LA BATAILLE DE GAULLE vu par F. Asselineau
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:09Invité politiqueFait
« Lisez les Mémoires de Guerre. C'était extraordinairement bien écrit, c'est extraordinairement intéressant, c'est absolument passionnant. »
- 10:10Invité politiqueFait
« Si vous saviez comme cet homme était méchant. En France, on présente enfin Franklin Roosevelt comme quelqu'un d'extraordinaire. Hein, c'est une belle saloperie, hein. »
- 10:54Invité politiqueFait
« Les Américains avaient bien compris que de Gaulle, c'était quelqu'un qui était habité par la grandeur de la France, qui était immétrisable, non domesticable. »
- 12:21Invité politiqueFait
« Roosevelt a été à bord du croiseur Quincy et cetera. Il est revenu et il s'est aperçu que ils avaient nommé après à partir du moment où Darlan a été assassiné ils ont nommé un paltoquet qui était un général pétainiste. »
Temps de parole
- François Asselineau100 %
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Une question maintenant de Bastien. J'ai vu le film La Bataille de Gaulle. Je n'ai pas pu m'empêcher de faire le parallèle avec votre histoire personnelle face à la solitude et au coup fourré de vos adversaires pour sauver la France. Avez-vous vu ce ? Et si oui, l'avez-vous trouvé fidèle à l'histoire du ? Ça c'est une question qui qui me qui me plaît parce que je suis effectivement allé voir ce film. Bon. Quand même c'est c'est j'ai très intéressé par le sujet. Honnêtement, je dis à toutes les personnes qui m'écoutent, allez le voir. Voilà. Même si vous n'aimez pas le cinéma, même si vous y allez rarement, allez voir ce film. Vraiment. Euh, il n'est pas exempt de critiques. Bon.
Je n'ai pas trouvé le personnage qui représente de Gaulle, Simon Abkarian, qui est euh Je l'ai pas trouvé totalement convaincant. Voilà. Il a bon un physique et d'origine arménienne. Il n'a pas exactement le le le l'aspect extérieur de de de Gaulle. Il est un peu trop maquillé, un peu trop grimé à mon goût. Et son jeu parfois est un peu surjoué. Voilà ce que je pense. Je trouve que de temps en temps c'est un petit peu excessif. Par ailleurs, parmi les critiques que l'on peut faire de ce film, je l'ai vu il y a 3 jours. Les que le Parmi les griefs qu'on peut faire, c'est que il y a parfois des raccourcis historiques.
Bah ça étant c'est un film qui doit durer quelque chose comme 2h40 et qui va de 1940 jusqu'à jusqu'à la fin 42. Donc évidemment, quand vous avez 2 ans et demi raccourcis en 2h en 2h40, vous êtes obligé de faire des raccourcis. Mais enfin bon. Par exemple, on voit de Gaulle à Montcornet à la bataille de Montcornet qui est la seule bataille le seul endroit en fait où le front a tenu contre l'invasive de l'invasion de l'offensive de de Guderian. Euh, on le voit bon mais c'est c'est résumé mais euh et puis après ça, juste après cette bataille de Montcornet où de Gaulle s'est illustré, paf, de Gaulle part pour Londres.
C'est un petit peu rapide quand même, il s'est quand même passé plusieurs semaines et notamment quand on lit les Mémoires de Guerre de de Gaulle que j'ai qu'il faut que je relise, j'ai lu ça il y a une vingtaine d'années mais j'avais bien mémorisé mais c'est c'est d'ailleurs au passage, je l'ai toujours dit, lisez les Mémoires de Guerre. C'était extraordinairement bien écrit, c'est extraordinairement intéressant, c'est absolument passionnant. Les Mémoires de Guerre de Charles de Gaulle, lisez au moins au moins le premier chapitre qui s'appelle La Pente et le deuxième chapitre qui s'appelle La Chute. Vous verrez qu'on y est, c'est exactement la situation actuelle.
Et dans ce mais dans ce dans ce je crois que ça va être d'ailleurs dans le deuxième chapitre, dans La Chute, de Gaulle raconte que Churchill était venu en France pendant la débâcle et il me semble qu'il s'était rencontré avec le gouvernement de Paul Reynaud qui à Blois, je crois de mémoire, et il avait fait la la connaissance de de de Gaulle qui venait d'entrer au gouvernement comme sous-secrétaire d'État à la Guerre, je crois, et qui venait d'ailleurs d'être nommé du col à Montcornet, il était encore colonel et donc il était nommé, il avait été nommé général deux étoiles entre-temps.
Voilà, donc là tout ça s'est passé à la trappe donc on de Gaulle part à Londres, quelqu'un qui découvre ne ne ne ne se rendrait compte qu'en fait de Gaulle a déjà rencontré Churchill.
Bref, on peut trouver d'autres d'autres choses ici ou là, par exemple l'assassin de Darlan, euh Fernand Bonnier de La Chapelle, en fait, il apparaît tout au long du film comme comme ayant vocation en fait à assassiner Darlan, c'est un peu plus compliqué que ça puisque euh il faisait partie de la Résistance à Alger et d'après ce que je crois savoir, il y avait trois trois jeunes qui devaient se qui s'étaient réunis pour savoir lequel des trois euh assassinerait Darlan et c'était lui qui avait tiré à la courte paille, c'est sur lui que c'était tombé. Enfin, tout ça c'est un petit peu des des détails.
Parce que là ce sont un peu des critiques mais les qualités de ce de ce de ce film, c'est que d'abord c'est un film qui est quand même globalement très fidèle à la à la vérité historique. C'est c'est fondamental. Fondamental ? Parce qu'on s'aperçoit que de Gaulle en effet, qui est à mon avis caricaturé, ça il aurait gagné le le personnage aurait gagné en étant un peu moins caricaturé, on s'aperçoit que il est face à un pays qui s'effondre complètement et qu'il est terriblement seul en fait.
Et lorsqu'il y a une scène où il est à il est à l'ambassade de Londres à de France à Londres et il voit Alexis Léger, l'ambassadeur de France, qui avait un nom de plume, il est resté un poète célèbre sous le nom de Saint-John Perse, mais qui était un pétainiste convaincu, qui a d'ailleurs demandé son rappel à dans la France de Pétain, qui était anti-gaulliste. Quand on voit il croise à l'ambassade Jean Monnet qui explique que lui il va partir aux États-Unis. Quand on voit que tout le monde se défile, on voit qu'il est totalement seul. Il y a quelque chose d'absolument désespérant.
Et quand on voit que les premiers qui le rallient, ce sont les pêcheurs de l'île de Sein, tout ça est absolument conforme à la vérité historique, des pêcheurs de l'île de Sein qui sont qui sont des pauvres gens en fait, qui ont entendu son appel, qui ont traversé le Channel, qui se sont mis à sa disposition, qui étaient des marins pêcheurs, c'est le peuple français dans sa profondeur. On ne peut pas ne pas un peu avoir l'alarme à l'œil. Lorsqu'on voit que de Gaulle petit à petit voit arriver des gens qui viennent se mettre à sa disposition, l'amiral Muselier, enfin Muselier il n'est pas amiral je crois encore à l'époque, peut-être que si.
Euh on voit aussi le futur Leclerc de Hauteclocque, on voit des personnes qui au petit à petit viennent le rallier. Tout ça est absolument conforme à la réalité et et c'est le le fait que de Gaulle apparaisse comme celui qui veut absolument incarner la France et il le dit "La France n'est pas morte." Rallier de Gaulle, c'est prouver que la France n'est pas morte. Ça c'est vraiment très réussi, je trouve. Très réussi aussi, c'est que il est confronté à Churchill et Churchill est bien campé par un acteur que je trouve ressemble plus à en tout cas l'image que je me fais de Churchill.
Même si bon euh Churchill est bien campé parce qu'on voit que Churchill était tiraillé entre d'une part son côté aristocratique, c'est quelqu'un d'une très grande famille aristocratique. Churchill, il est de la même famille que le duc de Marlborough, celui dont on chantait au 18e siècle la petite chanson "Marlborough s'en va-t-en guerre" ta ta ta ta. Marlborough qui avait livré, je crois de mémoire, 15 batailles à l'armée française sous Louis XIV et qui avait gagné les 15 batailles. Et vous allez si vous allez en Angleterre, vous allez à Londres, faites un saut au sud de Londres pour aller visiter le château de Blenheim qui est une propriété privée qui ressemble au château de Versailles.
C'est ça l'Angleterre, vous avez d'immenses propriétés aristocratiques qui sont encore euh possession privée. Et euh Churchill fait partie de cette famille comme Lady Diana Spencer la fameuse Lady Diana faisait partie de cette de cette ligne. Et Churchill parlait très bien le français comme tous les aristocrates britanniques. Et Churchill a été très sensible à l'action quasi désespérée de de Gaulle. À ce côté, à cette geste, vous parlez en terme médiéval, à cette geste [grognement] qui rappelait les grands fondamentaux de l'histoire de France. Le panache du peuple français quand il est aux abois, quand la patrie est en est en danger.
Ça, c'est le premier Churchill qui apparaît, on le voit à plusieurs reprises, on voit que Churchill est fasciné par ce de Gaulle qui est quand même qui est dépourvu de tout, mais qui ne s'abaisse pas, qui veut incarner la grandeur de la France, même si ça a un côté pathétique en fait. Et puis il y a l'autre Churchill qui est également très bien rendu par ce film, c'est le Churchill qui veut défendre le rang de de de première puissance mondiale du Royaume-Uni qui est en train de décliner et qui est en train de décliner au profit des États-Unis d'Amérique.
Et comme le dit de Gaulle d'ailleurs, je crois que c'est dans le Cité de Gaulle quand il en parle à à Perfit, il dit que Churchill piquait une lèche, c'est l'expression de de de Gaulle, piquait une lèche éhontée à Roosevelt. Et donc on voit que le même Churchill de temps en temps laisse tomber de Gaulle parce qu'il se plie aux desiderata de Roosevelt. Donc à la fois un Churchill est séduit par la la l'épopée chevaleresque presque don quichottesque de de Gaulle. Il veut l'aider et à la fois il a un ressort de rappel et puis il y a les Américains qui sont derrière.
Donc ce côté ondoyant qui correspond parfaitement à la réalité, y compris lorsque après l'affaire de Dakar, vous le verrez euh on voit la tentation de de Gaulle de se suicider qui est rendue par un un scène où il est au bord du du navire, on se demande s'il va sauter, enfin vous verrez. Et en plus de ça lorsque les les Anglais où Churchill a évacué de Gaulle et a mis à sa place Muselier, de Gaulle est parti s'est écarté de Londres, il raconte tout ça dans les Mémoires de guerre parce qu'il y a eu ça aussi parce qu'il faut savoir qu'à l'intérieur de la France libre, il y avait aussi des gens qui jouaient perso.
Il y avait des anti de De parmi les Français qui avaient rallié la France libre, c'est c'est vraiment notre génie national de la division. Bon, même s'ils n'étaient pas nombreux, mais ça existait. Et puis ce qu'il y a de bien aussi dans ce film, c'est qu'il montre Roosevelt, président des États-Unis, pour ce qu'il était, une ordure. De Gaulle a dit un jour, je crois que c'était à son fils ou à sa secrétaire, en parlant de Roosevelt, "Si vous saviez comme cet homme était méchant." En France, on présente enfin Franklin Roosevelt comme quelqu'un d'extraordinaire. Hein, c'est une belle saloperie, hein. Il a tout fait pour empêcher de Gaulle d'arriver au pouvoir.
Parce que les Américains avaient bien compris que de Gaulle, c'était quelqu'un qui était habité par la grandeur de la France, qui était immétrisable, non domesticable. Et les Américains, ça ne leur allait pas du tout. Les Américains ne veulent pas des alliés. Les Américains se contrefoutent de la grandeur de la France, ils veulent des vassaux, ils veulent des gens qui vont leur obéir et leur lécher les bottes. Et c'est ce qui apparaît dans ce film lorsque à Alger, on voit l'opération Torch. On peut regretter d'ailleurs que le film parfois mériterait d'avoir des des des des des sous-titres enfin des surtitres un petit peu plus clairs et avec des dates.
Bon, moi c'est une histoire que je connais quand même très bien, donc ce mais pour le grand public, parfois c'est peut-être un petit peu déroutant. Mais lorsqu'il y a l'opération Torch et donc les Anglo-Américains débarquent à Alger avec Eisenhower, les Américains Roosevelt a donné ordre à Eisenhower de faire alliance avec Darlan, c'est-à-dire le le dauphin de Pétain.
Ça avait fait un scandale énorme en Angleterre d'ailleurs et même aux États-Unis puisque il y avait à l'époque sous Darlan donc ce le le gouvernement d'Alger sous l'autorité de de Pétain avec Darlan qui était le gouverneur d'Alger il y avait dans des camps de ce qu'on appelait des camps de rétention c'est gentiment dit c'était des camps de des camps de concentration à l'allemande où on mettait des juifs on mettait des communistes des résistants. Lorsque le public américain et anglais a découvert que les Américains privilégiaient ça plutôt que de nommer de Gaulle ça a été un scandale énorme.
Tellement énorme que ensuite a eu lieu l'entrevue d'Anfa mais ça ça n'est pas dans le J'espère que c'est dans le deuxième volet de ce film qui va paraître le 5 juillet. Je vous parlerai de l'en Enfin certains qui m'écoutent savent très bien ce que c'est que l'entrevue d'Anfa le fait que Roosevelt a été à bord du croiseur Quincy et cetera. Il est revenu et il s'est aperçu que ils avaient nommé après à partir du moment où Darlan a été assassiné ils ont nommé un paltoquet qui était un général pétainiste qu'ils ont fait venir pour essayer de prendre la place de de Gaulle. Tout sauf de Gaulle. Avec des faux opposants ça vous rappelle ? Ça vous rappelle rien de ce qui se passe ?
Les faux opposants qu'on nous met dans les pattes des gens qui d'un coup tout d'un seul coup d'un seul découvre l'intérêt du Frexit après 39 ans de vie politique ça vous rappelle ? Allez voir ce film. C'est vraiment un film vraiment intéressant avec les petites critiques que je formule bon et puis voilà c'est c'est c'est comme Oui il y a aussi un petit détail ça c'est un détail qui il se trouve que de Gaulle à un moment on le voit mettre son alliance c'est une erreur là aussi il met son alliance à la main gauche.
Alors de Gaulle portait comme moi d'ailleurs l'alliance à la main droite et d'ailleurs excusez-moi mais pour les mêmes raisons puisque moi j'ai un problème un problème de petite malformation congénitale. Euh je m'en suis déjà expliqué puisque des gens voulaient tout savoir et De Gaulle lui-même à la bataille de Montcornet justement avait été blessé et portait sa sa sa son alliance à la main droite. Donc c'est des petits détails pour des historiens très précis. Mais allez voir ce film franchement.
Franchement c'est un grand film et surtout qui permet de voir à quel point De Gaulle s'est heurté à l'impérialisme anglo-saxon comme aujourd'hui nous nous heurtons à l'État profond euro-atlantiste et américain.
François Asselineau