Macron a-t-il peur des gilets jaunes ? - Les questions SMS #cdanslair 06.11.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 38 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:47OuverteÉludée
Pour apaiser la grogne qui monte, pourquoi ne pas simplement diminuer les taxes sur le carburant ?
- 5:00OuverteÉludée
Qu'est-ce qu'on répond à la femme de l'Oise qui fait 40 km tous les jours pour aller travailler ?
- 6:02OuverteRéponse directe
Pourquoi n'entend-on pas les chauffeurs routiers d'ordinaire si véhéments manifester ?
- 7:16OuverteRéponse partielle
Pour inciter à moins prendre la voiture, pourquoi ne pas baisser les prix des transports en commun ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:46InvitéFait
« les gens ont envie d'être entendus sur ce point-là, mais sur d'autres points qui se sentent plus représentés »
- 1:04InvitéFait
« la classe politique est un petit peu déliquescente, pour l'instant »
- 1:31InvitéFait
« les députés qui ont été élus lors de la vague à la suite de l'élection d'Emmanuel Macron ne sont pas des gens qui sont ancrés dans les territoires »
- 1:57InvitéFait
« Ce serait reculer. Ce serait ne pas arriver à boucler le budget et à respecter les critères de Maastricht »
- 2:56InvitéFait
« écologie punitive, fiscalité… »
- 4:18InvitéFait
« Bien sûr qu'il a raison. Il est sur le temps long »
- 4:29InvitéFait
« Nicolas Hulot a quitté le gouvernement »
- 5:19InvitéFait
« C'est beaucoup pour les gens. Mais c'est peu vis-à-vis de l'immensité des enjeux »
- 5:34PrésentateurFait
« certains, au lieu de mettre le bazar, pourraient aller regarder un travail à 140 kilomètres »
- 6:45InvitéChiffre
« Le petit saupoudrage que promet Emmanuel Macron, pourra-t-il calmer la colère ? »
- 6:58InvitéFait
« il dit, libérez-vous si vous avez besoin, mais ne bloquez pas le pays »
- 7:23InvitéFait
« Non, mais les deux, c'est-à-dire qu'il faudrait les baisser, mettait toute une partie du territoire aujourd'hui »
- 7:38InvitéFait
« Il y a un problème de lisibilité, justement, de cet engagement écologique »
- 7:47InvitéFait
« On a pourtant le seul ministre d'État aujourd'hui, qui est M. de Rugy, qui est chargé de l'environnement »
Temps de parole
- Invité32 %
- Présentateur17 %
- Invité 216 %
- Invité 314 %
- Invité 413 %
- ?8 %
≈ 29,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Est
-ce les mêmes qui étaient contre la limitation à 80 km heure, qui sont contre ces nouvelles taxes sur le carburant ? Il y avait plus d'élus qui étaient contre la limitation à 80 km heure. Mais s
'il
y avait quand même tout un mouvement populaire qui peut être similaire à celui d'aujourd'hui, beaucoup plus large aujourd'hui, moi je ferais une différence.
C
'est que lors de l'épisode 80 km heure, les gens étaient réellement contre les 80 km heure. Là, j'ai le sentiment, lorsqu'on écoute vos reportages, lorsqu'on écoute les gens parler, qu'on est sur la taxe du gazole, mais qu'on est sur des choses
beaucoup
plus larges. Et qu'en fait, les gens ont envie d'être entendus sur ce point-là, mais sur d'autres points qui se sentent plus représentés, qui ont l'impression qu'on ne les laisse plus parler. Et que quand Emmanuel Macron dit qu
'ils
veulent bloquer le pays, on est bien loin de là. En revanche, qu'ils veulent être entendus par Paris,
par les métropoles, par les politiques. C'est compliqué, mais ça veut dire peut
-être avoir des gens qui les représentent. Aujourd'hui, ils ne sont pas entendus parce qu
'ils
ne sont plus représentés. Parce que la classe politique est un petit peu déliquescente, pour l'instant. Et que les corps intermédiaires ont été écartés par le pouvoir d'Emmanuel Macron. Donc les syndicats, ce n
'est
pas uniquement par Emmanuel Macron. Les syndicats étaient déjà en perte de vitesse depuis quelque temps. Mais aujourd'hui, cette population, les Français, n'ont plus ces corps intermédiaires pour les représenter. N'ont plus d'âmes politiques pour les représenter. Et je rajouterai une dernière chose. Au Parlement, les députés qui ont été élus lors de la vague à la suite de l'élection d'Emmanuel Macron ne sont pas des gens qui sont ancrés dans les territoires. C'est des députés à qui l'on demande de rester à Paris, qui n'ont pas d'ancrage local. Et eux-mêmes ne peuvent pas porter la parole des gens dans les territoires.
Pour
apaiser la grogne qui monte, pourquoi ne pas simplement diminuer les taxes sur le carburant ? Cécile Cornédès,
ce
serait
reculer. Ce
n
'est
pas si grave. D 'autres ont fait avant lui.
Oui,
ce serait reculer. Ce serait ne pas arriver à boucler le budget et à respecter les critères de Maastricht. Et ce serait peut-être quelque chose d'illisible si le prix du baril baisse. Parce que c
'est
ça qui ferait vraiment… Donc le gouvernement, pour l'instant, tient, en tout cas, en se disant, voilà, cette équation-là, en espérant que l'argument écologique finira par l'emporter. Justement, je trouve curieux que les écologistes restent plongés dans le silence. Ils pourraient soutenir le gouvernement, non
? Ils
sont où,
les
grandes voix de
l'écologie ? Ils préparent les Européennes.
Ils préparent les Européennes. Et on peut remonter aussi pas très loin en arrière. Nicolas Hulot a été à l'initiative aussi de cette fiscalité, cet alignement du…
Mais il ne l'a
jamais défendu. Et
le
gouvernement lui a beaucoup reproché.
Voilà,
mais il ne
l'a
jamais défendu.
Et
donc je pense que ses proches, ou en tout cas ceux qui s'en revendiquent politiquement, aujourd'hui sont aussi pressés de ne pas trop prendre de coups
sur cette affaire.
Pourquoi ? Parce qu'écologie punitive, fiscalité…
Voilà, parce qu
'il
y a tout un raisonnement en disant, mais bien sûr qu'il faut aller dans cette direction-là, mais il faut accompagner. Et puis ils sont déjà dans la préparation des Européennes. Ils voient dans les sondages qui sont devant le Parti Socialiste qu'en Allemagne, en Belgique, les Verts ont fait des scores. Ils se disent que ce n
'est
pas le moment de casser le début de dynamique.
Oui,
mais Yannick Jadot a dit ce week-end qu'il n'irait pas et qu
'il
ne soutiendrait pas le mouvement du 17 novembre, qui est dans le climat actuel très courageux. Ça
aurait été quand même compliqué. Oui, au moins il l'a dit.
Allez, j'affiche mon gilet jaune, mais je ne suis pas encartée. A aucun parti. Suis-je le seul ? Non,
vous
êtes
la grande majorité. C'est la grande majorité,
je
pense.
Et c'est pourquoi d'ailleurs, à mon sens, cette crise-là, on l'a tous dit, que c'est une cristallisation de quelque chose de plus profond. Et je pense que ça va encore plus loin que l'impression de ne
pas
être entendu, etc. C'est une vraie crise d'identité de nos démocraties. On le voit partout, surtout dans tous les pays européens. Mais si vous voulez, il y a une vraie crise de confiance des Français envers leurs gouvernants. Et je crois qu'ils ont attendu beaucoup d'Emmanuel Macron, comme ils avaient attendu des précédents d'ailleurs. Et là, on arrive au moment où tout ça se cristallise. Le président n'a-t-il pas raison quand il parle des dettes écologiques et financières que l'on va laisser à nos enfants
?
Bien sûr qu'il a raison. Il est sur le temps long. Mais est-ce qu'il est audible ? C'est ça la question. C'est-à-dire que pour être audible, il aurait fallu préparer le terrain. Là, cette mesure, elle arrive un peu sans préparation. Nicolas Hulot a quitté le gouvernement. François de Rugy, pour l'instant, prend connaissance des dossiers. Il est présent sur le terrain, mais pas très audible sur le fond, on va dire. Et donc, cette mesure, elle aurait dû être expliquée pendant des mois, quitte à peut-être dramatiser un peu la situation, qu'il n
'y a
pas besoin de l'être, parce qu'elle est déjà très inquiétante. On sent bien que les Français entendent cette problématique. Ils sont inquiets pour le réchauffement climatique. Ils
entendent tous les ongages. Oui, mais
comme ce qu'il vient de dire, c'est qu'est-ce qu'on répond à la femme de l'Oise qui fait 40 kilomètres tous les jours pour aller travailler ? Elle n
'a
pas d'autre alternative aujourd'hui. Donc, les politiques
publiques...
Non plus,
je
pense
que la mesure semble dérisoire à l'aune de l'enjeu. Donc, les gens se disent, mais au fond, c'est une excuse.
C'est un prétexte. Dérisoire, c'est un taxe
et le carburant
?
Aussi peu. Enfin, ce n
'est
pas énorme, finalement. C'est beaucoup pour les gens. Mais c'est peu vis-à-vis de l'immensité des enjeux. Donc, c'est un plan global aujourd'hui qu'il faudrait présenter pour que les gens y adhèrent. Pour trouver du travail, il faut être mobile. Mais Macron taxe la mobilité alors que faire
? Là,
c'est le boomerang.
Là, c'est ce qu
'on
disait. Vous vous souvenez de sa sortie à la souterraine dans le massif central quand il avait dit que certains, au lieu de mettre le bazar, pourraient aller regarder un travail à 140 kilomètres. Bon, ben là, on est en plein dedans.
On prend sa voiture. Et
voilà. Et alors, bon, sans jeu de mots, une de ses premières initiatives, qu'ils l
'ont
fait connaître, c
'est
les cars Macron, les fameux. Mais c'était pour le loisir. Il faudrait, justement, je reviens sur l'autopartage ou autre, c'est développer des modes de transport alternatifs pour les transports du quotidien.
Pourquoi
n'entend-on pas les chauffeurs routiers d'ordinaire si véhément
manifester
?
On
les a un petit peu entendus. C'est une question qui va se poser. Mais en Savoie, la semaine dernière, il y
a
eu un début de ralentissement. Je pense qu'il y
a
des discussions avec le gouvernement aujourd'hui. Parce qu'effectivement, si les routiers se mettent complètement dans le mouvement, là, on va dans quelque chose de
très compliqué. C'est bien la
preuve aussi que ce mouvement est parti de la base, est très spontané, parce qu'il échappe même à ces structurations.
Qui
sont vraiment concernés pour
le coup. Exactement.
Rituellement,
il
y
a toujours les transports
routiers. Et habituellement, c'est eux qui sont à la manœuvre. Quand il
y a eu
en 2000, etc.,
c
'est eux qui bloquent les routes. Et c'est les principes, les grosses fédérations de transporteurs qui se mettent dans la grève.
Le petit saupoudrage que promet Emmanuel Macron, pourra-t-il calmer la colère
? On
a répondu tout
à l'heure. La
question, c'est est-ce qu'on va vers une France bloquée ou pas ?
Ce
qu'essaye de jouer aujourd'hui Emmanuel Macron, en disant ce mouvement, c'est un peu de briquet de broc, c'est d'appeler à la responsabilité.
En
fait, il dit, libérez
-vous
si vous avez besoin, mais ne bloquez pas le pays. Et il pense que toute la partie de la droite, par exemple, n'ira pas sur un appel au blocage du pays. Mais bon, c'est un pari.
Pour
inciter à moins prendre la voiture, pourquoi ne pas baisser les prix des transports en commun
?
Alors,
il y a des endroits où il n'y en a pas. Et créer des transports en commun. Mais les baisser aussi ?
Non, mais les deux, c'est-à-dire qu'il faudrait les baisser, mettait toute une partie du territoire aujourd'hui.
Et
ça a été tout le débat sur les petites lignes ferroviaires, qui n'ont plus de transports
en
commun du tout. Je veux bien payer pour la transition énergétique, mais où est le plan du gouvernement ?
C
'est
ce que vous disiez tout à l'heure. Il y a un problème de
lisibilité, justement, de cet engagement écologique. Finalement, on ne nous a pas présenté véritablement un projet écologique. On a pourtant le seul ministre d'État aujourd'hui,
qui
est M. de Rugy, qui est chargé de l'environnement. Et il n'y a pas cette planification écologique qui pourrait justement justifier toutes ces mesures. Ça, c'est un vrai problème, un problème d'explication. Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h40.
Je
vous rappelle que désormais, vous pouvez écouter C'est dans l'air sur toutes les plateformes de podcast. Tout de suite, c'est à vous. Belle soirée sur France 5.