pas dire que c'est mal parce que c'est Macron. Pourquoi est-ce que Macron a raison ? D'ailleurs, il est pas le seul. Les Espagnols sont également contre, etc. Parce que les Allemands ont une fâcheuse tendance à vouloir placer des Allemands absolument partout dans l'édifice européen.
Il faut savoir qu'au Parlement européen, il y a un homme très puissant que personne ne connaît – vous savez, les hommes qui sont dans l'ombre – qui est le secrétaire général du Parlement européen. Les secrétaires généraux, ce sont ceux qui font en général marcher toute la machinerie administrative. Eh bien le secrétaire général du Parlement européen s'appelle Klaus Welle. C'est un Allemand. Il est présent depuis 10 ans. Son adjoint, le secrétaire général adjoint du Parlement européen, est également un Allemand. Ça n'est pas tout. Le secrétaire général de la Commission européenne, qui est un homme extrêmement puissant... C'est un du sérail, comme on dit.
C'est un haut fonctionnaire qui a passé des années. C'est pas un politique. Il connaît tous les dossiers. C'est pas comme M. Juncker, qui – voilà – entre deux cocktails mondains, entre deux ou trois verres d'alcool, supervisait les dossiers. Là, il y a quelqu'un de solide. Le secrétaire général de la Commission européenne s'appelle Martin Selmayr. C'est un Allemand. Il a été parrainé d'ailleurs par un autre Allemand qui s'appelle Elmar Brok, une espèce de parrain de la CDU-CSU qui règne au Parlement européen, qui est un Allemand. Martin Selmayr, qui d'ailleurs a été imposé en violant un certain nombre de règlements de la Commission européenne. Ça a fait grincer beaucoup de dents.
Et il y a même eu d'ailleurs des critiques officielles qui ont été faites contre cette nomination de ce M. Martin Selmayr. S-E-L-M-A-Y-R, retenez bien ce nom. C'est l'homme le plus puissant de l'UE. Et personne ne le connaît. Et il est allemand. Ça n'est pas tout. Il y a également un Service européen (NDLR : pour l'action extérieure), dont le secrétaire général s'appelle Mme Helga Schmid. Figurez-vous qu'elle a une particularité. C'est une Allemande. Il y a également la direction du Parlement, qui coordonne l'ensemble des travaux législatifs.
Et dans cette direction, eh bien figurez-vous que des gens ont pointé, se sont intéressés quand même à savoir quel poste était attribué à quelle nationalité. On a découvert que dans cette direction qui coordonne les travaux législatifs du Parlement, qui est l'une des plus puissantes du Parlement européen, deux tiers des directeurs sont allemands, et trois cinquièmes des chefs de bureau sont allemands. C'est quand même beaucoup, alors qu'il y a 28 États membres dans l'UE. Bien entendu, les Français, en général, brillent par leur absence, puisque les Français sont un peuple qui n'est pas à l'aise avec le système du lobbying. Et puis les Français... C'est bien connu.
Ça fait partie de plaisanteries qui circulent à Bruxelles. Les Français, quand ils vont à la Commission européenne ou quand ils vont... Ils veulent toujours avoir le n°1, voilà. Sinon, le reste les intéresse pas. En revanche, le travail qui est fait au quotidien à niveau moyen, pour ne pas dire subalterne, mais disons un niveau moyen de préparation des décisions, c'est là qu'il y a les choses les plus importantes. Eh bien tout ça est trusté en fait par les Allemands, l'était également beaucoup par les Britanniques.
Alors tout ceci, la cerise sur le gâteau, c'est que Mme Merkel, l'appétit de Mme Merkel ne s'arrête pas là, puisque non seulement avec tous ces postes détenus par des Allemands, elle voulait y ajouter le président de la Commission européenne à la place de Juncker, M. Manfred Weber, mais de surcroît, elle voudrait également que le successeur de Mario Draghi, qui va bientôt quitter ses fonctions à la tête de la BCE, eh bien soit M. Weidmann, l'actuel président de la Bundesbank, c'est-à-dire un Allemand. Même Macron commence à avoir la moutarde qui lui monte au nez. Et il n'est pas le seul.
Il n'est pas le seul parce que beaucoup de pays, notamment – je vous dis – les Espagnols, les Italiens aussi – je crois – commencent à trouver que c'est quand même pour le moins indélicat que l'Allemagne essaye de truster tous les postes. Alors là, je voudrais m'adresser à tous les eurolâtres, les : « Il faudrait que », « Y'a qu'à », « Il faut qu'on », « Il faut plus de volonté européenne », gnagni, gnagni, gnagna, tous ces Français naïfs qui ne connaissent rien aux institutions européennes et qui sont d'une naïveté confondante. C'est à en pleurer. Qui croit que les autres peuples sont comme eux ? Non.
Les Français, ils sont là, la fleur au fusil, ils sont là, ils rêvent, ils rêvent éveillés. Et pendant ce temps-là, vous avez des nationalités qui, elles, visent leurs intérêts. Comme le disait Charles de Gaulle : en politique internationale, les États n'ont pas d'amis. Ils n'ont que des intérêts ». Et les Français qui l'ont oublié, qui sont en train d'emmener notre pays au désastre, eh bien vont avoir comme c'est souvent le cas dans toute notre histoire un réveil cruel.
Le réveil cruel, on le voit d'ores et déjà : l'Allemagne a trusté un très grand nombre de postes de responsabilité dans les institutions européennes : à la BCE qui d'ailleurs est à Francfort avec un chef économiste qui est allemand, à la Commission européenne, également au Parlement européen. Ils en veulent toujours, toujours et encore plus. Et quand ça n'est pas des Allemands, eh bien ce sont des gens qui sont dans l'influence culturelle allemande : des Luxembourgeois, des Néerlandais ou des Finlandais, par exemple, c'est-à-dire des gens qui partagent la même vision des choses que l'Allemagne.
Pour le reste, les pays d'Europe du Sud, on leur donne des commissaires européens qui sont sans grand pouvoir et sont tout à fait mis de côté. Alors voilà où l'on en est. Les couteaux sont tirés au sein des institutions européennes. M. Macron, maintenant, est en très mauvais termes, en fait, avec Mme Merkel. Je rappelle au passage que Macron, notre grand eurolâtre, notre grand pro-européen, qui nous a fait des programmes de relance de l'Europe, eh bien comme d'ailleurs Mme Loiseau – j'en parlais la dernière fois –, M. Macron, maintenant, est en fait assez détesté à travers toute l'Europe. Il est en froid avec Mme Merkel. Ils se sont écharpés sur l'affaire de Manfred Weber.
Macron a tapé du poing sur la table, ce qui est la première fois – je crois – que ça lui arrive. Donc il n'y aura pas Manfred Weber. Donc du coup, Mme Merkel a dit : « Puisque vous ne prenez pas un Allemand, je ne veux pas de votre Français », puisque Macron voulait pousser Michel Barnier... Mme Merkel a fait savoir que Michel Barnier, qui a 68 ans, lui paraissait trop âgé, qu'il fallait une nouvelle génération. Donc il n'y aura sans doute pas Michel Barnier. Macron a également dit non, d'ailleurs, aux autres Spitzenkandidaten, notamment la Danoise qui était Margrethe Vestager. Bref, il y a une situation de blocage qui, maintenant, s'est imposée.
Et aux dernières nouvelles, ça sera décidé le 30 juin. Ils n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur le nouveau nom de la Commission européenne. Un nom circule. On va voir. Pas forcément une idée à négliger. C'est qu'un nom circule, qui serait celui de Mme Christine Lagarde comme présidente de la Commission européenne. Évidemment, ça aurait plusieurs mérites. D'abord, c'est une femme. Donc tout le monde serait là à acclamer : « Ah, enfin, on a une femme comme présidente de la Commission européenne ». Donc déjà, les analyses des gens s'arrêteraient là, comme si un sexe était la chose la plus importante en matière de définition d'une politique européenne.
La deuxième chose, c'est que Mme Lagarde, paraît-il qu'elle a tapé dans l'œil de Mme Merkel, parce que Mme Lagarde, qui est actuellement directrice générale du FMI, est une espèce de vestale de la rigueur financière et monétaire. Et donc ça convient bien à Mme Merkel. Donc Mme Merkel serait d'accord pour donner une satisfaction de façade à la France en nommant Christine Lagarde à la présidence de la Commission européenne. J'ajoute que Mme Lagarde parle un anglais absolument parfait. Elle a passé toute sa carrière, d'ailleurs, dans un cabinet d'avocats américain : Baker McKenzie, avant d'être nommée au gouvernement français.
Je signale au passage – en tout cas, c'est quelque chose qu'il serait intéressant d'avoir à l'esprit – que des rumeurs insistantes circulent sur le fait que Mme Lagarde aurait également la nationalité américaine. Alors évidemment, si Mme Lagarde, en fait, est une Américaine... Puisqu'en fait, elle a quitté la France... Elle a passé – je crois – 3 fois le concours de l'ENA. Elle ne l'a pas obtenu. Donc elle est allée chercher fortune ailleurs. Elle est allée aux États-Unis. Elle a été promue dans ce cabinet d'affaires américain Baker McKenzie par... Je crois que c'est Dick Cheney, l'ancien vice-président des États-Unis. Elle fait partie de l'establishment américain.
Et si elle n'a pas stricto sensu la double nationalité française et américaine, mentalement, on peut dire qu'elle est au moins autant américaine que française, ce qui permettrait évidemment de donner carte blanche à une femme qui a blanchi sous le harnais des États-Unis et du FMI. Ça serait bien à tort que les Français se féliciteraient d'avoir comme président de la Commission européenne une Française. Ça, je le vois d'ici, d'ailleurs, tous les journaux se gargarisant pour le pauvre peuple français qui ne comprendrait rien, qui se diraient qu'il aurait une fierté nationale.
Non, parce que Mme Lagarde, en fait, poursuivrait et accentuerait sans doute la politique totalement antisociale et totalement récessive de la Commission européenne pendant encore 5 ans. L'Histoire va nous apprendre ce qui va arriver dans la suite des événements. {Question habituelle : où en est-on du Brexit ?} Alors le Brexit, vous l'avez sans doute vu dans la presse, il y avait eu 10 candidats au poste de Premier ministre pour succéder à Mme Theresa May. Theresa May, donc, qui est toujours Premier ministre, mais qui a démissionné de son poste à la tête du Parti conservateur le 7 juin dernier.
Et on a appris hier que le prochain Premier ministre sera donc choisi entre Boris Johnson d'une part et Jeremy Hunt d'autre part. Boris Johnson a été le premier ministre des Affaires étrangères du gouvernement May. Quand il avait démissionné, c'est Jeremy Hunt qui lui avait succédé au poste de ministre des Affaires étrangères. Et ce sont les quelques 160 000 adhérents du Parti conservateur... Ça prouve qu'il y a beaucoup d'adhérents dans les partis politiques britanniques. Je suis sûr qu'il y a loin d'avoir le même nombre d'adhérents dans les partis politiques français. Les 160 000 ou 170 000 adhérents du Parti conservateur qui vont voter dans le courant du mois de juillet.
Les votes seront arrêtés (NDLR : le 22 juillet) aux alentours de 16 heures, si j'ai bien compris. Et les résultats seront annoncés le 23 juillet. Il va donc falloir que les électeurs, les membres du Parti conservateur britannique choisissent entre Boris Johnson, qui a été une des figures de proue du Brexit, du référendum en faveur du Brexit, et qui s'est déclaré au cours des dernières semaines en faveur d'un Brexit dur, comme on dit, c'est-à-dire éventuellement un Brexit sans accord, mais qui s'est engagé absolument fermement et formellement à ce que le Royaume-Uni soit sorti de l'UE pour le 31 octobre prochain, puisque c'est la nouvelle date qui avait été fixée par Mme May.
Et puis ils ont à choisir entre lui et Jeremy Hunt, qui – lui – avait fait campagne contre le Brexit à l'époque du référendum et qui, depuis... Jeremy Hunt, en fait, c'est un nouveau Theresa May. C'est-à-dire qu'il est là, il a peur de son ombre. « Oui, mais faut négocier ». Il a dit qu'il faudrait peut-être reporter encore aux calendes. Il faut donc en fait que les Britanniques... Pas les Britanniques, les adhérents du Parti conservateur... Les institutions britanniques sont quand même complètement chinoises.
Que ce sont les adhérents du Parti conservateur qui décident entre les deux lignes, entre le Brexit de Boris Johnson et le truc : on se perd dans les sables, comme le delta du Kalahari au Botswana. Vous savez, ce fleuve qui disparaît comme ça, on sait pas où il passe. On ne sait pas où va Jeremy Hunt. C'est ça qu'il va y avoir comme sujet. Il faut espérer bien sûr que c'est Boris Johnson qui va être choisi, pour que cette affaire soit définitivement tranchée. Ça fait quand même maintenant plus de 3 ans. On a fêté il y a quelques jours le 3e anniversaire du référendum sur le Brexit. C'est un total déni de démocratie.
Et d'ailleurs, les élections européennes au Royaume-Uni ont montré la formidable poussée du Parti du Brexit de Nigel Farage, qui montre l'exaspération d'une partie significative de l'électorat britannique, qui ne décolère pas à l'idée de voir que son vote n'a toujours pas été suivi des faits. Il faut bien entendu imaginer, prévoir que tout va être fait – je dis bien tout – par les médias mainstream au Royaume-Uni comme ailleurs pour promouvoir Jeremy Hunt et pour essayer de démolir Boris Johnson. Ça a d'ailleurs commencé il y a 48 heures. On a appris d'un seul coup que M. Boris Johnson, qui a une amie... Voilà, je crois qu'il est plus ou moins séparé de son ancienne femme.
Il vit avec une femme. Et il y a eu – paraît-il – une dispute dans le ménage. Il y a eu des horions qui se sont échangés. Et ceci est sorti dans la presse britannique d'un seul coup, comme si M. Boris Johnson était quelqu'un qui, dans la vie privée, était épouvantable. Je me suis un petit peu renseigné. Je vous suggère d'aller, pour ceux que ce genre de faits divers intéresse... Mais c'est un fait divers qui a quand même une importance politique, parce que ça participe d'une volonté de démolition de Boris Johnson.
Alors j'ai découvert en lisant le Daily Telegraph, qui est donc le grand journal conservateur pro-Brexit, qu'en réalité, les gens qui ont appelé la police contre Boris Johnson, qui habitent dans le même immeuble que lui, sont en fait... Il y a une réalisatrice – je crois – de spectacles. Et ce sont des membres du Parti travailliste, d'ardents opposants non seulement au Parti conservateur, mais opposants au Brexit. Il paraît même que ces gens ont enregistré la dispute de ménage qu'ils ont entendue et qu'ils ont envoyé les bandes d'enregistrement au Guardian, c'est-à-dire le grand journal de gauche britannique.
Voilà où l'on en est à essayer de faire les rumeurs les plus sordides pour essayer de nuire à Boris Johnson. Je pense qu'on va tout voir, parce que l'enjeu est évidemment un enjeu fondamental. Vous imaginez bien qu'un certain nombre de possédants, un certain nombre d'européistes sont tétanisés à l'idée de voir Boris Johnson arriver au 10 Downing Street, parce que s'il y a une sortie de l'UE par le Royaume-Uni sans accord, ça veut dire une ardoise potentiellement de quelque 40 milliards d'euros qui serait laissée aux autres pays membres de l'UE. Et je signale au passage que la France a des enjeux financiers considérables derrière cette affaire.
Nous, nous sommes en faveur de Boris Johnson, parce que nous sommes en faveur du Brexit et de la démocratie, et parce que nous savons que si le Royaume-Uni sort de l'UE par un Brexit sans accord, nous avons la conviction que ça se passera bien, qu'au bout de quelques semaines ou quelques mois, les choses se passeront très bien. Et ça sera un phénomène qui sera politiquement extraordinairement important, notamment pour nous, l'UPR, qui est le parti du Frexit. C'est nous, le parti du Frexit en France. Donc c'est pour nous très important.
Mais il faut savoir que lorsque le Royaume-Uni sortira, surtout s'il n'y a pas d'accord, ça va avoir un impact financier sur les pays restants, notamment la France. J'en profite pour faire ici une incidente. On a appris ces jours-ci que la Cour des comptes en France vient de tirer pour la (n+1)ème fois la sonnette d'alarme quant aux finances publiques françaises. C'est-à-dire qu'en fait, eh bien la trajectoire budgétaire de l'État ne tient pas du tout les promesses qui avaient été faites par Macron. On a des déficits très importants qui, de nouveau, se creusent.
C'est notamment le contrecoup de la crise des Gilets jaunes et du fait que l'exécutif a été obligé de lâcher quand même un certain nombre de dépenses aux manifestants. Eh bien ça veut dire que de nouveau, caramba, encore raté ! Encore une fois, on va pas tenir les clous. On comprend que nos partenaires européens commencent à en avoir assez de nos promesses non tenues. Mais ce qu'il faudrait que tout le monde comprenne, nos partenaires européens comme la classe politique et médiatique française, c'est que si on ne tient pas nos promesses, si ni Chirac ni Sarkozy ni Hollande ni Macron maintenant n'arrivent à tenir les promesses de diminution budgétaire, c'est que personne n'y arrivera jamais.
Ça veut dire que la France est dans une situation qui n'est pas soluble dans le cadre de l'UE et de l'euro. C'est ça, le problème. Le problème, il est là. On pourra élire Pierre, Paul ou Jacques, voilà, n'importe qui à l'Élysée. Tant que nous serons dans l'euro et dans l'UE, tous les engagements que nous prendrons seront impossibles à tenir parce que les phénomènes structurels se posent derrière. Je vous renvoie à toutes les conférences que Charles-Henri Gallois, Vincent Brousseau, moi-même avons pu faire sur ces sujets. La France est dans une situation insoluble tant qu'on est dans l'UE et dans l'euro. Voilà.
Et c'est ce qui va apparaître une nouvelle fois au cours des mois et des années qui viennent. {Que pensez-vous des rumeurs concernant Manuel Valls ?} Alors ça, effectivement, c'est sorti il y a quelques jours. Manuel Valls... Je ne vais pas expliquer – je pense – au public qui est Manuel Valls, notre ancien Premier ministre, qui avait quand même atteint des records d'impopularité. D'ailleurs, je suis toujours frappé, moi, quand je vais sur le terrain et que je discute avec les Français. Quand on prononce le nom de Manuel Valls, on a en général une bronca. Les gens se récrient comme si on avait – je sais pas – prononcé le nom de Belzébuth, quoi.
Manuel Valls a drainé sur lui, sur sa personne quelque chose qui est vraiment très très fort. Vous savez que Manuel Valls, ayant un peu fait son deuil d'être renouvelé dans ses fonctions... Sa fin politique en France avait quand même pas été très élégante ni grandiose. Rappelez qu'il s'était quasiment vautré par terre. Il avait rampé, comme ça, en suppliant de pouvoir être à En marche, voilà, en suppliant d'être repris par Emmanuel Macron, qui pourtant avait été l'un de ses ministres, quand lui-même était Premier ministre. Il avait vraiment fait ça d'une... C'était minus. C'était vraiment vraiment vraiment minable.
Manuel Valls, donc, comme vous le savez, avait décidé de se présenter aux élections municipales à Barcelone, puisqu'il est d'origine catalane. Et d'après les gazettes – enfin tout le monde le sait –, il a quitté sa femme, enfin la femme qu'il avait, pour se mettre – si j'ai bien compris – en concubinage avec une Espagnole qui – semble-t-il – a pas mal d'argent. Voilà. C'est ce que l'on dit. En attendant, eh bien cette dame l'avait convaincu – semble-t-il – de se présenter aux élections municipales à Barcelone. Comme il est d'origine catalane et qu'il parle parfaitement l'espagnol – et peut-être même le catalan, je ne sais pas –, ça pouvait passer. En fait, il n'a pas réussi son implantation.
Il a fait un score qui l'a exclu de cette affaire. Mais il a fait un score – je crois – de l'ordre de 12%, 13%, qui lui a quand même permis de jouer la bascule. Et en particulier, Manuel Valls est apparu comme quelqu'un de fondamentalement anti-indépendantistes catalans, ce qui prouve d'ailleurs au passage que Manuel Valls devrait peut-être, comme beaucoup de nos dirigeants, regarder de temps en temps mes conférences, en particulier celle sur les euro-régions. Je n'arrive pas à comprendre que quelqu'un puisse être à la tête d'un gouvernement européen, en particulier en France, et être anti-indépendantistes catalans. Ça veut dire qu'il a pas compris ce que c'est que l'Europe des régions. M.
Manuel Valls, il pense quoi par exemple du changement de statut prochain de l'Alsace : une « collectivité européenne d'Alsace » ? Il pense quoi des déclarations de Jean-Guy Talamoni en Corse : « Je verrai de mon vivant une Corse indépendante dans le cadre de l'UE » ? Il pense quoi de ça ? Voilà. Donc en bref, Manuel Valls, donc, est anti-indépendantistes catalans. Il est donc pour l'unité de l'Espagne. Je ne vais pas lui jeter la pierre sur ce point. Moi, je suis aussi pour l'unité de l'Espagne. Je pense que ces grandes unités étatiques sorties des siècles méritent qu'on les conserve. Elles sont à une taille idéale – me semble-t-il – pour défendre les intérêts de leur peuple.
Seulement, voilà, il s'est donc heurté en fait à la gauche catalane qui est pro-indépendantistes. Mais il s'est rapproché du parti socialiste espagnol qui est au pouvoir à Madrid, avec le Premier ministre Pedro Sanchez. Et finalement, il a soutenu pour l'élection à la mairie de Barcelone la candidate du parti socialiste espagnol. Alors aux dernières nouvelles, M. Manuel Valls essaierait de monnayer ce soutien qu'il avait obtenu – c'est bien la manière du personnage –. Et on prononce actuellement son nom comme prochain ministre des Affaires étrangères espagnol. Ça fait évidemment grincer un certain nombre de dents chez les Espagnols.
J'imagine qu'au parti socialiste espagnol, il y a quand même un certain nombre de députés ou de politiciens en vue qui se verraient bien ministre des Affaires étrangères espagnol, et qui n'ont pas spécialement envie que le poste leur passe sous le nez pour donner ça à l'ancien Premier ministre français. Mais enfin, cette affaire circule. Moi, ce que ça m'inspire, c'est quand même... J'attire ici votre attention. Il y a quelque chose qui va pas. Il y a quelque chose qui cloche. On a l'impression qu'il ne s'agit... C'est plus un gouvernement. Enfin c'est plus une composition de gouvernement. Mais on a l'impression de ce qu'on appelle le mercato en matière de foot.
Voilà, on est à la Barça de Barcelone. Et puis après, il est transféré à... Je sais pas, moi, à Manchester. Enfin c'est quoi, ce truc-là ? En fait, on a l'impression que les pays d'Europe... On est en train de déréaliser ce que c'est qu'un gouvernement, ce que c'est qu'une nation. Si l'ancien Premier ministre français peut devenir demain le ministre des Affaires étrangères espagnol, pourquoi pas aussi – je sais pas – le ministre de la Santé grec qui deviendrait le ministre des Finances français ou le ministre – je sais pas, moi – portugais des Finances qui deviendrait le Premier ministre polonais ? Enfin il y a un truc qui... C'est n'importe quoi.
Ça veut dire qu'on a l'impression d'une espèce de caste dirigeante dans les pays d'Europe, européiste, qui n'est plus en contact avec la réalité. En tout cas, ça serait assez cocasse de voir une réunion de M. Le Drian, ministre des Affaires étrangères français, avec le ministre des Affaires étrangères espagnol qui serait Manuel Valls. Je crois qu'on aurait vraiment quelque chose qui serait assez gratiné et qui montrerait l'état de déréliction de la construction européenne, qui ne correspond plus du tout à ce que pensent les peuples, et qui constatent que leurs dirigeants vivent dans une bulle déréalisée.
{Que vous évoque la crise des sapeurs-pompiers ?} Alors ça, c'est un sujet qui est grave. J'ai vu que donc les sapeurs-pompiers ont fait un préavis de grève long. Et les témoignages qui sont recueillis par les médias sont sans appel. Les sapeurs-pompiers sont taillables et corvéables à merci, n'ont plus... Leurs moyens de fonctionnement sont réduits, réduits, réduits. Je renvoie à ce que je disais tout à l'heure sur le dérapage budgétaire français. Nous sommes dans une situation qui est insoluble. Pour continuer à réduire et réduire et réduire les dépenses budgétaires qui sont dues au fait en fait qu'on a une monnaie trop chère...
Au bout du compte, l'euro n'est pas viable pour la société française. Bon, on l'a expliqué déjà 50 fois. Eh bien pour essayer de faire ça, il faut faire des dévaluations internes, comme on dit : réduire, réduire, réduire les dépenses publiques, notamment chez les pompiers. Pas seulement chez les pompiers d'ailleurs, mais dans tous les services publics. Vous avez vu par exemple la crise qu'il y a dans tous les hôpitaux. Bon. Dans les hôpitaux, la situation, parfois, devient critique, y compris dans les services d'urgence.
On commence à voir apparaître des scandales les uns après les autres, avec des personnes qui ne sont pas prises en charge avec la célérité nécessaire dans les services d'urgence faute de personnel. Eh bien chez les pompiers, c'est pareil. Tout le monde peut appeler les pompiers : parce que vous avez perdu vos clés, parce qu'il y a un début d'incendie, parce qu'il y a une personne qui a eu un malaise. Enfin les pompiers, c'est une espèce de docteur universel immédiat de la société française. Ce sont eux qu'on appelle en premier, qui vont après appeler le SAMU, qui vont prévenir les hôpitaux, qui vont... Voilà. Donc c'est un service absolument fondamental.
Les pompiers, d'ailleurs, sont populaires en France, et à juste titre. Ils sont à bout, alors que ce sont des gens – et j'en connais personnellement – qui sont quand même d'un dévouement et d'une abnégation – je dirais même – qui sont au-dessus de tous les éloges. Il n'y a pas que les pompiers. Je disais : « Il y a les hôpitaux ». Il y a aussi toutes les forces de l'ordre. À ce propos, je voudrais attirer l'attention des gens qui m'écoutent sur le développement terrible du nombre de suicides dans les forces de l'ordre.
On a eu des nouvelles récentes qui montrent que depuis le début de cette année, depuis le 1er janvier 2019, il y a eu selon un décompte macabre, mais qu'il faut quand même tenir, il y a eu au moment où je parle 55 personnels des forces de l'ordre, dont 35 policiers nationaux, mais aussi des policiers municipaux, mais aussi des personnes en uniforme pour telle ou telle police, ou tel ou tel service de sécurité public, 55 personnes qui se sont suicidées depuis le début de l'année ! Il est donc à craindre que le record, le triste record de l'an dernier, de 2018, où il y avait eu 88 suicides soit dépassé. Au rythme actuel...
Vous savez, j'ai souvent cité cette statistique qu'il y a un agriculteur qui se suicide en France tous les 2 jours. Il y a un membre des forces de l'ordre qui se suicide en France quasiment tous les 3 jours. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que dans tous les secteurs de l'activité publique, que ce soit les pompiers, que ce soit les forces de l'ordre, que ce soit les enseignants, que ce soit le personnel hospitalier, eh bien les gens sont à bout. On ne peut plus continuer à détruire la France, à détruire des services publics, à détruire... C'est l'ensemble même du tissu français qui est en train de partir en quenouille.
Il y a d'ailleurs, à ce propos, un fait divers extrêmement moche, voilà, triste, moche, honteux qui est arrivé hier, hier 25 juin. On a appris qu'un prêtre de 82 ans, qui s'appelle (NDLR : Lucien Converset)... Ce prêtre, dans le Doubs, a pris le train entre Dôle et un petit village situé à 20 km de là. Il se trouve que ce monsieur a 82 ans, ce qui est un âge vénérable, et qu'il est malvoyant. Donc il se déplace difficilement. À 82 ans, il n'est pas habile sur Internet. Donc il n'est pas capable d'acheter des billets de train sur Internet. Et donc il est allé à la gare de Dôle pour prendre le train pour aller dans ce village à 20 km de là (NDLR : à Ranchot).
Il est arrivé quelques minutes avant le départ du train. Il n'y avait personne dans la gare, parce que restrictions budgétaires. Il y a également à la SNCF démolition des services publics. Il n'y a plus ce à quoi il était habitué, c'est-à-dire quelqu'un derrière un guichet à qui il pouvait demander, aller voir et parler, et demander... Il était malvoyant, mais il arrivait à se déplacer, bien sûr, avec sans doute – j'imagine – une canne. Arrivant au comptoir, et puis demander son billet pour... Voilà. Mais là, il n'y avait plus.
Comme il n'y avait plus, comme il ne sait pas utiliser Internet, faire son achat sur les bornes automatiques, comme c'est un monsieur âgé, eh bien il s'est dit : « Je vais prendre le train ». Et donc il est monté dans le train en prévenant, en disant : « Je n'ai pas de billet. Je voudrais acheter mon billet dans le train ». Tenez-vous bien. Ce billet coûtait 3,50 €. Il a prévenu tout le monde. C'est un prêtre de campagne. C'est pas un bandit de grand chemin, a priori. C'est un monsieur âgé. C'est un monsieur qui est non-voyant. Il demande au contrôleur, il dit : « Voilà, j'ai pas pu payer. Est-ce que vous pouvez me vendre le billet ? ».
Le contrôleur lui a collé une amende pour absence de billet de 50 €. Prêtre, évidemment... Vous savez que les prêtres ont très peu de moyens. Ils vivent très chichement à partir du denier du culte. Donc voilà, ce sont des gens qui vivent très très modestement, les prêtres. Et donc pour lui, 50 €, c'est un énorme trou dans son budget. C'est pour faire 20 km. Il en avait pour 3,50 €. Donc il a protesté. Il a dit : « Mais attendez, moi, je prenais toujours mon billet à 3,50 €. Là, je suis arrivé, il n'y avait personne au guichet. Moi, je suis âgé. Je ne sais pas utiliser Internet. Je ne vois pas », etc. « Je vous ai demandé en montant dans le train que vous me le...
Maintenant, vous m'imposez une amende ». Donc il a protesté, il a refusé de payer. Eh ben à la sortie du train... Alors cette affaire a été reprise par l'Est républicain. À la sortie du train, on lui a demandé une amende majorée de 100 €. Voilà. Moi, je trouve ça honteux, honteux. Donc si, d'ailleurs, ce prêtre se fait connaître, l'UPR sera heureuse de lui payer son billet de train. Je trouve ça honteux, parce que ça témoigne de quelque chose. C'est que la loi du fric et la démolition des services publics, on en voit l'impact sur les pompiers, les policiers, les forces de l'ordre, les personnels hospitaliers, le personnel enseignant. On voit aussi au quotidien ce que ça donne.
C'est-à-dire que les personnes âgées, les personnes qui n'ont plus de mobilité très facile, les personnes qui ne savent pas utiliser Internet, ce sont des citoyens français comme tout le monde. Et c'est justement la grandeur des services publics que d'avoir justement le souci de justice sociale, et de traiter chaque Français avec respect, et en lui fournissant le service normal qui est nécessaire pour des personnes handicapées comme c'était le cas pour ce prêtre, ou des personnes âgées. Je trouve ça... « C'est un fait divers », vous me direz. Mais c'est un fait divers qui en dit très long sur la dégradation de l'esprit même de ce qu'est la République française.
Soyez assurés que lorsque nous, nous serons arrivés au pouvoir, ce genre de faits divers n'existera plus. {Auriez-vous un mot pour conclure ?} Alors j'ai déjà parlé beaucoup. Mais pour conclure, je dirais... Je vais un petit peu revenir sur deux affaires internationales. D'abord, on a appris dans un article du Wall Street Journal – s'il vous plaît –, donc un des plus grands journaux américains, le journal le plus chic des États-Unis avec le New York Times. Dans le Wall Street Journal, il y a eu un article qui nous a appris que le demi-frère de Kim Jong-un... Vous savez, Kim Jong-un, c'est le dictateur ou le dirigeant – ça dépend le point de vue –, le dirigeant suprême de la Corée du Nord.
Il a un demi-frère qui s'appelait Kim Jong-nam. Et ce demi-frère a été assassiné à l'aéroport de Kuala Lumpur, donc la capitale de la Malaisie, a été assassiné en 2017. On a vu... Vous avez peut-être vu ça. Il y avait des caméras qui avaient filmé l'assassinat. Il était en train d'arriver à un comptoir pour présenter son billet d'avion. Et il y a une jeune femme qui est arrivée derrière, qui lui a passé une espèce de tissu, lui a imposé le tissu sur le nez pendant 2, 3 secondes, a laissé tomber le tissu et s'en est allée. En fait, le tissu était imprégné d'une substance, d'un poison extrêmement violent, produit en Corée du Nord, d'ailleurs.
Et Kim Jong-nam s'est précipité au service de santé de l'aéroport. Vous avez peut-être vu cette vidéo qui est très impressionnante. Et en l'espace d'une demi-heure, il était passé de vie à trépas. Alors tous les regards s'étaient tournés vers le régime nord-coréen, le régime de Pyongyang. Et probablement... On a incriminé Kim Jong-un pour avoir fait assassiner son demi-frère. Il semble que ce soit confirmé, que ce soit vrai. Mon propos n'est pas tout à fait là. Mon propos, c'est de dire que dans le Wall Street Journal, on a appris que ce Kim Jong-nam était en fait un agent de la CIA.
C'est-à-dire qu'il filait des informations, moyennant finance d'ailleurs, parce que c'était un joueur répertorié, notamment aux casinos de Hong Kong et de Macao. Eh bien il filait... Les Américains le payaient comme un agent de la CIA. Alors je dis ça pourquoi ? Paix à son âme. Le genre de méthodes expéditives de la Corée du Nord, évidemment, doit susciter toutes les réprobations, évidemment. Mais je voudrais quand même signaler que si c'était l'UPR qui avait dit : « C'est parce que ce type était de la CIA », qu'est-ce qu'on n'aurait pas dit ? Voilà.
Puisque – c'est bien connu – pour les européistes, pour les médias et les dirigeants français, la CIA, c'est comme le nuage de Tchernobyl – n'est-ce pas ? –. C'est-à-dire : ça ne se passe jamais en France. Ça n'existe pas. Voilà. On sait que c'est un très grand service, avec un service Action puissant. Mais ça n'existe pas. Eh bah si, ça existe. Voilà. C'est le Wall Street Journal lui-même qui le dit. Voilà. Kim Jong-nam, le demi-frère de Kim Jong-un, était en fait un agent rémunéré par la CIA. Et puis autre affaire internationale qui a attiré mon attention, c'est que l'on a appris hier 25 juin : c'est désormais un certain M.
Qu Dongyu – alors peut-être que je ne prononce pas très bien –, qui est un Chinois, qui est né en 1963 qui vient d'être élu à la tête de la FAO, c'est-à-dire l'organisation alimentaire mondiale, qui a son siège à Rome et qui est une organisation des nations unies qui est très importante sur les campagnes en faveur de la nourriture, de l'agriculture dans le monde et de la lutte contre la faim dans le monde. On estime quand même qu'il y a quelque 850 millions d'habitants sur terre qui souffrent de malnutrition ou de dénutrition. Donc c'est encore un enjeu qui est tout à fait important. 850 millions, – je sais pas si vous voyez – c'est à peu près 2 fois la population de l'UE.
Alors c'est un Chinois qui donc a été élu pour la première fois depuis 74 ans qu'existe la FAO, (NDLR : Food and Agriculture Organization), donc l'organisation alimentaire mondiale. J'insiste sur cette affaire parce que personne ne vous en parlera. Mais il a été élu avec 108 voix parmi les pays membres de l'ONU. Il a été élu contre... Il y avait un candidat géorgien (NDLR : Davit Kirvalidze), qui a obtenu 12 voix. Mais il y avait surtout un autre candidat, une candidate qui était une Française, qui était la candidate de la France, et soutenue par l'UE, et qui a fait 71 voix.
Eh bien la candidate de l'UE a été battue par le candidat chinois, comme quoi vous voyez que « L'union fait la force », c'est du pipeau. Pourquoi est-ce que le candidat chinois a été élu ? Alors sans doute... Il succédait à un (NDLR : Américano-Brésilien). Vous savez que dans les organisations onusiennes, il est de bon ton que, à chaque mandat qui se termine, on choisit le représentant d'un autre continent. Mais je pense que la situation doit être vue sous un autre angle. Je crois en fait que la Chine fait en ce moment un très gros effort financier notamment vers les pays d'Afrique.
Le président Xi Jinping avait annoncé des dons et des prêts pour 60 milliards de dollars à beaucoup de pays africains. (NDLR : c'est ça). Et puis eh bien la France disparaît. Il faut toujours ces restrictions budgétaires, n'est-ce pas ? Donc la France, petit à petit, perd pied en Afrique. Bientôt, la Françafrique appartiendra au passé. D'ailleurs, je ne soutiens pas la Françafrique. Je soutiens, moi... Nous soutenons, nous, une politique de nouvelle coopération avec l'Afrique. Mais la France est en train de se faire évincer.
Et puis les Chinois, qui ont une diplomatie du portefeuille, eh bien sans doute, en faisant des dons généreux ou des prêts avec des longues maturités, avec des taux d'intérêt très faibles, etc. à beaucoup de pays en voie de développement, notamment en Afrique – je pense –, mais peut-être aussi en Amérique latine ou en Océanie, eh bien les Chinois ont très bien joué. Ils ont obtenu ce poste. Alors c'est pas... Voilà, on va survivre.
Mais c'est très intéressant, parce que pour les diplomates du monde entier qui suivent toutes ces choses-là à la loupe, ça prouve que tous les ans, la Chine grignote un petit peu plus de pouvoir au niveau planétaire, s'installe, fait un petit peu comme je l'ai décrit tout à l'heure avec l'Allemagne au sein des institutions européennes. Les Chinois, très habilement, s'installent. Et pendant ce temps-là, la France, poursuivant sa chimère de l'UE qui – paraît-il – lui permet d'être plus grande... Non. Non. La France, elle avait des postes dans les organisations internationales.
Elle est en train de les perdre, parce que tout simplement, de plus en plus de pays dans le monde considèrent que la France n'est plus la France, que c'est un pays en plein déclin, en pleine marginalisation, englué dans une construction européenne, et qu'en fait, voilà, la France préfère donner son argent à l'Estonie, à la Croatie pour y construire des ponts plutôt que de verser de l'aide au développement à ses anciennes amitiés. Mais elle en paye le prix fort. Voilà ce que je voulais dire. Avant de conclure ce 77e entretien d'actualité, en pleine canicule... C'est la raison pour laquelle je me suis permis de ne pas porter de veste aujourd'hui. Je voudrais vous dire encore trois choses.
La première, je l'ai déjà dit, je renouvelle : ceux qui sont intéressés doivent cocher sur leur agenda personnel la prochaine université d'automne, qui va se tenir donc à Vallères comme l'année dernière et l'année d'avant, près d'Azay-le-Rideau, donc en Indre-et-Loire, le premier week-end d'octobre, donc notamment le samedi 4 octobre. Donc notez ça sur vos calepins, sur vos agendas. On va faire quelque chose qui sera bien. On parlera certainement du Brexit, qui sera dans les tuyaux. On parlera aussi d'autres... On aura des invités – je pense – de bonne tenue. Donc ça, c'est le premier point.
Le deuxième point, c'est que je voudrais ici relancer – c'est très important, ce que je dis – les demandes de... Faites votre devoir vis-à-vis de l'UPR en termes financiers. Nous n'avons toujours pas récupéré les 1,5 millions d'euros dont nous avons besoin pour financer la campagne pour les élections européennes. Il nous manque au moment où je parle encore plus de 85 000 €. Il faut absolument qu'on ait cet argent. Et puis il faut également financer les frais de fonctionnement quotidiens de l'UPR. Donc notre situation financière – je l'avais déjà dit – se tend actuellement. Il n'y a pas péril en la demeure. Nous n'avons pas d'emprunt.
Mais si on a une diminution trop importante des adhésions et des cotisations pendant l'été comme ça arrive chaque été, on risque d'avoir quand même des contraintes de trésorerie importantes aux mois d'août, septembre, et on serait peut-être amenés à demander un découvert bancaire à la banque pendant quelques semaines, ce que je ne souhaite en aucun cas, à la fois pour des raisons de coût, et aussi pour des raisons de principe. Donc je m'adresse à toutes celles et tous ceux qui m'écoutent. Je vous en prie : versez votre cotisation annuelle, adhérez à l'UPR. Il le faut absolument pour qu'on puisse continuer notre mouvement. Voilà.
Le dernier point que je dirai : merci d'être à l'écoute, merci de diffuser nos informations. Je vois que... Je me promène en France. Je suis allé en province. Je suis à Paris. Je rencontre de plus en plus de gens dans la rue, qui me disent grand bien de l'UPR. Ça veut dire que nos idées progressent, progressent, progressent. La notoriété augmente. Il faut que ça continue. Et nous allons au cours de cet été qui s'ouvre maintenant avoir des actions de terrain dont j'aurai l'occasion de vous reparler prochainement. Merci à toutes et à tous de m'avoir écouté. Portez-vous bien. Prenez de bonnes vacances pour ceux qui en prennent. Et puis vive la République et vive la France.
François Asselineau